All language subtitles for 35_mon_ami_maigret1

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Original subtitles

Le mal de mer, M. Pike ?

J

'espère que ma présence ne vous gênera pas.

Être observé par un inspecteur de Scotland Yard va m 'obliger à la plus

rigueur.

La victime ? Marcelin, oui.

J 'aimerais bien étudier sa fiche, si vous me permettez.

Je l 'ai laissée à Paris.

J 'aurais dû vous en faire une copie.

Je comprends.

Et la femme de Marcelin ? Ginette ? Vous avez retrouvé sa trace.

Je ne me suis pas encore penché sur la question.

Je comprends.

Là, dépêche -toi.

Commissaire. Vous avez fait bon voyage ? Excellent.

L 'inspecteur Lachenal.

Enchanté.

L 'hôtel n 'est pas tout près.

Attention, c 'est fragile.

Moi aussi, figure -toi.

On peut aider ? Merci, mais non merci.

Vous êtes sûre ? Oui, on le débrouille très bien tout seul. Ça ne vous voit pas

? C 'est beau.

C 'est beau, mais il fait chaud.

Bonjour, commissaire.

Tu le connais ? C 'est un instant local.

C 'est magnifique ici.

C 'est magnifique.

C 'est magnifique.

Monsieur Justin, patron de l 'hôtel. Bonjour, messieurs.

Allez, venez vous prendre un rafraîchissement.

Prendrez bien un petit vin blanc.

Jamais avant de me coucher de sommeil. Et vous, commissaire ? On veut que tu

croies les chambres.

Jojo ! Vous avez de la chance.

Hier encore, il y avait une de ces mistrales. Une mistrale ? Le vent qui

fou. Il a soufflé quatre jours pleins avant le meurtre.

Si, c 'est pas étonnant.

Jojo ! Oui ? Qu 'est -ce que tu fous, mon dieu ? Je finissais la chambre de

monsieur Lachinal.

Vous m 'entendez du commissaire de monsieur ? Oui.

Allez, bouge.

Si vous voulez vous donner la peine.

Merci.

À tout à l 'heure.

Joguez la vie sur la mer.

Merci de vous l 'avoir réservé.

C 'est pas moi qu 'il faut remercier.

C 'est ce qu 'on me dit de faire.

Ah oui, mais avec un tel bonheur.

Oui.

Ah, c 'est toi, Paul Antre.

Il était temps que vous arriviez.

Depuis deux jours qu 'ils sont sur l 'île, ils commencent à être sur les

C 'est bien, ça va nous faciliter le travail.

Par où je commence ? Il faut attendre l 'inspecteur Pike.

Qu 'est -ce qu 'il est venu faire ici, l 'inspecteur Pike ? Observer la méthode

du grand commissaire Maigret.

Tu la connais, toi, ma méthode ?

Qu 'est -ce que je vous sers, messieurs ? Deux.

Vous ne buviez pas dans la journée ? Pourquoi ? J 'avais pas

soif.

Il est arrivé quand ? Juste après ton départ, dans le cadre d 'un échange avec

Scotland Yard. Une idée géniale du préfet.

Il est seulement là pour observer ? Observer, étudier, disséquer.

Vous allez pratiquer des interrogatoires avec lui ?

Il faudra bien.

Ah, M. Pike.

L 'inspecteur Lachland vous attendait pour me faire son rapport.

C 'est de ma faute, le commissaire. Je lui ai fait acheter un chapeau, mais ça

cogne ici.

Allez, je vous laisse travailler.

Je vous ai retardé, désolé.

Oh, pas du tout.

J 'ai fait l 'acquisition de ce chapeau en remontant.

Il devrait m 'éviter de me transformer en homard.

Vous ne le mûrez pas, bien sûr.

Je l 'ai trouvée sur le cadavre d 'un martien.

L 'arme de crime ? Introuvable.

Mais à l 'impact, je dirais qu 'il s 'agit d 'un calibre 22.

Ce petit mot pour vous informer que Ginette part demain.

Tout est arrangé pour son séjour.

Elle me charge de vous dire qu 'elle va bien et qu 'elle pense à vous.

Cordialement, maigre.

Le mot est bien de vous.

J 'ai écrit il y a au moins dix ans.

T 'as rien d 'autre sur Marcelin, ici ? Pas grand chose, non.

Certains le considéraient comme un pauvre bougre, d 'autres comme un

Ce qui est sûr, c 'est que c 'est une figure locale.

Et il vivait de quoi ? Pas de revenus.

L 'été, il pêchait, le reste du temps, il prenait volontiers ce qu 'on lui

donnait.

Des ennemis ? Non, les gens l 'aimaient bien, ici.

Apparemment, on lui a rien volé. D 'ailleurs, tout le monde savait qu 'il

possédait rien.

Un saint homme, en somme.

Vous n 'avez pas l 'air de le porter dans votre cœur.

Le Marcelin que j 'ai connu à Paris n 'était pas taillé dans le même bois.

Ginette, dont il est question dans la lettre, était sa petite amie.

Accessoirement, il la mettait sur le trottoir, en compagnie d 'autres filles.

C 'est comme ça que je les faisais connaissance, en l 'arrêtant pour

proxénétisme aggravé.

de la nuit envoyée en centrale, pendant qu 'il purgeait sa peine.

Alors Marcellin s 'est peut -être un peu vanté en disant qu 'il était votre ami.

Peut -être un peu, oui.

Bon, au fond, c 'est pas un mauvais bougre.

Dans l 'obstance, son penchant a rentabilisé ses amours.

Un penchant très regrettable.

Surtout pour Ginette.

Putain ! Il marche plus le jukebox !

Il

faisait pas souvent le ménage, Marcelin ?

Vous voulez voir son bateau ? T 'as déjà fouillé ? J 'ai la sensation que c 'est

à cause de cette lettre que Marcelin était assassiné.

Vraiment ? Le soir du meurtre, il a parlé de vous toute la soirée, au

restaurant. Peut -être sans raison, pour se vanter.

Comme s 'il essayait de faire passer le message à quelqu 'un.

Est -ce quelqu 'un l 'aurait tué simplement parce qu 'il me connaissait ?

penses pas que c 'est un petit peu disproportionné ? Et vous tirez toujours

conclusions avant d 'entendre les témoins ?

Ah, toujours, c 'est ma méthode.

Ça vous surprend ? Non, non, pas du tout.

On peut aller voir le hangar, si vous voulez. Oui, je suis trop chaud.

Et puis, M. Pike doit se rhabiller avant le déjeuner.

N 'est -ce pas, M. Pike ? Absolument.

Il était combien au restaurant, l 'autre soir ? Huit.

des machinations.

On ne vous dérange pas ? Carouille ! Pour vous servir, commissaire.

L 'inspecteur Lachenal m 'a remis vos états de service.

C 'est pour ça que je voulais vous parler.

Il ne faudrait pas se faire des idées.

