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PRÉCÉDEMMENT
La maison d'Ashur tracera son propre chemin
et enverra dans l'oubli tous ceux qui se dressent devant elle.
T'as pas mérité ta place ici.
Ils ne la considéreront jamais comme leur égal.
Elle ne manque pas d'habileté.
Depuis quand n'as-tu pas foulé le sable, vieillard ?
Gabinius organise les Jeux apollinaires ?
Je vois un homme possédé par une femme à langue de serpent.
La Maison d'Opiter présentera peut-être un défi surprenant.
Tu t'inquiètes trop pour lui.
Et qui s'inquiète pour toi ?
Apedemak, dieu de la guerre et de la conquête.
Pourquoi le dessiner ?
Pour me rappeler ce qui est perdu.
Elle a pris la vie d'un frère, et tu la laisses vivre ?
Elle a versé le sang. Et tout homme qui posera sa main sur elle
aura la mienne sur sa gorge.
Tu as risqué une précieuse acquisition en faisant valoir tes griefs avec l'épée ?
Et la vie de Creticus ? Ne valait-elle pas autant ?
Personne n'aurait donné un sou pour voir ce tas de merde
marcher dans l'arène.
Les hommes de talent n'abondent pas.
Il mérite plus que ton indifférence.
Mon indifférence ?
Il était mal dégrossi !
Achillia, elle, est pleine de force.
Son entrée aux Jeux apollinaires
assurera l'ascension de cette maison, dont tu te plains sans cesse !
Gabinius s'est rallié à notre cause ?
J'étais à deux doigts de le convaincre.
Jusqu'à un malheureux retournement de situation.
Tes manières ont souvent cet effet.
Il m'a prié d'être honnête, gros connard.
Quand je lui ai dit la vérité, il s'est vexé
et m'a ordonné de disparaître.
Alors, on reste des mendiants.
Genoux au sol, bouche ouverte pour satisfaire toute queue qui se lève.
Tu ferais mieux de faire ce pour quoi je t'ai payé.
Le plus urgent, c'est de voir Achillia prête à affronter les frères Ferox,
pas d'agir à l'encontre de mes ordres.
Cette femme est sauvage et indomptée, je te l'ai dit, tu ne m'as pas écouté !
Je suis Dominus !
Et moi, Doctore. Sur le sable, ma parole fait loi.
Tu penses valoir plus que moi ?
Mon expérience en la matière vaut plus que n'importe quel homme.
Pourquoi Achillia respire encore si elle est un tel affront
aux sensibilités délicates ?
Elle a démontré sa valeur.
Elle mérite de faire ses preuves.
Tu parles de valeur et de faire ses preuves.
Je te mets au défi d'en faire de même.
Et qu'attends-tu de moi, si je peux le savoir ?
Que tu fasses selon mes ordres pour me prouver ta loyauté.
Nous sommes déshonorés.
Un dominus couillu saurait récupérer la gloire perdue
de l'époque de Gannicus et Crixus.
De vrais champions, putain.
Bien plus que cette ordure de Syrien !
Parle avec sagesse...
Ou vois ta discutable virilité séparée de ton corps
de manière malheureuse, tout comme Creticus.
Sa chienne nubienne a tué un frère, sans aucune conséquence.
Une offense à tous ceux qui l'ont accueilli en ami.
C'est incontestable.
Mais je m'incline devant notre Dominus. Comme nous le devons tous.
Pour l'instant.
Erato a raison.
Peut-être, mais ça n'a que peu d'utilité.
L'honneur de la maison n'est-il pas le plus important ?
Ça devrait.
Alors notre putain de Dominus l'a bafoué en menant une femme vers l'arène.
Votre attention !
Je dois partir et agir au-delà de ces murs.
En mon absence, Celadus sera Doctore jusqu'à mon retour.
Merci.
C'est un grand honneur.
C'est un honneur pour moi de céder ma place à un ami.
Ils sont à tes ordres.
