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Vous allez être curieuse maintenant.
Je suis vraiment désolé, commissaire, c 'est de ma faute.
Laissez traîner une pièce à conviction sur le coin d 'un bureau, comme ça, sans
protection.
J 'ai jamais vu ça.
Un couteau à cran d 'arrêt, en plus.
En fait, j 'ai pas eu le temps d 'y mettre une étiquette et j 'ai... Moi, j
cru que c 'était le vôtre.
Je l 'ai manipulé comme ça pour passer le temps.
Parce qu 'en plus, vous étiez en retard.
Si mon patron apprend ça, je suis bon pour la circulation.
C 'est plutôt drôle, c 'est la première fois qu 'on me prend des empreintes.
C 'est pas comme toi, Pepe.
T 'as l 'habitude.
Laurent, on vous fait un peu grand.
Qu 'est -ce qu 'il dit ? Il dit que c 'est une honte de me voir dans cette
situation.
Est -ce que vous comprenez ce qu 'il dit ? Parce que moi, je ne suis pas un mot
à ce qu 'il raconte. On se connaît depuis longtemps, Pepe.
La première fois que je l 'ai arrêté, j 'étais encore en uniforme.
C 'était rue de Provence. Tu te souviens ? Oui.
J 'espère que ce ne sont pas tes empreintes, parce qu 'on m 'a dit que tu
raccroché.
Qu 'est -ce que tu fais depuis que tu es rentré au pays ? Taxi.
Taxi. Bien.
Ça te plaît ? Oui.
Oui, c 'est moi.
Comment pas vous ? Celui de Paris, il est là ? Qu 'est -ce que vous voulez
rouler ? Je peux le voir ? Pas pour les stades.
Mais attendre un peu, c 'est jamais.
J 'ai toujours pensé que c 'était une erreur de chercher midi à 14h.
Vous voyez ?
Moi qui me suis lancé dans l 'étude des physionomies, je peux vous dire qu 'il
suffit que je regarde la gueule du client pour savoir à qui j 'ai affaire.
Ah oui.
Oublions pour le moment l 'histoire du couteau et le fait que vous avez
sacrément compliqué cette affaire en le prenant dans vos mains.
Bon, mais enfin bon, on a dit qu 'on oubliait, on oublie.
Bien que je dois dire que personnellement, chaque fois que je mène
investigation, je mets les gammes. Mais enfin bon, moi c 'est moi.
Euh, en fait...
et que j 'ai vu notre... Alban, Pépé Alban.
Pépé Alban.
Au premier coup d 'œil, j 'ai tout de suite compris que ce n 'est pas la peine
'aller chercher plus loin.
Vous ? Patron, il y a un problème.
Les seules empreintes qu 'on ait trouvées sur le couteau sont celles du
commissaire.
S 'il n 'y a pas d 'empreinte de l 'accusé sur l 'arme du crime, ça ne
rien, pas vrai ? Elle en est.
Pourquoi ?
Pourquoi ? Ça ne prouve rien ? Parce qu 'il portait peut -être des gants.
Si ça se trouve, il portait peut -être des gants.
Où j 'en étais ? À la gueule du client.
Ah oui, la gueule du client.
Sans insister sur le fait qu 'on ait découvert l 'arme du crime au Gardelion.
a repéré plusieurs fois votre pépé Alban. C 'est un pickpocket.
Il travaille dans les gares.
Un pickpocket, pas quelqu 'un qui commet des vols à main armée.
Ça, c 'est vous qui le dites.
Écoutez, il est incapable de violence.
Mettez -lui un couteau à grand arrêt sous le nez et vous le verrez partir en
courant. Vous avez l 'air de connaître un petit maman les malfrats de votre
juridiction, commissaire.
Ah, mais celui -là, je le connais très bien.
D 'ailleurs, si vous persistez à vouloir le présenter devant un tribunal, vous
serez dans l 'obligation de témoigner en sa faveur.
Ah oui ? Vous n 'avez pas la moindre preuve contre lui. Vous le savez très
C 'est un récidiviste, hein ? Allons, soyez raisonnables. Vous êtes obligés de
le libérer.
L 'on y est.
Monsieur.
Monsieur le commissaire, excusez -moi, vous ne me connaissez pas, mais... Mais
si je vous connais, vous êtes femme de chambre à l 'hôtel.
Thérèse, c 'est ça ? Oui.
Commissaire, j 'ai laissé partir votre ami, le chauffeur de taxi.
Il m 'a demandé de vous remercier.
C 'est ce que j 'ai fait comprendre.
Il m 'a laissé sa carte.
Vous entrez à Paris ? Oui, je prends le 36e.
Ah, c 'est dommage.
Si vous étiez resté plus longtemps, vous auriez pu assister au match. Quel match
? Au match de boxe. Ça vous intéresse pas ? Ah non.
Alors, son problème ? Voilà, j 'ai une amie qui... Oui ? Elle a un problème.
Ah. Un problème vraiment, vraiment grave.
Elle a besoin qu 'on l 'aide, mais... Mais ? Elle est assise comme une mule
et...
C 'est ça son problème ? Non, le problème c 'est son mari.
Il a disparu.
Entrez.
La voilà.
Ne restez pas là, entrez.
C 'est Germaine.
Germaine Blanc.
Allez, vas -y, raconte.
Raconter quoi ? Tu sais bien.
Je connais pas ton commissaire.
Et un commissaire, c 'est quand même un flic.
Madame Blanc a raison.
Elle me connaît pas, et comme elle le dit si bien, je suis un flic.
On n 'a pas toujours envie que la police se mêle de nos affaires personnelles.
Qu 'est -ce que t 'as à y perdre ? T 'as passé ta journée à chercher Marcel
partout, et ça t 'a rapporté quoi ? D 'ailleurs, vous pourrez pas vous être d
'un grand secours ?
Je ne suis pas dans ma juridiction.
Et j 'ai mon train à prendre.
Vous voyez ? Une vraie tête de mule.
Elle dit rien, mais sur ses gros airs, on voit bien que ça la rend malade,
histoire. Il faut me croire, monsieur le commissaire.
Il y a quelque chose qui tourne pas rond. On se tire pas comme ça quand on n
est pas obligé.
Ça fait à peine un mois qu 'ils sont mariés.
Et je peux vous dire qu 'ils s 'aiment, ces deux -là. Ça crève les yeux.
Rien qu 'à les voir ensemble, je vous assure, ça fait chaud au cœur.
Quand avez -vous vu votre mari pour la dernière fois, Mme Blanc ? Hier.
J 'ai eu au téléphone le soir.
Une première fois à 7h, une deuxième fois à 10h30.
Mais pourquoi n 'avez -vous pas appelé la police quand vous vous êtes aperçus
'il ne rentrait pas ? Vous savez, un flic qui se mêle de vos affaires, c 'est
comme un boomerang, ça revient toujours en pleine figure.
Il ne faut pas y renforcer, monsieur le commissaire.