Voilà, main armée, drogue, jeu clandestin.

Ce serait vraiment avoir mauvais esprit.

La nuit du meurtre, j 'ai pas bougé de l 'hôtel. Justin vous le dira.

Vous connaissiez bien Marcelin ? Oui.

J 'ai bu des coups avec lui, comme tout le monde.

Justement, vous n 'êtes pas n 'importe qui.

Vous voyez,

je savais que les soupçons finiraient par retomber sur moi.

Ou sur Zouka.

Zouka.

C 'est toujours sur les gens comme nous que ça finit par retomber quand il y a

un meurtre.

Ça vous fâche qu 'on se fie aux apparences ? J 'ai souvent eu des

la police, mais jamais pour des histoires de meurtre, et vous le savez

bien.

Justin ? Ouais ? Ça va marcher. Ah, bravo.

Vous faites quoi ici, exactement ? Vous avez vu la machine à sous dans la pièce

à côté ? J 'en ai 20, comme ça.

Le Marseille à Saint -Raph.

C 'est un rapport.

Las Vegas, vous avez entendu parler ? Las Vegas.

La semaine prochaine, je reçois un bon dimanche.

Je vais déjeuner.

Ça va être à ton prix, M. Marcel.

Monsieur Morico, bonjour.

Bonjour Justin, belle journée.

Ah ouais.

Allez, laisse, laisse, je m 'en occupe. Fille le comptoir, joues.

Désolé, hein.

Vous avez vu comment elle s 'est empruntée ? Non.

C 'est moi qui l 'ai faite venir du Cap Vert il y a deux ans.

On devait se marier et puis...

Madame a changé d 'avis.

Je suppose qu 'il était là, lui aussi, le soir du mort.

Avec Jojo, mais Justin la cantonne derrière le bar, elle n 'a pas le droit

participer au qu 'on a fait.

Bonsoir, jeune majeur.

Qu 'est -ce que je vous sers ? Allez, fraises.

Une poire. Fraises et poires, c 'est parti.

Ils sont tous là ? Oui.

Lui, là -bas, c 'est Juca.

Et la vieille dame à côté, c 'est sa mère, la Célestine.

Évidemment, ce nom me dit quelque chose.

C 'est sûrement à cause de Célestine.

Je sais pas.

Mais oui, elle a des barres.

Les sirènes à Nice et les fleurs à Marseille.

Ce sont des bars fréquentés essentiellement par une clientèle

Pike. Ils ont aussi nos femmes de petite créature.

Monsieur Justin, merci.

Oui, bienvenue.

Le gentleman a tiré la table de cette dame là -bas.

Je suppose que c 'est le maître de base.

Genre à la retraite.

Depuis les Bittiti.

Et à côté, c 'est Mme Wilcock.

Anna Janmat.

Née à Ostend.

Elle est facile à repérer, elle se balade toujours à moitié nue.

Sauf quand elle se baigne, elle fait plus que moitié.

Tout va bien ?

Merci. Bonne soirée, madame. Très bonne soirée. C

'est lui, non ?

C 'est le dentiste.

Il n 'est pas du pays.

Il est atterri là par hasard il y a quelques années, un peu comme Marcellin.

Et voilà.

Il connaissait Marcellin ? Il fréquente tout le monde sans vraiment connaître

personne.

Tu m 'aimes un peu ? Oui.

Moi, je t 'aimerais toujours.

Vous m 'invitez, Philippe ?

Je suis un peu fatigué.

Luka.

Je me souviens où j 'ai entendu ce nom.

Il a été mêlé à une affaire de meurtre. Un patron de bar qui s 'est fait

assassiner à Nice.

Ça remonte au bout d 'un mi -temps.

Vous voulez que j 'appelle Paris pour vérifier ? Tant qu 'ils trouvent.

Demain matin, tu prends le bateau et tu vas au Provençal.

Ça a dû faire les gros titres à l 'époque.

Aux archives, tu trouveras facilement.

L 'inspecteur Lachenal a interrogé la plupart des habitants de l 'île.

Un vrai travail de fourmi.

Alors, évidemment, maintenant, on va devoir se mettre à une table et

tous ces procès verbaux qu 'elle en vit.

Et qui donnent souvent lieu à des recoupements intéressants.

Ah, certains de mes collègues résolvent les affaires que comme ça.

Évidemment, il y en a d 'autres.

qui délaissent la paperasse et privilégient le flair, comme des

Ça ne les empêche pas de bien faire le travail.

Vous en connaissez, à Scotland Yard ? À Scotland Yard.

Et ailleurs ? Vous avez raison.

Oublions ça.

Mais n 'en parlez pas à l 'inspecteur Lachenal. Non.

Vous n 'avez pas besoin de mandat ? Pour la plupart du temps, les gens viennent

ici de leur plein gré.

Montrez la bonne volonté.

Exiger un avocat quand on veut écarter les soupçons.

Commissaire, M. De Fer est là.

Merci, inspecteur.

Auprès, auprès, auprès.

Commissaire Maigret, inspecteur Pike, de Scotland Yard. Yann De Fer.

Non, merci, M. De Fer.

Nous sommes ici pour enquêter sur le meurtre commis l 'autre nuit.

Il peut vous aider.

Vous êtes sur l 'île depuis longtemps ? Un peu plus de trois mois.

Ça doit être dur l 'hiver sur un si petit bateau.

Oui, j 'ai l 'habitude.

Votre compagne aussi ? Ah non, elle est plus endurante que moi.

Vous êtes artiste -peintre, c 'est ça ?

J 'ai pas, oui.

Et vous en vivez ? Parfois je vends, mais tout à fait rare.

Monsieur Pike.

Elle a quel âge ? Mille sept.

C 'est pour ça que vous lui avez demandé d 'attendre en face.

Oui.

Et vous êtes ensemble depuis combien de temps ? Je l 'ai rencontrée l 'été

dernier à Paris. Elle était en vacances avec ses parents.

Ils savent où elle est ? Ils savent qu 'elle est avec moi, c 'est déjà pas mal,

non ? Ça doit beaucoup les rassurer.

C 'est pour qu 'Anna n 'entende pas ce genre de propos que je lui ai demandé de

pas venir.

En somme, vous faites tout pour la protéger.

Je veille à ce qu 'elle se forge seule son opinion.

Elle doit avoir une très haute idée de vous.

Vous étiez à l 'hôtel le soir du mardi ? Comme tous les soirs.

Et Marcellin, vous étiez amis avec lui ? Il m 'a aidé à calfater mon bateau cet

hiver. Je l 'ai aidé à réparer le sien.

de la revendiquer sur l 'amitié.

À ce propos, il paraît qu 'il a beaucoup parlé de l 'amitié qu 'il entretenait

avec moi, le soir où il est mort.

Je ne l 'ai pas entendu.

Dans ce cas, vous pouvez partir.

Vous possédez une arme, M. Le Fer ? Non.