L'entraînement reprend !
- Tarchon, Erato, en place et... - Parés !
La fureur de ta jeunesse ne vaut rien contre le maître de l'épée.
Préviens-moi quand ce maître se présentera,
je l'accueillerai tout aussi chaleureusement.
Tarchon !
Face à un adversaire de la moindre valeur,
une attaque sauvage t'aurait lancé sur le sol de l'arène,
et ton cerveau dégoulinerait de ton maudit crâne.
Reprenez vos positions.
Et respectez les règles.
Oui, Doctore.
Elle se bat comme si des chaînes la retenaient.
Elle est peut-être retenue par un poids plus écrasant.
Dis-moi le fond de ta pensée.
J'ai remarqué une ombre dans ses yeux, comme un spectre persistant.
Quand t'es-tu retrouvée si proche d'elle pour l'observer ?
Je lui ai parlé quand vous étiez sur la Voie Appienne.
Tu l'as fait venir dans la villa en mon absence ?
Non, je suis allée à la cellule de la Nubienne avec un garde.
Je te défends d'aller dans le ludus !
C'est dangereux pour une personne aussi douce,
même accompagnée d'une escorte.
Je ne suis pas une trouillarde.
Je ne me cacherai pas.
Pardonnez-moi, Dominus.
As-tu deviné la cause de cette ombre dont tu parles ?
- Non. - Non.
Mais son visage s'est assombri
quand j'ai vu des cicatrices sur le dos de sa main.
Ce qui pèse sur son âme peut être lié à ce qui les lui a causées.
Halte !
Reprenez le travail.
Comme on se retrouve.
Je m'entraîne avec vous ?
Je dois jauger tes progrès moi-même.
Oui, Dominus.
C'est ce que tu aimes, faire couler le sang du Doctore ?
Celui du mirmillon ?
Non, Dominus. J'aime l'épée et la torche.
Sans aucun bouclier défensif.
Tout comme le dimachère.
Un style apprécié de Spartacus lui-même.
Épée !
Voyons si ton avenir est aussi prometteur que le sien.
Serai-je punie si le sang coule ?
Une telle prouesse sera récompensée.
Commençons !
Des offrandes pour offenser l'œil et tous les sens associés.
C'est la faute des assassins ciliciens,
qui volent les navires transportant la bonne marchandise.
Tout à fait.
Un fléau durable, qui doit être urgemment traité
par ceux qui peuvent agir.
Je vous assure que mon mari se charge de ces affaires.
Je prierai les dieux pour que le sénat ne le retarde pas, comme toujours,
par de la rhétorique pompeuse.
C'est un fardeau...
Heureusement, votre mari n'en souffre pas.
Il reste satisfait de l'incomparable monotonie
du recouvrement des impôts.
Horatia !
Une tempête approche.
Quelle agréable surprise de tomber sur vous !
Si j'avais su que vous étiez là,
j'aurais volontiers écarté des problèmes plus urgents...
pour me joindre à vous.
La décision a été prise sur le moment.
Vous n'avez pas pu me prévenir.
Horatia, je vous implore de parler à Uvidus
pour ouvrir de nouvelles routes céréalières.
Nous n'étions pas accablés par la pénurie sous l'œil attentif de l'édile précédent,
un homme qui méritait amplement d'être honoré.
Mon mari parlemente au conseil en ce moment même,
il tente de soulager les bons citoyens de Capoue.
Mon mari n'a pas été informé de cette réunion.
Elle est réservée aux décisionnaires.
Merci pour ces clarifications.
Et je m'en voudrais
de ne pas m'enquérir du bien-être de votre fille bien-aimée.
A-t-elle déjà quitté la villa depuis la mort prématurée de son mari
aux mains de Spartacus et de sa horde rebelle ?
Viridia n'a aucune intention de mettre fin à son deuil.
Je suis profondément inquiète pour son bien-être.
Bien sûr.
J'espère voir son chagrin balayé par un nouvel amour.
