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Zulu
Merci.
Alors ? Alors quoi ? Tu lui as demandé ? Bien sûr que je lui ai demandé.
Mais elle sait très bien qu 'à chaque fois que je lui demande de l 'argent, c
'est pour toi. Moi, je dépense rien.
Si j 'en ai besoin, c 'est pour le petit.
Elle pourrait comprendre ça, non ? Je lui ai dit.
Qu 'est -ce qu 'elle t 'a répondu ? Mais dis -moi ce qu 'elle a dit, merde !
Tu vas pas te mettre avec elle maintenant, non ?
Tu tiens vraiment ? Oui.
On devrait interdire à des gens comme ton frère de se reproduire.
Voilà ce qu 'elle a dit.
Je vais aller boire. Non.
Fais pas de scandale.
Ça servirait à rien.
C 'est pas un scandale que je veux faire.
C 'est pas un scandale.
Calme -toi.
Respirez ça.
Une flamme ? Non, le percepteur.
Mais sa dactylose parfumait la violette.
Bon marché, fatalement. Elle n 'est qu 'une pauvre qui prend de l 'argent aux
autres pauvres.
Parce que les riches, ils sont intelligents, ils s 'arrangent.
qu 'on se pense à ce que j 'étais à ton âge.
Je m 'en doute.
On remarquait si elle s 'arrangeait un peu.
Mais ses bas gris, ses robes grises, ses chapeaux gris, elle ressemble à une
souris.
Mais je suis sûr qu 'un gros rat lui ferait un bien immense.
Janvier ?
Lucas
?
Bon,
ben, voilà.
On s 'est beaucoup creusé la tête, alors on espère qu 'on n 'est pas tombé à
côté.
Merci.
Ah, ben ça alors ! Mais qui vous a dit que je fumais la pipe ?
Il y a aussi ça, par contre.
Et à qui dois -je ? Vous ne devinez pas ? Comme qui dirait un
cadeau d 'amour.
Cécile, ça fait trois heures qu 'elle vous attend.
Vous la verrez tout à l 'heure.
Bon,
eh bien, à votre santé et merci.
A vos amours, patron.
Bon, ben, ça va.
Bon, allez, les enfants, rangez -moi tout ça.
En somme, d 'après vous, c 'est la troisième fois en deux mois qu 'un
pénètre la nuit dans l 'appartement que vous habitez avec votre temps, s
'installe dans le salon, change les chaises de place... Le fauteuil aussi.
Le fauteuil aussi.
Et vous n 'entendez rien ? Non.
Mais très souvent, j 'ai des insomnies.
Je prends des somnifères.
Mais même les jours où j 'en ai pas eu besoin, j 'ai rien entendu.
Ce serait pas tout simplement votre tante.
Elle aussi a peut -être des insomnies.
Sûrement pas.
Elle a une scétique épouvantable. Elle peut pas mettre un pied devant l 'autre.
Pour l 'amener de son lit à son fauteuil, je suis presque obligée de la
Chaque pipe a sa personnalité.
Différente des autres.
C 'est toujours une rencontre émouvante.
Vous ne croyez pas.
Si, si.
Non, vous ne croyez pas, je le sens.
Pourtant, je suis sûre de ce que je dis.
Tenez, ce matin, en plus, ça sentait le tabac.
Et ma tante n 'a jamais fumé de sa vie, moi non plus.
Je ne l 'ai pas inventé, l 'odeur de tabac. Je ne suis pas folle.
Vous allez sûrement le devenir si vous continuez à avoir peur comme ça.
On va essayer de vous rassurer.
La seule chose qui me rassurerait, ce serait que vous veniez vous -même toutes
les nuits surveiller la maison.
Ce serait de vous sentir là, tout près.
Je suis sûre que j 'aurai plus peur.
J 'en viens.
Tu donneras à mademoiselle Boinet le numéro de notre ligne directe.
Et demain, je demanderai à mon confrère de Bourg -la -Reine.
D 'avoir un œil sur la maison.
Si tu veux faire des curpites par des folles.
Tout arrive.
C 'est parce que j 'en ai fichu.
Tu y attaches une valeur sentimentale.
Non. Je place cette pauvre fille, c 'est tout. C 'est un geste gentil.
C 'est vrai qu 'elle me bassine du matin au soir.
Tu te laisses faire.
Elle s 'invente un univers mystérieux. On déplace des objets chez elle.
Des meubles, des bibelots.
Elle pense plus qu 'à ça.
Elle est vraiment feu ? Je sais pas.
Mais il lui arrive jamais rien.
Et il lui arrivera jamais rien.
Alors, elle a fabule.
Janvier.
Qu 'est -ce que c 'est que ça ? Ben, la mère
a été touchée de nuit.
J 'ai coffré le père à 5 heures ce matin, mais il n 'y a personne à l
'assistance. Je pense qu 'ils foutent, moi.
Il aura fallu que j 'attende 27 ans pour voir ça.
Comment il a le père ? C 'est un ancien légionnaire. C 'est lui qui a appelé la
police. On dirait qu 'il avait tué ton femme. Ah non, non, ça, c 'est les
voisins qui le disent. Oui, ça, comme d 'habitude.
Avec quelle arme ? Elle a été massacrée à coups de poing.
Bon, ben, on va pas le laisser là.
Lucas.
Oui, patron, c 'est qu 'il est encore là.
Oui, ben, va me chercher le légionnaire.
On pourrait peut -être commencer à travailler, maintenant.
Le commissaire va vous recevoir, ne vous inquiétez pas.
C 'est tellement important, vous ne pouvez pas savoir.
Lucie, Lucie, il règle une affaire et il est tout de suite à vous.
Donnez -lui le billet, je vous en prie.
Lucie va s 'en occuper, donnez -le lui.
Vite, on a su maigrir.
Très bien, mademoiselle.
C 'est hier que tu as signé ton engagement pour l 'Indochine ? Pourquoi
C 'est mon ancien colonel qui commande là -bas.
Tu penses qu 'il a besoin de toi ? Non.
Mais ici, c 'est trop compliqué.
À la région, c 'était mieux.
C 'est ta femme qui était trop compliquée ? Je l 'ai pas tuée.
Bien sûr.
Montre -moi tes mains.
Excusez -moi, Mlle Voynham a chargé de vous remettre ça d 'urgence.
Posez ça là.
Léopold, apportez -moi une bière.
Deux bières.
Où étais -tu cette nuit ? J 'ai touché ma première.
On a un peu bu.
Tu t 'es saoulé à mort.
Quand tu es rentré, tu savais plus ce que tu faisais. T 'as filé une trempe à
femme. Il paraît que ça t 'arrive.
Et t 'as tapé un peu trop fort.
C 'est normal que vous disiez ça, mais c 'est pas vrai.
Quand je suis rentré, elle était déjà morte.
T 'as appelé tout de suite la police ? Ouais.
T 'es sûr ? C 'est -à -dire que je me suis affolé.
J 'étais sûr que ça allait me retomber dessus.
Alors je suis parti, puis je suis revenu.
Je voulais foutre le camp.
C 'est le mien ?
Putain de merde.
Comme tu dis.
Merci, Léopold.
Dites à Mlle Boinet de patienter.
Elle est partie, monsieur le commissaire.
Comment ça, partie ?
Il
faut absolument que vous me receviez. Un drame affreux a eu lieu cette nuit.
Vous m 'apportez un mot comme ça et vous ne dites rien.
Mais je ne lis pas votre correspondance. Vous l 'avez vue partir ? Non.
Elle était encore là il y a deux minutes.
Vous avez vu Cécile sortir ? Pourquoi elle est partie ? Bah, je ne comprends
pas.
Je vais faire un tour pour la reine.
Vous ne voulez pas que j 'y aille, patron ? Non, non.
Ramène -le au dépôt, je le verrai plus tard.
Et laisse -le boire ta bière, il en a besoin.
C 'est la semaine de bonté.
Pas forcément.
C 'est parce qu 'on fait mal, ce commissaire. C 'est que je la vois pas.
Je la vois jamais.
Ou alors, pour le courrier, bonjour, bonsoir, et encore, moi qui lui montre.
Voilà.
Vous restez sur le palier, s 'il vous plaît.
Il y a deux ou trois semaines, j 'avais fait un double de clé pour cette série.
Au revoir.
Où y a -t -il le téléphone ? Elle va bien, non, la dame Boinet ? Où ça ?
Elle
a dû être tuée entre 2 et 3 heures du matin.
Où est Mégret ? Je crois qu 'elle est en bas avec la concierge.
Cécile, enfin mademoiselle Boinet, est repassée ce matin à son appartement ?
Non, je l 'aurais vue.
Autre chose, est -ce qu 'il y a eu des visites hier soir ? Est -ce que quelqu
'un d 'étranger est à l 'immeuble ?
Vous m 'attendez.
Cécile est morte.
Ah, monsieur le commissaire, j 'ai un message pour vous.
C 'est lui qui l 'a trouvée en mangeant ses balais.
Vous
êtes
revenu ? On dirait, oui.
Le légiste allait jeter un coup d 'œil.
Mais je voulais qu 'on touche à rien avant que... Bien fait.
Vous pouvez me dire pourquoi cette porte n 'a jamais été condamnée ? Ça fait au
moins dix ans que j 'en parle.
Je demanderai patron.
C 'est un peu tard, tu crois pas ? On entre ici comme dans un moulin. Aucune
surveillance.
Personne fait son boulot. Tout le monde s 'en fout.
D 'accord, je te tire. Là, ils sont bien aussi.
Je suis sûr qu 'ils venaient vous dire qu 'ils étaient là.
Il l 'a pris de vitesse.
Il l 'a fait une seconde fois.
Vous êtes drôlement usés, les enfants.
Belle déduction, ça, c 'est bien.
C 'est si elle est venue dénoncer l 'assassin de sa tante, là -dessus on est
'accord.
Mais si elle l 'avait vue dans l 'aquarium, vous pensez pas qu 'elle
donné l 'alerte, non ? Vous croyez qu 'elle l 'aurait suivie comme ça, sans
dire ? Non, c 'est vrai.
C 'est un autre qui est venu, qu 'elle ne connaissait pas, ou à qui elle avait
confiance.
Et vous en concluez, patron ? Conclure ? T 'es capable de conclure, toi ? Pour l
'instant, je vois qu 'une chose.
J 'avais lu pour moi ce matin ce qu 'il ferait pendant.
Voilà ma conclusion.
Oh là là.
Fabulous, je te le dis.
120 morts.
Comme je le connais, c 'est pas fini, crois -moi.
Je suis passé chez les inspecteurs.
Mademoiselle Cécile était là, dans l 'aquarium, un gros sac sur les genoux.
Elle m 'a donné le billet, je vous l 'ai apporté.
Vous m 'avez demandé les pierres. Je suis descendu, j 'ai lavé les verres et
'était sale.
Et quand je suis remonté, elle n 'était plus là.
Un gros sac, vous êtes sûr ? Tout à fait, oui.
Je m 'en souviens très bien. Une grande serviette de cuir, tout escapé.
Oriol a refusé la démission de Pleven.
Tu as vu ? J 'ai pris de quoi faire du bourguignon pour samedi. Ça te va ?
Jules ! Toi.
Non, rien de temps.
Le Pliat.
J 'ai dit quelque chose ? Justement rien, commissaire.
Vous faites la gueule, c 'est tout.
Toi, tu n 'es pas dans ton état normal.
La petite Cécile, tu te souviens ?
Elle a été étranglée ce matin.
Au moins de 100 mètres de mon bureau.
Qu 'est -ce que vous en faites ? Vous avez l 'air fin.
Ça, on a l 'air fin.
Surtout moi.
Alors au troisième, il y a deux appartements.
Le grand, celui de Cécile et de sa tante. Et de Gérard.
Avant. C 'est le frère de la petite.
Et puis si.
Vous savez où on peut le trouver, ce garçon ? Oui, je sais.
Il habite à deux pas.
47 avenue Trudel.
Lucas, préviens -le et amène -le -moi.
C 'est chez où tu vas ? C 'est vrai, ça.
47 avenue Trudel.
Juste sous l 'appartement de Cécile, au second.
C 'est un armé d 'endurance, c 'est ça ? Maître d 'endurance.
Il est tout seul ?
Il est célibataire, oui.
C 'est qui le commissaire Maigret ? C 'est moi.
Il faut que je vous parle de M. Dendurand. Celle -là, elle manque comme
respire. Maître Dendurand est un monsieur très bien. Il occupe tout le
depuis des années.
Chaque fois que je descends, il est embusqué derrière sa porte.
Il arrête pas de me regarder avec un drôle de regard.
Et l 'autre fois, il a même essayé... Charles
Dendurand.
Commissaire Maigret, je suppose.
Figurez -vous, monsieur le commissaire, que je viens de votre bureau.
Vous êtes bien matinable. J 'étais ce matin au palais, on m 'a appris cette
affreuse nouvelle, j 'en suis encore tout.
Si vous vouliez vous donner la peine de monter un instant avec moi. Vous
permettez, madame Isidore ? Excusez -moi de vous faire grimper encore un
état.
Ça m 'a donné un coup, vous l 'avez connu toute petite.
Je
vous
en prie, entrez.
Vous prenez quelque chose ? Une prune ? C 'est pas tout à fait l 'heure, mais
avec ce froid...
Un
petit cabanel.
Enfin presque, c 'est moi qui ai mis la signature.
Il est joli, hein ? Dans vingt ans, ça vaudra des... 100 et 10 000.
Mais avec l 'art nègre, on en reviendra, croyez -moi.
Vous étiez à mon bureau, non ? Ah, il fallait que vous sachiez.
Je m 'occupais des affaires de Juliette. Enfin, de Mme Boinet.
Je l 'appelle Juliette.
Parce que vous la connaissiez bien ? Dis donc, commissaire.
Dix ans d 'amitié, de confiance, de commerce au sens
noble du mot, évidemment.
L 'échange de nos intérêts me confiait les siens qui devenaient les miens.
J 'étais avocat.
Vous étiez, vous ne l 'êtes plus ? Radier du baron.
Il paraît qu 'on n 'a plus le droit de fréquenter la pègre.
La pègre qui est notre gagne -pain.
Enfin, peut -être me suis -je trop rapproché de ces garçons un peu
mais vous n 'êtes pas sans le savoir souvent charmant, non ? Vous disiez que
vous reveniez de mon bureau ? Il fallait que je vous voie.
Et d 'abord que je vous dise mon émotion.
Juliette... Et Cécile ? Ah ben, et Cécile, oui.
Vous voyez que l 'assassin est le même ? Je ne sais pas.
Dans l 'angulation, tout de même.
Et deux fois.
Oui.
Bon, Juliette, donc, j 'étais son homme
de confiance, son factotum, si vous préférez, chargé de toutes ses affaires.
Quelles étaient ses affaires ? Les bordels.
Enfin, des bordels clandestins, puisque Marthe Richard a cru bon de mettre fin à
une institution créée par Saint -Louis.
Enfin, ça peut surprendre la tante et la
nièce avec leurs airs très demoiselles au chapouvet.
Cette pauvre Cécile, l 'ignorant.
Bah évidemment, Cécile, vous imaginez.
C 'est peut -être ce qu 'elle venait me dire.
Elle était venue vous voir ? Oui, c 'est comme ça que je l 'ai rencontrée.
Elle trouvait qu 'il y avait des choses mystérieuses dans la maison, des visites
nocturnes, des traces de passages,
des bruits parfois.
Pauvre Cécile, nous aurions dû le lui dire.
Non, mais Juliette recevait parfois ses messieurs, de nuit, bien sûr.
Mais j 'étais toujours là, je vous rassure.
Ah, merci.
Non, de toute façon, j 'aurais fatalement été amené à vous parler de...
de ça.
Non, mais ce que je voulais vous dire... confidentiellement, bien sûr,
c 'est que la nuit où Mme Boinet... Juliette. Eh bien, Juliette, si
vous voulez, oui.
La nuit donc où il est arrivé, cette chose terrible, j
'étais monté à l 'appartement et je lui avais remis un peu plus de 50 000 francs
en liquide, bien sûr.
Il devrait toujours être chez elle.
À quelle heure l 'avez -vous quitté ? Un peu après minuit, tout semblait normal.
50 000 francs.
Elle avait un coffre, quelque chose ? Pas à ma connaissance.
Elle était très secrète, vous savez.
Vous avez de nouveaux éléments ?
Merci pour la...
Vous connaissiez Juliette, enfin, Boinet, depuis longtemps ? Disons comme
vous l 'ai dit, dès que je me suis installé ici.
Et est -ce que les gens du milieu auraient pu... Alors là, je vous arrête.
Enfin, ce sont tard les rapports de...
Madame Boinet, avec ces messieurs, était excellente depuis toujours.
Ça ne la gênait pas.
Mais commissaire, une maison de passe pour un propriétaire, c 'est le rêve. J
'avais aucun problème.
Des loyers qui tombent avec une régularité de métronome.
Et de plus, oserais -je le dire... La protection d 'un policier.
Où étiez -vous alors où Cécile a été tuée ?
Au palais, comme je vous l 'ai dit.
J 'ai été raté du barreau, mais j 'ai conservé des relations.
On me demande des conseils, des démarches parfois un peu... Vous savez
'est. Où ça, au palais ? À quelle heure ? Entre 2h30 et 10h.
10h, 10h, 10h, je devais être dans le vestiaire des avocats.
Plusieurs de mes ex -confrères pourront vous le confirmer. Je suis encore bien
connu dans la maison.
Je ne rentre pas, moi.
Où est Cécile ? À l 'Institut médico -légal.
À Morgan ? Oui.
Essayez -vous.
Je peux la voir.
C 'est votre droit, mais je ne vous le conseille pas.
Elle est morte étranglée, c 'est ça ?
Chez les flics, en plus.
Chez moi, oui.
Enfin, presque.
Et vous vous en foutez, vous ? Non.
Et croyez -moi, celui qui a fait ça, je le trouverai.
Vous n 'aviez qu 'elle ? Enfin, je veux dire... Vous avez une autre sœur, un
frère ? Non.
Ni frère, ni soeur, ni cousin, ni ami, ni personne.
J 'avais qu 'elle.
Comme vous dites.
Vous êtes mariés, non ? Oui.
Mariés, un enfant.
Mais c 'est pas la même chose.
C 'était -il que votre tante vous a élevés, tous les deux ?
Oui. Je déteste cet appartement.
Parce que vous y avez été malheureux ? Parce que Cécile y a été malheureuse.
Elle était gaie, Cécile.
Elle était belle.
Vous avez vu ce qu 'elle en a fait, la vieille ? Elle a tout fait pour l
'enlédir, pour l 'humilier.
Vous lui en voulez à mort, votre tante ?
Ouais. C 'est moi qui aurais dû la tuer.
Je regretterais toujours de ne pas l 'avoir fait.
Vous voudrez bien m 'excuser, mais... Qu 'est -ce que vous me voulez encore ? Le
serrurier qui a ouvert la porte de votre tente dit avoir fabriqué un double de
la clé.
Première nouvelle ? Quand ça ? Il y a trois semaines.
À la demande de votre sœur.
Ouais ? Et alors ? Ça me regarde, ça ? C 'est justement ce que j 'aimerais
savoir.
Le double de cette clé, c 'était pour qui ?
Pour vous ? Je ne mettais jamais les pieds chez ma tante.
Alors Cécile avait un amant ? Pour vous foutre de moi, vous auriez pu choisir un
autre endroit et un autre moment, non ? Puisque vous avez décidé de m 'arrêter,
faites -le tout de suite. Qu 'est -ce que vous attendez ? C 'est forcément moi
le coupable, voyons.
Qui d 'autre qu 'un monstre comme moi serait capable d 'assassiner sa tante et
sa soeur ? Votre enquête va plus vite que la mienne, mon petit Gérard.
Ça suffit.
C 'est fini.
Je crains bien que oui, madame.
Celle -là aussi.
Ah, monsieur le commissaire.
Au fait, on dit monsieur le commissaire ou commissaire ? Bon choix, de toute
façon, c 'est moi.
Eh bien, justement, je voulais vous parler.
Ah oui ? Oui.
Je peux vous dire un mot, mais en particulier.
Au particulier.
Venez, venez.
Alors ? Vous aviez raison.
A propos de quoi ? Eh ben, Gérard.
Gérard Moinet. C 'est lui qui a tué ta tante. Je l 'ai vu.
Ah, j 'ai dit ça, moi.
Et vous l 'avez vu.
Le commissaire Magret laisse tomber sa lendemain sur l 'épaule d 'un coupable.
Vous êtes drôlement fort.
Vous trouvez ? Alors comme ça, vous l 'avez vu tuer sa tante ? Non,
mais il ne venait jamais la voir. Il la détestait. Alors le soir où il vient,
elle est étranglée.
Avouez que ça fait quand même beaucoup de coïncidences.
Oui, ça s 'en fait au moins une.
Et à quel moment est -il arrivé ? Justement, pendant que la concierge
les poubelles. Vous pensez, si elle avait été là, il n 'aurait jamais osé.
Pourquoi ? La vieille avait interdit à la concierge de le laisser monter.
Et vous, vous l 'avez vu entrer dans l 'immeuble ? Comme je vous vois.
À moins de deux mètres, comme nous en ce moment, en pleine lumière.
Vous avez quel âge ? 16 ans, pourquoi ? Au cas où vous auriez témoigné encore d
'assises.
Il faudrait que je témoigne sur M.
Dendurand aussi.
Ah bon, il a fait quoi M. Dendurand ? Il a aussi assassiné Mme Moinet ? Alors
tout le monde, pauvre femme.
Mais non, c 'est pas ça, mais...
Il me cherche.
Ah, il vous cherche.
Et vous, vous ne le cherchez pas un peu aussi ? Moi ? Un vieux, vous pensez, il
a votre âge.
Ah oui, évidemment.
En somme, il vous poursuit de ses assiduités.
Ben, j 'en sais rien.
Il me dit des choses sales.
Oui, mais ça, je ne pense pas que vous ayez à en parler encore d 'Assise.
L 'avenue Trudel, c 'est par où ? Là, à 500 mètres.
Je vous amène ? Non, non, je vais y aller.
C 'est pas loin.
Le commissaire Maigret. Je vous ai reconnus.
Entrez. Ne restez pas là, il fait froid.
Excusez -moi de vous recevoir ici.
C 'est un peu en désordre.
Votre mari est ici ? Non.
Je ne sais pas où est Gérard, monsieur le commissaire.
Je suis désolée.
Cher, je travaille ces temps -ci.
Toujours à droite, à gauche.
Peut -être chez Raffanel, rue Rambuteau. Il y avait une place.
Il est au chômage depuis longtemps ? Non, mais le problème, c 'est qu 'il n
'aime pas qu 'on le commande.
Alors parfois, ça se passe pas très bien.
Et il s 'attendait comment avec sa tante ? Elle ? Elle a jamais voulu nous voir,
ni moi, ni l 'enfant.
Oui, je vois.
Gérard a passé la nuit de vendredi à samedi avec vous ? Oui.
Il n 'a pas bougé d 'ici ? Non.
Vous en êtes certaine ? Oui.
Oui, commissaire.
C 'est ce que je vous dis.
Votre mari risque d 'avoir des problèmes, madame.
Il va falloir l 'aider.
Je vous fais confiance, j 'espère que vous me dites la vérité.
Mais je n 'en suis pas sûr.
Dites -lui que je suis venu.
Je dois lui parler.
Il n 'a tué personne.
Vous le connaissez bien.
C 'est impossible.
Il n 'a pas passé la nuit avec vous.
Où est -il ? Je ne sais pas.
Il est parti ce matin avec la prof.
Marie -Hélène.
J 'ai peur.
Oui ? Le patron.
Raffaëlle, oui.
Il avait rendez -vous pour un boulot.
Si il ne s 'est pas présenté, appelle -moi.
Où ça ? Je serai chez l 'endurant dans une demi -heure.
Vous êtes sûr qu 'on entendra le téléphone ? A moins que nous ne soyons
tous les deux, je pense que oui.
Donc la nuit du meurtre, vous étiez avec Juliette Boinet ici même.
Dans quelle pièce ?
« Vous connaissez la petite Nouchi ? » « La petite Nouchi ? Bien sûr que je la
connais. Nous habiterons le même immeuble, vous avez remarqué.
» « Vous lui parlez, quelquefois.
» « Je sais exactement ce que vous allez me dire, exactement
ce que je vous ai dit.
»
La petite douchie est ce qu 'on appelle en termes scientifiques une hyper...
disons une infomane pour simplifier les choses.
Et elle vous a dit que je la traquais dans les escaliers, que j
'attendais son passage parfois pour lui souffler des cochonneries.
Et lui proposer de me suivre dans mon appartement pour que nous nous
ensemble de ma collection d 'estampes, bien entendu japonaises. Que vous lui
montriez ? Ah, je n 'ai pas d 'estampes japonaises.
Quelques livres équivoques, j 'admets, mais qui ne dépassent pas les limites de
l 'érotisme bourgeois dont on sait qu 'il porte faux col et fixe chaussettes.
Alors, cela dit, quand le démon me saisit, très régulièrement, je le
je ne commets pas la bêtise de coisser les petites filles dans les escaliers.
n 'en ai ni les moyens, ni l 'envie.
Si vous le désirez, je peux vous donner mon adresse préférée, que vous
connaissez d 'ailleurs certainement, pour y avoir des informateurs qui sont
probablement des informatrices.
Ça suffit.
Et c 'est là que je vais passer mes humeurs qui peuvent être folâtres parmi
jeunes femmes à la santé solide et aux oreilles aguerries par des années de
fréquentation masculine.
Vous voulez que j 'ajoute quelque chose ?
Passez -moi le 1443 pour la reine, s 'il vous plaît.
D 'un début, un jour, ça se produira. Tout le monde n 'a pas ma patience, mon
expérience. Et ce jour -là, croyez -moi, ça se passera mal parce qu 'elle
hurlera de peur et on la tuera pour la faire taire.
Ah, on m 'appelle.
Ou on vous appelle.
Et l 'un de nous doit répondre.
Vous, moi, je suis à votre disposition.
Oui, alors ? Ah bon, il ne s 'est pas présenté à Eurambuto ? T 'es sûr ?
Non, non, j 'ai vu sa femme tout à l 'heure.
Bon, ben, il est en cavale, cet imbécile.
Très bien, le juge Mathieu, il y avait tout en route.
Pas très pratique, hein ? Je lui avais dit qu 'elle devrait avoir le téléphone,
mais... Nous descendons.
J 'ai toujours eu du mal à me faire à cet appartement. Je sais pas.
Triste, non ? Ou alors mal meublé, mal éclairé.
Question d 'ambiance, peut -être.
Accepteriez -vous d 'être fouillé ? Ça dépend par qui.
Par moi.
Ou par vous, mais ce sera presque un honneur.
Pouvoir dire ça à mes petits -enfants, si j 'en ai, ce qui me paraît un peu
maintenant. À moins qu 'on ne sait jamais.
Comme ça.
Ça va, merci.
Merci. Merci infiniment.
Alors, je ne sais pas ce que vous cherchez, commissaire, mais de toute
n 'avais rien sur moi qui puisse vous intéresser.
Ah, si, si, peut -être une vieille lettre d 'amour.
Très vieille. Un talisman, si vous préférez.
Vous ne voulez pas la lire ? Bon, ça va. Allez, vous pouvez... Je vous remercie,
commissaire, mais je suis encore chez moi, ici.
Ah oui.
Je ne sais pas pourquoi Dandurand a remis cet argent en place dès qu 'il s
trouvé seul dans l 'appartement.
Mais qu 'il l 'ait fait prouve qu 'il m 'a menti sur ce qui s 'est passé la nuit
du meurtre de Juliette Boinet.
Après, je vous demanderai de me signer son mandat d 'arrêt.
Comme je vous l 'ai dit, je ne suis pas sûr qu 'il soit coupable.
Mais vous êtes certain qu 'il n 'est pas inattend, c 'est ça ? C 'est tout à
fait ça, monsieur le juge.
Et vous pensez que ça peut justifier un mandat d 'arrêt ?
