All language subtitles for Le Grand Detournement - La Classe Americaine 1993

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Original subtitles

Entre l'Australia et la South America, dans l'Océan South Pacific...

...l'atoll de Pom Pom Galli.

V12 au capitaine George Abitbol, on vous demande sur le pont.

- Qui ? - Un dénommé José.

OK, j'arrive.

Voilà enfin le roi de la classe ! L'homme trop bien sapé, Abitbol !

T'as été élu l'homme le plus classe du monde ? Laisse-moi rire !

Le grand play-boy des fonds marins qui fait rêver les ménagères...

Mais moi je les baise, les ménagères. Pas vrai ?

Tu baises les ménagères ? Bien, tu dois avoir le cul qui brille.

Mais c'est pas ça, la classe. Parole d'homme le plus classe du monde.

Je t'arrête tout de suite ! La classe, c'est de s'habiller chic.

Rien de tel qu'Azzedine Alaïa...

...ou les sous-puls de Yohji Yamamoto.

Mon pauvre José, tu confonds un peu tout.

Tu mélanges la coquetterie et la classe.

Tu es fou, tu dépenses tout en habits et accessoires de mode.

Mais tu es ridicule.

Enfin... c'est toi qui les portes. Mais à mon avis, ça fait has been.

La vache ! Moi, j'ai l'air has been ?

Je porte pour plus d'une barre de fringues. Alors va te faire mettre !

Tu n'es vraiment pas très sympa.

Mais le train de tes injures roule sur le rail de mon indifférence.

Je préfère partir plutôt que d'entendre ça plutôt que d'être sourd.

On n'est plus amis, Abitbol !

Les Anglais ont débarqué, passons par ce tunnel sombre qui sent mauvais.

George, quel poète ! Vous me surprenez.

J'ai connu des hommes, mais jamais des comme vous.

- Eh, tu sais à qui tu parles ! - Oui !

- Abritons-nous, ça va péter ! - Et encore, c'est rien !

Pousse-toi, laisse-moi passer.

- V12, c'est quoi ce bordel ? - Il pleut comme vache qui pisse !

Bravo, merci du renseignement ! Heureusement que tu es là !

Tu veux que je dise à tout le monde que tu t'appelles Travers-de-Porc Sel-Poivre ?

Je vais chercher des serviettes avec des imprimés dessus.

Ah, celle-là... non.

Celle-là ? Ah, celle-là ça va.

Ça, c'est bon, c'est épongé.

Ça, c'est bon, c'est réparé.

Ça, ça roule.

Putain et ça ? Faut pas laisser ça comme ça !

George ! Oh mon dieu, George !

Ah, monde de merde !

Oh George...

L'information principale de cette édition, la disparition de George Abitbol...

...l'homme le plus classe du monde depuis plus de 15 ans.

L'Amérique perd un ambassadeur prestigieux.

Maintenant, un peu de musique avec Alain Souchon.

Oh non, pas lui !

Salopes !

- Bonjour patron, je peux entrer ? - Entre, Dave !

Je vais te mettre sur le dossier Abitbol avec Peter et Steven.

Je les aime bien, mais pourquoi je peux pas travailler seul ?

Parce que t'es trop mauvais.

C'est une bonne raison... Je vais travailler avec Peter et Steven.

- Ben alors ? - OK, j'y vais.

Ce charlot ? Il existe encore ?

Il va falloir vous y habituer, il va travailler avec vous.

C'est une idée lumineuse de notre ami Callaghan.

Arrêtez vos conneries, c'est mon fils, mon fiston.

Je sais pas pourquoi, il s'est attaché à moi. Alors je l'aide.

Peut-être qu'il n'avait personne d'autre à qui s'attacher.

Vous en êtes où avec la nécro de George Abitbol ? Vous bossez ?

- On vient de s'y mettre, on a des idées. - On va aller interroger des tas de gens.

Tous ceux qui l'ont aimé, haï, approché, connu... ça fait du boulot.

Quoi d'autre ?

On veut expliquer ses dernières paroles.

'Monde de merde' ? Vous avez raison.

On en a chié pour avoir cette idée. On était charrette.

L'homme le plus classe du monde meurt, je veux savoir pourquoi il a dit ça.

C'est pas facile à trouver.

Si c'est une femme, quelle femme ? Si c'est un cheval, dans quelle course ?

Nous on pensait à un traîneau.

Bonjour. C'est moi, Orson Welles.

C'est ma maison, là derrière. Pas mal, non ? C'est français.

Je me permets d'interrompre ce flim parce qu'on se fout de ma gueule.

C'est du vol et du plagiat.

J'aime pas trop les voleurs et les fils de pute.

Le héros meurt et des journalistes enquêtent sur ses dernières paroles.

Comme dans Citizen Kane. J'appelle ça du plagiat.

Les journalistes vont interviewer des gens. Les témoignages ça va être des flashbacks.

Je le vois trop arriver.

Rosebud !

- Bon, et à part ça ? - On a pas l'ombre d'une piste.

Il a vécu au Texas la moitié de sa vie. Cherchez par là.

- Chercher par là... Vous êtes gonflé. - Quel enthousiasme !

Callaghan pourrait vous aider, depuis le temps qu'il est payé à rien foutre...

...autant qu'il serve à quelque chose, ce gros porc.

Mes tuyaux je les garde pour mon fils.

Comprenez-moi, c'est mon fils, ma bataille, c'est le fruit de mes entrailles.

Je lui ai donné un nom et une adresse.

- Oh le lourd. - Je me trompe ou ça vous emmerde ?

Connasse.

C'est vous qui m'avez traitée de connasse ? C'est pas très agréable.

Bonjour. Je viens voir M. Hugues.

- C'est quoi ça ? - Oh, va te faire foutre.

Me faire foutre ? OK, j'y vais.

Quel con !

Bonjour, vous cherchez quelque chose ?

Oh ! Monsieur Hugues ? J'ai une lettre pour vous.

Avant de me la montrer... À qui ai-je l'honneur ?

Dave, le fils de M. Callaghan.

Faites-moi voir... Vous enquêtez sur George Abitbol.

Oui. Vous l'avez connu ?

Je l'ai connu au temps du Texas, il était encore cowboy.

J'étais aussi cowboy, je vivais avec Jacques, un bon copain.

Rien de sexuel entre nous.

Parce qu'on m'a souvent traité de pédale, de salope...

C'est facile de traiter les gens de pédés...

...quand deux garçons vivent dans un ranch et portent des pantalons en cuir.

Un jour une lettre est arrivée.

Eh les pédés, une lettre pour vous ! Tenez. Bonne bourre !

Pauvre con, va !

- Il y avait quoi dans cette lettre ? - Je sais pas, elle était pour Jacques.

Alors racontez des choses que vous savez, pas du rien !

OK. Après, on est partis vers la ville de George.

J'en ai marre. Les voyages à cheval me fatiguent.

Qu'est-ce que t'as ?

J'en ai marre des voyages. Je veux un bon bain dans une bonne auberge.

Ah je te jure, j'ai les pastèques.

Yep.

Yep. Yep. Yep. Yep.

- Pourquoi tu dis 'Yep' ? - C'est pour dire 'Yep'.

C'est pas banal, ça.

- Chaud devant ! La spécialité du chef. - Ça a l'air super bon !