Comme nous tous.
Mon fils cadet, Manilaius,
a atteint la majorité et cherche une femme de bonne famille.
- Peut-être une rencontre... - Un nom digne d'intérêt.
Mais je souhaite une union plus équitable pour une descendance méritante.
La femme du noble Gabinius est plus avisée à tous égards.
Transmettez toute mon affection à votre pauvre fille.
N'est-ce pas merveilleux
de voir une truie couverte de soie et de bijoux ?
Vous êtes l'homme du Syrien, n'est-ce pas ?
- Ce n'est pas un secret. - En effet.
Horatia, la femme de l'édile.
Modesta, la femme de... qui ça intéresse ?
J'espère que vous n'avez pas été blessé
par la mort de votre homme contre les frères Ferox.
Pas le moins du monde.
Oui, vous devez être habitué à l'échec,
étant donné la qualité de vos offrandes.
Mes excuses. Mais une affaire urgente m'attend.
Pour votre Dominus ?
Vous vous méprenez, je suis un homme libre.
Pardonnez cette erreur.
C'est pour moi difficile de me faire à l'idée.
Que votre journée soit bénie, comme vous le méritez amplement.
Malgré le poids des années, il est toujours en forme.
J'ai entendu des histoires sur son épée qui empale le plus brutal des adversaires
avant de conquérir la liberté.
Si seulement sa propre épée était utilisée de manière plus intime.
Pourquoi vous rabaissez ?
Il préfère les bites aux offrandes féminines.
Allons déjeuner dans l'espoir d'entendre un meilleur discours.
Putain !
Mes yeux me tromperaient-ils ?
Les dieux nous honorent en nous réunissant.
Fides, tu es loin de ton maître, Proculus.
Je me paye des plaisirs qu'il apprécierait autant que moi.
Je mise pour rembourser ma dette à un noble rabougri
dépourvu de raison et de pitié.
Ce vieux con m'enverra dans les mines si je ne paye pas.
Dans ce cas, je te laisse.
Arrête un peu, mon frère !
Qu'est-ce qui t'amène ici ?
Tu t'es toujours fiché de cet endroit et de ceux qui hantent ses murs.
Le temps n'atténue pas l'aversion.
Mais je dois accomplir une tâche vitale au service de mon employeur.
Le putain de Syrien ?
Quoi qu'il t'ait demandé, Fides l'aidera.
Merci, mais c'est une affaire privée, assurée avec discrétion.
Tes lèvres étaient déjà scellées.
Et encore maintenant, tu es Doctore dans une maison bénie par Crassus,
tandis que le pauvre Fides trime pour les miettes de Proculus.
Bride tes désirs excessifs, tes perspectives s'amélioreront.
Que les dieux m'accordent une telle discipline !
Viens, partageons un verre,
revivons l'époque où nous nous serrions les coudes
et menacions de mort tous les cons qui prononçaient des mots peu flatteurs.
J'en serais heureux,
et un peu de gentillesse soulagerait le fardeau du présent.
Tu es tellement souillé par les méfaits que tu as perdu ton honneur ?
Une bite dans le cul de l'honneur.
J'ai besoin d'argent.
Et tu es bien placé pour m'en donner.
Le malheur peut forger du fer chez ceux qui supportent sa chaleur.
Je n'entraverai pas cette leçon vitale
pour un homme qui doit emprunter un chemin plus prometteur.
Le Syrien ou le noble flétri seraient peut-être plus généreux
en échange d'anecdotes sur tes propres méfaits passés.
Porte-toi bien. Et oublie-moi.
Je n'en ai pas fini...
Ne t'avise pas de lever à nouveau les yeux sur moi.
Le feu brûle.
Comme dans les yeux de ce fou de Thrace.
Lui aussi a attenté à la vie de son Dominus.
Mais son aventure a été plus fructueuse.
Pourquoi as-tu échoué ?
- Vous maniez mieux l'épée que moi. - Et pas de peu.
