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Éteins cette lampe torche.

Éteins la lampe torche.

Je pense que ce serait mieux qu'on y aille ensemble,

au centre de demande d'asile.

Comment tu fais ça ?

On se rend à la police.

Non, non.

Pas la police.

- Pourquoi tu as peur d'y aller ? - Non.

- C'est dangereux. - Non.

Ça va aller.

Tu as un plan ?

Je vais retrouver mon frère.

D'accord.

J'espère que ça va marcher pour toi.

Merci.

Il y a plein de gens dangereux là-bas,

alors fais attention.

Tu nous as dit que tu savais où aller,

et tu nous a dit qu'un bateau de secours

viendrait nous sauver.

Et maintenant, depuis 30 heures, on dérive ici sur cet océan.

Hé mec, j'essaie de réparer ce moteur.

Qu'est-ce que c'est ?

Assieds-toi !

Il y a encore des règles !

Descends, aah !

Assieds-toi !

Retourne à ta place !

Allez, attrapez-le.

Hé !

Monsieur, hé !

- Oh, merde ! - Assieds-toi !

Hé !

Hé, hé, hé, hé.

Hé !

C'est quoi ça ?

Qui est le suivant ?

Hé, hé, hé.

Hé, du calme.

- Assieds-toi ! - D'accord.

Assieds-toi.

Qui veut être le suivant ?

Hein ?

Assieds-toi.

Salut maman.

Salut.

Tu as bien dormi ?

Oui merci, et toi ?

Suffisamment.

Que se passe-t-il ?

La voiture... La voiture, j'étais censé la récupérer aujourd'hui...

Mais le mécanicien dit qu'elle ne sera pas prête avant demain.

Donc tu conduis encore celle des carabiniers ?

Oui.

Tu aurais aimé avoir un fils carabinier, hein ?

Non, tu es bien comme tu es, vraiment.

Sors aujourd'hui, va marcher, fais quelque chose qui te fait du bien.

Tu sais bien que je déteste marcher toute seule.

Oh maman... en Lombardie tu n'aimais pas l'humidité,

en Toscane c'était les gens.

C'est bon j'ai compris,

mais une promenade serait plus agréable avec quelqu'un,

même avec un chien.

Olga arrive bientôt.

Olga... Je ne comprends même pas ce qu'elle dit quand elle parle.

Dans quelle langue est-ce qu'elle parle d'ailleurs ?

Et elle nettoie mal.

Oh maman, tu n'as pas intérêt à faire le ménage.

S'il te plaît n'insiste pas, pas avec des genoux comme les tiens.

Au moins je ferais quelque chose.

Pourquoi tu ne m'as pas dit que tu les avais finis ?

J'ai oublié, il faut les récupérer à la pharmacie.

Très bien, j'irais les chercher à la pharmacie ce matin.

Merci.

Salut.

S'il te plaît traite Olga correctement, on la paie très peu.

Oui, Olga...

Evidemment, on la paie aussi bien qu'elle fait le ménage.

C'est elle qui devrait nous payer.

Encore un putain de bateau.

On en est à quatre par semaine maintenant.

Jamais pensé que ça deviendrait aussi grave.

Ouais, eh bien, c'est grave.

Eh bien, on peut peut-être déménager.

Déménager ?

- Eh bien, on l'a déjà fait. - Où ? Comment ?

Les banques vont nous saisir d'un jour à l'autre.

Bon, maintenant je suis déprimée.

Je vais prendre une brioche.

Papa, tu veux quelque chose ?

Non, ça va, ma chérie.

J'en prendrai deux.

Une à la confiture, une à la cotta.

Bien sûr que tu en veux, Matt.

Évidemment.

Idris, qu'est-ce que tu fais ?

Je ne viens pas avec toi.

Pourquoi ? Qu'est-ce qui s'est passé ?

Tu viens juste de tuer des gens !

Ce n'était pas le plan.

C'était eux ou nous.

C'est quand même mal.

Écoute.

Allez.

Je connais la route.

Allez, suis-moi.

Enlève ça.

C'est la police ou nous.

Allez, allez, allez.

Demandeur d'asile.

Asile.

Demandeur d'asile.

Demandeur d'asile.

Ah, jamais entendu ça avant.

Viens.

Qu'est-ce qu'il se passe ? Je viens vers toi.

Oui, d'accord.

Demandeur d'asile. D'accord, d'accord.

Hé, Eddie, Eddie ?

Hé.

Hé, hé, arrête.

Hé.

Tout ira bien.

Hé, Cappi. Encore deux pour toi.

Merci, les gars.

De rien.

Merci, Matt.

Tu devrais t'impliquer un peu plus

dans ton travail, je pense.

Et tu veux que je fasse quoi, Eddie ?

- Ton travail. - D'accord.

Je m'occupe d'ici, je ne peux pas m'occuper de la mer, d'accord ?

Je n'ai pas vu un seul foutu bateau de garde-côtes

là-bas depuis plus d'un an et demi.

Tu les appelles au moins ?

- Oui, tous les jours. - Et qu'est-ce qu'ils disent ?

Ils adorent m'entendre. Ils sont impatients.

Les policiers du Nord.

Bonne journée à vous.

- Oh. - Cigares ? Cigares ?

Non, non.

Je ne fume pas.

Je ne fume pas. C'est mauvais pour toi.

Moi, j'adore l'italien.

Ah, bien,

tu es dans le bon pays.

Maintenant on va t'enregistrer, d'accord ?

Je suis chez moi.

Je prends toutes les pâtes, j'adore ça.

Oui, bravo.

Bravo, oui.

J'ai toujours aimé l'Italie aussi, mais tu sais,

la Juventus est mon équipe préférée.

Et tout ça pour venir dans le bon pays...

- L'Italie. - Bienvenu.

- Merci. - Je suis très heureux.

Oui.

Juventinus, tu es même "Gobbo"...

Oui, la Juventus. J'ai hâte de voir un match.

Avant que Buffon ne prenne sa retraite, je dois le voir en direct.

Oui, oui. Je peux te dire quelque chose ?

L'équipe la plus criminelle, c'est la tienne, la Juventus.

Donc, peut-être que c'est... La Juventus, criminelle ?

Non, non, non. T'es mauvais.

Vous êtes des mauvais. C'est quoi ton équipe ?

