All language subtitles for A Yank in the R.A.F. (1941)

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Original subtitles

LES PRODUCTEURS TIENNENT A REMERCIER LE PERSONNEL DE LA RAF

QUI, MALGRE LES CONDITIONS DIFFICILES,

A PERMIS DE FILMER LES SCENES AERIENNES DE CE FILM.

Au commencement de la présente guerre,

une loi sur la neutralité interdit aux Américains de livrer des avions

aux belligérants en territoire étranger.

Afin d'aider la Grande Bretagne et ses alliés, en toute légalité,

Ieurs pilotes avaient reçu l'ordre de voler près de la frontière canadienne.

L'ingéniosité populaire et une corde se chargèrent du reste.

Mais où va-t-il? C'est encore un avion d'entraînement Harvard?

BASE D'ENTraîNEMENT DE LA RCAF TRENTON, ONTARlO, CANADA

- Je m'appelle Tim Baker. - Je suis le capitaine Redmond.

On m'a chargé de livrer cet avion.

- Vous deviez le livrer ici? - Je suis bien à Trenton?

Trenton au Canada.

Vous allez rire! Je cherchais Trenton dans le New Jersey.

Ma boussole a dû se détraquer. Vous avez une cigarette?

Comment j'ai pu me tromper à ce point-là?

- Allons voir le chef de corps. - Je vous suis.

Avez-vous entendu parler de la loi sur la neutralité, M. Baker?

- Tous les journaux en parlent. - Pourquoi l'avez-vous violée?

Que vous le remorquiez au sol ou que je l'amène par les airs, quelle différence?

Vous récupérez le même avion. Personne n'est dupe!

On n'est pas là pour en débattre,

ni pour soutenir une action pouvant gêner un gouvernement ami.

Vous n'aurez plus le droit de convoyer d'avions. Au revoir.

Si vous voulez que la guerre stagne, je n'y peux rien.

Attendez.

Si vous connaissez de bons pilotes,

on a besoin d'hommes pour convoyer des bombardiers en Angleterre.

- C'est plutôt bien payé. - Qu'entendez-vous par "plutôt bien"?

Mille dollars par vol plus les frais.

Mais on ne souhaite pas que notre avion soit livré via Berlin.

Même s'il doit être utilisé à cette fin une fois là-bas.

Mille dollars me feront tenir mon cap.

Vous voulez que j'écrive à mon supérieur?

Téléphonez-lui. J'aime battre le fer quand il est chaud.

- Bonne idée, Baker. - Merci, capitaine.

Au fait, l'Angleterre est bien à l'est?

C'est parti.

On est en route.

En rentrant en avion et non pas en bateau, je pourrais faire un vol par semaine.

Concentre-toi déjà sur celui-ci. On pilote à vue.

ça fait quatre vols par mois. 52 par an.

Avec deux semaines de congés, ça fait 50 000 dollars.

Tu disais?

- C'est une sacrée guerre. - J'ai essayé toutes les fréquences.

- Je ne capte pas le moindre souffle. - Tu devrais essayer la BBC.

Quand je convoyais le courrier en Amérique, j'écoutais Kate Smith.

ça, c'est une onde de choc.

Voici Londres au début de la guerre,

avec ses maisons et ses églises, ses boutiques et ses pubs,

son rosbif et ses écoliers en uniforme, et Big Ben et sa brume.

Le coeur même de l'Angleterre.

Standard, Sporting Times.

Journaux. Morning Leader, Daily Mail.

- Réveillez-vous, on est arrivés à l'hôtel. - Laissez-moi.

Vous devez descendre. Il est interdit de stationner ici.

Je suis mort.

D'autres bagages, monsieur?

Je vais dormir jusqu'à ce que le bateau lève l'encre.

- Que fais-tu? - Finalement, je vais dormir dans le bateau.

- Mais... - Je suis sur une longueur d'onde.

Pardon, auriez-vous vu une petite chatte grise et blanche?

Ma foi, non.

Elle est adorable. On l'a depuis des années. Son poil est long et soyeux...

- Bonjour, chérie. - Bonjour, mon amour.

- Un ami à toi? - Non, il cherche son chat.

Le pauvre. Il doit être très triste.

Vite, tout le monde à l'abri. Au sous-sol.

Dans le métro.

Attention avec le brancard.

- Que s'est-il passé? - C'est juste un exercice.

Allongez-vous et taisez-vous. Vous êtes gravement blessé.

Mlle Brown? Plus vite, les filles. Les chauffeurs gèrent les couvertures.

Après inspection, remettez-les dans l'ambulance.

Oui, lady Fitzhugh.

Bien, excellent. Je vous remercie tous les deux.

Très bien, parfait. Au revoir.

Ce bandage est trop serré et il faut une attelle.

Desserrez-le, et couvrez bien votre patient.

Oui, très bien. Merci, au revoir.

Mlle Cross. Je suis perplexe.

Ce bandage, vu la nature de sa blessure? Franchement.

FRACTURE DU COL DU FEMUR

Merci, messieurs.

Pardon, mademoiselle. Vous pouvez m'aider?

Bonjour, ma chérie.

- Goujat! - Pas mal pour une mâchoire brisée!

Je ne m'attendais pas à te voir ici ni ailleurs, du reste.

Pas à croire ce baiser. On ne garde pas rancune pendant un an.

- Moi, si. - C'est moi qui devrais être amer.

Tu m'as quitté sans prévenir. Quant à ton horrible mot...

J'aurais piégé la porte, si j'avais eu de la ficelle.

C'est de ma faute si j'ai dû faire un détour à cause d'une tempête de neige?

Je sais tout de ce "détour". Elle s'appelait lrene.

C'est ce que tu as cru? Je savais que je pouvais dissiper ce malentendu.

Tu ne sais faire que ça. Mais ça ne m'intéresse pas.

Nous deux, c'est fini. Tu comprends? Allez, ouste.

Ce n'est pas gentil de rabrouer un gars qui a survolé l'Atlantique pour te voir.

Tu as survolé l'Atlantique?

Quand j'ai appris que tu étais ici, j'ai foncé.

- Je ne te crois pas. - C'est la vérité, chérie.

- J'ai changé. Tu serais surprise. - Tu ne me surprendras plus.

Attends. Je ne te lâcherai pas comme ça après avoir fait 5 000 km pour te rejoindre.