Mais ce n'est qu'un détail.
Pourquoi est-ce que tu échoues ?
L'homme en bois te donnera peut-être de quoi réfléchir.
Entraîne-toi sur le palus et cherche dans tes pensées une réponse plus claire.
La merde lutte contre la pisse.
Fais une offre au gagnant.
Pas plus de trois deniers.
Finalement, c'est une belle journée.
Vous n'avez pas de vin.
Permettez à des mains indignes de corriger cette offense.
Je suis ici pour affaires, je n'ai pas de temps à perdre.
Nous avons donc le même objectif.
Les pertes incessantes
me forcent à réapprovisionner les offrandes à l'arène.
Ces hommes verraient votre ludus comme un plus grand désavantage.
Le puissant Œnomaüs n'est-il pas né d'une telle obscurité ?
Le Faiseur de Pluie n'a-t-il pas été condamné à s'aguerrir
dans ces mêmes entrailles ?
Des hommes singuliers.
Ils ne seront pas aperçus parmi ces esclaves qui se pavanent.
Pourquoi, si elles vous offusquent, visiter les profondeurs stygiennes ?
Je vais m'entretenir avec Anubis, l'ancien superviseur des arènes.
Anubis ?
Dans quel but ?
Selon les rumeurs, il a une abondance de blé
dont mon employeur a grand besoin.
Je crains que vous n'ayez été trompé.
J'ai vu Anubis ce matin même,
et je peux vous assurer qu'il ne détient pas de blé.
Alors, ma quête est vaine.
Uniquement... si vous retournez auprès du Syrien les mains vides.
Un véritable ami pourrait arranger ça.
- Vous avez du blé ? - En abondance.
- À quel prix ? - Une présence honorée,
assaisonnée de vin et de discours engageants.
Loin de l'odeur nuisible des clients mal lavés.
Je suis votre homme.
Comme je suis le vôtre. Pour le moment.
Mes pensées s'égarent, et ma fille aimante me vole l'avantage !
J'ai eu un excellent maître, et un excellent père.
Je t'invite à m'accompagner en ville,
et je retrouve en train de jouer avec ton père.
Elle préfère l'entraînement de l'esprit aux gloussements des poules.
Il me faudra des années pour te vaincre.
Je le concède.
Tu fais plaisir à un vieil homme qui se croit maître de la stratégie.
Tu as toute ma gratitude.
Je m'incline devant un tel talent.
Il est bien trop tôt dans la journée pour porter un vêtement de nuit, Viridia.
Prends un bain et porte une tenue convenant à la fille du noble sénateur.
Tu auras toujours ma plus haute estime.
Je te chérirai éternellement, ma fille bien-aimée.
En la dorlotant, tu l'empêches de retourner auprès d'un homme.
Elle se remet doucement de la perte de son mari chéri.
En la pressant, tu n'obtiendras que son refus.
Alors aide-moi à la convaincre.
La réalité d'une fille célibataire suscite des murmures.
Son nom ne sera pas sali par ces mauvaises langues.
Comme celles avec qui tu as gaspillé ta journée ?
J'ignorais que le gloussement des poules t'intéressait.
Laisse la colère tomber dans l'oubli et trouvons un terrain d'entente.
Je le souhaite.
Tout comme cette conversation sur les jeux à venir
- que tu organises si généreusement. - Pardon ?
C'est l'occasion rêvée de réintroduire Viridia
après une longue absence.
Tu sais ce qu'elle pense des jeux
- et des gladiateurs. - Les pensées peuvent être conditionnées.
En particulier si un être cher sait trouver les mots justes.
Son visage s'est illuminé lorsqu'elle a remercié le Syrien
d'avoir contribué à la chute du rebelle Spartacus.
Ce putain de Syrien. C'est un serpent,
souriant avec des dents humaines.
On ne peut se fier à cette créature.
La confiance est comme l'eau,
se transformant en vapeur ou en glace selon les conditions.