La Fiorentina.

Série A ou Série B ?

Arrête, c'est une question insultante, ça.

Désolé.

Je suis désolé.

Non, parce que tu parles mal de mon équipe, tu sais.

C'est bon, ouais. Comment tu veux que je le prenne ?

Tu critiques la Juventus.

La Juventus, c'est tout là-haut, la meilleure équipe du monde.

Un "Gobbo" africain. Comment tu t'appelles ?

- Ismael. - Ismael.

Depuis combien de temps t'étais sur le bateau ?

Deux jours.

Somalie, puis Éthiopie, Soudan.

Proche du désert, on a été passés en contrebande à Kufra, Libye,

et ensuite on est arrivés à l'océan.

Tout.

Deux fois, on m'a volé, des gens mauvais en Libye.

Des gens très mauvais.

Je déteste les Libyens.

J'ai dépensé au moins 20 000.

20 000 quoi ?

Dollars.

Dollars américains ?

- Oui. - 20 000 ?

Je vois des gens sur Facebook,

je vois des gens sur YouTube,

- mes amis... - Ils font des vidéos ?

Ils prennent des photos. Ils viennent ici.

Ils prennent cette route, tu sais.

Alors maintenant, la Somalie n'est plus sûre de toute façon,

donc tu sais, tu as une chance de venir en Europe,

et de faire quelque chose de ta vie.

Alors, comment vous vous appelez ?

Nom complet.

Allez, on y va.

D'accord, j'ai besoin de vos empreintes digitales.

D'accord, l'autre main.

Suivant.

Attends ici en file, d'accord ?

- D'accord. - Suivant.

Attends ici pour l'enregistrement, d'accord ?

Inspecteur ?

- Oui ? - Combien ?

Je sais pas, 30 peut-être 40.

C'est le quatrième cette semaine.

Touriste ?

Non.

- Américain ? - Américain.

- Américain. - Vous venez d'où ?

Oh peu importe, je déteste cet endroit.

Vous savez ce que vous devriez faire pendant que vous êtes ici ?

- Quoi ? - Sérieusement.

Quoi ?

Louez un bateau, allez voir les îles.

- Ici ? - Ouais.

J'ai une location de bateaux.

Veneto Boating, vous verrez le panneau là-bas.

Là-bas ?

Je vous ferai un bon prix, un prix pour un Américain.

- Vraiment ? - Je peux vous emmener plonger.

- Plonger, je ne sais pas. - Plonger.

- Regardez-moi, je... - Oh, non.

Vous serez géniale.

- Oh. - Vous serez géniale.

C'est magnifique.

Bon, je passerai voir, jeter un œil.

- Passez, passez. - Ouais ? D'accord.

On verra.

On ne sait jamais, hein ?

- Hein ? - Oui !

Le désespoir ne fonctionne jamais en vente, Ed.

Bon, tu sais quoi ?

On est désespérés.

Alors laisse-moi faire ce que je sais faire.

Votre date de naissance ?

1er janvier 1991.

D'où venez-vous ?

Je viens de Somalie.

- Somalie ? - Très mauvais.

Vous savez que ce n'est pas la bonne façon de demander l'asile.

Vous devriez rester là-bas.

Vous pouvez rester là-bas et demander l'asile.

Ce n'est pas comme ça qu'on fait.

Personne ne peut rester en Somalie. C'est très dangereux.

Il y a Al-Shabaab,

il y a des bombes, des morts, tu comprends ?

- Oui. - C'est très dangereux.

Je comprends, mais je ne peux rien décider.

Je fais juste votre enregistrement et on verra ce qui se passe.

Alors j'ai besoin de vos empreintes, s'il vous plaît.

On n'a pas beaucoup de place,

alors bientôt vous serez tous transférés

dans un camp plus grand ici ou peut-être même en Allemagne,

d'accord ?

Ouais, ouais.

Je vais avoir l'asile politique ?

Ce n'est pas moi qui décide.

D'accord.

On va vous enregistrer dans le système,

mais vous devez prouver

que vous êtes persécuté dans votre pays d'origine.

Oui, j'ai des photos.

D'accord, gardez-les, et on verra.

Des gens mauvais en Somalie, Somalie.

- D'accord. - Des gens très mauvais.

Écoutez, je vais juste vous enregistrer.

Mes collègues ici vont vous trouver une couchette, hmm ?

Ça va.

Pas de police.

Pas de police. Tu es blessée ?

Tu n'as pas à avoir peur de moi.

Tu as faim ?

Tu as froid ?

Tu veux venir avec moi ? Viens avec moi.

Tu seras en sécurité. Viens avec moi.

Viens avec moi.

Viens, viens.

D'accord.

Oui, on est amies.

On est de vieilles amies.

Pas de larmes.

Et on va marcher normalement.

On va juste marcher.

On va rester naturelles.

Tiens, prends mon thé.

Ça fait tellement plaisir de te revoir.

Je ne t'avais pas vue depuis si longtemps.

Allez, on va par là.

Ah.

Ce n'est pas une si mauvaise journée.

On va être en retard, allez.

Et ensuite on prend à gauche,

en haut des escaliers.

Ah, bonjour.

Ça va ?

Bien.

Allez, ma chère Nadine.

On peut passer par ici.

D'accord, 2104.

Entre donc.

D'accord.

Alors, je t'en prie,

assieds-toi.

Voilà, voilà.

Tu peux prendre une douche,

et bien te réchauffer.

Oh, viens.

C'est par ici.

Ça te dérange ?

C'est juste là, avec le...

Et tu peux utiliser la brosse à dents,

et le...

et le dentifrice, le savon, tout ce que tu veux.

Et il y a aussi un peignoir, tu vois...

D'accord.

Et...

Laisse-moi voir ça.

C'est un peu humide.

Je vais voir si je peux te trouver des vêtements.

Merci.

Bonjour.

Ouais.

Bonjour. C'est encore moi.

Je voudrais des spaghetti pomodoro,

et une grande bouteille d'eau, plate.

Merci.

Voici ton repas.

Tiens, laisse-moi t'aider.

Assieds-toi.

Oh !

Voilà.

- Merci. - De rien.

L'eau.

Merci.

Je dois appeler mon frère.

Oui.

Mon téléphone est mort.

Tu peux l'appeler ?