Arrête. J'ai du travail.

Tu es un beau brin de soldat.

Bonne idée de te faire engager dans la troupe.

Je n'en fais pas partie. Ne te moque pas, je suis bénévole. Le soir, je danse au...

- Où? - Peu importe. Laisse-moi tranquille.

C'est reparti avec l'ancien Baker. Le nouveau est un modèle de vertu.

Que risques-tu à me donner une chance?

Je vais rester ici. Ils ont besoin de pilotes.

La RAF a besoin de pilotes. Mais ce n'est pas ta branche.

Tu ne t'engages pas à moins de mille par mois.

Pourquoi tu ne crois pas en moi?

J'ai mes idéaux, comme tout le monde.

Tu te trompes de mot. Tu parles d'idées. Et la tienne est mauvaise.

Ne dis pas ça, chérie.

- Je n'ai pas regardé une seule fille. - Moi, j'ai regardé les hommes.

Mais pas comme tu m'as regardé le premier soir à Kansas City.

Tu te souviens? Tu allais à l'est et moi à l'ouest.

On s'est regardés et je t'ai suivie. L'étincelle est toujours là.

On a dévié, mais on peut repartir dans le bon chemin. A quoi bon lutter?

Qu'essayez-vous de faire, jeune homme?

De l'embrasser.

L'importance de notre travail vous a échappé.

Je suis désolée.

Vous devriez avoir honte de vous.

- A quelle heure vous débauchez? - Franchement!

RESERVE

Désolé. Cette table est réservée.

- Pour qui? - Lord Delby, monsieur.

Milord préfère sûrement une table plus discrète.

Vous devriez lui proposer celle que vous alliez me donner.

Elle est exquise, n'est-ce pas?

Vous voulez que je vous la présente?

C'est bien aimable à vous, mais je la connais déjà.

Alors vous voulez bien me la présenter?

- Quelles sont vos intentions? - Peu honorables, je le crains.

Vous comprendrez donc que je ne puis vous aider.

- Absolument. Je vous offre un verre? - Non, merci.

- Je vais la rejoindre. - Je vous envie.

S'il y a un silence, parlez-lui en bien du lieutenant Roger Pillby.

S'il y a un silence, je n'aurais pas le temps de vous recommander.

Bonjour, chéri.

Je te présente Mlle Jones.

Je peux te présenter le capitaine Dearing?

Je vous prie de m'excuser. Mlle Brown est déjà sortie?

Elle est sûrement déjà partie.

Attendez.

- Vous sortez ce soir? - J'hésite encore, mais...

- Je pourrais vous accompagner? - Si vous voulez.

On sortira dans quinze jours.

- Que fais-tu ici? - Je t'attends pour t'emmener dîner.

- Je veux dire dans cet uniforme. - Je l'étrenne pour un ami. Allons-y.

Tu n'as pas compris que je ne veux plus avoir affaire à toi?

Rien ne t'y oblige dans un restaurant.

On va dîner, laisser un pourboire et rentrer séparément.

- Comment as-tu su où je travaillais? - J'ai un ami au ministère de l'lnformation.

D'accord. Mais c'est juste pour savoir d'où sort cet uniforme.

- La table restera entre nous. - Excellente idée.

Et le serveur y posera nos plats.

Intéressant. Quand j'approchais ma chaise, tu éloignais la tienne.

Un vrai manège.

Tu ne m'as toujours pas dit ce que tu fais dans cet uniforme.

ça devrait pourtant être clair.

Je veux aller où tu vas, faire ce que tu fais et être là où tu es.

Déride-toi. On sert la même armée. ça rend la chose officielle.

C'est juste là, merci.

- Ne te dérange pas, Tim. - Je t'accompagne jusqu'à la porte.

- ça sera tout, taxi. - Merci, chef.

- Bonne nuit. - J'ai dit: jusqu'à la porte.

Il n'y a pas de mal à ça, si?

Tu voulais me dire au revoir en gentleman. Tu en as l'occasion. Au revoir.

Tu ne veux pas que j'ouvre une fenêtre? Ou alors que j'allume le chauffage?

Tu l'as déjà allumé toute la soirée, mais ça ne te servira à rien.

J'abandonne. Me voilà, un vrai gentleman, le cavalier idéal.

Prévenant, attentionné...

Bon sang, ce que tu es belle.

Au revoir, chérie.

Espèce de goujat.

Regardez donc où vous...

Je suis absolument désolée.

Avancez.

- C'était notre faute. - Non, c'était la mienne.

On n'aurait pas dû reculer sans prévenir.

- C'est gentil... - Vous n'êtes pas secouée?

Pas du tout. J'espère que vous n'avez rien non plus.

- Bien sûr que non. On va très bien. - Merci.

On va être en retard.

Très bien, montez.

Allez-y. J'oubliais que je devais voir Richardson.

- Bien joué. Je vous envie. - Embrassez-le pour nous.

Quelle belle surprise! J'ai oublié mon goûter?

Lady Fitzhugh m'envoie ici en mission officielle.

Alors? Lequel tu pilotes?

Ne plaisante pas. Ce sont des bombardiers.

Où sont passés les jolis Spitfire?

C'est ce que j'essaie de savoir.

Tu te rends compte? Ils m'ont envoyé à l'école.

Formation pratique. On m'apprend à piloter en temps de guerre.

J'en ai plus oublié qu'ils ne peuvent imaginer.

Tu ne leur as pas parlé de ton expérience de transport de courrier?

- Je n'ai rien à cacher. - Qu'ont-ils dit?

Qu'avec mon expérience, je n'aurai aucun mal à me mettre à niveau.

Je suppose que je ne te verrai plus.

Bien sûr que si. Je passerai te prendre ce soir après le spectacle.

J'ai besoin d'aide pour mes révisions.

Je suis impatiente.

Je dois y aller. Je ne veux pas arriver en retard à mon cours.

Ne donne pas du fil à retordre au prof.

Ce Messerschmitt 109 a été abattu la semaine dernière.

J'ai ici le rapport du pilote sur le Spitfire qui l'a abattu.

Il volait à 9 000 mètres d'altitude...

M. Baker. A votre place, j'écouterais attentivement.

Ces informations pourraient vous servir un jour.

Oui, en effet. Continuez, je vous écoute.

Elle démarrerait mieux avec ça.