Je n 'en suis pas aussi sûr que vous.
De toute façon, il est mêlé à l 'affaire, aux deux affaires, à quelques
des victimes au moment où elles sont tuées.
C 'est vrai, et je l 'entendrai certainement comme témoin, mais de l 'un
'inculpé ? Mais entendez -le, monsieur le juge, ça en vaut la peine, il est
intelligent.
Mais regardez aussi son dossier.
Toutes les plus grandes gâchettes de Paris sont ses amies.
J 'ai deux cadavres sur les bras, ça me suffit amplement.
Vous voulez dire que la mise en détention provisoire est nécessaire à la
manifestation de la vérité ? Voilà.
C 'est comme ça que j 'aurais dû formuler ma demande, excusez -moi.
Chacun son métier, commissaire. C 'est moi le juriste.
Une dernière chose.
Vous êtes sûr que cette fameuse chauprette était vide quand on a fouillé
'appartement ? Que ces 50 000 francs n 'y étaient pas ?
Je n 'étais pas là au moment de la fouille, mais si on avait trouvé une
somme, c 'est la première chose qu 'on m 'aurait dite.
Assurez -vous -en tout de même.
C 'est le seul élément précis qui semble l 'impliquer, il faut que cela au moins
soit établi.
En attendant, je vais me reponger dans le dossier de Gérard Boinet, parce qu
'enfin, tout de même, c 'est à lui et à lui seul que profite le double crime.
Avec la mort de sa sœur, il est le seul héritier.
Oui.
Une saufrette ? Oui, une saufrette.
Vous l 'avez ouverte ou vous ne l 'avez pas ouverte ? Pour ce qu 'elle y était,
j 'ai sûrement dû le faire.
Sûrement, ça veut dire que vous n 'en êtes pas sûr.
C 'est fouille, j 'en fais tellement.
Il s 'agit d 'une affaire de meurtre, pas de vol à la tire.
Vous comprenez ça ?
C
'est n 'a pas froid à rester comme ça sans bouger ? Non, non.
Ça va ? Le double assassinat, c 'est le frère ? J 'en sais
rien. J 'ai vu la photo dans François.
T 'es pas la seule, figure -toi. Moi aussi.
C 'est bien ce qui m 'inquiète.
Je sais ce qu 'il a pu faire, ce petit crétin.
Bon, je vais me coucher.
Oui ? Jules, c 'est un monsieur d 'endurance.
J 'écoute.
Qu 'est -ce que vous voulez ?
Je vous croyais intelligent, Dandurand.
Passez -moi le 4529 à Bourg -la -Reine, s 'il vous plaît.
Florence Boinet, commissaire maigré à l 'appareil.
Écoutez -moi bien, madame.
Je suis sûr que vous avez des contacts avec votre mari.
Florence, dites -lui que ce qu 'il fait est absurde. C 'est la pire des
solutions.
Plus il se cache, plus on le croira coupable.
Tout ça va mal tourner.
Justement, s 'il est innocent, qu 'il vienne me voir, moi.
Qu 'il me dise la vérité.
Qu 'il me dise comment ça s 'est passé.
Faites -moi confiance, je l 'écouterai.
Qu 'est -ce qu 'il y a encore ? Sur le pont ou
sous le pont ? Je serai là dans un quart d 'heure. Surtout attendez -moi.
Allez,
viens. On va boire une bière.
Vous voulez me saouler ?
Donc j 'ai froid.
Et j 'aime bien la Belge.
Écoute bien ce que je vais te dire.
Avec ton sale caractère, cette fois -ci, c 'est pas dans la merde que tu vas te
retrouver.
Joue ta tête, bonhomme.
Et parti comme tu es, j 'en donne pas cher.
Non, mais c 'est pas possible, commissaire, parce que moi, j 'ai rien
J 'ai tué personne.
Si tu veux pas avoir à gueuler ça au pied de la guillotine, faut commencer
me convaincre, moi, que tu n 'as tué personne.
Et pour ça, il faut dire la vérité.
Depuis le début de cette affaire, tu n 'as pas cessé de mentir.
Qu 'est -ce qui est arrivé ? C 'est Cécile que tu es à l 'attente.
Tu ne pourrais pas trouver autre chose ?
Je ne comprenais rien.
Je ne comprenais pas que c 'est pour ça que je me situe.
C 'est pour ne pas dire que Cécile était assassin, que j 'ai toujours menti.
Je ne peux pas craquer, j 'ai foutu le camp.
Je n 'arrive pas toujours à comprendre les choses suffisamment vite.
Mais celle -là est bien difficile.
J 'aimais bien ta soeur.
Je la trouvais si faible.
La petite Cécile.
Si fragile.
Alors qu 'elle puisse étrangler quelqu 'un.
Moi non plus, je n 'avais pas cru que c 'était possible.
Comme l 'a dit, je n 'ai pas voulu le croire.
Il a fallu que je voie la tente morte, le bas autour du cou pour aller les
éviter d 'arriver.
Qu 'est -ce qui est arrivé ?
Je commence par le commencement, en ton temps.
Tu étais dans l 'appartement ? Oui.
Pourquoi justement ce soir -là, tu n 'y allais jamais ? C 'est Cécile qui m
'avait demandé de venir.
Elle avait peur depuis quelques temps.
Oui, je sais.
C 'est elle qui m 'avait fait faire les clés pour que je puisse venir dès qu
'elle me demanderait.
À quelle heure es -tu arrivé ?
Dans la soirée, après le dîner, je ne sais plus.
Entre 22h et 22h10, quand la concierge sortait les poubelles.
Comment vous savez ça ? Je sais encore beaucoup d 'autres choses.
J 'étais terriblement énervé.
Caché dans le couloir, j 'ai entendu la tante qui en faisait encore une fois de
m 'aider.
Elle gueulait, je n 'en perdais pas un mot.
Ils peuvent toujours crever, lui, sa femme et son gosse. Ils auront jamais un
centime, jamais.
Ça m 'a mis hors de moi, ça.
Je voulais me jeter sur elle.
Je voulais lui casser la gueule.
C 'est s 'il s 'est douté, j 'avais tout entendu, alors... Elle m 'a amené à l
'autre bout de l 'appartement, dans sa chambre.
Je pouvais plus rien entendre que le bruit de la rue.
Mais ça m 'a pas calmé.
Parce que je tournais en rond, dans cette petite pièce, comme dans une cage.
Elle était affolée.
On m 'a obligé à prendre deux comprimés de Gardénal.
C 'est toi qui avais le Gardénal ? Non, c 'est elle.
Elle en prenait tous les soirs.
Sinon, elle n 'arrivait pas à dormir.
Du coup, ce soir -là, elle n 'en a pas pris.
Elle m 'a couché dans son lit.
Elle m 'a surveillé, je me suis endormi.
Quand je me suis réveillé, j 'ai cru que je faisais un cauchemar.
Elle était au -dessus de moi, les yeux hors de la tête.
Elle me secouait.
Réveille -toi, réveille -toi.
Il faut que je m 'en aille, j 'ai tué la tante.
Mais je sais tout, j 'ai les preuves.
Je vais voir le commissaire Brigret, il comprendra.
Mais moi, je ne comprenais rien.
Je lui disais qu 'elle était folle.
Elle m 'a amené dans la chambre, j 'ai vu la vieille qui était morte.
Je ne comprenais rien, j 'avais la tête vide.
Je me rendissais une sacoche, je me disais, il y a tout ce qui s 'est passé
Fonclay -le -Comte, là.
Le crime, l 'épreuve, tout et l 'argent des bordels. Tu peux répéter ça.
Quoi ? Ce qu 'elle disait, la sacoche.
Il y a tout ce qui s 'est passé à fond de l 'aide -compte, le crime, l 'épreuve
et l 'argent des bordels.
Et tu as compris ce que ça voulait dire ? Non, je n 'ai pas compris.
Non, je ne comprends toujours pas.
Et vous l 'avez cru ?
Ça ne tient pas debout, toute son histoire.
Où est -il ? Je l 'ai amené moi -même au dépôt, conformément au mandat d 'arrêt.
Mais vous n 'êtes pas convaincu de sa culpabilité ? Non.
Ça me paraît pourtant évident, Maigret.
Tout ce qu 'il vous a raconté n 'est qu 'un tissu d 'invraisemblance.
La vie aussi, monsieur le juge.
Si ce garçon est innocent, pourquoi n 'a -t -il cessé de mentir ? Pourquoi s
'est -il enfui ? Peut -être parce qu 'il savait que tout le monde réagirait
comme vous le faites, que personne ne le croirait.
Et puis, il a la maladie de la persécution.
La terre entière lui en veut.
La paranoïa est un syndrome classique sous les meurtriers.
Je ne sais pas, je ne suis pas expert, Dieu merci.
Mais je le vois plus en victime qu 'en bourreau.
Je suis le premier à admirer votre flair, maigret. Je ne vais donc pas vous
affronter sur ce terrain.
Mais les faits sont les faits. Et là, tout l 'accable.
Tout le désigne, ce n 'est pas la même chose.
Je ne savais pas que vous aviez été levé chez les jésuites.
Désirez -vous l 'interroger vous -même ? Plus tard.
J 'ai un autre souci pour l 'instant.
Oui. Vous devez bien vous douter qu 'il s 'agit de Dendurand.
Je viens de lire le rapport de l 'identité judiciaire.
Oui, c 'est idiot.
La chaufferette était sous le fauteuil, ils ne l 'ont pas vue.
L 'ennui, c 'est que c 'était le seul indice matériel que vous aviez trouvé
contre lui.
Il était dans l 'appartement de Mme Boinet la nuit du meurtre et au palais
justice au moment où Cécile y a été étranglée. Pour un innocent, ça fait
beaucoup de coïncidences.
Mais s 'il ne vous avait pas dit tout cela lui -même, vous ne le sauriez pas.
Et ses explications sont tout à fait plausibles.
Plus que celles du jeune Gérard, en tout cas.
Ça prouve l 'habileté de Dandurand, mais pas son innocence.
Vous le détestez, hein ? C 'est rare chez vous, cette hargne.
Je le trouve répugnant.
Ça n 'enlève pas de la cour d 'assises.
Qu 'avons -nous de solide contre lui ? Rien.
Et c 'est un juriste, ne l 'oubliez pas. Il sait parfaitement que notre dossier
est vide.
Ça ne pourra pas durer.
Malgré votre acharnement, je ne pourrai pas le maintenir éternellement en
détention.
Bien sûr, monsieur le juge.
Mais croyez -moi, ce n 'est pas contre d 'endurant que je m 'acharne.
Je m 'acharne à trouver celui qui m 'a tué la petite Cécile.
Et à empêcher un jeune homme que je crois innocent d 'aller à la guillotine.
C 'est tout.
Je dis qu 'il était blond, ce type. Il est passé à deux mètres de moi. Je ne
suis quand même pas miro.
Patron, vous vous souvenez du Polac ? Je ne me souviens d 'aucun Polac. Vous
stoppez tout ça et vous m 'écoutez. Il va falloir faire très vite.
Janvier, Dandurand nous avait dit qu 'il était devant le vestiaire des avocats
au moment où Cécile a été tuée. Vous avez vérifié ? Patron.
Bon, les enfants, depuis cette nuit, on a un élément très important.
Les dernières paroles de Cécile à son frère.
Elle lui a parlé de Fontenay -le -Comte.
Elle avait fait des découvertes sur le passé de sa tante, trouvé des preuves qu
'elle voulait me montrer, à moi.
Alors pour que Cécile en soit arrivée à tuer, il fallait vraiment que ce soit
quelque chose.
J 'ai hâte de bien le savoir, ce que c 'est.
Ben non, justement.
Je vais faire un tour à Fontenay -le -Comte.
C 'est toi qui m 'emmèneras.
Tu te souviens d 'un petit dame du cimetière, là, avec le bouquet à mon ami
'enfant, son adresse ? Oui, oui, j 'ai dû la noter.
C 'est pour mon patron, le juge Mathieu.
Oui, monsieur le juge.
Oui.
Eh bien, j 'arrive tout de suite.
Allez.
On repartira plus tard.
Vous avez choisi votre avocat ? Non.
Merci, mon ami.
Non, monsieur le juge, non.
Mes confrères m 'ayant ignominieusement exclu de leur ordre, je ne m 'abaisserai
pas à demander à l 'un d 'entre eux de me représenter. Vous me permettrez donc
'assurer moi -même et seule ma défense.
En tant que besoin, bien entendu.
Et ce besoin reste à démontrer.
Car enfin, que reproche -t -on à mon client ? Que me reproche -t -on ?
sont les charges ? Où sont dans le dossier d 'endurant les pièces
Un magistrat de votre réputation, monsieur le juge, ne peut qu 'être
la minceur, que dis -je, de l 'indigence des griefs.
En vous parlant, je sens encore sur mes poignets la morsure des menottes. Je
frissonne encore de...
L 'humidité du cachot est faite pour mériter le plat.
Qu 'ai -je commis pour être traité de la sorte ? De toutes les manières d
'opprimer les hommes, l 'oppression légale est la plus odieuse.
Personne ne proclame plus cela aujourd 'hui. Où es -tu, Condorcet ? Depuis
combien de temps n 'avez -vous pas plaidé dans Durand ? Quatre ans.
Vous vous rattrapez.
Ah oui, ça fait du bien. Vous ne pouvez pas savoir.
Alors, je me suis un peu laissé aller. Excusez -moi, merci d 'avoir arrêté mes
débordements, mais que voulez -vous, c 'était mon style. Et puis, j 'ai si peu
'occasion.
Le commissaire Maigret m 'en veut à mort, non ? C 'est pour ça que je me
dans un cul de basse fausse. Vous savez aussi bien que moi que c 'est le juge
qui décide en la matière, pas la police.
Ne vous en prenez donc pas au commissaire Maigret.
Remarquez, je le comprends.
C 'est l 'honnêteté même, cet homme, il n 'y a qu 'à le regarder.
Son par -dessus qui doit entamer bravement son cinquième hiver, ses
nylon, ses chaussures ressemlées, alors qu 'il est plus célèbre que les
ministres.
Ah, c 'est pas chez lui qu 'on trouvera des piastres, ni des balai roses.
Entre nous, je ne suis même pas sûr qu 'il ait une seule fois trompé sa femme.
'est effrayant, des gens comme ça.
Alors moi qui professe que...
Le bien mal acquis est celui dont on profite avec le plus de volupté et que
hommes les plus civilisés ont toujours été les plus corrompus. Moi qui ai fait
des jeunes femmes à la fois ma gourmandise et mon gagne -pain, comment
-vous qu 'il n 'ait pas envie de m 'écraser comme une punaise ?
Alors, tous les moyens sont
bons. On invente n 'importe quoi parce que c 'est n 'importe quoi, tuer
Juliette. C 'était pour moi la poule aux œufs d 'or, vous le savez bien. Et
quant à Cécile, pauvre enfant, elle était inoffensive, laide, sans un sou.
quel intérêt, quelle passion, quel fantasme aurait bien pu me pousser à la
? Tout ça est trop bête.
C 'est pourquoi, monsieur le juge, en vertu du code de procédure pénale,
Je dépose à l 'instant entre vos mains une demande de mise en liberté
provisoire.
Mme Bergot ? Oui.
Commissaire Maigret.
Oh, que je suis sotte, pardonnez -moi. Le commissaire Maigret, bien sûr. Mais
entrez, je vous en prie.
Nous nous sommes vus aux obsèques de... de cette pauvre Juliette.
Quelle histoire épouvantable.
Ça m 'a fait un choc terrible.
Terrible. Vous le pensez ? Juliette, une amie de toujours.
Et sa nièce, quelle horreur.
Quelle horreur.
Mais qui a pu faire ça, à votre avis ? C 'est précisément la question que je me
pose, madame. Mademoiselle.
Mademoiselle.
Et parmi les relations, les amis de madame Boinet, Juliette.
Vous ne voyez pas... Rien.
Personne.
Je ne vois pas.
Je ne vois vraiment pas.
Et parmi ces relations un peu... un peu spéciales.
Vous savez ça.
Commissaire, nous sommes des femmes seules, sans mari pour faire tourner la
maison.
On doit se défendre.
Mais comment est mort le mari de Madame Boinet ? Jean -Pierre ? C 'était en
34.
Quelle tragédie. Un accident ? Un empoisonnement alimentaire. Des
avariées. Le botulisme.
Vous voulez bien répéter ça ? Le botulisme, c 'est la maladie des
On devient aveugle et on risque de mourir.
C 'est ça, c 'est exactement ça.
C 'était un homme délicieux et si drôle.
Il faisait quoi ? Mais rien, justement. C 'est ce qui le rendait charmant.
Toujours disponible, toujours un pied en l 'air.
Ah, on peut dire que là, Juliette a perdu une perle.
Vous vous connaissiez bien.
Nous étions comme les doigts d 'une même main.
Vous étiez cinq ? Ah non, trois.
Vous aviez continué à la voir, Juliette ? Pas du tout.
J 'avais eu moi ici et elle là -bas.
Plus les souvenirs.
Elle est partie longtemps après la mort de son mari.
Tout de suite.
Juste le temps de régler ses affaires. L 'héritage.
C 'était triste pour elle, cette maison sans père.
Et comme son frère était à Bourg -la -Reine.
Son frère était veuf. C 'est lui qui lui a demandé de l 'aider à s 'occuper des
enfants. C 'est celui de Gérard.
Il est mort six mois après.
Ah oui, je vois.
Oui, je fais le lien.
C 'est comment, l 'intérieur ? Ça fait riche.
Même un peu trop pour une petite employée à la retraite.
On rentre, par contre ? Oui, mais toi, tu vas passer à la Société Générale de
Fontenay -le -Comte.
Ça peut être intéressant.
C 'est pas étonnant qu 'elle soit bien installée, la Vendéenne.
Vous avez vu ce qu 'il lui versait dans Durand ? 15 000 francs recta chaque
trimestre à la Société Générale.
Depuis quand ?
Regardez le bordereau, je crois que ça a commencé en février 34.
Il n 'y a pas eu quelque chose, un truc politique en février ? Ben si, le 6.
Mais c 'est aussi en février 34 que le mari de Juliette Boisnet est mort.
Ah bon ? Ben oui.
Patron, il y a des légionnaires là au sujet de la femme qui a été assommée.
Quoi ? Ah bon, je les verrai tout à l 'heure.
C 'est bien intéressant.
D 'autant que Dandurand prétend avoir connu Juliette Boisnet que depuis dix
Litton, c 'est Légionnaire.
Dans l 'aquarium, patron.
Capitaine Brennard, premier étranger. Merci, monsieur le commissaire.
Bon, capitaine.
Le Légionnaire m 'ira d 'ici présent une déclaration à faire.
À me faire ? Elle concerne le légionnaire Roche, incarcéré pour le
femme.
Ah.
Bonjour.
Vous avez quelque chose à me dire ? Roche n 'a pas tué sa femme.
C 'est moi.
C 'est toi.
Explique. Est -ce qu 'il faut que je commence ? Au début, mon vieux.
Chez moi, on est allé signer pour l 'Indochine vendredi soir.
C 'est ton copain ? Puis Birakem, monsieur.
Il voulait retourner se battre, on en avait marre.
Et ? Et on a bu toute la soirée, l 'argent de la prime.
Il n 'y avait plus de boue, alors je l 'ai ramené chez lui.
Il s 'est écroulé ivrement.
Et sa femme était là ?
Oui.
Elle était là.
À moitié nue, sur le lit.
J 'ai eu envie.
Je ne l 'aurais pas vue, mais... Je me suis couché sur elle.
Elle a commencé à crier, à se débattre.
Je l 'ai tapé pour la faire taire.
Et elle s 'est eue.
J 'ai foutu le camp.
Roche savait que c 'était toi, alors ? Forcément.
Il aurait rien dit, c 'est mon copain.
C 'est pour ça que tu es venu.
Le capitaine. Il a dit que j 'étais un salaud.
Tu n 'en es plus un, maintenant.
Je vais chercher un inspecteur.
Tu vas lui répéter tout ça.
Ce qui est curieux, mademoiselle, c 'est qu 'après la mort de Jean -Pierre
Boinet... Tu sais bien Jean -Pierre ? Oui.
Juste après, non ?
vous commenciez à recevoir une somme de... de... 15 000 francs par trimestre.
C 'est bien ça.
15 000 francs par trimestre.
C 'est de l 'argent.
Une pension.
Une retraite.
Une libéralité, peut -être.
Oui. Oui, c 'est ça.
J 'étais gênée d 'avoir à le dire.
Vous avez donc été la maîtresse de Maître d 'Endurant jusqu 'à la mort de
-Pierre Boinet.
Et à partir de ce moment -là, vous rompez et Maître d 'Endurant vous verse
libéralité de 15 000 francs par trimestre, c 'est ça ?
Oui, en gros, c 'est ça.
C 'est un homme très généreux. Très.
Et pourquoi cette concomitance, la mort de Jean -Pierre Boinet et votre rupture
avec Dandurand ? Je ne sais plus.
Néanmoins, c 'était un amant extrêmement reconnaissant, très généreux.
