Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Dutch
English
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
French
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Italian
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Brazil)
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
Lorsque tombe le soir et que la nuit est noire, lorsque la lune blanche s
'arrondit dans le ciel, chacun d 'entre nous sait que la meilleure place au coin
du feu, c 'est celle des monstres et merveilles.
Quoi ? Qu 'est -ce qui t 'arrive ? Il vaut mieux que tu ne regardes pas et
surtout ne dis rien. Mais il y a une énorme, et encore je dis énorme, mais je
devrais dire plus qu 'énorme, monstrueuse gigantesque. Et même pire
'a vraiment pas de quoi rire. C 'est une bête horriblement laide, avec un nom
qui commence par un A et toute noire. De quoi est -ce que tu parles ? De cette
malheureuse petite araignée.
Et où vas -tu comme ça ? Est -ce que tu l 'as tuée ? Oui.
Promis ? Promis. Ça n 'est plus qu 'un fantôme d 'araignée.
Écrasé. Il n 'en reste plus rien.
Beurk.
Beurk, je déteste ces bestioles. Elles ont deux fois trop de pattes pour moi.
Tu n 'es qu 'un poltron, mon chien.
Avoir peur d 'une si petite bête.
T 'as bien peur des rats, toi.
Tout le monde a peur des rats.
Même les chats.
C 'est normal.
Pourquoi ? Tu as vu un rat ?
Hé, regarde, tu trembles.
Mais toi aussi.
Comme il fait noir, je n 'aime pas quand il fait noir.
Oh, non.
Allez, vas -y, aboie un bon coup.
Qu 'est
-ce qu 'on va faire en
attendant le jour ? Ma foi, je pourrais te raconter l 'histoire du brave émeuré
qui s 'en alla en quête de la peur.
Hein ?
Mais pourquoi il ne savait pas ce que c 'était ? Non.
Il n 'avait peur de rien, ni des rats, ni des chats, ni des bêtes toutes noires
avec beaucoup de potes -pattes ? Non, c 'était un curieux garçon. Le second fils
du second cousin de la seconde nièce de ma troisième femme.
Elle était mortée de la nièce que je parle en laissant deux fils au tailleur,
son époux. L 'aîné était bon.
Le second n 'était pas méchant, mais s 'il avait l 'esprit un peu vague et la
mémoire dans les étoiles, c 'était un étourdi.
Où vas -tu t 'en aller, espèce de bon à rien ?
Oh, ça alors, j 'ai complètement oublié les boutons.
À dire vrai, j 'ai passé tout le jour sous la fenêtre de ma bien -aimée.
Oh, elle est tellement jolie.
J 'en étais sûr, il l 'a oublié.
Ne te fâche pas, je vais y retourner. Pour oublier encore ? Non.
Vas -y, toi.
J 'irai demain.
Oh, mais non, il me l 'est faux pour ce soir.
Je voudrais bien, mais la nuit tombe, il faut traverser la forêt. C 'est l
'heure où dansent les ombres et où sortent les dragons.
Laisse -moi y aller.
Je ne crains pas les ombres. Et je n 'ai encore jamais vu de dragon.
Pas vite, alors. Et sais -tu ce que tu vas chercher ? Oui, je le sais bien, des
dragons. Oh non, des ogres. Des boutons ! Des boutons.
Oh ! Et voilà notre émerique parti acheter ses boutons. Il marche
sourire aux lèvres, sans crainte et d 'un bon pas. Et les garçons du pays, qui
se moquent volontiers des étourdis, décident de lui jouer un bon tour au
Pauvre Aymeric.
Quelle frayeur il lui prépare.
Bonsoir. Êtes -vous un ogre ? Et moi, je
suis Aymeric.
Donne -moi ton sac de mouton.
Je ne peux pas, il est pour mon père.
M 'écrabouiller ? Vous n 'êtes vraiment pas aimable.
Les voilà.
Et notre émerique repart chez lui, les mains dans les poches, les boutons dans
son sac et le souvenir d 'un vurdu méchant comme deux ogres dans la tête.