Hé, est-ce que tu...

- Oh, merci. - C'est bon.

Allô ?

Selena.

Comment tu vas ?

Ça va.

Je suis si heureux.

C'était horrible, mais je suis en sécurité.

Dis-moi où tu es.

Je peux venir te chercher dans une heure,

quand j'aurai fini mon service.

Tu peux lui dire exactement où on est ?

Il peut venir me chercher dans une heure.

D'accord.

Allô ?

Comment il s'appelle ?

- Oumar. - Oumar.

Bonjour.

On est à l'hôtel Villari

et il y a une entrée de service près des buissons,

donc, on vous retrouvera là-bas.

D'accord.

Une heure ? D'accord.

Merci.

Ouf !

Tu sais ce que je vais faire ?

Je vais aller faire un tour,

m'acheter des clopes,

et je serai de retour dans 50 minutes.

D'accord.

Ça marche ?

Ils sont presque là.

Hé, hé, hé.

Bonne chance.

Hé, comment ça, "bonne chance" ?

Tu dois rencontrer mes amis. Ils vont t'aider.

Je ne veux pas rencontrer tes amis, d'accord ?

Je veux commencer une nouvelle vie.

Je veux faire venir ma famille ici.

Ce qui s'est passé sur le bateau, c'est suffisant.

Écoute-moi,

si tu viens avec moi,

ils t'aideront et feront venir ta famille.

- Les voilà. - Regarde, ils sont là.

On y va. Allez, viens.

Ah, te voilà.

Tu veux qu'on t'emmène ou tu préfères continuer

ta balade dans la forêt ?

Allez, viens.

C'est qui, ce type ?

Le patron te cherchait.

Merci.

Au revoir.

Bonjour.

- Salut Bruna. - Salut Cappi.

Tu es une sainte.

Elle a oublié de les récupérer hier.

Oh ça arrive.

Je sais.

- Et voilà. - Merci !

- Je t'en prie. Salut ! - Salut !

Tu vas à la banque à quelle heure ?

À deux heures.

Ça va aller, papa. Je te le promets.

Je gère.

Je peux avoir quelque chose pour ma digestion ?

- Amaro ? - Oui parfait.

Oui.

Hé.

Salut ma chérie.

Oh, merde, regarde qui vient d'arriver.

Monsieur le maire, quel honneur.

Ouais, c'est ça.

Merci.

Comment tu vas ?

Bien, et toi ?

Bien, merci.

Hé, tiens-toi à carreau.

Juste une question,

tu sais qu'un autre bateau est arrivé ce matin ?

Sérieux ? Tu crois que je ne suis pas au courant ?

Peut-être qu'il s'en fout vu qu'il est payé

peu importe à quel point la situation est pourrie.

Tout ce qui compte pour lui, c'est d'être réélu.

Il se fout que la moitié de la ville fasse faillite

parce que plus personne ne veut venir ici.

Hé, les gars, c'est un problème national, d'accord ?

Ouais, ils doivent faire quelque chose.

Je ne peux pas faire beaucoup plus.

Allez...

Tu sais très bien, et on le sait aussi,

qu'ils vont rien faire.

Ils disent qu'ils les arrêtent de l'autre côté.

Mais, surprise, surprise,

ils montent dans un autre bateau, pas vrai ?

Chaque nuit, partout,

parce qu'il y a de l'argent à se faire

et que les gens sont idiots tu sais.

Alors tu leur fais croire

qu'ici c'est mieux qu'au Sénégal.

Ouais.

Ou que n'importe quel trou à rats d'où ils viennent.

Alors ils dépensent tout leur argent,

ils viennent ici et c'est de pire en pire,

et encore pire depuis 15 ans,

et ensuite tu dépenses tout cet argent pour essayer

de les attraper, les sauver, les loger, les nourrir

et tu les expulses, et ceux

que tu arrives à expulser reviennent aussitôt.

Oui, parce que leurs pays

sont en fait encore plus foutus que le nôtre.

Ce cercle de merde...

Ne profite à personne.

Qu'est-ce qu'on devrait faire, petit génie ? Les abattre tous ?

- Oui. - Stop.

- Oui. - Tais-toi.

Ils volent, ils agressent, ils violent.

Ils apportent de la drogue dans ce pays.

- Eddie, écoute... - Plus personne

ne veut venir ici.

J'ai mis chaque putain de dollar que j'avais dans mon commerce

et je vais tout perdre.

Heureusement qu'on n'est pas des meurtriers.

- Et tu sais ce qui est bien aussi ? - Allez.

Que des types comme vous ne soient pas aux commandes.

Bonne journée, les gars.

Peut-être que je devrais me présenter comme maire, hein ?

Je remettrais cette ville en ordre en six mois.

Oh, tu veux devenir maire ?

Je peux voir ton passeport ?

Hm ?

D'après mes souvenirs, t'es pas italien,

alors pourquoi tu ne retournes pas dans ton pays

profiter des soins gratuits

dans le meilleur pays du monde, hein ?

Abruti.

Quel culot ce mec, sérieux.

Il fait marcher les affaires dans cette ville, hein ?

- C'est le maire. - Qui ?

Est-ce que quelqu'un se soucie encore de cette ville ?

Elle part en couilles.

Comment vous vous sentez en tant qu'étranger en voyant

ce bordel ici ?

Je vais vous dire ce que je pense.

Je pense que ça va empirer encore et encore,

et encore et encore.

Le désespoir dans tous les coins,

ça va exploser sur toute la planète. Partout...

Mais vous savez à quoi je pense vraiment ?

Qu'est-ce que ça ferait... Si j'étais l'un d'eux, en train d'essayer

de réaliser un rêve, un espoir, n'importe quoi,

ou de fuir une guerre ou la faim, provoquées par l'Amérique,

ou un autre pays comme l'Amérique,

qui est à l'origine du problème.

Est-ce que je réussirais ? Est-ce que je survivrais ?

Toute l'horreur qu'ils traversent avant même

d'arriver jusqu'à ces côtes et de se noyer dans la...

Écoutez-moi bien.

J'ai été dans l'armée pendant 30 ans.

Afrique, Moyen-Orient, Soudan.

Je peux vous dire une chose.

Sans frontières, sans vraies lois sur l'immigration...

