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-Parle-lui, restez pas comme ça.
-Lui parler de quoi ?
-J'en sais rien, qu'il s'explique, qu'il te donne une vraie raison.
-Je lui ferai pas ce cadeau-là.
-C'est le petit qui t'envoie ?
-Tu crois que c'est son style ?
Comment t'as pu lui faire ça ?
-Les honneurs, à son âge, ça peut carboniser un homme.
Je lui souhaite pas.
-Tu préfères le carboniser toi-même,
c'est ça ?
-Chef, je voudrais que vous me validiez
la commande pour...
pour le stock.
Thème du générique.
-Allez, on passe la seconde.
Et Charlène ? -Problème métro, colis suspect.
-Matsumoto a livré les betteraves ?
On les émince en carpaccio. Huile d'olive et comté.
Messieurs.
-Bonjour, Romain.
Maître Matsumoto désire réserver sa production
aux cuisiniers qu'il a lui-même distingués.
Il est seul libre de ses choix
et a peu goûté votre aventure au Cercle des chefs.
-Mes légumes exigent
humilité, respect, sérénité.
Vous avez oublié ces choses.
J'espère que vous les retrouverez, un jour.
*Bips. -Numéro 24.
24.
-Bonjour. -Bonjour.
-C'est pour une demande de visa professionnel.
-Vous avez apporté
votre passeport, votre contrat ?
-Voilà.
-Vous partez bientôt ? -Oui, j'espère.
-Alors...
Un...
Deux....
-Je préfère mes revers à mes succès.
-Pardon, mais j'ai perdu mon meilleur fournisseur.
Epargnez-moi. -Vous avez joué et perdu.
Mais vous n'allez pas en rester là.
-Pardon ? C'est vous qui...
-C'est moi, quoi ?
-Le CAP chef. -Je vous ai forcé ?
Ou bien barré la route ?
Apprenez à reconnaître vos ennemis, Romain.
Et débarrassez-vous de vos fantômes.
-Ca va ? -Désolée.
Mina a été malade toute la nuit.
-Quoi, c'était pas le métro ?
-Si, après, un type s'est jeté sous les rails.
Et il y a eu un colis suspect.
Le bordel, quoi.
Et toi, ça va ? -Oui, oui.
-Un peu comme ton mec qui s'est foutu
sous les rails. -C'est pas grave, d'accord ?
-T'inquiète.
T'es là, donc tout va bien.
-Charlène, je ne te couvrirai plus.
Je vais avoir des problèmes, moi.
Tu vas lui dire quand que tu vas partir ?
-Bientôt.
Arrête, je vais lui dire.
-Tu fais n'importe quoi. -Bon, va à ton poste, toi.
-Romain.
Vous connaissez un peu mes références.
-Oui.
-J'ai travaillé pour de nombreux chefs avant d'être engagé
par votre père.
Vous n'avez pas à rougir de la comparaison.
Vous êtes déjà un grand cuisinier.
-Merci, Karim.
-Non, mais c'est pas possible, ça !
Tu me mets tout en bazar, là. -Non, c'est l'inverse du bazar.
Je range un peu, ça fera pas de mal.
Yann ? -Chef ?
-Poubelle.
-Non, pas ça !
Hé, tu me jettes pas mon bégonia !
-Non, je lui donne
un coup de jeune, vous n'avez rien contre la jeunesse ?
-Bonjour. -Bonjour.
-Bonjour.
-A quoi vous jouez ? -On joue pas,
on travaille. Aziz ?
-Vous vouliez le "Paris" et vous dézinguez votre fils.
Qu'attendez-vous de moi ?
-Je me suis dit
qu'on pourrait se rendre un service.
Enfin, ça pourrait nous servir à tous les deux, une sorte de...
-Oui ?
-Votre patron, Gauthier, siège au conseil d'administration d'Edouard.
-Oui.
-Ils se détestent, non ?
-Je vous écoute.
-Voilà, j'aurais besoin de vous
pour convaincre ses administrateurs de lui céder le "Paris",
dans un premier temps, à lui, puis à nous.
-Et c'est à moi de le convaincre. -Exactement.
-Ah, je comprends.
Vous avez besoin de moi
pour atteindre mon patron.
Vous avez les oreilles bien ouvertes, là ?
Allez vous faire cuire le cul.
-Bonjour, François. -Bonjour, chef.
Bravo, c'était remarquable. -Merci.