Vous savez, ici, elle n 'est pas la seule à penser comme ça.
Vous pouvez m 'appeler un taxi ? Celui -là.
Tout de suite ? Le temps qu 'il arrive.
Ce sera suffisant pour écouter ce que Mme Blanc veut me dire.
Et lui donner quelques conseils, si je peux.
Thérèse, soyez gentille.
Montez -moi une bière.
D 'accord.
Quelques conseils qui ne seront peut -être pas de votre goût.
Parce qu 'au fond...
Est -ce qu 'il vous dit que votre mari n 'est pas parti tout simplement parce qu
'il en avait assez ? Ou bien parce qu 'il a changé d 'avis sur le mariage ?
Ça arrive.
Vous êtes sûre qu 'il vous aime ? Seulement vous ? Oui, moi et seulement
oui.
Vous savez, il y a des choses qui ne trompent pas.
Marcel, il serait prêt à faire n 'importe quoi pour moi.
Je vous crois.
Et à part ça, qu 'est -ce qui fait de beau dans la vie ? Pensez -le.
Les journalistes partent.
Asseyez -vous.
Il a un bon salaire ? Il n 'est pas millionnaire.
Mais ça me fait chier.
Est -ce que tu voulais savoir ? Il me téléphone pour me dire.
C 'est toi, belle ? Hier soir, quand il vous a appelé, vous n 'avez pas eu l
'impression qu 'il voulait sortir seul ? Pour une fois ?
Je n 'étais pas avec lui hier soir parce qu 'il avait un match de boxe.
Je ne porte pas, ça me rend malade.
Et la dernière fois, il vous a appelé d 'où ? Du club.
J 'ai entendu qu 'on annonçait le dernier combat.
Et qu 'est -ce qu 'il vous a dit ? Qu 'il rentrerait un peu après minuit.
Autant me déposer un papier au journal.
C 'est ce qu 'il a essayé de me faire croire.
Et vous ne l 'avez pas cru.
C 'est pas mentir.
Je pensais qu 'il voulait me faire une surprise, qu 'il passerait me prendre
dans la maison avant d 'aller au journal pour m 'emmener boire un verre.
Marcel Blanc, voyeur spécial au match de boxe.
C 'est juste un autre filet.
Le combat s 'est terminé trop tard pour l 'édition d 'aujourd 'hui. On aura plus
de détails demain.
Ça prouve au moins qu 'il est allé au match.
Il n 'y a eu que trois reprises au cours du combat.
Il a dû rester au moins jusqu 'à 11h45.
Je suppose que vous allez faire le tour des endroits où il aurait pu aller.
Il n 'y en a pas 36.
Je vous accompagne. Ah non ! Germaine !
Je ne veux pas que tout le monde me voie avec lui.
Qui c 'est, tout le monde ? Je ne sais pas, les gens, quoi.
Non, ça ferait mauvais effet.
Pour qui ? Pour Marcel ? Tu vois, c 'est toujours pareil avec les flics.
C 'est toujours qu 'ils posent des questions insidieuses.
Je crois que c 'est votre train.
On est d 'accord.
Vous pourriez peut -être me suivre, mais de loin.
Je fais comme si vous ne le saviez pas.
Mais vous me promettez de garder vos distances.
Ne pas m 'adresser la parole.
J 'ai quelque chose à vous dire, je me débrouillerai.
Où elle va, là ? Roulette.
Bon, tu peux aller te coucher.
Moi, je vais l 'encher un peu.
Je te préviendrai quand je saurai quel train je prends.
Alors, t 'apprends non plus ? T 'as demandé à Max ?
Il
parle de musique.
Change de disque.
Alors ? Rien.
Personne n 'a vu le match.
Ni hier soir, ni aujourd 'hui.
Et l 'homme qui était au bar ? Freddy ? C 'est un ami de Marcel.
Il travaille dans un journal de sport.
Un autre.
Il était au match hier soir ? Oui.
Et il a vu Marcel sortir ?
Et qui est Max ? Max ? Oui, il vous a dit d 'aller le demander à Max.
Max Assis.
C 'est un habitué du club.
Et cette femme qui a fait cette apparition ? La comtesse.
On l 'appelle la comtesse ? Sûrement qu 'elle a dû épouser un comte.
C 'est une amatrice de boxe.
On peut dire ça comme ça, oui.
C 'est plutôt rare, non ? Les femmes qui aiment la boxe.
Pas la boxe.
Les boxeurs.
L 'histoire de grand -ma, si elle va dans les vestiaires pour leur faire un
petit massage, si vous voyez ce que je veux dire.
L 'histoire de leur donner un avant -goût.
Le vainqueur gagne une nuit avec elle, c 'est bien connu. Et que ça lui plaise
ou non.
C 'était il y a deux ans à peu près.
Il était boxeur avant ? Un jour, il s 'est pris un mauvais coup au cours d 'un
entraînement.
Il a été obligé d 'arrêter.
Je l 'ai bien compris.
Ces gens qui ne doivent pas nous voir ensemble, c 'est qui ? Je ne sais pas.
Tes amis de Marcel ? Tout le monde sait que le milieu de la
boxe est un peu spécial, un peu louche, disons.
Je crois que Marcel connaît des gens pas très fréquentables.
C 'est pour son travail.
Qu 'il soit au courant de tout.
Peut -être que Marcel a découvert quelque chose que ces gens -là
qu 'ils ne sachent pas.
Ou bien, peut -être y a -t -il dans la vie de Marcel quelque chose que vous
préféreriez ne pas savoir.
C 'est là que j 'habite.
C 'est éteint.
Il est pas rentré.
Écoutez, si vous voulez que je vous aide, il va falloir y mettre un peu du
vôtre.
À vous de voir.
Vous vous arrêtez ce petit jeu de cache -cache et vous venez me prendre à mon
hôtel demain matin.
Ou bien il faut espérer que Marcel pourra s 'en tirer tout seul.
Commissaire. Commissaire.
L 'hôtel nous a appelés pour nous informer que vous étiez encore ici.
Comme hier, on leur avait téléphoné pour les prévenir que vous partiez, alors...
Merci à vous.
Merci. Thérèse, une tasse pour le commissaire. Tout de suite.
Alors, vous comprenez, ils sont un peu inquiets à cause de la nôtre.
Alors, il est bien entendu que je ferai mon affaire des journées
supplémentaires. Non, il n 'en est pas question.
Non, non, de toute façon, on avait prévu des jours en plus.
Dans ce cas... On espérait amener l 'affaire Pépé -Albane devant les
mais... Eh oui.
On vient de me prévenir de l 'interpellation d 'un nouveau suspect à
qui aurait tout avoué.
Et qui portait des gants.
Vous comptez rester encore longtemps, monsieur le commissaire ? Finalement, je
crois que je vais prendre mon train de nuit.
Ça me laissera le temps d 'assister aux matchs.
Il y en a qui ont de la chance de pouvoir se payer des petites récréations
impromptues comme ça.