Je crois pas que l 'inspecteur Lachenal vous ait autorisé à lever l 'encre.

Je comptais à Paris demain pour virer.

Faudra attendre.

Longtemps ? Je ne sais pas.

Vous saviez qu 'il allait partir ? La glacière bleue, monsieur Peck.

Ah oui, je m 'en souviens très bien.

Encore que cela ait été plutôt confus.

Il n 'était pas dans son état normal.

Il s 'adressait à qui, exactement ? Personne en particulier.

Les gens qui voient, vous savez ce que c 'est.

Vous étiez assis où dans la salle ? À la table de Mrs Wilcox avec le Major

Bellam.

Il a l 'habitude d 'offrir des tournées.

Beaucoup de monde s 'est joint à nous.

Qui ? Marcelin, le dentiste, Justin.

Carouge aussi, vous le connaissez ? Et quand Carouge nous a rejoints, que

Marcelin a parlé de vous ? C 'est intéressant, ça.

Et vous pensez que c 'est à Carouge que Marcelin s 'adressait ? Je sais pas. Ils

sont du même milieu, non ? Mrs. Wilcox m 'attend. Vous permettez ? Vous êtes son

secrétaire, c 'est ça ? C 'est ça.

Mrs. Wilcox exerce une profession ?

Quand on possède les whisky Wilcox, le travail est un luxe dont on peut

facilement se passer.

Vous vous occupez de son patrimoine ? Quelqu 'un pour ça qu 'elle voit à

régulièrement ? Elle écrit ses mémoires, alors ? Non.

Pourtant, elle a besoin d 'un secrétaire.

Oui. Je ne comprends pas où vous voulez en venir.

Deux parts, M. Morricourt.

Deux Morricourt.

Je cherche seulement à me faire une idée.

C 'est votre métier.

Mrs. Wilcox n 'est plus toute jeune.

Justement.

Il te dit pas ? C 'est pas vraiment important.

Vous êtes amis avec Anne Lefer ? Ils sont venus quelques fois chez nous.

Lui et Anna, je vous dis.

Vous voulez dire chez Mrs. Wilcox ? Marcelin aussi ? Toutes sortes de gens

viennent à la villa.

Lui aussi a l 'occasion pour boire un verre.

Dans son cas, n 'était jamais un verre.

Et quand vous avez quitté le restaurant, vous l 'avez quitté avant ou après

Marcellin ? En même temps.

Il dirigeait vers la jetée et nous sommes rentrés à la villa.

Avec Mme Wilcox ? Bien sûr.

Vous êtes probablement les derniers à l 'avoir vu vivant.

En dehors de l 'assassin.

Ça mord pas.

Vous utilisez quoi comme appât ? J 'ai un gamin qui me ramasse des encornets.

Vous connaissiez bien Marcelin, votre mère et vous ? Bien, non.

Depuis longtemps.

C 'est pas bien, l 'encornet ? Franchement.

Mais pour le bar, ce qu 'il y a de mieux, c 'est quand même la sardine.

croyez ? Elle crabe mou, à la rigueur.

Mais vous le connaissiez depuis quand exactement ? Ginette travaille pour nous

depuis huit ans. Ça fait huit ans.

Ah, Ginette.

C 'est une ancienne amie à lui.

On connaît qu 'elle était sa femme.

Elle guérisse les sirènes à Nice.

Je croyais qu 'elle était malade.

Elle a fait un séjour dans un salatorium il y a longtemps.

Et c 'est à cause d 'elle que Marcelin s 'est installé dans le midi ? Je sais

pas, peut -être. C 'était un drôle de garçon, vous savez.

À moins que ce soit à cause de vous.

À cause de moi.

Émile Zucca, caïd du milieu de la prostitution niçoise, inculpé du meurtre

Ranche -Santhony.

Pourquoi me ressortir tard ? Long lieu pour Émile Zucca.

Vous voyez, j 'étais blanchi par la justice.

Au bénéfice du doute.

Parce que l 'arme du crime avait disparu. Je vais voir comment c 'est.

J 'étais accusé à tort.

Un P -38, c 'est bien ça ? Oui, c 'est ce qu 'ils ont dit au procès.

Une disparition bien opportune qui a permis à votre avocat de demander le non

-lieu. Et de l 'obtenir non -lieu pour Zucca.

Et pour un crime, la prescription est de 10 ans, monsieur Zucca.

Votre affaire remonte à huit ans seulement.

J 'ai perdu trois ans de ma vie dans la bataille. Trois ans de préventive.

Il m 'a chanté avec.

Et Ginette ? Elle est dans le milieu en ce moment ? Sur le continent, à l 'hôtel

d 'Épagne.

Elle s 'occupe des objets.

Au revoir, monsieur.

J

'imagine

que chez vous, l 'enquête se déroule de façon plus ordonnée.

J 'ai eu un instructeur à l 'académie de police.

Un policier très bon nommé qui m 'a appris que les désordres nuisent

profondément à la recherche de la vérité.

Il dit que le flair est une lacune qui relève d 'une incapacité à appréhender

une affaire d 'un point de vue strictement objectif.

Je comprends qu 'on ait placé à l 'académie.

Le major Bellemont a tenté de venir. Il dit que si vous voulez le voir, vous

êtes le bienvenu chez lui qui vous ouvrira une bonne bouteille.

Il a bien raison.

Vous n 'avez pas besoin de l 'embêter.

Commissaire, j 'ai fait ce que vous m 'avez demandé.

Veuillez -vous un inconvénient à venir faire une petite promenade exploratoire

en bord de mer ? Ah, du coup ? Tu téléphones à l 'hôtel des Palmes et tu

Vinette de venir me rejoindre pour bavarder.

Après le toxique, tu dis au médecin d 'Église d 'envoyer la balle au labo de

Paris.

Il est acquitté de son hôtel à Nice.

Elle a dit qu 'elle serait de retour demain pour l 'enterrement.

Je vais retrouver ma liste, madame Ginette. Merci.

Bonjour, commissaire.

Bonjour, Ginette.

Je vous présente l 'inspecteur Pike de Scotland Yard et l 'inspecteur Lachenal.

La traversée a été bonne ? On m 'a dit que vous étiez ici.

Je pensais que vous voudriez sûrement me voir.

Vous logez où ?

A l 'hôtel.

Des pignons, oui ? Oui, ça va être au boulot, moi.

Moi, plus tard, je pense.

Salut.

Bonjour, Ginette.

Bonjour.

Je vais vous donner ta chambre au commissaire, ta salle d 'à côté.

Oui, ce sera très bien.

Je vais vous parler, commissaire.

Qu 'on permettez que...

Pourquoi

vous

êtes venus ? Vous venez ici, sur l 'île ? J 'ai su que vous vous occupiez de l

'affaire. Je me suis doutée que vous voudriez me parler.

C 'est pour me rendre service, en somme.