-J'ai appris vos déboires.
-J'ai tenté ma chance.
-La gastronomie,
c'est un monde si cruel.
Très peu
décrochent le sésame. -C'est dommage.
On se voit toujours mercredi,
pour l'interview ? -Ah, il y a du changement.
On a modifié la maquette, du coup, le portrait est décalé.
-Je comprends, oui.
Jennifer ?
Bonne journée, François.
Et encore merci pour votre soutien. Ca me touche beaucoup.
-Pardon, charmante mademoiselle, vous auriez pas une cigarette ?
-Je suis pas votre demoiselle, je fume pas.
-Vous pouvez quand même sourire, madame.
-Donnez-m'en une, vous.
-Bon, OK.
Tenez.
Voilà.
-Merci. -De rien.
Une belle dame comme vous,
qu'est-ce que vous faites toute seule, toute triste ?
Si j'étais le monsieur, je vous laisserais pas seule.
C'est la vérité.
Voilà, c'est mieux, tout de suite...
On se prend un café un de ces 4 ? C'est quoi votre prénom, déjà ?
-Delphine. -Delphine ?
C'est trop joli, ça, c'est la femme du dauphin, non ?
Ca fait sirène ! Vous retournez dans la Seine ?
-Vous me demandez d'influencer le conseil d'administration d'Edouard
pour qu'il me vende le "Paris" ? -C'est exactement ça.
-C'est risqué.
Et pas très fair-play.
Evidemment, aucun de vos arguments ne constitue un obstacle.
Mais pourquoi je ferais ça ?
-Le "Paris" est une très belle affaire et le retour du chef
sera un événement qui... -Oh...
Je vais vous confier
un secret.
Les affaires m'assomment et le fric m'emmerde.
La seule chose qui m'excite, c'est le jeu.
Mais je dois connaître les règles. Alors, expliquez-moi.
Qu'est-ce que vous y gagnez, vous, personnellement ?
-Je vous l'ai dit, on a un projet de restaurant très haut de gamme.
Et son identité
est liée à la personnalité du chef. -Blablabla...
Je vous parle
de vous, Delphine.
Qu'est-ce que
vous y gagnez, vous personnellement ?
Pourquoi vous allez au charbon, fanfreluches au vent,
sur vos escarpins, pour me convaincre d'acheter un restaurant
dont je me tamponne le derrière ?
-Peut-être parce que, moi aussi, j'aime jouer.
-OK.
C'est mieux.
-Je vous invite à dîner, vous jugerez sur pièces.
-D'accord, on va faire ça ici.
-Pas ici, j'ai une meilleure idée.
-Allez-y. Je connais votre tête, je vois bien, hein ?
Dites-moi, alors ?
-Alors, il veut bien tenter le coup.
A une condition.
-Laquelle ?
-Un dîner gastronomique pour juger de quoi vous êtes capable.
-Très bonne idée.
Chez lui ?
-Ici, en tête à tête.
-Ah, je vais sortir ma belle cravate, alors.
J'en ai une... -Pas avec vous, avec moi.
-Très bien.
Quand ?
-Demain.
-Il a des interdits alimentaires, des allergies ?
Des régimes particuliers ? -Non, pas que je sache.
-Pas que vous sachiez ?
Vous pourriez me dire
pourquoi vous avez changé d'avis ?
-Non.
-Hé, je t'ai demandé de les trier, pourquoi c'est dégueulasse ?
Faut virer ça.
-Oui.
Je vais le refaire. -Oui.
Choc d'assiettes.
Putain, Aziz,
c'est pas compliqué de prendre les assiettes comme ça, non ?
-Je sais, mais c'est mouillé. -T'as pas des petites mains ?
-Non. -Bon, alors !
-Ca a glissé. -Réponds pas, putain !
Ca me gonfle. -Arrête
de l'engueuler. -De quoi je me mêle ?
-Tu lui parles pas comme ça. -C'est ta cuisine ou la mienne ?
-Depuis quand c'est ta cuisine ?
T'es le chef ?
J'avais pas compris.
-Demain soir,
on sert un dîner gastronomique pour 2 personnes.
On sort le grand jeu.
Chandelier, couverts en argent. -Et dans les assiettes,
carottes râpées, hachis Parmentier et crème aux oeufs ?
-Pas vraiment, non.
On envoie la grosse cavalerie.
Oui, Yann ?
-Non, pardon.
Vous voulez faire ça avec eux ?