- Tu parles en énigmes. - Alors élucidons le mystère.
Pourquoi crois-tu que je l'ai invité à manger ?
Tes machinations t'échappent.
Pour jauger l'homme qui me sera utile dans un conflit imminent
entre Pompée et le patron du Syrien, Crassus.
Comment t'y prendras-tu ?
En révélant notre désir de présenter une motion au Sénat.
De voir Pompée hors des portes de Rome,
à la poursuite des pirates ciliciens qui infestent les eaux de la République.
Tu mettrais le Syrien dans la confidence ?
Une fausse confidence. Sans qu'il le sache.
Tu le mets à l'épreuve.
Si cette information parvient à Crassus,
nous saurons que la loyauté du Syrien est inébranlable.
Et si ce chien tient sa langue ?
Alors il pourrait être utile à un maître plus favorable.
Et peut-être manipulé pour aider à négocier la paix
entre Pompée et Crassus, évitant ainsi une guerre civile.
Tu crois vraiment que le Syrien a de l'influence
sur la volonté de Marcus Crassus ?
Un levier rudimentaire peut déplacer la plus grosse pierre
s'il est bien utilisé.
La seule utilité d'un tel homme est de nourrir des vers affamés.
N'est-il pas le dominus de son propre ludus,
autrefois revendiqué par Batiatus ?
Une faveur accordée par Crassus en personne ?
Son Doctore Korris est un pilier de sa putain de maison.
Sans lui, le Syrien courrait à la ruine.
C'est vrai.
Comme d'autres avant lui, le Syrien mise sur ses meilleurs hommes.
Et il cherche à acquérir bien plus, au-delà du raisonnable.
C'est le rêve de tous ceux qui partent d'en bas.
Pourquoi crois-tu qu'ils veulent emprunter de l'argent
à ceux de haute lignée comme nous ?
Le prêt est une chose répugnante.
Ton frère n'aurait jamais dû t'entraîner dans cette activité peu honorable.
Ne nous querellons pas avec Servius.
Et n'oublions pas que les intérêts payés sur "cette activité peu honorable"
compensent le coût de ces beaux atours que tu apprécies tant.
Nous nous écartons du sujet.
Je pense que tu nous y conduiras de nouveau.
N'as-tu pas perçu le désir frémissant du Syrien
quand il a posé les yeux sur notre fille ?
Est-ce étonnant ? Elle a les formes...
de sa mère.
Tu me flattes alors que tu devrais être en colère.
Et toi, tu es en colère quand tu devrais t'abaisser à la quiétude.
Occupe-toi de Viridia et éloigne le Syrien de tes pensées.
- Des mots difficiles à accepter... - Je ne veux plus rien entendre !
S'il ne s'avère d'aucune valeur,
il creusera sa propre tombe.
Puises-y du réconfort et finissons là cette discussion.
- Laisse ça ! - Oui, Dominus.
L'évaluation est juste.
Achillia s'avère incapable de briser les chaînes qui entravent l'ascension.
Et avec elle, l'ascension de cette putain de maison !
La Nubienne dégrade l'humeur.
Nous l'avons ressenti depuis son arrivée.
Les bœufs indomptés brisent d'innombrables jougs
et apprennent à marcher, menés par une main forte.
Je serai donc agriculteur ?
À labourer des champs de merde ?
Pardon, Dominus. Je ne voulais pas dire de bêtises.
Achillia présente de l'agacement sans le bénéfice d'une bête de somme.
Reconsidérez le fait de miser votre avenir sur des capacités imaginaires.
Quels mots t'ont amenée à croire que je te demandais conseil ?
- Je veux juste vous protéger. - Tu n'es pas ma femme !
Je ne suis pas ton mari, pas besoin de t'inquiéter !
Pardonnez-moi.
C'était déplacé.
Quelles merdes sortent d'une autre bouche ?
En position !
Pas question !
Je ne m'entraînerai pas au palus à côté d'une putain de femme !