Et maintenant, tu vas me dire pourquoi on est là ?

Une lettre mystérieuse, et on arrive en courant ?

- Il y avait quoi dedans ? - C'est une lettre épistolaire de Dino.

Il m'appelle à la rescousse pour me demander de l'aide pour George.

Qu'est-ce qu'il peut te foutre, ce tâcheron ? J'ai jamais pu l'encadrer.

Merci de m'appeler tâcheron, ça fait toujours plaisir...

...surtout de la part de deux pédés. Vous savez ce que vous mangez, là ?

Du steak avec des boulettes d'entre les doigts de pied. C'est bon !

C'est très agréable, merci !

- La sauce, c'est de la morve séchée. - Tais-toi, tu vas les dégoûter.

Mêle-toi de tes affaires. La patronne, Mme Felipe, se coupe les nichons pour en faire des ravioles.

- C'est dégueulasse, merde ! - Attends, si c'est l'homme le plus classe...

...il va sûrement s'excuser !

Tu peux te coller tes excuses au cul, tout comme ton biftek.

Mais le biftek, le patron l'a déjà fait. Et il a craché dessus.

Ah non, le patron crache pas dans les plats !

Même dans les grands restaurants on crache dans les plats...

...alors dans ce taudis, pourquoi ils se feraient chier ?

Je vous laisse manger. Bon appétit !

J'ai connu un mec de droite qui avait dix fois plus de classe.

Ah, encore une chose. Évitez la mousse au chocolat du patron.

Et après ? Respirez bien.

Après, j'ai eu un accident. J'ai été blessé.

J'étais amnésique, je ne me souviens plus de rien.

Vous savez d'autres choses sur George ?

Je ne mange plus de ravioles. Mais je peux vous parler de Mme Felipe.

Elle s'est fait refaire les nichons. Je sais de quoi je parle !

Et George ?

Justement, une fois, chez les Indiens bilingues...

- Salut, Hugues. - Hello.

Salut Hugues, Hugues, salut !

Salut les gars ! Je suis content de vous voir.

Je pensais m'arrêter un peu, sauf si vous voulez que je parte ?

Tu peux rester, pas de problème. Je suis content que tu sois venu.

J'aimerais que tu restes. On va manger des chips.

Tu entends ? Des chips ! C'est tout ce que ça te fait ?

Qu'est-ce qui t'arrive ? Tu dis rien. Tu fais la tronche ou quoi ?

Tu me rappelles George, politiquement.

George ? Je n'ai rien à voir avec George !

Parce que si on réfléchit bien, je suis un vrai démocrate.

George est un fasciste de merde. Un fasciste de merde !

C'est exact. Au temps pour moi.

Qu'est-il arrivé à ce chef indien ?

Il a fait justicier dans la ville, mais là il a fini de frimer.

On l'a retrouvé assassiné un jour. Il en est mort.

- C'est bien le numéro de votre ami Jacques ? - Oui.

Je vais le donner à mes collègues. Il faut qu'on l'interroge.

Allo Peter ? Prends un papier, il faudrait interroger un certain Jacques.

Alors c'est le 19 94 0 18 13...

...24 32 49 26 24...

...40 4 16 70933...

- ...16 moins 4, attention il y a un piège... - Bon merci, on l'appelle.

Bon, on se rappelle plus tard.

Bonjour, vous êtes bien chez Steven. Vous pouvez laisser un message après le bip.

J'ai eu un coup de fil de Dave. Tiens, le numéro de Jacques.

Ça c'est le numéro de Jacques, je l'ai trouvé aux archives.

Le numéro de Dave c'est de la connerie.

Il me fait chier, Dave.

Ce qui me fait chier c'est les effets spéciaux minables.

On croirait un pro des effets spéciaux.

Ah mais moi quand tu veux. Tiens, l'effet spéciau de la sonnette : dring dring !

- Super impressionnant. - Dring dring !

- Putain je suis épaté. - Un dernier dring et tu appelles Jacques !

- Allo, Monsieur Jacques ? - Absolument.

J'enquête sur George Abitbol et j'aimerais recueillir votre témoignage.

C'est bon !

N'y voyez aucune mauvaise volonté, mais je n'ai pas beaucoup de temps.

Je peux faire un effort pour George Abitbol, mais ne me prenez pas pour la bonne poire.

Merci, vous êtes très gentil. Attention, j'ai bien dit gentil, pas homosexuel.

Parce que Hugues nous a dit que vous êtes parti dans la ville de George...

- ...en ayant reçu une simple lettre. - Absolument.

Vous devez faire allusion à cette missive que nous reçumes un jour, Hugues et moi.

Cela avait l'air urgent, à en croire la hâte du cavalier.

L'expéditeur avait écrit au dos « presse le pas car l'amitié n'attend pas ».

La lettre provenait d'un ami, Dino, qui me demandait de lui venir en aide.

En un mot comme en cent, nous nous mîmes en route promptement.

- J'en ai marre ! - Tu nous fatigues...

- ...qu'est-ce qu'il y a encore ? - J'ai faim.

Écoute, encore quelques kilomètres et nous serons dans une bonne auberge.

Quel trouble fête.

Yep. Yep.

Je vous interromps, excusez-moi, mais Hugues nous a raconté cet épisode.

Que vous est-il arrivé après ce repas dans la bonne auberge ?

Absolument.

Après déjeuner, il était temps que je me misse à l'ouvrage. J'allâme voir Dino.

Dino, mon pauvre ami. Ça n'a pas l'air d'aller bien fort.

Pourquoi vous vous êtes mis dans cet état déplorable ?

Vous qui écrivez de si belles lettres !

Ça va plus du tout. J'ai plus envie de boire ni de manger.

J'ai plus envie de me peigner.

Je suis limite nervous breakdown.

Et puis merde ! J'ai même plus envie de me laver.

C'est pas à cause de George, quand même ?

Vous pouvez pas savoir. Il est devenu insupportable.

C'est pas une raison pour plus vous laver les joues.

- Faut arrêter ! - Ce que j'arrête, c'est les pin's, vieux.

Ça me fait plus marrer.

Vous avez l'air pitoyable, vous savez.

Parce que pour arrêter votre collec... Ça vous embête si je regarde votre pin's ?

Sheraf ? Connais pas.

Moi aussi j'ai une collec, ça fait un moment. Et c'est pas une collec de pédé !

Sauf que Sheraf, je connais pas. Inconnu au bataillon.

Tu connais pas Sheraf ?

C'est un groupe, ils étaient number one.

C'est pas une raison pour vous laisser aller et ressembler à une larve.

Regarde ! Je me suis niqué les mains avec cette saloperie de collec de pin's à la con !

Moi j'y vais, merci pour les pin's ! Vous inquiétez pas, tout va s'arranger.

- Comme on dit chez nous, Lehaïm ! - Lehaïm.

Bonsoir !

Pédé.

C'est pas banal.

Ça devient pesant, cette histoire de pédés. Tout le monde s'acharne sur nous...

- ...alors qu'on est même pas pédés. - Oui, je sais.

T'inquiète pas, dès demain je vais voir George.

Allez, bonne nuit. Dors bien.

George, il faut que je vous parle. Sous prétexte que je suis gentil...

...on me prend souvent pour un truffon. Soit. Mais je crois qu'on a à parler.