-Oui, et avec toi. Ca te pose un problème ?
-(Chef, sérieux,
(c'est des baltringues.)
-Comment ?
-Cindy, Aziz.
-C'est des baltringues, ils sortiront jamais rien.
-Ils sont appliqués et généreux, j'ai besoin de rien d'autre.
-OK.
Et c'est pour quoi, ce dîner ?
-La première marche de la gloire.
-Et concrètement, ça veut dire quoi ?
OK, ça me regarde pas, vous me faites pas confiance, donc...
-Si j'avais pas confiance en toi, tu serais pas ici.
-Bien, chef.
Voix d'homme à l'accent américain : -George m'a parlé de vous.
Il est très... comment on dit en français ? "Elogiaque" ?
Elogieux. Alors, quand venez-vous à New York ?
-Romain. -Hm ?
Faut que je te parle.
J'ai essayé de t'en parler, mais... -Je sais, j'ai merdé.
J'aurais dû t'écouter.
C'est terminé, je m'en fous de ces étoiles et tout ça.
-Je sais, mais... Un portable vibre.
-Excuse-moi. -Je suis...
-Oui ?
Non, vas-y, dis-moi.
Merde.
Non, t'inquiète pas,
je vais aller le voir, il va pas nous lâcher comme ça.
J'irai demain. Oui.
-Bonjour. -Bonjour.
-C'est pour déjeuner ? Suivez-moi.
-Marcel, non. -Installez-vous.
-Alors, aujourd'hui, on a poulet rôti ou poireau vinaigrette.
-Je ne sais pas ce que vous faites ici ni pourquoi.
Mais à mon avis, vous ne devriez pas.
-C'est un bar-restaurant, on fait à manger.
Sinon, on a du pot-au-feu.
-M. Joubert ne devrait pas s'entêter, et vous non plus.
Il a beaucoup à y perdre, croyez-moi.
Ca pourrait mal tourner
pour lui et pour vous.
La prochaine fois...
ce sera moins courtois.
-C'est quoi, une menace ?
-J'y suis pour rien.
Je suis que le messager.
Je vous laisse ma carte.
Rappelez-moi.
-La sortie, c'est par là.
Enfoiré, va !
Quelqu'un entre.
-Oh, ce que t'es belle, ma Fifi !
Elle est belle. Dis-lui !
-Merci, Marcel, t'es pas mal non plus.
Prêt ?
-Je suis prêt, oui.
On entre. -Déjà ?
-(En piste.)
Bonsoir, Philippe.
Je vous présente... -On ne présente pas le chef.
Bonsoir. -Bonsoir.
-Delphine n'a que votre nom à la bouche,
c'est même agaçant.
L'espace est intéressant.
J'ai hâte.
-Je vous en prie. -Merci.
-Merci, Marcel.
Merci, Marcel.
-Merci, Marcel.
-Je te laisse, ma Fifi.
-Bonsoir. -Bonsoir, messieurs.
-Bienvenue au "Paris". Veuillez me suivre.
Puis-je vous proposer un rafraîchissement ?
Eau plate, eau gazeuse,
un jus ? -Eau gazeuse.
-Karim, prévenez le chef
de notre arrivée. -Bien.
-Vous allez voir, il est étonnant. Je suis sûr qu'il vous plaira.
-Bonsoir, messieurs. -Bonsoir, Clara.
Notre sommelière.
-Cela doit être frustrant pour vous
de nous servir des bulles
aussi claires. -Si vous êtes heureux, je le suis.
-Dites-moi.
Quelle est la plus belle bouteille de votre cave ?
-On a pas mal de trésors.
-Mais encore ?
-Clara ?
-Domaine Leflaive.
Montrachet
grand cru 97.
-Parfait.
-Très bon choix, félicitations.
-Si vous avez des questions, n'hésitez pas.
-Merci, mademoiselle.
C'est ta collègue ? Elle est gentille.
-(Pourquoi t'es venue ?)
-C'est pas un lieu
pour moi ? -C'est trop cher.
-Quel jour on est ?
C'est son anniversaire.
Il aurait eu 80 ans.
Un jour, avec ton père, on s'était promis
de venir manger dans le beau restaurant de notre Karim.
-(C'est pas le mien.)
-C'est celui
de qui, alors ?
On a économisé
pendant des années
pour ça, et je veux tenir notre promesse.
Tu comprends ?