- Qu'est-ce que c'est? - Le rotor de votre delco.

- ll est tombé? - Je l'ai retiré. On connaît les consignes?

Celle de retirer une pièce du moteur pour empêcher les parachutistes de s'enfuir,

mais je n'ai jamais su laquelle retirer.

La voilà. Il suffit de la retirer.

Je ne voulais pas que la police vous attrape.

- C'est gentil à vous. - Je préfère vous attraper moi-même.

- Vous en attrapez beaucoup comme ça? - Je n'ai jamais essayé.

- Vraiment? - Je n'y avais pas pensé.

Vous n'auriez pas pu faire mieux.

Vous pourriez le remettre aussi facilement?

Si vous y tenez.

Je préfère regarder pour la prochaine fois.

Si vous l'égarez, demandez au premier parachutiste.

Les Allemands en ont sûrement sur eux.

- lls sont prévoyants. - ll paraît.

- J'ai fait chou blanc. - Qu'espériez-vous avec un simple rotor?

- Connaître votre nom. - Je ne connais pas le vôtre.

- John Morley. - Enchantée. Au revoir.

Au revoir, matricule BHX 528.

Une amie à vous?

Ma cousine. Elle vient passer quelques jours à Londres.

Elle en profite pour danser et chanter avec huit belles filles au Regency House?

Pas possible! ça risque de ne pas plaire à ma tante.

Désolé, mais tout est réservé. Je peux vous placer pas trop loin.

ça n'ira pas. Je veux voir la troupe de près.

Comme tout le monde.

Vous devez pouvoir faire quelque chose.

Il y a bien un lieutenant à une bonne table.

- Je suis commandant. - Je vois ça. Veuillez me suivre.

Il y a eu une erreur de réservation. Puis-je vous trouver une autre table?

C'est hors de question.

Je suis sûr que le commandant vous en saura gré.

- C'est très important. - Votre rang ne m'impressionne pas.

- Je n'ai pas d'ambition de carrière. - Désolé.

- Mais on peut partager la table. - Merci.

Merci, monsieur. Et merci à vous aussi.

- Superbe, non? - Sublime.

- Je parle de la chanteuse. - Moi aussi.

Vous aimeriez que je vous la présente?

- Merci, mais je la connais déjà. - Ah oui?

Tout le monde la connaît sauf moi. Vous me la présentez?

Celui qui se met en rivalité est un idiot.

- En effet, mais je tentais ma chance. - Merci pour la table.

Vous allez la rejoindre? Si l'occasion se présente, parlez-lui de Roger Pillby.

Si l'occasion se présente, je serai sans voix.

Merci.

Je ne veux pas paraître insistant.

- Soyons réalistes. Vous l'êtes. - En effet.

J'aimerais vous inviter à dîner.

J'aimerais bien, mais ça risque de déplaire à mon mari.

Votre... Ah? Vous êtes mariée?

C'est la meilleure façon d'avoir un mari.

Je suis un idiot. Je n'ai pas pensé à envisager cette possibilité.

Il n'aimerait pas que je démantèle votre delco.

- Non, en effet. - Mais la voiture est comme neuve.

Oui, et je connais tous ses secrets. Au revoir.

Je peux vous raccompagner?

Non, merci. Mon mari ne devrait plus tarder.

Je vois que j'ai encore fait chou blanc.

Mais j'ai eu plaisir à vous revoir. Au revoir.

Réflexion faite, en attendant votre mari, je vais m'asseoir et fumer une cigarette.

Vous ne devriez pas. Il pourrait mal le prendre.

Je ne vois pas pourquoi. Il risque surtout de me trouver ridicule.

Vous voulez une cigarette?

ça vous dérange si je fume?

Finalement, j'en veux bien une.

Il s'est peut-être endormi.

En effet.

- ll travaille de jour. - Ah oui?

- ll a dû être retardé. - C'est possible.

- Je devrais y aller. - Permettez-moi de vous ramener.

- Ce ne sera pas nécessaire. - Mais agréable.

Raid aérien. Tous aux abris, on est en état d'alerte.

- Alerte. Mettez-vous à l'abri. - Merci.

Je vous en prie.

On va s'abriter dans l'église?

D'accord.

J'ai lu qu'ils ne manquent jamais les églises.

Certains ont eu la même idée que nous.

Il y a de la place à l'avant, parmi les pécheurs.

On s'assoit ici? J'ai connu ce pauvre bougre. Il était rigoriste.

Il est mort persuadé qu'il y avait deux sortes de gens:

ceux de son rang, et le reste du monde.

Il n'approuverait pas tout ça.

- C'est une église prisée? - lncontestablement.

Des gens célèbres se sont mariés ici.

A propos, vous vous êtes mariée à l'église?

Devant le juge?

- A la mairie? - Pourquoi cet intérêt soudain pour ma vie?

Sachez que mon intérêt est vital.

- Et vous, sachez que je ne suis pas mariée. - Sans blague?

- Je voulais juste vous décourager. - ça a fonctionné. Je l'étais.

Sachez aussi que je vous trouve très séduisant.

- Mais en retard. - Je vois. Il y a un autre homme.

Il doit y avoir un espoir. Vous me dites séduisant. Vous n'êtes pas mariée.

A moins que vous vous mariez dans la demi-heure, j'ai une chance.

Vous devez être très amoureuse de lui.

- Follement. - Sait-il seulement la chance qu'il a?

Je crois bien.

- L'alerte est finie. - Je dois y aller.

Mais ils pourraient revenir.

L'opinion générale semble penser le contraire.

Les rabat-joie. Aucun esprit romantique.

Bonne nuit.

Rendez-vous au lvy, à une heure jeudi?

- Pour quoi? - Déjeuner.

- ça ne mènera à rien. - ça ne fera pas de mal non plus.

C'est d'accord. Bonne nuit.

C'est la première fois que j'apprécie un raid aérien.

C'est le pouvoir spirituel de l'église.

Bonne nuit, Mlle Brown.

- Je dois retourner à l'école. - Je ne te dérange pas, j'espère.

Non, c'est ma faute. Désolé de t'avoir fait faux bond.

Ce n'est pas grave. Et le jardin d'enfants?

Amusant. Un pauvre type nous a rabâché les bases.

Toujours les mêmes choses. J'ai failli craquer.

J'ai préféré me reposer que d'aller au Regency House.

- Je ne t'en veux pas. - Ne le prends pas comme ça.

- Au moins, je n'ai vu personne. - Vraiment?

Moi, si. Il a été charmant.

Si j'avais su que tu étais là, je lui aurais demandé de monter.

C'est donc ça? Tu veux me rendre jaloux.

Pas du tout. Je te mets au courant. Je déjeune avec lui jeudi.

Dis donc.

Je veux bien croire que tu étais avec quelqu'un.

Je sais, chérie. Je suis un goujat.

Votre formation est terminée. Vous êtes désormais en service actif.

Des missions difficiles vous attendent.

Je vous remercie de votre intérêt qui a rendu ma tâche plus facile.

Votre affectation sera affichée. Félicitations et bonne chance.

CHEF DE CORPS DE L'UNlTE AERlENNE A

- Sous-lieutenant Baker. - L'Américain!

- On m'a affecté à votre escadrille. - J'en suis ravi. Asseyez-vous.

Je lisais justement votre dossier. Il est excellent.

Pourquoi ne suis-je pas chez les chasseurs?

Chaque homme dans la RAF est affecté selon les besoins et ses compétences.

- Un bombardier a ses avantages. - Peut-être, si on aime ça.

Je ne trouve pas ça passionnant de survoler la Ruhr dans un bombardier.

Ne seriez-vous pas victime de vos préjugés?

La mission d'un avion de chasse lors d'une alerte est bien courte.

C'est différent d'être cinq heures dans un bombardier en étant une cible.

Peut-être. Mais vu mon tempérament, je ne suis pas fait pour ça.

Je suis un nerveux. Je n'aime pas attendre des heures.

On verra à ce que vous ayez assez d'action pour vous satisfaire.

Entrez, Wales.

Voici le sous-lieutenant Baker, notre nouvelle recrue. Le lieutenant Wales.

Je suis sûr que vous vous plairez ici.

Venez. Je vais vous présenter les autres.

Messieurs.

Voici le sous-lieutenant Baker. Le lieutenant Starling-Richardson.

Le lieutenant Graves.

Le sous-lieutenant Thorndyke.

Le lieutenant Watson.

Et le lieutenant Pillby.

Je vous connais. Vous ne vouliez pas me présenter Carol Brown.

- Je me souviens. ça va? - lncroyable.

Morley n'a pas voulu non plus. Vous voilà réunis dans la même pièce.

- On a des choses en commun, on dirait. - Visiblement.

- Vous la connaissez bien? - Pas vraiment.

Je l'ai peu vue dernièrement. J'étais consigné pour l'entraînement.

- Elle va bien? - Tout à fait.

Voici la chambre bleue.

Et voici la galerie des Glaces, où nous organisons nos soirées.

Voyons voir, Baker. B-A-K-E-R. Oui, ça cadrera parfaitement.

Je grave les noms moi-même. C'est bien fait, non?

Je réponds.

- On nous attend au centre d'opérations. - Allons-y.

Je n'ai pas eu l'occasion d'ajouter le nom de Wilson. C'est le gars que vous remplacez.

Ce soir, votre objectif est Berlin.

Vous avez reçu vos ordres. Je veux également un rapport de reconnaissance.

Repérez les sites, les lumières et les concentrations de troupes et de matériel.

Chaque avion transportera 200 000 tracts à disséminer dans toute la ville.

Des tracts?

D'autres questions, messieurs?

Heure zéro, 18 heures.

Synchronisez vos montres, messieurs.

Il sera exactement 15 h 32... maintenant.

- Bonne chance. - Merci.

Je ne fais pas la guerre. Je transporte à nouveau du courrier.

- Je peux vous aider? - Non.

Mais voyez si vous pouvez faire quelque chose pour M. Baker.

C'est moi. Bombardier, navigateur et homme à tout faire.

Je suis l'ami qui accompagne les mariés en lune de miel.

Quelle coïncidence! Moi aussi, je m'appelle Baker.

Harry Baker. Je me demande si on est apparentés.

Peut-être. ça s'écrit avec un B?

B-A-K-E-R.

- Prenez les commandes, Baker. - Oui, lieutenant.

Nous approchons de notre objectif. Je prends le relais.

Caporal-chef?

Tenez-vous prêt.

- lls ne plaisantent pas, même si nous si. - Allez aider le caporal-chef Baker.

Non, attendez.

Vous vous y prenez mal. C'est comme ça qu'il faut faire.

On doit les déballer pour qu'ils puissent les lire.

Ils auront plus d'impact comme ça.

Vous me les passez et je me charge de les livrer.

J'ai travaillé sur la voie ferrée

Toute la sainte journée

J'ai travaillé sur la voie ferrée

Pour tuer le temps

N'entends-tu pas ce sifflement

De si bonne heure?

J'ai...

J'ai trimé sur la voie ferrée

Toute la satanée après-midi

C'est bon. C'est fini. Fermez la trappe.

Attendez.

Non, pas ça! On ne doit s'en servir qu'en cas d'incendie.

Fermez.

ça va, je me dépêche!

J'arrive, Tim.

Bonjour, Tim.

Un instant. J'arrive!

Je serai un peu en retard, ma chérie.

On a été retenus par un feu rouge à Berlin.

J'ai dormi un peu pour être frais et dispo. Tu m'en veux?

Non, bien sûr que non. Tu seras là dans combien de temps?

Dans 45 minutes tapantes.

Bien sûr.

T'es un amour.

Mais ne sois pas en retard.

Juste ciel!

- J'espère que je ne vous dérange pas. - Vous m'avez surprise sous la douche.

Donnez-moi une minute. Comptez jusqu'à trois et entrez.

Entendu.

Un, deux, trois. Me voilà.

J'étais à 30 rues d'ici, alors j'ai décidé de passer.

- Je ne serai pas longue. - C'est votre jour de relâche.

J'ai une permission de 48 h, j'espérais vous emmener chez mon père dans le Kent.

ça aurait été avec plaisir, mais j'ai déjà un rendez-vous.

Rien que vous puissiez ignorer?

Malheureusement non.

On peut parfois briller par son absence.

- Ou tout gâcher. - Ce n'est pas entièrement faux.

Vous avez gâché mon week-end.

- Vous ne voulez pas y aller seul? - Non.

Je ne suis pas très présentable, mais j'essayais de me dépêcher.

Magnifique.