Saviez -vous que les Vurdus avaient trois voix ? En tout cas, le père le
remercie, lui donne cent sous de cuivre et l 'envoie dans le vaste monde pour qu
'il apprenne quelque chose.
Apprendre quelque chose, c 'est facile à dire, mais apprendre quoi quand on sait
déjà jouer du violon et répondre aux trois voix d 'un Vurdu ? Emerick
longtemps et il se dit qu 'il voudrait apprendre ce qu 'est la peur.
Car il lui semblait bien que tous, en dehors de lui, la connaissaient. Et il
prit sa route.
Bonjour, jeune homme.
Voilà, je crois, une rencontre favorable. Bonjour, monsieur.
Je devine à tes yeux que tu as déjà choisi ta bien -aimée.
C 'est vrai, monsieur. Comment s 'appelle -t -elle ? Je n 'en sais rien.
raison, qu 'est -ce qu 'un nom ? Le mien, c 'est McCoy, mais ça ne m
rien. Je suis Aymeric. Alors, je te salue, comme dirait ma pauvre vieille
Et toi, où est ta mère ? Je n 'en ai plus, monsieur. C 'est bien dommage,
elle a existé, puisqu 'elle t 'a mis au monde.
Les cheveux de ta bien -aimée sont -ils sombres ou bien clairs ? Noirs,
monsieur.
Comme l 'Arabie ? Comme l 'Arabie. C 'est un grand bonheur, un très grand
bonheur pour toi, jeune homme, car j 'ai dans mon sac une écharpe de soie fine
qui vient tout droit des trésors d 'Arabie.
Prends -la, porte -la, ta bien -aimée. Puisse -t -elle alors t 'apprendre son
nom ? Merci bien, monsieur.
Et comme je te crois aimable et bon compagnon, je n 'exigerai de toi rien de
plus que ce que j 'ai payé moi -même, un double persan.
Combien cela fait -il ? Combien possèdes -tu ?
Sans sous de cuivre.
Insuffisant à peine la moitié, même pas les deux tiers.
Je voudrais cette écharpe parce que grâce à elle j 'apprendrai un prénom.
Et que c 'est pour apprendre que je me suis mis en route.
Mais je vous donnerai tout ce que je possède si vous m 'enseignez la peur.
Toi, tu me donnerais 100 sous de cuivre si j 'arrive à t 'effrayer. Avec joie.
Je vois, comme dit l 'aveugle. Non, laisse -moi réfléchir et ferme les yeux.
Vous vous êtes fait mal ? Non, non. Accorde -moi une minute.
Que crois -tu qui menace ta gorge ? Je l 'ignore, monsieur. Un poignard.
Et la lame est pointue.
Elle couperait un cheveu en quatre. C 'est extraordinaire. Elle traverserait
gorge en un rien de temps. Il doit être aiguisé. Ça, il l 'est, je l 'avoue, et
je vais en jouer sur toi, jeune homme, à moins que tu ne m 'abandonnes ta
bourse. Je n 'en ferai rien, car il me faut apprendre ce qu 'est la peur.
Et je n 'ai pas peur de vous, cher monsieur McCoy. Vous êtes mon ami.
Oui,
oui, je t 'assure que je suis ton ami.
Dieu sait combien je t 'aime.
Je vais te conduire au détour du sentier. Tu vas voir, je vais t
jolie petite frayeur juste pour toi.
Suis -moi.
Et où allons -nous ? Au marais.
Près de la haie qui borde le champ, près du moulin, non loin du bourg. Et dans
ce marais, il est un monstre affreux, si effrayant que ceux qui l 'a effrayé un
jour en sont tous morts. Je vais donc trembler sans aucun doute.
Si tu survis.
Et tous deux s 'engagèrent, Émeric suivant son guide dans cet étrange
pèlerinage.
Ainsi arrivèrent -ils au marais près de la haie qui borde le champ, près du
moulin, non loin du bourg.
Et quand ils y parvinrent, le jour tombait.
