All language subtitles for 11_la_patience_de_maigret1

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Original subtitles

Vous me disiez que vous parliez au milieu de la chaussée, vous allez vous

écraser.

Vous n 'avez qu 'à monter les fenêtres.

Oui, c 'est là.

Allô ? Alors quoi ? Ça t 'a plu ? Tu sais, ces films de gangsters, c 'est

toujours plus bête et plus banal que dans la réalité.

La prochaine fois, je t 'emmènerai voir une histoire d 'amour.

Tu crois que c 'est la peine d 'aller au cinéma ? Ça va me dégrair.

Attendez -moi, j 'en ai pour une minute. J 'arrive tout de suite.

Oui, donc je relis. J 'ai entendu un grand fracas et lorsque je me suis

retourné, la vitrine de la bijouterie avait volé en éclats.

Il y avait deux hommes avec des passes montagnes dont l 'un pointait un

dans notre direction.

Ma vendeuse a poussé un cri et moi, je me suis baissé sous la caisse dans le

de chercher mon revolver.

Vous avez un permis pour l 'armement ?

Au revoir, monsieur le directeur.

Tu ne sais pas ce que j 'ai fait du... Il y a demain, patron ? Oui, je cherche

le rapport de Palmyrie. Je voudrais l 'emmener avec moi.

Qu 'est -ce qu 'il y a ? Il y a des gravures, patron. Le directeur vous

partout. C 'est urgent.

À ce point -là ? Oui, je crois.

Tu veux descendre prévenir ma femme dans le taxi ? Qu 'elle ne m 'attende pas.

Oui, commissaire.

Je t 'attends.

Bon, alors à nous.

C 'est quoi l 'arme en question ? La vôtre, je veux dire.

Un gros bazooka.

Très bon.

Vous imaginez bien, messieurs, que cette fois -ci, plus que jamais, on va nous

demander des comptes. Et que personne n 'est disposé à nous faire de cadeaux.

Alors je veux deux choses, messieurs.

Une collaboration sans faille de vos services, plus de chasse gardée, et des

résultats. Des résultats !

Vous avez des questions ? Non ? Je vous remercie.

Nous nous reverrons demain matin à la cérémonie.

Maigret, vous voulez rester un moment, s 'il vous plaît ?

Asseyez -vous.

Alors ? Je vous ai entendu, monsieur le directeur.

Moi, c 'est vous que je veux écouter, Maigret.

Voilà trois ans que vous vous accrochez à l 'affaire Palmary.

Depuis cinq ans, monsieur le directeur. C 'est pire.

Vous immobilisez je ne sais combien d 'hommes, les écoutes, les filatures.

Tout ça pour un ex -truant infirme et une ancienne pute.

Vous savez combien ça coûte au budget de la maison, ça ? Non.

Ce n 'est pas votre problème.

Moi, je peux vous dire que c 'est le mien.

Et que l 'administration générale m 'a fait des observations assez désagréables

à ce sujet.

Et je n 'ai rien à leur opposer.

Rigoureusement rien, Maigret.

Alors, l 'affaire Palmary, vous allez la laisser purement et simplement tomber.

Non, ce serait dommage, monsieur le directeur.

Enfin, un flic est mort cette fois -ci, Maigret. Je ne sais pas si vous vous

rendez compte.

Je veux les coupables, vous m 'entendez ?

Nous les aurons peut -être, mais cela ne veut pas dire que nous aurons les

responsables. Je veux une tête, Maigret.

Je me fous des responsables. À supposer qu 'ils existent.

Mais ils existent.

Eh bien, prouvez -le, puisque vous êtes si sûr de vous.

Je peux me retirer, monsieur le directeur ? Bien sûr, vous le pouvez.

Mais sachez, Maigret, que malgré toute la considération que j 'ai pour vous, J

'en ai assez que vous n 'en fassiez qu 'à votre tête.

Et je ne suis pas le seul.

Vous vous laissez tout de même encore quelques jours, n 'est -ce pas ?

Mon mari, c 'est moi.

Je vous préviens, Manu ne va pas bien.

Dans la police non plus, on ne va pas bien.

Arrêtez, vous allez me faire chialer.

Je ne t 'en demande pas tant.

Ça commence,

oui.

Ce n 'est pas le moment, commissaire.

Je n 'ai pas choisi.

Comme d 'habitude.

Alors ? Une pèlerine qui s 'est fait plomber.

J 'ai appris ça par la radio.

Tu sais ce que ça fait, ça, la longue ? Ça fait qu 'il a moins mal.

Jusqu 'au jour où il aura plus mal du tout.

Ça, ça regarde que moi.

Me dis pas que je vais te manquer.

Va savoir.

Alors ? L 'histoire du carrefour d 'Anières ? Si j 'étais encore dans le

circuit, les rigolos qui ont fait ça, je les mettrais sur la liste.

Ouais, j 'y suis plus depuis longtemps.

Alors, nom de Dieu, je voudrais qu 'on me laisse crever tranquille.

Papa, parle pas comme ça ! Il me faut un nom, Manuel.

Tu m 'entends ? Ou je te colle la brigade des stupos -fesses.

Et fini la morphine.

Fais -moi confiance.

Tu pourras te faire admettre à l 'hôpital.

Non, pas l 'hôpital.

Plutôt crever tout de suite.

Un flic est mort, Manuel.

Je veux un nom.

C 'est vraiment une ordure.

Tiens, il faut arrêter de courir toujours derrière la petite.

Débrouille -toi comme tu voudras.

Maigret.

Je t 'écoute.

À tout prendre, je préfère encore avoir été truand.

Qu 'il le veuille ou non, il faudra qu 'il aille à l 'hôpital.

Il a déjà perdu trop de temps.

Maigret.

Je veux crever ici, chez moi, avec la petite.

T 'es un crevas, papa.

Tu nous enterras tous.

C 'est du 9 mm.

Vous pouvez remarquer que la balle en fracassant une côte s 'est un peu

avant de traverser le cœur et de ressortir.

Les balles ont été tirées dans le dos avec un revolver Walther P38 à une

distance de 15 mètres sur un homme qui courait. Il me paraît évident que ce n

'est pas un travail de débutant.

D 'après les témoins, le faux aveugle qui est monté dans la pontiac au

d 'Anières avait une cicatrice sur la joue gauche.

Je sais bien que ce n 'est pas une consolation, mais l 'officier de police

Fleghen est probablement mort sur le coup.

Le commissaire... Ah, vous êtes là.