- Vous n'allez pas bien. Laissez-moi vous aider. - Casse-toi, Jacques !

Vous refusez le dialogue ?

Exactement, je veux pas qu'on parle. Je veux que tu quittes la ville avant 9h.

Rassurez-moi, vous seriez pas en train de me prendre pour un con ?

Si, complètement, même. Et casse-toi maintenant.

Vous me décevez, je m'attendais à plus d'ouverture d'esprit.

Je vous aiderai malgré vous !

Rester en ville malgré George, c'est courageux pour un pédé comme vous.

C'est fini, cette rumeur, oui ? J'ai jamais été homosexuel ou pédéraste.

C'est fou que vous ayez tant de complexes.

- Allez, dites-le que vous êtes pédé ! - Avouez, vous chopez la honte.

Et quand bien même, je vois pas ce que ça change.

En string vous devez être bonne.

Sois prêt. C'est bientôt l'heure.

Cigarette ?

Très bien, je vais tout vous dire, puisque...

Oh ! Il est 9h.

Il est déjà 9h, là ?

Sur mon front y'a pas marqué radio-réveil.

À part ça, vous avez la classe !

Tu vas voir, la classe.

Putain de zeb, nardin !

Où nous mène la folie des hommes ? On court droit à notre perte.

- Patron, j'ai de la dynamite ! - Ça me donne une idée.

Eh les minables, je suis pas le seul pédé ! Il y en a un autre et il s'appelle George !

C'est ça, cause, cause.

Salaud !

Et toi, sale parasite ! Casse-toi !

- Ça il va le payer ! - Ouais.

Il devait être nerveux, le George, pour s'énerver comme ça.

Vous voulez la fin de l'histoire ?

Oui, s'il vous plaît.

Vous avez dû appeler la police, vous étiez dans votre droit.

Non, nous avons réglé cette histoire entre hommes.

- Ah bon ? - Absolument.

Hugues fut gravement blessé. George s'est immédiatement excusé.

- George, s'excuser ? Immédiatement ? - Absolument.

- Quelle classe. - Absolument.

Hugues, j'ai su que tu étais blessé. Je suis venu m'excuser.

Il fallait y penser avant, au lieu de venir pleurer dans ma chambre.

C'est vrai, cest minable. C'est tout moi, ça.

Mais j'espérais quand même te faire plaisir.

Mon plus grand plaisir serait que tu te calmes, gros blaireau.

Eh oui. Je m'énerve.

Ah ben donc si je résume, George n'a eu à vous faire qu'un mea culpa.

Vous êtes drôlement gentil, vous.

Arrêtez de dire ça.

Je ne suis pas gentil, c'est pas vrai.

Quand je m'énerve je me mets dans des états dingues, je suis méconnaissable.

OK, excusez moi, je peux vous poser une dernière question ?

Absolument.

À quoi vous pensez si je vous dit « monde de merde » ?

Au revoir.

Pourquoi tu as choisi de faire ce boulot-là, toi ?

Si je fais journaliste c'est évidemment pour être célèbre.

Moi je veux être connu. Tu sais pourquoi ?

Pour niquer les gonzesses.

Quand tu es célèbre, tu niques plein de gonzesses.

Et puis aussi tu bouffes des trucs bien meilleurs qu'ici.

Et moi pour les gonzesses je suis super d'accord avec toi.

Mais pour la bouffe je vois pas ce que tu veux dire.

Tu aurais envie de manger quoi exactement ?

Ben je sais pas, par exemple une quiche lorraine.

Une ouiche.

Quoi ?

On dit « une ouiche lorraine ».

Tu es sûr ?

Ça fait bizarre, « ouiche lorraine ».

On va où, là ?

On va voir Dino, le mec qui a écrit la lettre à Jacques.

Attention ! Quels connards ces piétons !

Ouais.

Qu'est-ce que tu disais, là ?

Rien, des conneries. Laisse tomber.

Je sais pas toi, mais moi le mystère s'épaissit.

Messieurs, permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue.

D'ailleurs, il faut pas rester debout, asseyez-vous, mettez-vous à l'aise.

Merci Monsieur, c'est très gentil.

C'est une leçon de savoir-vivre.

C'est naturel.

Mais dites-moi plutôt ce que je peux faire.

Nous sommes journalistes. Nous voudrions savoir où vous avez connu...

- George Abitbol ! - Ah oui. George Abitbol.

Où j'ai connu George ?

C'est une excellente question. À la ferme.

La ferme ? Quelle ferme ?

Ah la ferme ta gueule toi, ducon, espèce de crétin.

Qu'est-ce que tu veux, nous prendre la tête, là ? Pauvre con.

Oui je l'ai connu à la ferme. On était des cowboys.

On vivait à la ferme, ça a rien d'étonnant.

Merci, c'est très agréable.

Non mais c'est vrai, je me fais engueuler devant des journalistes qu'on connaît même pas.

C'est classe, bravo.

Oh ça va, on vous fait pas chier, là ? Non c'est sûr. Non mais je rêve.

Dites-moi, vous avez envoyé une lettre à Jacques. C'était quoi, cette lettre ?

Eh bien, cette lettre, c'est vraiment très simple.

J'avais un problème avec George. J'ai écrit à mon vieil ami Jacques.

Mais si vous le voulez bien, je vais tout vous raconter depuis le début.

J'arrivais d'Italie, de Turin. J'étais supporter de la Juventus.

OK, j'arrive ! Arrête de tirer sur oim.

Mouais.

Viens ici.

Qu'est-ce que tu fous avec les bras en l'air ? Je t'ai dit de les lever ?

Baisse tes bras, c'est moi qui les lève.

Ah non, c'est à moi de les lever.

Non, c'est à moi de les lever. C'est moi qui décide.

Et puis d'ailleurs, arrête de faire tout comme moi.

Baisse les bras et prends ton flingue, au lieu d'être là à me copier.

Mon flingue ? Avec plaisir.

Tout compte fait, je préfère garder mon flingue. Désolé.

Et je vais partir avec mon cheval, vieux.

Pas de problème, comme tu veux. Je vais juste le préparer pour toi.

Non, j'ai changé d'avis. Tu prends le cheval et tu te casses.

OK.

Putain je me suis mal démerdé ! Pourtant, j'ai pas fait une concession !

Le temps a passé... Je pensais ne plus jamais revoir ce type.

Mais un an après, nos chemins se sont croisés une nouvelle fois.

Je fréquentais alors un bar que le patron, un certain Bazounga...

avait intelligemment baptisé le Orlando's.

Mais je te reconnais, toi. Je t'ai déjà vu quelque part. Je suis sûr que je te reconnais.

Désolé, mais c'est moi qui te reconnais. Je t'ai vu le premier. Toi tu m'as vu en deuxième, vu ?

Ben je t'ai vu le deuxième alors, voilà.

Perdu ! C'est aussi moi qui t'ai vu le deuxième.

Oh dis donc, tu es super fort.

Je suis pas super fort, je suis mieux que ça, même, je suis surpuissant.

Bon, lui, il va me prendre la tête.

Ça fait plusieurs fois que je te croise. Tu es toujours sur mon chemin, tu veux quoi ?

Mais c'est peut-être toi qui es sur mon chemin, pas moi.

C'est pas mal, ça, le pin's sur la cravate.

C'est la classe.

Mais au fait, toi, d'où tu viens ?