Vous êtes déçu, c 'est ça ? Déçu ? Vous m 'évitez la prison en m 'expédiant au

sanatorium et vous me retrouvez gérante des sirènes.

Chacun mène sa vie comme il veut.

Et au sanatorium, vous êtes restée longtemps ? Cinq ans.

Aussi longtemps que j 'ai pu.

J 'avais peur de l 'extérieur.

Ils n 'avaient pas de travail pour vous, là -bas ?

Vous me voyez infirmière aux filles de salle.

Il y avait un médecin qui a été très gentil avec moi.

Vous ressemblez un peu.

Grâce à lui, j 'ai réalisé pas mal de choses.

Il est tombé à vos voies de vous, c 'est ça ? C 'est à cause de lui que vous

êtes partis ? Plus fort que moi.

Au bout d 'un moment, mon malheur me manque.

Vous étiez dans quel terme avec Marcelin ? On

s 'est jamais perdu de vue. De temps en temps, je lui envoyais des mandats.

Et puis je viens ici chaque mois rendre le décompte à Célestine.

Pourquoi descendre à l 'hôtel ? Elle ne peut pas vous loger ? Une femme sous son

toit, vous n 'y pensez pas ? Et au sanatorium ? Marcelin vous a écrit ?

Vous ne l 'aimiez plus ? Quand j 'étais jeune, son truc, c 'était de m 'emmener

dans des bars où se réunissent des vrais voyous comme Carouche ou même Diteveur.

On s 'assied au fond, bien à l 'écart.

Je devais l 'écouter pendant des heures, m 'expliquer pourquoi il ne voulait pas

faire partie de leur bande.

Ce sont surtout eux qui ne voulaient pas de lui.

Ça, j 'ai mis des années à le comprendre.

Depuis qu 'il était ici, je ne plaignais jamais.

Pourtant, ça ne devait pas être amusant tous les deux.

L 'hiver, seul, sur ton bateau, à boire.

Et vous, pourquoi vous êtes venu alors ? Vous savez ce qui se passe quand un

type comme Marcelin est assassiné.

J 'en pense que c 'est une histoire entre gens du milieu, un règlement de

compte.

C 'était pour dire que votre patron n 'était pour rien dans la mort de

C 'est pour ça que vous vouliez me parler.

Je me suis dit que vous penseriez tout de suite à tout ça.

Et alors ? On doit se marier.

Quand ? Ma mère a un cancer.

Le médecin lui donne un an, deux maximum.

Tant qu 'elle vit, il est tranquille.

Il est prête comme un enfant, mais après, je dors toujours aussi.

Il est malade ? Pas vraiment, non.

Et du chapeau.

Il est hypo... Hypochondriaque.

Il a des étouffements plusieurs fois par jour.

Après, il n 'ose plus bouger, il a peur de mourir, ferme le petit doigt.

Et il voulait vous épouser ?

Il m 'a fait d 'abord examiner par plusieurs médecins.

Je ne comprends pas.

Il veut s 'assurer de ma santé, savoir si je pourrais le soigner.

M. Marcelin, il était au courant de votre projet ? Oui.

Et sa réaction ? Il a trouvé que j 'avais raison de vouloir assurer mes

jours.

Je crois que ça lui fait plaisir de savoir que j 'allais habiter ici.

En somme, vous êtes venue me voir pour protéger votre avenir.

J 'ai pensé à toutes les suppositions que vous alliez faire.

Par exemple, que Marcelin faisait chanter Zouka et que Zouka, pour s 'en

débarrasser... Mais Marcelin faisait chanter personne.

Zouka, ça aurait plutôt mourir de faim que d 'égorger un poulet.

Bien entendu, vous n 'êtes pas venu sur l 'île ces derniers jours.

C 'est facile de s 'en assurer.

Le personnel des sirènes qu 'elle allait vivre.

J 'en ai besoin ? Je ne sais pas.

Dire que ça me faisait plaisir de vous revoir.

Je vous ai parlé en toute confiance.

Je n 'aurais jamais dû venir.

Vous n 'auriez jamais dû quitter le sanatorium.

Vous voyez, je savais que vous m 'envouliez.

Ouais, non.

Mais si.

Je l 'ai senti tout de suite, avant même de descendre du bateau.

Dès que je vous ai vus, je vous ai reconnus.

J 'étais émue.

C 'était toute une partie de ma vie qui me revenait.

Ou la tête.

Peut -être.

Pourquoi avez -vous quitté votre tout -bible ? Vous l 'aimez bien, non ? Je m

'en suis aperçue trop tard.

Quelques mois après mon départ.

J 'ai écrit, mais c 'est sa femme qui m 'a répondu.

J 'ai répondu.

Un petit verre, commissaire ? Ah... C 'est pas l 'envie du moment, mais plus

tard, je vous remercie.

Encore sur vous, hein ? Oui.

En fait, les maths... Bravo, vous êtes un très bon joueur.

Ce sont les mauvais joueurs qui ont du mal.

Non,

vous bougez pas. Le médecin m 'a recommandé de faire quelques pas tous

jours. Je ne suis pas ses conseils.

En promenade, alors.

Vous me devez une ranche.

Si vous voulez. À vous, les Blancs.

Sous -titrage FR ?

Ça y est !

Vous

m 'avez suivi ? Non.

Pourquoi ? J 'aurais dû.

D 'habitude, c 'est ce que font les autres hommes.

Elle est bonne.

Si vous voulez, je vous prête ma serviette.

Merci, mais non merci.

Je suis désolée, j 'aurais pas dû vous répondre comme ça.

C 'est votre sourire qui m 'a agacée.

D 'habitude, c 'est ma carte de police.

Vous savez, vous ne m 'impressionnez pas du tout.

Mon père est juge.

Par contre, vous avez des sensations.

Sur l 'île, on ne parle plus que de vous.

Vous n 'êtes pas venu à la mairie ? Non, Yann ne voulait pas.

Il avait peut -être peur d 'être arrêté pour détournement de mineurs.

Vous pouvez me tenir ça ? Il était amarré au pied du pont

Marie. Il connaît tout le monde à Paris.

À Montparnasse, à Saint -Germain.

Je suis montée à bord et j 'ai refusé d 'en descendre.

Merci.

Vous allez me mettre en prison ? Vous avez quand même des nouvelles de vos

parents, non ? Pour eux, maintenant, c 'est comme si j 'étais morte.

Faut pas dire ça.

C 'est Marcelin qui m 'a montré ce coin.

Vous le connaissiez bien ? Je lui faisais à manger de temps en temps. Sans

il serait laissé mourir de faim.

Il buvait beaucoup ? Ça, il est certainement pas mort de soif.

Tout son argent, il passait.

Il avait de l 'argent ? On lui en donnait de temps en temps.

Zouka et Ginette aussi.

Et Yann ? Il s 'entendait bien avec lui ?

Yann est un peintre exceptionnel.

Mais il ne s 'entend avec personne.