Les matchs de boxe, c 'est une distraction comme une autre à remarquer.
À propos, est -ce que vous avez entendu parler d 'un journaliste qui couvre tous
les matchs de boxe ici ? Marcel Blanc.
C 'est un voyou.
Alors, vous comprenez ? Il n 'y a rien à ajouter. Quand je dis que c 'est un
voyou, c 'est que c 'est un voyou.
Pourquoi il vous intéresse, ça ? Étant donné la façon dont vous m 'en parlez,
évidemment.
Vous n 'êtes pas en train de faire une enquête, au moins ? Ce n 'est pas dans
mes intentions.
Non, parce que si c 'était le cas, j 'aimerais bien savoir à quel titre.
Rassurez -vous.
Vous me le diriez, si vous aviez mis le doigt sur quelque chose ?
Bien sûr.
C 'est quoi, Thérèse ? Oui ? C 'est vraiment quelqu 'un de bien, Marcelle.
Si je vous dis qu 'il n 'y a pas mieux pour elle, c 'est que c 'est forcément
quelqu 'un de bien.
Il a fallu que trois rounds au Lyon à Amman -Ferrandez pour limer les griffes
tigre Eddie Wilson d 'un splendide rocher d 'Hugo.
Donc, il a un style plutôt fleuri, votre Marcel.
Vous allez vous dénicher de cette voiture ? Je l 'ai volée ce matin, si c
ce que vous voulez savoir.
Ah.
Si vous mêleriez la police à tout ça, je ne vous aurais jamais adressé la
parole. Mais je suis la police.
C 'est pour ça que vous êtes venus me voir.
Même si ça vous fait mal au cœur de l 'admettre.
Si vous ne pouvez pas avoir affaire au commissaire Fardy et à ses collègues
des raisons que j 'ignore, moi je peux.
Et ça m 'a permis de savoir que votre Marcel n 'a pas été arrêté ces dernières
36 heures.
Ni hospitalisé.
Ah, ça devrait plutôt vous rassurer, non ? Vous êtes sûre ? Certain, parole de
flic.
Ce qui n 'est pas très gentil, c 'est de ne pas m 'avoir dit que Marcel avait un
casier judiciaire.
D 'après Pardy, il était plutôt délinquant quand il était jeune.
Voilà, vous comprenez pourquoi je ne veux pas avoir affaire au fil d 'ici.
Je reconnais que le commissaire Pardy est un peu sectaire.
Allez, débarrez.
Pour aller où ? Où vous voulez.
Tenez, montrez -moi où habite la comtesse.
Je crois qu 'on doit aller chercher Marcel.
On fait que ça.
C 'est là qu 'elle perche.
Il y a combien de personnes dans la voiture derrière ? Une.
Inspecteur Lowney.
Il nous suit ? Ah non, c 'est moi qui le suis.
Allons -y.
Qui vous a appris à conduire ? Marcel qui m 'a donné des leçons.
Ah oui ? Il y a des petites rues aux alentours.
Ce ne serait pas plutôt aux autotamponneuses ? C 'est la voiture de
Marcel alors ? C 'est plutôt le deuxième amour de sa vie.
Je préférais un modèle plus récent.
Comment vous vous êtes rencontrés tous les deux ? J 'avais gagné un concours de
danse.
Il m 'avait interviewée pour un article.
Il voulait que j 'apprenne à danser.
Mais qu 'est -ce que vous faites de beau dans la vie à part danser ? Je danse.
Je suis professeur de danse.
Ah, professeur.
Ah oui.
Pourquoi pas ? Bon, allons -y.
Montrez -moi où vous donnez vos cours de danse.
Mais sans faire l 'écoute.
Vous pensez que j 'arriverai à avoir mon permis de conduire ? C 'est ici.
Vous voulez visiter ? Pourquoi pas ? Je vous fais passer par la porte de
derrière parce que j 'ai plus les clés d 'ici.
Quel genre de danse vous enseignez ? Tout. Le charleston, le pateau, la
le tango.
Mais ça, elle est à vendre.
Ça vous intéresse ? Le plancher est souple. Vous avez remarqué ? Du quoi ?
Pourquoi veulent -ils vendre ? On partit à
Marseille.
Les cours ne marchaient pas.
Et qui vous a appris à danser ? Quand j 'étais petite, on habitait tout près d
'ici.
Ma mère me laissait pendant qu 'elle travaillait.
J 'ai pas eu besoin d 'apprendre.
Il suffisait de regarder.
Bon. Et quand vous avez su danser, personne ne vous arrivait à la cheville.
Qu 'est -ce que vous allez faire ? Vous allez chercher du travail ? Je suis pas
pressée.
Marcel devait aller à la boxe ce soir.
Oui.
Je pense que vous irez.
Pour une fois.
D 'ici là, qu 'est -ce que vous allez faire ? Vous n 'avez pas d 'autre piste
en vue ? Aucune.
Vous êtes sûre ? Oui, je suis sûre. Aucune, je vous le jure.
Oui, aussi.
Merci beaucoup.
Au lieu de suivre les gens sans raison, vous pourriez vous rendre utile.
Vous n 'allez pas venir, commissaire.
Et la salle de danse, là -bas en face, vous la voyez ? Elle est à membres.
Alors vous pourriez vous renseigner auprès de l 'agence immobilière pour
reconnaître le prix et savoir si quelqu 'un est déjà sur le coup.
C 'est vraiment utile ? Très utile.
Maintenant, si vous voulez savoir ce que je vais faire, au cas où votre patron
vous le demanderait, eh bien, je vais retourner à mon hôtel.
Sans une impression, c 'est qui la jeune fille ? C 'est Mme Blanc.
Vous ne la connaissez pas ? Non.
Elle rentre chez elle parce qu 'elle attend un coup de téléphone important,
j 'ai l 'impression qu 'elle a d 'autres idées en tête.
Vous voulez que je la suive ? C 'est une bonne idée.
Une fois qu 'elle sera rentrée chez elle, très bonne idée.
Ah non, vous, elle ne vous connaît peut -être pas, mais la voiture, si.
Donc vous voulez que j 'aille à pied ? Ça serait mieux.
Bonjour, monsieur le commissaire. Bonjour, Pépé.
T 'as pas trop de travail, à ce que je vois ? Non, commissaire.
Je vais te demander de surveiller cet immeuble pour moi.
Ce que vous voudrez, monsieur le commissaire.
C 'est joli, tout ça.
C 'est moi qui l 'ai fait.
Ah bon ? Ah, oui.
Bravo.
Il va falloir que...
Je vous signale avec mon frère qui s 'occupe des faussaires.
Au revoir, madame.
Au revoir.
Il est où, l 'homme à l 'éponge de Ramone ? Son entraîneur ?
Il est au vestiaire.
Hé, c 'est interdit d 'entrer.
Allez, vas -y.
Un petit blanc, s 'il vous plaît.
