All language subtitles for (12) Maigret et le fantome

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Original subtitles

Vous avez de la bibitte, madame Lognon.

Regardez qui vient vous voir.

Monsieur Maigret, le chef à votre mari.

Monsieur Maigret.

Bonjour, madame Lognon.

Vous revenez, hein ? Ne me laissez pas seule.

Alors, vous êtes au courant ? Mon mari m 'a abandonnée.

Il a profité que je suis malade.

Qu 'est -ce que vous racontez, là ?

Il y a huit jours, il a pris toutes nos économies à la banque.

Et puis il a disparu.

Mais non, il n 'a pas disparu.

Je sais où il est.

C 'est pour ça que je suis ici.

Et où il est ? À Helsinki.

C 'est où ça ? En Finlande, voyons.

Chez les Eskimos ? C 'est vous qui l 'avez envoyé ? Justement, non.

Alors, qu 'est -ce qu 'il est allé faire là -bas ? Est -ce que je sais, moi ?

Encore une de ces... de ces lubies.

Bon, il faut que je vous dise, madame Lognon.

Votre mari a eu un accident.

Un accident d 'auto ? Non, non.

Il a été victime d 'un attentat. Il est mort ? Mais non.

Oh, monsieur Maigret, ma mère avait raison.

J 'aurais jamais dû épouser un policier.

Votre mari a fichu le camp sans prévenir ses collègues de bureau, sans ordre de

mission.

Pourquoi faire ? Personne ne le fait.

Il vous a rien dit ? Ma foi, non.

Faites un effort.

Je ne sais pas, moi... Comment ça s 'est passé exactement ?

Il a reçu un coup de téléphone un soir à minuit.

Et puis le lendemain matin, il m 'a dit, je m 'en vais pour quelques jours.

Au début, je n 'ai pas été surprise.

Ça arrive que vous l 'envoyiez en mission.

Mais quand j 'ai vu qu 'il avait vidé notre compte à la banque, j 'ai tout

compris.

C 'était une voix de femme au téléphone.

Je suis sûre qu 'il y avait une femme là -dessous.

Réfléchissez. Un petit détail, un indice.

Ou alors, il est peut -être sur un coup.

La grosse affaire.

Vous savez, il en rêve. Il en dort pas la nuit.

Mais chaque fois qu 'il en trouve une, vous la lui enlevez.

Il a jamais sa photo dans le journal, lui.

Ah ben, il va la voir.

Je vous rappelle quand même que c 'est à cause de lui que je dois aller à

Helsinki.

Chez les Eskimos, comme vous dites.

Vous croyez que ça m 'amuse ?

I'm sorry, but it's not allowed to smoke a pipe here.

Five is important.

Je ne comprends pas.

La pipe, c 'est fondu. Ah, d 'accord.

Vous êtes français ? Oui, oui, je suis français.

Voulez -vous champagne ? Champagne ? Oui.

Un peu de vin rouge, plutôt. Non, nous n 'en avons pas, mais vodka.

Vodka. Eh bien, va pour la vodka.

Commissaire Mécré, inspecteur Arrivar de la police finlandaise.

Je suis chargé de vous accueillir et de vous assister.

Un grand plaisir pour moi. Vous permettez ? Mon chef est désolé, il

vous accueillir, mais il a une grande conférence au ministère. Par ici, suivez

-moi.

Vous n 'avez pas trop le choix avec tout ça.

C 'est ma femme.

Vous conduisez à l 'hôtel ? Non.

À l 'hôpital, je veux voir l 'oignon.

Comment est -il ? Toujours dans le coma.

Deux balles dans le ventre.

Il n 'est pas mort, c 'est déjà un miracle.

Où avez -vous appris le français ? Souvent passer mes vacances en France.

Je sillonnais le pays en voiture, dans tous les sens.

Je me suis même trouvé une fiancée là -bas.

J 'écrivais et ensuite elle est venue en Finlande.

C 'était en janvier, mais au bout d 'une semaine, elle a rompu et elle est

retournée en France sans la BAC.

Vous savez, en hiver, le soleil se lève à 11h et il se couche à 3h30.

C 'est dur, même pour nous qui sommes habitués.

C 'est une maladie.

Il y a de l 'alcool de tabac ici.

C 'est interdit.

Mais je sais, dites -lui qu 'elle est éteinte.

Le commissaire Mégret, le professeur Rovis, c 'est lui qui a opéré l 'union.

L 'échec s 'est bien passé. Nous avons reçu les deux livres.

Tout s 'est bien passé, il a extrait les deux balles. Il est

toujours dans le combat.

Est -ce que je peux le voir ? Pas trop longtemps.

Oui, d 'accord.

Je remercie le professeur pour tout ce qu 'il a fait.

Sacré Laguigne.

Dans quel guébier tu t 'es encore fourré ? Vous le connaissez bien ?

Très bien.

C 'est un bon policier ? C 'est un bon policier.

Seulement, il a la guigne.

D 'ailleurs, ses collègues l 'appellent comme ça.

Quel que soit le fait.

Qu 'est -ce que c 'est que ça ?

Demandez -lui comment il était.

Il parlait

anglais.

Il parlait anglais.

Je n 'aime pas ça.

Je vais demander qu 'on mette immédiatement deux inspecteurs de carte

chambre.

24 heures sur 24.

C 'était dans les poches de l 'oignon.

Il y en a un sacré paquet.

La mère de l 'oignon avait raison.

On va à l 'hôtel maintenant ? Non, je voudrais voir où ça s 'est passé.

Que dit le rapport balistique ? Les deux balles, quel calibre ? 7 ,65, mon cher.

C 'est une arme de professionnel.

Réclamez des comptes, alors.

Pas si vite.

On n 'a pas pris son argent, donc le vol n 'est pas le mobile du crime.

Apparemment, non.

Voilà, c 'est ici.

On l 'a trouvé là vers 1h du matin.

Il était tombé le nez en avant.

C 'est pas un hôtel ?

Moins romantique.

Enfin, c 'est une call girl.

Qu 'est -ce que l 'oignon pourrait bien foutre ici ? Ce qu 'un monsieur fait

avec une dame, sans doute.

Et où est -elle, cette Paulette ? Disparue après l 'attentat.

On la cherche partout.

Tous les postes frontières sont alertés.

Introuvable.

Il y a des témoins de l 'attentat ? La gardienne de l 'immeuble, c 'est tout.

C 'est elle qui a alerté la police.

Je l 'ai intéressée, elle n 'a pas vu grand -chose.

C 'est un

grand

expert international.

Il a une galerie en Suisse, à Zurich, une autre à Monte Carlo.

Très connue, très riche.

On l 'a interrogé ? Bien sûr.

Il ne sait rien. Ni vu, ni entendu rien.

Vous croyez qu 'il parle français ? Français, anglais, allemand. Il vit la

moitié du temps à l 'étranger.

Allez voir si la gardienne est chez elle. Moi, je vais jeter un oeil là

Ce sera fait.

Maigret, de la police judiciaire française.

Entrez, je vous prie. Soyez les bienvenus.

Une coupe de champagne ? Non, merci.

Alors, une vodka.

C 'est de la suédoise, la meilleure.

Décidément, on va pour une vodka.

Vous savez qu 'on a tiré sur un policier français presque devant chez vous.

Oui, j 'ai appris ça.

Comment va -t -il ? Mal.

Très mal.

Désolé pour ce pauvre garçon.

À propos, quelle était sa mission ici ? Avez -vous entendu les coups de feu ?

Pas du tout.

J 'ai déjà dit tout ça à la police finlandaise qui est venue m 'interroger.

Ils ne vous ont pas mis au courant ? Si, si.

Vous n 'avez pas confiance en eux ? Je suis surpris que personne ici n 'ait

entendu.

Ce n 'est pas surprenant, toutes les chambres sont de l 'autre côté de la

maison.

Venez, je vais vous montrer notre exposition.

C 'est un artiste finlandais que j 'ai découvert l 'an dernier. Je trouve qu

a beaucoup de talent. Il y a un grand avenir devant lui.

Vous aimez la peinture moderne, monsieur ? Maigret.

Qui habite ici avec vous ? Ma femme.

Moi -même, Carl, mon valet chauffeur, et Ingrid, la cuisinière.

Ils sont à mon service depuis des années.

Je m 'en porte garant.

Qu 'est -ce que vous pensez de cette toile ? Une patte, une force.

Excusez -moi, je suis en retard.

Je vous verrai dans un moment.

Merci.

Ma femme.

Elle est belle, n 'est -ce pas ? Très belle.

Mais je préfère l 'original.

Mais c 'est un original.

C 'est une compatriote à vous.

Nous nous sommes rencontrés à Nice.

Venez, je vais vous présenter.

Darling, je vous présente le commissaire Maigret, qui vient de Paris.

pour enquêter sur l 'attentat contre ce malheureux policier français. Vous vous

souvenez ? Enchantée, monsieur le commissaire.

Excusez -moi.

Excusez -nous.

Nous devons nous occuper de nos invités.

J 'ai été ravi de faire votre connaissance, monsieur le commissaire.

Si un jour vous voulez voir mes collections, vous serez toujours le

C 'est comme ça

que

j 'ai commencé.

Alors, on y va.

La grande vodka.

Encore ? Vous savez, ici, on garde peur à la vodka dès le petit déjeuner. C 'est

notre antichel.

Une toute petite, alors ? Je notais tout ce qu 'elle m 'a dit.

Je lui fais répéter ? Non, non, c 'est pas la peine. Allez -y.

Elle a reconnu un seul mot.

Fantôme.

Fantôme ? Fantôme.

Quelques minutes après, pendant qu 'elle téléphonait à la police, Elle a vu

Paulette sortir de l 'immeuble en courant.

Elle s 'est précipitée pour l 'appeler, mais Paulette avait déjà disparu.

Il paraît qu 'elle avait l 'air paniquée.

Elle ne l 'a pas revue depuis.

Il y a longtemps que l 'oignon habitait ici ? Cinq jours.

Ils sortaient souvent ensemble, elle et lui ? Jamais ensemble.

Mais qu 'est -ce qu 'elle dit sur la fille ? Elle l 'aime beaucoup, elles

très copines.

Elle dit que Paul était très propre, très poli, très gentil, jamais d

Elle dit que c 'était pas le cas pour l 'oignon.

À Paris aussi, ils l 'appellent le grincheux.

Oui. Je crois que c 'est tout.

Ah si, une dernière chose.

Le monsieur français sortait seul et très souvent.

Elle prétend qu 'il passait son temps au bistrot du coin, mais comme elle ne l

'aime pas, elle exagère peut -être.

On peut voir l 'appartement de Paulette ? Oui. J 'aime bien.

Merci.

Nous avons fait les consultations de charge, mais on a tout laissé en place.

Gauloise, caporal ordinaire.

Il ne prévoyait pas un long séjour.

Regardez, voilà Paulette.

Qu 'est -ce que vous en dites ? Il ne s 'embêtait pas l 'inspecteur Lognon.

Elle n 'a pas eu le temps d 'importer le bagage.

On a relevé les empreintes ? Bien sûr.

Nous aurons le rapport demain.

Allez voir.

Un homme.

Qu 'est -ce que c 'est ? Qui fait, vous voulez dire ?

Vous voyez ce que je vois ? Oui, je vois.

C 'est sûrement pas son frère ni son cousin.

Ça y est.

Et c 'est un bon.

Je ne le laissais pas.

Au revoir.

Peut -il aller d 'ici en bateau ? Plein d 'endroits.

Au film, il y en a des dizaines.

Et à 30 kilomètres là -bas, il y a la côte soviétique, la Russie.

Monsieur Maigret ? Oui, c 'est moi.

Il y a eu un appel pour vous. De qui ? Une dame qui parlait français, mais elle

n 'a pas voulu dire son nom. C 'était Paris ? Je ne sais pas.

Merci.

Pour demain, il faudra retrouver la trace de l 'amant de Mme Juncker.

Reteniez -vous sur Karl, le valet chauffeur. Qui l 'aide, où il vient ? Qu

-ce qu 'il faisait avant de travailler pour les Junckers ? D 'accord.

À demain.

Oui, c 'est moi qui ai demandé Mme Maigret en préavis, oui.

Alors, c 'est toi ? Eh oui, ça va, moi.

Ah, l 'oignon, c 'est pas fameux, non ? Tu es allé voir sa femme ? T 'as du

courage.

Oui.

Dis -moi, c 'est toi qui m 'as appelé cet après -midi ? Ben, au téléphone.

Alors, c 'est pas toi.

Non, non, rien.

C 'est rien.

Bon, écoute, prends bien soin de toi.

Moi, je vais me coucher.

À propos, les journées sont drôlement longues ici.

C 'est ça.

Oui, oui, je te promets.

Allez, bonsoir.

Qui ? Je descends.

À propos, est -ce que vous pouvez m 'appeler Odeon 1728 en préavis pour

M. Janvier ? Une heure d 'attente ? Bon, écoutez, je serai au bar ou bien dans

ma chambre.

Madame, il sera en mode.

Merci beaucoup.

Madame Juncker.

Ma visite doit vous surprendre.

Surtout à cette heure.

Allons nous asseoir au bar, si vous voulez.

J 'ai un

service à vous demander.

Je vous en prie.

C 'est assez embarrassant.

J 'ai un peu honte même, mais... Voilà, vous m 'avez filée tout à l 'heure.

Disons suivie. Si je vous avais filée, vous ne vous en seriez pas aperçue.

Vous m 'avez vue avec un homme qui n 'est pas mon mari.

En effet.

Je ne vais pas essayer de vous raconter des histoires, c 'est mon amant.

Et je suis venue pour vous demander de ne rien dire à mon mari.

Je respecte mon mari, M. Maigret.

Il est très bon pour moi et je suis très attachée à lui.

Mais vous l 'avez vu, il y a une grande différence d 'âge et... C 'est un

problème, comprenez.

Il dit qu 'il m 'aime et c 'est vrai.

Mais c 'est pas toujours facile.

Et j 'ai souvent l 'impression pour lui que je ne suis qu 'un tableau de plus

dans sa collection.

Je suppose que vous saviez tout cela avant de l 'épouser.

Il m 'avait promis de me laisser une certaine liberté.

Mais il ne peut pas t 'empêcher d 'être jaloux, terriblement jaloux.

Et ça lui fait du mal.

Je ne veux pas lui faire de mal.

Ne lui dites rien.

Mais je ne suis pas venu à Helsinki pour dénoncer les femmes infidèles à leur

mari jaloux.

Je suis venu pour savoir qui a essayé de tuer l 'inspecteur Lognon.

Et pourquoi.

Nous n 'avons rien à voir avec tout ça.

Malheureusement, votre enquête vous a fait découvrir des choses très

embarrassantes pour moi.

Je voulais être sûre de votre discrétion.

Êtes -vous sûre de celle de votre valet chauffeur, Karl ? Oh, il m 'est tout

dévoué personnellement.

Il est muet comme une tombe.

J 'avais remarqué.

Si tout cela n 'a rien à voir avec l 'oignon comme vous me l 'affirmez, vous

'avez rien à craindre.

Vous me rassurez.

Je savais, entre Français, on se comprend.

Alors, comme ça, vous êtes de Nice ? Vous connaissez ? Bien sûr.

C 'est là où j 'ai rencontré mon mari.

Il me semble que vous deviez être jeune.

J 'avais 18 ans.

Je n 'ai même pas eu le temps de terminer mes études.

Ah, vous étudiez.

Je prenais des leçons de chant.

Vous chantiez ? Comme la cigale ? La cigale et la fourmi.

Encore merci, monsieur Maigret.

Je compte sur vous.

Adieu, monsieur.

Au revoir, madame.

Allô ? C 'est toi, Janvier ? Tu m 'entends ? Tu es loin ? Ben oui, je

sais, il est tard, mais le téléphone, c 'est pas la joie.

L 'oignon, non, c 'est pas brillant.

Il est toujours dans le coma.

Mais j 'ai pas le temps de te raconter.

Écoute -moi.

Tu vas regarder dans le sommier s 'il y a quelque chose sur une certaine

Fernande Papin.

Papin, comme ça se prononce. P -A -P -I -N.

Oui, elle se fait appeler Paulette.

Tu as deviné, c 'est ça.

Et puis tu vas téléphoner à Bastiani à Nice pour savoir s 'il a quelque chose

sur une madame Mirella Jonker. J -O -N -K -E -R.

Oui, elle s 'est mariée à Nice. Il doit y avoir un acte de mariage.

Voilà, c 'est tout.

Tu me téléphones demain au QG de la police.

Tu n 'as pas le numéro ?

Moi non plus, je n 'ai pas le numéro.

Cherche -le janvier.

Allez, bonsoir.

L 'inspecteur Janvier a téléphoné à mon bureau ce matin de bonne heure. Il a

demandé le patron.

Alors ? S 'y croyez -vous que Paulette n 'est pas française ? Elle est belge.

Remarquez, à l 'étranger, toutes ces dames se font passer pour françaises,

les allemandes.

Que voulez -vous, la réputation ? Fernand Papin, né à

Liège, 27 ans, arrêté plusieurs fois à Nice et à Paris pour racolage sur la

publique.

Expulsé de France il y a deux ans comme récidiviste étranger.

Et devinez qui s 'est occupé de l 'affaire ? L 'oignon.

Bravo ! Vous aviez raison pour Karl.

Il n 'est pas net.

Il est allemand. C 'est un déserteur de l 'affaire Marthe. Un ancien SS.

Il y en a pas mal qui se sont fait oublier ici après la guerre.

Mais il est en règle ou pas ?

C

'est

le rapport sur les empreintes de l 'oignon.

Il y en a partout, dans la cuisine, dans le living, dans la toilette, partout,

sauf... Tenez -vous bien.

Dans la chambre, on va coucher.

Pas une seule, pas cinq heures, rien.

Conclusion, ils couchaient pas ensemble.

Mais ça change tout.

Pourquoi vouliez -vous qu 'ils couchent ensemble?

S 'ils couchaient pas avec elle, qu 'est -ce qu 'ils faisaient là?

Entrez.

le commissaire principal de Bergen, commissario Mécré.

Bienvenue, le collègue français.

Lui, parlez bon français.

Lui, bonne policière.

Parfait.

Parfait.

Le chef a été surpris de ne pas avoir été informé de la présence de l 'oignon

sur son territoire.

Selon lui, les premiers éléments de l 'enquête indiquent nettement qu 'il s

'agit d 'une affaire privée, très privée.

Ah bon ? C 'est dans cette direction qu 'il compte poursuivre l 'enquête.

Cependant, comme il s 'agit d 'une affaire française et délicate, il est

content que vous soyez là si vous avez besoin de quoi que ce soit. Donc dites

-le, nous sommes à votre disposition.

Merci.

Merci. Merci.

Au revoir.

C 'est comme ça qu 'on dit merci en finlandais ? C 'est mon chef.

Comment on dit merci en finlandais ? Je repérais le café où l

'oignon passait cette journée.

J 'y ai fait un tour ce matin.

Vous voulez le voir ?

Il est à cause d 'un policier français.

Je ne sais rien.

Il n

'y a pas l 'air comme avant de votre patron. Il n 'y a pas de flic.

Une bière ? Non, un café.

Il a eu un café pour moi.

C 'est ici que l 'oignon venait tous les jours. Il s 'asseyait là, à votre

place.

Il ne parlait à personne.

C 'est pour cause.

Il ne lissait pas, il ne faisait rien.

Il regardait par la fenêtre pendant des heures, m 'a dit le patron.

Je vous présente Ingemarus, un ancien capitaine au long cours à la retraite.

D 'un seul coup, vous restez toujours ici.

Qu 'est -ce qu 'il raconte ? Sa femme lui cache les pieds.

Quand il naviguait, il la voyait quatre ou cinq fois par an. Ça allait.

Tous les jours, il ne supporte pas.

Au fait, qu 'est -ce qu 'il veut ? C 'est bien.

Du coup, il passe toute sa journée ici.

Regarder dehors par la fenêtre, comme l 'oignon.

Il propose de travailler pour nous.

Il est pas un peu éméché, votre témoin ? Ne croyez pas ça.

Il envoie des choses.

Par exemple, ils furent que deux ou trois fois par semaine, Jonker reçoit

prostituées chez lui.

Pas extraordinaire, non ? C 'est Karl, le valet chauffeur, qui les emmène en

voiture. Elles arrivent le soir et elles repartent le matin.

Vous vous rendez compte ? Comment sait -il que ce sont des prostituées ? Il a l

'œil, le vieux loup de mer, il s 'y connaît.

Et comment sait -il que c 'est pour Jonker ? Pour qui ce serait ?

Il dit que Karl est en ménage avec la cuisinière.

Voilà ma passion, une passion dévorante, M. Maigret.

Un tableau, c 'est comme une femme.

Tenez, pour celui -ci, à 16 ans, j 'ai vendu mon appartement de Monte Carlo.

Pour celui -là, le dernier qui part à Van Gogh, j 'ai vendu une usine qui me

venait de mon grand -père.

Je donnerai n 'importe quoi pour posséder certaines toiles qui se

la musée.

La danse de Matisse qui était à l 'Hermitage de Leningrad, par exemple.

Vous connaissez ? C 'est la grâce à l 'état pur.

Regardez ces deux fragonards.

Je les ai trouvés séparément.

J 'ai dû payer le second six fois le prix du premier pour avoir la paire.

Comment faites -vous pour trouver des pièces aussi rares et pour les payer ?

vends, j 'achète, j 'échange.

Ça vous intéresse ? Alors dans mon bureau, nous serons plus confortables

bavarder.

C 'est du pur maïs. Au plateau gazeux.

Gazeux.

J 'ai malheureusement épuisé ma provision de Perrier. Je le fais venir

On n 'en trouve pas ici.

Celle -ci vient d 'Angleterre. Elle est bonne, mais je trouve qu 'elle a

malheureusement un petit goût salé.

Vous me direz ce que vous en pensez.

Un cigare ? J 'arrive à avoir ce cigare pubat par Leningrad.

Un détour imprévu, n 'est -ce pas ? Non, merci.

Je préfère ma pipe, si ça ne vous dérange pas.

À votre aise.

Vous avez raison, ils sont trop secs.

Il faudra que je dise à Karl de remettre de l 'eau dans le modificateur.

Vous vouliez savoir... Ah oui, comment on vend et comment on achète les

tableaux. Il y a bien entendu les enchères, Christus à Londres, Sotheby's

York et Douau à Paris.

Mais surtout, il y a un marché parallèle.

Un amateur commun le connaît bien.

Je sais, par exemple, quand un musée des États -Unis cherche un Renoir ou quand

un prince italien fauché cherche à vendre son Canaletto.

Ces transactions se font discrètement, de goût à goût, pour éviter le fisc, la

douane ou le droit de préemption des musées.

Tenez, ce manet, aussi incroyable que cela puisse paraître, provient d 'un

de Russie.

Mais est -ce qu 'il n 'y a pas un danger de se faire prendre ou de se faire

gruger ? On raconte tellement d 'histoires sur les faux tableaux.

Il y a quelques experts dans le monde dont la parole fait foi.

Je me flatte d 'être de ceux -là. Ma parole vous garantit.

Mais je ne devrais pas raconter tout cela devant un policier.

Oh, mais je ne suis pas ici pour ça.

Ce n 'est pas mon domaine.

Puisque nous en sommes aux confidences.

Je vous en prie.

La peinture, c 'est toute votre famille ? J 'ai un fils, mais il ne s 'intéresse

pas à la peinture.

Oui,

il est allemand.

C 'est ce que vous vouliez savoir, n 'est -ce pas ?

Oui, c 'est un déserteur. Il y en a des quantités, vous savez, en Finlande.

Ils ont préféré se cacher ici plutôt que d 'être fait prisonnier par les Russes.

On les comprend, n 'est -ce pas ? C 'est un nazi.

Non, non, il n 'est pas nazi. Il est TSS.

Ah, vous êtes au courant ? C 'est mon métier.

A la fin de la guerre, la plupart étaient enroulés de force.

Il me semble vous avoir dit que je me portais garant pour lui.

Ça ne vous suffit pas ? Pas d 'autres questions ? Si.

On m 'a dit que vous receviez ici régulièrement des dames qui passent une

partie de la nuit chez vous.

C 'est encore le policier qui parle.

Désolé. Mais l 'enquête sur l 'attentat dont était victime l 'inspecteur Lognon

a attiré l 'attention sur ce qui se passe chez vous.

C 'est très déplaisant. Oui, mais est -ce exact ? Ce n 'est pas interdit que

sache.

Alors, je ne vais pas jouer à casse -casse avec le commissaire Maigret.

Oui, c 'est exact.

Voyez -vous, un homme de mon âge a parfois besoin de piment pour, comment

aiguiser son appétit.

Nous sommes en trompe, vous devez comprendre.

Moi, oui, mais est -ce que Mme Juncker est au courant ? Bien entendu.

Mais elle n 'est pas jalouse.

Vous êtes jaloux, vous, M.

Macrae ? Êtes -vous conscient que ce genre de fréquentation peut être

quand on a une fortune en objets d 'art et en tableaux comme la vôtre ? Je suis

assuré, bien assuré.

Est -ce que par hasard, parmi vos habitués, vous connaîtriez une certaine

Paulette ? Ça ne me dit rien du tout.

Je peux donc vous demander de me communiquer la liste des dames en

Certainement pas, monsieur le policier.

Vous m 'avez forcé à vous parler de choses très intimes.

Là, vous dépassez la mesure.

Excusez -moi, j 'ai affaire.

Vous ne voulez pas essayer le beefsteak de Rennes, c 'est la spécialité d 'ici.

Ou encore ? Ou alors, classique, le saumon mariné à la nette.

Délicieux.

Ou alors ? Alors, banal, le harangue à l 'huile à la tomate ou au curry.

Pas de fantaisie. Un harangue au manuel et une bière.

Et du pain.

Qu 'elle n 'oublie pas le pain.

Franchement, je me perds.

Où est Paulette ? Qui est cet Anglais ? Les gens

qui regardent, qu 'est -ce qu 'ils trafiquent ? L 'oignon, qu 'est -ce qu

à voir avec tout ça ? À la bonne heure, vous faites des progrès.

Vous commencez à poser des questions avant de donner les réponses.

Si seulement l 'oignon pouvait parler, ou si on retrouvait Paulette, on aurait

la clé du mystère.

La clé, oui.

Pour le mystère, c 'est moins sûr.

Vous ne prenez jamais des notes, vous ? Oh, quand j 'étais jeune, oui.

M. Maigret, il est un poil. C 'est la dame qui parle français.

Au téléphone.

Allô ? Ah, c 'est vous.

Vous passez pas trop tôt.

Ne bougez pas, on vient vous chercher.

Où ? Attendez une seconde.

Oui, on te connaît.

On arrive, à tout de suite.

Il faut faire vite à la vallée renvoisée.

C 'est pas loin.

Merci, au

revoir.

Excusez -moi.

C 'est bon, non ? En hiver, c 'est tout blanc.

Couvert de neige.

J 'aimerais bien vous emmener dans le Grand Nord.

Le dessert blanc, les reines.

Là où est né le Père Noël.

Il faut absolument retrouver cette fille avant qu 'il soit trop tard.

Faudra revenir avec Madame Mécré.

Oui, c 'est ça.

En attendant, allons à la police.

Paulette va sûrement se manifester.

Il dit qu 'il a de la bagarre chez Shanker depuis une heure. Il est

ivre.

Regardez, c 'est l 'anglais.

Essayez de les suivre, je vais voir ce qu 'il se passe à l 'intérieur.

Que

voulez

-vous encore ? Vous posez quelques questions.

Vous avez un mandat ?

Alors, allons, soyez raisonnables. Vous savez très bien que je peux l 'avoir en

une demi -heure.

Je me plaindrai à mon ambassade.

Karl n 'est pas là.

Si c 'est Karl que vous voulez voir, il n 'est pas là.

Je l 'ai envoyé faire une course.

Il se passe de drôles de choses dans votre maison, monsieur Juncker.

Par exemple, je viens de voir votre valet Karl embarquer dans votre voiture

quelqu 'un qui était dans un rôle d 'État.

Vous ne m 'avez jamais parlé de lui.

Il habite ici ? Pas du tout.

C 'était un étudiant, complètement ivre, qui est venu ce matin nous opportuner

et faire du scandale.

Mais Karl était aidé par quelqu 'un que vous devez connaître. Un rouquin.

Un anglais.

Non, je ne vois pas.

Un de ses amis, peut -être.

Et madame Juncker ? Elle doit être honte dans son atelier.

Elle peint ? Un amateur.

J 'aimerais beaucoup voir ça.

Il fait ça cette comédie, monsieur Maigret ?

Où voulez -vous en venir?

Je voudrais voir les chambres qui sont sous les combles.

Elles n 'ont aucun intérêt.

Cette fois -ci, j 'insiste.

Vous permettez, darling, le commissaire McGray qui visite la maison voudrait

voir votre atelier.

Entrez.

Vous avez déjà rencontré le commissaire McGray, darling?

Bien sûr, au vernissage.

Ne regardez pas, je débute.

Mais où sont vos autres toiles ? Je n 'en vois aucune.

Je les donne ou je les jette, elles ne valent pas mieux.

Je comprends maintenant le fantôme.

Quel fantôme ? