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Le petit éclat, au centre, bas, droit.
Il est en bon état général et
il y a eu deux petits défauts qu'on avait observés tout à l'heure en bas.
Centre droit, enfin centre au bout de ta main.
Et puis bas, droit.
Tu te souviendras ?
Bas.
C'est toi Laurent ?
C'est moi, ma tante.
Merci beaucoup.
Votre café, madame.
Oh non, merci, j'ai pas envie.
Avec une estimation à 800 000, ça fera décoller les prix, croyez-moi.
La garantie.
Je voudrais une garantie de 1 million.
C'est tout à fait possible.
Ah écoute, fiche-moi la paix !
Ma fille disait toujours qu'un commissaire priseur,
c'est comme un chirurgien esthétique.
Il faut lui faire confiance.
Donc je vous fais confiance.
Vous avez raison.
Nous allons rendre votre tableau aussi beau qu'il peut l'être.
Nous avons déjà une maquette pour le catalogue.
Ce sera très élégant, vous verrez.
Je pourrai pas voir, je suis aveugle.
Votre neveu ou votre fille sera là ?
Ma fille, non, c'est exclu.
Je vends ce tableau justement parce que je ne veux pas qu'elle en hérite.
Parce que ma fille, c'est une traînée.
Elle ne pense que à faire la fête.
À fréquenter des noirs.
On ne se parle plus.
C'est triste.
Oui, surtout qu'elle ne fréquente que des noirs.
Nous n'avons pas parlé des modalités de paiement.
Je veux l'intégralité du paiement tout de suite.
L'intégralité du paiement tout de suite.
Vous voulez bien noter Aurore ?
Vous êtes d'où, Aurore ?
Ma mère est de Roscoff.
Ah, vous êtes bretonne.
Mon mari était de Vannes.
C'était un idiot, comme tous les médecins.
Il n'avait aucun goût.
Mais moi, j'en avais pour deux.
Par contre, il avait les plus beaux yeux du monde.
Merci.
Ça va ?
Oui, ça va.
Vous êtes toute Blanche.
Je ne suis pas noire, c'est sûr.
Vous n'allez pas tomber malade dans la voiture ?
N'ayez pas peur.
Je vous dis ça parce qu'elle est très délicate à entretenir.
Il y en a beaucoup des comme elle ?
Ces femmes ? Un maximum. J'adore.
Vous savez Aurore, si vous voulez vraiment faire ce métier,
vous devez être prête à tout pour une vente.
Sinon, l'objet part à la concurrence. Et ça, ce n'est pas une option.
Je suis prête à tout.
Ah oui. Même à tapiner.
Regardez ce que j'ai fait avec cette dame ce matin.
Vous savez ce qu'il y a de magnifique dans ce métier ?
C'est quand vous tombez sur un truc vraiment rare.
Alors là, oui, vous êtes Indiana Jones.
Mais le reste du temps, 99%, on drague, on fait la pute.
Je veux bien faire la pute.
Si c'est pour vous, je veux bien.
Je n'ai pas entendu.
Je disais que...
Je veux tout ce que vous voulez.
Tout ce que veut une vente qui vaut le coup, Aurore.
On est au 21e siècle. Je vous parlais de travail, de métier.
C'était une métaphore.
Elle est vraiment de Roscoff, votre mère ?
De Montauban.
Dis donc, tu n'aurais pas pris un peu, toi ?
Mais oui, hein.
Écoute, c'est à cause du virus.
Plus de sport et puis, la ménopause est arrivée.
Et voilà. Tout en même temps.
Tu ne prends pas d'hormones.
J'en ai plus besoin maintenant que je suis ménopausée.
Au contraire, c'est à la ménopause qu'il faut en prendre.
Ah, prends-en s'il n'est pas trop tard.
Le poids, c'est ça.
- Salut, ça va ? - Bonjour, Kamel.
- Ça va ? - Ça va.
Bonjour, Paco.
Bonjour.
Ça va ?
Ça va et toi ?
Bonjour.
Bonjour.
Je ne sais pas si Martin est réveillé.
Si, si, il est réveillé. Je l'ai appelé.
On est venu faire une partie avant d'aller au taf.
Eh, tenez, les flans, c'est pour vous.
Je vais pas manger tout ça.
Tout ça, là ? On n'arrivera pas à le finir.
Merci, ça l'air bon.
Merci.
Et alors, ton mec ? Tu en es où ?
Je l'ai viré, c'est lui-là.
Reprends-la, s'il te plaît.
Pourquoi ?
Pour la mettre là.
Ah, ouais.
Non, vas-y, j'ai joué, c'est pas grave.
Putain, mais il est con lui aussi.
Frère, regarde les cartes avant de jouer.
Des fois, tu fais exprès, gros.
Là, cette carte-là, tu la reprends et tu la places au prochain tour si tu veux.
Mais non, je ne vais pas la reprendre.
Mais si, vas-y, s'il te plaît.
Non, mais non, je ne reviens pas en arrière, ça ne se fait pas.
Vas-y, c'est bon, tu m'as saoulé, toi.
- Non, mais c'est vrai. - Vas-y, vas-y, joue Paco.
C'est quoi ? Ça ne sert à rien.
Finis de manger avant de parler, mec.
Ça me fait 16, moi.
Non, mais sérieux, quoi.
Moi, tu vois, une fille, un jour,
je lui demande si elle veut sortir avec moi.
Elle me regarde et me dit, mais mec, t'as vu tes dents ?
Jamais de la vie.
Putain, la salope.
- Et c'était quand ? - Ça m'a fait de la peine.
C'était il y a longtemps.
16.
Quand il y a longtemps, s'il te plaît ?
Ne commence pas à faire le mec mystérieux. C'était quand ?
Ça fait longtemps.
C'est bon, je ne vais pas te raconter ma vie.
Réponds.
C'était, je ne sais pas, en CM2.
Vas-y, moi, j'abandonne avec lui.
La tête de la mère, c'est un peu... Quoi ?
Laisse tomber...
Regarde, on n'a plus de clopes.
- Vas-y, je vais. - Tu vas ?
Ouais, comme ça, je prends des millionnaires en plus.
Merci.
Il est BG, votre chien ?
C'est un berger belge.
Ou allemand.
Et toi, mon gars, tu viens d'où ?
Moi, wallah frère, je viens de Stockholm.
Ça ne se voit pas ?
C'est combien, ça ?
Service de l'art moderne.
Vous faites toujours la gueule, Aurore ?
Je ne vous fais pas la gueule.
Ah.
Maître Suzanne Eggerman de Mulhouse.
Qu'est-ce qu'elle nous veut, d'après vous ?
Je ne sais absolument rien.
Vous ne dites pas la vérité.
Bien sûr que si. Comment je pourrais le savoir ?
Vous faites toujours la gueule.
Je vous préviens, moi, je ne m'encombre pas
d'une stagiaire qui fait la gueule toute la journée.
Dans ce milieu, on ne fait pas la gueule.
On sourit. On est polis.
Je n'ai pas mes lunettes. Dites-moi ce que ça dit.
Elle demande une expertise pour identifier
un Egon Schiele que possède un de ses clients.
Un quoi ?
Une toile d'Egon Schiele.
Une toile ?
Oui, c'est ce qu'Elle écrit.
Eh bien, on va lui répondre.
Parce qu'il faut toujours répondre au courrier.
- Ça vaut combien, Egon Schiele ? - Cher.
Mais on n'en trouve plus.
La dernière toile, c'était il y a plus de 30 ans.
Elles sont toutes dans des musées.
- Et donc ? - Et donc, c'est un faux.
Je ne vois rien.
Faites-moi le numéro, ça doit être sur l'entête.
Prenez mon téléphone.
S'il vous plaît.
Pardon ?
Faites son numéro, s'il vous plaît.
Je croyais qu'on devait toujours être polis dans ce métier.
Michel, il se passe quoi, là ?
On nous a dit de mettre ça là.
Pardon, monsieur.
C'est quoi, ce bordel ?
La salle pour la collection Metzger n'est pas prête.
Et les transporteurs sont là.
Tiens, on va juste remettre la cravate.
Tu es attendu en haut.
Qu'est-ce que j'ai encore fait ?
Tu vas le savoir. Allez, viens, ça urge.
La collection Saint-Gratz va être mise en vente.
Vous pouvez vous asseoir.
Pardonnez-moi, c'est le choc.
Asseyez-vous.
Le milliard de l'année dernière, notre record, peut être battu.
Je rencontre Paul dans une heure avec une proposition forte.
Je peux le convaincre que la vente aie lieu à Paris.
- Après tout, Saint-Gratz, c'est la France. - C'est très dangereux.
Paul n'est pas sentimental et New York le tente.
Cette vente ne doit pas nous échapper. C'est crucial.
Oui, c'est crucial.
C'est pour ça, André, qu'Hervé veut ton avis.
Sur quoi ? Sur l'endroit où doit se passer la vente ?
Henri tient à venir au rendez-vous avec Francis et moi.
Il ne faut surtout pas faire ça.
Je suis président d'Europe.
Pardon, Henri ?
Paul doit comprendre que vous faites confiance à Francis à 100%.
S'il appelle Francis, c'est comme s'il vous appelait vous.
Donc, si toute la Maison débarque, si on arrive en force, c'est absurde.
Il faut...
Il faut lui faire croire qu'il a fait le bon choix
et qu'en choisissant Francis, il a choisi le meilleur.
En plus, c'est le meilleur.
- Bonjour. - Bonjour.
André.
J'ai un livre pour toi.
Un livre ?
Je l'ai vu en librairie, je n'ai pas résisté.
C'est dommage, je l'ai déjà.
Ah.
T'as de l'audace de parler comme ça devant moi.
Pour ça, je t'admire.
Ce n'était pas contre toi, j'ai dit ce que je pensais.
Je t'admire, ça ne veut pas dire que je t'estime.
Je ne t'estime pas.
Je vivrai avec.
Il ne doit même pas baiser. Ce qui le fait jouir, c'est la vente.
Je vends, donc je vis.
Tous les jours, tous les jours, j'en peux plus, j'ai envie de crier.
Vous avez mon numéro ?
Quel numéro ?
Celui que je vous ai demandé.
Euh... oui.
Voilà.
Merci.
Bravo.
Merci.
Vous étiez avec qui ?
Avec ma sœur.
Vous avez une sœur ?
Elle fait quoi ?
Elle est pharmacienne à Niort.
Pas à Montauban ?
Non, à Niort.
Oui, Maître Eggerman, bonjour.
André Masson.
Oui, comme le peintre.
Vous nous avez fait parvenir un courrier.
Oui. Et vous l'avez vu, ce tableau ?
Vous ne l'avez pas vu.
Et qui est votre client ?
Ah oui.
Ah bon.
Mais le mieux, dans un premier temps, ne croyez-vous pas, ce serait d'aller le voir.
Le tableau.
Oui.
Entendu.
Eh bien, faisons comme ça, je vous envoie ma fiche.
Merci infiniment, maître.
Un nuitard qui possède un Egon Schiele dans la banlieue de Mulhouse.
C'est quoi, un nuitard ?
Il y a des gens qui travaillent la nuit, si vous ne le saviez pas.
Je ne connaissais pas le mot.
C'est un ouvrier chimiste qui arrondit ses fins de mois en faisant des heures la nuit.
Donc s'il possède un vrai Egon Schiele,
ça y est, il peut passer en jour.
Quoi ?
Je n'ai rien dit.
Vous savez, je me fiche pas mal de ce que vous pensez de moi.
J'ai l'habitude d'être haï, ça fait du bien aux neurones.
Vous, c'est quoi votre problème ?
Je n'ai pas de problème.
Si. Vous mentez.
- Je ne mens pas. - Si.
À propos de tout.
Et surtout, à propos de rien.
Par exemple, je suis sûr que votre sœur ne travaille pas à Niort.
Est-ce que c'est votre sœur ?
Avez-vous une sœur ?
J'ai une sœur...
Mais taisez-vous.
Je pense que vous êtes peut-être un peu dingue,
mais moi, ça ne me dérange pas tant que le boulot est bien fait.
Et là, par exemple, vous avez oublié de mentionner la garantie du lot numéro 17.
C'est ce que je vous avais dit.
Toujours mentionner la provenance, toujours mentionner la garantie.
Voilà.
Non, non, mais laissez, je vais le faire.
Allez prendre l'air.
Faites-vous l'œil dans un musée, une galerie, chez Drouot.
Ça nous fera des vacances.
Comment vous me trouvez ?
Bonjour.
Oui, bonjour.
J'ai vu que le lot 143 est estimé entre 30 et 50 Euros.
Il pourrait partir à combien ?
Ça vaut rien, les fourrures, aujourd'hui.
Je le veux vraiment, mais si ça monte trop, je sais pas si je pourrais suivre.
Quelqu'un est intéressé ?
Oui.
Alors, le lot 143...
Ah ben, j'ai une offre.
Merde.
C'est une marchande.
Je peux monter à 150, mais après, je mange plus jusqu'à la fin du mois.
Ça m'étonnerait qu'elle surenchérisse tout de suite sans celle-là.
Merci.
Je vous en prie.
Ah, j'ai vu qu'il y avait une vente de livres à côté. C'est quand ?
Ça doit être indiqué, là, juste à l'entrée.
Merci. Au revoir.
Au revoir.
Pourquoi t'as pas appelé ?
J'ai appelé.
Ah bon ?
Ben oui.
Ah, ouais.
Ça va ?
C'est la fin du mois.
Merci.
Merde, j'ai oublié mes clefs.
Je vais devoir y retourner.
Au bureau à cette heure-ci ?
Y'a toujours quelqu'un.
Papa, je devais te dire, à la rentrée, c'est 20 Euros de plus le loyer.
L'inflation ?
Ça va quand même ?
Ça ira.
Laisse-moi te regarder.
T'es de plus en plus belle.
Et ce blouson ? C'est nouveau ?
C'est récent, c'est la femme de mon patron qui se débarrasse de vieux trucs.
J'en profite.
Bon bah, j'y vais.
Tu le sens pas ?
Je dois envoyer un texto avant.
Salut.
Salut.
Je les ai retrouvées.
Elles étaient dans la doublure.
J'allais t'appeler pour te le dire.
Excuse-moi, c'est le bordel.
Tu peux te mettre là.
Je m'incruste pas.
Je dois être là-bas dans une demi-heure.
Tu devrais être présente ce soir.
En ce moment, je joue Bach, Schubert, Chopin.
C'est pas si loin d'ici.
Je savais.
Merci.
C'est intéressant ton travail ?
Je sais pas si je suis faite pour.
Pourquoi ?
C'est un métier où il faut jouer un rôle.
Il faut faire semblant.
Tout le monde fait semblant.
Ta mère a fait semblant de m'aimer.
Moi, j'ai fait semblant d'avoir encore de l'argent.
Toi, d'avoir perdu tes clés et d'être contente de me voir.
Elles étaient vraiment dans la doublure.
Tu veux voir le trou ?
Tu lui as parlé récemment ?
Maman ?
Elle est fâchée.
Elle a encore dit des trucs sur toi. Ça m'a gonflée.
C'est parti en sucette.
On se parle plus.
D'ailleurs, je parle à personne.
Sauf à Julie, quelquefois. Je l'ai eu au téléphone aujourd'hui.
Qu'est-ce qu'elle devient ?
Rien.
Elle a été bonne à la fac et puis...
Je sais pas, la vie.
T'auras une belle vie, toi. Je suis sûr.
Au moins, tout ce qui donne l'illusion de la vie.
L'argent, le succès, l'Amour...
Pourquoi tu dis l'illusion ?
Parce que la vie, chérie, c'est pas ça.
C'est pas ça, la vie.
C'est quoi la vie, papa ?
Encaisser, lâcher du leste, te revoir à la baisse...
C'est ça, la vie.
Bonjour.
Nina, quel âge ?
Elle.
Gabi.
Deux mois et quatre jours.
Je dois reprendre le travail.
Tu dois la mettre à la crèche.
Pas assez de personnel.
Toutes les copines le disent.
Et puis, j'ai pas envie de m'en séparer.
Moi, la première fois que j'ai emmené Martin à la crèche,
je l'ai déposé à 8 heures et je devais le reprendre à 11.
J'ai pas pu partir.
J'ai attendu jusqu'à 11 heures qu'on ouvre les portes.
Bon.
Tu veux pas la prendre un peu ?
Non, je suis mort, là.
J'y vais.
- Monsieur et madame Keller ? - C'est ici ?
Excusez-moi, je je suis un petit peu en avance.
Je suis maître German.
Il est joli, ce blouson.
Cadeau de ma soeur.
Pourquoi ce ton provoquant ?
Vous me demandez, je vous réponds.
Je vous ai rien demandé.
Je vous ai dit, il est joli, ce blouson.
Alors, pardon de vous avoir répondu.
Je voulais pas vous provoquer.
Vous êtes pas obligés de me dire pardon.
Vous pouvez Juste dire merci.
Merci.
Et vous avez fait du bon travail.
Merci.
Je connais pas le numéro.
Répondez. Mettez sur haut-parleur.
Dites que je suis pas là, s'il vous plaît.
Monsieur Masson ?
Monsieur Masson est absent. Je peux prendre un message ?
Est-ce que vous pouvez lui dire que c'est maître German ?
Je suis devant le tableau.
Le Schiele.
Oui, oui, oui.
Oui, bonjour.
Alors ?
Ah tiens, vous êtes là, en fait.
Pardonnez-moi, maître. Je ne savais pas que c'était vous.
Dites-moi ce tableau.
Écoutez, il y a un châssis. Il y a des clous.
Il y a de la matière.
Il y a une étiquette au dos du "Kunstmuseum de Bâle".
Avec une date.
1928.
Je vous envoie une photo.
Vous voulez voir ?
Alors, ça vous dit quoi ?
Euh...
Oui ?
C'est quoi ce truc ?
Eh ben, il paraît que c'est un Schiele.
Oui, j'ai vu.
Ça vient d'où ?
De Mulhouse.
C'est un jeune ouvrier chimiste de 30 ans qui l'a chez lui.
J'en sais pas plus.
99%, c'est un faux.
Ah, pas 100% ?
Sur téléphone, je dis pas 100%.
Des Schieles, il y en a eu en circulation ces dernières années.
Des faux, oui.
Pas mal fait.
Mais l'analyse chimique a révélé des pigments postérieurs à 1970.
Il fait comment, à Lausanne ?
Moche.
Je suis dans mon bain, j'ai envie de me noyer dedans.
Je suis sans Amour. Et quand je suis sans Amour, j'ai envie de mourir.
Et à Paris ?
À Paris, il fait beau.
Bonne nuit.
Oui ?
T'as bien dit Mulhouse ?
Oui, j'ai dit Mulhouse. Pourquoi ?
T'as toujours une passion pour les voitures de collection ?
Ça va ?
Ça va, et toi ?
Alors ?
Heureux ?
C'est sublime de beauté.
Vous êtes déjà venu à Mulhouse ?
Moi, c'est la première fois.
Et vous êtes allé au musée Schlumpf ?
J'ai jamais mis les pieds, je conduis pas.
Et puis moi, les belles voitures.
En 15 ans de vie commune, t'as bien dû en changer 8 fois, non ?
7 !
C'est pas pour ça qu'on a divorcé.
Maître, pourquoi vous m'avez contacté par courrier ?
Ma boîte mail a été piratée.
Et puis je fais confiance au papier.
Je sais, ça fait très province.
C'est pas du tout ce que je voulais dire.
C'est Juste par la suite...
S'il y a une suite, faut que je dise, ce sont des gens très très simples.
Vos clients ?
Le garçon est ouvrier chimiste ?
Ouais, c'est presque un gosse.
Il a pris cet appartement pour être près de chez sa mère.
Elle est veuve. Le mari était mineur. Enfin, vous voyez.
Pourquoi nous avertir que ce sont des gens très simples ?
À la prochaine sortie, vous prendrez le rond-point, puis à droite.
Je vous avertis pas. Je dis Juste qu'ils vont être très impressionnés,
puisque vous êtes les grands experts.
Pas experts, spécialistes.
Mais une différence ?
Un expert, c'est une autorité indépendante.
Reconnue par tout le monde, même si, quelquefois...
Bref.
Il a le pouvoir de dire : Ça c'est un vrai Picasso, ça c'est un vrai Rembrandt.
Ou un faux. Et tout le monde s'incline.
C'est-à-dire que nous, on est Juste les salariés d'une boîte
à qui on demande à combien on peut vendre le truc.
Enfin, vous savez quand même reconnaître un vrai...
Excusez-moi.
Oui.
On sera là dans une minute.
Ils sont morts de trouille.
Pardon pour le retard.
C'est de notre faute.
Bonjour.
Bonjour.
Bonjour monsieur.
Bonjour.
J'ai préparé du café chez moi.
On va voir le tableau.
On prendra le café après.
Bien volontiers, merci madame.
Je prendrais bien un café moi.
J'ai perdu la santé depuis la mort de mon mari.
J'ai jamais fumé. Pas comme lui.
Ni comme lui.
Mais des fois, je sais pas où est passé mon souffle.
Et vous êtes là depuis longtemps ?
Maman, moi j'étais à Tannes avant.
Pardon ?
À Tannes.
Ah oui, pardon.
Ça nous paraissait une affaire ce viager.
Mais Monsieur Kemp, pour casser sa pipe, il a pris son temps.
L'année dernière à 98 ans.
C'est un bel âge pour partir.
Ça nous a fait quand même un peu long.
Je suis désolé.
On se moque pas de vous madame.
Même si c'est une très mauvaise contrefaçon, on se conduit pas comme ça.
C'est nerveux.
Le tableau est vrai.
Il est vrai.
C'est hallucinant.
C'est une chose comme on n'en voit qu'une seule fois dans sa vie.
C'est un tableau très connu.
C'est un chef d'œuvre.
On le croyait détruit. Il a disparu en 1939.
C'est le chauffage ça.
Vous l'estimez à combien ?
Tu dirais quoi ?
10 ?
12, au démarrage.
10, 12...
Millions.
Maman !
Votre photo nous a trompés.
Vous n'avez pris qu'un détail.
Je voulais vous montrer la signature.
Chi le lapin en 1914, d'après les Tournesols de Van Gogh.
Il les avait vus en 1906.
Il a voulu les réinterpréter.
Là ils sont morts parce que c'est la première guerre mondiale.
Comment va-t-Elle ?
Fatiguée. Je l'ai mise au lit.
Le docteur va venir ?
Elle est Juste fatiguée.
Les livres, tout ça, c'est à vous, l'ancien propriétaire ?
Moi je lis pas ça.
Il aimait les polars apparemment.
Il était flic.
Enfin, à la retraite.
Sinon, y avait autre chose ? Des papiers, des documents ?
Des choses qu'on a jetés, ouais.
C'est dommage, quel type de choses ?
De la paperasse, des factures, des conneries.
J'ai pas trouvé le temps de virer tout ça.
Tant mieux.
Y a ça, sinon...
Vous avez la clé ?
Non, j'en ai pas vu.
Vous savez pas ce qu'il y a dans cette valise ?
Vous vous êtes posé la question ?
Moi je sais pas, j'ai pensé du linge, des sous-vêtements...
Une valise fermée à clé ?
Ouais, c'est eux.
Elle, elle est partie il y a plus de dix ans.
Partie ?
De maladie.
Et vous parlez d'elle ?
Il n'y parlait pas beaucoup.
Oui, il y avait de bonnes raisons pour ça, apparemment.
Bertina, tu traduis ?
Je lis l'allemand, si vous voulez.
"Sicherheitspolizei."
Police de sûreté.
C'est un organisme qui coiffait la police criminelle allemande, la Kripo,
et la police secrète d'État, la Gestapo.