Quelle bénédiction d'être épargnée de la présence de ce misérable.
Utilise ta langue à bon escient...
Et lèche ma putain de queue !
Obéis, espèce de cinglé.
Dominus nous regarde !
Pas un geste, Erato !
Calme ton esprit.
Tarchon ! Erato ! En position !
Connais-tu l'homme qui est devant toi ?
Je suis Celadus !
J'ai battu Anthus dans l'arène !
Camulus est tombé sous ma putain d'épée !
Tout comme Magnetius, jadis champion de cette foutue maison !
Écoutez-moi bien et respectez ce putain de ludus !
Ou voyez votre sang couler !
Soyez avertis !
Voyez les exploits accomplis lorsque l'esprit est déterminé.
Aspirez... à cela.
Et peut-être pourrez-vous un jour aussi conter de grands récits
de votre gloire passée.
Mes excuses.
Un message a été transmis pour Dominus.
Donne-le-moi.
Dois-je l'appeler ?
Non.
Cette affaire ne le concerne pas. Je m'en occuperai directement en son nom.
Oui, Domina.
Il vous voit comme un vulgaire esclave.
Je suis un homme libre. On me paye pour mes services.
Et quel était le montant pour enlever les vestiges en décomposition
des frères chéris sur la croix ?
C'est cette ordure de Proculus qui vous a informé de nos actions ?
Des brutes peuvent arracher des vérités à des bouches réticentes.
Pourtant, faute d'une force comme la vôtre...
je me fie à d'autres compétences.
Quelles compétences acquiert un homme aussi mince que vous
dans une telle entreprise ?
Beaucoup ont été persuadés par le ton mélodieux de ma voix.
Cela dit, je préfère écouter.
Les langues arrogantes révèlent souvent des secrets avantageux.
Moult chemins mènent vers la victoire, autrement que par les armes,
pour ceux qui ont la volonté de les suivre.
Vous êtes d'une rare perspicacité, même pour un vénérable Doctore.
C'est affligeant
que le Syrien ne sache pas faire preuve du respect que vous méritez tant.
Je ne l'autoriserais pas sous mon toit.
C'est une offre ?
Une simple observation.
En prévision de... possibilités futures.
Je crains qu'elles ne soient lugubres, envers une maison
entachée par des défaites constantes aux jeux.
C'est vrai.
Les pertes s'accumulent.
Mais, contrairement au Syrien, ma maison a une place dans l'arène.
Imaginez les sommets atteints
si l'ivrogne qui entraîne mes hommes était éclipsé par un...
soleil plus radieux.
Vous rejetez la faute de votre échec sur votre Doctore ?
Je la rejette sur le coupable.
Le Doctore actuel est un crétin.
Les hommes qui n'ont pas l'esprit vif s'agrippent rarement aux cieux.
Et seul un idiot saute d'une falaise
en s'attendant à ce que des ailes lui poussent par miracle.
Et comment un faucon saurait-il qu'il a des ailes
s'il est confiné dans une cage ?
À quelle hauteur peut s'envoler cet oiseau ?
Bien au-dessus des murs d'un ludus.
Porté dans l'air par le vent turbulent de l'opportunité.
Vous n'êtes pas ce à quoi je m'attendais.
J'en suis honoré, si je dépasse vos attentes.
Achillia !
En position.
Voyons si ta réflexion a porté ses fruits.
Dominus.
Commençons !
Dominus a été cruel envers toi.
Pourtant, il ne mentait pas.
Même la dure vérité peut être dite avec douceur.
Je le méritais.
Je ne suis pas son épouse.
Je ne peux agir comme telle.
Je ne veux pas te voir blessée
par un amour refusé.
Ta présence me réchauffe le cœur.
Je réchaufferais plus que ton cœur...
si cela m'était permis.
J'apprécie tes sentiments.
J'ai toujours voulu entendre ces mots de tes lèvres.
Messia, tu es ma plus chère amie.