Vous attendez beaucoup de monde ce soir ? Pas mal.
Vous aidez à la police ?
Combien je dois ? Un policier qui paye.
Allez, sors ! Allez, sors ! Qu 'est -ce qui
te prend ? T 'envoies des femmes dans les vestiaires un jour de match ?
Le club de boxe a demandé l 'entraîneur de Ramon.
L 'homme à l 'éponge, elle l 'appelle.
Et après, elle est rentrée chez elle.
Je comprends maintenant.
Marcel en parlait dans son article.
J 'ai passé ma journée à préparer Ramon, nous a confié son entraîneur à la fin
du combat.
Si Marcel a interviewé l 'entraîneur, il est probable que ce soit la dernière
personne à l 'avoir vu.
Elle a trouvé ça toute seule, la fine Aude, même avant moi.
Elle a oublié d 'être bête, petite.
Vous ne trouvez pas ? Monsieur le commissaire, je vois qu 'on s 'offre un
déjeuner arrosé.
Vous tombez vite au bon moment, Pardy. Vous allez partager notre repas.
Merci, j 'ai déjà mangé à la cantine.
Quel dommage.
En ce qui te concerne, il me semble que tu as largement dépassé les limites de
ce qui était normalement accordé pour ta pause de déjeuner.
Alors, vous allez le laisser finir sans pas, Pardy.
Vous voulez que je vous prépare, monsieur le commissaire ? Ah,
Merci, Thérèse.
Ce prix veut pas ce que je bois.
Vous savez que l 'inspecteur Launay a fait un travail très utile ce matin.
Un travail que je n 'aurais pas pu faire sans sortir des limites de ma
juridiction. On peut savoir de quoi il s 'agit.
Ah, mais je laisse à l 'inspecteur Launay le soin de vous raconter.
Il a bien précisé qu 'il n 'acceptait de faire ce travail qu 'à condition de
vous en rendre compte.
Voulez -vous que...
Je vous explique ce que je compte faire du reste de ma journée.
Ça vous évitera d 'avoir à me faire suivre.
Eh bien, je compte aller au match de boxe ce soir.
C 'est quoi la tenue de rigueur pour ce genre de soirée ? Je sais pas, j 'en ai
pas la moindre idée.
Pas le smoking, j 'espère ? Disons qu 'un papillon suffira.
Si vous voulez, je peux vous en prêter un.
Bon, quand tu auras fini de parler chiffon, ça ne te dérangera pas de
mon bureau, s 'il te plaît.
Monsieur.
Sinon, qu 'est -ce que je dois lui dire au comité à parler ? À propos de l
'agence immobilière ?
C 'est vous.
Rien de nouveau ?
Et
l 'entraîneur, qu 'est -ce qu 'il vous a dit ? Comment savez -vous ? Disons que
je l 'ai deviné.
À cause du journal.
Alors, qu 'est -ce qu 'il vous a dit ? Il se souvient pas.
Il se souvient pas d 'avoir vu Marcel.
Ni de lui avoir dit...
J 'ai préparé Ramon toute la journée.
Remarquez, on ne peut pas dire que ce soit des paroles inoubliables.
Vous pensez que Marcel a brodé ? En tout cas, il y a une chose qui ne s
'invente pas.
C 'est le prix à payer pour acheter la salle de danse.
200 000 francs, plus 25 % d 'un compte inversé au départ.
Mais vous le saviez déjà.
Vous saviez qu 'un certain Marcel Blanc, votre Marcel, est passé à l 'agence
avant -hier et qu 'on lui a donné une semaine pour régler la compte. Sinon, la
salle sera vendue aux enchères.
Ne me dites pas que vous n 'étiez pas au courant.
Non, je ne savais pas.
Pas vraiment.
Disons que vous vous en doutiez.
Vous êtes loin d 'être stupide, ça au moins c 'est sûr.
Marcel n 'aimait pas l 'idée de me voir travailler dans un bar ou un night club.
Il préfère vous voir en propriétaire d 'une salle de danse. Je le comprends.
Vous vous êtes bien gardé de me raconter tout ça.
Vous voulez que je vous dise pourquoi ? Parce qu 'au fond de vous -même, vous
avez peur que Marcel ait fait une bêtise pour trouver les 200 000 francs dont il
a besoin.
Et que du coup, il a pu s 'attirer quelques ennuis.
Il a peut -être essayé de savoir à l 'avance qui allait gagner le match, pour
pouvoir parier à coup sûr, en s 'enseignant au pas de l 'entraîneur, par
exemple.
Ou quelques combines du même genre.
C 'est pas quelque chose comme ça ? J 'ai raison ou pas
? Dommage que ça que soit cassé.
C 'est pas cassé.
Il en a jamais eu.
Ça ne va pas tarder à sortir.
Ne perds pas de vue.
Tu es sûr de me trouver?
Viens, je te parle.
J 'ai toujours pensé à la disparue.
Qu 'est -ce qui s 'est passé ? Marcel, c 'est ton mari, tu veux dire ? Oui, mon
mari, oui.
Tu l 'as vu ? Je ne sais rien.
Tu l 'as vu, oui ou non ? Oh, va, qu 'elle se calme, mademoiselle, avec ses
grands verres pour qui elle se prend.
Tu n 'as pas vu ton Marcel depuis deux jours, alors qu 'est -ce que tu veux que
j 'y fasse, moi ? Et tu as vu comment tu me parles ? À moi ?
Je sais que j 'ai trouvé ça dans ta poche.
Ça. Tu sais ce que ça veut dire, ça ? Quand est -ce que tu es venu me voir ?
ne sais rien, moi, quand tu es venu me voir.
Moi bien.
S 'il lui est arrivé quoi que ce soit à cause de toi, quoi que ce soit, tu m
'entends ? Oui.
Je te tue.
Je te tue. Vas -y. Tu m 'entends ? Vas -y, rigole.
Bon, ça va, calme -toi.
un objet qui vous plaît ?
Et après, elle est rentrée chez elle ? Oui.
Qu 'est -ce que vous faites ici ?
Je vous écoute.
Quoi ? C 'est quoi, ça ? Vous avez été à la boutique de mon père
? Parce que M. Le Gentil est votre père ? Eh oui.
Et alors ? Vous voulez tout savoir ? Il y a quelques années, un de ses
fournisseurs avait un stock de mille cochons en porcelaine.
Ils étaient destinés à l 'exportation.
Mais il y avait une erreur dans le moulage.
Vous avez trouvé le moyen d 'oublier la queue.
Il a refourgué tout son sac à mon père pour trois francs. Oui, ça va, j 'ai
compris.
Mais pourquoi vous êtes -vous disputé ? Vous me faites surveiller ? Par des
flics ? Ah non, pas des flics.
Un chauffeur de taxi.
On n 'a jamais dû vous faire confiance.
D 'accord, on s 'est disputé.
Ça faisait deux ans qu 'on ne s 'était pas revus.