Alors ils virent les paysans qui s 'enfuyaient du moulin.
Encore tout blanc de farine, aucun ne voulut s 'arrêter d 'ou échanger deux
mots. Mais en courant, ils criaient.
Éloignez -vous avant que la nuit ne vienne.
N 'approchez pas du marais.
Et leurs cris affolés se perdaient dans le vent.
C 'est ici ? Est -ce là que je vais apprendre la peur, M. McCoy ?
Il faut d 'abord que tu te plonges dans l 'eau du marais. Alors la peur montera
du fond pour ta cuisse.
Magnifique.
L 'eau est tiède.
Venez vous baigner, vous aussi. Non, merci.
Je dois trouver l 'auberge où nous passerons la nuit. Tu auras sommeil
bonne frayeur.
Bonne chance.
Merci. L 'eau du marais frissonne au clair de lune. Les nénuphars y somnolent
doucement. Mais dans les ténèbres, caché sous la vase, demeure le prince,
terrifiant des profondeurs, et il agite l 'eau trouble, et il aperçoit deux
pieds, deux pieds humains.
Oh, mon Dieu, mon Dieu.
Et regardez -le, notre ami, aimerait qu 'il agite sans crainte ses pieds dans l
'eau. Il attend le baiser de la peur.
Tout à coup...
Mais qui voudra me croire, les eaux s 'agitent et tremblent, et frisent à la
brise, et si je mens que je sois maudit. Mais voilà que de tristes beautés
apparaissent, des beautés aux yeux clos, aux corps abandonnés, aux lèvres
livides. Ce sont les sœurs de l 'eau profonde, et leur danse est une
à la mort.
Entrez, venez plonger, semble -t -elle dire.
Aymeric les suit des yeux, ensorcelés, enchantés, envoûtés par leur beauté.
Et leur beauté est telle qu 'elles l 'inspirent et qu 'ils se mettent à
Mais pourquoi les villageois ont -ils fui ce charmant tableau ? Pourquoi les
hommes tremblent -ils dès que tombe la nuit et que la lune chatoua au ciel
diamant à mon doigt ? Pourquoi, mes chéries, mes amours ? Parce que ce sont
filles de l 'horreur. L 'eau coule dans leurs veines, l 'eau emplit leurs yeux
et leur bouche.
Elle ne désire que deux choses, noyer les hommes et noyer les femmes.
Venez, venez, semble -t -elle dire, venez boire cette onde amère.
Venez vous soumettre, venez vous remettre à notre maître.
Sors -tu qui je suis ? Non, je l 'ignore.
Vous n 'êtes pas un vurdu, mais vous devez être terrible aussi.
C 'est exact.
Et voici mes jolies, mes fidèles.
Elles attirent les jeunes hommes et m 'ouvrent les noix.
Pourquoi ? Parce que... Mais d 'abord, donne -moi ton
oiseau à canter, car son chant m 'enchante. Il ne chantera pas seul. Il n
qu 'à moi. Regardez.
Poitrine, d 'où sort ce chant sublime ? C 'est ce trou. Laisse -moi essayer.
Il te faut apprendre à jouer.
Mais cet oiseau à cordes, d 'où vient -il et où le trouve -t -on ? L 'oiseau ?
Il vient de loin. D 'Irlande. Indique -moi le chemin.
C 'est par là.
Mille fois à gauche et mille fois à droite.
L 'Irlande, je vais m 'y rendre.
C 'est par là, dis -tu ? C 'est par là.
Fais -le chanter une fois encore et je partirai.
L 'Irlande.
Emmerich se met à jouer.
Et il joue. Joue jusqu 'à ce que l 'ignoble monstre abandonne ses filles et
vase du marais et les innombrables noyés et partent vers l 'Irlande en quête du
merveilleux oiseau.
Il est toujours là -bas, d 'ailleurs, à ce qu 'on dit.
Vive le héros ! Vive le héros ! Il y eut une fête et puis il y en eut 20 et 78
cadeaux, 4 demandes au mariage et moult joueurs de violon.