Moi, je suis juif.

Tu es juif, toi ?

Oh oui je suis juif. Et si tu veux tout savoir, je suis même juif arabe.

Juif arabe ? Tu sais, je préfère les séfarades.

À mon avis, juif et arabe, c'est bizarre.

Moi j'aime pas les gens bizarres.

Merde, je peux pas encadrer les nazis. Mais laisse tomber.

Précise ta pensée ?

- Pour être tout à fait exact... - Oui ?

Je pense que tu es un ouf, toi. Un ouf malade.

En plus, c'est du racisme.

C'est ton opinion personnelle, que je suis raciste.

À mon avis, s'il y a un raciste ici, c'est oit.

Ça sert à rien de discuter avec toi, tu as toujours raison.

Si, ça sert de discuter. C'est toi qui as toujours raison.

Qu'est-ce que j'apprends, Frankie ? Espèce de malhonnête.

Il paraît que tu as des propos intolérables, où il y a pas de tolérance ?

Tu sais donc pas que c'est pas bien, d'être raciste ? Que c'est mal ?

Qu'on ne doit pas faire de discrimination raciale, c'est mal.

Juger les gens sur leur religion, c'est mal. Sur leur couleur de peau...

...sur leurs origines sociales ou leur nationalité, c'est mal.

OK, puisqu'on peut pas discuter, on va faire un duel.

Enculé de ta race !

J'adore les duels inoffensifs.

Et maintenant, casse-toi.

La prochaine fois, je m'occuperai de toi avec de vraies balles.

Et ça chauffera pour ton cul. Sale Français !

Oh, je suis même pas Français. Je suis Américain.

Non, tu es Français. Moi, je suis Américain !

Et voilà, c'est pour ça que je l'ai appelé mon vieil ami Jacques.

Je veux pas dire, mais c'est un mec qui a vraiment plein de qualités.

Je me demande quand même s'il était pas un peu con.

Parlez-nous du contenu de cette lettre.

Oui s'il vous plaît. À moins que ça soit privé et que vous ayez des principes.

Mais c'est privé, et j'ai des principes.

Mais vous m'êtes sympathiques, je vais vous raconter.

Merci, c'est gentil à vous.

Il y a pas de mal, vous m'êtes sympathiques.

C'était un soir. J'avais le spleen, le blues.

Mon cher Jacques, je vous écris parce que j'ai besoin de vous.

C'est George qui a besoin d'aide. Il ne supporte plus la vie au Texas.

Pas de clim', pas de téléphone, pas de télé, pas de chauffage...

Bref, il supporte mal de ne pas avoir une vie moderne. Ça le rend irritable.

Hier...

Bonsoir George, j'aimerais beaucoup vous parler.

Si tu veux me parler, envoie-moi un... fax !

Un fax, non mais des fois. Faut vraiment qu'il aille mal.

Avant c'était pas comme ça.

Avec George, on passait des après-midi dans notre chambre...

...à se chamailler gentiment, à se raconter des souvenirs...

Tu veux que je te raconte un souvenir ?

Un souvenir ? Oh oui.

Laisse tomber, tu te fous de ma gueule ?

Oh non je me fous pas de votre gueule, jamais de la vie.

Je vais te raconter l'histoire de ce malade qui s'est pointé un soir dans ma chambre.

Un putain d'énergumène.

Bonsoir. Qu'est-ce que vous faites dans ma chambre ?

Vous avez un truc à me demander ?

Aime-moi tendre, aime-moi vrai.

Ça veut dire quoi ces conneries ?

Ça veut dire aime-moi tendre et aime-moi vrai.

Ce que je vois, c'est que je vais te botter le cul dans deux secondes.

Écoute, tu peux faire tout ce que tu veux...

...mais ne marche pas sur mes chaussures en suédine bleue.

C'est quoi ça ?

Ne sois pas cruel.

Un pour l'argent.

Deux pour le spectacle.

Et trois pour le caillou.

Et voilà, c'était mon souvenir.

S'il cherchait pour du trouble, il est venu à la bonne place.

Voilà. Malheureusement, aujourd'hui c'est bien fini.

George n'est plus le même homme.

C'est pourquoi vous devez venir, mon cher Jacques.

Je pense que vous voyez mieux le problème que j'avais avec George...

et pourquoi j'ai écrit cette lettre.

Tu peux me dire ce qu'on fait dans ce flim, Bob ?

Oui je pourrais, mais d'abord faut sucer.

Je plaisantais, détends-toi. On a rien à faire là.

Ça doit être une erreur dans l'enchaînement des flashbacks.

Ça devrait pas trop durer.

Ça m'a l'air d'un bordel...

Attention, on tourne à droite. Un, deux, trois.

Restabilisation.

Attention, on va plonger.

Immersion de l'astronef.

J'ai un de ces mals de bide, moi. Ça c'est le hamburger, ça.

J'arrive pas à le digérer. Tu avais raison, on aurait dû prendre une ouiche lorraine.

Je suis sûr qu'on dit « quiche ».

M'emmerde pas avec tes histoires, je te dis que j'ai mal au bide.

J'ai la méga chiasse, putain, la méga chiasse !

Excuse-moi !

Excuse-moi, mal au bide, tu sais ce que c'est ?

Faut que j'aille chier, bordel... faut que j'aille chier rapidos !

Alors une, tu poses mon bouquin d'exercices isométriques.

Merci.

Et deux, on pourrait savoir ce que tu fais dans mon bureau ?

Rien. À part que j'ai une information qui mérite la une.

La mort de George n'était pas accidentelle.

Il s'est fait assassiner.

Et comment tu sais ça ?

C'est très simple, j'ai eu le tuyau par un dénommé Gorge Profonde.

Merde alors, Gorge Profonde ? Mais c'est incroyable, ça.

Maintenant de toute façon j'ai fait avancer l'enquête.

Et on peut savoir, ça veut dire quoi ça ?

Rien. À part que toi et ton copain Peter vous êtes un peu à la rue.

Mais t'es un minable ! Tu te crois le meilleur journaliste du monde ?

Mais c'est incroyable, ça.

« Meilleur journaliste du monde, incroyable ça ! »

Bon maintenant tu arrêtes !

Pendant qu'on parle, Peter il a la méga chiasse.

Alors un peu de dignité !

Et je voulais te dire un truc à propos de Gorge Profonde.

C'est mon indicateur ! Alors, touche à ton cul.

Excusez-moi, Messieurs.

Peter il fait du boucan dans les waters.

Steven !

Tu vas pas me croire. J'ai plus mal au bide. Je suis guéri.

Par contre, on ne peut plus rentrer dans les chiottes, il y en a partout.

Merde, allez !

Patron !

On a un problème, faut qu'on vous parle.

Du dossier George Abitbol ?

Non, des chiottes. Peter les a bouchées.

Ce n'est pas ma faute.

J'étais malade.

Ça doit être les burgers.

Allô, Peter ? C'est Steven.

Note bien ce que je vais te dire. Tu vas interroger un certain José.

Noter... Dire... Interroger. José.

Par contre, il supporte pas les journalistes. C'est bon, là, tu notes, là ?

Ben oui, je note.

S'il sait que tu es journaliste, il te recevra pas.

S'il sait... journaliste... pas.

Ce que tu vas faire, c'est que tu vas te déguiser.