- Ouais. - Un pays n'est plus un pays.

Non, non, non parce que c'est justement

la raison pour laquelle on est dans cette merde aujourd'hui.

Mais vous, qui avez été militaire,

vous savez encore mieux que moi

ce qu'on a fait à des pays comme l'Afrique.

- Oh, bon sang. - Allez.

Tu ne sais pas de quoi tu parles.

- La putain de CIA. - Tu ne sais rien.

- Vous savez comment ça se passe. - Tu parles

d'il y a 200 ans.

- Non. - On parle d'aujourd'hui.

- D'aujourd'hui. - Oui, d'aujourd'hui.

- C'est la réverbération... - Oh non.

- Pas d'il y a 200 ans. - Non, non.

Quand j'étais enfant, on faisait déjà ça.

Tu n'as pas 200 ans.

Ouais, ici vous avez une main tendue, nonchalante,

on dit : "Allez,

donne-nous ton pétrole, tes diamants,

tout ce dont on a besoin.

Ou sinon, avec l'autre main,

on va juste t'assassiner, toi.

Et installer quelqu'un qui fera ce qu'on dit."

- Vous voyez ce que je veux dire ? - Je vois.

Mais ça ne résout pas les problèmes actuels,

Car il n'y a plus rien dans cette ville,

et on perd notre commerce. Tout le monde perd tout.

Salut.

- Salut. - On doit y aller, Papa.

Ouais.

Ouais. Je dois y aller.

Mais je comprends votre situation.

Je ne crois pas que tu comprennes, ma grande.

Ravi de vous avoir rencontré, madame.

- Bonjour. - Buongiorno.

Bonjour, j'aimerais déposer ceci, s'il vous plaît.

D'accord.

800.

D'accord.

Et j'ai besoin que vous me signez ceci.

D'accord.

Grazie.

Et ceci est pour vous.

Merci.

Oh, merde.

Tu es encore en train de lire le journal ?

Oui, chacun des articles,

je veux savoir ce qu'il se passe dans le monde.

Je vais te dire ce qu'il se passe dans le monde,

de la merde, juste de la merde.

Au moins je n'ai pas l'impression d'être coupée du monde.

Ecoute maman, il vaut mieux être coupée du monde que l'inverse.

Mmm, que c'est agréable.

- Est-ce que tu es sortie au moins ? - Non, pas encore.

Pas encore.

Pourquoi est-ce que tu ne descends pas parler avec cette dame...

Qui ? La Silvani ?

La Silvani ! Elle est disponible, et elle veut toujours parler avec toi,

allez fait quelque chose !

La Silvani, elle veut juste parler de maladies.

Je ne veux pas entendre parler d'arthroses

et de pression artérielle.

Ça suffit ! Je n'en peux plus.

J'ai besoin d'un vrai ami, avec une vraie connexion,

ça me manque, avoir quelqu'un avec qui flâner et se promener me manque.

Je veux un chien.

Tu veux un chien ?

D'accord, allez prends ton cachet.

Je le prendrais plus tard.

Non, tu le prends maintenant, ou tu vas oublier.

Allez, bois.

Oui, allez bois, mon Dieu !

Bien.

A plus tard.

Tu agis comme un policier dans la maison maintenant.

Oui, quelqu'un doit bien le faire ce boulot !

Oui, et bien pas dans la maison.

Salut maman.

Selena ?

Selena, on doit y aller.

Habille-toi.

Oh, d'accord.

Mais on a seulement cinq minutes.

- Tu vas bien ? - Mm-hm.

Tu as pu dormir un peu.

Merci beaucoup, pour tout.

Tu plaisantes ?

Allez, habille-toi, habille-toi.

On doit y aller, allez.

Après toi.

C'est bon, viens.

Bon, on attend juste ici, d'accord ?

D'accord.

Écoute,

j'ai noté mon numéro de téléphone,

alors tu prends ça et tu m'appelles n'importe quand, jour ou nuit.

Mm-hm.

D'accord, reste calme.

Reste calme.

Respire, respire.

Tout va bien se passer.

Tout va bien.

Ça s'arrête, pourquoi ça s'arrête ?

Parce que...

Eh, Signora ?

Vos papiers s'il vous plaît.

- Bonjour. - Bonjour. Pièce d'identité.

Passeport, passeport.

Oh non, je suis citoyenne américaine.

D'accord.

Et j'ai laissé mon passeport à l'hôtel.

Et elle ? Elle a une pièce d'identité ?

- C'est Selena. - D'accord.

Selena, c'est une amie.

- D'accord, oui. - Et elle travaille pour moi.

Je ne pense pas qu'elle ait...

Selena, où as-tu laissé tes papiers ?

Selena, d'accord.

Vous avez vos papiers mademoiselle ?

Vos papiers ? Ok.

- On ne les a pas... - D'accord, vous avez une pièce ?

Non ? Eh, eh, eh.

Non, non, non, non. Doucement.

- Non, non, non. - Non, non, non, non.

- Non. - Anna !

Calmez-vous, mon ami...

D'accord.

Elle travaille pour moi, je m'en occupe.

Non. Elle doit venir avec moi.

Non, non, non. J'ai 200 euros.

Prenez-les.

Vous savez ce que c'est ?

Oui.

Ça s'appelle un pot-de-vin.

C'est criminel. C'est un crime.

- Non. - Si.

Non...

Non.

C'est un don pour tout le beau travail que fait la police.

Ah, d'accord.

Vous me donnez 2 000 euros et vous récupérez votre amie.

- 2 000 ? - Oui.

- Je les ai. - Oui.

Putain de voiture de carabinier !

Je ne les ai pas sur moi maintenant.

Ils sont à la banque, j'irai les retirer à la banque pour vous.

D'accord.

D'accord, donnez-moi votre téléphone.

Non.

- Donnez-moi votre téléphone. - Pourquoi ?

- Donnez-moi votre téléphone. - D'accord.

Voici mon numéro.

- Tenez. - D'accord.

Appelez-moi quand vous avez les 2 000 euros,

et vous récupérez votre amie, d'accord ?

- D'accord. - Oui.

Selena, ne t'inquiète pas.

Selena.

Ne t'inquiète pas pour quoi que ce soit.

On se reverra.

Je te reverrai.

Oumar !

Que s'est-il passé ?

Qu'est-ce qu'il a dit ?

Où étais-tu ?

Je viens juste de finir.

J'ai tout vu.

Je sais, c'est grave.

Il a dit d'apporter 2 000 euros et il la libérera.

2 000 euros ?

Oui, je peux m'en occuper.

D'accord.

- Tu peux faire ça ? - Oui.

Je dois aller à la banque mais oui.

- Merci. - De rien.

Bon, reste en contact avec moi, s'il te plaît.

Oui.

- Très bien. - D'accord.

Très bien.

Allô ? - Bien, j'arrive à t'avoir.

Écoute, j'ai besoin de 2 000 euros, tout de suite.

Tu sais ce qu'il faut faire.

Non, je ne sais pas quoi faire.

Pourquoi tu ne paies pas tes factures avec ta carte ?

J'ai besoin de liquide.

Pourquoi faire ?

Pourquoi faire ? Quelle importance ?

Je suis tombée sur un homme merveilleux qui vendait

ses œuvres dans la rue et je t'assure,

ce sont les plus beaux dessins de chevaux.

Et je dois les avoir, donc ça vaut le coup.

Des putains de chevaux à 2 000 balles ?

Anna, c'est quoi ce bordel ?

T'es défoncée ?

Écoute, je vais pas me disputer avec toi.

Putain d'abrutie.

Monsieur Similini ?

J'ai une surprise pour vous.

Vous en avez demandé un, et je vous en amène deux.

Abdul, tu es revenu.

Excellent.

Qui est ton ami ?

Je suis Idris.

Tu viens d'où ?

De Tulis.

Je suis aussi un bon mécano.

Je peux réparer des voitures, des bateaux, des motos, tout...

Abdul, tu ne lui as rien dit ?

Idris, Idris ?

Idris, oui.

On n'est pas des bricoleurs ici.

Si tu bosses avec nous, tu gagneras bien ta vie.

Tu es sans papiers.

Personne ne t'embauchera en Italie.

Alors, je peux te servir un verre ?

Non, merci. Je ne bois pas d'alcool.

Il a raison.

Ce sera très difficile pour toi de trouver un emploi.

Ils vont te détester.

Tu sais quoi ?

J'ai de la famille ici.

Je vais les appeler et ils m'aideront. Merci.

Non.

Abdul t'a sauvé le cul.

Où est ta loyauté ?

Tu travailles pour nous maintenant.

On prend soin de toi.

Non, merci.

Je le ramène ?

Non.

Laisse-le partir.

Mon papa m'a dit...

Un ami qui te trahit ne mérite pas ton pardon.

Tu m'amènes ça ?

Apprends à mieux choisir tes amis.

Sois pas un idiot.

Va te nettoyer un peu.

Va-t'en.

Papa, viens voir.

Je suis allée à la banque aujourd'hui.

Alors, tu as fait le virement ?

Non, j'ai pas payé tes stupides chevaux.

Reprends-toi, Anna. C'est quoi ce bordel ?

Je ne t'aurais pas appelé

si ce n'était pas important pour moi.

Dis-leur juste : pas d'espèces.

Et tu ne devrais même pas utiliser ta carte pour ces conneries.

C'est du grand n'importe quoi.

Bon sang.

T'as pris de la drogue ?

Connard.

- Buongiorno. - Buongiorno.

Combien puis-je retirer ? J'aurais besoin de 2 000 euros.

Voici ma carte et mon passeport.

D'accord.

D'accord, ici, vous pouvez retirer 300.

Carte de crédit ?

Celle-ci, 500.

- 500, 800, donc. - Oui.

- D'accord, faisons comme ça. - D'accord.

Et demain je peux revenir

et retirer la même somme ?

Selon votre plafond quotidien, mais je pense que oui.

- Selon mon plafond, donc. - Oui.

Un instant.

Alors, vous pouvez signer ici.

D'accord.

Voilà votre argent et tout le reste.

Super. Merci.

Merci.

Grazie, au revoir.

Sí ?

Salut, c'est Anna.

Anna.

J'ai l'argent.

On finira plus tard.

Pardon ?

C'est Anna.

J'ai l'argent, on se retrouve où ?

Tu es à la banque, près du parc municipal, non ?

Oui.

J'arrive dans cinq minutes.

D'accord.

Tu vas adorer, c'est tellement paisible.

Olalala.

Bonjour.

Où est Selena ?

Mon collègue,

il l'amène dans 10 minutes, 5 minutes, d'accord ?

D'accord.

Alors j'attends ici.

Quand je la vois, je paie.

Non, c'est non.

Tu me donnes l'argent et j'appelle mon collègue,

il la ramène.

C'est comme ça qu'on procède, alors allons-y.

N'importe quoi.

Pourquoi je ne lui donne pas directement ?

Écoute, je m'en fous de Selena, d'accord ?

Il y avait une Selena la semaine dernière, cette semaine,

la semaine prochaine, tous les mois.

Tu veux voir ton amie ? Tu me donnes l'argent comme prévu.

- Je m'en fous que... - Merde !

D'accord, d'accord.

Putain.

Tiens, prends.

Qu'est-ce que tu fais ? Qu'est-ce que tu fais ?

Oh, oh, mon Dieu.

Merde.

D'accord. Ouch.

J'ai les cigarettes.

Il n'y a que 1 000. On avait dit 2 000.

Mais c'est ces foutues banques.

Elles ont des putains de plafonds journaliers.

Je peux à peine retirer mon propre argent !

Mais je t'assure que demain je t'apporterai le reste.

Alors amène-moi Selena maintenant.

Donne-moi juste Selena.

- Cinq minutes, d'accord ? - D'accord.

Oh, mon Dieu.

Pourquoi ma vie est comme ça ?

Chut !

Papa !

Papa !

Papa ! Papa !

- Arrête, arrête. - Papa !

Arrête, arrête. Arrête, arrête.

Oh non, recule !

Libre !

Je veux être libre !

- S'il te plaît, arrête ! - Je veux être libre !

Hé.

Regarde.

Je ne sais pas.

Tu sais quoi ? Approche un peu plus.

Je vais aller voir.

Tout ira bien.

Je veux être libre !

Oui, tu le seras, juste laisse-le tranquille.

S'il te plaît !

À l'aide ! À l'aide !

Je veux être libre !