Vous voulez venir une minute, Maigret, s 'il vous plaît ?

Écoutez, Maigret,

l 'information est venue de chez moi, alors je vous la communique.

D 'autant que nous en avions parlé hier soir.

Donc...

Manuel Palmari a été assassiné il y a une heure environ.

Ah bon ? Votre piste s 'éteint d 'elle -même.

Reste à enquêter sur le meurtre.

Et ça, vous êtes mieux placé que quiconque.

Dites -moi, maigré, c 'était un de vos informateurs ? Et un de mes suspects.

On vous laissait tomber les vols de bijoux.

Tout le monde est dessus, de toute façon.

C 'est Ancelin qui est chargé d 'instruire.

Je ne le connais pas, il est nouveau dans le service.

Enfin, vous me raconterez.

Oui.

Ah, dites, pour Palmyrie, vous avez tout votre temps.

Vous avez terminé, mon fils ? Eh bien, oui, je crois.

Vous venez avec moi.

Florence, tu viens.

Merci de votre attention.

Vous le connaissez depuis longtemps, ce type ? Depuis 20 ans, ne plus.

Ce qui est marrant, commissaire, c 'est que vous vouliez le pincer depuis sa

sortie de cabane.

Je ne l 'ai pas réussi.

Dans le fond, il aurait peut -être mieux valu pour lui.

Oui.

Si je peux vous renseigner personnellement, n 'hésitez pas surtout.

Nous n 'hésiterons pas.

Je disais ça pour le commissaire.

Il vaut mieux parler au bon Dieu qu 'assez simple. Pas vrai ?

Vous connaissez le juge Ancelin, je vais vous présenter.

Le juge Ancelin, commissaire Maigret.

Bonjour monsieur le commissaire. Je suis chargé de l 'instruction et je suis

très heureux de savoir que nous allons travailler ensemble.

Je vous en remercie.

Salut Ferdinand.

Bonjour.

Vous êtes en relation avec lui, n 'est -ce pas ? Oui, depuis longtemps.

C 'est peut -être un de vos informateurs ? Marquez, j 'ai rien contre.

Nous avons joué un drôle de jeu, lui et moi, pendant des années.

Je reste persuadé qu 'il était à la tête d 'un gang spécialisé dans le vol de

bijoux, depuis plus de 15 ans.

Tu es de trois balles à bout portant.

Vous savez qui a prévenu le commissariat d 'arrondissement ? Sa maîtresse.

Et où est -elle ? Dans sa chambre avec un policier.

Vous lui avez parlé ? Elle est dans un état quasiment hystérique, alors j 'ai

préféré vous attendre.

Ça ne vous enlevez pas si...

Je la vois d 'abord, seule à seule. Ah, ça m 'ennuie, parce que j 'aurais été

très curieux de voir procéder, mais allez -y.

Je m 'appelle Claire Dant.

Je suis l 'inspecteur du 17e.

Oui, oui, bien sûr.

Je pense que vous devez être content.

Détrompez -vous, Aline.

La mort d 'un homme ne m 'a jamais fait plaisir.

Pourquoi vous croyez que ça me fait plaisir que Manu soit mort ? Je dois

poser une question, Aline.

C 'est pas moi qui l 'ai tué, si c 'est ça que vous voulez savoir.

Mais si ça vous arrange de me coller sa mort sur le dos, je m 'en fous.

Vous entendez ? Je m 'en fous.

Qui l 'a tué ? Je sais pas, mais tout ce que je sais, c 'est que c 'est par

votre faute qu 'il est mort.

Et pourquoi ? Parce que vous l 'avez obligé à balancer et que les types se

vengés purement et simplement.

Vous savez très bien que Manu ne m 'a jamais balancé personne.

Je sais pas, je comprenais rien à ces affaires.

Quelles affaires ? Mais merde !

Papa est mort, vous ne pouvez pas me laisser tranquille cinq minutes, non ?

j 'en ai assez, mais... Foutez -moi la peine, barrez -vous, barrez -vous ! Je

cherche le ou les assassins de Manuel, Aline.

Et vous ne voulez pas m 'aider ? Je m 'en fous, tout ce que je sais, c 'est

papa n 'est plus là, c 'est tout.

Barrez -vous, barrez -vous !

C 'est avec ça qu 'on l 'a tué ? Il n 'y a pratiquement aucun doute.

Regarde. C 'est son revolver.

Vous allez prendre les empreintes de la fille, j 'imagine ? Ça paraît inutile.

C 'est les seules empreintes qu 'il y ait sur le revolver, sans celle du mort.

Il était drôlement bien équipé, le palmaré, dites -donc. Pour son malheur.

Alors, j 'ai deux, trois éléments.

Aline est sortie de chez elle vers 11h30.

Elle a fait son marché, alors qu 'il a suivi.

Le palmaré s 'est fait plomber vers midi. C 'est ça, mon fils ? Oui, c 'est

Peut -être un tout petit peu après, selon le légiste.

Ensuite, elle est rentrée vers une heure moins le quart et elle a prévenu le

commissariat à moins cinq.

Entre onze heures et le moment où les flics du quartier sont arrivés, personne

'extérieur à l 'immeuble n 'est entré ou sorti.

Et on n 'a aucune trace d 'effraction, commissaire.

C 'est comme si on avait voulu faire croire à un suicide.

Mais ça n 'a pas marché.

En tout cas, la maîtresse de maison m 'a allé hors de cause.

En dehors de Palmarie et vous, qui disposait des clés de l 'appartement ?

Personne.

Mon papa était bien trop méfiant.

Mon papa.

Papa ? Ce petit nom qu 'elle lui donne, enfin qu 'elle lui donnait.

Faites vite.

Torrance, tu vas rester avec elle.

Je vous ferai monter quelque chose.

Aline, vous allez devoir subir une protection.

J 'ai l 'habitude.

Ça durera longtemps.

Aussi longtemps que je ne vous estimerai pas en sécurité.

J 'ai quand même envie de connaître votre intime conviction.

Mais seulement après avoir déjeuné, histoire d 'oublier ces moments

Je ne serai pas déçu.

Ah, il doit me rester deux bonnes parts de tripes, vous commissaire.

Sinon, j 'ai une excellente potée, un plat d 'hiver aussi. Et j 'ai un petit

bordeaux superbe. Je vous laisse réfléchir, messieurs.

Eh bien, vous m 'avez demandé mon intime conviction. Mon intime conviction, c

'est que je vais prendre des tripes.

Eh bien, je vous suis.

Qu 'est -ce que c 'est, au juste ? Des tripes avec des pieds de mouton

accommodés en ragoût. Oh là là, oh non, oh non.

Une potée pour moi.

Puis une petite bouteille de 100%. Parfait, c 'est parti.

Vous ressentez ?

Pas mal.

C 'est quand même une drôle d 'affaire, non ? Oui, vous, vous êtes un drôle de

juge. C 'est la première fois que je vois un juge inviter un commissaire de

police à déjeuner.

Pourquoi pas ? Vous ne voyez aucun piège, j 'espère ? Oui, mais aucun.

Dites -moi, d 'où proviennent les revenus de Palmyrie ?

Parce qu 'un firme comme il était, il ne travaillait pas.

Il a un restaurant en rue Fontaine, la Clé d 'Or.

Une belle affaire, mais seulement une couverture, à mon avis.

On y mange bien ? C 'est pas le même style. C 'est un peu fichiteux, mais

beaucoup plus cher.

C 'est délicieux.

Ce genre de cuisine fait mon bonheur.

Ce n 'est peut -être pas inutile, finalement, pour vous que...

Je diligente une enquête de la brigade financière sur les biens et les revenus

de feu votre ami Palmary et aussi d 'Almoiselle Aline, pour laquelle j 'ai

discerner chez vous une certaine sympathie.

Non, mais ce serait effectivement du plus grand secours. Jusqu 'ici, je n 'ai

jamais pu l 'obtenir.

Eh bien, c 'est fait.

Je bénis le ciel qui m 'a confié cette affaire.

Que diriez -vous, commissaire, de m 'offrir un digestif à la main d 'or ? La

d 'or, vous voulez dire. Le restaurant de Palmaré. Oui, je suis curieux de

connaître l 'endroit.

Je ne vous ai pas demandé, commissaire, vous avez des enfants, vous ? Ah non.

Moi, j 'en ai cinq, ils sont grands, maintenant, oui.

Ah, bravo.

C 'est une chance pour eux que vous ne soyez pas entré dans la police.

Si je l 'avais fait, je n 'aurais peut -être pas eu d 'enfants.

Vous permettez ? Vous m 'attendez, j 'arrive tout de suite.

Mais, bien entendu!

Ah, mais non!

L 'immeuble, maintenant, il lui appartient à elle.

A qui, elle?

A Lynn Bush, l 'amie du mort de ce matin.

Elle est à l 'abri du besoin, elle ou moi.

Qu 'est -ce que vous foutez là, vous?

Passez -moi.

J 'ai dit que c 'était un parent.

Vous savez, ce n 'est pas avec ce qu 'on gagne que ... Oui, bien sûr.

Je voudrais voir votre livre de quittance.

Je ne sais pas si je peux vous donner.

Vous préférez que je le cherche moi -même ? Non.

Tenez, commissaire.

Mais vous me le ramenez, hein ? Oui, oui.

Merci pour mon journal, commissaire.

Ça a l 'air fermé.

C 'est pas pour nous.

Et voilà.

Mais puisque les écoutes téléphoniques et la filature d 'Aline Bauch n 'ont

donné, d 'où tenez -vous votre conviction ? D 'abord le fait que le vol

bijoux était la première spécialité de Paul -Marie.

Ensuite, la fusillade qui l 'a privé de ses jambes, il y a trois ans.

Ils sont en train de vivre, bien entendu.

Oh, commissaire, quelle bonne surprise.

Il y a un moment que je ne vous avais pas vu.

Je vous en prie.

Alors, commissaire, qu 'est -ce que je peux faire pour vous ? Oh, rien de

spécial, monsieur Bernal. Nous venions seulement de juger, moi, avoir un petit

éjectif. C 'est possible ? Vous le dites franchement ? Enfin, vous savez bien

que pour vous, rien n 'est impossible.

Je vais vous installer dans un endroit tranquille.

Ce n 'est pas le meilleur moment pour apprécier l 'établissement.

Dites -moi, j 'ai...

Un armagnac hors d 'âge de chez Morino Frères, tout à fait exceptionnel.

Vous désirez le goûter ? Volontiers.

Si vous considérez le nombre de bijouteries de la région parisienne,

frappé comme moi par l 'extraordinaire flair de nos gangsters.

Vous voulez dire que tout se passait comme si les auteurs des attaques

disposé en temps utile d 'informations très précises ?

Mais les bijoutiers eux -mêmes sont hors de cause ? Excellente question, à

laquelle ma réponse est oui.

Messieurs, un cigare vous ferait -il plaisir ? Non, merci.

Oui.

Commissaire, je sais que Manuel Palmari a été tué ce matin, et c 'est pour ça

que vous êtes venu. Je ne me trompe pas, n 'est -ce pas ? Mais je vais vous dire

quelque chose.

Depuis quinze jours... Il n 'était plus propriétaire de cet établissement.

Ah bon, mais à qui appartient -il, alors ? À mon associé et à moi -même.

Ah, mais bravo ! Félicitations ! Et vous avez rencontré Palmyrie à cette

occasion ? Hélas, non.

C 'est mademoiselle Bauch qui s 'est occupée de la transaction pour son

On n 'avait jamais cru qu 'une femme puisse être aussi dure en affaires.

Bref, nous avons dû céder à ses exigences.

Vous comprenez, nous avons beaucoup emprunté. Nous n 'avons pas besoin de ce

genre de publicité.

Compte tenu de notre clientèle, croyez que nous sommes sincèrement la vraie.

Bien sûr.

Cela dit, si je puis vous être utile en quoi que ce soit.

Je vous remercie, monsieur Pernel.

En tous les cas, votre art maniaque est absolument admirable.

N 'est -ce pas, monsieur le juge ? Je profite de l 'occasion pour vous dire

cette maison est la vôtre, monsieur le juge.

Vous aussi, évidemment, monsieur le commissaire. C 'est vraiment très, très

gentil.

Vous avez raison, il est très bon, cet Armagnac.

D 'ailleurs, justement, à ce propos, est -ce que vous avez rencontré, quand vous

étiez le gérant seulement, des personnes qui avaient, comme on dit, table

ouverte dans l 'établissement ? Je vois ce que vous voulez dire.

Très peu.

En fait, une personne, un certain monsieur Louis, qui venait...

accompagné pour la plupart du temps par très jeunes femmes, charmantes d

'ailleurs.

Mais ce n 'est pas du tout à fait le genre de personnes que nous avons l

'habitude de recevoir.