Ce que je vais faire... déguiser.

Tu as tout compris ?

Oui. Mais mon téléphone il marche pas.

Et, tu vas te déguiser comment ?

Je sais pas encore.

Tu as intérêt à trouver un truc bien. Je te fais confiance.

T'inquiète ! Je vais trouver un truc bien.

Un restaurant mexican food. Zeb ! C'est pas vrai.

Buenas noches.

Mais tu parles espagnol ?

Un poquito.

Tu crois que tu m'impressionnes ?

Je sais dire « allons à la plage, monsieur renard ».

Vamos a la playa, señor zorro.

Tu aimerais te bâfrer un chili con carne ?

Non, merci. Je suis un peu ballonné.

Je suis pas trop bien.

Désolé. Il y a pas d'offense ?

La prochaine fois, avec plaisir.

Un bon chili con carne, d'habitude, je suis partant.

Mais là, je fais un régime, à base de ouiches lorraines.

Excuse-moi, à base ?

À base de ouiches lorraines. C'est des petites tartes.

Mais pour qui tu me prends, je rêve !

La fromagerie en bas de chez moi, elle vendait trois choses.

Du fromage, des ouiches lorraines et de la bouffe chinoise.

Alors avec tes régimes à la con, tu me fais bien marrer.

Tu as devant toi le spécialiste de la ouiche lorraine.

Le spécialiste des travers de porc sel-poivre.

À 23 ans j'ai gagné le concours du meilleur cuisinier asiatique...

en leur préparant un méchoui.

Un méchoui ? Tu pipeautes pas un peu ?

Jamais je pipeaute.

Puisque c'est ça, parle-moi de George Abitbol.

C'était loin d'être un pérave.

Jamais il se serait vanté comme moi sur la cuisine.

Humainement, il avait la classe.

Je préfèrerais avoir sa classe plutôt que la mienne.

Moi je suis un peu just.

Vous l'aimiez bien.

Ouais.

Laissez-moi.

Eh, la choucroute ! Si tu veux une saucisse...

C'est trop bien de se déguiser.

Mouais.

Non non, je t'assure.

Abitbol. George Abitbol.

Classe, man ! Top of the pop.

A disparu... poil au cul !

Au large du port de Valparaiso...

Ah, c'est beau !

Mais tout ça nous éloigne de George.

Angoisse, fausse angoisse.

J'ai plus de repères pour l'instant...

Steven, arrête, j'ai jamais pu encadrer Michel Legrand.

D'accord, d'accord.

J'aime pas comme tu conduis, je sais pas, j'ai pas confiance.

Tais-toi, tu m'empêches de me concentrer.

Quand je serai célèbre, je me ferai des meufs !

Je ferai des folies !

Steven, arrête-toi c'est insupportable.

Tu sais, à propos de Steven...

...c'est encore plus balaise que mon déguisement.

Il traverse tout le pays pour une interview.

Mais lui, il se met vraiment dans la peau du personnage.

Je trouve ça vraiment courageux de traverser l'Amérique. À pied.

C'est du journalisme total.

Il passe par l'Alaska, ce con !

Monter à pied là-haut, putain faut être con !

Tu vois, au début je trouvais ça con de se déguiser.

Mais vous m'avez donné envie. Sauf qu'on va pas me reconnaître.

C'est comme ça. Un vrai petit caméléon le Dave.

Tu trouves pas que je me suis musclé ces derniers temps ?

Tu veux voir mon déguisement ?

Tu sais, faut le voir porté.

Tu as déjà entendu parler d'Artemus Gordon ?

Tu peux faire beaucoup mieux qu'une simple chemise.

Ça c'est à peine croyable.

Je me trouve une panoplie super bien.

Une chemise dont je suis hyper fier, et voilà comment on le félicite, le Dave.

Excuse-moi, mais là je pense à Steven.

Il a beau être à pied, il doit sûrement vivre des moments extraordinaires.

Mon cher Peter, ça y est, j'y suis.

Mais mon déguisement n'est pas tout à fait fini.

La casquette et les bottes ne me conviennent qu'à moitié.

Je sens grandir la flamme qui a dû animer les grands reporters de ce siècle.

Je pense à Albert Londres, Gunter Wallraff, Robert Namias.

Entrez !

Bonjour, je suis journaliste et j'enquête sur la mort de George Abitbol.

Vous avez vécu au Texas. Je voudrais recueillir votre témoignage.

Je vous arrête tout de suite.

Il y a erreur, je n'ai jamais mis les pieds au Texas.

Laissez tomber votre cinéma, je sais que vous y étiez.

OK, c'est bon.

Mais je dois vous dire, je ne me souviens plus de grand-chose.

À vrai dire, j'ai quelques souvenirs très confus.

Des visages qui me reviennent de temps à autre.

Je me souviens surtout d'odeurs.

De sensations, plus que d'anecdotes précises.

D'autant que je ne suis pas resté longtemps au Texas.

En fait, je ne vois pas ce que je pourrais vous raconter.

Sinon deux ou trois vagues choses sans intérêt pour un journaliste.

Alors une, je ne m'en souviens pas.

Deux, je ne suis pas resté longtemps.

Et enfin cinq... il y a pas de cinq.

Si vous ne voulez pas m'aider, allez vous faire enculer.

Mon cher Peter, me voici en Alaska.

Malgré le froid, malgré une mule impotente.

Malgré ma fausse barbe qui me gratte.

Je continue à croire en mon aventure.

J'ai quand même deux ou trois doutes.

Tu vois, il commence à ressembler à quelque chose, ton déguisement.

Mais avec ta tête de Français, vraiment je suis pas sûr.

Tu as du boulot avant de faire comme Steven. C'est le meilleur.

Je vais métamorphoser ma tête de Français, tu vas pas en croire tes yeux.

Moi aussi je vais au Texas, récolter des témoignages.

Mais je suis pas comme Steven, je prends l'avion.

Mon cher Peter, j'ai perdu beaucoup de temps avec le blizzard.

Je crois bien que j'ai pris froid.

Alors les bouseux, qui va me parler de George ?

Qui c'est qui va tout dire à Dave ?

Toi tu dis rien, c'est normal, tu es une croix en bois.

Tu n'as qu'à te taire.

Voilà enfin quelqu'un qui pourra me dire quelque chose !

Tu veux pas me parler ?

Tu veux que je fasse parler la poudre ?

À mon avis, tu me prends pour un con.

Tu m'as l'air bien jeune pour avoir connu cette époque.

Une vachette comme toi, ça sent le pipeau ton histoire.

Le pipeau !

Mon cher Peter, me voilà dans le désert.

J'ai un nouvel ami. Il me suit partout, mais il est un peu con.

Tu me diras, il a cinq ans.

Je me sens seul...

Écoutez, on m'a dit que vous étiez fiancée à George.

C'est ce qu'il voulait faire croire.

Et il y est arrivé.

Vous me dites qu'il a menti ? Vous le traitez de menteur ?

Oui, un menteur hors pair, et avec bien d'autres défauts.

Il était amoureux de moi.

Mais il était lourd, et collant.

Bien sûr aujourd'hui, j'ai des regrets.

J'aurais peut-être dû agir autrement, mais c'était impossible.

Aucune femme n'aurait voulu de lui à cette époque.

Il était trop balourd, trop pataud.