Va travailler, vas-y.
-C'est vraiment la première fois que je suis confronté à cela.
C'est une situation incroyable. -En effet.
-C'est un peu gênant, quand même.
-Pour commencer.
A savourer
de gauche à droite.
Bonne dégustation. -Merci.
-Merci.
Ca ne se fait pas, donc je le fais. Tchin.
Aux parties d'échecs, aux affaires.
Et à vous.
-Prenez mon verre et goûtez-le.
Prenez.
Racontez-moi, Clara.
-Au nez, on sent la noisette grillée.
Les notes de brioche, les fleurs blanches.
En bouche, c'est autre chose.
C'est plein, rond, équilibré.
Sensuel.
L'onctuosité des fruits exotiques, la mangue,
le citron confit.
C'est très émouvant.
C'est somptueux.
-Merci, mademoiselle.
Vous m'avez fait rêver.
-Excusez-moi, Delphine, je ne vous sens pas avec moi, là.
Delphine ? -Oui ?
-Ca va ? -Oui, très bien, merci.
-Vous passez une bonne soirée ? -Excellente, merci.
Ca vous plaît ?
-C'est très bon.
-Voici le jeune prodige qui nous régale ce soir :
Romain.
-Très honoré de vous recevoir. Passez-vous un bon moment ?
-Délicieux.
Poétique.
Quel rêve ce doit être de manger ainsi tous les jours !
Avoir un cuisinier
tel que vous à son service.
-Romain... -Oui ?
-Nous devrions
laisser notre poète travailler.
Le petit Jésus en culotte de velours.
-Karim, ça va ? -Oui, oui, tout va bien, chef.
-Bonsoir, madame.
Tout va bien ?
-Merci, oui, c'est très bon. Vous êtes le patron de Karim ?
-Euh... oui. -Je m'occupe de madame.
Retournez en cuisine. -Je suis sa maman.
Il est beau
dans son costume, hein ? -Pourquoi vous ne me dites rien ?
Il faut me prévenir quand il y a des gens aussi importants en salle.
Merci, madame.
Vous nous avez donné le meilleur maître d'hôtel du monde.
Karim,
servez une coupe à votre maman. Le rosé millésimé.
Et prenez-en une 2e, c'est souvent la meilleure.
-Merci.
-Bonne soirée, madame.
M. Edouard et l'autre homme rient.
-Un grand suspense !
-Ca, je veux bien le croire.
-Chef.
-Ecoutez, je suis désolé.
-Arrêtez de vous excuser. Qu'y a-t-il ?
Vous demandez pardon d'exister, c'est chiant à la fin.
-Pardon.
-C'est qui, cet émir ?
-Un émir avec des bateaux, des avions, des chevaux, des châteaux,
un émir, quoi. -OK.
T'as pas une clope ?
-Dans mon blouson.
-Tu gères ?
-Le magret, combien de temps ? -2 minutes.
-Tu peux venir ?
-Tu as fait vite.
-Dans mon bureau.
-Tu gères ? -Hm.
-T'avais l'intention
de m'en parler ?
-Arrête, je vais t'expliquer.
C'est rien. -M'expliquer quoi ?
Que tu pars ?
-Romain, j'y vais pas. J'ai dit non.
-Te fous pas de moi.
-J'ai essayé de te parler, c'était jamais le moment.
-Tu les as prévenus, eux ?
Ils comptent sur toi.
-J'ai dit non,
je vais nulle part, OK ? -Arrête, tu t'en fous !
-C'est délicat de se retrouver dans une telle situation.
Comme un cri du coeur. -Tout à fait.
Ils rient.
-Quelque chose
vous amuse ?
-Pardon ?
-Cette dame vous fait rire ?
Vous la trouvez ridicule ?
-Mais enfin, Karim...
Retournez
immédiatement à votre place.
-Ma place ?
Vous pensez que je suis pas à ma place, ici ?
-On peut pas bosser ensemble.
-Mais bien sûr que si.
Ca veut rien dire, ça ! -Tu comprends pas, en fait.
C'est ça,
tu comprends pas.
J'ai envie de penser à moi.
-Ca, tu fais bien. -J'ai le droit, Romain ?
-Tu penses qu'à toi. -Tu te fous de moi ?
Je suis sans arrêt
à t'assister comme une merde !
Je dors toute seule la nuit, j'en ai marre.
Je ne veux plus être
ton petit soldat !
