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Alors, est -ce que ça au moins te fait bander ? Je bande, mon cher, je bande.
Eh bien, pour te prouver que je ne suis pas indifférent à ta couleur, je m
'occupe de cette dame en blanc.
Et je te laisse tenter ta chance avec cette salope en noir.
Aïe !
C 'est bon.
Et votre opinion, mesdames ? Nous sommes là pour votre plaisir. À nous de
prendre le maire comme il vient.
Et toi, la mariée ? Je trouve que tu vas ennuyer quand je porte ta couleur.
Moi aussi.
Comme ça, je suis intimidé.
J 'ai l 'impression de faire l 'amour avec une pucelle. Moi aussi.
Je trouve que Gaëtan me baise mieux maintenant.
C 'est de vous entendre dire vos conneries que je grossis dans le cul de
Concentrons -nous et achevons la besogne.
Après, nous aborderons le vrai problème, l 'attaque des babins.
Est -ce que tu es convaincu ? Oui, mais il faudra encore les trouver tout en
noir.
Les veuves, mon vieux. Les jeunes, bien sûr.
Comment veux -tu connaître les veuves du jour ? Vu que maintenant, le deuil se
porte si court.
Là -dedans, les annonces nécrologiques, il faut que ça serve à quelque chose,
non ? Allez, attaque.
Allez, annonce la première.
Tu vois, moi, je suis pour le contact direct.
Moi, je préfère la lettre de condoléances.
Peut -être parce que je suis plus timide.
Une lettre bien torchée vous ouvre plus d 'un cul.
Le billet doux a quand même enflammé plus d 'une culotte, non ? Ah, à la
première de ces dames.
On nous prie de faire part de la mort de Louis -Philippe Gastounet, survenu le
23 juin 1979 dans sa 35e année.
La messe sera célébrée, etc.
L 'inhumation aura lieu au cimetière, etc.
26 rue du Poteau, Paris.
Il ne sera pas envoyé de faire part, le présent avis en tenant lieu.
Ça y est, j 'ai trouvé rue du Poteau, 26.
Monsieur et madame Louis -Philippe Gastounet. Pour Louis -Philippe, c 'est
terminé, vu que c 'est lui qu 'il s 'agit dans l 'annonce.
Je te propose d 'associer nos efforts.
Concentrons -nous sur la même veuve.
C 'est bien le diable si toi ou moi, on ne réussit pas à lui voir les poils des
fesses.
Madame Louis -Philippe Gastounet ? Oui, monsieur.
C 'est pourquoi ? Je rentre juste de voyage et j 'apprends par les journaux
mort de ce cher Louis -Philippe.
Vous le connaissiez, monsieur ? Nous étions des amis d 'enfance.
Nous avons été à la maternelle ensemble et au lycée.
Au lycée ? Je veux dire au collège.
Ah bon ? Parce que mon Louis -Philippe m 'avait toujours dit que ses parents ne
voulaient pas entendre parler de lycée.
Oh, lieu de perdition, lieu de perversion. Calmez -vous, madame, je
ça.
Vous pouvez m 'appeler Madeleine.
Madeleine ! Madeleine, c 'est moi.
Vous pouvez m 'appeler Madeleine.
Monsieur Philippe Dubois.
Tiens, tiens, sacré Philippe. Eh, s 'il vous plaît, mademoiselle.
Ça serait plus gentil si vous le remettiez vous -même.
Oh, monsieur.
Madame Gastounet.
Par ici, s 'il vous plaît.
Qu 'est -ce que c 'est ? Un pneumatique pour Madame Gastounet.
C 'est moi.
Approchez, mademoiselle.
Asseyez -vous, mademoiselle.
Soyez gentille.
Lisez -le -moi, s 'il vous plaît.
Mais madame... Appelez -moi Madeleine.
Madeleine ? Madeleine, c 'est moi.
Oh, excusez -moi.
Lisez -le, je vous en prie.
Madame, j 'ai appris ce grand malheur et je tiens, dans ces circonstances
pénibles, à vous apporter moi -même le témoignage de mon affection la plus
grande, la plus dévouée, la plus profonde.
Madame.
Une veuve.
Un, deux, trois, quatre, cinq.
Le facteur, une nouvelle. Alors ? À peine je quittais les lieux que tu
Comment ça ? Le facteur, les cartes le disent.
Non, non, cette carte n 'est pas pour moi. Une nouvelle, un peu.
Oui, allô ? Je voudrais parler à M. Philippe Dubois.
Ne quittez pas.
Allô, oui ? Je suis madame Madeleine Castounet. Vous m 'avez écrit.
Oui, madame, je voulais... Je vous attends.
Quand voulez -vous ? Tout de suite, si vous pouvez.
Je peux.
Merde, alors moi qui croyais l 'avoir mise sur le flanc.
Si j 'ai besoin d 'aide, je t 'appelle.
Moi, je ne peux plus, je suis complètement vidé.
Elle m 'a épongé, tu verras, elle a une sacrée santé.
Eh bien, on va aller voir ça tout de suite.
Mme Gassounet.
Entrez, monsieur, je vous attendais.
Entrez. Après vous.
Asseyez -vous, monsieur.
Pardon.
J 'ai beaucoup aimé votre lettre.
Alors comme ça, vous connaissiez mon mari.
Enfin, un peu.
Mais je vous ai dit que la douleur des autres m 'attire.
Et que vous étiez prêt à vous mettre à mon service pour me faire oublier.
Hélas.
En fait, vous prendrez bien quelque chose.
Ce qui vous plaira, madame.
Appelez -moi Madeleine.
Madeleine ? Oui, madame, tout de suite. Monsieur ?
Madame m 'a demandé.
Vous aussi, vous vous appelez Madeleine ? Oui, madame.
Nous avons été si vite en besogne, chérie, que je n 'avais même pas pensé à
demander votre petit nom.
Comment trouvez -vous, monsieur ? Pas mal, mais c 'est difficile à dire comme
ça. Tout ce que je pense.
Déshabillez -vous, monsieur.
Et après, nous pourrons juger. Mais, madame...
Qu 'est
-ce
que c 'est que ça ?
Oh, Madeleine.
Oh,
oui, tu fais le bien, Madeleine.
Je veux qu 'il soit super, super fort.
Oui,
oui,
oui.
Waouh !
Au revoir.
Monsieur ? Je voudrais parler à Madame Durandot. Ah, mon cher monsieur, je
bien que vous arrivez trop tard.
Ah, pardon, elle est sortie ? Oui, c 'est ça, elle est pied devant.
Je peux revenir ? Ce serait mieux que vous alliez la voir directement à
Montmartre. Ah, elle a déménagé ? C 'est ça, oui, définitivement.
Vous avez peut -être son adresse ? Oui, oui, je vous donne ça tout de suite.
Cimetière de Montmartre, à l 'est 7, caveau 22, voilà.
Ah oui, je comprends.
Le veuve, c 'est moi.
Oui, on s 'est trompé dans l 'annonce du journal.
Ça nous a bien fait rire.
Enfin, c 'est des choses qui arrivent.
Un pneumatique pour madame veuve Durandon.
Ah, j 'ai donné l 'adresse à monsieur.
Comme ça, ça vous ferait faire suivre.
À moins que monsieur veuille le porter lui -même.
Ce serait peut -être mieux, mademoiselle Madeleine, que vous rapportiez ce
pneumatique à son expéditeur.
Comment ? Vous connaissez mon prénom ? Et vous, vous connaissez très bien l
'expéditeur.
Philippe.
Mon petit Philippe.
Si vous voulez, je vous montre le chemin et nous rentrons ensemble.
Comme ça, je suis sûre de ne pas me perdre.
Comme ça, nous aussi, on fera connaissance.
Devine qui vient nous faire une visite.
Madame Veuve Durandon.
Pour elle, je crois que tu devrais porter le deuil.
Je t 'expliquerai plus tard.
Mais j 'ai fait une rencontre intéressante.
Je connais.
Ah, un peu. Tu m 'en as beaucoup parlé.
Mais est -ce que cette surprise me sera agréable ? Rassure -toi, je serai là
pour te tenir la main, mais ne prie, je ne peux pas jurer. Jurer.
Où sont tes mains ? Là.
T 'aurais bien été capable de faire cette connerie.
