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Frère à frère frère à frère
frère à frère frère à frère
frère à frère frère à frère
frère à frère frère à frère
frère à frère frère à frère
frère à frère frère à frère
frère à frère frère à frère
frère à frère frère à frère
frère à frère frère à frère
Le silence est ce que j'entends
après le claquement de main et "tape m'en cinq".
après...
qu'est-ce qui se passe mon gars ?
comment ça va, copine ?
Blood !
Quand je parle avec une copine
je suis plus enclin à songer à mon dernier morceau
ou la fête d'un tel ou d'un tel au club She She
qu'à la colère et au mal que j'avais sentis ce matin
quand un bijoutier m'a refusé l'entrée de son magasin
parce que je suis noir et homme
et que nous sommes tous perçus comme des voleurs.
Je vais ravaler cette douleur et vais exprimer seulement la colère
en disant "j'aurais dû éclater ses putains de fenêtres!"
Une partie de la colère sera exorcisée
mais la douleur, comme on ne lui donne pas la parole,
prédomine et s'accumule.
Le silence est une façon de sourire et de supporter
une façon de ne pas reconnaître
à quel point ma vie est rabaissée chaque jour.
100% de moins sur tous les hommes noirs aujourd'hui
tous les jours
100% de moins sur tous les hommes noirs aujourd'hui
tous les jours
tous les jours, 100% de moins sur tous les hommes noirs aujourd'hui
100% sur tous les hommes noirs aujourd'hui — tous les jours
Je m'efforce de paraître fort et silencieux
J'apprends a ingérer la haine à un rythme géométrique
et à compter silencieusement jusqu'à 10... [meurtre de Yusef]
dix mille... dix millions.
Mais comme j'ai appris à étouffer mes cris d'angoisse [hommes noirs]
j'ai aussi appris à réprimer mes exclamations de joie
[espèce en danger?]
ce qui reste est le rap.
Langues déliées
Le silence est mon bouclier
(il écrase)
le silence est mon manteau
(il étouffe)
le silence est mon épée
(il coupe dans les deux sens)
le silence est l'arme la plus mortelle.
Quel héritage se retrouve dans le silence?
combien de vies perdues...
quel avenir réside dans notre silence?
combien d'histoires perdues...
si séduisante, son emprise.
(ce silence) casse-le.
(notre silence) desserre la langue
(témoigne) mettons fin au silence, baby
(ensemble ? maintenant ?) ensemble ! maintenant !
Maintenant que je suis en paix avec la mort
J'ai pris sa main, l'ai secouée
me suis chagriné de ses pouffements de rire
se moquant de moi jusqu'aux pierres trop grosses pour passer seules
maintenant que j'ai déploré le décès d'hommes
des amours que je n'ai jamais eu, d'actes non agis,
perversion polie de manière pubescente
maintenant que j'ai versé des nuances de nègre, garçon,
des pigments de pédé, queer, troubleur de genre,
maintenant que je suis "folle", bizarre, libre, initie-moi.
Des peintures de guerre sur mes joues oins-moi d'huile de coco
et de sperme, que je "parle en langues"
tordues tellement serrées qu'elles enchevêtrent mon esprit.
Tiens ma tête en mains,
bénis-la, tranche-la
dessine une croix dessus
la marque du rite
initiation à la lutte.
Tu es bien sur "black chat"
ta hotline pour les meilleurs numéros noirs.
Tu veux te connecter à un bangie-boy ?
Appuie sur 1.
Pour une butch queen versatile, appuie sur 2
ou si tu cherches à t'engager corps et esprit à un BGA, presse 3.
Ne sois pas timide,
fais un choix et rencontre cet homme spécial...
Bon choix.
Maintenant, laisse un message,
tu as une minute après le bip.
BGA - "Black Gay Activist"
la trentaine, cultivé, sensible
proféministe, cherche le même pour léchage d'enveloppes
distribution de flyers, fabrication de banderoles
compagnon de manif
théorisation par le dialogue, de bons moments
et rapports sexuels chauds et protégés.
Pourquoi rentrons-nous seuls à la maison ?
Des oreillers et des revues dans des lits une-place
nous poussons-nous au degré ultime pour la cause
si nous ne pouvons pas récolter les bénéfices ?
Je ne veux pas me marier avec le mouvement. Et toi ?
Mets fin à ce silence, bébé.
Nous pourrions faire une révolution sérieuse, ensemble.
J'étais dans le bus S2 en direction de Silver Spring.
Le bus, la majeure partie du trajet avait été rempli
avec le murmure tranquille des autres passagers.
Soudain, depuis l'arrière du bus,
une voix s'éleva et cria
"Tu es ma chienne !"
