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Madame, pardonne-moi de vous déranger une heure pareille.
Mais monsieur, ça me fait rien.
Mais je vous en prie, entrez.
Vous êtes très aimable. Je voudrais vous entretenir de...
Vous pouvez entrer.
Je ne sais pas si je dois. Peut-être que...
Vous pouvez vous asseoir.
- Vous prendrez bien quelque chose. - Non, merci.
Alors que puis-je faire pour vous ?
Venez, près de moi.
- Déshabillez-vous. - Oui, bien sûr.
Ce sont mes enfants. Ils sont charmants. Je vous les présenterai tout à l'heure.
- Non, ce ne sera pas l'après. - Comme vous voulons.
- Enlevez-la. - Oh, excusez-moi.
Mettez-vous à genoux.
Maintenant, vous ferez tout ce que je voudrais.
Vous commandez et j'obéirai.
Tout.
Tout pour votre plaisir.
Allez ouvrir.
Non, je sors de là.
Couscous !
Yeah !
Yeah !
Yeah !
Yeah !
Yeah !
Ah ! Bien ! Bien !
Bien ! Bien !
Mais qu'est-ce que t'as, mon chéri ? Pourquoi tu gris comme ça ?
Hein ? Non. Ah ! Non.
Mais enfin, si, tu criais ?
Et puis t'as même pas entendu le réveil sonner.
Allez, lève-toi.
Je t'ai fait couler un bain et je te prépare ton pied déjeuner.
Ton bain est prêt.
Il y a longtemps que vous êtes comme ça tous les deux.
J'aimerais ne pas parler de ça.
Si tu veux bien.
Si tu viens me voir, c'est pour en parler.
Alors, à quoi bon tourner autour du peau ?
Parce qu'on a des ennuis.
Un jour ou l'autre, Pierre et moi, ça finira bêtement.
Et tu l'aimes, grosse bête.
Allez pleure, ma chérie.
Ça te soulagera.
Oui, comme ça.
Tu sais ce que tu devrais faire ?
Tu devrais prendre un amant.
Oui, je sais, tu l'aimes.
Mais tu ne peux pas passer toute ta jeunesse comme ça.
Je suis sérieuse.
Il faut te décontracter.
Il faut la paix en toi, la paix dans ton corps.
Et puis tu verras.
Pierre le remarquera et ça l'excitera.
Sans en connaître la raison.
Et puis, vous vous retrouverez.
T'es folle.
J'aime, Pierre.
Moi aussi, je t'aime, ma chérie.
Choisis-moi une robe.
- Laquelle tu préfères ? - C'est toi que je préfère.
Allez, laisse ça. Et viens avec moi.
Non, vous n'avez aucune raison de penser cela.
Il nous reste à modifier tout simplement ce tronçon.
Du fait de cette expropriation qui traîne.
Et vous pourrez présenter votre dossier à la commission.
Vous me préparez toutes les pièces pour ce soir.
Sans problème.
Tout à l'heure.
Salut.
Bonjour.
Cette nuit, j'ai fait un étrange cauchemar.
C'est bien moi aussi.
Certainement pas aussi oride que le mien.
C'est à voir parce que le mien était gratiné.
Heureusement qu'on est amis, hein, vieux frère.
Parce que t'as dû l'oublier cette nuit, hein.
Tu me balancais par une fenêtre et ça te faisait marrer.
Figure-toi que j'ai fait exactement le même rêve.
Je te balancais par une fenêtre.
Et toi, avant, tu faisais autre chose ?
Oui.
Ah oui, j'essayais de tirer une fille terrible.
Et comme elle ne voulait pas, alors ça m'excitait.
Mais qu'est-ce qu'on a bouffé hier soir ?
Eh ben, on était au Chinois.
Ah, mais j'y suis, des champignons noirs.
Cette saloperie, comme tu dis, là.
Ah, le cynogène.
Oui, c'est ça.
Oh, mais ça n'explique pas tout.
Pourquoi tu voulais me tuer ?
Parce que je t'aime bien.
Je t'assure que cette nuit, ça se voyait pas.
Normal de faire une nuit.
C'est marrant.
À l'avenir.
Je te défends de me filer dans tes rêves.
Ou alors, fais soin sympa.
Ai, tu vois bien que tu me fais du mal.
Je voudrais vous parler.
Volontiers ?
Venez, je préfère ailleurs.
Madame. Un 48.
- Merci. - Madame.
Bonsoir.
Bonsoir. C'est un moment malade.
Je sais, ce n'est pas facile.