Voilà à quoi ils ont passé leur belle jeunesse, vos anciens propriétaires.
Vous voyez ?
Ils bossaient avec la police allemande.
Ce tableau a été acheté en 1918 par le mécène des Gönschile, Stefan Wohlberg.
Il a écrit dans les années 50 un livre sur son histoire.
Il était autrichien, comme Schiele, et juif.
En 1938, l'Autriche est annexée par les nazis,
et le responsable des affaires juives, c'est Adolf Eichmann.
Et les juifs peuvent encore partir, mais ils doivent payer.
Et payer très Cher.
Je veux bien que tu me donnes un petit verre d'eau.
Ça va ?
Continue.
Donc, Monsieur Wohlberg rassemble sa collection
d'arts expressionnistes pour se rendre en France.
De là-bas, il espère pouvoir rejoindre les États-Unis,
tout vendre, et également faire sortir sa famille.
Mais il est arrêté à Strasbourg par les Allemands.
Lui parvient à fuir, mais sans sa collection.
Pourquoi le tableau, il est atterri ici ?
Il y a un mot qui explique tout, c'est dégénéré.
L'art dégénéré.
C'est le terme qu'utilisaient les nazis pour désigner l'art moderne.
Pour eux, ça valait rien.
Donc c'était des tableaux, soit ils les détruisaient,
soit ils les offraient en pourboire
pour quelques petits collaborateurs locaux, en échange de leurs services.
- Comme les kemp. - Voilà.
Donc, secret total,
puis ils vous vendent la maison,
et tout ce qu'il y a dedans, y compris le tableau.
Pour eux, c'est un tableau maudit, vu sa provenance.
- Et Wohlberg ? - Il a refait sa vie aux États-Unis,
il est décédé il y a une trentaine d'années.
Et sa famille d'origine ?
Ils sont morts.
Ils ont été gazés à Auschwitz, ils sont tous morts.
Bon, moi je veux pas de ce tableau.
Enfin, je veux pas avoir de sang sur les mains, donc...
donnez-les aux héritiers.
Enfin, à qui vous voulez.
Voilà, moi j'en veux pas.
- Pour que tout soit Clair. - Oui ?
En général, possession vaut titre.
Mon client a acheté cette maison il y a cinq ans,
c'est le délai de prescription pour les œuvres volées.
Sauf s'il y a spoliation ?
On est d'accord.
Le tableau sera restitué aux ayants droit du propriétaire légitime,
il n'y a aucune discussion là-dessus.
Il y a un mais ?
Mon client.
Ce tableau, il l'a acquis en toute bonne foi.
Il n'est pas une institution, il a droit à quelque chose.
Mais ça, maître, c'est pas à nous de décider.
Faire mousser le produit,
il me semble que ça fait aussi partie de votre métier,
vous pouvez faire pareil avec mon client.
On va essayer.
J'espère que vous pouvez faire mieux que ça.
9000 au fond de la salle.
9000
9500 au téléphone.
9500, 10 000 par madame.
10 000 pour madame.
Nous avons 11000.
11100
11100 monsieur. Je ne prends pas d'enchères par pallier de 100,
sinon nous sommes encore là ce soir à minuit.
Je peux vous proposer 11500. Ça vous intéresse ?
11500 voulez-vous, non ?
Non, j'adjuge.
12 000 sur le live.
12 000 sur le live.
12000 ici.
13 000 à la porte-naître.
13 pour monsieur.
13 000 contre vous.
Amélie, 14 ici au téléphone.
Nous avons 14 000.
Monsieur ?
Monsieur ?
Non. Au live non plus.
14 000 une fois.
14 000 deux fois.
14 000 trois fois.
Adjugé.
Pour le OA, 48.
Merci.
Le lot suivant est une édition originale de Jean-Edouard Dumonin.
Alors attention, c'est une pièce unique.
Nous allons débuter à 3 000 Euros.
3 000 Euros pour débuter. 3 000, c'est pris, 3 000.
3 000 ici.
3 000.
4 000.
4 000 ici.
5 000.
5, monsieur.
5 000.
6 000.
6 000.
6 000, pas mieux ?
Au premier rang, 6 000.
Amélie, toujours rien ?
7 000, monsieur.
7 000, ce n'est pas Cher.
Amélie, quelqu'un au téléphone, non ?
7 000 ?
7 000.
On reprend à 8 000.
8 000.
8 000 pour monsieur.
Est-ce que nous avons 9 000 ?
Non. C'est notre dernier mot ?
8 000.
Alors 8 000 une fois.
8 000 deux fois.
8 000 trois fois.
10 000.
10 000.
Ici, 10 000.
10 000 pour madame.
11 000 ici.
12 000.
12 000 pour madame.
Personne ne dit rien.
Nous avons 12 000.
Une fois.
Deux fois.
Trois fois.
15 000.
15 000.
15 000 pour monsieur.
Vous demandez à voir.
Approchez-vous s'il vous plaît.
Montrez la tranche aussi.
15 000 pour monsieur.
Nous sommes à 15 000 dans la salle.
Pas mieux ?
25 000.
25 000 pour madame.
25, ici.
- 30 000. - 30 000 pour monsieur.
- À haute voix, 30 000. - 30 000, que fait-on ?
35. - 35 000.
35000. - 40 000.
40 000.
Alors, les enchères sont toujours dans la salle.
Nous sommes à 40 000, madame.
Que fait-on ? En voulez-vous ?
Encore une enchère peut-être ?
Madame ?
40 000 une fois, sans regret.
Madame ?
40 000 pour monsieur.
40 000 une fois.
40 000 deux fois.
Trois fois, adjugé.
On se connaît, je crois.
Pas du tout. Laissez-moi.
J'avais un client pour ce livre.
Il vient de se désister.
Vous m'avez fait faire une mauvaise affaire.
J'ai le sentiment que vous l'avez fait exprès. Pourquoi ?
Je sais pas de quoi vous parlez.
Attendez, vous m'avez fait perdre beaucoup d'argent.
Vous me devez une explication.
Vous n'en aviez pas vraiment envie de ce livre, si ?
Non.
Mais vous, oui.
Comment vous l'avez su ?
J'en savais rien, je l'ai senti.
Aurore.
Non !
Lâchez-moi !
Non, non, non, tu pars pas comme ça.
T'es devenue bien jolie, toi.
Depuis quand tu fais les salles de vente ?
Lâchez-moi, j'ai mal !
- C'est Rouge, là. - Princesse du petit pois.
Raconte-moi, tu t'amuses à quoi dans la vie,
à part me faire acheter à perte ?
Je vends des fringues.
- Des fripes. - Vraiment ?
Tu promettais mieux.
Il en pense quoi, ton père ?
Vous parlez pas de lui !
Ma petite chérie, je parle de ce que je veux.
- Il en pense quoi ? - Rien.
De toute façon, c'est pas mon père.
Ma mère m'a tout dit quand elle a cru mourir du Covid il y a trois ans.
Mon père, c'est vous.
Elle est retournée au Costa Rica.
Et lui, il s'est suicidé.
Il a avalé de l'eau de Javel.
Il est mort.
Ils t'on dis quoi pour le tableau, alors ?
Ils m'ont dit qu'il était volé.
Mais non.
Si, si.
J'ai pas le droit de le garder, j'ai pas le droit de le vendre.
Je dois le rendre. Fin de l'histoire.
S'il a été volé, c'est qu'il vaut du fric.
Ils t'on dit combien ?
Qu'est-ce que ça peut faire puis que je dois le rendre ?
Bah, à nous tu peux le dire.
Oui, mais je sais pas.
Quant on ment, il faut savoir mentir.
Vas-y, là, dis combien.
Pas mal.
Mais pas mal, c'est combien ?
Vas-y, dis.
- Allez, là. - Dix, dix.
Dix ?
Dix. Dix Mille ?
Dix, avec trois zéros, dix Mille.
Il est chez nous, bien entendu.
Euh, non, il est encore chez le garçon.
Vous ne l'avez pas récupéré ?
Bah, j'allais pas le lui arracher des mains.
On n'a encore rien signé.
Laissez-moi un instant.
Ah, pour la collection Sainte-Grate, en fait, Paul Bélanger a dit oui.
Super.
Tu vois, ma stagiaire ?
Aurore ?
Oui. C'est quelqu'un qui va bien ?
Pourquoi ? Elle se débrouille bien.
Oui.
Enfin, c'est toi qui me l'a recommandé.
Je trouve qu'il y a quand même du dossier chez cette fille, mais...
Ça n'a pas toujours été très facile pour elle.
J'ai eu affaire autrefois à son père, qui était dans les livres anciens.
Il a eu pas mal d'argent.
Il a eu ? Il a plus ?
C'est une histoire épouvantable.
Il s'est fait voler comme dans un bois par un associé,
qui en plus est parti avec sa femme.
Ensuite, le fisc est passé par là, il a ratiboisé.
Il n'a plus rien.
Je savais pas.
Le chef ?
J'ai parlé avec New York.
La situation n'est pas favorable.
Excusez-moi ?
Un tableau spolié.
On réclame un pourcentage.
Ils m'ont parlé de kidnapping, de chantage.
Il chie dessus.
André, s'il te plaît.
Pardon, ils ont un peu peur.
Je préfère.
Moi aussi.
Mais vous savez ce que je pense des juristes anglo-saxons en général,
et du service juridique new-yorkais en particulier.
Est-ce qu'ils ont au moins contacté les héritiers ?
Leur service juridique ne veut pas s'en occuper.
On fera sans eux, c'est pas la première fois.
Vous oubliez que les héritiers Valberg sont tous américains.
Bon, alors on fait quoi ? On laisse ce chef-d'oeuvre partir chez...
Voulez-vous, s'il vous plaît, me laisser penser ?
Martin.
Martin.
Il y a ton ami qui est là.
Bon, je dois me préparer.
Je vous laisse.
Au revoir.
Salut, Sine.
Qu'est-ce que tu veux ?
Rien de spécial.
Je pouvais pas dormir, alors je suis venu.
Pourquoi ?
Bah, je veux le revoir.
Maintenant que je sais qu'il vous dit patate.
Pourquoi ?
Pour comprendre.
Comprendre quoi ? Y a rien à comprendre.
Tu vas vraiment le leur laisser ?
Vas-y, je suis pas réveillé, là.
J'ai pas envie de faire la conversation.
Déjà, tu me parles autrement, s'il te plaît.
Non, mais arrête. Je dis pas ça. Mais Juste...
Arrête de regarder ce tableau. Tu te fais du mal, là.
- Oublie-le. - Non, mais tu t'entends, mec ?
Je peux regarder un tableau ?
Je te dis Juste de l'oublier. C'est tout.
T'as déjà regardé derrière ?
Ne touche pas, ne touche pas. Ne touche pas.
C'est quoi maintenant ? C'est ton bébé ?
C'est la première de tes yeux ?
Non, mais le touche pas, tu vas l'abîmer.
Non, je vais pas l'abîmer.
Arrête. Écoute, si tu veux qu'on reste potes,
tu regardes pas ce tableau.
C'est comme s'il était plus là. Voilà, tu l'oublies.
C'est...
Ah ouais.
T'es devenu un vrai con, toi.
Arrête !
Bonjour.
Bonsoir.
Bob.
"Je vous présente André Masson."
Bob Wahlberg.
"Ravi de faire votre connaissance."
"Vous l'avez trouvé ?"
"C'est sûr ?"
"Ce n'est pas un rêve ?"
"No, M. Wahlberg, c'est bien réel."
"Et ce n'est pas un faux ?"
"Je mettrais ma vie en jeu. C'est authentique."
"Mon père serait si heureux."
"Il jeûnait tous les lundis, assis sur un tabouret,
en souvenir de ses proches disparus."
"Et j'ai toujours pensé qu'il pleurait ses tableaux
autant que ses proches disparus."
"Le tableau de votre père a été trouvé par un jeune homme,
un très jeune homme, il travaille la nuit."
"Il est ouvrier d'usine,
et il fait tout pour aider sa mère et sa famille."
- "Et sa mère..." - "Désolé, veuillez m'excuser."
"Je dois prendre cet appel."
"Bonjour, Ben."
"Oui, je viens d'arriver, et nous nous sommes réunis..."
C’est du Dickens ou du Zola ?
C'est la simple vérité.
Vous êtes l'avocat de M. Wallberg alors ?
Pour la France, oui.
C'est son cabinet de conseil américain qui est en charge du dossier.
On est d'ailleurs très surpris que vous n'ayez pas choisi New York pour la vente.
Je vous expliquerai pourquoi.
"Je vous en prie, servez-vous."
"Merci, mais je ne mange pas ça."
- "Désirez-vous autre chose ?" - "Non. C'est bien comme ça."
"En fait, nous sommes actuellement dans le mois d'Adar,
le mois de la justice et du don."
"Au plus profond de moi, je veux être honnête,
mais je ne suis pas seul dans cela."
"C'était mon frère à qui je parlai au téléphone tout à l'heure."
"Et il a souligné que nous n'avons d'obligation envers personne."
"M. Wallberg, le jeune homme dont nous parlons
ne veut pas profiter de ceci."
"Il ne connaît rien de l'art et..."
"Comme je l'ai dit auparavant, et comme je l'ai dit à mon frère,
le mois d'Adar est le mois de don."
"Donc..."
"Voici ce que je propose."
"Je suis l'un des neuf héritiers juridiques."
"Est-ce que votre jeune homme...
voudrait être le dixième ?"
Prochain rond-point, quatrième sortie à droite.
Perte de temps. Il aurait tout pu faire par mail.
C'est beaucoup plus sympathique comme ça.
A quelle heure c'est le rendez-vous ?
C'est pas toi qui l'a pris ?
Au Tirol, en ce moment.
Mais oui.
Elle est au ski.
En Autriche, alors que la Suisse est là.
Elle rentre quand ?
Je vous donne son numéro personnel.
Oui, merci beaucoup. Pardon, merci.
Oh bah, c'est le pompon !
Je peux pas revenir dans une semaine.
J'ai la succession Offenburg, je peux pas manquer.
Moi, je peux pas laisser ce tableau là-bas. Ça me rend malade.
Il y est resté soixante-dix ans, pourquoi pas une semaine de plus ?
Parce qu'il est incognito, maintenant tout le monde va le savoir.
Non, non, c'est trop.
Je suis face au glacier de Pitztaler Gletsjer.
C'est très beau. Il fait un temps magnifique.
Vous pouvez pas attendre ces petites vacances ?
Je suis pas à votre service, André.
J'ai eu deux années lourdes, j'ai été malade, j'en avais besoin.
Que disent les héritiers ?
Ils sont d'accord pour que le tableau soit vendu par notre maison.
Et pour mon client ?
10 % du prix de vente global, c'est leur proposition.
Maître Eggermann ?
Excusez-moi.
J'avais une frite dans la bouche, ça me paraît très bien.
Bon, formidable.
On vous fait parvenir les contrats, et puis
prévenez Martin, on va récupérer le tableau.
Tout de suite, là ?
Je serai pas tranquille tant qu'on l'aura pas récupéré, fait nettoyer, assuré,
et puis faut commencer le "promotionnal tour".
Pardon, mais le quoi ?
La tournée promotionnelle.
Faut faire mousser le produit,
y a des grands investisseurs qui vont commencer à s'y intéresser.
Ok.
Bon, bon ski.
Merci.
- Il parait qu'ils sont nuls. - Mais oui.
Nous on se fait toujours les quota.
Nous, on vient d'arriver.
Martin ?
Tu veux quoi ?
Je m'excuse pour l'autre jour.
Tu sais que ça veut rien dire, je m'excuse.
Toi, ta gueule, je te cause pas.
Ta gueule de quoi ?
Attends, attends, attends.
Ta gueule de quoi ?
Je te cause pas, je parle avec Martin.
Dis, ta gueule à qui ? En fait je comprends pas.
- Ta gueule à toi. - Pourquoi tu me dis ta gueule ?
Parce que je te parle pas à toi.
Attends, tranquille.
T'as un problème ?
T'as un problème ou pas ?
C'est quand même ton pote.
T'as un problème ou pas ?
Eh, reste tranquille, toi, je te dis.
Reste tranquille. Je te cause tranquillement, moi.
Pas ton pote, toi, qui me dit ta gueule comme ça.
Tu vas où ?
Prendre mon bus.
Dis, Paco, reste tranquille.
Bon Ben tu t'excuseras avec lui aussi.
Oui, compte là-dessus.
T'aurais pas marre qu'il te lèche le cul un peu, Jamel Nabouz ?
T'es venu pour t'excuser ou pour ramener ta merde ?
Ok, c'est bon, j'ai compris.
- Mais attends, attends, attends. - C'est bon, salut.
Arrête, arrête, arrête.
C'est bon, allez, allez, ça va.
C'est bon.
Tu t'excuses aussi ?
Toi d'abord avec Kamel.
Ok, ben, on s'excuse tous ensemble alors.
Ben non, pas lui, non.
Pas lui ?
T'as vu comment il me parle le mec ?
Tu casses les couilles.
Les transporteurs sont passés ce matin.
Ils ont mis trois plombes à l'emballer, à le décrocher et tout.
Je te jure, on aurait dit un grand blessé.
Ça fait un vide, hein ?
T'as remarqué ça ?
Il vous plaît ?
C'est...
Monsieur ?
Je veux voir ma fille, monsieur.
Tu me dois 89 Euros.
C'est quoi ?
C'est un kit de test ADN.
Tu pensais qu'il allait pas m'appeler, mais il l'a fait.
Non, mais il a raconté n'importe quoi. Il a menti.
Tu devrais traiter personne de menteur, ma chérie. Personne.
Papa ?
Ah, je suis encore ton père ?
Ravis de l'apprendre.
En tout cas, je suis pas mort.
Pas encore.
Ces messieurs et dames en sont témoins.
Aurore ?
Venez dans mon bureau.
Je peux pas.
Mais si, bien sûr que si. Allez, venez.
Fermez la porte, s'il vous plaît.
Qu'est-ce qu'il a, votre père ?
On doit lui remplacer la hanche.
Asseyez-vous.
Je vous demande de vous asseoir, Aurore, s'il vous plaît.
Votre vie privée, votre vie de famille ne me regarde pas
tant que ça ne déborde pas ici.
Il est malade.
Enfin, s'il doit se faire changer la hanche, ça le rend pas fou.
Il vous traite de menteuse. Il sait de quoi il parle.
Vous pouvez me dire ce que vous avez dans la tête, Aurore ?
Non, je peux pas.
Xon-Rue-Longemet.
Pardon ?
Xon-Rue-Longemet.
C'est mon lieu de naissance.
Vous savez pas où c'est ?
Personne ne sait où c'est.
Et quand on monte à Paris, qu'on vient de Xon-Rue-Longemet,
qu'on est habillé comme à Xon-Rue-Longemet...
Pourquoi vous me dites ça ?
Je vous dis ça parce que quand on prend mes mesures,
je repense à tous ces petits cons du collège,
les un peu plus importants de Xon-Rue-Longemet,
qui m'humiliaient à longueur de journée.
Alors c'est idiot, mais d'ici, maintenant, ça motive.
Tout ça pour vous dire que vous avez pas inventé la honte, Aurore.
La honte ?
J'ai pas honte.
Je m'en tape que vous soyez de je sais pas où Longemet,
j'en ai rien à foutre de vos histoires de costumes.
Vous pensez qu'à ça ?
Avec vos voitures, vos cravates et vos montres, vous êtes pitoyable.
Un connard prétentieux qui jouit de son petit pouvoir sur moi.
Mais c'est fini, ça s'arrête aujourd'hui. Je me casse.
- C'est pas vous qui décidez. - Ah bah, si.
Vous, vous restez ici, Aurore.
Vous bougez pas, vous me touchez pas, ou je porte plainte pour agression.
Je ferai de votre vie un cauchemar.
Vous êtes complètement ravagée.
Vous avez pas idée à quel point je vous hais.
C'est bien Samson Kerner qu'on attend ?
De la Fondation Kerner ?
Je croyais qu'il était mort.
Quand il a su qu'on a trouvé un Egon Schiele, ça la ressuscité.
Je veux bien du champagne.
Oui.
C'est moi ou t'es rayonnante ?
Je suis amoureuse.
Ma félicitation.
Toi, tu m'as l'air un peu nerveux, un peu à vif.
Ta stagiaire, tu t'en es vraiment séparé ?
Oui.
Enfin, elle est partie d'elle-même.
Bon débarras, une vraie folle. Une folle.
Bienvenue à Paris, Monsieur Kerner.
- Bonjour. - Bonjour.
Bonjour.
Je vous en prie.
Bien.
Nous sommes ici très fiers de cette découverte.
Je crois que nous pouvons parler d'un miracle.
Nous sommes très fiers de cette découverte.
On peut parler d'un miracle.
Cette oeuvre, "Les tournesols fanés" d'Egon Schiele,
nous la pensions disparue,
engloutie dans le chaos de la Deuxième Guerre mondiale.
...
Et Elle était en fait évanouie
en 1939, avec l'ensemble de la collection de son possesseur.
...
Je suis très déçu,
"Je suis déçu".
"Je suis très déçu"
...
ce n'est pas du tout ce à quoi je m 'attendais.
...
"Le tableau est beaucoup plus abîmé que ce que je pensais."
...
"Ce n'est pas du tout un tableau de premier choix."
...
"C'est un tableau de qualité très médiocre."
Oui, allô ?
C'est Maître Higgerman.
Ça va André ?
J'ai été mieux.
Et vous ?
Moi ça va, merci.
Rochebourg, ce nom vous dit quelque chose ?
C'est l'avocat français de la famille Walberg, oui.
Qu'est-ce qu'il veut ?
Il m'a contactée.
Il a été très direct.
Il m'a dit : Voilà, on sait que ce tableau va très mal se vendre,
il ne faut pas qu'il aille aux enchères.
C'est invraisemblable.
Il m'a fait part d'une offre d'achat privé pour 8 millions d'Euros.
Selon lui, il faut l'accepter tout de suite.
Enfin, 8 millions d'Euros, c'est n'importe quoi.
Il n'en est pas question.
Évidemment, j'ai dit, on ne vendra le tableau qu'à Travers Monsieur Masson.
Vous êtes parfaite.
C'est vrai.
Je tâche de le joindre et je vous appelle.
D'accord, on se tient au courant.
Bonsoir André.
Merci.
Maître Rochebourg, je ne suis pas disponible.
Laissez un message et je vous rappellerai.
...
Une fois votre message enregistré...
Oui ?
Bertina, on a un problème.
Écoute, là, je ne suis pas seule.
Non, mais quand est-ce que je peux te parler ?
Je ne suis pas seule, mais je suis encore à Paris.
- Tu es chez toi ? - Oui.
Je peux être chez toi dans une heure.
Ok, très bien.
Merci.
Fais voir ta gueule.
Tu as bu combien de verres ?
Pas beaucoup.
Combien ?
Euh... Quatre.
Cinq petits.
Mais j'ai mangé.
Donc ça fait que... comme trois.
L'avocat ne t'a pas rappelé ?
Non.
Moi, j'ai appelé, mais finalement, je n'ai pas laissé de message.
Je ne vais pas... avoir l'air de supplier.
Tu en veux ?
"Single malt."
Bien turbé.
Je veux bien prendre un bain.
Tu as de nouveau une vie privée ?
Merveilleux.
C'est surtout compliqué.
Appelle Wolberg,
demande lui qu'il fasse cette offre. Insiste.
Je ne peux pas faire ça sans passer par Auxbourg.
Même si tu arrives à lui parler, il t'opposera le secret professionnel.
8 millions... il n'y a pas de question.
C'est quand même nous qui sommes décisionnaires.
Oui, à 10%.
Mais c'est quand même à nous de décider de comment se vend ce tableau.
Il est encore assez tôt à New York.