Vous ne vous voyez plus ?
En somme, vous vous êtes quittée quand Jean -Pierre Boinet est mort.
Non.
Oui,
peu après.
Excusez -moi.
Vous avez des photos de vous en 34 ? Avec Maître Dandurand ? Non, on n 'en a
ensemble.
Lui, peut -être ? Non.
Je serai obligé de lui poser la question, mademoiselle.
Arrêtez de mentir, mademoiselle.
Vous n 'avez jamais été la maîtresse de Charles d 'Andurand.
Qu 'avez -vous appris sur la mort de Jean -Pierre Boinet, qui justifie le
chantage que vous avez exercé sur Maître d 'Andurand et sur Juliette Boinet ?
D 'Andurand était l 'amant de Juliette. Je le détestais.
Par elle, je m 'aimais bien.
J 'ai toujours continué malgré tout.
C 'était une amie d 'enfance.
Vous détestiez Dandurand. Ça va de soi, et Dandurand, vous détestez aussi, j
'imagine.
Mais pourquoi ? Il m 'impressionnait pas avec son maratin, croyez -moi.
La première fois que j 'ai vu, j 'ai su que c 'était un salaud.
Qu 'avez -vous découvert ?
Répondez, mademoiselle.
Jean -Pierre Boinet a mis un an à mourir.
C 'était affreux.
Il tenait à fuir, mais il ne voyait plus clair.
Charles l 'humiliait sans cesse. C 'était...
Charles d 'Andurand a donc assassiné Jean -Pierre Boinet en 1934.
Comment vous en êtes -vous aperçue ? C 'était dans la droguerie où je
travaillais qu 'il se procurait l 'arsenic.
Et vous n 'avez jamais eu peur, en le faisant chanter, qu 'il vous fasse subir
le même sort ? Si, mais... Mais ? J 'avais pris mes précautions.
Quelles précautions ? Non, ça c 'est personnel, je ne veux pas en parler.
Vous ne direz rien.
La complicité du meurtre aussi, c 'est personnel.
Je vais immédiatement faire la demande d 'un mandat d 'arrêt vous concernant.
Vous pouvez préparer vos affaires. Ce soir, vous dormirez en cellule.
Emportez quelque chose de chaud. C 'est froid en ce moment.
Attendez.
De son appartement, Dendurand a tout entendu.
Il sait qu 'elle peut venir tout me dire.
Qu 'elle va le faire.
Qu 'elle a des preuves.
C 'est le matin, la concierge sort les poubelles.
Le frère et la sœur descendent l 'escalier.
Par sa porte entreouverte, Dendurand les voit passer.
Si seulement Cécile était seule.
Dans la rue, ils se séparent.
D 'endurance, c 'est la petite, dans le brouillard.
Elle porte un gros sac de cuir bourré de pièces à conviction.
Elle saute dans un bus.
Il est coincé.
N 'oubliez pas que Dandurand connaît aussi bien que nous les couloirs du Quai
des Orphèvres et du Palais.
Il a envoyé quelqu 'un la chercher.
De ma part.
Elle lui fait confiance.
Elle le suit.
L 'endurant est là.
Il se précipite sur elle.
Avant qu 'elle ait pu griller, il l 'assomme, il l 'étrangle et il s 'enfuit
avec le sac.
C 'est vraiment dégueulasse.
Oui.
Mais c 'est parfait.
Ça s 'est sûrement passé comme ça, patron.
Mais vous pouvez le coincer.
Peut -être bien.
Il faut absolument faire de moi un assassin.
Parce que vous en êtes un.
Vous voulez que je vous lise cette lettre ? Inutile, je la connais, c 'est
qui l 'ai écrite.
Écrite sous la menace d 'une femme amoureuse qui, parce que je la quittais,
voulait me tuer. Vous avez dû comprendre que je ne suis pas un héros, alors j
'ai écrit ici tout ce qu 'elle a voulu.
Y compris des chocs pendant 15 ans.
Et alors ? De toute façon, je ne risquais rien à signer ça. Où est le
'elle m 'a obligé à reconnaître ?
Jean -Pierre Boinet, vous pouvez vérifier, est mort de mort naturelle.
C 'est en effet ce que dit le permis d 'inhumé de 1934.
Mais ce n 'est pas ce que dit aujourd 'hui, 15 février 1950,
l 'expert en toxicologie auprès du tribunal de Fontenay -le -Comte.
Les tests après exhumation sont formels.
Le cadavre de Jean -Pierre Boinet contient des doses massives d 'anhydride
arsénieux.
Forme d 'arsénique plus connue sous le nom de Morora.
L 'expert conclut un décès d 'origine criminelle.
Sans aucune chance d 'erreur.
Je peux avoir une cigarette.
Vous avez donc bien empoisonné Jean -Pierre Boinet.
Nous avons empoisonné Jean -Pierre Boinet.
Alors ce n 'est que tout ce que nous avions pu nous procurer avec le concours
notre cher Louis.
Et Mlle Bonnet ? Cécile ? Elle allait nous dénoncer, enfin, me
dénoncer.
Ouvre, Cécile.
En un sens, elle a eu de la chance, remarquez.
Elle n 'a pas souffert.
Pas plus au fond que si vous l 'aviez envoyée à la guillotine pour le meurtre
sa tante.
La nuque a scellé tout de suite. D 'endurance.
C 'est seulement pour vous rassurer, commissaire. Cécile vous estimait.
Je suppose que vous êtes estimable. Elle se trompait rarement sur les gens.
Elle, elle ne l 'était pas.
Envieuse, un peu lâche, pas désirable.
Elle n 'avait rien pour elle, la pauvre fille.
Si, peut -être son amour pour son frère.
À un moment, j 'ai même pensé qu 'elle et lui... Vous parlez d 'une morte.
Ben, je sais, monsieur le juge, je sais, c 'est moi qui l 'ai tué.
Mais au moins, j 'avais des raisons. Il y a tellement de crimes gratuits de nos
jours.
Une question, commissaire, si vous me permettez.
Comment diable avez -vous déniché cette vieille histoire de font -elle -compte ?
Qu 'est -ce qui vous a mis sur la piste ? De fleurs.
Mais pourquoi avez -vous en mis ces 50 000 francs dans la chaufferette ? Je me
suis longtemps posé la question.
Par honnêteté.
Par peur, commissaire.
Dès le lendemain de la mort de Juliette, mes clients se sont intéressés au sort
de ces 50 000 francs. Ils avaient des doutes.
Et vous les connaissez, ils sont susceptibles.
J 'ai jugé plus prudent de remettre les billets là où je les avais pris.
Mais... Il fallait que vous les trouviez, que j 'aie une preuve, alors j
fait un peu de bruit avec le couvercle. J 'étais sûr que vous m 'écoutiez.
Vous êtes très malin, Bernard.
Oui.
On va toujours le dire.
Vous pouvez me confier cette analyse toxicologique pour mes archives ? Très
certainement, monsieur le juge.
Non, monsieur le juge, je ne vais pas gagner et je ne vais pas passer une
nuit.
Parce qu 'avec mon fameux flair, comme vous dites, je n 'ai rien compris.
Et Cécile est morte.
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