S'il te plaît, s'il te plaît !

Je veux être libre !

- Tu le seras, s'il te plaît ! - Libre !

S'il te plaît, s'il te plaît, laisse juste mon fils.

S'il te plaît. - Doucement, doucement.

- Écoute-moi. - S'il te plaît, s'il te plaît.

Je vais aller voir.

- Stop, d'accord ? - Je veux être libre !

Oui, tu le seras.

- Tu fais quoi ? - Je reviens.

Doucement, doucement.

Je veux être libre !

Oui, tu seras libre !

S'il te plaît, s'il te plaît !

- Je veux être libre ! - Oui, je sais.

S'il te plaît, laisse mon fils.

Non, non, non.

Non, non.

Laisse-le juste tranquille.

- Laisse juste mon fils. - Je veux être libre !

Je veux être libre !

Ça va aller, ça va aller.

- Écoute-moi. - Je veux être libre !

Écoute-moi, ça va aller.

Je veux être libre !

Laisse juste le garçon.

- Donne-moi le couteau. - S'il te plaît. S'il te plaît.

Regarde-moi, pose le couteau.

- Je veux être libre. - Pose le couteau.

Personne ne va te faire de mal, ça va aller.

Lâche le garçon et donne-moi le couteau.

Non, non, non ! Non, non, non !

Merde.

Idiote.

Bonjour monsieur, on a un double homicide.

Le suspect est d'origine africaine, il avait pris le garçon en otage.

J'ai tout essayé mais il ne voulait pas le laisser partir.

Ensuite elle est sortie de l'eau.

Elle lui a tiré dans le dos.

- On a essayé tout ce qu'on a pu. - D'accord, d'accord.

Julia ?

Julia ?

Tu vas bien ?

Ça va ?

Qu'est-ce qui s'est passé bon dieu ?

C'était un accident.

Oumar ?

Oumar, c'est foutu.

Elle n'est pas là.

Je suis désolée.

Tu peux venir ?

Banca Principale.

D'accord.

D'accord.

Non, non.

J'y crois pas. Un lion te poursuivait ?

Ouais, ouais, mec, il arrivait...

Il arrivait de l'autre côté...

Il a failli être arrêté mais...

Il a mangé combien de gens, ce lion ?

Non, non. Heureusement personne n'a été mangé.

Mais la police a failli nous rattraper.

C'est flippant, ça.

Selena !

Selena ?

Hé.

- Quoi ? - Bonjour.

Tu vas bien ? Entre, entre.

Comment tu vas ? Ça va ?

Ça va.

- Viens, entre. Ce sont mes amis. - Salut.

- Viens t'asseoir. - Tu es enceinte.

Oui, je suis enceinte.

Tu viens juste d'arriver ?

Oui, je viens d'arriver.

D'accord. Tu peux lui donner de l'eau ?

Bienvenue.

- Merci. - Ravi de te voir.

Oui, alors raconte-moi ce qui s'est passé.

Hé mon ami,

est-ce que tu peux nous laisser un peu d'espace s'il te plaît ?

On vient de se retrouver là.

J'ai trouvé une dame qui voulait m'aider.

Mais ils m'ont quand même emmenée loin d'elle.

Donc tu te cachais avec cette dame tout ce temps ?

Oui.

En fait, je me cachais dans les buissons au début.

Elle m'a un peu sauvée.

Mais la police est arrivée.

Et maintenant, c'est quoi le plan ? Tu veux...

Tu veux demander l'asile ?

Non, je ne crois pas.

Je pense que je veux encore essayer de retrouver mon frère.

D'accord, d'accord, ça va, pas de souci.

- Oui. - Pas de problème tu sais.

Tu peux prendre ce lit, tu sais ?

Ces gars sont mes amis.

Ce sont des types biens, tu sais ?

- D'accord. - Oui, ce sont des types bien.

Je vais juste prendre ce matelas.

Prendre ce matelas.

Voilà.

Mais la nourriture, ils n'en donnent que deux fois par jour.

Seulement deux fois ?

Oui, donc tu as raté les deux repas d'aujourd'hui.

Mais je peux essayer de trouver à manger pour toi.

Non, j'ai assez mangé aujourd'hui.

Donc, oui. Assez mangé aujourd'hui ?

D'accord, oui.

Tu dois te lever tôt pour le petit-déjeuner demain.

Six heures du matin.

Six heures ?

- D'accord, six heures du matin. - Ouais.

- Eddie. - Que s'est-il passé ici ?

- Que s'est-il passé ici ? - Eddie, je n'étais pas là.

C'était un accident.

Il y a un garçon mort et un migrant aussi, il est mort.

Mais je n'ai rien vu directement.

Je dois emmener Julia pour une déposition.

Tu ne l'emmènes nulle part.

Je dois l'emmener pour...

Tu ne l'emmènes nulle part.

- Eddie, j'ai la presse qui arrive - Je m'en fous de la presse

- Eddie... - Tu ne l'emmènes nulle part.

Je dois suivre le protocole, et je dois le suivre maintenant.

Au diable le protocole, tu ne l'emmènes nulle part.

D'accord, c'est ce que tu veux.

Je dois faire ce que la loi m'ordonne.

Elle doit venir faire une déposition, point final.

Ensuite, je pourrai la relâcher.

- Papa, ça va aller. - Content, maintenant ?

- Je vais faire ma déposition. - Tu es satisfait, là ?

Et je vous retrouve au bateau.

Stop ! Pas maintenant, d'accord ?

J'ai une montagne de merdes, t'imagines pas.

OK, Eddie, Julia, viens avec moi.

D'accord ? OK ?

On veut la récupérer, tu comprends ?

Oui.

Hé, Julia, attends.

Elle va vouloir des vêtements.

Ça va ?

C'était tellement sûr qu'il se foutait de toi.

Monte, allez.

Allez.

T'es folle.

Tu sais ça ?

Julia, assieds-toi, s'il te plaît.

Je peux faire ma déposition maintenant ?

Non, je ne peux pas faire ça.

La police d'État veut reprendre l'affaire

et ils veulent t'emmener pour t'enregistrer et...

Pourquoi ?

Julia, je suis la police locale.

Ce n'est plus sous mon contrôle.

La police d'État prend la main,

et veut t'emmener ailleurs pour la déposition.