Non mais je ne vais pas l'appeler du coup.
Pourquoi ?
Parce que...
T'es devenu tellement lâche.
"Ce tableau, de droit, appartient à notre famille."
"Et nous avons le droit d'en faire ce que nous voulons."
"Puis-je vous demander qui vous a fait cette offre pathétique ?"
- "Vous trouvez que c'est pathétique ?" - "C'est ridicule, scandaleux, oui."
"Je comprends que ce n'est pas dans votre intérêt
de laisser le tableau se
"mais je ne veux pas risquer d'être laissé haut et sec.
"Bob, cette possibilité n’existe pas".
"La demande d'Egon Schiele n'a jamais été si forte, vous le savez."
"Je mettrais en jeu ma réputation et celle de Scottie aussi."
Monsieur Masson, j'ai un rendez-vous. Nous parlons plus tard.
Merci, au revoir.
Du café ?
Tu vas te rendre malade.
Qu'est-ce-que ça peut te foutre, je suis déjà mort.
Arrête de gémir et arrête de boire.
Au moins, tu as été prévenu.
Tu pourras remercier Maître Herman, en fait.
Je l'aime de plus en plus, cette fille.
Tu devrais lui dire, elle est aussi célibataire que toi, tu sais ?
Ce n'est pas du tout une fille pour moi.
Tu ne veux pas que je t'aide à aller te coucher ?
Non.
Ça va aller.
Oui ?
Bonsoir.
Monsieur Masson n'est pas là ?
Pas disponible, c'est pourquoi ?
Je voulais...
Débarrassez-vous.
Non.
Ça fait rien.
Attendez.
Il est là, au fond.
Joli, votre blouson.
Drouot.
150 Euros.
Alors, c'est vous, Aurore ?
Il paraît que vous mentez beaucoup.
Non, c'est vrai.
150 Euros à Drouot.
- Et vous, vous êtes ? - Moi ?
Je suis son ex-femme.
Mais je suis aussi sa collègue.
Et son amie.
Probablement sa seule amie.
Vous vouliez lui parler ?
Il n'est pas en état.
Mais si c'est pour le travail, je peux lui transmettre un message.
Ça... ça concerne pas le travail.
Un instant.
Venez avec moi.
Il en a pour un bout de temps.
Il a tendance à boire trop quand il est seul.
Et il est de plus en plus seul.
C'est un cercle vicieux.
Vous étiez avec lui ?
Je suis plus avec lui depuis 10 ans.
J'ai Juste pris un bain. Je prends tout le temps des bains.
Ça m'empêche de partir en vrille.
Vous vouliez lui dire quelque chose, en particulier ?
Ça vous concerne pas.
Je sais. Mais si je peux vous aider ?
Je lui ai dit des choses que je pensais pas tout à fait.
Je voulais m'expliquer.
Même si ça sert plus à rien.
Je sais pas pourquoi vous pensez tous que plus rien ne sert à rien, qu'il est trop tard.
Il est jamais trop tard pour rien.
Vous êtes plus jeune que je ne pensais.
Vous êtes tellement jeune.
Et alors ?
Rien.
Je dois y aller.
J'y vais aussi.
Non, restez. Il en a besoin.
Pourquoi ?
Vous voulez le savoir ?
Asseyez-vous.
J'ai fait du café.
Qu'est-ce que vous faites là ?
Vous avez dormi ou vous m'avez regardé ronfler ?
J'ai pas dormi, j'ai réfléchi.
Donc j'ai ronflé.
Vous pouvez vous oublier un moment ?
J'ai réfléchi à ce qu'il s'est passé.
Bien. Entre nous ?
Non, pas entre nous. Il s'est rien passé entre nous.
Et s'est rien passé entre nous ?
Donc vous, quand vous m'insultez ou quand vous
me menacez de Porter plainte, c'est rien ?
Ben dis donc, qu'est-ce que ça doit être quand c'est quelque chose ?
Vous m'avez prise de haut, ça m'a énervée.
On oublie ?
Je parle de ce qui s'est passé avec le tableau.
Donc Bertina vous a tenu informée ?
Donc vous savez que c'est cuit ?
Je ne crois pas, non.
J'ai un tout petit peu plus de bouteille que vous,
donc je sais quand je laisse passer ma chance.
Vous ne savez rien du tout.
Mais qu'est-ce que vous imaginez savoir, vous, avec un mois de stage ?
Et surtout, pourquoi je croirais une mythomane patentée ?
Oh, ok.
J'étais là pour vous aider, mais si vous préférez en rester
à vos réflexes de domination masculine, moi, je vais dormir.
Ça n'a rien à voir.
Ouais, c'est ça.
Allez.
A5588.
Je vous demande pardon.
Et je suis prêt à vous entendre, quoi que vous ayez à dire.
Vous voulez un café ?
Euh, non, j'en ai déjà pris cinq.
Je me suis rasé aussi.
Comment vous pouvez m'aider ?
Laissez-moi rappeler M. Walberg.
Non mais Aurore, vous, il ne vous prendra pas.
Alors rappelez-le, vous.
Pour lui dire quoi ?
J'allais vous l'écrire.
En fait, je l'ai écrit.
Je ne sais pas si vous le méritez.
"Mr. Walberg, ici André Masson."
"Désole de vous réveiller mais je dois vous parler."
"C'est très important, important pour vous."
- "Concernant hier..." - Je crois qu'on s'est tout dit."
"Non, Bob, loin de là."
"Je viens de découvrir que vous avez été induit en erreur."
"Vous allez vous faire avoir".
"De quoi et de qui parlez-vous ?"
"Je parle de M. Samson Corner."
"Que savez-vous exactement ?"
"L'offre, l'offre de 8 millions pour acheter ce tableau vient de lui, n'est-ce pas ?"
"En effet, M. Corner nous a exprimé son intérêt, mais..."
"Et votre avocat français, M. Rochebourg, n'est pas payé par vous, n'est-ce pas ?"
Non.
"Il est à la commission."
- "Et je ne passe pas par lui pour..." - "D'accord, mais deux choses."
"Primo, M. Corner de la Fondation Corner, du Musée Corner,"
"vous mène en bateau."
"Secundo, M. Rochebourg est la personne qui vous a dit
que le tableau ne rapporterait pas un bon prix."
"Correct ?"
"Comment le savez-vous ?"
"Il est parvenu à un accord avec M. Corner
et a essayé de conclure un marché avec notre avocat pour obtenir un pourcentage."
"Je peux vous envoyer un courriel maintenant avec une explication complète."
"J'apprécierais cela."
"Merci."
Comment vous avez su ?
Mon père s'est fait avoir comme ça.
C'est le coup classique.
On dénigre le produit pour l'acheter à prix cassé.
J'aurais dû m'en douter.
Bertina aussi. Enfin, vu qu'elle est amoureuse.
Dans ces cas-là, on perd toute lucidité, pas vrai ?
Merci.
Il m'est apparu très sympathique, votre papa.
Vous lui avez reparlé ?
Non.
Mais ça va aller, vous deux ?
On s'en remettra.
Maintenant, je vous fous dehors.
Doucement, tu m'étrangles.
C'est parce que tu bouges. Arrête de t'agiter comme ça.
Voilà.
C'est très bien comme ça.
J'ai l'air d'un pingouin.
T'es très beau, mon fils.
Bon, ça me fait chier. Je peux pas.
La cravate de ton père.
Oui, mais elle est moche. Horrible.
- Bonjour. - Bonjour.
- Vous allez bien ? - Ça va et vous ?
Ça va.
Vous avez pu disposer de vos jours facilement ?
Oui, oui, j'avais pris de l'avance.
J'avais pas posé tous mes congés.
Vous avez prévenu vos amis ?
Non, j'ai rien dit à personne.
Ah bon ? Pourquoi ?
C'est pas leur affaire.
Il est très nerveux.
Arrête, maman. Je suis pas nerveux.
Vous voulez pas me jouer un petit morceau de guitare ?
Je suis sûre que vous jouez super bien.
Non, je suis nul.
C'est pas vrai, il joue très bien.