En vient le jour, M.
McCoy, le nouveau professeur du héros, son homme lige et à tout faire.
M. McCoy, donc, a interrogé tous les vieillards et tous les nouveaux -nés et
sait maintenant où se cachent les démons, les dragons, tous les maîtres de
peur. A s 'y renseigner, les deux compagnons repartent. Et ce n 'est que
tard, l 'après -midi suivant, qu 'Emeric, encore embué de cidre, se
ce qu 'il a à faire et frotte les oreilles de son compagnon, réclame ses
sous de cuivre et pose quelques questions.
Tu sais, je connais la route qui mène à la terreur, mais cela mérite récompense.
Je t 'ai promis tout mon cuivre pour le jour où j 'aurai peur. Je n 'ai reçu de
toi qu 'un coup de poing qui m 'a déplu.
Un malheureux malentendu, et tu essaies déjà de me mettre en pièce.
En comparant -nous, tu es le dépositaire d 'un merveilleux courage.
Moi, je suis condamné à montrer de l 'astuce. Je me donne pour trois sous,
tandis que toi, tu déplaces les montagnes.
Est -ce justice ? Je te le demande.
Ne m 'en veux pas.
Et prends l 'argent, si je t 'ai offensé. Non, mon dévouement ne s
Nous allons au château du fou, d 'où personne n 'est jamais ressorti.
C 'est donc là que je vais enfin apprendre à trembler ? Le château qui se
est un cimetière d 'espoir.
Le roi en a été chassé, les chambres y sont vides, les feux éteints, les rires
étouffés. Seuls les fous y cherchent un refuge.
Car en ce lieu meurent tous les désirs, toutes les joies, tous les projets.
C 'est le royaume.
où plus rien ne forme de tout.
Regardez combien sont nombreux ceux qui y ont succombé.
Attends -moi là.
Je prends ces trois choses avec moi.
Prends une épée.
Et même deux.
Ces trois choses me suffisent.
Et si elles ne me suffisent pas, les 75 présents qui sont là te resteront.
Ne les laisse pas devant moi, car tu connais mon principal défaut. Je vais
sûrement te les dérober et t 'abandonner.
Un peu de courage, monsieur McCoy.
Dieu te garde, Hemrick.
Oh, charmant.
Oh, charmant.
Un peu de courage, monsieur McCoy.
Je n 'ai qu 'une moitié là.
Où est donc mon tout ?
Voilà
qui me ressemble.
Alors, que diriez -vous d 'un jeu ? Pourquoi pas ?
Ma nuit m 'appartient.
Sa nuit lui appartient.
Sais -tu jouer au qui ? J 'apprendrai.
Nous verrons.
Tu ferais bien.
Ce ne sont sûrement pas mes jambes. Elles sont deux fois trop courtes.
T 'as hâte de gagner, mon précieux, ou tu vas te retrouver réduit de moitié.
Quelle est la taille de tes jambes ? Je ne sais pas.
Pas de gouttes, ni de corps, ni d 'ampoule. Tu ne bois pas, non ? Tant
elles m 'iront très bien.
C 'est moi qui commence, bien sûr.
Pour une moitié d 'homme.
Dites bien, mon précieux.
Mais faites attention, ne va pas abîmer ces belles jambes. Vous permettez,
monsieur ? Mais ce crâne mérite d 'être poli.
Non, monsieur, j 'ai échangé un peu de courage contre un peu d 'astuce, voilà
tout.
Voilà, regarde -moi.
Je n 'ai pas le don de double vue, et j 'attends toujours de connaître la peur.
Charme.
Oh, charme.
De froid, mais non de peur, hélas.
Emmerich s 'installe pour la nuit.
Mais qu 'est -ce que c 'est ? Monsieur McCoy.
Oh, McCoy.
As -tu déjà fini de vivre ? Tu es si froid.
Tu fus mon premier et mon seul ami.
Mon ami, pourquoi es -tu de marbre ? Tout doux, je vais te réchauffer.