Tu ne me demandes pas où est ma bouche ? Ça m 'étonnerait que tu puisses causer
la bouche pleine.
Alors, qui est cette perle ?
Alors ?
Mais attends un peu.
Attends. Je sens que je vais trouver.
Je ne sais pas.
Attends.
Allons.
N 'aie fort, Philippe.
Cherche. C 'est difficile à dire.
C 'est une dame que j 'ai rencontrée récemment.
Peut -être que si je la tirais... Tu la reconnais d 'abord et tu la tires après.
C 'est Madeleine.
Laquelle ?
Ma postière bien -aimée.
Philippe, mon amour.
Dis -nous, tu ne t 'emmerdes pas pendant ce temps -là.
Je ne fais que passer.
Tu n 'aurais pas voulu que je laisse ton ami sur la branche pendant que je te
suçais ? Tu es trop bonne, ma chérie. En attendant,
applique -toi. J 'aime ça.
Allô ? Je voulais parler à M.
Philippe Dubois.
Je suis Mme Odile Michon.
d 'accord pour vous rencontrer chez moi quand vous voudrez.
Je suis touchée par tout ce que vous me dites.
Et ne tardez pas trop à rentrer pour venir me voir.
Je ne vous connais pas, mais j 'espère que vous allez bien.
C 'est un grand malheur, mais il me reste l 'épicerie. C 'est beaucoup de
soucis. Ma mère m 'a dit qu 'il fallait qu 'à mon âge, j 'ai 30 ans, 31
exactement.
Oui, il fallait qu 'à mon âge, je pense d 'abord à moi.
D 'accord, c 'est un grand malheur.
Mais le plus triste, c 'est pour ceux qui restent.
On sait ce qu 'on a perdu.
On ne sait pas ce qu 'on va retrouver.
Alors, il ne faut pas se laisser abattre.
La bouffe, il n 'y a que ça de vrai.
Oui, d 'accord, la bouffe et le cul.
D 'ailleurs, ça va de terre.
Bon.
Pendant que ça mijote.
Si on passait à autre chose.
Je suis venu pour ça, madame.
Et je ne voudrais pas repartir pour rien.
Appelez -moi Odile.
Odile ? Odile, c 'est moi.
C 'est bon.
Tu mouilles.
C 'est ça.
Finis -moi, prends ma queue.
Monsieur. Bonjour, madame. J 'apporte le dessert.
Entrez, monsieur.
Nous ne sommes pas encore là, mais ça ne devrait pas tarder. Voilà.
Un instant,
permettez. Je finis avec monsieur.
Et après, je m 'occupe de votre dessert.
Mais, madame, ce n 'est pas mon dessert, mais le vôtre que j 'apporte.
Ah, quelle bonne surprise.
J 'adore la crème.
Pas mal.
Vous êtes sûr que c 'est le dessert que j 'aime ? Ça pourrait pas être un hors
-d 'œuvre ? Madame, comme vous le voulez. Dans le cul, bien sûr ! Ça sera
comme vous le désirez.
Sur l 'été, messieurs. Ah, eh bien, il faut choisir.
Et surtout, il faut finir ce qui est si bien commencé. Il faut profiter, madame,
de ce que le dessert devient hors d 'œuvre.
Et ce qui est pris, est pris.
Allez, suce !
Arrête ton truc, écoute ça.
Madame Elisa Pommier a la douleur de vous faire part de la mort de Birdie.
survenue dans sa cinquième année.
Une cérémonie intime aura lieu le 3 juillet à 16h, 24 rue de Miromenil, et
suivie de l 'inhumation au cimetière des chiens.
Quatre ponts de clichy à Nières.
Madame
Elisa
Pommier ? Oui, monsieur ? Pour vous consoler, madame.
Voici un cadeau de votre serviteur, Philippe Dubois.
Entrez, je vous prie, monsieur.
Pas maintenant, madame.
Je préfère que vous fassiez connaissance d 'abord.
Et je viendrai plus tard, si vous le voulez bien.
Je le veux.
J 'espère que vous vous tiendrez bien.
Que je n 'aurais pas à regretter de vous avoir accepté.
Couchez -vous ici.
Mon chéri, je ne t 'oublierai jamais. Nous avons vécu ensemble des heures de
bonheur. Que rien ne pourra le remplacer.
Burdi, mon pauvre chéri, je ne t 'oublierai jamais.
Jamais.
Et vous, vous ne dites rien.
Que vous êtes curieux.
Je n 'ai jamais vu de race de chien comme vous.
Que sais -tu faire ?
Et que savez -vous faire d 'autre ? Montrez -moi.
Tous les chiens font ça.
Mais Birdie avait d 'autres dons pour plaire à sa maîtresse.
Il faut dire que son sexe n 'était pas aussi gros que le vôtre.
Mais il s 'en servait très bien.
J 'aimais beaucoup le sucer.
Il était doux et il sentait bon.
Vous êtes un bon chien. Que savez -vous faire encore ?
Bravo, mon brave chien.
Vous savez tout faire, comme ce cher Birdie.
Tenez, un petit joujou pour vous.
Merci.
Très bien.
Hum, hum,
hum.
Merci.
Un télégramme pour Gaëtan Novitch. Voilà, messieurs.
Eh bien, on ne peut pas dire que vous êtes très curieux. C 'est une mauvaise
nouvelle. Ah oui, certainement, pour la personne qui vous envoie le télégramme.
Pourquoi dis -tu ça ? Avoir votre empressement.
Eh bien, ça attendra. Bonsoir.
Bonjour.
Regarde ce qu 'elle fait, elle entre chez nous.
Pour vous préparer un café et vous réveiller un bon coup.
Moi, c 'est par là que je me réveille.
Moi aussi.
Si vous préférez ça au café, je suis à votre service, messieurs.
Toutes affaires cessantes, venez aider une jeune veuve qui attend tout de vous.
Pour la soutenir dans sa douleur. J 'ai le même télégramme.
Fais voir.
Toutes affaires s 'effondrent. Venez aider une jeune veuve qui attend toutes
vous. Pour la soutenir dans sa douleur et qui vous donne déjà son cœur. Signé,
Cécile.
Maintenant que vous êtes en forme, il faut vous mettre en tenue.
Vous êtes attendu.
Et tu nous laisses comme ça.
Et moi ? Si je vous prends tout, vous n 'aurez plus rien à donner.
Faut pas croire, on a de la ressource. Moi, plus j 'en donne, plus j 'en ai.
Suce. Allez.
Allez. Les deux. Allez.
Les deux dans ta bouche, là.
Allez, régale -nous, bien.
Ça va, hein ? Bon.
Bien, bien, bien.
Et pour les fleurs, madame ? Mettez -les dans la chambre.
Bien, madame.
C 'est eux, madame, c 'est ces messieurs.
Qu 'ils fassent leur travail.
Qu
'est
-ce que tu fais là ? Madame vous attend.
Par ici, au salon.
Bah alors... Madame
?
Allez chercher des rafraîchissements pour ces messieurs.
Et pour moi, un thé.
Bien, madame.
Jus d 'orange, bière ? Scotch.
Cognac.
Ne dites surtout pas que vous étiez des amis de mon mari.
Je ne vous croirai pas.
Pour la simple raison que je ne suis pas encore mariée.
Mais vous êtes veuve.
Eh bien, enfin, qu 'en pensez -vous, messieurs ? Pour savoir, je vais essayer
avant, afin de connaître ce que l 'on ressent quand on est vraiment veuve.
Mais c 'est des choses qu 'on n 'essaie pas. On prend comme ça vient. Je me le
suis dit, alors je suis décidée à apprendre tout.
Avant de me marier. Oui, demain je me marie.
Madame, c 'est pour le cercueil de monsieur.
Peut -être le porter dans sa chambre et donner un bon pourboire, Madeleine.
Bien, madame.
C 'est ce que je vous disais, quand on fait quelque chose, il faut le faire
et aller jusqu 'au bout.
Mais moi, je ne me sens pas d 'attaque pour faire le mort.
J 'espère bien.
Attaquez, monsieur.
La place est à prendre.
S 'il vous plaît, je peux me joindre à l 'assaut ?
Si votre braquemart est tel que Madeleine l 'a décrit, cher monsieur,
pouvez attaquer.
Il ne faut pas la laisser toute seule, cette belle mariée.
C 'est tout.
Oh !
en tout bâtiment.
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