La corrida, il adore Cabrel.
Arrête.
- Juste un peu pour maître Egerman, - Suzanne.
Pour Suzanne.
C'est vraiment obligatoire que j'y aille ?
C'est une très belle ville, Paris. Vous allez être content.
Et puis, Suzanne te fera le guide.
Non, mais arrête, maman.
J'ai pas besoin qu'on me tienne la main, d'accord ?
T'as peur qu'elle te tienne la main ?
Il a peur des filles.
Bon, tu dis un mot de plus...
Jouez ce que vous voulez.
Ça me ferait plaisir.
Merci.
Et voilà pour les deux chambres.
Merci.
Je vous en prie.
Bonjour.
Bonjour.
Bienvenue à l'hôtel Pullman, tour Eiffel.
Oui, c'est moi.
Oui, ça c'est bien passé.
Il est trop chou.
Paralysé de timidité.
Je suis dans la chambre 1972.
Le temps de faire un brin de toilette, je sens la sueur.
Oui, mais à moi ça me dérange.
Tu sens bon...
le gel du bain.
Allez, on y va, Martin.
Nous allons à présent aborder le clou de cette vente historique et unique.
Avec ce tableau d'Egon Schiele, des tournesols fanés,
dont la provenance même est déjà une magnifique légende.
Nous allons démarrer pour ce tableau à 8 millions d'Euros.
8 millions d'Euros.
Ai-je une offre à 8 millions d'Euros ?
J'ai une offre ici avec Kitri au téléphone.
8 millions d'Euros.
9 millions d'Euros ici.
Contre vous, Elise.
Kitri à 10 millions d'Euros.
11 millions ici avec Stéphane.
12 millions pour Benoît.
Samantha, 13 millions d'Euros.
13 millions d'Euros.
14 millions, à nouveau Elise.
15 millions d'Euros pour Samantha.
15 millions d'Euros.
Elle vient à 16 millions d'Euros.
18 millions d'Euros.
18 millions d'Euros.
19 millions d'Euros.
21 millions pour le client de Samantha.
L'enchère est à Samantha.
Elle est contre vous, Benoît.
22 millions.
23 millions.
Je vais adjuger à 24 millions.
24 millions, Samantha.
Ça se joue désormais entre vos deux clients.
L'enchère est désormais à 24 millions.
25 millions, 25 millions pour le client de Samantha, 25 millions, Benoît.
25 millions d'Euros, 25 millions.
J'adjuge à 25 millions
ce tableau d'Egon Schiele pour le client n°120.
C'était fou, non ?
- Oui. - Historique.
Tu n'as pas vu Martin ?
Il n'est pas avec toi ?
Non, il était là et puis je ne sais pas, il a disparu, je ne sais pas où il est.
Va voir aux toilettes. Il vient de gagner plus de 2 millions.
Moi à sa place je serais en train de vomir.
À tout de suite.
Splendide, c'était splendide.
Merci.
Henri n'est pas là, je ne l'ai pas vu.
Justement, je voulais vous en parler.
Vous avez un instant ?
On a fini, oui.
Je voulais vous le dire plus tôt, mais je n'ai pas trouvé le temps.
J'ai restructuré le département.
Henri s'en va,
Francis devient "International Head" à votre place
et vous, vous devenez "chairman".
J'espère que vous en êtes heureux.
C'est fantastique, Harvey.
Excusez-moi.
Je vous en prie.
Tu as mené ça comme un chef d'orchestre, c'était beau.
Merci.
Je vais me casser, je crois.
Pardon ?
Je vais quitter Scotty's.
Tu viens de réaliser la vente du siècle,
tu es le héros du jour et tu parles de tirer. T'es fou ?
Harvey vient de me nommer "chairman".
"Chairman", c'est comme président ?
Mais "chairman", ça ne m'intéresse pas.
J'ai passé toute ma vie dans un bureau.
Ce n'est pas moi. Si ?
Il restructure tout mon département dans mon dos.
Il m'annonce ça comme si c'était une bonne nouvelle.
C'est un manque de respect absolu.
Le pire, c'est qu'il ne s'en rend même pas compte.
Réfléchis quand même.
Il vient de virer Henri.
Il peut me virer demain ou mettre n'importe qui à la place, comme il veut.
Alors que nous, on est au maximum.
J'ai un carnet d'adresses.
T'as un carnet d'adresse.
On se met à notre compte.
Qu'est-ce que t'en dis ?
Martin, c'est encore moi. Rappelez-moi.
Je ne comprends pas où vous êtes passé.
C'est un très beau moment. On aimerait vraiment le partager avec vous.
Martin...
Vous voulez un mouchoir ?
Je vous raccompagne à l'hôtel.
Oui.
Dans cinq minutes.
Tout va bien.
Venez. Allez.
Vous goûtez ?
Vas-y.
Bon.
Pardon, on crevait de faim.
Vous avez bien fait.
J'ai été retenu par les Walbergs.
La famille est là.
Toute la famille s'est déplacée ?
Oui, ils ont réservé une salle en haut pour dîner.
Et d'ailleurs, Martin, il serait Ravi de vous rencontrer.
Moi ?
Oui, vous.
Ça vous ennuie ?
Non, ça va.
Bon.
Mais finissez, je vous en prie.
Vous pourrez venir aussi ?
Avec plaisir.
Oubliez-moi, je suis vidée.
Ça sera pour moi.
Merci.
Pour ce que tu m'as demandé tout à l'heure, je suis d'accord.
Monsieur Walberg ?
Monsieur Martin Keller.
Martin, c'est un plaisir de vous rencontrer.
Enchanté.
Vous allez bien ?
Bien et vous ?
Oui.
Qu'est-ce que vous buvez ?
J'ai pris quoi ?
Un Moscow Mule.
Un Moscow Mule.
Je peux goûter ?
Faites comme chez vous.
Non, mais je veux Juste sentir.
Ah oui, j'en veux bien un.
C'est très bon.
Joyeux anniversaire.
Mon préféré.
C'est vrai ?
Merci.
Et moi, j'ai ça pour vous.
Oh.
C'est une dame dans la Gênes.
Elle veut vendre.
C'est dans la famille depuis 150 ans.
Et bien si c'est vraiment de lui, c'est une découverte.
Incroyable.
On n'a aucune reproduction, mais j'ai trouvé une caricature de cette peinture.
Dans un journal satirique de l'époque.
Le Cherivari.
Ah oui.
Et l'histoire, cette dame me l'a raconté en rougissant.
Pourquoi en rougissant ?
Alors, l'arrière-grand-mère de cette dame tenait un salon,
si vous voyez ce que je veux dire, en face de la Maison du peintre.
Et lui, il lui a offert la toile en cadeau pour ses services.
Une prostituée ?
Une cocotte, une demi-mondaine.
Bref, oui, une pute.
La honte de cette famille, très comme il faut.
Vous me l'envoyez, s'il vous plaît ?
Bien sûr.
Et voilà.
Papa.
Tu vas bien ?
Bien et toi ?
Ça va, merci.
Bonsoir, vous allez bien ?
Bonsoir, ça va.
Tiens, j'ai pris ça pour toi.
Ah bah...
Alors, moi, je vais sentir bon pour l'éternité.
- Attends, je vais la changer. - Non, non, non, c'est très bien.
- C'est à moi. - T'es sûre ?
Je suis trop contente.
Ah, excusez-moi, ça vibre.
Pardon.
Il fais un froid, genre...
Bonsoir, ça va ?
Oui, je commençais à me demander.
Excusez-moi.
Votre table est prête.
Je vous invite à me suivre.
Oui.
Ah, j'allais oublier.
Il y avait ça pour vos bureaux.
Cher monsieur Masson, j'ai acheté une guitare électrique,
j'ai acheté une Maison à ma mère et c'est tout.
Je continue à travailler à l'usine de nuit
parce que je veux pas que mes amis soient au courant.
Et que ça change quelque chose à ma vie.
Mais je voulais vous remercier pour ce que vous avez fait pour moi.
Et je vous souhaite un bon et joyeux Noël.
Martin Keller.
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