"Nan han han ! nous sommes des chiennes !"
je me suis retourné, ai regardé à l'arrière de l'autobus :
il y avait deux frères qui se chamaillaient !
"Non, tu m'écoutes maintenant"
"je ne porte pas de rouge à lèvres, toi si !"
"Je ne suis pas une chienne !"
"Je t'ai baisé, tu es ma chienne !"
cela a continué sans conclusion jusqu'à ce que nous arrivions
au croisement entre la 16e et U street.
L'autobus est maintenant rempli de passagers
et nous approchons de l'arrêt,
je vois dix nouvelles personnes monter à bord.
Au moment où la première personne monte à bord,
une voix stridente et hystérique crie depuis l'arrière.
"Je suis un homme gay noir de 45 ans"
"qui aime, aime prendre des bites dans son rectum !"
"Je ne suis pas ta chienne !"
"Ta chienne est à la maison avec tes enfants !"
Nous entrons maintenant dans la 5e dimension
de notre conscience sexuelle.
La chevauchée est dure.
Il n'y a pas de lubrifiant pour ça.
Nous avions entendu parler de ce nouveau club
donc on a décidé d'y aller à quelques-uns.
Nous sommes arrivé tôt, vers 22h.
On pensait que si c'était nul
on pouvait toujours arriver au Bella's avant minuit.
Nous avons du attendre dans la queue au moins 15 minutes.
Pendant ce temps, le videur, "Miss Attitude Ann",
vous imaginez le type, cheveux blonds décolorés.
le corps par Nautilus l'esprit par Mattel.
"Miss Chienne" nous regarde.
Dix hommes noirs débarquent
et ils paranoïent, est-ce que le lieu va basculer...
on arrive finalement à la porte
et Machin dit, avec beaucoup de condescendance,
"Vous savez qu'il faut payer pour rentrer."
J'ai essayé d'ignorer sa grossièreté puis elle lança son bras:
"J'ai besoin de voir trois pièces d'identité."
Je pensais que cette merde était terminée,
je me suis juste retourné
et j'ai regardé Miss Ann droit dans les yeux.
"Trois pièces d'identité?"
Elle ne savait pas ce qui l'avait frappée !
Nous avons pris notre argent et nous sommes partis.
Le lendemain, j'ai porté plainte contre cette boite pourrie
au bureau du maire, à la commission des droits humains,
à la NAACP (association nationale pour l'avancement des personnes de couleur)
et le club démocratique Alice B. Toklas
Ne cherche pas l'embrouille avec une snap-diva !
Ceci est une leçon de base de "snap" !
divarettes, écoutez ce rap de grande diva.
Les snaps peuvent être jetés
et les snaps peuvent être suspendus
pour lire, pour ponctuer
pour couper. comme un fouet !
Alors , vous avez le...
snap domestique.
Vous avez le...
snap.
Et vous avez le snap de grande diva.
Ne vous trompez pas.
Nos grandes divas du snap en duel vont maintenant démontrer
les subtilités du snap aux divarettes débutantes.
Précision, rythme, placement, équilibre,
un snap sophistiqué est plus qu'un simple bruit.
Répétez !
précision, placement, équilibre,
vous devez tout perfectionner pour une grande déclaration snap !
Tu dois savoir que les filles se doivent d'être
ambidextres
Si tu n'arrives pas à snaper des deux mains, t'es fini !
Tu sais pourquoi nous faisons ça ?
Parce que nous ne pouvons pas toujours avoir nos bras libres de faire ça...
J'avais entendu mon appel à l'âge de 6 ans.
Nous avions un mot pour les garçons comme moi...
Minable !
Minable !
Pas parce que j'avais des relations sexuelles
avec d'autres garçons,
tout le monde dans le quartier faisait ça.
Minable !
Mais parce que
cela ne me dérangeait pas d'en faire don
tandis que d'autres garçons échangeaient.
"Tu peux avoir mes fesses si tu me donnes les tiennes"
"Uh uh, attends une minute, si je commence..."
"C'est toi qui a commencé la dernière fois"
"Mais, je veux être le papa"
"C'est tout le temps toi le papa"
"Mais je serai le papa"
"Je suis le papa."
Pas moi.
Je le donnais...
gratuitement.
Minable !
À 11 ans
on a déménagé en Georgie [USA].
Je me suis élevé à de nouvelles connaissances.
Homo !
"Tu ne sais pas embrasser?"...
Homo !
... me demanda mon meilleur ami, choqué.
Je ne savais pas quoi faire avec une fille
quand je perdais au jeu de la bouteille.
Homo !