Il ne me reste plus qu'à aller au club et à me faire une raison.

- Je vais y aller. - Ne soyez pas si pressé.

Pourquoi prolonger mon supplice?

Il vaut mieux partir sur une blessure franche.

Je retenterai ma chance la semaine prochaine.

Vous êtes sûre de ne pas...

Vous n'imaginez pas comme le comté de Kent est agréable en cette saison.

Je prends ça pour un au revoir.

- Bonjour. - Bonjour, Roger.

- Vous allez où? - A Londres.

- La retrouver? - Un peu!

J'y vais aussi. Y aurait-il une chance...

Pas la moindre, mon vieux.

Votre esprit de corps est pour ainsi dire inexistant.

Comment rejoindre Londres au plus vite?

Les gars non-motorisés prennent le train au village. Le voyage dure trois heures.

La poisse. Elle m'attend dans 45 minutes.

Vous aurez 2 h et 15 min de retard, si le train est ponctuel.

- Dépêchons-nous. - Sans moi, j'ai une voiture. Salut.

Bigre, une voiture! C'est ce que j'appelle un coup de chance.

Ne vous fatiguez pas à faire toutes ces allusions.

Si vous ne partagez pas votre femme, je ne partagerai sûrement pas mon Austin.

Attendez.

Je serais ravi de vous présenter Mlle Brown.

Alors je serai ravi de vous emmener.

Merci. C'est parti.

Al Bennett!

Arrêtez-vous. C'est Al Bennett, un ami d'Amérique. J'aimerais vous le présenter.

Allez, marche arrière.

- Que fais-tu ici? - Un convoyage.

- Je cherche une longueur d'onde. - On appelle ça autrement ici.

- Et toi? - J'ai hérité d'un duché.

Une clause du testament stipulait que je m'engage dans la RAF.

- On devrait arroser nos retrouvailles. - C'est pour ça que tu es devant un bar.

- lci, on appelle ça un "pub". - Venez.

Une autre fois. On a rendez-vous en ville.

Ce ne sera pas long. On arrivera avant le train.

- Quand es-tu arrivé? - Hier. J'ai établi un nouveau record.

- Huit heures et douze minutes. - Dis donc, tu m'as battu.

LA BELGlQUE ENVAHlE

C'est des foutaises. Ils n'oseront pas recommencer.

- Trois bières Bass. - Une brune pour moi.

- En guise de whisky, on a du scotch. - En guise de glaçons, de l'eau chaude.

- Et le boulot? - Je fais trois vols par mois.

Dommage que ma femme confisque mon salaire.

- ça rapporte bien. - Combien tu gagnes?

- J'ai des tickets de rationnement. - ça me dépasse.

- ça fera un shilling et onze pence. - Très bien.

- On trinque à Mlle Brown? - Carol Brown? Elle est ici?

- Vous la connaissez aussi? - Oui, grâce à Tim.

Tout le monde la connaît sauf moi.

Mais c'est mon jour de chance. Enfin, mon soir. Car nous allons enfin nous trouver.

- Vous ne lui serez que présenté. - Je sais.

Mais la guerre étant ce qu'elle est, s'il arrivait malheur, je la consolerais.

- Voire lui offrirais l'alliance Pillby. - Quoi, un pacte?

C'est une bague en or, affreuse et sans valeur.

La tradition familiale veut qu'elle revienne à l'âme soeur.

- Qu'en savez-vous? - Je ne la prends jamais. Je me méfie.

Mais il se pourrait que Mlle Brown la reçoive.

Si vous coopérez et n'avez pas la mauvaise idée de vivre éternellement.

- La même chose. - Non.

Les bières sont commandées. Alors buvons-les.

- Que deviennent les autres? - Toujours là. Sauf Heck Newman.

- ll a craqué? - ll s'est intoxiqué à un pique-nique.

Tu savais que Slip Mason est ici? Il a épousé une noble richissime.

Je le reverrais bien. Slip volait la tête en bas de St Louis à New York.

- Vous avez vu l'heure? - Je vais chez lui.

- Vous me déposez? - Non, désolé.

- Je dois aller à Londres. - C'est sur le chemin.

Tu pourrais le saluer. Slip serait ravi de te voir.

D'accord, mais on ne reste pas. On arrivera avant le train.

- C'est ce que le lièvre a dit à la tortue. - Lièvre est là aussi?

Nous y voilà.

- Vous êtes sûr que c'est ici? - Certain.

- Vous croyez que je peux monter? - Bien sûr.

Il est 4 h du matin. On ne devait pas rester et c'était censé être sur le chemin.

- ll habite plutôt vers Glasgow. - On ne pouvait pas refuser son invitation.

Il a raconté la vie de tous les pilotes américains.

J'ignorais qu'il y en avait autant. Je vous croyais pris au dépourvu.

C'est ici...?

Coucou, chérie!

Elle s'est couchée.

- Mais on avait rendez-vous. - Elle avait peut-être sommeil.

- Je vais la réveiller. - Qu'elle ne se dérange pas pour moi.

- Elle n'est pas là. - lmpossible.

Tout ça parce qu'on est un peu en retard.

On s'est pressés pour rien.

Il n'y a pas de malentendu possible.

On s'est parlés au téléphone. On a pris rendez-vous.

Elle est peut-être sortie faire des courses.

- Pardon. Vous voulez un verre? - Vous en prenez un?

- Oui. - Je me sens obligé de vous accompagner.

Elle n'a pas pu me plaquer comme ça.

Il y a toujours une explication.

Mais ça ne lui ressemble pas. Elle est très fiable.

- Est-elle du genre timide? - Comment ça?

- A se cacher sous le lit. - ll n'y a pas la place.

C'est si paisible ici. On ne se croirait pas en temps de guerre.

Je n'en serais pas si sûr. Mon père ou ses camarades pourraient surgir.

Ils guettent les parachutistes.

On prend le raccourci pour rentrer?

Mais certainement.

Si vous saviez ce que ça représente pour moi

de séjourner dans une maison qui semble immuable.

C'est le cas. Vous avez dormi dans la nouvelle aile qui date de 1784.

L'autre remonte à la conquête normande. On ne s'en sert plus depuis des années.

- ll y reste peut-être des Normands. - C'est ce que j'aime à croire.

En Amérique, j'habitais la plus vieille maison de la ville. Elle avait 32 ans.