Et pourquoi il faut retourner chez lui, justement, aujourd 'hui ? Vous pensez qu
'il a quelque chose à voir avec la disparition de Marcel ?
Ils
iront au match de boxe, ce soir ?
Si le match se termine dès le premier round, pour ne pas risquer de rater mon
train... Vous n 'allez pas tout abandonner ? Mais je comprends très bien
vous ne pouvez pas tout me dire.
Sincèrement, je vous souhaite bonne chance.
Mon père est receleur.
Évidemment, il n 'a jamais vendu un seul de ces petits cochons. Ah non, vous n
'allez pas recommencer avec les petits cochons ? On va savoir ce que vous
voulez.
Ça peut vous intéresser.
Ils sont très utiles, ces petits cochons.
Vous l 'avez payé ? 5 francs.
Si vous retournez aujourd 'hui en acheter un autre, ce ne sera pas le même
Le prix du premier compte pour du beurre. C 'est le deuxième qui est
On peut vous faire un prix qui va de 1 franc à 23 ,55 francs.
C 'est l 'heure du rendez -vous pour lui apporter la marchandise.
Il veut une inconnue.
18 francs 15, ça veut dire 6h15 du soir.
21 francs, 21h.
C 'est ça.
Combien ? 20 francs.
8h du soir, derrière de la boutique.
Il y a un escalier de fer, 4ème étage. Vous frappez, il vous attendra.
Vous voyez que je vous ai pas menti.
Moi je pense pas que vous mentez, je pense que vous ne dites pas tout.
Par exemple que Marcel est un de ses fournisseurs.
C 'est pas vrai.
Peut -être pas régulièrement, mais il suffit d 'une fois.
Vous savez bien que Marcel a besoin d 'argent pour vous acheter cette salle.
Il a peut -être mis la main sur quelque chose de volé ou quelque chose qu 'il
aurait volé lui -même.
Vous dites n 'importe quoi.
Et qu 'il aurait apporté à votre père.
Vous ne comprenez rien.
C 'est vrai que Marcel fait le dur à cuire des fois.
C 'est pour m 'impressionner.
Moi, je ne lui en demande pas tant.
Ah, vous progressez.
Ce petit cochon n 'était pas seulement un souvenir.
J 'ai trouvé dans sa poche.
Très bien.
Nous y voilà.
Mais ça n 'explique pas pourquoi Marcel a disparu.
Si votre père l 'avait donné, il serait sous les verrous. Ce n 'est pas le cas.
Qu 'est -ce qui a bien pu se passer ? Je ne sais pas.
Vous avez peur qu 'il soit arrivé quelque chose ?
Il y a deux ans, un jeune homme est allé voir mon père.
Sa petite amie était enceinte. Un truc habituel, quoi.
Mon père faisait une fixation sur ses ânes.
Il lui avait parlé d 'un petit tableau qui avait été acheté la semaine
précédente à une vente aux enchères par le banquier Lucas Morton.
Deux jours après, j 'ai lu dans le journal que un jeune cambrioleur avait
abattu dans la propriété de Lucas Morton.
à Jouan Lépin.
Il avait tenté de rentrer par effraction dans la galerie des tableaux.
Je suis allée voir mon père et je lui ai demandé ce que ça lui faisait.
La seule chose qu 'il a trouvée à me dire, c 'est... J 'y suis pour rien.
C 'est ce jour -là que je suis partie de la maison.
Et vous avez raconté ça à Marcel ? C 'est mon mari.
Il s 'est dit qu 'avec un petit Cézanne, il pourrait peut -être vous offrir
cette salle de danse.
Où aurait -il pu en trouver un ? Votre père le sait, peut -être.
Il n 'est quand même pas allé au rendez -vous.
Il faut l 'avoir à Cézanne.
Je ne voudrais pas vous vexer, mais il va vous voir arriver à 15 kilomètres.
Alors ? Il vous fallait un Cézanne. J 'en ai un.
Vous avez un Cézanne ? C 'est tout comme.
Je ventille ? Je peux entrer ? Oui, fermez la porte.
Vous m 'avez entendu dire que vous vous intéressez à la peinture.
Je crois avoir là quelque chose qui devrait vous plaire.
Pourquoi vous ne l 'avez pas porté à la boutique aux heures d 'ouverture ? Par
souci de sécurité.
Qu
'est
-ce que vous attendez de moi ?
Si je vous apporte l 'original, ça vous intéresse ?
Qu 'est -ce qu 'il vous a envoyé ?
Marcel.
J 'aurais pu vous le prévenir.
C 'est ça que ça ne m 'intéresse plus.
Degas, par exemple.
Où voulez -vous que je trouve un Degas ? Marcel !
Cézanne, c 'est fini. Il veut des deux gars, maintenant.
Des deux gars ? Il paraît que Marcel sait où en trouver.
Il vous a dit ça ? Il y a quelqu 'un ? Police,
montrez -vous.
Oui, oui, on est là.
N 'hésitez pas que vous preniez les cours de l 'âge, ce commissaire.
C 'est moi. Je vais vérifier que l 'électricité a bien été coupée.
Vous voyez ?
Le propriétaire m 'a demandé de surveiller la salle avant sa vente.
Vous pouvez vous renseigner auprès de lui, si vous voulez.
Bon, messieurs, si vous n 'avez plus besoin de moi... Mademoiselle.
Madame.
Tu la suis.
Bien, commissaire.
L 'inspecteur me dit que vous vous intéressez au marché de l 'immobilier,
maintenant. On peut dire ça comme ça.
En fait, vous avez entendu parler de la disparition de tableaux ? Des tableaux ?
Des peintures de Degas, par exemple.
Degas ? Oui, lui aussi s 'intéressait aux danseuses.
Ah, Thierry.
Vous savez manipuler sur d 'autres choses ? En fait, si ça vous en vaut
monsieur le commissaire, il faudrait que je me mette derrière vous et puis vous
devant le miroir. Ah.
J 'y arrive pas.
En fait, je crois que ce serait plus facile si vous étiez assis.
Je comprends pas, vous demandez une glace et vous fermez les yeux.
Je pensais que vous aimeriez savoir à propos de Mme Blanc.
Elle était directement au club de boxe.
Elle a demandé un exercice.
Et comme elle n 'était pas là, elle a laissé un message.
Elle a dit que c 'était urgent.
Vous avez pu lire ce qu 'elle avait écrit ? Non, je n 'ai pas pu voir ce qu
'elle avait écrit.
C 'est une enveloppe cachetée.
Vous savez, ces gens -là connaissent bien leurs droits.
Sans autorisation du juge, moi, je ne peux rien faire.
Et puis après, elle est rentrée chez elle.
Merci, l 'honneur.
Ah, encore une chose.
La comtesse. Celle du club de boxe ? Oui, c 'est ça.
Est -ce que vous pourriez me trouver son nom de jeune fille ? Pas de problème.
Faut quand même que je fasse un rapport au patron, vous comprenez ? Oui.