"Je vais te montrer"
dit-il, ses yeux bruns invitant.
On s'est entraîné aux bisous pendant des semaines :
sec, humide, french [avec la langue]
jusqu'à ce que son frère aîné nous insulte.
Homo !
"Qu'est-ce qu'un homo?" demandai-je.
Minable, pédé, freak !
Je compris.
Nous arrêtâmes de nous embrasser.
Mon meilleur ami devint mon pire ennemi.
Putain de nègre !
À l'âge de 12 ans, ils m'ont envoyé
au collège Hepzibah, à la périphérie d'Augusta.
Putain de nègre !
Un graffitti sur le mur me salua.
Rentrez chez vous les nègres !
Les ploucs blancs me haïssaient...
Putain de nègre !
... parce que j'étais l'un
des deux seuls Noirs placés en 8A
la classe pour les meilleurs et plus brillants d'Hepzibah.
Rentrez chez vous les nègres !
Les Noirs me détestaient...
Oncle Tom !
... parce qu'ils pensaient que
mon statut en classe me rendait insouciant
Oncle Tom !
parce qu'ils prenaient mon silence
pour de la supériorité.
Oncle Tom !
J'étais timide.
Putain de nègre !
Oncle Tom !
J'étais paumé
Putain de nègre !
Oncle Tom !
Rentrez chez vous les nègres !
J'avais peur, et j'étais seul.
Putain de nègre !
Oncle Tom !
Minable, pédé !
Rentrez chez vous les nègres ! freak ! minable !
putain de nègre ! homo ! pédé !
Oncle Tom ! Rentrez chez vous les nègres !
Acculé par des identités
que je n'avais jamais voulu revendiquer
j'ai couru...
rapidement...
ardemment...
jusqu'au fond de moi-même...
où c'était encore...
silencieux...
sûr.
Duperie.
Une nuit de pleine Lune commença par un chant rhétorique...
"Hey tapette, qu'est-ce que tu fais par ici?"
Des rochers de la ville tombèrent autour de ses pas saccadés
un crachat vola sur son épaule découverte,
des bouteilles vides explosèrent contre des rebords de poubelles,
des débris tranchants jaillirent vers sa gorge,
une matraque l'assomma,
son argent et sa carte d'identité retirés,
son visage entaillé, défiguré,
laissé dans une marre de sang.
Il attendit la police, l'ambulance,
la gentillesse de frères
ou Jésus, pour prendre ses messages.
Un Blanc vint à mon secours,
attirant, avec des yeux gris verts,
un doux teint du Tennessee.
Il me séduit, me sortit de mon silence d'adolescent.
Il m'appela "ami".
Je suis tombé amoureux.
On ne s'est jamais touché, jamais embrassé,
mais il a laissé son empreinte.
Quelle bénédiction, sa séduction immaculée...
Sentir le rythme de la vie,
faire confiance à nouveau à la passion...
quelle joie.
Que cela vienne d'un Blanc
avec des yeux vert gris...
Quelle malédiction.
En Californie, j'apprenais le toucher et le goût de la neige.
Croisant des Blancs,
je jouais des rêves d'adolescent, différés.
Laisse-moi toucher, laisse-moi goûter, laisse-moi lécher
laisse-moi le sucer, laisse-moi le toucher, laisse-moi le goûter
laisse-moi le lécher, laisse-moi le sucer
laisse-moi le toucher, laisse-moi le goûter
Peut-être que de temps en temps un frère me jetais un regard.
Je n'ai jamais remarqué.
J'étais plongé dans la vanille.
Je savourais cette unique saveur, délibérément pas la mienne,
j'évitais la question "pourquoi ?"
prétendais ne pas remarquer
l'absence d'images noires dans cette nouvelle vie gay.
Dans les librairies, les magasins de posters, les festivals de cinéma,
même mes propres fantasmes.
J'essayais de ne pas remarquer les quelques images de Noirs
qui étaient les plus populaires.
Quelque chose en moi allait de travers.
Mais j'essayais de ne pas remarquer.
J'étais déterminé à la recherche
de mon reflet, l'amour, l'affirmation,
dans des yeux bleus, gris, verts.
En cherchant, j'ai découvert quelque chose que je n'attendais pas.
Quelque chose que des décennies d'assimilation déterminée
ne pouvaient me rendre invisible :
dans cette grande Mecque gay, j'étais un homme invisible,
je n'avais pas d'ombre, pas de substance,
pas de place, pas d'histoire, pas de reflet.
J'étais un étranger, inaperçu ou sinon, indésirable.
Ici comme a Hepzibah, j'étais un nègre, toujours.
J'ai quitté le quartier du Castro, ce n'était plus ma maison, ma Mecque,
et je suis parti à la recherche d'un endroit meilleur.
Je ne sais pas pourquoi
mais je me sens si triste
il me tarde d'essayer quelque chose que je n'ai jamais eu
jamais eu de baisers...
oh, ce que j'ai manqué...
mon amant où peux-tu être ?
La nuit est froide et je suis si seule
Je donnerais mon âme juste pour que tu sois à moi
J'ai une Lune au-dessus de moi mais personne pour m'aimer
mon amant, où peux-tu être ?
Le noir est la couleur
des cheveux de mon véritable amour
son visage si doux, fête merveilleuse
Le deuil n'est pas un vêtement,
ce n'est pas comme une robe, une perruque,
ou les talons hauts de ma sœur,
c'est plus sombre que l'homme que j'aime
qui, dans mes fantasmes,
vient me chercher
dans un char d'argent à six cylindres.
Je marche sur les quais du bord de mer
dans les talons hauts de ma sœur,
rêvant de lui,
son nom toujours inconnu à ma langue.
Pendant que j'attends mon prince,
je demande à tous les autres hommes, de payer pour mes baisers,
j'achète du maquillage pour mes lèvres, des bas pour mes jambes,
mes talons hauts et mes robes font partie de moi.
Quand il viendra, je saurai aimer son corps.
Debout ici, sur les quais du bord de mer,
j'ai appris à satisfaire un homme,
il m'apportera des fleurs,
il m'apportera de la soie et des bijoux, je le sais,
alors que j'attends, que je suis le seul homme qui m'aime.
Ils m'appellent "étoile"
parce que j'écoute leurs rêves et désirs,
mais le deuil est plus sombre,
c'est une perruque qui ne repose pas avec douceur sur ma tête.
Alors, le noir est la couleur
des cheveux de mon véritable amour
des cheveux de mon véritable amour
de mon véritable amour
Abomination !
C'est une abomination !
L'Homme ne doit pas s'allonger avec l'Homme,
car c'est une abomination à ses yeux.
Ils disent "nous sommes dans le même bateau politique",
"nous devrions être frères",
mais avant d'accepter sa parenté politique ou autre,
ce que je veux savoir, c'est : où se trouve sa loyauté ?
quel genre de modèle est un minable de toute façon ?
il n'y a pas de place, il n'y a pas de coin,
dans l'église de Dieu, pour la perversion !
En priorité, je veux savoir quand vient le jugement dernier.
Qu'est-il avant tout ?
Noir ou gay ?
Vous connaissez la réponse,
l'absurdité de cette question.
Comment pouvez-vous rester assis en silence ?
Comment choisissez-vous un œil plutôt qu'un autre ?
telle moitié du cerveau plutôt que celle-ci ?
ou pour employer des mots que ce frère pourrait comprendre,
laquelle il estime le plus : sa couille gauche ou sa droite ?
Dis-lui !
Le silence est mon bouclier
(il écrase)
Dieu a donné aux hommes un but sacré,
oui il l'a fait,
le but d'engendrer les générations futures.
Mais l'homosexuel souille sa semence !
Nous avons besoin d'hommes noirs forts
pour fortifier la famille noire.
Comment un homosexuel participe-t-il à cela ?
Un pédé n'est-il pas qu'une partie de la crise ?
Un minable est un minable.
Je ne veux pas d'eux autour de moi ou de mes enfants,
c'est tout !
Le silence est mon manteau
(il étouffe)
Ne pensez pas
que Dieu ne voit pas le mal dans ce monde,
il sait !
il regarde !
il punit !
Ouais mec, comme cette merde de sida,
toutes les victimes innocentes, mec.
Des mamans et bébés qui meurent
à cause des démons de la drogue et des pédés.
Les pédés ne sont pas autorisés à regarder mon cul
pendant que je suis sur scène.
c'est pourquoi je continue à bouger pendant que je suis là.
Tu ne sais pas où est la section pédés,
tu dois continuer à bouger,
de sorte que s'ils le voient, c'est rapide et tu te retournes.
Comme ça ils ne peuvent pas le regarder trop longtemps.
Le silence est mon épée
(il coupe dans les deux sens)
Oui, pour les tapettes pour les fillettes, oui !
Quand je dis "gamma", vous dites "pédé"...
Ceci est un aperçu de nos dix plus grands talents,
les personnes influentes, les faiseurs d'images.
Pensez aux millions qui suivent leur exemple.
Pédé, pédé, pédé, pédé...
Rien n'est comparable à
une nation de pédés qui vous cherchent...
Leurs blagues, leurs rires forment un choeur de mépris.
... des voitures qui traversent la ville en faisant
whoo-whoo
il n'y aura pas de sirène, mais un pédé sur le toit faisant whoo-whoo.
Chaque blague nous nivelle un peu plus
et nous restons assis en silence.
Parfois nous rejoignons le rire
comme si au fond, nous croyions aussi
que nous sommes les plus faibles parmi les faibles.
Personne ne rachètera votre nom, votre amour, votre vie,
votre humanité, à part vous-mêmes.
Personne ne vous sauvera, sinon vous-mêmes.
Votre silence coûte,
votre silence est du suicide.
De Sodome et Gomorrhe à San Francisco,
nous avons besoin de modèles forts.
On ne peut admirer les gays,
qu'est-ce que ça voudrait dire d'être un homme ?
La sodomie est un péché !
et vous savez que le salaire du péché est la mort
le salaire du péché est la mort
Je connais la colère qui se trouve en moi
comme je connais le battement de mon cœur et le goût de ma salive.
Il est plus facile d'être en colère que de faire mal.
La colère est ce que je fais le mieux.
Il est plus facile d'être furieux que d'être plein de désir,
plus facile de me crucifier en toi
que de défier l'univers menaçant de blancheur,
en admettant que nous valons la peine
de nous vouloir les uns les autres.
Moi aussi, je connais la colère.
Mon corps contient autant de colère que d'eau,
c'est le matériau à partir duquel j'ai construit ma maison.
Des briques rouge-sang, qui crient sous la pluie.
C'est le visage et la posture que je montre au monde.
C'est le moyen, parfois le seul moyen
par lequel on m'accorde de l'écoute.
C'est parfois ma façon de montrer de l'affection.
Je suis en colère à cause du traitement que je subis
en tant qu'homme noir.
Cette colère ardente est traquée
par les manifestations de mépris et de dédain qui me sont lancées
par ma communauté parce que je suis gay.
Je ne peux pas rentrer à la maison comme je suis.
Quand je parle de la maison,
je veux dire non seulement la constellation familiale
à partir de laquelle j'ai grandi,
mais l'ensemble de la communauté noire.
La presse noire, l'église noire,
les universitaires noirs, les lettrés noirs,
et la gauche noire.
Où est mon reflet?
Je suis le plus souvent rendu invisible,
perçu comme une menace pour la famille,
ou alors je suis toléré si je me tais et reste discret.
Je ne peux pas rentrer à la maison comme je suis
et cela me blesse profondément.
L'autre jour, je marchais sur
Spruce avenue, dans leCastro, Christopher street,
mon chemin pour aller au boulot.
À un demi pâté de maisons, marchant vers moi,
il y a un autre homme noir gay.
Nous nous sommes déjà vus dans les clubs.
Côte à côte au moment précis où nos yeux devraient se croiser,
il étudie les détails complexes d'un bâtiment,
je vérifie mes baskets blanches pour voir s'il y a des éraflures.
Qu'est-ce que nous voyons dans l'autre
qui nous fait détourner les yeux si rapidement ?
Nous détournons-nous les uns des autres
afin de ne pas voir notre colère et notre tristesse collective ?
C'est ma douleur que je vois dans tes yeux.
Nos colères ricochent entre nous
comme les balles que nous tirons
dans les batailles qui ne sont
pas les nôtres...
Le même visage de colère fait pour la sécurité
dans le monde blanc
est la même expression que je t'apporte.
Je suis cool et sans émotion,
distant de ce dont j'ai le plus besoin.
Il est plus facile d'être furieux que d'être plein de désir,
plus facile de me crucifier en toi
et peut-être plus facile d'ingérer cette colère
jusqu'à ce qu'elle menace de me consumer,
ou d'appliquer une salve de substituts sur la plaie.
Mais la colère réelle accepte peu de substituts
et elle se moque de la sublimation.
La colère que je ressens ne peut être noyée
dans un coca ou un verre d'alcool,
elle ne peut être effacée par la danse,
apaisée par un amour blanc
ou perdue dans le reflet d'un amoureux noir.
Je ne peux pas espérer qu'elle soit engloutie
par les alligators sur mes vêtements,
je ne peux pas non plus la perdre en thérapie.
Je ne peux l'offrir à Jésus,
Allah ou Jah...
Je dois donc façonner et diriger
cette fraîcheur ardente d'énergie colérique,
l'utiliser avant qu'elle ne m'utilise.
La colère non ventilée devient douleur
tacite, devient rage
libérée, devient violence cha cha cha
la colère non ventilée devient douleur
tacite, devient rage
libérée, devient violence cha cha cha
la colère non ventilée devient douleur
tacite, devient rage
libérée, devient violence cha cha cha
la colère non ventilée devient douleur
tacite devient rage
libérée devient violence cha cha cha
la colère non ventilée devient douleur
tacite devient rage
libérée devient violence cha cha cha
la colère non ventilée devient douleur
tacite devient rage
libérée devient violence cha cha cha
À la recherche de moi-même, j'écoute le battement de mon cœur.
Des rythmes étouffés sous des couches d'illusion,
de douleur, d'aliénation,
de silence.
Le rythme était mon salut.
Je laissais cette impulsion primitive me conduire.
Les rêves brisés passés, la solitude,
des fragments d'identité vers un nouvel endroit, une maison
non de paix, d'harmonie et de soleil, non
mais de vérité,
simple, sans honte, vérité d'airain.
Écoute...
lorsque tu te trouves à court, fais ce que je fais.
Emprunte des choses de l'univers.
Prends un peu de l'étagère.
Prends un peu plus pour toi-même.
Tout est à toi,
vas-y, c'est quoi le problème ?
As-tu peur ?
Mets-toi sur la pointe des pieds.
Pointe ton menton vers le soleil.
Tends vers les galaxies lointaines.
Regarde au dessus des horizons.
Ne vois-tu pas?
Gagne ou perds, tu payes ton dû pour des fantasmes latents.
Alors d'abord, atteins, tire, saisis et arrache ce qui est à toi...
de l'univers.
Uh uh, un garçon sensible, yeah
... comme me battre, me punir d'être comme ça.
Personne n'a dit que Dieu existait
ou que c'était une alternative,
ils ont dit : "tu veux porter des habits de femmes",
je dis "non, je ne veux pas"
puis quand j'ai réalisé que pédé voulait dire
que tu dors avec des hommes et que tu pouvais porter ceux des femmes...
c'est une autre alternative,
mais c'est ce dont ils parlent vraiment
après c'est "allez, réévaluons"
tu vois ce que je veux dire ?
Tu te bats contre cette ignorance,
ce dont nous parlons vraiment au niveau des tripes
c'est d'hommes qui couchent avec des hommes, et je fais ça.
Ou j'espère le faire.
Ce qui est très différent que de dire
"ils ne savent pas de quoi ils parlent"
je leur demande des comptes là-dessus
quand ils disent "tapette" ils doivent l'expliquer
je dis "oui, je suis une tapette"
"maintenant qu'est-ce que ça veut dire pour toi ?"
c'est exactement ce que je dis
"qu'est-ce que tu essayes vraiment de dire ?"
"précise-le"
"sois péjoratif si tu veux être péjoratif"
"mais fais-le d'une manière spécifique"
nous traînons tous
nos propres problèmes
ils sont prêts à nous torturer
ils n'ont pas à dire un mot
tu décides ce que tu penses qu'est une tapette
et tu te tortures toi-même
tu as laissé un mot nuire à ta vie
je préfère que ce soit eux qui fassent le travail
écoute...
au fond, Vogue commença dans les années 70
ok maintenant les plus jeunes, les plus jeunes queens
ce qu'elles font, c'est qu'elles ont une maison de couture,
ce qu'elles font c'est qu'elles vont au bal
et elles s'affrontent.
Tu t'habilles d'une certaine manière en fonction de ta maison
si tu aimes la maison Chanel,
tu t'habilles en Chanel
je n'ai jamais entendu parler de ça.
Ouais, mais c'est ce qu'ils font ici, à New York.
Oui, à New York mais à Washington DC
je n'ai jamais entendu parler de ça
vous voyez chaque État, chaque communauté gay
fait des choses différentes.
Comme dans votre communauté, ils parlent Agua...
Aga
Aga
encore que je trouve ça mignon !
Mère, sais-tu que j'erre seul la nuit?
portant de l'eau de Cologne, des pantalons serrés,
des chaînes en or,
à la recherche d'hommes
souhaitant revenir à la lumière des bougies.
Je n'ai pas peur de ces hommes,
bien que certains soient des tueurs de fils comme moi.
J'ai appris qu'il n'y a pas de miséricorde
pour les hommes de couleur,
pour les fils qui aiment les hommes, comme moi.
N'aie pas honte de la façon dont je vis.
J'ai choisi cette tribu de guerriers et de hors-la-loi.
Ne pense pas que tu aies raté un test de maternité.
Ma vie a porté ses fruits,
qu'aucune femme n'aurait pu me donner de toute façon.
Si l'une de ces nuits noires, humides, aux lèvres épaisses
alors que je suis en promenade, je trouve la liberté dans ce village,
si je ne peux pas la prendre avec ma tribu,
je t'amènerai ici et tu ne remarqueras jamais
l'absence de riz et de demoiselles d'honneur.
Elle est ironique, cette danse, mon ticket pour l'assimilation,
ma façon de m'amuser, puis gagner l'acceptation des Blancs
(combien d'entre nous ont suivi ce chemin ?)
que les mêmes pas soient maintenant mon retour à la maison.
L'anthropologie,
la recherche incessante de ce qui est tout à fait précieux.
Je suis des bonbons au chocolat, une poignée de biscuits,
les sucreries qu'on t'a interdit de manger.
Je suis un morceau de gâteau, une part de tarte,
une barre de crème glacée qui fait frissonner tes dents.
Considère-moi comme ta friandise préférée,
une poêle de grains de maïs en attente de chaleur.
En me branlant je regarde le miroir
pour y voir le visage de la luxure nue.
Ses yeux hurlent contre moi,
coyote séparé de la meute nomade.
Les philtres d'amour ne résolvent aucun mystère,
ne fournissent aucun commentaire sur les non-dits.
Nos vies tremblent entre pathos et séduction.
Nos inhibitions nous forcent à être égaux.
Nous avalons des philtres d'amour noirs et durs
issus d'un verre d'or.
Un nouveau langage nous fait signe, son dialecte présent, intime,
à travers mes yeux, concentré comme de la lumière nue, pure,
fixée sur toi comme par magie...
clarté.
Je vois des risques,
mais il n'y aura pas de regrets.
Laisse certains s'étonner, certains s'inquiéter,
certains accuser.
Laisse-nous connaître, toi et moi,
la tendresse que seuls nous pouvons supporter.
"Hors du placard !"
"Hors du placard !"
"Hors du placard !"
Hey boy, tu peux sortir ce soir ?
Hey boy, tu peux sortir ce soir ?
Je ne sais pas où nous irons
mais il y a une chose que je sais
je serai ton seul et unique amant ce soir
hey baby,
n'aie pas honte de dire
que tu es mon chéri
et tu le resteras toujours
donc, si tu veux bien essayer,
nous partons pour une promenade ou peut-être on va danser
nous irons main dans la main sur la rue principale,
et sur Old Broadway
personne ne peut dire
que nous ne pouvons aimer de cette façon, c'est vrai
alors baby
prends juste ma main,
ensemble nous nous tiendrons debout
baby c'est toi et moi
hey baby, je sais que tu as mal au fond de toi
mais si tu m'aimes, ne laisse pas l'amour être nié
tu dois prendre ce dont tu as besoin
et maintenant c'est convenu
fais ce qui est juste fais ce qui est juste
baby, sors ce soir
"nous sommes noirs noirs noirs noirs gays gays gays gays!"
"nous n'aurons pas d'autre moyen !"
"nous sommes noirs noirs noirs noirs gays gays gays gays!"
"nous n'aurons pas d'autre moyen !"
"nous sommes noirs noirs noirs noirs gays gays gays gays!"
"nous n'aurons pas d'autre moyen !"
"l'homophobie doit disparaître !"
"hey hey ho ho,"
"l'homophobie doit disparaître !"
"hey hey ho ho,"
"l'homophobie doit disparaître !"
"hey hey ho ho,"
"l'homophobie doit disparaître !"
"honte ! honte ! honte ! honte !"
baby, viens marcher avec moi parler avec moi
sers-moi maintenant aime-moi maintenant
sors ce soir
je dis, sors ce soir
Les temps sont durs, beau gosse,
les graines cuisent au fond de la marmite,
faisons l'amour férocement sur le canapé rembourré.
on peut le faire brûler aussi.
Notre faim va s'évaporer comme de l'argent.
Je peux sentir ton désir,
laisse chauffer la marmite avec le repas de ce soir,
ainsi, nous ne pouvons acheter de fleurs pour notre table,
nos baisers sont des pétales, nos langues caressent la floraison.
Qui ose nous dire que nous sommes pauvres et démunis ?
Nous gardons des trésors que n'importe quel roi
nous envierait.
Viens, beau gosse,
nos âmes ne peuvent être écrasées
comme des chats traversant les rues trop tôt.
Laisse les graines brûler toute la nuit.
Nos verres à eau ébréchés sont pleins du vin
de notre amour.
Et les graines noires brûlées, du caviar...
Fantôme saint de mon cœur
meulant ma mémoire, voûtant mon besoin,
jette ta tête comme le dinka,
secoue tes bras comme le massai
une pute française flirtant,
se léchant les lèvres devant des étrangers.