Il voulait pas me lâcher la touffe.

Bonjour Madame.

Je voulais vous dire, je vous aime.

On va le savoir, vous arrêtez pas de me le répéter.

Vous savez bien que je ne vous aime pas, George.

Oui, je sais bien.

Alors, qu'est-ce que vous voulez ?

J'aime vos seins. Vos loches.

Les bras m'en tombent.

Vous me trouvez pas désirable ?

C'est pas ça, George.

C'est pas que vous êtes pas désirable.

Mais avec les femmes, vous manquez de tact. En gros.

Ils sont crado, vos verres.

Et alors ? Je suis pas votre bonne !

N'empêche qu'une fois que les choses réblblbl...

George !

Je vous ai déjà dit de ne pas parler en buvant.

C'est mauvais pour l'estomac.

Excusez-moi Madame.

Je pense qu'il avait pas plus de classe que de beurre au cul.

J'ai jamais compris comment il a eu le titre.

Pourtant, j'aimerais pas que l'homme qui l'a tué vous échappe.

Ça va, il y a pas le feu, on n'est pas aux pièces.

Mon cher Peter, je touche enfin au but.

Que d'émotion devant cette simple bicoque tant désirée.

Que d'émotion, mais que de fierté aussi.

Hervé Claude, Jean-Claude Narcy, faites place, ténors du journalisme !

J'arrive.

Rentre, fouille-merde.

Je vais te filer du biscuit sur George pour ta feuille de chou.

Ça va fuser, les potins, les ragots.

C'est ma profession, de témoigner.

Mes témoignages c'est pas de la daube.

Mais je suis un peu surpris.

Au téléphone, vous m'avez dit que vous aviez bien connu George.

Et que vous aviez de vraies informations.

Il faut pas de vraies informations pour vendre un journal.

La vérité, ça n'a jamais intéressé. Regarde George, par exemple.

La vérité, c'est que pendant qu'il était peinard, à faire du cheval...

...moi j'étais super loin sur mon bateau. À la pêche.

Mais faut savoir la rendre excitante, la vérité.

Moi à la pêche...

...lui sur son cheval.

Moi à la pêche...

...lui le cheval.

Ah ouais, c'est bon comme ça.

Bon, on arrête les déguisements.

C'est que des emmerdes.

Le journalisme total, c'est totalement con.

Allez !

Patron !

Il faut qu'on vous parle, vite !

Vous voulez me parler des chiottes, peut-être ?

Non, de l'affaire Abitbol.

On veut laisser tomber nos déguisements.

On en a marre.

Comme vous le sentez.

Mais c'est le sympathique Dave que voilà.

Il a remis son ancienne chemise ?

Voulez-vous être ma femme, et après on boira un café ?

Ça peut marcher.

En y réfléchissant, ça n'a pas une chance sur 100 de marcher.

On divorce ?

J'imagine que j'aurai pas de pension, radin !

Monsieur, vous savez parler avec l'accent canadien ?

Ben évidemment.

Il y a qu'à demander.

Mais George Abitbol, vous pouvez m'en parler ?

Monsieur Dave...

Comment vous connaissez mon nom ?

J'ai vu le début du flim.

Vous savez parler comme ça en plissant le visage ?

Ça a l'air facile ? En fait, c'est pas évident.

Parlez-moi de George Abitbol au lieu de jouer.

Mais vous pensez qu'à travailler !

Je parie que vous êtes pas capable de parler comme ça.

Oui, ça c'est vrai.

Faut apprendre, faut pas rester comme ça !

On vit très bien sans savoir.

Salut, ça va ?

J'ai une proposition, vachement bien, super balaise.

On serait deux irresponsables payés par la CIA avec un hélicoptère.

Un hélicoptère ?

Un super hélicoptère intelli- gemment appelé Supercopter.

Ouais.

Vendu.

Les cons !

Regarde, c'est lui, là.

Qui, le jus de tomate ?

Non, l'acteur !

Vous pourriez nous parler de George Abitbol ?

Essayez de raconter votre histoire, même sans ouvrir la bouche.

Ou vous pouvez la mimer.

Vous êtes un grand acteur, vous devriez pouvoir le faire.

OK, je vais vous la mimer.

J'étais à la cueillette aux champignons...

Bordel, ça doit pas être la saison, c'est pas possible.

Hep, Monsieur !

Oui, quoi ?

Vas-y, parle, qu'est-ce que tu veux ?

Je vais vous poser une question, si vous répondez bien je vous laisse le passage.

Vas-y, pose ta question.

Top ! Qui suis-je ? Je suis un animateur de France 3.

Je suis déguisé en noir.

Mon émission passe tous les soirs à 18 h 35.

Je pose des questions à des champions. Je suis ?

Tu es Julien Lepers, c'est ça ?

Oui c'est ça, je suis Julien Lepers !

Bien ! Sacré Julien.

Hé ! Votre encyclopédie Larousse !

Après cet épisode j'ai croisé très furtivement George Abitbol.

Mon chéri ! Nous étions séparés, mais nous voilà réunis.

Tu vois cet homme, là ?

Il est très connu.

Par contre avant ça, c'était un parfait inconnu.

C'est fou, non ? Qu'est-ce que tu en penses ?

Je pense qu'il est très grand.

Par contre, avant, il était petit.

Hop hop hop !

Et notre répétition de scie musicale ?

Excusez-moi maestro, je saluais des amis philosophes.

Merci de ce témoignage.

J'ai un trou de mémoire, quel est le titre de votre plus grand film ?

Ou vous pouvez nous le mimer.

Essayez de mimer le titre de votre plus grand film, s'il vous plaît.

Putain, il est costaud cet acteur.

Je pensais à un truc. Tu l'as achetée où, ta veste ?

Comme mon fute, chez un mec dans les Vosges, tu connais pas.

Ah ouais, c'est vrai que tu es vosgien, toi.

Que je vous parle de George ?

S'il vous plaît, oui.

Ce que je peux raconter...

...c'est que moi je l'ai jamais rencontré, George.

Je sais que c'était l'homme le plus classe du monde, c'est tout.

Je suis un type qui a fait beaucoup pour l'écologie.

Je vous assure, c'est vrai.

Si je vous disais qu'il y a rien que j'adorais plus...

...que les chevauchées solitaires dans les grands espaces vierges.

La communion intime avec la nature, l'extase des sens.

Un sentiment grisant de liberté, l'osmose, quoi.

Dites-moi, à propos de George...

...quelqu'un aurait eu intérêt à vouloir sa mort ?

Un ennemi, ou même un rival ?

J'ai entendu parler d'un type, un dénommé Joël.

Il avait un ami manchot.

Abitbol !

J'ai peut-être qu'un bras, mais je suis pas manchot !

Mais naturellement.

En puissance intellectuelle, on va voir ce que tu vaux.

Mais avec plaisir.

Très bien.

C'est une devinette.

Qu'est-ce qui a trois bras...

...un seul chapeau, deux chemises et une veste...

...un foulard...

...un pistolet et quatre oreilles ?

Mais c'est toi, et ton...

Mais aucun problème. C'est le cowboy de Tchernobyl.

Bravo, il la connaissait !

Au revoir, Messieurs-Dames. C'est ça, la puissance intellectuelle.

Bac + 2, les enfants.

Ça sent la pluie, ça.

On va rentrer, et on va s'inventer une petite charade.

Et là, il sera bien feinté.

J'espère que ce témoignage va vous faire progresser.

Tous les moyens sont bons pour arrêter le meurtrier.

Écoute-moi bien, garçon.

L'affaire Abitbol, c'est pas une affaire pour vous.

Et mon patron n'aime pas trop les fouineurs.

Je vais te dire une chose.

Il y a de la boue qu'il vaut mieux pas la remuer !

Qu'est-ce que tu dis ?

On a reçu mes tricots de peau en polystyrène expansé ?

Je comprends pas, ils auraient dû être là.

Demande au standard.

Merci, on se sent vraiment aidé.

Oui, le standard, vous avez rien reçu pour moi ?

Vous commencez à faire chier. Quittez pas, j'ai un appel pour vous.

Allô, oui, bonjour, Professeur Hammond.

J'enquête sur George Abitbol, et j'ai des questions...

...sur votre père, Joël Hammond. Je pourrais avoir votre témoignage ?

C'est bien.

Là j'ai un problème de costume, mon tailleur se fout de ma gueule.

Mais ça va s'arranger, je ne suis pas inquiet.

Chez moi cet après-midi ? Vers cinq heures.

Attendez, il faut que je me souvienne de tout.

Chez vous, vers cinq heures... Je vais essayer de m'en rappeler.

J'espère.

Purée !

Ça, j'aime ! Vous arrivez, vous êtes même pas chez vous...

...trois quarts d'heure de retard, pas bonjour, pas merci...

...vous filez tout droit au frigo, vous prenez la dernière bière...

Vous êtes un sacré sans-gêne !

Merci. Arrêtez, vous me gênez, je vais rougir.

En réalité, j'aimerais que vous me parliez de votre papa.

De Joël Hammond. C'est possible ?

Bien sûr, c'est possible.

Je vais vous raconter une histoire pas banale.

Une fois, je devais rejoindre mon père...

...dans une carrière où il travaillait avec des ouvriers.

Vive la révolution d'octobre !

On a repéré des animaux préhistoriques partouzeurs de droite dans les parages.

Comment peux-tu croire des conneries pareilles ?

Avant d'arriver, je m'étais arrêté pour faire boire mon cheval.

Regarde !

Joël, n'y va pas, reste ici !

Je reviens, je dois y aller !

Ouais !

On l'a bien eu.

Je déteste les animaux préhistoriques partouzeurs de droite, bordel !

C'est de la merde, de mélanger partouze et politique.

C'est mieux de faire les choses dans l'ordre !

Va te faire branler, trotskard.

Voilà. Et mon père, vous allez me demander où il était...

...pendant que nous on se battait ? Non ?

Dites-moi, votre père, où il était pendant que vous vous battiez ?

Joël ?

Il a fait comme à chaque fois qu'il y avait du grabuge, Joël !

Aujourd'hui il est mort. Dieu ait son âme.

Je peux pas dire de mal, mais pendant qu'on risquait notre vie...

...contre les animaux préhistoriques partouzeurs de droite...

...comme d'habitude, il allait s'isoler dans la montagne.

Personne n'a jamais su ce qu'il faisait, d'ailleurs.

Ça daube, ça daube !

S'il vous plaît, je peux vous parler, Madame ?

Appelez-moi Christelle.

Mon mari est absent. Vous voulez voir mes fesses ?

Ensuite, je vous roulerai une pelle.

Ce serait avec plaisir, mais d'abord je dois vous questionner.

Comme vous voudrez. Mais après, il faudra être mignon.

C'est bien.

Je sais pourquoi vous êtes là. Vous cherchez qui en voulait à George.

Je faisais l'amour avec lui du samedi après-midi au vendredi soir.

À ce moment-là, c'était un bon compagnon.

Tu voulais me voir, chérie ?

Oui, je voulais absolument que tu sois là.

Je tenais à te présenter mon ex.

Oh, tu es lourde.

J'ai très bien entendu.

Bon, excuse-moi.

T'avise pas de recommencer.

Yves, je te présente George, l'homme le plus classe du monde.

George, je te présente Yves, mon ex.

C'est lui, George ?

Bravo. Qu'est-ce que tu fais avec un mec pareil ?

Blablabla, j'ai les bonbons qui collent au papier.

Je suis avec George parce que j'aime les hommes qui ont de la classe.

J'ai envie d'aller aux gogues.

Même si parfois les apparences sont trompeuses.

Pauvre Christelle, ton mec, je vais lui massacrer la tête.

Mais pas tout de suite, non, pas maintenant.

Quand il s'y attendra pas.

Pas très courageux.

J'en ai rien à foutre, d'être courageux.

Ce que je sais, c'est qu'il va payer.

Demain, ou dans vingt ans, il va mourir.

Et pas de sa belle mort, crois-moi.

Tu préfères pas qu'on fasse la paix, plutôt ?

C'est tout ce que tu as à dire ? Fais quelque chose !

Qu'est-ce que tu veux que je fasse ?

Je sais pas, va te battre. Notre honneur est en jeu.

Si c'est notre honneur, vas-y toi, te battre.

George finit par se lasser de moi, et partit avec une Québécoise.

Une belle petite salope.

À propos de salope, avant votre histoire, vous m'aviez proposé de...

comment dire... de faire le... j'aimerais passer à l'acte sexuel.

Oh, je ne sais pas...

Écoutez.

Oui, oui.

J'ai plus beaucoup de temps...

Moi non plus.

Alors il faut que vous preniez une décision.

Je suis à bloc. Dites-moi si c'est oui ou si c'est non.

C'est non.

Allô Steven ?

Bouge pas, Peter te prend sur l'autre ligne.

C'est bon.

Faisons un point. Je vais voir Yves dans son restaurant...

...ça se passe plutôt mal.

Quoi ? Tu es pas mort.

Je me suis fait avoiner. Je me suis fait casser la gueule par une brute.

Il voulait que je parle, mais j'ai rien dit du tout.

J'ai pas dit où en était l'enquête, malgré la douleur.

Heureusement que tu as pas dit où en était l'enquête.

Vu qu'on en est au point zéro, on serait passés pour des busards.

Pourquoi Yves t'envoie son gorille s'il est innocent ?

C'est à n'y rien comprendre, même en réfléchissant bien !

Un mec au-dessus de tout soupçon m'aiguille sur Joël, le rival de George...

...puis me fait dérouiller par son homme de main. Pourquoi ?

Oui, pourquoi, pourquoi, pourquoi ?

Les enfants, écoutez. Je crois que j'ai le fin mot. Suivez bien.

George Abitbol s'est fait assassiner par Yves.

Le mobile : une femme, Christelle.

Sexe plus histoire de cul égalent...

...meurtre.

Bien joué, l'enquête touche à sa fin !

On va devenir célèbres, on va bientôt niquer !

Mettez des capotes.

Gorge Profonde ?

Gorge Profonde !

Vous vouliez me voir ? Vous avez des révélations ?

Oui.

Des révélations d'une importance extrême.

George Abitbol est pas crevé. Il est même vivant et...

Mais vous êtes ivre, vous empestez, vous ne savez plus ce que vous dites.

Abitbol est mort.

Pas du tout du tout. George est vivant.

Et il est revenu en ville.

C'est moi qui te le dis, petit merdeux. George est bien vivant, merde.