Le mort y court.

Lui, c 'est un abruti.

C 'est pas ce que j 'aurais dit.

Mais vous l 'avez vu avec son anglaise ? Je suis sûre qu 'ils couchent ensemble.

Il avait bon goût, Marcelin.

Quand on venait ici, il me racontait sa jeunesse.

J 'aimais bien.

Surtout quand il était en forme, il inventait.

Vous allez le retrouver, le salaud qui l 'a tué ? Vous l 'aimiez bien, hein ? Et

vous, vous n 'aimez pas Yann.

Bon, on n 'en parle plus.

Sinon, on se disputerait, d 'accord ? D 'accord.

Vous étiez où à l 'heure où Marcelin a été assassiné ? Dans mon lit.

Vous vous souvenez, commissaire ? Vous étiez amis avec lui ? Non.

Mais j 'étais quand même mieux placé pour le comprendre.

Avant de venir m 'installer ici, j 'étais dans le bus, à Bordeaux.

Gros cabinet, grosse clientèle.

Et puis j 'ai dû passer une semaine à vacances ici, et j 'ai décidé de tout

plaquer.

Et votre famille ? Si j 'avais eu une famille, je l 'aurais plaquée aussi.

Non.

Et ils l 'ont tous.

Martelin l 'avait aussi.

Bonjour, deux vodka.

Oui. Tu iras à l 'enterrement demain. Et tu quittes pas jeunette d 'une

sommeille. C 'est tout ? Non.

Tu dois faire attention.

Je t 'avais fricoté avec... Jojo.

Fricoter, moi ? Appelle ça comme tu veux, mais... Moi, je dis fricoter.

Tu m 'appelles pour me dire comment ça s 'est passé, d 'accord ? Viens, mon

oncle.

Viens, commissaire.

Qu 'est -ce que c 'est que ça ?

Je n 'ai pas demandé une vodka.

Vous n 'avez qu 'à la boire, quelle différence ? La différence, c 'est que

veux un whisky.

Ça va, tout à l 'heure, c 'était une vodka.

Je vais aller me chercher un whisky.

Un Wilcox on the rocks.

C 'est ce que je dis quand même.

Joli numéro de passage.

Bonne nuit, commissaire.

Bonne nuit, bonne nuit.

C 'est à propos de Marcelin.

Il m 'a parlé une fois.

Et il vous a dit quoi ? S 'il voulait, il pouvait avoir un tas de billets gros

comme ça.

Je pensais que ça pouvait vous intéresser.

Il vous a expliqué comment ? Je vous le redis.

Vous auriez pu en parler à mon inspecteur.

Justin ne voulait pas.

Il est toujours sur mon dos.

C 'est Anna qui m 'a convaincue de venir vous voir.

Combien de temps avant sa mort ? La dépression ? Oui.

Deux jours.

Vous étiez seule ? Le restaurant était fermé.

De temps en temps, je l 'ai laissée faire une sieste sur la banquette.

Ginette descend à l 'hôtel tous les mois.

Marcelin lui rendait visite dans sa chambre ?

Non, je m 'en serais aperçue.

Il a essayé de coucher avec vous ? Marcella ? Jamais.

Et les autres ? Un moment ou un autre, mais

juste fin à l 'œil.

D 'ailleurs, il vaut mieux que je redescende.

Possède plus que tu ne manques, parle moins que tu ne sais,

prête moins que tu n 'as, chevauche plus que tu ne marches,

apprends plus que tu ne crois, risque moins que tu ne gagnes,

renonce à la boisson et...

On va se revoir tous les deux, Ginette.

On va se revoir.

Bonne nuit.

Bonne nuit.

Bonjour, je vais vous faire un café, s 'il te plaît.

Descends. Bonjour, Jean -Jean. C 'est vous aussi, commissaire ? Ah oui, avec

plaisir. Eh bien, dégagez.

On va encore faire tout, aujourd 'hui.

Vous avez l 'air content.

Quand je pense au temps qu 'il va avoir à Paris.

Le bateau, il part dans cinq minutes.

Justin, il n 'est pas là ? Il achète son poisson au port, comme tous les matins.

Et M. Caro, je vous l 'avais vu ? Il est sorti.

Bonjour, commissaire.

Bonjour, inspecteur. Merci, Jojo.

Je viens de le voir. Il est embarqué sur la nevette.

Ça commence.

Débrayé, négligé. Ah oui, celui -là.

Premier symptôme.

Si la barre ne l 'avait pas tué, ce vin l 'aurait fait.

Comment ça m 'énerve, celui -là ? Remarquez, je n 'y connais pas grand

Ah non, pas vous, lui.

Il enquête de son côté ou quoi ?

Maintenant,

c 'est toi qui vas courir, d 'accord ? Alors tu vas partir.

Du bout du ponton, là.

Et tu vas jusque... Ouais, tu vas jusqu 'au bout de la plage, d 'accord ? Allez.

Je veux savoir quel jeu vous jouez.

Le même que vous, commissaire.

Même que ça me fait tout drôle de me retrouver dans la peau d 'un flic.

Qu 'est -ce qu 'il vous a dit, l 'artiste ? Oh, il est curieux comme

mais je pense pas que ce soit lui.

Je vous demande pas les conclusions du commissaire Carouge.

Ah, commissaire.

Comment vous y allez, commissaire ? Non, commissaire, inspecteur, tout au pouce.

Vous courez après les assassins, maintenant ? C 'est le mobile qui m

Le mobile ? Oui, l 'argent.

C 'est plus fort que moi. Dès qu 'il y en a quelque part, c 'est mon nez qui

reprend le dessus.

Ginette vous a fait des confidences ? Celle -là, je donnerai ma main à couper

'elle est venue terminer le travail de Marcelin. Mais vous ne savez pas quel

travail.

Confidence pour confidence, commissaire.

Jojo, hier soir, qu 'est -ce qu 'elle vous a dit ? Allez lui demander.

Mais elle me déteste.

Vous lui avez fait quelque chose ? Ah non, elle n 'a pas voulu, c 'est ça qui

nous sépare.

Et de faire, inspecteur, à votre avis, qu 'est -ce qu 'il vient faire là

? Tout ce que je peux vous dire, c 'est qu 'il n 'a pas un rond.

Oh, il ne faut pas suivre aux apparences.

Non, je ne pense pas que ce soit de ce côté -là qu 'il faut chercher.

Vous voulez être sûr de ne pas vous tromper, retournez sur le continent.

L 'inspecteur Lachenal m 'a interdit de partir. J 'ai pris mes dispositions.

Changez -les.

J 'attends une amie.

Méfiez -vous, Carouge. Las Vegas pourrait bien se faire sans vous.

Une minute.

Commissaire.

C 'est l 'inspecteur Lachenal.

Marc Lachenal, ça lui a rien d 'appeler ici ? Non.

Non.

Allô, Paul ? Ça s 'est bien passé ? Oui, comme à l 'enterrement.