J'ai attendu que ton ampoule s'allume pour moi,
en attente d'échange d'amour bourrin, de l'affection calleuse
claquant des "tape m'en cinq"
capable et compétent,
indifférent et solitaire.
Fais tourner lentement ta splendeur
pour que je respire ton haleine du matin.
Mouille mon oreiller,
ouvre tes paupières.
Je suis une machine à écrire,
libidineuse et égoïste et sage,
un sonnet, un beatbox.
Sers la ligne suivante dans tes métaphores salées
et ton humeur de saumon fumé.
Mouille-moi avec la prochaine ligne,
le refrain retentissant des hommes cultivés amoureux.
Maintenant, nous pensons comme nous baisons
maintenant, nous pensons comme nous baisons
maintenant, nous pensons comme nous baisons
maintenant, nous pensons comme nous baisons
maintenant, nous pensons comme nous baisons
maintenant, nous pensons comme nous baisons
maintenant, nous pensons
maintenant, nous pensons comme nous baisons
comme nous baisons
maintenant, nous pensons comme nous baisons
cette couille pourrait
...
nous tuer
maintenant, nous pensons comme nous baisons
il pourrait y avoir un trou minuscule
dans le préservatif,
une fuite létale.
Nous arrêtons de nous embrasser,
de grands étrangers sombres
suçant des moustaches,
en mettant les lèvres,
les langues,
partout,
nous revenons aux images,
téléphones,
jouets,
aux amoureux récents,
aux vies privées,
maintenant nous pensons
comme nous baisons
cette couille pourrait
cette couille pourrait
cette couille pourrait
nous tuer...
Pourtant, j'ai écouté le battement de mon cœur,
laissé cette impulsion primitive me conduire
même si dernièrement j'ai vécu avec un autre rythme.
Au début, je pensais juste au temps qui passe,
mais j'ai découvert une bombe à retardement dans mon sang.
Des visages, des amis, disparaissent.
Je regarde, j'attends,
je regarde, j'attends.
J'écoute et j'attends ma propre implosion calme.
Mais pendant que j'attends, des rythmes anciens et forts
résonnent en moi,
soutiennent mon esprit, rendent silencieuse l'horloge.
Je ne laisserai personne me détourner
je continuerai à marcher, à parler,
marchant vers la terre de la liberté
je ne vais pas laisser l'homophobie me détourner
je ne vais pas laisser l'homophobie me détourner
je continuerai à marcher, à parler,
marchant vers la terre de la liberté
je ne laisserai pas le racisme me détourner
je continuerai à marcher, à parler,
marchant vers la terre de la liberté
Je ne laisserai personne me détourner
Peu importe ce qui m'attend, je sais au moins cela.
J'étais aveugle à la beauté de mon frère
et maintenant je vois la mienne.
Sourd à la conviction
que ça valait le coup de vouloir nous aimer,
maintenant, j'entends.
J'étais muet, langue liée, accablé par les ombres et le silence.
Maintenant je parle, et mon fardeau est allégé, levé, libre.
Des hommes noirs qui aiment des hommes noirs,
c'est L'acte révolutonnaire
Tellement de rôles que tu peux jouer juste pour rester dans le jeu
suivras-tu le rythme principal ?
ou danseras-tu sur un rythme différent ?
mère, père et fille ou fils
ils sont tou.te.s une seule et même...
alors tu découvres que tu as simulé si longtemps
que tu ne connais plus ton nom
après avoir appris les rôles prédéterminés
qu'ils ont créés pour toi
c'est le moment de réaliser que tu peux faire ce que tu veux
depuis que tu es né tu as joué l'hétéro
ne t'es jamais détourné de la norme
maintenant que tu es grand tu cherches des objectifs
que tu peux considérer comme les tiens
où iras-tu ?
tu es perplexe et troublé par ce que tu as appris
tu pourrais courir quelque part
mais trouveras-tu la paix de l'esprit qui t'attend là-bas ?
après avoir appris les rôles prédéterminés
qu'ils ont créés pour toi
c'est le moment de réaliser que tu peux faire ce que tu veux
tu peux faire ce que tu veux
tu peux faire ce que tu veux
et faire ce que tu veux
tu peux être qui tu veux être
tu peux aimer qui tu veux aimer
tu peux faire ce que tu veux
tu peux faire ce que tu veux
Frère à frère frère à frère
frère à frère frère à frère
des hommes noirs qui aiment des hommes noirs
un appel à l'action
un appel à l'action
une reconnaissance de responsabilité
nous prenons soin de nos semblables
lorsque les nuits deviennent froides et silencieuses
de nos jours, les nuits sont de sang-froid
et le silence résonne de complicité.
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