Merci.
Dites -moi votre amie, Germaine, là.
J 'ai toujours l 'impression qu 'elle me cache quelque chose.
C 'est pourtant facile à comprendre.
Elle a peur, mais de quoi ? Il y a des choses, si elle les dit, ce serait peut
-être encore pire pour Marcel.
Ah oui.
En somme, ce dont elle a peur, c 'est que Marcel ait fait une bêtise et qu 'il
ait des ennuis avec la justice si jamais elle me met sur la voie.
Peut -être bien.
Elle voudrait que moi, je la mette sur la voie.
pour retrouver Marcel, mais pas que je lui mette la main dessus.
Vous voyez qu 'il vous a mieux compris.
Le véhicule.
C 'est le moche.
J 'en sais rien !
C 'est l 'heure du massage.
C 'est Marcel.
Quoi, Marcel ? Quand il était boxeur.
Madame, Monsieur le Commissaire, c 'est parable, je vois.
Et Monsieur Blanc ?
Il y a quelque chose
qui ne fallait pas ?
Ah, elle n 'a pas de nouvelles, c 'est ça ? Je vous l 'ai dit, un voyou comme
ça, rien à attendre.
Dites -leur, il y a du volage, ce soir.
C 'est un drôle de milieu, la boxe, vous ne trouvez pas ? Ils dictent leurs
propres règles, règlent leurs propres comptes.
En fait, tant que ça reste entre eux.
C 'est pareil chez vous ?
À Paris.
Quoi ? Mesdames et messieurs, second match éliminatoire du championnat de
des poids moyens.
Le gagnant du combat de ce soir ira disputer son titre à Marcel Aymar en
prochain à Paris.
Je suis désolé de vous le dire, commissaire, mais je ne vous imaginais
ça. Perdre du temps avec ce genre de choses, ne comptez pas sur moi. L 'on
À travailler, patron, puisqu 'on est là, on peut rester quand même. La journée n
'est pas finie.
Je n 'ai pas trouvé son nom de jeune fille. La mairie a été fermée.
Dans le coin opposé, mesurant
1m83, pour 312 kilos, en short rouge, cette
victoire peut défaire.
Jaffe de Fernaud, pareil.
Contre de Boigny, bien esquivé.
Il va falloir passer à l 'action, messieurs.
C 'est une tibière !
Tu l 'as vu sortir ? La petite.
On va voir si elle est rentrée chez elle.
Marcel Blanc était avec vous ? Vous êtes qui ? Un commissaire maigret.
Germaine Blanc.
Partie. Elle ne supporte pas la vue du sol.
Je me demandais ce qui vous cherchait exactement.
Quelques questions d 'abord.
Si je vous refine les tuyaux, vous me donnez l 'exclusivité ? On verra.
Marcel Blanc n 'était pas ici ce soir.
Ça ne vous surprend pas ?
Ça fait deux jours qu 'il est disparu.
Je dois répéter ma question ? Non, c 'est pas la peine.
Avant de vous répondre, je veux savoir pourquoi ça vous intéresse tant.
Marcel Blanc est peut -être mort, c 'est ainsi.
C 'est une enquête officielle ? Non, non.
C 'est tiré avant le combat, l 'autre soir.
Avant ? Il a suivi, il a compté aller dans les vestiaires.
Elle a l 'habitude d 'aller voir les boxeurs. Ah oui, je sais.
Elle est revenue quelques minutes plus tard et m 'a demandé de lui rendre un
service. Mais lui qui ne pouvait pas rester, un truc imprévu.
Il m 'a demandé de couvrir le match pour lui.
C 'est ce que j 'ai fait.
J 'ai écrit le papier à sa place et j 'ai déposé à son bouclard.
Il n 'a fallu que trois rounds au Lyon -Ramon -Gerlandais pour limer les
du petit Grady Wilson.
C 'était votre prose, alors.
Oui.
On se raconte que c 'est pas très reluisant.
Vous savez, quand on doit écrire deux fois le même baratin.
Mais pendant ce temps -là, Marcel... Ne me demandez pas ce qu 'il faisait et
avec qui, je ne lui ai pas posé la question.
Quelle discrétion.
Je suppose que c 'était un rendez -vous gamin, vous savez, à son âge. C 'est
presque une affaire d 'hygiène, non ? Mais sa femme était venue vous voir le
lendemain. Et alors ? Vous n 'allez quand même pas la mettre au parfum, non
Qui est Max ? Max Assis ? Oui.
C 'est une brute.
Ce qui veut dire ? C 'est -à -dire que c 'est lui qui tient les paris, lui et
ses frères.
Mais le vrai boss, c 'est lui.
Quelles sont ses relations avec la comtesse ? J 'allais dire que c 'est son
droit, mais en fait, il travaille plutôt pour le compte du mari.
Le vieux paye Max et ses frères pour prendre soin de sa femme.
Et le nom de jeune fille de la comtesse, vous ne le connaissez pas par hasard ?
Non. Elle n 'était pas le genre. Elle tenait deux trucs, mais je suis oublié
que je veux dire.
Mais pour dépenser l 'argent, ça, si il connaît.
Pour acheter quoi ? Des petits jeunes pour son lit, des tableaux de maître
ses murs.
Non, je plaisante.
Mais elle a deux facettes, cette femme -là.
Et son peinture, en tout cas, il paraît qu 'elle touche très bien.
C 'est une collectionneuse. Une vraie craque.
Évidemment, ça fait des hobbies un peu néreux, mais il n 'est pas fou, le
Il avait vite compris qu 'il avait intérêt à les payer, les frères Haddis.
Comme ça, il foutait la paix à sa comtesse.
Ils sont combien ? Trois.
Trois avec Max.
Il y en avait quatre avant, mais Charlie, le plus jeune, a eu un
Une histoire pas très catholique.
Il a été tué alors qu 'il essayait de rentrer par effraction dans la propriété
'un banquier à Jouan -les -Pins il y a un an ou deux.
Personne n 'a jamais su ce qu 'il foutait là, d 'ailleurs.
Mais tu disparais, vite.
Moi j 'ai des choses à faire.
Pauline, j 'écoute.
Un homme mort ? Où ça ? Qui êtes -vous ?
Allô ? Allô ?
On dirait que vous avez encore raté votre train, monsieur le commissaire.
Puisque vous êtes là, auriez -vous l 'amabilité de me dire où je pourrais
trouver mademoiselle le jeudi ? Si vous parlez de madame Blanc, monsieur le
commissaire, je n 'en ai pas la moindre idée.
Elle n 'est pas rentrée chez elle hier soir après le match. Mais vous êtes au
courant, bien sûr, puisque vous avez téléphoné après minuit.
La concierge qui me l 'a dit.
C 'est étrange, hein ? Partout où on va...
On se rend compte que vous êtes passé juste avant.
Vous ou votre ami le pit -pocket.
Par hasard, vous ne seriez pas allé chez son père non plus.