Amie ?
Il n'existe aucun mot plus fort pour ceux qui tiennent l'un à l'autre.
Alors soyons amies.
Et condamnons les pensées vagabondes à l'oubli.
Peut-être que les dieux nous béniront aujourd'hui.
Et ils s'entretueront.
Bien ! Utilise ton corps agile de femme
contre un adversaire plus lourd.
Mais ne sois pas trop confiante.
Une seule erreur et tu ne te relèveras peut-être jamais de l'arène.
Je te repose la question.
Pourquoi as-tu échoué ?
Tu as échoué.
Tu as échoué.
Pourquoi as-tu échoué ?
Parce que je suis indigne !
J'ai manqué à mon devoir !
Et la mémoire enchaîne mon esprit !
Le poids que tu portes.
Les souvenirs de la terre d'où tu viens.
De l'amour, de la famille, du triomphe et de la tragédie.
Cela n'a aucun intérêt pour les yeux qui t'observent dans l'arène.
Tu n'es pas le reflet de ton passé.
Le présent...
c'est ce qui a du sens...
La promesse de demain.
Reprends l'entraînement.
Et saisis le destin telle une championne de cette foutue maison.
Comment jauges-tu mon combat contre Achillia ?
Vous étiez un colosse, Dominus.
Je ne t'ai rien demandé.
Mais les mots ont été arrachés de mes pensées.
C'est ce qu'elle a décrit.
Inégalé par l'homme et par la femme indigne.
Je ne veux pas d'une réponse de l'esclave au Dominus...
mais d'Hilara...
à Ashur.
Je regrette infiniment...
qu'on ne vous ait jamais vu sur le sable de l'arène.
Si on m'avait vu...
J'aurais été le champion.
Vous le serez toujours...
pour ceux qui vous chérissent.
Je vais prendre un bain pour effacer le travail du jour.
Je vous aimerais tel que vous êtes.
Un dieu parmi les hommes.
Va chercher du vin.
Et attends d'être convoquée.
Cette distraction ne vous convient pas ?
La passion ne parvient pas à s'élever vers le début du combat.
Mon sang bouillonne à l'idée de voir l'attraction principale.
Alors ne tardons pas.
Vous offrez un tel spectacle à tous ceux qui passent vous voir ?
C'est une titillation qui plaît à l'élite de Capoue et de Rome.
Le précédent dominus de la maison du Syrien en était fervent.
Je suis cependant étonné que les femmes haut placées
apprécient un divertissement si basique.
Leur appétit dépasse de loin celui de leur mari languissant.
Vous seriez étonné de savoir qui a franchi le seuil pour s'adonner à ça.
Sûrement aucune femme à l'intérieur des murs de la ville.
La femme de l'édile lui-même.
Horatia ?
Et ses amies ?
Modesta ? Non.
Elle manque de courage pour se laisser porter par le désir.
L'honorable épouse du bon Gabinius, cependant, est à l'opposé.
Cossutia ?
Son tempérament est plus tranchant qu'une lame bien aiguisée.
Comment avez-vous connu ces personnes aussi irritables ?
Tout comme...
beaucoup de femmes d'un certain âge,
elle pleure des jours perdus à jamais et une attention fanée par les années.
Les louanges et les douces paroles ennuient même le plus vif d'esprit.
Peu perspicace, le Syrien ne peut rallier les nobles à sa cause.
Il manie très mal la langue.
Les hauts placés évitent sa présence.
Ce qui n'est pas un souci si on a servi un laniste plus reconnaissant.
Je me suis trop attardé.
Vous avez parlé du blé ?
Vous serez satisfait.
Il sera livré à l'aube, quand la tempête sera passée.
Merci.
Je devrais m'éclipser tant que je tiens encore debout.
Quelles merveilles pourrais-je vous offrir dans l'espoir de savourer une...
compagnie si glorieuse de manière plus permanente ?
- Des preuves. - De quoi ?