Et ce monsieur Louis a gardé ses habitudes ? J 'ai tâché de lui expliquer

la situation de la maison avait changé et que nous ne pourrions pas

éternellement.

Il l 'a mal pris.

Il n 'est jamais revenu.

Vous ne savez pas où je pourrais le trouver.

Je crois qu 'il a ses habitudes dans une boîte à pigales.

Rue Frochot.

La Tropicale.

Enfin, vous voyez le genre.

Commissaire, dans la mesure du possible, si vous pouviez éviter de...

Bien sûr.

Ne vous inquiétez pas.

Bien. Au revoir, monsieur Pernel.

Au revoir, commissaire.

Monsieur le juge.

Le dénommé Louis, c 'est une piste pour vous ? Autant qu 'une autre.

Vous allez faire comment pour l 'en trouver ? Comme souvent, je vais aller m

'asseoir devant un comptoir de bar.

Mais je vois aussi un petit crochet par le passé.

Le bar, je peux imaginer, mais le passé...

Chez les truands, c 'est souvent en prison que se forgent les amitiés les

pauvres.

Elle dort.

Vraiment, qu 'elle fasse semblant.

J 'ai commencé à regarder un peu les archives.

Ah oui ? Et qui gagne ? Ah, forcément.

Vous saviez que l 'immeuble était à lui ? Ah bon ?

Moi, j 'étais persuadé qu 'il était à elle.

Ah, bon, j 'en suis pas encore là.

Vous savez, de toute façon, genre de paperasserie, ça a jamais été mon truc.

Déjà, quand je dois remplir un formulaire pour la sécu, ça me prend

Bon, ben, tu vas téléphoner à Lutzel, à la brigade financière. Il va passer

prendre tout ça.

Il a l 'air pas mal, le juge Ancelin, non ? Pour une fois.

Oui.

Tu verrais un inconvénient majeur à dormir ici, cette nuit ?

Ça va, je vous dérange pas ?

Allô, Baron ? Ici Maigret.

Tu vas téléphoner au directeur de la centrale de Saint -Mort.

Je voudrais savoir si, du temps où Palmarie était là -bas, il a pu

ou plusieurs détenus se prénommant Louis.

Avec un nom corse, éventuellement.

Ou qui pourrait l 'être.

Oui.

Entendu.

Vous ne m 'aviez pas dit que vous aviez vendu la clé d 'or.

Parce que vous ne me l 'aviez pas demandé.

De toute façon, ce n 'était pas mes oignons.

C 'est à regarder Manu.

C 'est vous qui avez mené l 'affaire ? J 'ai fait ce que Manu m 'a demandé du

mieux que j 'ai pu.

De toute façon, je n 'avais aucune raison de faire de cadeau à ces deux

raies qui l 'ont arnaqué avec Immune du temps de la gérance.

Autrement, où est -ce qu 'ils auraient trouvé l 'oseille pour acheter la

boutique ? Ah oui, à propos, où est -il passé l 'argent ? Sur un compte à moi et

ce n 'est pas illégal.

Manu a rempli des papiers chez maître Lina Rutikton.

Tu vérifieras, Torrance.

Tu vérifieras, Torrance.

Mais si je vous le dis, c 'est que c 'est vrai.

Si vous ne croyez rien de ce que je dis, pourquoi vous ne m 'agraffez pas tout

de suite ? Ce sera plus simple.

Parce que je ne crois pas que tu aies tué Emmanuel.

On ne dirait pas.

Troisième gauche, c 'est quoi ça ? Des vieux.

Lui, il était gouverneur aux colonies.

Je suis rentrée une fois.

C 'est plein de statues genre nègres.

Elle est à moitié aveugle.

Ah, s 'il n 'y avait que des gens comme ça... Parfenov en face.

Mademoiselle.

Lydia et les messieurs de mademoiselle, ça change tout le temps.

Elle a tout de même pas loin de 50, mais...

Trôlement conservée.

Elle était chanteuse à l 'opéra. Maintenant, on lui donne des leçons.

À mon avis, elle fait pas payer tout le monde.

Et en face de chez Paul -Marie ? Ben, les barillards.

Un jeune couple.

Lui, il est représentant en emballage.

Elle, elle est enceinte de 6 mois.

Et puis au -dessus de chez eux, c 'est vide.

Depuis longtemps ? Ben oui, ça fait un moment.

4 ou 5 ans, peut -être bien.

Vous avez la clé ? Ben non.

Oui, c 'est pourquoi ? Commissaire Maigret de la police judiciaire.

Vous êtes M.

Blanchard ? Est -ce que je peux voir votre carte ? On peut peut -être

rentrer chez vous ? Ben oui, si vous y tenez.

Asseyez -vous, je vous prie.

Je suis un sportif, comme vous voyez, mais j 'ai abandonné les compétitions il

a trois ans. Je suis maintenant instructeur de l 'équipe de France

Vous connaissez Aline Bauch ? Je ne crois pas, non.

Mais de toute façon, je ne suis pas là souvent, je ne connais pas grand monde

ici.

Vous n 'avez jamais vu personne entrer ou sortir de l 'appartement d 'enfance ?

Vous savez, je suis en déplacement les trois quarts du temps.

Mais je m 'en serais aperçu, il me semble.

Bien.

Eh bien, je vous remercie, monsieur.

Je vous en prie.

Écoutez, monsieur le commissaire, maman est malade en ce moment.

Gérald ! Qu 'est -ce que c 'est ? C 'est un policier, maman.

Un policier ? Mon Dieu, mais que peut -il vouloir ? Fais -le rentrer, je te

prie. Je vous en prie.

Bonsoir, monsieur.

Mais c 'est passionnant.

Mais comme c 'est intéressant.

Veux -tu approcher un siège à ce monsieur, Gérald, je te prie ? Je crains

vous déranger, chère madame. Mais pas du tout, pas du tout.

Si vous êtes de la police, voyez -vous, je ne l 'aurais jamais deviné.

Et vous faites une enquête, j 'imagine.

C 'est exact.

Un homme a été tué dans l 'appartement du premier étage.

Et tu vois que c 'était dans ça.

Et pourquoi l 'a -t -on tué, ce pauvre garçon ? Mais c 'est ce que je cherche à

savoir.

Bien entendu.

Et c 'est tout à votre honneur.

Mais si vous nous considérez, mon fils et moi, comme des suspects, il va

que nous vous fournissions des alibis.

À quelle heure ce drame s 'est -il produit ? Vers midi environ, mais...

tout est parfait.

Gérald était à son cabinet toute la journée.

Il est radiesthésiste.

J 'espère que mademoiselle Lecourbe va pouvoir confirmer ses dires. Tu vas

donner ses coordonnées à ce monsieur, n 'est -ce pas ? Quant à moi, j 'étais là,

dans ce lit, bien incapable de mettre un pied hors de mon lit.

Mais je pourrais bien être une simulatrice, n 'est -ce pas ? Est -ce

connaissez mademoiselle Bauche ? Monsieur... Gérald Pélisson, je connais

demoiselle, en effet.

Tout le monde n 'a jamais parlé ? C 'est notre propriétaire, maman.

Lorsque nous avons emménagé, il y a trois ans, j 'ai appris qu 'il y avait

appartement vide au cinquième.

J 'ai demandé à voir la propriétaire pour voir si je ne pourrais pas y

mon cabinet.

Et c 'est comme ça que je l 'ai rencontrée. Mais elle m 'a dit que c

impossible.

Et quel genre de femme est -ce ? Oh, elle ne te plairait pas, maman.

Voilà, c 'est tout toi, ça. C 'est comme ça que tu es restée célibataire.

Oh, si vous le saviez à quel point ça me désole.

Oh, je vous comprends, chère madame.

Mais vous savez, mademoiselle Beau, je n 'ai pas exactement la femme qu 'une

mère souhaite pour son fils.

Mais tout de même, propriétaire d 'un immeuble pareil ? Chère madame, si vous

trouvez pas d 'alibi, je vous en dispenserai volontiers.

Oh, et nous ne vous avons même pas offert un peu d 'amantillado. Gérald, va

chercher une bouteille et des verres. Non, non, une prochaine fois.

Gérald ! Oui, maman ? Viens ! Je raccompagne le comité, maman.

Continuez, Mme Barrière.

Lui, on ne le voyait jamais, évidemment.

Mais elle, je l 'ai croisée plusieurs fois sur le palier.

Bon, on se disait bonjour, rien de plus.

D 'ailleurs, visiblement, elle n 'avait pas très envie de sympathiser.

Mon mari trouve qu 'elle a un genre un petit peu vulgaire, d 'ailleurs.

Bon, effectivement, c 'est assez vrai.

Enfin, quand même, de là à penser qu 'ils étaient des gangsters, tout de

Votre mari est sorti tôt ce matin ? Oh non, il est sorti après le déjeuner.

Ce matin, je crois qu 'il avait pas mal de coups de fil à passer.

Oh oui.

Et moi, j 'avais un rendez -vous chez mon gynécologue à l 'hôpital Saint

Je suis rentrée quand on a emmené le corps.

Et il n 'a rien entendu ? Tenez, c 'est lui.

Excusez -moi.

Bonjour, monsieur.

Commissaire Maigret.

Ah oui, bien sûr. C 'est à propos des événements de ce matin.

J 'étais étonné aussi qu 'on ne nous ait pas contacté plus tôt.

Oui, nous effectuons toujours ce que nous appelons une enquête de voisinage.

bah oui, puis c 'est nous les plus proches voisins, alors... Asseyez -vous,

vais vous servir quelque chose.

On dit dans combien de temps, chérie ? Dans trois quarts d 'heure, si tu veux.

Je mets au four, j 'arrive.

Je te sers un petit martini ? Mais non, tu sais très bien que le gynécologue a

interdit que je prenne de l 'alcool. Ah oui, c 'est vrai. Si le gynécologue a

dit...

Ah oui, c 'est notre premier enfant, alors vous comprenez, on est un peu

de faire attention.

Si vous permettez, inspecteur, je vais vous dire une chose.

Eh bien moi, cette histoire ne me surprend pas tant que ça, dans le fond.

Ah bon ? Pourquoi ? Pourquoi ? Vous savez, dans mon métier, on apprend à

les gens en deux secondes.

Les gens honnêtes, on les voit tout de suite.

Les margoulins, c 'est pareil.

L 'observation, inspecteur. La première qualité qui fait un bon vendeur.

Et selon vous, ce Manuel Palmari... Oh, lui, j 'en sais rien. Tenez.

Excusez -moi.

Mais elle, faut pas deux secondes pour voir à qui on a affaire.

C 'est pas à vous que je vais apprendre ça, inspecteur, mais la vie de la

société, même quand ça se donne des grands airs, ça trompe personne.

Alors vous pensez que ce serait un règlement de compte entre truands ? Ça,

sais fichtrement rien.

Mais vous me le diriez que ça ne m 'étonnerait pas.

Vous allez me dire que ce ne sont que des préjugés. C 'est possible.

On en voit tellement, vous savez.

Viens.

Vous ne buvez pas votre verre ?

Monsieur

? Monsieur ? J 'aimerais vous parler.

Vous êtes sourds ?

Je suis de la police.

Clé, Jacob.

Oui.

Né à Anvers le 18 juillet 1881.

C 'est bien vous.

Vous ne comprenez pas du tout le français.

Elle s 'est réveillée il y a une heure, elle a pris un bain, on a regardé un peu

la télévision et là, elle est en train de préparer à manger.

Pour vous deux ? J 'espère, oui.

Elle n 'a pas téléphoné ? À qui ? Je ne sais pas, moi.

À un certain Louis, par exemple.

Tu ne connais aucun Louis ? À tel point que vous ne vous êtes même pas aperçu qu

'il est venu dîner à la clé d 'or gratuitement pendant des années.

Pour une femme d 'affaires, vous me décevez.

Les affaires, c 'était papa.

Moi, ça ne me regardait pas.

Je ne me mêlais pas.

À propos d 'affaires, vous avez bien un appartement à louer au cinquième.

Pourquoi ? Vous voulez le louer ? Tu ne cherchais pas un appartement, Terrence ?

Moi ? Ah oui, tu voulais quitter Bagnolet.

Ah oui.

Vous pourriez lui faire visiter.

Oui, bien sûr, il n 'y a pas de problème.

Mais c 'est un petit peu cher.

Trop.

Je vais nettoyer mon four.

Un instant, M. Barrière.

Cette nuit, tu fermeras l 'appartement et tu garderas la clé sur toi.

Si elle veut sortir, tu la suis.

Je te ferai relever par l 'entier.

Votre femme m 'a expliqué, mais je n 'ai pas très bien compris. Vous êtes

représentant en emballage ? Oui, enfin, disons, dans l 'emballage de lutte.

Stilo, briquet, montre...

Disons qu 'on propose des écrins personnalisés à la marque du commerçant.

'air de rien, mais il y a du marché, vous savez. Mais on n 'y pense pas.

Je vais même vous dire, j 'ai l 'intention de monter moi -même ma propre

en diffusant de très beaux produits qui sont fabriqués en Extrême -Orient et qui

sont autrement moins chers que ce qu 'on fait en France.

Vous avez raison, il faut prendre des risques.

Vous savez ce que c 'est le problème de ce pays ? Moi, je vais vous le dire.

C 'est l 'esprit d 'entreprise.

Parce que dès qu 'on regarde à l 'étranger... Bon, je vous en prie,

Allez, bonsoir, monsieur Barrière.

Bonne soirée, commissaire.

Dites -moi, ce monsieur Jacob Kless, au septième étage... Ça vous êtes grimpé

jusque -là ? Il habite ici depuis longtemps.

Oh, bien avant moi.

Pauvre bonhomme.

Heureusement que mademoiselle Aline va le voir.

Sans quoi, il se laisserait carrément mourir.

Dites -moi, il n 'entend pas très bien.

Ça pourrait être sourd, il est sourd.

Il parle peu français et en plus, il est juif, le pauvre.

Je vous souhaite le bon soir.

Bonne nuit.

Comment ça va, commissaire ? Vous êtes ici à titre privé, j 'espère ? Ça a été

ça, ils t 'ont libéré ? Ça fait longtemps, je me rappelle plus quand c

J 'ai fait un cognac.

Volontiers.

Alors, tu t 'es recyclé ? C 'est la vie.

Claude ! Ah, maman.

Vous cherchez quelqu 'un ? Je peux quelque chose pour vous ?

Non, non, merci.

Maintenant, vous savez où me trouver.

Ils sont tous là. Ça fait un bail qu 'il n 'y avait pas eu autant de monde.

Étoile 43... 94.

Oui ? Au revoir.

Ça va, mon petit loup ? Bonsoir, mademoiselle.

Je sais pas ce que je vais boire.

T 'as pris quoi ? Champagne, bien sûr.

J 'adore le champagne.

Qui me réussit le prix.

Ça me rend tout de suite gaie. Pas toi ? Moi, je suis toujours gaie.

Barman ?

Claude.

Mon bon souvenir à M. Louis.

Allô ? Allô ? C 'est toi, Pierre ? Comment ? C 'est bien étoile

4394. Je ne suis pas chez le docteur Pardot ? Vous avez trompé de numéro.

Excusez -moi, mais où suis -je alors ? Parce que moi, j 'ai bien ce numéro -là.

Vous êtes chez M. et Mme Barillard.

Barillard.

Ah, ben oui.

Ce n 'est pas du tout la même chose.

Vous avez vu l 'heure qu 'il est ? Excusez -moi de vous avoir dérangé.

Enlève donc ton chapeau.

Ah, j 'oubliais.

Un de tes adjoints a appelé.

Il y avait deux Louis à la prison de Saint -Maur. Mais un seul était corse.

Il s 'appelle Louis Moriani.

Il avait été condamné pour vol à main armée et homicide. Un client dangereux.

Mais malgré tout, il a été libéré pour bonne conduite deux ans après ce Manuel

Palmari.

Depuis, il se ferait ranger des autos.

Des voitures.

Oui, si tu veux.

Enfin, ton adjoint a dit qu 'il allait essayer de le loger. Il espère t 'en

plus demain.

Tu veux du riz ou des pommes de terre dans ta blanquette ? Voilà, mes gars.

Comment va -t -elle ?

Elle achelait une partie de la nuit. Il faut dire qu 'elle avait pas mal picolé.

Et quand l 'ourtier est venu me relever, elle ronflait comme un soufflet de

forge.

Et le juge, où est -il ? Il est dans une voiture en bas. Il nous attend.

J 'aimerais que vous m 'accordiez une faveur, commissaire. Mais je vais vous

refuser.

Il est très certainement armé et rien ne me dit qu 'il se laissera faire.

Ici, vous serez aux premières loges, monsieur le juge.

On se calme.

Demande au patron de l 'hôtel où est la chambre de Louis.

Tu grimpes et tu bloques l 'accès du toit.

On ne tire que sur mon ordre et aux jambes.

Laissez -nous ouvrir la porte.

Avec une femme, c 'est témoigné, c 'est pas plein de taxis.

Ça tombe bien.

Fais -lui dire que le taxi est arrivé.

Sois prudent.

Plante -toi !

Je t 'adore.

C 'est mignon. Donne -moi encore un petit peu.

C 'est vraiment le meilleur.

Les mains en l 'air, Louis.

Ne bouge pas et donne -moi mon flingue.

Où il est ? Sous ma veste. Rends -toi, Louis.

Fais pas de conneries.

T 'inquiète pas.

Tourne -toi, Louis.

Attention à toi.

Ta gueule, connasse ! Va te faire foutre ! Fais pas de conneries, Louis.

Donne -moi les clés de la voiture.

C 'est fini pour toi.

Passe -moi les clés, je te dis ! Je te rappelle que tu as buté un flic.

Espèce de picard de merde ! C 'est toi que j 'ai buté, hein ? Lâche -moi,

! Appelez une

ambulance, mon Dieu ! J 'avais dit aux

jambes. Je sais, monsieur le commissaire, mais il a bougé.

P38, c 'est le même type de pétard qu 'au Carrefour d 'Anières.

Dans huit jours, vous pourrez l 'interroger.

Je vous avoue que j 'ai eu peur.

Pardon de vous avoir fait attendre. D 'autant que vous avez pris la peine de

venir jusqu 'ici.

C 'est tout à fait normal, vous savez.

Ma question va vous paraître curieuse, mais cette parure de diamant qui vous a

été volée, comment était -elle exactement exposée dans la vitrine ?

écrin.

Ah, maigré ! C 'est... Excusez -moi.

Celui, Moriani, c 'est lui qui a battu le gardien de Gwen ? Je ne peux pas

encore l 'affirmer, monsieur le directeur.

Mais il y a bien une raison pour laquelle vous l 'avez arrêtée.

Oui, je voulais l 'interroger à propos de Palmary.

L 'arrestation a mal tourné. Bon, ben alors, l 'affaire Palmary, oublions -la.

Moi, ce qui m 'intéresse, c 'est le carrefour d 'Anières.

Bonjour, monsieur.

Je suis monsieur Poinslot, le bijoutier. Vous êtes le directeur de l 'APJ ? Oui,

bonjour, monsieur.

Bon, alors, ce Moriani maigré, je ne sais pas si vous vous rendez compte, mon

vieux. Mon fils est en train d 'expertiser son arme.

Bon, ben alors, je vais l 'attendre avec vous. Qu 'est -ce que vous voulez que

je vous dise ? Très bien, monsieur le directeur. Installez -vous.

Merci.

Bien. Alors, c 'était creux.

Ah oui, mais ça, il a été volé avec.

Sinon, je l 'aurais fourni en tant que pièce à conviction, vous pensez bien.

Surtout que ce sont des modèles qui ne peuvent plus resservir puisqu 'on les

fait faire spécialement.

Patron. Oh, pardon.

Monsieur le directeur.

Allez, vas -y, vas -y.

On attend vos fils. Il m 'a dit qu 'il arrivait.

Pour Moriani, il sera 4 -5 jours aux abonnés absents et pas question de le

cuisiner avant.

Non, mais attendez, mais qui dit ça ? Le patron du service de réanimation de la

Riboisière. Ah.

Bon, qui vous fournit ces écrins ? La maison Gélo, à Agnières, par l

'intermédiaire de leur représentant.

Et on peut connaître le nom du représentant ? Ça, vous pouvez demander

ma femme.

Eh ben, allez -y, bon fils.

Bonjour, monsieur.

Bonjour. Monsieur le commissaire.

Salut, bon fils.

Le pistolet que vous m 'avez apporté est un Walther P38 et c 'est effectivement

la même arme qui a tiré la balle qui a tué le gardien au carrefour Danier.

C 'est formidable, Maigret, formidable ! Nous tenons le tueur de flics et l

'assassin de Palmyrie. Je ne sais pas si vous vous rendez compte.

Si vous n 'avez plus besoin de moi, je vous laisse mes notes.

Allô, donnez -moi le préfet.

De la part de M. Bluzet.

Je suis dans le bureau du principal, merci.

Si vous avez besoin de moi, je suis à côté, commissaire.

Monsieur le directeur, Palmary a été tué avec son propre revolver.

Si Louis Moriani était entré dans l 'immeuble, nos hommes l 'auraient

vu. Mais c 'est quand même lui qui a abattu le Gouen.

Mais bien sûr.

Roger.

Oui, patron.

Appelle la maison Gelo à Agnières et demande -leur le nom de tous leurs

représentants. Je voulais demander à votre adjoint, au cas où vous retrouviez

les bijoux, c 'est par rapport à notre assurance, voyez ? Oui, bien d 'accord.

Allô, oui.

Alors, qu 'est -ce que je dis au préfet ? Ah, ce que vous voulez.

Bon, ben alors, demandez -lui de me joindre dès qu 'il le peut à mon bureau.

Merci.

Et qu 'est -ce que je dis à la presse ? Le moins possible.

Écoutez, maigré, je ne sais pas si vous vous rendez compte, mais je préfère

retourner dans mon bureau.

Votre supérieur ne m 'a pas répondu par rapport à la question de l 'assurance.

Vous savez, les assurances savent bien qu 'on ne retrouve jamais les pierres

volées.

Parce qu 'elles sont retaillées.

Bien sûr.

Je connais bien la question.

C 'était la profession du père de ma femme.

En 40, quand les Allemands ont envahi la Belgique, il a quitté Anvers, où nous

avions constitué le plus gros de la corporation des tailleurs anversois.

Vous n 'avez jamais entendu parler d 'un certain Claes ?

Clès ? Jacob.

Merci, M.

Poislot.

Terence Fournier, on y va.

Ce critique, il y aurait encore un mort ? Pas que je le sache. M. Claes est -il

chez lui ? Ouf, bonhomme, il sort jamais.

C 'est même moi qui lui fais ses courses, mademoiselle Bou, je peux pas.

Paris !

Ouvre

la porte.

C 'est une mise en scène.

On l 'a étranglé.

Tance, viens avec moi.

Lourty ! Descends à la loge et empêche tout le monde de sortir.

Tout de suite ! Qu 'est -ce qui se passe ? Aïe, il me fait de mal !

Je peux pas sortir comme ça pour que je m 'habille comme ma maman.

Dis -moi !

Votre

mari est là ? Non, il est sorti.

Tu vas l 'attendre avec madame.

Pardon, mais vous pouvez m 'expliquer ?

Regardez ce que j 'ai trouvé.

Il manque peu les diamants.

En réalité, c 'était qui pour toi ? Personne.

Mais en 40, pour les jeunes, je pars au sommet dans un bombardement d 'avions.

Mon sourire.

On s 'était réfugiés dans une église.

Il était là, il saigna, il était blessé à la tête.

Je revois les images.

Il m 'a prise avec lui.

Il avait récupéré les papiers de mon père.

C 'est pour ça qu 'on a été sauvés.

Malgré le fait qu 'il était serein, mais elle a réussi à nous faire survivre.

Après, on a été chez les bonnes sœurs jusqu 'à la libération.

Moi, j 'y suis restée jusqu 'à 16 ans.

Puis après... Il a fait ce qu 'il a pu.

J 'avais une main de vissée au corps.

Et puis... J 'ai rencontré... Palmaré et... Il m 'a sortie du

trottoir.

Il avait compris le parti qu 'il pourrait tirer d 'un tailleur de

moitié fou.

Mais pourquoi il a fait ça ? Il était pas malheureux. Pourquoi il a fait ça ?

a pas fait ça.

On lui a fait ça.

Je sais pas.

Bah si, tu sais.

Bien sûr que tu le sais.

Je sais pas, je sais pas.

L 'argent rend fou à lui.

Où est le téléphone ? Là, patron.

Bah, allez -y, vous gênez pas, hein.

Oui. Vous aussi, vous persécute, madame ? Mais vous inquiétez pas, hein. Ça va

pas se passer comme ça.

Silence, mon Dieu ! Non, mais Dieu, je vous permets pas, hein.

Le cabinet du juge enceint, s 'il vous plaît. Vous êtes ici chez moi, vous

entendez ? Vous pouvez pas vous taire cinq minutes, non ? Enfin, madame,

quelque chose, vous êtes la propriétaire. Laissez -toi ! Vous allez

notifier une double inculpation.

Aline Bauch a parlé.

Je suis rue des Acaciens.

Je n 'ai rien dit.

Ils bluffent.

Ils bluffent.

Qu 'est -ce que ça veut dire ?

Tu as quelque chose à voir avec cette femme ? Mais non ! Tu ne vas pas croire

une chose pareille.

Passe -lui les menottes. Quoi ? Et emmène -les dans l 'appartement du

Ils connaissent le chemin.

Vous avez bien conscience de ce que vous faites, là ? Devant ma femme, en plus !

Vous allez le regretter, je vous le dis, moi.

Allez, allez ! Je t 'aime ! Même si tu as

fait les pires choses, je t 'aime ! Maurice, on va avoir un enfant !

C 'est ça qui est plus fort que tout ! Votre mari a fait les pires choses,

madame, en effet.

Ça m 'est égal.

Vous m 'entendez ? Ça m 'est égal.

Ça m 'est égal.

Si vous vous rencontriez ici,

joignons l 'utile à l 'agréable.

Papa ne risquait pas de monter, n 'est -ce pas, Aline ? Et la femme de Maurice

était bien trop naïve pour se douter de quoi que ce soit.

Mais c 'est faux ! C 'est faux ! Viens ici.

Tu

viennes

toujours ? Ça prouve rien.

Tu n 'as pas besoin de clé pour entrer dans l 'appartement de papa Palmari.

C 'est lui -même qui t 'a ouvert.

Il avait une totale confiance en toi.

Pour l 'excellente raison que t 'es le factotum de toute l 'affaire.

Tu repérais les bijouteries.

Tu transmettais les ordres à Louis pour les casses.

Tu ramenais les bijoux au vieux Gless pour qu 'il les retaille.

Et tu les repassais à Louis, qui les fourguait sur le marché.

Ça t 'a rapporté pas mal d 'argent, mais ça t 'a pas suffi.

Tu t 'es dit que Palmari ne servait plus à grand -chose et t 'as voulu devenir

le patron.

C 'est pour ça que t 'as séduit Aline, au nom de laquelle Paul -Marie mettait

tout ce qu 'il avait.

Sur la fin, Paul -Marie souffrait le martyr.

Tu as suggéré à Aline d 'abréger ses douleurs.

Et elle s 'est laissée convaincre.

À moins qu 'elle y ait pensé la première.

C 'est pas vrai ?

J 'ai jamais voulu qu 'il tue papa.

Oh ! C 'est toi qui as eu l 'idée ? Ah ! Ben oui.

Et puis c 'est toi qui m 'as montré où il planquait son revolver. Comment je l

'aurais su, sinon ? Un jour, parce qu 'il était malade, il en pouvait plus, ça

me rendait dingue.

Mais après, j 'ai plus voulu.

Oh, la morue ! Putain, la morue ! Mais merde ! C 'est elle qui m 'a dit de

Manu ! Putain, mais je vais pas me laisser tout coller sur le dos par cette

salope, merde ! Moi, je vais pas me laisser tout coller sur le dos par cette

connasse !

Et le vieux Claes, c 'était elle aussi ? Bah quoi le vieux Claes ? Je t 'aurais

jamais dit de tuer Jacob, jamais.

Mais t 'es comme malade, t 'es comme malade, c 'est tout.

T 'aurais pu me tuer ? Ouais.

C 'est un con, va.

La connasse.

Putain, la connasse ! Putain ! Dis -donc un coup de main, t 'entends ?

Allez, dehors !

C 'est

ici que ça se passe, commissaire ? C 'est au septième étage qu 'on y est à

temps. Mais ne te donne pas trop de mal.

Je crois que les aveux ne vont pas tarder. C 'est plus haut. On y va.

Il y a eu un second meurtre, si j 'ai bien compris.

Oui.

Et il n 'aurait jamais eu lieu si j 'avais compris plus tôt.

Au lieu de m 'aveugler sur l 'innocence d 'anime.

Que je sache, le travail de la police, ce n 'est pas de prévoir les crimes, c

'est de trouver leurs auteurs.

Commissaire, qui était ce Jacob Kless ? Un pauvre bourre, qui n 'a surtout pas

mérité son soeur.

Bon, ben, je vais monter voir.

Dites donc, commissaire, si vous arrêtez la proprio, comment je vais faire avec

les loyers, moi ? Je ne changez rien, madame. Le tribunal statuera.

Je vous attends chez le mari.

Donc, ils doivent payer normalement.

Parce que moi, je me demandais.

Bon, il faut y aller maintenant.

Tu files un bas, il faut que je le change.

Assieds -toi.

Là.

Assieds -toi là ! J 'ai pas eu du peur.

Le centre Palmary est sec depuis longtemps.

J 'ai pas peur.

Tu veux que je te dise comment ça s 'est passé ? T 'étais la seule à savoir où

il cachait son arme.

Tu l 'as prise, tu l 'as mise dans ton sac, et tu es partie faire tes courses,

comme d 'habitude, après un dernier petit adieu à papa.

Sur le palier, il y avait cette petite crapule de barrière qui attendait, comme

convenu.

Tu lui as refilé le revolver.

Ne vous fatiguez pas, je ne vous accoucherai rien.

De toute façon, ça ne te

changerait pas grand -chose.

À quoi ? Au fait que tu risques ta tête.

Je suis sûre que ça vous ferait quelque chose.

Si ça peut te faire plaisir.

Je sens ces choses -là.

Vous êtes tous pareils.

C 'est pour ça que je n 'aime pas les hommes.

Même Manuel.

Ne cherchez pas à comprendre ce que vous ne pouvez pas, vous êtes flics.

Vous n 'avez pas été mis à 16 piges sur le ruban.

Manuel, Maurice, vous, lui là.

Vous êtes tous du même lot.

Elles sont pas mal, mes jambes blanches.

Parait -il que c 'est ce qui vieillit le moins vite chez une femme.

Je te le souhaite.

Allons -y.

C 'est obligé.

C 'est Maurice Barrière qui a tué ce vieux bonhomme ? Même s 'il ne veut pas

avouer, je n 'aurai aucun mal à le prouver.

Eh bien, je crois que ma tâche ne va pas être trop difficile.

Vous vous trompez, monsieur le juge.

Il vous reste à établir la responsabilité exacte d 'Aline Bauch

Manuel Palmari.

Rien ne m 'interdit de solliciter votre avis.

En l 'occurrence, à votre place, je me méfierais de la sympathie que certains

policiers peuvent avoir pour certains accusés.

D 'ordinaire, c 'est l 'inverse dont je me méfie.

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