Pour voir si elle lui avait pas rendu une petite visite.
Vous voulez savoir pourquoi je vous pose cette question ? Parce qu 'il est mort.
Mort. On l 'a retrouvé sur le corps au pied de l 'escalier dans l 'arrière
-boutique. C 'est pas une mort naturelle, je peux vous le dire.
Ces blessures n 'ont rien à voir après celles qu 'il aurait eues en tombant
les escaliers.
Aucune égratignure, aucune raflure, rien.
C 'est un peu comme si on l 'avait pris par les pieds, vous voyez, et balancé
tête la première par -dessus la rampe de l 'escalier.
Ça n 'a pas l 'air de vous étonner plus que ça, vous.
Vous voulez que je vous dise pourquoi je vous demande où se trouve Mlle Lejeune
? Enfin non, pardon, Mme Blanc ?
C 'est pas simplement pour la tenir informée, c 'est parce que j 'ai des
de l 'arrêter.
Vous ne la croyez tout de même pas capable de prendre le gentil par les
de le balancer par -dessus le parapet ? Je n 'ai pas dit qu 'elle aurait fait ça
toute seule.
Mais la veille, on l 'a vu se disputer avec son père et menacer de le tuer.
je vous apprends rien.
Bien sûr.
D 'après les experts, il n 'y a pas que les empreintes de Marcel Blanchet, le
gentil, sur la rampe des escaliers.
Il y a aussi des vôtres.
Et maintenant, vous pouvez prévoir de retarder votre retour sur Paris.
L 'inspecteur Launay prendra votre déposition. Pour le moment, j 'ai une
à l 'homme, mais j 'attends avec impatience les explications que vous
donner.
Cette fois -ci, vous n 'attendez aucun geste de solidarité de ma part pour vous
couvrir.
Il faut la trouver.
La trouver.
Plutôt que de rester assis à l 'ange de la comtesse.
Mais pourquoi la comtesse ?
Vous direz Robert Parnot ? C 'est lui qui a gagné le match hier soir.
J 'ai pas fait attention.
Oui, par chaos, la cinquième reprise.
Oh, ben alors c 'est lui.
Ah, au fait, le nom de jeune fille de la comtesse, c 'est Carola Galgo.
Mariée d 'abord à un certain Raphaël Déat, décédé, pour finalement épouser le
comte de Neuvillette.
Carola, Carola... Monsieur ? Inspecteur Launay, accompagné du commissaire
Maigret. Qui désirait vous voir ? Je suis assis.
Entrez.
On va dire à moi que c 'est possible.
À qui ai -je l 'honneur ? Commissaire Maigret, inspecteur Launay.
Que si M.
Maigret et Launay veulent le voir.
Bien, madame.
On m 'a dit que vous aviez une collection très importante.
Il ne faut rien exagérer.
Vous laissez tout votre tableau comme ça, sans protection ? Non, tout ce qui
important est à l 'étage.
On peut jeter un coup d 'œil ? Messieurs ?
Je vous en prie.
C 'est de qui ? Kolokowa.
Un peintre polonais que j 'aime assez.
Et Degas ? Vous n 'avez rien de Degas ? Non.
Et là, il y avait quelque chose ? C 'est la statue qui fait la paire avec elle.
Ah.
Et où est -elle ? Elle est en réparation.
Est -ce qu 'on peut connaître la raison de votre visite, messieurs ? C 'est vous
que nous sommes venus voir, monsieur Aziz.
C 'est vous que l 'inspecteur Lounet voulait rencontrer.
Nous recherchons Germaine Blanc, née Le Gentil, pour l 'informer du décès de son
père.
La dernière fois qu 'on l 'a vue, elle quittait le club de boxe juste après
avoir parlé.
Vous tenez ça d 'où ? De moi.
Avant, vous avez fait un message urgent.
Vous n 'avez pas une idée de l 'endroit où elle aurait pu aller après ? Qu
'avait -elle de plus urgent à vous dire ? Je ne me souviens pas, messieurs.
Il y avait un match important.
Peut -être quelque chose en rapport avec son mari, Marcel Blanc ? Dans le groupe
sanguin, sans doute, le même que celui qui a taché cette moquette.
Après qu 'il se soit introduit ici par effraction.
Alors qu 'il était censé se trouver au match de boxe avant hier soir.
Martel ? Il est Martel ? Quelqu 'un lui a tiré dessus.
Je me demande ce que vous avez bien pu faire du corps.
Vous êtes sûr, commissaire ? Qu 'un cambrioleur s 'est introduit ici il y a
jours, oui.
Quelqu 'un qui savait que la comtesse était au match.
Donc, c 'est Marcel.
Vous avez vu sa réaction ?
Je ne quitterai pas les lieux sans convaincre
quelques hommes pour fouiller la maison.
Il me faut l 'autorisation du juge. Je n 'ai aucun motif.
Trouvez -en un, vous.
Commissaire !
Il faut que je vous parle.
Je ne savais pas que c 'était Marcel.
Il s 'est enfui, vous comprenez ? Vous pouvez chercher partout. Il n 'y a pas
corps caché dans cette maison.
Donc, il a été sérieusement blessé ? Je n 'en sais rien.
Et Joe, ce patron non plus.
Joe a -t -il ? C 'est lui qui a fait feu ? Ils se sont battus.
Joe a eu peur. Il a tiré.
Et Marcel s 'est enfui avec une batte dans la peau ? Marcel a réussi à l
'assommer. Enfin, c 'est bien Marcel.
Vous êtes sûr que c 'était Marcel ? Oui, oui.
S 'il avait besoin de quelque chose, il n 'avait qu 'à me le demander.
Alors qui est en risque de retrouver mort dans un caniveau ? Vous étiez
au moment des faits ? Nous sommes rentrés une heure plus tard.
Nous ? Qui nous ? Moi, Max, son autre frère et un ami.
Mais pourquoi n 'avez -vous pas appelé la police ? Rien n 'avait été volé.
Supposons qu 'il ne soit pas mort.
Il a essayé de se soigner.
On peut penser qu 'il n 'est pas allé à l 'hôpital, où il sait très bien qu 'une
blessure par balle sera signalée à la police.
Alors, où a -t -il bien pu aller ? Voir un médecin qu 'il connaissait.
Racoulé ? Le médecin du club de boxe ? Celui qu 'on a appelé à la fin du match
Et quand Germaine l 'a vu monter sur le ring, elle a eu l 'idée de faire appel à
lui.
Pour retrouver Marcel.
Et où exerce -t -il ce fameux docteur à coller ? À l 'hôpital.
Il faut que je téléphone au commissaire Pardy.
Ça n 'a pas l 'air de vous convenir.
J 'aurais préféré leur parler en premier.
Malheureusement, ce n 'est ni mon enquête, ni ma juridiction.
Il dit qu 'il se fasse arrêter. Son ménagement ne vous plaît pas ? Je ne le
connais pas, le Marcel en question.
Pas lui, mais elle.