Tout le monde a vu ce qui s'est passé.

J'essayais juste de sauver le garçon.

Je n'ai rien fait de mal.

Je n'ai pas vu ça, mais peu importe.

C'est eux qui prennent le relais.

C'est une affaire d'État maintenant, OK ?

Cette situation me dépasse.

Tu peux au moins me rendre mon téléphone

pour que j'appelle mon père ?

Non, je ne peux pas non plus.

Tu vas avec eux, ils prennent ta déposition,

et ensuite tu pourras appeler.

Non, non.

Non, je veux faire ma déposition,

et puis rentrer chez moi putain.

Assieds-toi.

Julia, tu compliques les choses...

Tu te fous de moi ?

Je suis en état d'arrestation ?

Je t'ai dit que ça ne dépendait plus de moi.

Si tu refuses de coopérer, oui.

Me touche pas, bordel. Ne ...

Hé, allez-y doucement les gars.

Espèce d'enfoiré.

Moi ?

Ce n'est pas moi qui ai conduis le bateau ici, Julia.

Ce n'est pas moi qui ai fait ça, d'accord ?

On a un garçon mort et un homme avec son estomac

dans le sable, OK ?

Oh mon Dieu !

Ce n'est pas moi qui ai fait ça, c'est toi.

Julia, fais ce qu'ils disent. Ce sera plus simple.

Voilà le centre.

Je ne peux pas entrer avec toi.

Tu m'attendras ?

Je ne serai pas loin.

Oui, vous avez besoin d'aide ?

Tiens-moi au courant.

Oui, oui, absolument.

Oui, je cherche des informations sur une jeune femme

qui est ici. Elle s'appelle Selena.

Et euh la police...

- Un instant, désolé. - Oui.

Non, non, je ne peux pas maintenant.

Il y a eu une urgence. Je ne peux pas m'occuper de ...

Je ne peux pas m'occuper de ça maintenant.

Je te rappelle plus tard.

Oui.

Désolé, avez-vous son nom complet ?

Nom complet, non.

Je ne l'ai pas.

Alors je ne peux pas vous aider. Je suis désolé.

Mais j'ai le numéro de téléphone

du policier qui l'a amenée ici.

Laissez-moi retrouver mon téléphone.

Non, c'est...

OK, le voilà.

Non, désolé, mademoiselle.

Je n'ai pas le droit de passer vos appels.

Alors appelez-le.

Non, je ne peux pas utiliser votre téléphone.

Alors utilisez le vôtre.

Appelez-le.

OK, donnez-le-moi.

Attendez.

Merci.

Oui quoi ?

Désolée inspecteur...

Mais il y a une femme ici qui vous demande.

Qu'est-ce qu'elle veut ?

Elle cherche une femme...

- Elle s'appelle comment déjà ? - Selena.

Selena fait partie de ceux qui sont arrivés

sur le bateau aujourd'hui, compris ?

Oui.

Dis-lui juste de partir, ok ?

Oui, d'accord, mais elle avait votre numéro de téléphone.

Si c'est celle à qui je pense,

Je l'ai rencontrée ce matin sur la plage.

Elle essayait d'aider une des filles qui sont arrivées.

Elle n'avait pas l'air très stable mentalement.

Dis-lui de partir.

Dis-lui que la fille a déjà passé l'immigration, ok ?

D'accord, encore désolée.

Désolé, la fille a déjà été enregistrée.

Je ne peux rien faire. Désolée, c'est tout.

Mais je lui ai donné 1 000 euros,

et il a dit qu'il la relâcherait.

Pardon ?

Vous avez tenté de soudoyer un policier ?

C'est un crime, mademoiselle.

Pour ça, je pourrais vous arrêter.

S'il vous plaît, partez et profitez de vos vacances.

Partez.

Selena !

Selena !

Viens !

Anna !

Anna !

Bonjour.

Qu'est-ce qu'il se passe ?

Je vais continuer à essayer de te faire sortir.

Alors t'inquiète pas, d'accord ?

D'accord.

Je reviendrai.

D'accord.

Garde ton téléphone prêt à écouter, d'accord ?

D'accord.

Merci, Anna.

Au revoir. Va-t'en.

Oh, quelqu'un arrive.

Tu as fini avec le chargeur ?

Est-ce que ce truc fonctionne ?

Oui, il fonctionne.

- Il ne charge pas mon téléphone. - C'est peut-être ton téléphone.

C'est bon, merci.

Je viens de parler à la femme dont je t'ai parlé.

Tu lui as parlé ?

Elle a dit qu'elle pouvait m'aider.

C'est génial.

Génial, félicitations.

Peut-être qu'une fois le bébé né,

ils te donneront la citoyenneté,

ils font ça aux États-Unis, en Amérique, tu sais ?

Je ne sais pas si ça marche comme ça ici.

Je ne...

J'espère que ça marchera pour toi.

Je l'espère sincèrement.

Tu sais, je suis...

Je suis complètement à bout.

Mon téléphone est tombé à l'eau.

Et maintenant, c'est un déchet.

Tous mes documents sont dedans.

Plus rien ne fonctionne.

Oh, mon Dieu...

- Ne t'inquiète pas. - Je suis désolée.

Ça ne sent pas bon ici.

T'inquiète pas, ça va aller.

Tu l'as vue ?

Oui.

Elle est là.

D'accord.

On fait quoi maintenant ?

Rien.

On peut lui apporter de l'eau, des vêtements ou à manger.

Mais c'est tout.

Oui.

Restons en contact.

Je vais continuer à essayer.

Mais je ne suis ici que pour dix jours encore.

D'accord.

Mais rends-moi service :

s'il te plaît, ne retourne pas voir ce policier.

Ça pourrait vraiment causer des ennuis à toi et à Selena.

L'argent est perdu.

Oublie ça.

Si je lui donne encore 1 000 dollars, il peut encore nous aider.

C'est des conneries.

Il ne peut pas la "désenregistrée",

peu importe combien tu lui donnes maintenant.

Alors s'il te plaît, oublie ça.

D'accord, je vais faire ça.

Anna, merci.

Merci pour tout ce que tu as fait.

C'est plus que ce qu'aurait fait la plupart des gens.

Je peux te déposer quelque part ?

Oh, non. Ça va, merci.

Mais merci.

Je veux marcher un peu.

D'accord.

Hé, je dois répondre à cet appel.

Essaie encore.

Rappelle-la.

Pardon, je dois prendre cet appel.

Monsieur.

Je sais que vous m'entendez.

Je dois parler à mon père.

Écoutez, si vous ne me laissez pas lui parler,

ça va très mal finir pour vous.

Si vous ne répondez pas à ce putain d'appel,

ça va vraiment, vraiment mal finir.

Vous comprenez ce que je dis ?

Je sais que vous parlez anglais, bordel.

Je sais que vous comprenez.

Putain !

J'espère vraiment qu'ils ne font pas ce que je pense.

Putain.

OK les gars.

Faites pas ça, faites pas ça, faites pas ça.

- Tiens. - Merci.

Elle ne répond pas ?

Cappi.

Bonjour monsieur.

Bonjour.

Une autre.

Je ne comprends pas.

- Hé, où est ma fille ? - Hé, hé, hé.

- Où est ma fille ? Où est ma fille ? - Hé.

Ça fait trois putain d'heures.

On ne t'a rien dit ?

Personne ne m'a rien dit.

Ils l'ont emmenée au bureau du procureur.

- Quoi ? - Ouais.

D'après ce que je sais,

elle va sûrement être inculpée d'homicide involontaire.

- Homicide involontaire ? - Quoi ?

C'est ta manière de nous éliminer, hein ?

C'est toi.

C'est toi le responsable.

Eddie, calme-toi.

Ordure, dégage de là.

Dégage.

Eddie, Eddie, du calme.

Écoute, je ne peux pas changer la loi.

Qu'est-ce que tu veux que je fasse ? Tu veux que j'infiltre la police ?

- Ouais, essaie donc. - Ouais, c'est ça.

Franchement, Eddie, tu t'attendais à quoi ?

Elle l'a tué dans le dos.

T'as pensé qu'en ne tirant pas ce putain de truc,

peut-être, peut-être, que le gosse ne serait pas mort ?

T'y as pensé ?

Si ces connards n'avaient pas ... Il n'y aurait pas eu de crime !

Sors d'ici, va-t'en, va-t'en !

Je veux ma fille.

T'as jusqu'à neuf heures.

Vous êtes blessé ?

Non, ça va.

De la glace.

Ils ne vont pas la ramener.

Oh, Eddie, Eddie, Eddie...

Je voulais te remercier, mec.

Pour quoi ?

Tu sais, d'avoir toujours été là pour moi

au combat et toutes ces années.

Tu m'as accueilli, hébergé. C'était super cool, mec,

et je serais sûrement mort dans une ruelle

si tu n'avais pas été là,

alors merci, frère.

Viens, viens, allez !

Allez, vite, vite.

On y va.

Je... je l'ai poignardé.

Légitime défense.

Il tue des gens.

Il tue des gens !

Jette le couteau !

Il tue des gens !

Ça va aller.

Pars.

Vas-y, vas-y.

Allez !

Hé, hé, tu ne m'as pas vu,

je ne t'ai pas vu ce soir.

D'accord, Ismael ?

Merci.

Oh mon Dieu !

Aidez-les.

Oui, oui.

Oh Seigneur.

Cappi ! Cappi...

On a besoin de plus d'ambulances.

Calme-toi, calme-toi.

Appelle les hôpitaux des autres régions.

Selena !

Selena !

Anna !

- Ici ! - Oh !

Anna, je suis là.

Allez, appuie-toi sur moi.

Non !

Oumar, Oumar !

Allons-y.

Avant de descendre déménager ici, J'avais imaginé ça :

j'aurais verbalisé des excès de vitesse.

Au pire,

régler des bagarres

entre des touristes américains bourrés.

Mais ça, c'est quelque chose de complètement différent.

Ma mère veut un chien.

Pour lui tenir compagnie.

Tu veux un café ?

Je te rejoins.

SIX MOIS APRÈS

Oh, regarde ça.

Il est de retour.

Ça fait longtemps.

T'étais où ?

Je bosse, ici et là, tu sais.

Mais t'avais raison.

Ils ne veulent pas de nous ici.

En fait, ils nous détestent ici.

Et cette famille dont tu nous as parlé ?

J'ai menti.

Je n'ai pas de famille ici.

Tu as menti ?

Mais j'ai bien une famille au pays.

Je voulais bosser honnêtement.

Nourrir ma famille avec de l'argent honnête.

Maintenant je sais que c'est impossible.

Je t'avais dit que personne ne t'attendait ici.

Tu dois prendre ta vie en main, compris ?

Je le vois bien maintenant.

Je suis prêt à bosser pour vous.

Vous avez entendu ça ?

Maintenant, je ne sais pas si je veux que tu bosses pour moi.

Je vais laisser Abdul décider.

Tu sais quoi ?

Allons se changer.

Et si tu n'aimes pas le boulot,

alors au moins tu auras des vêtements neufs.

Ta demande a été refusée.

Demain tu seras renvoyé à la maison.

A la maison ?

Où ça à la maison ?

Je sais.

Oh non, non, il doit y avoir quelque chose.

Est-ce que je peux réessayer ?

Je suis vraiment désolée.

Ton comportement ici a été exemplaire,

et on a fait remonté ça,

Mais la commission territoriale l'a rejetée quand même, donc...

Vous savez tout ce que j'ai dû traverser pour arriver ici...

On a de nouveau 300 euros à envoyer là-bas.

Est-ce que tu peux aller à la banque demain ?

Et n'oublie pas, dans 25 minutes

Je dois aller récupérer Awa.

On te couvre.

Salut !

Selena, comment vas-tu ?

J'espère que tu vas bien.

Devine quoi ?

J'arrive dans un mois, exactement là où tu es.

Donc s'il te plait, s'il te plait, réserve-moi une table

dans ce restaurant où tu travailles, s'il te plait.

On se voit vite.

J'espère que tu vas bien.

Anna va venir !

Hé ils sont là, l'immigration.

- Allez dans le stockage ! - Le stockage ! Allez !

Je vous en prie.

Est-ce que je peux voir votre permis de travail s'il vous plaît.

Bien sûr, je vais vous le chercher.

Bonjour.

Je pense qu'ils sont partis.

D'accord.

Sois apaisé papa.

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