-Romain ! Chef, y a un problème en salle.
-On parle, là.
-Vous feriez bien
d'y aller tout de suite.
-Vous vous sentez supérieur ?
Vous savez ce que c'est de se lever à 5h pour aller faire des ménages ?
De se priver pour ses gosses !
-Assez, j'exige des excuses.
-Vous, excusez-vous ! Demandez-lui pardon !
-Calmez-vous. -Disparaissez !
-Respectez ma mère ! -Ca va aller.
Inès, accompagnez Karim
dans mon bureau.
(Ca va aller.)
-(Calmez-vous.)
-Excusez-le,
je ne comprends pas.
-Son Altesse a été insultée.
C'est intolérable.
Je ne veux plus le voir au "Paris".
-Je m'en occupe.
Rassurez-vous.
Jennifer ?
-Tout s'est bien passé ?
Je vous apporte la suite.
M. Edouard : -Je suis sincèrement désolé.
-Ca va, Charlène ?
Je suis désolée pour tout à l'heure.
-C'est bon.
-Je peux faire quelque chose pour toi ?
Un verre d'eau ou quoi que ce soit, je sais pas.
-Laisse-moi juste bosser, d'accord ?
Woo, la suite pour la 7 !
-Oui, chef !
-Dégage, connasse !
-C'est bon, tu peux y aller.
Je finirai.
-Ca vous a plu ?
-C'était délicieux.
-Comment vous voyez la suite ?
-On m'avait prévenu que vous étiez un homme pressé.
Patience, chef.
Je ferai connaître ma décision à Delphine.
Je vous raccompagne ? -Avec plaisir.
-Tu vois que t'y arrives, Aziz.
Ca rentre. -Oui, chef.
-C'est bien.
Alors, ça...
Hé, dis-moi.
Il me dit quelque chose, ce type. Comment il s'appelle déjà ?
-Gauthier, je crois. -C'est ça.
Le patron de Delphine. Un gros poisson dans l'hôtellerie.
Ca te dit rien ? -Non.
Il tape sur la table.
-Je suis fier de vous.
Vous avez bien travaillé, merci.
-MERCI, CHEF.
-Tu es sur la bonne voie,
je te le dis.
Content de t'avoir.
-Merci, chef.
-Non, je déconne.
-Recommence jamais.
OK ? -Oui.
-Je déconne ! -Ah.
-Hé, mon vieux, j'ai aussi
de l'humour.
-Je parlerai à l'émir, ça va s'arranger, Karim.
-C'est impardonnable, je sais pas ce qui m'a pris, j'ai cru que...
Je sais pas.
-Hé.
Ca peut arriver à n'importe qui. -Je me trouverai un remplaçant.
Quelqu'un de bien. -Vous n'allez rien trouver du tout.
On est fermés ce week-end, alors dormez et revenez lundi.
-Vous ne connaissez pas ces gens.
Je suis fini, mort, enterré.
Son portable sonne.
-Allô ?
Bonsoir, monsieur.
Ben oui, ça va.
Philippe Gauthier, ça vous dit quelque chose ?
D'accord.
-Ca va, chef ?
-Ouais.
-Non.
Ca va pas.
Un petit remontant ?
-Allez, pourquoi pas ?
-Que dit-on à une femme très séduisante
avec qui on a passé une délicieuse soirée ?
-Je ne sais pas, "merci" ?
-Alors, merci, Delphine.
-Je peux ? -Je vous en prie.
-A vos amours.
Cindy : -Ca s'est bien passé ce soir.
-Vous avez été parfaite.
-Vous savez, je suis contente d'être là.
-Je suis content que vous soyez là aussi.
Il siffle.
Une voiture arrive.
-Merci.
-Bonjour, Fifi.
-Bonjour, Marcel.
-Un petit café.
Attention, c'est aussi chaud que dans le cul d'une nonne.
-Merci.
-Bonjour.
-Vous avez une sale mine.
-Merci.
-Il est d'accord, il va le faire.
-Pour mes beaux yeux,
j'imagine ?
-Pour quoi d'autre ?
-Bonjour tout le monde.
OK.
Marcel, un café, s'il te plaît.
-J'arrive ! -Merci.
C'est la fête ici, hein ?
-Tu as 2mn ? Faut que je te parle. -Oui.
Le chef : -T'es comme moi, Yann.
Y a qu'un endroit au monde où tu veux cuisiner.