Toujours des problèmes, des ennuis, se demander si on en verra à la fin.
Je vais préparer le dîner.
Si tu veux, on va se coucher tout de suite après.
Bien.
Et toi, ça a été ? Qu'est-ce que tu as fait ?
Je suis passée l'après-midi avec Rosine.
Nous avons parlé de toi.
Elle va bien ?
Toujours la super forme.
Elle a un nouvel amant, Barnabé, qui lui donne entière satisfaction.
C'est pas comme toi, ma chérie.
Avec un loulou comme moi, tu n'es pas gâté.
Mais moi, je t'aime.
Moi aussi, je t'aime, mais c'était pas suffisant.
Demain, je t'ai pris un rendez-vous.
Avec une femme, j'espère.
Oui, avec une psychologue.
Une quoi ?
T'as très bien compris.
Et pour être sûr que tu iras, je irai avec toi.
Comme ça, je...
J'irai avec toi, jusqu'à la porte.
En attendant, si tu veux bien, dis non.
Allô ? Oui ?
C'est moi.
Vous venez tout de suite chez moi. J'habite juste en face de chez vous.
Au 92.
Troisième étage, porte gauche.
Nu, c'est votre impère noir.
J'ai dit, dans un gardeur.
Tu sais que cette nuit, tu m'as pris dans tes bras et tu m'as fait une fête ?
- Comment ça ? - Ne dis pas que tu dormais.
Tu me disais des mots si tendres. Mais tu étais dans une forme terrible.
Je me suis passée. Qui a requin...
Il faut être sûr que je ne dormais pas.
Ça doit être chaussé.
Tu verras son nom et sur la porte,
il y a une plaque.
Qu'est-ce que je vais lui dire ?
Mais tu verras, elle est très sympa.
Tu te laisses porter, c'est elle qui va te prendre en main.
- Je t'attends au petit café ? - Mais si elle me viol.
Tout de suite les grands mots.
Allez va.
Regarde, j'ai apporté de la lecture.
- Bonjour messieurs. - J'ai rendez-vous à 15h avec Madame.
Si vous voulez entrée.
- Bonjour. Vous êtes Pierre ? - Oui.
Asseyez-vous.
- C'est la première fois que vous venez consulter ? - Oui, madame.
Et vous ne vous sentez pas très à l'aise ? Et vous vous demandez ce que vous faites ici ?
Enfin, pas tout à fait, mais je ne vois pas...
Oui. Vous ne voyez pas à quoi peut servir une femme comme moi pour vous aider dans vos problèmes.
D'abord, je crois qu'il est très important de vous dire que vous vous détendiez. Vous voulez vous mettre à l'aise ?
- Mais je suis à l'aise. - Eh bien, laissez-vous faire.
Donnez-moi votre veste.
Asseyez-vous.
Maintenant, allongez-vous et détendez-vous.
Pour faciliter notre contact, vous pouvez m'appeler Gabrielle.
Et si vous le voulez bien, je vous appellerai Pierre.
Enchanté, Gabrielle.
Et bien maintenant, Pierre,
nous allons parler de tout et de rien.
Sachez que ce que vous me direz restera entre nous.
Mais avec votre permission, je voudrais l'enregistrer pour pouvoir le réentendre après.
Et... Trouvez peut-être la clé qui vous libérera.
Vous faites ça avec tous vos clients ?
D'abord, ce ne sont pas des clients, mais des amis.
Et j'espère que très vite nous deviendrons.
Oui, je le fais parce qu'en écoutant, ces bandes au calme,
j'essaie de discerner la part de vérité, de la part de fabulation.
J'essaie ainsi d'un entretien à l'autre, de mesurer la confiance que vous me faites
ou les réticences qui se répètent.
Cela m'est fort utile et me fait gagner du temps.
Pourquoi se recule ?
Bien, je trouve que vous êtes un peu audacieuse.
- Parlez-moi d'elle. - Comment ? Vous la connaissez ?
Bien sûr. Janine, c'est bien votre femme.
Oui, mais ce n'est pas elle.
Alors, qui est elle ?
Elle, c'est tout.
Elle est entrée dans ma vie près de longues nuits d'inseignies.
Je retournais sans cesse mes problèmes d'échéance.
Je comptais les sommes qu'on me devait.
Je supputais si cet argent serait rentré à temps pour me servir dans mes paiements.
Et dans ce cauchemar de chiffres, soudain, lumineuses,
radieuses. Elle est apparue.
Mais je ne lui ai jamais parlé. Je sais qu'elle habite l'immeuble voisin.
Je connais beaucoup de choses sur elle. Et personne ne me les a jamais apprises.
C'est seulement dans mes rêves que je me rends chez elle au huitième étage.
Mais peut-être qu'elle habite le troisième ou le cinquième.
Pendant que je suis dans son appartement,
à un salon très beau décoré avec goût,
j'entends décrits d'enfants et peut-être il n'y en a pas d'enfants.
- Quand l'avez-vous vu pour la dernière fois ? - Cette nuit.
Je lui avais donné rendez-vous dans un café des Champs-Élysées.
- Vous alliez renoncer ? - Je croyais que vous m'aviez posé à la page.
C'est nous sortions. J'ai quelque chose à vous proposer.
Tant.
- Vous m'emmenez-vous ? - C'est une surprise.
- Mais, c'est un hôtel de passe ici. - Oui, mais vous vouliez un endroit tranquille.
Oui, mais pas ici.
Parce que vous vous sortez choqués d'être dans une chambre où les coupes viennent uniquement pour faire l'amour.
Mais je ne vous connais pas.
Vous ne trouvez pas que vous allez un peu vite en besogne ?
Je voulais seulement que nous soyons seuls tous les deux.
Pour vous prendre dans mes bras, pour vous apaiser, vous consoler, vous donner toute ma tendresse.
Me consoler de quoi, je vous prie ?
D'être seul.
N'ay-vous pas perdu votre mari ?
Comment le savez-vous ?
Avoir vos deux grands yeux tristes.
Tu es belle quand tu pleurs.
Laisse-moi visiter là.
- Excusez-moi - Mais non, c'est normal.
Vous rêviez cette rencontre et je crois que pour un premier rendez-vous, c'est bien.
Je vous attends demain à la même heure.
- Au revoir. - Au revoir.
Au revoir, monsieur.
- Bonjour, mademoiselle. - Entrez, je vous prie.
- Alors, vous avez renoué le fil ? - Oui et non. Enfin, pas tout à fait.
L'hôtel avait changé et je m'y trouvais seul. Elle n'était pas là.
Même la petite bonne avait disparu.
Pourquoi je me trouvais dans cet hôtel ?
Dans mon rêve, j'avais le sentiment que j'ai habité depuis plusieurs jours.
Je suis au bayin hôtel, chambre...
32, 71.
Tu viens tout de suite.
Tu mets la tenue que je préfère.
Tu sais très bien.
- C'est vraiment une salope. - Je suis ce que tu désires.
À genoux.
- Sur le lit. - Oui, chérie.
Continua.
- Et après ? - Après, nous étions au bar, elle est moi.
Tu vois cet homme ?
Tu vas lui demander de monter avec toi.
Tu ferais tout ce qu'il voudra.
Tu veux faire l'amour avec moi ?
Combien ?
Ce que tu veux.
T'as l'air gironde, mais encore faut-il que tu sois une grande salope ?
Je ferai tout ce que tu voudras.
Qu'est-ce que c'est que cette femme ?
Qu'est-ce que c'est ?
Cette femme que tu as appelée dans ton rêve ?
Je ne sais pas.
Mais si, tu sais très bien.
Qui c'était ?
Mais toi, mon amour.
Tu sais, ça fait longtemps que tu ne t'étais pas occupé de moi comme ça.
Tu es heureuse ?
Oui.
Très.
Prends-moi.
C'est moi qui vous ai téléphoné.
Ah oui, entrez.
Venez, je vous prie.
Essayez-vous.
Je suis encore plus troublée.
Connaissez-vous cet homme ?
C'est votre mari ?
Non, madame. C'est comme je vous l'ai dit au téléphone.
C'est un ami qui me consulte depuis deux mois maintenant.
Et avant de vous en dire plus, répondez-moi.
Vous le connaissez ?
Non, pas du tout. Je devrais.
Ah, ça, je ne sais pas. Moi, c'est vous qui répondez.
Je vous ai apporté les principaux enregistrements de nos séances de travail.
Il y a question d'une femme.
Elle est décrite minutieusement.
Je crois que vous pourrez la reconnaître facilement.
Vous prendrez bien quelque chose ?
Non, merci. Vous habitez bien au huitième étage.
Quelle question, puisque vous êtes venue ?
Excusez-moi. Vous avez un mari ?
Je l'ai perdu il y a six mois dans un accident stupide.
Vous avez des enfants ?
Oui, deux enfants. Un garçon et une petite fille.
Mais pourquoi toutes ces questions ?
Parce qu'un homme qui ne vous connaît pas parle de vous comme s'il vous avait toujours connu.