Et pour le cambriolage ? J 'ai bien peur que vous soyez obligés de faire une
déclaration.
Concernant Joassis également.
On ne tire pas sur les gens comme ça, madame la comtesse.
Même pas sur les cambrioleurs.
Lola.
Votre nom de baptême, c 'est Carola, mais on vous appelait Lola.
Lola comment ? Flores.
Lola Flores.
Et vous dansiez souvent aux Majesties.
C 'est gentil à vous de vous souvenir de ma période de gloire, commissaire.
On a eu de moins de rôles depuis.
Bon, en tous les cas, maintenant, ça a l 'air d 'aller pour vous.
Disons que le cabaret ne me manque plus.
Commissaire ?
J 'ai un mari très compréhensif.
Ça.
Je voudrais lui éviter les médisances.
L 'ami qui était avec nous ce fameux soir.
Ah, Ramon Fernandez, vainqueur par chaos au troisième round.
Oh, si vous ne mettez rien d 'autre dans votre déclaration, je ne vois pas l
'utilité de le mentionner.
D 'autant plus qu 'il y a eu un autre match depuis, avec un autre vainqueur.
Le dernier efface le précédent.
Et ainsi de suite.
Ah, commissaire, vous arrivez au moment clé, celui où la vérité se fait jour,
madame la comtesse.
C 'est un honneur pour moi de vous recevoir ici.
Excusez -moi de vous présenter la complice de l 'infâme qui a mené à
sanctuaire de votre maison.
J 'avais raison.
Je savais que je ne pouvais pas vous faire confiance.
Si vous saviez tout ce que j 'ai entendu sur votre compte quand on leur est
tombé dessus, vous savez où ils étaient planqués ? Dans la buanderie de l
'hôpital, cachés sous le léger salle, comme deux cloportes. Commissaire, je
proteste. Vous avez pratiqué une opération dans des conditions d 'hygiène
que douteuses pour extraire la balle de la poitrine de l 'accusé. Alors, s 'il
vous plaît, ça le mentionnez sur le registre de l 'hôpital.
Je vous présente Germaine Blanc.
La complice de Marcel Blanc.
Pardon.
À moins que ce soit le contraire. Que ce soit elle l 'assassin et lui le
complice. Ni l 'un ni l 'autre.
Comment ça ? Ni l 'un ni l 'autre.
Non, commissaire, pas de ça.
Vous n 'allez pas me faire deux fois le même coup.
Vous n 'allez pas recommencer.
Vous n 'allez pas me foutre l 'air de s 'en faire dans la même semaine.
Il y a des empreintes de Marcel Blanc partout sur les lieux du crime.
Quant à elle, l 'inspecteur Launay, ici présent, l 'a entendu proférer des
menaces de mort sur son père.
Et elle n 'a pas du tout été surprise de quand je lui ai annoncé sa mort.
Pas du tout émue, je peux vous le dire.
Je vais te tuer.
Je vais te tuer, tu m 'entends ? Ardi, arrêtez votre numéro.
Mais regardez -la.
Vous la croyez capable de soulever un homme de 80 kilos et de le basculer par
-dessus la balustrade ? Et lui ?
Ce pauvre Marcel, dans l 'état où il était.
Non, c 'est pas ici qu 'il faut chercher le meurtrier.
C 'est du côté des frères Aziz.
Qu 'est -ce qu 'il vous fait dire ça ? Respecteur Launay va vous expliquer.
Il a tout compris.
Enfin, je pense avoir compris ce qui s 'est passé, patron.
Allez -y.
Madame Blanc était désespérée.
Elle ne savait plus chercher son mari.
Elle s 'est doutée bien qu 'il avait été blessé au cours du cambriolage de la
villa pendant que Mme Lacombe paie ses hommages de boxe.
J 'imaginais le pire.
Elle est donc allée voir Max pour qu 'il lui confirme ce qu 'elle craignait.
Elle savait bien qu 'il ne cracherait pas le morceau comme ça.
Il lui fallait donner quelque chose en échange.
Un secret.
Un secret qu 'elle seule détenait.
Le fait que son père était responsable de la mort d 'un des frères Aziz,
Charlie.
Parce que c 'est elle qui a donné son père. Oui, j 'ai donné mon père.
Jugez -moi si vous voulez, mais... Ça n 'avait pas le choix, il fallait bien
sauver Marcel.
Et puis, son père ne faisait pas grand cas de la vie humaine.
En effet, il semblerait qu 'il ait poussé Charlie Aziz à dérober un sésame
la maison d 'un banquier à Jean Lépin.
Charlie a été pris la main dans le sac et tué.
Exactement comme il a envoyé Montmartel sur les pièces des deux gars.
C 'est d 'ailleurs lui qui les avait vendues au comte, il y a dix ans.
C 'est sans grand regret, d 'ailleurs.
Alors maintenant, est -ce que Max Assis a finalement avoué à Madame Blanc ce qui
était passé dans la vie avec Marcel ? Ça, j 'en sais rien.
En tout cas, ce qui est sûr, c 'est qu 'il a envoyé ses deux frères s 'occuper
de son père.
Il est arrêté, mais il est en garde à vue.
Qu 'est
-ce
que vous faites là, vous ? Allez, reprenez votre service à l 'hôpital.
Ah, ils existent vraiment ? Ce sont trois pastels que j 'ai montrés un jour
Marcel quand il est venu me voir.
Nous les avons fixés au dos des tableaux de Kolokova, ce peintre polonais dont
je vous ai dit plus de bien que je n 'en pensais vraiment.
Quand nous avons des visiteurs que nous ne connaissons pas, nous les retournons
face au mur.
Question de sécurité.
Je suppose que vous n 'allez pas porter plainte contre Marcel Blin ?
Ces tableaux, si vous les avez achetés à Le Gentil, il y avait forte chance que
ce soit des tableaux volés.
C 'est exactement ce que j 'étais en train de dire, commissaire.
Vous m 'arrivez à être concernée.
Je comprends.
Voudriez -vous venir les examiner ? Ça me paraît nécessaire.
Alors le plus tôt serait le mieux.
Commissaire, excusez -moi, mais le devoir m 'appelle.
Allez à l 'hôpital, dépêchez -vous.
Marcel vous attend.
Bon.
Je vous laisse à maison.
N 'oublie pas de remettre ça à ta femme avec mes remerciements.
Pour madame.
Pour madame Maigret ? Oui.
Ah, elle va être contente.
Comme est clair.
Je voulais vous remercier de la part de Marcel.
Comment va -t -il ? Il sera remis dans quelques jours.
Vous m 'en voulez ? Non.
Je crois que je suis son cœur.
Je devrais être en train de pleurer la mort de mon père ? C 'est important, c
'est ce que vous pensez.
Mon père ne serait pas en train de pleurer si Marcel était mort.
Je connais ce que vous pensez.
Vous voulez savoir ce que je pense ? Marcel a beaucoup de chance.
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