Un seul endroit qui te donne envie de te sortir les tripes,
service après service.
Dis-toi qu'hier soir, c'était une sorte...
de répétition.
On va récupérer ce qui nous appartient.
On va reprendre l'histoire là où on l'avait laissée.
Au "Paris".
-Au "Paris".
Comme au bon vieux temps, alors ?
-Ttt, ttt, ttt.
A l'avenir.
-Son Altesse a généreusement accepté de vous entendre
avant de repartir pour sa propriété.
Vous avez 5 minutes, Romain. Soyez bref.
-Karim a commis un erreur.
Une faute.
Mais c'est un grand professionnel et c'est quelqu'un de bien.
Je peux pas me séparer de lui, il fait partie de ma brigade.
-Ne jouez pas au gamin chevaleresque.
Karim ne remettra pas
les pieds au "Paris", et aucun restaurant parisien ne le prendra.
J'y veillerai personnellement, croyez-moi.
-Laissez-le s'exprimer.
-Il y a sûrement
une autre solution. -Non.
Obéissez. -Peut-être...
-Tout ce que vous voudrez.
-Je voudrais que vous cuisiniez pour moi, chez moi.
Un menu un peu spécial.
-Et...
Et Karim ?
-Si vous faites cela,
je m'engage à ce qu'il conserve sa place.
-Mais... Romain ne peut s'absenter, il a son restaurant, sa brigade !
-C'est à Romain de décider, n'est-ce pas ?
-Pardon, maman.
-Elles sont magnifiques, tes fleurs.
Dis-moi, tu n'as pas un peu maigri ?
-Non. -Si.
-Non, non. -Je te le dis.
-Mais non, c'est parce que tu n'es pas habituée à me voir comme ça.
-(Marcel.)
Ca va ? -Ouais, ça va.
-Je te file de la flotte. -Non, attends.
Quelque chose de plus fort, un cognac.
-Tout doux, tout doux.
Qui t'a fait ça ?
-Les salopes.
Les Couderc.
Enfin...
Trois gars.
Des costauds.
Des méchants.
Ils ont dit qu'ils avaient "prévenu".
-Putain, je vais me les faire.
-Je veux bien participer.
-Marcel ?
Marcel !
-Laissez-moi passer.
-N'y allez pas, ça sert à rien. -Laissez-moi passer.
S'il vous plaît.
*Edith Piaf: "Les amants d'un jour".
*-Moi, j'essuie les verres au fond du café.
*J'ai bien trop à faire
*pour pouvoir rêver.
*Et dans ce décor, banal à pleurer.
*Il me semble encore les voir arriver.
*Ils sont arrivés, se tenant par la main.
*L'air émerveillé de deux chérubins.
*Portant le soleil,
*ils ont demandé,
*d'une voix tranquille,
*un toit pour s'aimer.
*Au coeur de la ville, et je me rappelle,
*qu'ils ont regardé
*d'un air attendri.
*La chambre d'hôtel
*au papier jauni.
*Et quand j'ai fermé la porte sur eux,
*il y avait un soleil au fond de leurs yeux.
*Que ça m'a fait mal !
*Moi, j'essuie les verres au fond du café.
*J'ai bien trop à faire pour pouvoir rêver.
*Et dans ce décor, banal à pleurer,
*c'est corps contre corps qu'on les a trouvés.
*On les a trouvés, se tenant par la main,
*les yeux refermés vers d'autres matins.
*Remplis de soleil, on les a couchés,
*unis et tranquilles, dans un lit creusé.
*Et au coeur de la ville,
*et je me rappelle
*avoir refermé
*dans le petit jour
*la chambre d'hôtel
*des amants d'un jour.
*Mais ils m'ont planté
*tout au fond du coeur
*un bout de leur soleil
*et tant de couleurs.
*Que ça me fait mal !
Romain : -"T'as raison, Charlène.
"Peut-être qu'on peut pas travailler ensemble.
"Peut-être que c'est mieux comme ça.
"Je sais que j'ai commis des erreurs,
"j'ai voulu aller trop vite, j'ai voulu briller trop fort.
"J'ai pas su t'écouter.
"Je dois partir.
"M'absenter quelques jours, quelques semaines, je sais pas.
"On verra.
"Je te confie la brigade
"et le 'Paris'.
"Je sais qu'avec toi, tout ira bien.
"J'ai confiance en toi, Charlène.
"Je t'aime."
Sous-titrage MFP.
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