- Et une plomberie récente. - lnexistante. C'était dans l'Oklahoma.

- Vous avez dû avoir une vie difficile. - Vous n'imaginez même pas.

On est partis vivre dans le Kansas, dans une jolie maison avec tout le confort.

Mais une grosse tempête a emporté le toit.

Vous étiez à nouveau à la rue.

Je ne vous parle que de mes malheurs.

Dans ma maison à New Rochelle, il ne s'est rien passé.

Elle devait être magnifique.

Mais je préfère celle-ci.

Elle est à vous, si vous le voulez.

Je suis sincère, Carol.

Comment dit-on déjà? "C'est un peu précipité."

ça l'aurait été davantage si je vous l'avais proposé dans l'église.

Epousez-moi, Carol.

- Je ne peux pas. - Pourquoi?

Pour des tas de raisons.

Tenez-moi ça.

Que dirait votre père?

Sait-il que nous ne nous sommes vus que six fois?

Que je suis danseuse au Regency House?

Je dois avouer qu'il a un peu fait le difficile.

Il voulait savoir si vous dansiez bien.

Et que ma famille vient d'Oklahoma?

Il serait préférable de le lui annoncer petit à petit.

ça répond à toutes vos questions?

Non, pas vraiment.

Baker n'y serait pas pour quelque chose?

- Qui vous en a parlé? - Le mieux placé pour le faire: lui-même.

C'est ça.

- Vous allez l'épouser? - N'en parlons plus.

Je ne l'aime pas.

ça n'a jamais été le cas et ça ne le sera jamais.

Mais quand je suis avec lui, je l'oublie.

Une fois, je ne l'ai pas vu toute une année et je croyais...

Mais en le revoyant, c'était reparti.

Je vois.

C'est vous que je devrais aimer. Vous êtes tout ce que Tim n'est pas.

Alors vous devriez m'épouser sans délai.

- Vous voulez toujours de moi? - Bien sûr.

Vous avez rencontré Baker avant moi. C'est un mauvais tour du destin.

Je ne peux pas.

Je ne suis même pas sûre de moi.

Ce n'est pas trop tôt!

Que fais-tu là?

- On avait rendez-vous, non? - En effet, hier.

Je sais. Navré de t'avoir fait faux bond.

Ce n'est pas grave.

Laisse-moi t'aider.

ça ira.

Je n'ai pas d'excuse. J'ai croisé Al Bennett.

On s'est mis à discuter et j'ai perdu la notion du temps.

ça peut arriver à tout le monde.

Laisse-moi faire.

- Elles sont jolies. Où les as-tu cueillies? - A la campagne.

Tu es partie à la campagne?

- Seule? - Non.

- C'était bien? - Formidable.

- Tu es partie avec qui? - Un ami.

Ecoute.

Je sais que je suis un salaud et je suis désolé. Tu me pardonnes?

Il n'y a rien à pardonner. J'ai passé un très bon moment.

Je ne veux pas que tu sois blessée.

- Mais je ne le suis pas. - Je devrais rentrer à la base.

Oui, ça vaudrait mieux. Il est tard.

Je me suis excusé, non? Je me suis mis à genoux. Que faut-il de plus?

Mais qu'ai-je dit ou fait? Je ne suis pas fâchée.

Pourquoi tu ne m'incendies pas une fois pour toutes?

Mais pourquoi donc?

- Je suis ravie que tu ne sois pas venu. - Que veux-tu dire?

Rien, si ce n'est que c'est fini.

Pas comme d'habitude, c'est pour de bon cette fois.

Eh bien.

- ça a dû être un sacré week-end. - En effet.

Il n'a certainement pas fait que cueillir des fleurs.

Non. Il a fait quelque chose qui ne te viendrait jamais à l'esprit.

Une chose qui te dépasse.

Il m'a demandée en mariage.

C'est donc ça qui te travaille.

Pourquoi ne pas l'avoir dit plus tôt? Si tu veux te marier, je t'épouserai.

Tu veux dire que tu ferais cet immense sacrifice pour moi?

Bien sûr. Dès ce soir, si tu me le demandais.

Tu es adorable, Tim.

Ta demande était remarquable.

Si romantique.

Tout ce dont une fille peut rêver.

Mais pour ta gouverne, sache que je préférerais épouser un...

Je te remercie, mais je ne peux accepter. Et maintenant, va-t'en.

Dehors!

Et dis à ton ami clochard de sortir de mon lit!

Quelqu'un est entré?

- Non. Quelqu'un est sorti. - Pas elle?

- Si, elle. - Flûte. J'ai encore tout raté.

..concentrations de troupes allemandes le long de la frontière néerlandaise.

Des fuites semblent confirmer l'éventualité d'une action militaire imminente...

- Vous avez entendu? - Oui. Je le savais depuis longtemps.

- Vraiment? - Perspicacité américaine. Un vrai génie.

Le commandant nous a donné l'ordre de se tenir prêts.

Prévenez-le que vous êtes rentrés.

On va larguer des paillassons de bienvenue sur les Pays-Bas.

Vous avez l'air vidé. Le week-end a été épuisant?

Si vous voulez savoir, j'ai passé ma permission dans un appartement.

Entrez.

Wales m'a dit que vous vous inquiétiez pour moi, alors je viens vous rassurer.

Je vous suggère de faire comme moi. Enfilez votre uniforme.

- C'est drôle. - Quoi?

On a le même goût pour les fleurs.

Oui, en effet.

Il semble qu'on aime les mêmes choses.

On a plus d'affinités qu'on ne le pensait.

Peut-être bien, mais Carol n'en fait pas partie.

Le chef de corps vous demande au téléphone.

Merci, Roger.

On est en alerte. On nous attend au centre. On devrait se changer.

Votre objectif est le centre de triage de Dortmund.

Des véhicules et du matériel y sont entreposés en grand nombre.

Vous rencontrerez une importante défense antiaérienne.

Pour certains d'entre vous, ce sera le baptême du feu.

Mais je lis sur vos visages que l'idée ne vous déplaît pas.

L'officier de renseignements va vous informer de l'état de la situation.

- Bonne chance. - Merci.

La progression de l'ennemi est bien plus avancée qu'on ne l'avait prévu.

Le flanc de la ligne de défense aurait déjà été contourné.

Votre mission est donc capitale.

- Objectif atteint dans six minutes. - Bien. Caporal-chef?