Rien de spécial, je veux dire.

Bon.

Rien. Tu reviens avec elle.

Philippe de Moricourt, Jacob.

Ce que tu trouves, ta vie, t 'en as comme d 'habitude.

Bon. Pour l 'autre, la Yann Defer.

Je crois qu 'il a habité du côté de Montparnasse, le quartier des peintres.

Tu appelles aussi Ostende.

La fille s 'appelle Anna Yann Matt.

Son père est juge.

Oui. T 'as reçu la balle ? Ah, bien.

N 'oublie pas le rapport du labo.

Allez, au revoir.

Passionnant, hein ? Oui.

Et vous faites ça avec tout le monde ? Le matin, je ne peux pas, mais après le

midi, oui.

Vous savez que c 'est un délit.

Je pourrais vous faire muter à Paris.

Si vous croyez que je fais ça pour le plaisir.

D 'ailleurs, à la plupart du temps, les gens n 'ont rien à se dire.

Bon, je vous analyse tous les appels passés ces 8 derniers jours. De suite.

Et télégramme aussi.

Ah, j 'en ai envoyé un ce matin qui vous intéressera sûrement.

On vous attend dehors.

Je voudrais un enseignement sur Philippe de Morricot.

Le Jacob, Paris.

Fini carouge.

D 'une certaine façon, c 'est l 'innocent.

À moins qu 'il ne cherche à se forger un alibi. De toute façon, il a de la suite

dans les idées.

Zucca, Zucca, carouge... Ah, Marcelin.

Vous pouvez me dire ce que c 'est, ce numéro -là ?

C 'est le numéro de Ginette.

La vieille Célestine l 'appelle chaque semaine pour le compte.

Envoyez.

Deux jours avant sa mort.

C 'était le matin ou l 'après -midi ? L 'après -midi.

Vous l 'avez écoutée, alors ? Non, j 'avais une cliente.

Vous mentez, Aglène.

C 'est Mme Galli, la femme du maire. Tous les jours, elle vient me raconter

vie. Ne vrai pire.

Vous n 'avez rien entendu ? Le début.

Marcelin a demandé à Ginette de vérifier un nom dans l 'éditionnaire.

Quand Mme Gallier est partie, j 'ai repris écoute. Ce que j 'ai entendu, c

« mort en 1901 ». Mort en 1901.

Et ensuite ? C 'est tout.

Marcelin est reparti en tiflotant.

Allô, j 'écoute.

C 'est pour vous, Paris.

Bonjour, commissaire.

Tout s 'est bien passé ? Votre inspecteur ne serait jamais arrivé.

Au moins, là -bas, il faisait beau.

Petit verre, mademoiselle.

Merci.

Petit verre, Ginette.

Pour Marcelin. Oui, merci.

Monsieur.

Dites -moi, la jeune femme qui vient d 'entrer avec Carouge, vous la connaissez

? C 'est sa régulière.

Là, pour le dire.

Marcelin et lui, ils étaient liés ? Non, pas liés, vraiment.

Il y a un temps, Marcelin, il tenait le chronomètre pour Carouge.

Il court tous les jours pour garder la forme.

Comme un atopec.

Et Zuka ? Il y a un temps, il picolait avec Marcelin. Enfin, c 'est la style de

le voler bien.

Allez -y, Marcelin.

Vous permettez que je vous accompagne

? Encore une petite lichette ?

Ça m 'a fait quelque chose quand même.

Je crois qu 'il était heureux ici.

Je ne suis pas sûr que vous me disiez la vérité.

Vous voulez m 'aider ? Je vous ai déjà

demandé pourquoi vous étiez venu ici sur l 'île alors que le corps de Marcelin

était sur la côte.

Je vous ai répondu ? Non.

On sait ce que vous voulez.

J 'avais de la tendresse pour Marcelin.

Vous m 'avez pas parlé non plus du coup de téléphone.

Celui qui vous a passé la veille de sa mort.

Vous répondez pas, hein ? Si, si.

T 'es en train de me dire que... J 'aurais dû vous en parler.

Et alors ? Qu 'est -ce qu 'il vous a dit au téléphone ?

Il m 'a dit qu 'il avait découvert un truc extraordinaire, que ça pouvait

rapporter gros, mais qu 'il n 'était pas encore décidé.

Un truc extraordinaire ? C 'est le mot qu 'il a employé.

Des cas rouges ? Vous lui avez dit ce que vous cherchiez dans le dictionnaire

Bien sûr que non.

Qui est mort en 1901 ? Un peintre qui peignait des filles.

Un certain Toulouse de Lautrec.

Dommage que j 'ai pas rencontré celui -là. Il aurait fait mon portrait. Il

parait qu 'aujourd 'hui, c 'est toi qui as une fortune.

Ezuka,

vous lui en avez parlé ? De quoi ? Du truc extraordinaire qui

devait rapporter gros.

Pourquoi j 'en aurais parlé ? Pour qu 'il finisse ce que Marcelin avait

et partager l 'argent.

Partager ? Pour les hommes, je sais ce que ça veut dire.

Je vous trouve bien intéressée.

C 'est toujours ce qu 'ont dit les femmes quand elles essaient d 'assurer

avenir.

Je croyais que vous deviez vous marier.

Si la mère de Zoka se décide à mourir, elle ne change pas d 'avis entre -temps.

Ou bien vous.

Pourquoi je changerais d 'avis ? J 'ai un de mes inspecteurs qui a fait une

enquête à Paris pour moi.

En mai 50.

Quand Zouka était accusé de meurtre, il était très ami avec Marcelin. Vous le

saviez, ça ? J 'étais au sanatorium.

Ils vivaient dans la même rue, à 10.

Marcelin rabattait les filles aux sirènes.

Et Zouka le protégeait.

Ils étaient amis.

Et alors ? Alors ? Je pense qu 'il

y a une sale histoire là -dessus.

A votre place, je prendrai mes distances.

Non, ça ne te dérange pas.

La substance se vérifie ? Je le crains.

Ça n 'a pas l 'air de vous réjouir.

C 'est la partie de boulet fine.

C 'est le du fastis.

C 'est vrai qu 'on est bien ici.

Malheureusement, nous ne pouvons pas garder M. Pike indéfiniment.

Si ça ne tenait qu 'à moi, c 'est à vous.

Bon. Je vais faire ma petite promenade. Je vous laisse.

Je reviendrai vous chercher pour aller présenter nos hommages à Mrs Wilcox et à

son secrétaire.

À tout à l 'heure.

Échec.

Et maths.

Vous m 'attendiez ? Vous ne voulez pas manquer notre petit rendez -vous ?

Votre enquête avance ? Presque finie.

Je vous remercie pour Jojo, si elle n 'était pas venue me voir... Alors c

ça, une simple histoire d 'argent ? L 'argent est un puissant moteur, pour le

bien comme pour le mal.

On croirait en temps de Yann.