Dis -moi.
Parle -moi, réponds -moi.
Aymeric ? Es -tu là, Aymeric ?
Approche encore un peu, démon, que je te coupe la tête et tu seras dès lors
divisé en trois parties.
Quoi ? Je sais que ce n 'est pas toi.
Si, c 'est moi.
Tu es à nouveau mort ? Non.
Ne t 'approche pas. Oh mon Dieu, je suis terrifié. J 'ai réuni tout mon reste de
courage pour te secourir et je n 'en ai plus du tout.
Combien de cadeaux t 'ai -je confié ? Eh bien, je n 'en ai trouvé que 74, je le
précise. Et j 'en ai mangé deux, enfin deux et demi, mais il en reste plein.
Quel est le nom de ma bien -aimée ?
Mais comment le saurai -je si tu l 'ignores toi -même ? Alors c 'est toi ?
bien sûr que c 'est moi.
Et tu es venu à mon aide ? Je suis comme ça.
J 'essaie de montrer mon amitié pour toi et de te secourir. Et tout ce que je
récolte, ce sont des menaces. C 'est toi et viens que je t 'embrasse. Non.
Mais il ouvrit grand les bras et les deux amis s 'embrassèrent. Ensuite, ils
fouillèrent le château tout entier. Et derrière la porte la plus reculée de l
'étage le plus élevé, ils trouvèrent une salle.
Et dans cette salle, il y avait de l 'or.
Tant et tant d 'or qu 'ils auraient pu le jeter à pleine main par la fenêtre
pendant dix ans sans en manquer.
Alors, ils partagèrent cette fortune en deux parts égales, moins un poisson pour
la chance. Et ils s 'embrassèrent à nouveau et dansèrent et chantèrent. Et
pendant ce temps, le poil gris qui pesait sur le château se déchirait et
tout le soleil.
Ce qui fait qu 'il n 'a jamais appris la peur.
Il est vrai que le pauvre Aymeric interrogea McCoy sur ce sujet pendant
trajet qu 'ils firent ensemble.
Pourquoi n 'ai -je pas pu apprendre la peur ? Que vais -je pouvoir dire à mon
père ? Mais McCoy lui montrait l 'or et le rassurait et lui jurait que son père
lui ferait bon accueil et serait très fier de lui.
Il marchait ainsi, Aymeric se plaignant de n 'avoir jamais peur, McCoy
marmonnant et finalement ils arrivèrent devant la porte de la maison d 'Aymeric.
Hélas, il faut que nous nous quittions.
Je veux te présenter ma famille.
Non, mes familles ne m 'apprécient pas.
Ne dis pas de sottises, tu es mon ami, entre donc.
Comme ma vieille mère me disait, il vaut mieux partir quand on vous demande de
rester que de rester quand on vous demande de partir.
Que me donnes -tu là ? Il faut rendre ceci à ton père.
C 'est vrai, car je n 'ai pas découvert la peur.
Au revoir, monsieur McCoy.
Adieu, mon ami.
Oh, te voilà enfin.
Entre vite, dépêche -toi. Elle se meurt depuis que tu es parti.
Rien ne peut la sauver.
Je ne connais pas son nom. Lydia.
Lydia.
Lydia.
Regarde.
Regarde.
Ma bien -aimée.
Qu 'est -ce que tu as ? Lydia, Lydia, tu as réussi.
Oui. Quoi ? À me faire peur.
J 'ai marché si longtemps, si longtemps.
Il suffisait que je craigne de te perdre pour que je découvre enfin ce qu 'est
la peur.
J 'ai tremblé.
Je tremble.
Je tremble ! Et voilà comment celui qui était parti au bout du monde pour
trouver la peur l 'a découvert en rentrant chez lui. Et il épousa sa bien
le lendemain même et plus jamais il ne s 'en alla.
C 'est M.
McCoy qui m 'a raconté cette histoire il y a bien longtemps, mais j 'étais très
jeune alors et je n 'en ai pas compris la moitié.
Moi non plus.
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.