Tenez-vous prêt.

Je vais voler sous cette purée de pois. On larguera à 600 mètres.

- Trappes de largage ouvertes. - Bien.

Prêt.

Larguez.

Bien visé, Baker.

Que se passe-t-il?

Redressez! Sortez des projecteurs.

Avec un seul moteur opérationnel, cet avion se comporte au mieux.

Ce gars est en difficulté. Il n'échappera pas aux projecteurs.

Je vais voir si je peux en éteindre un.

Vous avez été exposés assez longtemps. Je viens vous aider.

Restez en dehors de ça, Roger. Mission accomplie. Rentrez à la base.

Trop tard. J'arrive.

C'est gentil à eux d'éclairer le ciel. J'ai peur dans le noir.

Enfant, je m'en plaignais déjà. Je piquais des colères régulièrement.

Je refusais d'être dans une pièce plongée dans le noir. ça n'a pas changé.

ça explique sûrement ma passion pour les boîtes de nuit.

Prends ça, sale...

Bien, on est enfin à l'abri.

Oui, mais pas Roger.

Sautez, les gars, notre oiseau est mort.

Pillby.

- Vous le voyez? - Oui, il est en flammes.

Il a dit à ses équipiers de sauter, mais ils n'ont pas eu le temps.

Préparez-vous à sauter.

Rejoignez les autres, Baker, et préparez-vous à sauter.

On est à 600 mètres. Sautez.

Après vous.

- Salut. - A bientôt, mon vieux.

- Sautez. On perd de l'altitude. - Non. Je préfère voler que marcher.

Je ne veux pas laisser passer la fenêtre.

Je ne dirais pas ça quand on peut voir une belle plage.

- Quoi? - ça alors! On survole le bord de mer.

Asseyez-vous, caporal-chef.

- Bien joué. Félicitations. - Merci.

- Où sommes-nous? - En Hollande. C'est un moulin.

C'est un coup de chance de s'écraser en territoire neutre,

alors que je me préparais à me concentrer dans un camp de concentration allemand.

Descendez, caporal-chef.

Eloignez-vous. Je vous rejoins tout de suite.

Regardez, des tulipes à perte de vue.

Quelle chance: un bateau, la mer et qui sait, un Hollandais pour nous ramener.

Mince alors. Regardez. Qui sont-ils?

Des Boches.

- Que font-ils ici? - Courez vers la maison. Restez à couvert.

Vite, caporal-chef.

Jetez ce fichu parachute. Restez baissés. Dans la maison. Vite.

- Qu'est-ce que c'est? - Une radio. Il y avait quelqu'un...

- Que dit-il? - Mains en l'air.

Avancez ou il pourrait vous tirer dans le dos. Ils sont réputés pour ça.

Il a dit: "Tournez-vous".

- Et maintenant? - Comment on est arrivés là.

Un coup de malchance, tête de bois.

Il y a deux autres avions britanniques sur la plage. Dont celui du général Gort.

J'en étais sûr. Il ne comprend pas un traître mot d'anglais.

Si on l'empêche de prévenir les autres, on pourrait atteindre le bateau.

Vous deux, prenez la fuite. Je me charge de lui.

C'est donc ça? Héros jusqu'au bout.

Ecoutez bien: on part ensemble ou on reste.

C'est moi qui commande. Quand je l'attaque, vous filez.

Passionnant, messieurs. Malheureusement, vous n'irez nulle part.

Allez, courez vers le bateau.

On ne peut plus rien pour lui.

Venez.

Attention. Ils arrivent.

On doit atteindre ce bateau. Venez.

A couvert.

Courons.

Larguez les amarres.

Vas-y. Démarre, ma belle.

ça ne démarre pas? Ils sont dangereusement près.

Je fais de mon mieux.

Vous voulez bien vous pousser?

Mademoiselle, s'il vous plaît.

- Où suis-je? - Dans l'ancienne maternité.

Et moi, qu'est-ce que j'ai?

Rien de grave. Juste un peu d'hypothermie. Allongez-vous.

Mettez-le sous la langue.

- Je suis là depuis longtemps? - Vous avez dormi presque 40 heures.

Gardez-le sous la langue, s'il vous plaît.

Vous savez que vous êtes mignonne.

Voici vos habits.

Qu'est devenu l'officier qui était avec moi?

- Le chef d'escadrille Morley? - Oui.

Il va bien. On a signé sa décharge il y a une heure.

Garçon de salle, ce lit se libère. Changez les draps. Habillez-vous vite.

Pourquoi tant de hâte?

J'ai entendu l'infirmière en chef dire qu'on attendait un arrivage. Des évacués.

Il est pratique, ce vêtement!

- Tu vas bien? - Oui, ce n'est rien du tout.

Je lèverai moins le coude avec mon aile cassée en attendant.

- Tu ne rentres pas? - Merci.

Tu as vu Morley?

Non, mais il m'a appelée. Je le rejoins au Savoy pour boire le thé.

Je peux m'asseoir? Je suis encore un peu faible.

Je suis désolée, Tim. Assieds-toi dans le fauteuil près de la fenêtre.

Donne-moi ça.

- Tu veux un repose-pied? - Oui, ça me soulagera un peu.

- C'est mieux? - Oui, beaucoup mieux. Merci.

Morley m'a dit que tu étais à l'hôpital quand il est sorti.

Est-ce raisonnable d'être déjà sur pied?

Te voir me fait plus de bien que tous les soins en hôpital.

C'est drôle. Quand je me suis réveillé, l'infirmière m'a dit:

"Dans votre délire, vous parliez d'une Carol. C'est votre femme?"

Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai répondu oui.

Peut-être parce que c'est mon plus grand désir.

On ne va pas recommencer.

Je ne peux pas t'en vouloir, après tout ce que je t'ai fait,

mais je ne peux pas faire de mal quand j'aime.

- Je dois y aller. - Attends.

ça te fera réfléchir. Je comptais te l'offrir quand tu m'as jeté dehors.

C'est pour ça que j'étais en retard.

Ne me prends pas pour une idiote. Tu as dit que tu étais avec Al Bennett.

J'ai menti pour mieux te surprendre.

Le bijoutier était fermé. J'ai dû le pister jusqu'à chez lui.

C'est la vérité. Mets-la et on...

Je l'ai fait tomber. Ne bouge pas, je la ramasse.