Mes hommes méritent leur place
dans les prochains jeux Apollinaires.
Vous voulez que j'achète la maison qui vous déshonore
tout en élevant le Syrien de son rang à mes frais ?
C'est moi qui ai entraîné ces hommes. Pas le putain de Syrien.
Ils sont le reflet de ma valeur.
La victoire dans l'arène suscite l'estime,
et c'est un avantage pour le prochain qui m'acceptera en tant que Doctore.
Et si une douce brise atteint l'oreille réceptive au service du désir ?
Alors peut-être partagerons-nous du vin et des mots à nouveau.
Mes excuses.
Une pièce ou du sang ?
Du sang.
Va au diable, bâtard.
Où est ton putain d'honneur, maintenant ?
Je te vois enfin. Tas de merde !
Épargne-moi, je t'en supplie !
Je ne suis pas d'humeur à pardonner.
Ta colère se méprend !
Ce n'est pas ma main qui se dresse contre toi !
Qui t'a donné cette mission ?
Fides !
Je ne suis pas le reflet de mon passé...
Je ne suis pas le reflet de mon passé...
Je ne suis pas le reflet de mon passé...
Achillia !
Tu es convoquée.
Certains parmi vous contestent, paraît-il, ma dernière acquisition
et ne la considèrent pas comme un membre de la Confrérie.
Laissons ces préoccupations de côté...
Dominus !
Pardon, mais elle n'a pas encore été testée sur le pont, comme nous tous !
As-tu déjà fait couler le sang de ton Doctore ?
L'un de vous l'a-t-il fait, putains de connards ?
Parlez maintenant et dissipez notre ignorance.
Achillia doit prouver qu'elle est digne de cette marque
à mes yeux uniquement, et je suis satisfait d'elle.
Agenouille-toi.
Concentre-toi sur son but glorieux, en l'honneur de la Maison d'Ashur.
Et reçois le Sacrementum Gladiatorum.
Répète après moi.
Je consacre ma chair, mon esprit, ma volonté à la gloire de ce ludus
et aux ordres de mon dominus.
Je consacre ma chair, mon esprit, ma volonté à la gloire de ce ludus
et aux ordres de mon dominus.
Je jure d'être brûlé, enchaîné, battu ou de mourir par l'épée
en quête d'honneur dans l'arène.
Je jure d'être brûlée...
enchaînée, battue...
ou de mourir par l'épée...
en quête d'honneur dans l'arène.
Le serment a été prononcé.
Elle fait désormais partie de la Confrérie.
Qu'on en finisse avec ce désaccord.
Doctore !
Cette ordure de Proculus s'en prend à nous ?
Fides est connu pour être son homme par nécessité et intérêt.
Et tu lui as arraché des aveux ?
Non, il m'a échappé.
Sois plus délicat ! Ou je t'infligerai la même blessure !
Je vis encore, et tout ce qui suit est pour moi une putain de bénédiction.
Ça fait chaud au cœur de l'entendre.
Et ta mission ?
As-tu obtenu ce que je t'ai demandé ?
J'ai partagé des mots et du vin avec Opiter, j'ai gagné sa confiance.
Il n'a rien soupçonné de votre rencontre fortuite
dans ce lieu qu'il fréquente ?
Il croit que j'ai été chargé de récupérer le blé d'Anubis.
Comment l'as-tu quitté ?
Rempli d'espoir que je devienne son Doctore,
s'il convainc Cossutia de nous inclure dans les jeux de son mari.
Tu as prodigieusement fait tes preuves.
Repose-toi et rétablis-toi.
Et Proculus ?
Nous nous vengerons...
À nous de choisir l'heure et l'endroit.
J'ai besoin d'un putain de Medicus.
C'est fait ?
Korris est vivant, bien que grièvement blessé.
La dette envers votre mari est effacée,
comme convenu, en réponse au message d'aujourd'hui.
Et je redoublerai...
Considère que cette dette est soldée.
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