Il est revenu pour se venger. Voilà.

Et l'assassin de George, c'est Yves.

Ça, on le savait.

Monsieur Je-sais-tout ! Si t'es si malin, démerde-toi tout seul.

Et ma gorge profonde, je vais la remplir derechef.

Quoi ? Il y a des voitures dans les parkings maintenant ?

Je te connais pas, j'ai rien contre toi...

...mais il faut que je tape sur quelqu'un.

C'est pas de bol pour toi, sinon je garde tout en dedans...

...et c'est pas bon, alors tiens !

Le prends pas mal, mais tiens !

Qu'est-ce que c'est que ce raffut ?

Alors, on peut plus chier tranquille ?

Abitbol, soi-disant l'homme le plus classe du monde !

Du calme, Gaël !

Quoi du calme ? Pourquoi tu dis ça ?

Babloche !

Oui, je suis un bab, et alors ? Ça te défrise, vieux réac ?

Parce que j'ai les cheveux longs, tu flippes pour ton confort bourgeois.

Tu as un mauvais karma, frère, si tu supportes pas les cheveux.

Désolé papy, mais j'ai ma liberté d'expression capillaire.

Ça te fait chier, hein ? Dis-le, George.

Putain tu es nul !

Messieurs, George Abitbol.

George !

Mais tu es vivant ?

Un miracle ! Il marche !

On va pas en faire un fromage. Je m'en suis sorti sans problème.

C'est pas vrai, cette affaire. Qu'est-ce que c'est ?

Qu'est-ce que c'est ce pataquès ? Je suis là pour une raison précise.

Je veux l'adresse de l'homme qui a voulu me tuer.

Yves ?

Ouais.

OK, j'imagine l'état dans lequel vous devez être.

Mais soyez un bon américain. Faites honneur à votre drapeau.

Vous devez laisser la justice faire son boulot.

On aimerait bien vous aider. Mais on a perdu cette adresse.

Même si on voulait vous la donner, on pourrait pas.

Vous me prenez pour une buse ?

Je suis l'homme le plus classe du monde, bande de cons.

Du calme, Abitbol.

Vous méritez même pas que je m'énerve.

Je vais me débrouiller sans vous. Merci pour votre aide.

Il a vraiment pris la grosse tête.

Alors George, qu'est-ce que tu veux comme tuyau ?

L'adresse du type qui a voulu me tuer. Ça me fera plaisir.

Je commence à en avoir plein le cul.

Ouais, plein le cul. C'est vrai.

C'est pas parce que je donne à tout le monde des bons tuyaux que je mérite pas un peu d'amour.

Tu as raison Huggy, je t'aime.

C'est pas croyable. Il faut que je m'énerve...

...que je te fasse mon numéro, pour que tu me le dises ?

Tu nous fais ta crise ? Ta petite parano ?

Merci pour le feu, pigeon.

Toi, ton tuyau tu as qu'à te le mettre dans le cul.

J'ai vraiment besoin de toi. Donne-moi l'adresse d'Yves.

D'accord, mais seulement pour du fric.

Ça te coûtera 30 francs.

Ouais.

Payables en deux fois. 15 francs avant, 15 francs après.

Allez !

Patron, patron !

Il faut qu'on vous parle, vite !

Vous savez que George sort de mon bureau ?

Rien à foutre, il y a plus important.

George Abitbol est bien vivant.

Bien joué, les gars.

Yves ? C'est moi, George.

T'inquiète pas, je ne te ferai rien.

Je suis venu pour faire la paix, pas dans un esprit de vengeance.

Je sais que c'est toi qui as essayé de m'assassiner.

Je sais aussi que tu t'es jamais remis de l'histoire de Christelle.

Mais c'est du passé.

Tournons-nous plutôt vers l'avenir.

Je veux que tu t'excuses gentiment.

Ouais, je m'excuse.

Excuse-toi mieux que ça.

Pardon, je te prie de m'excuser.

Pardon mon doux seigneur.

Pardon mon doux seigneur.

Éteins ta clope.

- Monsieur Peter ! - Quoi ?

Vous avez un message de Dave.

Vous avez une clope ? Merci.

Il est parti chercher George dans l'hôtel de Yves.

- Bonne journée ! - Merci.

Vous avez l'heure, s'il vous plaît ?

Oui, neuf heures une.

Vous êtes précis.

Oui. Vous voulez niquer avec mon ami et moi ?

Oui, pourquoi pas ?

Répétez ça ? Vous avez bien dit « Oui, pourquoi pas ? »

Oui, exactement.

Suivez-moi. C'est quoi votre prénom ?

Sophie, mais tout le monde m'appelle Sosso.

Mais qu'est-ce que j'ai dit ?

Il faut que je vous présente Steven.

Steven ! Laisse tomber ce connard.

Victoire, vieux, victoire ! Viens voir par ici, viens !

Madame Sosso, je vous présente Steven. Steven, madame Sosso.

Mademoiselle.

Asseyez-vous.

Tiens, prends une chaise.

Dites-lui ce que vous venez de me dire.

Je lui ai dit que je voulais bien niquer avec vous.

Tu entends ça ? Qu'est-ce que tu en dis ?

Outch.

Et on n'est pas célèbres, on n'a pas publié une seule ligne !

Alors pourquoi ?

Parce que je m'en fous. J'ai pas de problème.

Vous avez l'air tous de tomber des nues.

Vous pouvez pas savoir ce que ça représente pour nous.

Je flashe.

Si je comprends bien, on s'est tapé une enquête super dure.

Alors que si on vous avait rencontrée avant...

...on aurait pu niquer tout de suite sans même être célèbres.

Alors que pendant ce temps, je me la suis donnée grave.

Allez !

Patron, patron !

Il faut qu'on vous parle, vite !

On voudrait prendre notre après-midi.

On a un plan, là.

Attendez, les gars.

On sait pas encore ce que veut dire « monde de merde ».

« Monde de merde »... Ah oui !

Mais Dave est parti chercher George.

Dès qu'ils reviennent, on demande à George d'expliquer.

OK les gars.

Ça va, Monsieur Abitbol ?

Vous avez passé une bonne nuit, sans être indiscret ?

Au poil. Et tu es pas indiscret.

Je suis majeur, et je fais ce que je veux avec mon petit corps.

Dites, pendant que je vous tiens...

...ça veut dire quoi « monde de merde », sans être indiscret ?

Tu te réveilles à 35 ans pour te demander ce que ça veut dire ?

C'est pas que tu es indiscret, c'est juste que tu es un con.

En disant « monde de merde », j'ai voulu dire que le monde allait mal.

C'est un cri de révolte lancé à mes frères opprimés.

Finissons-en avec la résignation et l'indifférence.

Ouvrons les yeux !

Partout l'injustice, le nationalisme, l'exclusion, ça me débecte.

Tu as entendu parler de l'hégémonie du grand capital ?

Non.

Tu t'intéresses pas à la politique. Tu devrais.

Faut se mettre au travail, pour vaincre les fanascismes.

C'est un concept à moi.

Ça dénonce à la fois les fascistes et les fanatiques.

Merci Monsieur Abitbol. Vous m'avez ouvert les yeux.

Regarde plutôt la route.

Ah, monde de merde !

J'ai bien envie de le dire aussi. Monde de merde.

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