C'est de loin le plus vil et le plus sale tour que tu m'aies fait.

- Ecoute-moi. - Dehors.

Je t'aime. Je ne ferais pas tout ça si ce n'était pas le cas.

Désolée, j'ai été retenue. J'arrive.

Non, Carol. Je ne peux pas venir.

On est en alerte. Toutes les permissions ont été annulées.

Je comprends.

J'attendrai.

Bonne chance, chéri. Au revoir.

Je sais que tu es un homme brisé, mais tu devrais prendre ton service.

Permission annulée. Tu ne duperas pas ton chef de corps avec ton aile cassée.

J'y vais. Mais avant, souhaite-moi aussi bonne chance.

- Bonne chance et adieu. - Tu vas m'écouter maintenant.

Il peut te téléphoner chaque jour. Tu peux l'appeler "chéri".

Mais ça ne changera rien. Tu es à moi. Pour toujours.

Lâche-moi, tu me fais mal.

- J'irais jusqu'à user... - Non!

Te voilà ma fiancée.

A mon retour, je rendrai nos fiançailles officielles.

Reviens et reprends ta bague.

Ne pleure pas. Et ne t'en fais pas pour moi.

Je reviendrai. Il ne m'arrive jamais rien.

Il a fallu qu'il se trompe de taille.

Allô, commandant de Falcon.

Message reçu. Réarmement, ravitaillement. Atterrissage d'urgence piste cinq deux.

D'autres ordres à venir. A vous.

Ici, le commandant de Falcon.

Message reçu. Terminé.

Retour de l'escadrille 32. Trois avions perdus. Escadrille 54, six avions perdus.

Escadrille 87, quatre avions perdus. Escadrille 93...

- Appelez l'équipe de remplacement. - En effet.

Pas le temps de se reposer. On n'a jamais été face à une telle situation.

325 000 soldats, le nerf de notre armée, sont à Dunkerque,

sous le feu et les bombes de l'ennemi qui nous surpasse quatre fois en nombre.

La marine a mobilisé sa flotte pour sauver nos hommes.

L'armée de l'air doit les seconder.

On doit envoyer tous nos hommes prendre le contrôle du ciel.

L'escadrille 32 est prête à atterrir.

Oui, absolument...

On a attaqué l'ennemi au sud de Dunkerque. A environ 4 000 mètres d'altitude.

Une formation, 20 Heinkel, 18 Messerschmitt 1 000 m plus haut.

On a abattu cinq Heinkel et trois Messerschmitt.

On les tient, malgré leur nombre?

- Je crois. - Comment avez-vous fait?

J'ai eu un Heinkel à 200 mètres. Il a perdu le contrôle, en flammes.

- Puis j'ai attaqué deux Messerschmitt. - Je crois que c'est la relève.

Johnson a abattu deux Heinkel. Je l'ai vu atterrir dans l'eau.

Je suppose qu'on l'a récupéré.

Allez boire un café pendant le ravitaillement en carburant.

Sous-lieutenant Carson, de l'équipe de remplacement.

Présentez-vous à l'escadrille 32.

Vous avez le temps de boire un café avec les autres avant de décoller.

- C'est comment, là-haut? - Nuageux.

Escadrille 32.

Préparez-vous à décoller sans délai.

Prévenez-les que l'ennemi nous a repérés.

Un avion ennemi bombarde notre point d'embarquement. Besoin de soutien aérien.

Regardez. Ils arrivent par la Manche. Des Spitfire!

Bon, les gars. Prêts?

Prêt.

- Taïaut. - Je te suis, Johnny.

ça, c'est pour Roger.

Et ça, pour le caporal-chef.

Et ça, rien que pour moi.

LA RAF REPREND A L'ENNEMl LE CONTRÔLE DU ClEL A DUNKERQUE

LA RAF ET LA MARlNE NATlONALE SAUVENT 350 000 SOLDATS

Un instant.

Rappelez-moi à ce numéro si vous avez du nouveau.

- Alors? - Toujours porté disparu.

On a ramené un membre de son escadrille, O'Brien, qui a sauté au sud de Dunkerque.

Tim a abattu deux ME avant de se prendre une rafale.

Il pense qu'il aurait pu sauter. J'ai appelé partout. Il va falloir attendre.

Si Tim a sauté en parachute, il reviendra.

Je le sais. J'en suis sûre.

Il a déjà vécu des atterrissages forcés.

Il est resté une semaine sous une tempête de neige.

Personne ne croyait qu'il survivrait. On a abandonné les recherches.

Et un jour, deux squaws l'ont ramené en ville sur un traîneau.

Pour la fête de l'Etat, il voltigeait.

Son avion a perdu son moteur. Les gens ont hurlé.

Il a atterri en douceur devant la tribune du gouverneur.

Il n'arrive jamais rien à Tim.

Il a de la chance.

C'est certain. Et ce n'est pas tout.

Dès le début, je craignais ne pas réussir à vous libérer de lui.

Oui, c'est moi.

Merci. Au revoir.

Le dernier bateau de rescapés arrive dans une demi-heure.

Attendez-moi dehors. Je m'habille et j'arrive.

Mon fils. Tu vas bien?

Très bien.

- On l'a manqué? - lls commencent juste à débarquer.

- Où peut-il bien être? - ll y a 1 000 hommes sur ce bateau.

- On aurait pu le manquer. - Mais on a vu les premiers.

Il était peut-être noyé dans la foule.

Restez là. Je vais près de l'autre passerelle.

D'accord.

Tu es blessé, chéri?

C'est un col à la mode que j'ai déniché de l'autre côté de la Manche.

Je savais qu'il ne t'arriverait rien.

Bien sûr. Je te l'avais bien dit, non?

C'est si bon de te tenir dans mes bras.

Quand j'étais dans l'eau, je n'ai pas arrêté de penser à toi.

Regarde, Tim.

Je n'ai pas réussi à l'enlever.

Félicitations. Pour être passé à travers et tout ça.

- Merci. - M. Baker?

- La voiture est là. - Je m'en passerai.

Mes amis m'ont fait la surprise. Merci pour tout.

Vous n'oublierez pas pour jeudi?

Je changerai le bandage. Merci pour la couverture.

Je sais, chérie. Je suis un goujat.

Sous-titrage Visiontext: Virginie Roux

FRENCH

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