Et ne me dites pas que votre fleur préférée est l'entourium.
Si.
Je suis très heureuse que vous ayez accepté d'écouter ces enregistrements.
Mais je le serai encore plus si vous acceptiez que nous en parlions ensuite.
Vous m'intriguez ?
Mais je vous promets de vous rappeler aussitôt après.
Oh, j'étais folle de vous proposer de les faire se rencontrer.
Je crois au contraire que c'est une bonne idée.
C'est le seul moyen de chasser ces fantasmes et de le libérer.
Mais je peux le perdre ?
Non, parce que je lui dirais que c'est à vous qu'il doit cette rencontre.
Et il vous en remercira.
Que vous soyez là, me paraît merveilleux et terrible à la fois.
J'ai l'impression que je suis en train de vous perdre, alors que nous venons seulement de nous rencontrer.
Comment pouvez-vous me connaître aussi bien, comme si nous avions vécu longtemps ensemble,
alors que c'est la première fois que je vous parle, que je vous vois, que vous me touchez ?
Vous êtes peut-être mon double, et moi je suis le vôtre ?
Je suis allée dans cet hôtel. Enfin, dans mon imagination.
Et ça, avant d'écouter votre enregistrement,
j'ai rencontré cet homme très laid, canamique qui pouvait être vous.
Mais dont je n'ai jamais vu le visage, m'a obligé de lui demander de faire l'amour avec moi.
Je me souviens de ces billets neufs, craquants sous mes doigts, qu'il m'a donné pour me payer.
Si près l'un de l'autre, seulement une rue à traverser,
vous et moi nous rejoignons inconsciemment dans nos rêves.
Qu'en pense Gabriel ?
C'est bien de vous avoir réunis, mais Jeanine est inquiète.
- Qui est Jeanine ? - C'est ma femme.
Et c'est elle qui a voulu cette rencontre que j'ai organisée.
Saviez-vous qu'elle...
Marianne.
Marianne.
Saviez-vous que Marianne faisait les mêmes voyages de son côté ?
Mais alors, de toute façon, vous vous sauriez rencontrer ? Puisque vous vous aimiez déjà ?
Pour vous. C'est de l'amour.
Comment voulez-vous appeler ça, toutes ces coincidences,
sans parler de cette foule de détails,
apparemment imaginée et réellement vrai ?
- Je vais devenir Jeanine. - Mais je ne vous aime pas.
Je suis bien avec vous, mais je ne vous connais pas.
Mon subconscient vous a rencontré dans mon imagination, mais ça ne suffit pas.
Eh bien Marianne, maintenant que vous le connaissez, pourrez-vous l'oublier ?
- Marianne. - Mais je vais devenir folle.
- Mais non, Marianne. - Si, mais si, mais si.
- Où je suis ici ? - Vous êtes dans ma chambre.
Mais alors, comment expliquez-vous que je suis allé chavenue dans cette chambre ?
Et que j'y ai fait l'amour avec cet homme dont je n'ai jamais vu le visage ?
Mais, mais c'est lui ?
T'en scottes, je préférais.
- Tu ne veux rien d'autre ? - Si. Te voir te faire prendre.
Te faire prendre par lui.
Moi ?
C'est moi.
- Avez-vous bien dormi ? - Très bien. Et toi ?
Moi aussi.
- Et toi, Pierre ? - Vous ne devinerez jamais.
Si, tu étais ailleurs.
Et tu étais ici ?
Je suis allé chez Marianne, et j'ai fait l'amour avec toi.
Puisque tu es le retour ici, tu pourrais peut-être maintenant faire l'amour avec moi ?
J'ai très envie.
Je sens que dès le matin, comme ça, au réveil, je vais devenir sublime.
Je pense qu'on ne peut pas vivre sans rêve.
Ça serait suffisant.
Comment vaut-tu chasser les emmerdes ?
Si tu ne t'évades pas un peu vers les fantasmes.
Le rêve, mes chéries, c'est l'oxygène de l'homme, et de la femme bien entendu.
Mais enfin mon chéri, pourquoi toujours rêver ?
Puisque nous sommes Marianne et moi, tout à la fois ton rêve est ta réalité.
Oui c'est vrai ça.
Je crois qu'on devrait expédier ce petit déjeuner et penser à des choses plus sérieuses.
Qu'en penses-tu ?
Jeanine et moi, nous l'avons acheté pour toi. J'espère qu'il te plaira.
Qu'est-ce que c'est ?
Pour que tu ne nous oublies pas.
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