Vous ne m 'aviez pas dit que Moricourt et lui s 'étaient connus à Paris ? Non,

mais vous ne me l 'aviez pas demandé.

Vous enquêtez sur Yann maintenant ? J 'ai des nouvelles d 'Ostende aussi.

Ça, ça ne m 'intéresse pas.

Votre père a remis le ciel et terre pour vous retrouver.

Et vous lui avez dit où j 'étais ? J 'ai aucune raison de vous trahir.

Bon, je vais me baigner maintenant.

Anna.

Votre mère est morte.

Il y a trois mois.

Il faut rentrer à main.

Non, il faut que j 'aille voir Yann. Je ne pense pas que Yann puisse encore vous

aider. Pourquoi ? Qu 'est -ce qu 'il a ? Qu 'est -ce que vous allez lui faire ?

Écoutez -moi.

Dire que j 'avais confiance en vous.

M. Wilcox n 'est pas visible.

Je dois absolument la voir.

Où est la police ? Je ne vois pas ce que vous espérez. Ce n 'est pas le moment.

Ne vous apprenez pas comme ça, je veux juste comprendre.

Je n 'en ai pas, ça vous suffit ? Commissaire ? Annoncez -nous à Mme

Elle fait la pièce, elle a très mal dormi. Moi aussi.

Que faites -vous ? J 'entre, vous ne voyez pas ?

Vous avez mangé ? Vous étiez probablement en train de travailler.

En effet.

Je vous préviens, M. Wilcox déteste qu 'on le réveille.

Eh bien, nous attendons le temps qu 'il faudra.

Quel âge a votre mère, M. de Morricourt ? Cinquante -cinq ans.

Et M.

Wilcox ? Je ne lui ai jamais demandé.

Comment allez -vous ? Comment allez -vous ?

Je ne me souviens pas de vous avoir invité.

Dans ma profession, nous sommes parfois amenés à transgresser certaines règles

de la vie en société.

Ne vous excusez pas, commissaire. Les règles sont faites pour être

transgressées.

C 'est ma philosophie.

Je prends plaisir de l 'appliquer à chaque instant de ma vie.

Vous connaissez Yann Defer, je crois.

C 'est un garçon de valeur.

Anna est très gentille. Ils m 'ont parfois rendu visite ici.

Vous savez que certains critiques disent que ce pourrait être le meilleur

peintre de sa génération, s 'ils le voulaient.

Oh, c 'est fascinant.

Il a même exposé dans une petite galerie de la rue de Seine.

Votre secrétaire ne vous a pas raconté ? Je pensais qu 'il s 'était rencontré

ici.

Pourtant, c 'est lui qui a rédigé le catalogue de son exposition.

A l 'époque, Deferre menait une vie un peu dissolue.

Il paraît même que de véritables orgies avaient lieu à bord de son voilier.

Sur un si petit bateau.

A la fin de l 'exposition, il n 'avait rendu aucun tableau et Deferre, furieux,

a brûlé toutes ses toiles.

Et puis il a disparu sans laisser de traces avec Anna.

Vous êtes venu jusqu 'ici pour me raconter la vie de M. Deferre ? Ça ne

intéresse pas ?

Je suis contente de savoir que ce monsieur est apprécié par la critique.

Je lui ai acheté un portrait d 'Anna il y a quelques semaines.

Très réussi.

On peut le voir ? Volontiers.

Passe mon regard.

Vous parlez bien le français ? Maintenant, il était suisse,

Et l 'abus du meurtre ? Quand vous avez quitté l 'hôtel, votre secrétaire était

avec vous ? C 'est un interrogatoire.

Un entretien.

Vous croyez que vous enquêtiez sur le meurtre de Marcelin ? Qu 'est -ce que

avez à vous acharner, M. Philippe ? Je ne m 'intéresse pas à votre secrétaire,

mais à son emploi du temps.

Ne mentez pas, commissaire.

Je vous assure que votre vie privée ne m 'intéresse pas du tout.

Vous avez tort, elle est pleine d 'enseignements.

Philippe, c 'est vrai, je pourrais être sa mère.

Alors croyez -vous vraiment que c 'est lui qui profite de moi ? Oui.

Vous êtes très courtois, commissaire.

Un vrai gentleman.

Mais vous n 'avez aucune raison de vous inquiéter.

J 'ai engagé Philippe comme secrétaire.

Pour me séparer de lui, rien de plus simple. Je n 'ai qu 'à le renvoyer.

Mais je ne le ferai pas.

J 'ai tout quitté, vous savez, mon pays, ma famille.

Des hypocrites qui comprennent rien à rien.

Juste pour être libre de finir ma vie, comme je l 'entends.

Avec qui je l 'entends.

Maintenant, je suis heureuse.

Bientôt, je serai une vieille dame.

Mais je n 'aurai aucun regret.

Madame Wilcox, je ne suis pas venu ici pour vous juger.

Qu 'est -ce que vous voulez savoir ? Votre secrétaire était -il avec vous

vous avez quitté l 'hôtel ? Oui.

Anna et Defer étaient encore à leur table ? Je ne sais pas. Je

crois qu 'ils n 'étaient plus là quand nous avons quitté la terrasse.

Vous ne les soupçonnez pas, quand même !

Vous

achetez souvent des tableaux ? Régulièrement. Depuis des années, j 'ai

belle collection.

Ici ? Non, à ma villa, à Fiesole.

Ici, c 'est une résidence pour l 'été.

Des maîtres italiens ? Non, plus modernes.

Renoir, Cézanne.

J 'ai un petit Renoir à Vissant.

Monet.

Un dessin de Degas.

Une danseuse.

Toulouse -Lautrec.

Je viens d 'en acheter il y a quelques jours.

Quand exactement ?

Quel jour sommes -nous allés sur la côte pour l 'expédier, Philippe ? Je ne me

souviens pas précisément.

La veille ou l 'avant -veille de la mort de Marcella ? L 'avant -veille, je

crois.

Vous l 'avez trouvé ici, sur l 'île ? C 'est Philippe qui l 'a acheté pour moi

sur le continent.

À qui ?

à l 'un de ses amis qui avait un besoin d 'argent assez urgent.

Comment s 'appelle -t -il ?

Répondez,

Philippe.

Je suis désolé, madame, mais je vais devoir emmener ce jeune homme avec moi.

Je ne comprends pas.

Allons -y.

Vous avez un mandat ? Je n 'ai pas besoin de mandat, je ne vous arrête pas.

Pourquoi vous l 'emmenez alors ? Nous avons besoin d 'avoir une conversation

tranquille. À moins que vous préfériez parler devant Mme Wilcox.

Inspecteur.

Yes.

Je vous jure qu 'il ne peut pas l 'avoir tuée.

Et nous dormons dans la même chambre.

Dans le même lit.

Vous comprenez ? Je suis désolé.

On dirait qu 'il y a des nouveaux.

Encore l 'interrogatoire, t 'as vu ? On ne la verra jamais, le type qui a fait

ça. Ils ne sont pas prêts à l 'attraper.

Deux

fers,

il n 'a pas bougé.

Il a essayé, mais quand il a vu que je le suivais, il est revenu s 'asseoir

gentiment sur la terrasse.

C 'est quoi, là ? Tu retournes t 'asseoir et tu attends.

Un café, s 'il vous plaît.

Un café, oui.

C 'est toi qui as eu l 'idée du faux tableau ? Vous me tutoyez.

Madame Wilcox était sous ton charme.

Et comme elle avait l 'habitude d 'acheter des tableaux en quantité, tu t

dit que ça passerait comme une lettre à la poste.

Je ne comprends rien.

Il te fallait un faussaire qui t 'a fait venir deux fers de Paris.

Je le connais à peine.

Mais bon, il n 'est pas venu tout seul.

Il est venu avec Anna.

Et Anna s 'est entichée de Marcelin.

Et un jour, Marcelin, il est tombé sur deux fers en train de peindre à Toulouse

-Lautrec.

Et quand il a vu le même tableau à la villa et que Mme Wilcox lui a dit qu

venait de l 'acheter, il a commencé à se poser des problèmes.

Mais il n 'arrivait pas à comprendre.

Il ne connaissait pas Toulouse -Lautrec.

Alors il a téléphoné à une amie pour se faire une idée plus précise du prix du

tableau.

Là, il a été tout à fait rassuré.

Et il a commencé à vous faire chanter.

Et je l 'aurais tué, c 'est ça ? Traitez -moi de gigolo si vous voulez.

Je ne vous permets pas de m 'apprendre d 'autres mon honnêteté.

Madame de Quinville, c 'est un nom qui te dit quelque chose ?

Une vieille dame qui t 'avait confié une édition originale des Misérables pour

la vendre.

Elle n 'a plus jamais eu de nouvelles de toi, après.

C 'était un malentendu.

D 'ailleurs, dès qu 'on lui parlait, elle a retiré sa plainte.

Décidément, tu as la technique avec les vieilles dames.

Admettons que...

qu 'elle était indélicate avec Mme de Quinville.

Et de là, on conclut que j 'ai pu tuer Marcelin.

Tu as un alibi, je sais.

Paul ! Tu viens avec M.

Defer ?

C 'est intéressant.

Vous êtes courageux.

On va faire revenir le Toulouse -Lautrec de chez les autres.

Tu pourrais dire qu 'il s 'agit d 'un vrai ou d 'un faux ? Vous ? Mes experts,

vos assises.

Je ne doute pas de votre talent.

Ça donnera lieu à d 'innombrables discussions.

Quelle revanche sur vos contemporains qui n 'ont pas compris votre peinture.

Je me fous de ce que pensent mes contemporains.

Vous ne voulez toujours pas me dire ce que vous avez fait du P -38 ? Ça n 'a

pas d 'importance.

Je me les garde au chaud.

Monsieur Paris.

Attendez, vous allez nous laisser poireauter là longtemps ? Jusqu 'à l

des gendarmes, c 'est à eux que vous ferez vos aveux. Mais je n 'ai rien à

prouver, moi ! Lui ne parlera pas.

C 'est dans son caractère.

Et toi, tu parleras.

Vous êtes un amateur de fer.

Vous aviez rendez -vous avec Marcelin ce soir -là.

Il voulait vous prouver qu 'il me connaissait pour vous convaincre de

Il vous a fait peur et il a réussi.

Vous l 'avez tué comme un imbécile.

En plus, vous avez oublié la lettre.

Parce à laquelle je n 'étais pas devenu mort.

Vous êtes un amateur de fer.

Votre complice est un lâche. J 'étais avec Anna au moment du meurtre.

Quand elle apprendra ce que vous avez fait, je doute qu 'elle témoigne dans ce

sens.

Elle -même, commissaire.

Et vous ? Ça ne vous regarde pas ?

Un homme qui ne s 'aime pas lui -même ne peut aimer personne.

Du moment qu 'elle le croit, quelle importance.

De toute façon, elle est jeune, elle vous oubliera vite.

Vous n 'êtes pas trop déçu ? Pourquoi ? Vous êtes venu en France pour connaître

ma méthode et vous avez pu constater que je n 'en avais pas. Ce n 'est pas de

tout ce que je pense.

Vous avez une méthode.

Je serais fier de l 'exposer à mes collègues.

C 'est lui qui les a coincés.

Ah mieux.

C 'est grâce à lui que j 'ai trouvé la provenance de l 'arme du crime.

Félicitations, inspecteur.

Vous deviez être content.

Vous l 'aimiez bien, Marcelin.

Vous savez, je le connaissais à peine.

Pourtant, vous lui donniez de l 'argent de temps en temps.

Vous ne pouvez pas laisser les gens crever de faim. Surtout s 'ils vous ont

évité la guillotine.

Pardon ? Je parie que Marcelin vous a jamais dit qu 'il avait gardé votre

revolver. Je comprends plus.

J 'ai fait comparer les projectiles dans les deux affaires à Nice et ici.

C 'est la même arme qui a tiré.

J 'ai été acquitté, je n 'ai rien à voir avec ça.

C 'est avec le même P -38 que tu as assassiné ton rival, il y a huit ans.

Marcelin t 'a sauvé la mise, en ramassant le revolver après toi.

C 'est pour acheter son silence que tu l 'entretenais si gentiment.

Mais si c 'était lui qui avait tiré, vous y avez pensé à ça ?

L 'homme qui a été assassiné aux sirènes possédait deux établissements, genre

maison close.

Après sa mort, c 'est toi et ta mère qui en avez hérité, avec les filles en

prime.

Tu avais un mobile, Marcelin n 'en avait pas.

L 'autre soir, c 'est avec ton revolver que Marcelin est allé à son rendez -vous

avec Defer.

La discussion s 'est mal passée.

Defer a réussi dans la bagarre à retourner le pétro -doute.

Et le coup est parti.

Vous n 'avez aucune preuve. Vous n 'avez même pas retrouvé l 'arme.

Garde ta salive pour la cour d 'assises.

T 'en auras besoin pour convaincre les jurés.

Rappelle les gendarmes.

On travaille toujours en famille dans la police française.

Par où?

Quand je raconterai à mes collègues de Scotland Yard comment vous avez résolu

deux affaires en même temps.

La gloire est comme un cercle dans l 'eau qui va s 'élargissant.

Tant qu 'à force de s 'étendre, il finit par disparaître.

Vous croyez que tous les hommes sont comme lui ? Vous savez, dans mon métier,

rencontre rarement des anges.

Vous répondez pas à ma question ? Votre père,

c 'est sûrement quelqu 'un de formidable.

Si vous passez par Ostend un jour, prévenez -moi.

Je suis sûre que vous entendrez très bien avec lui.

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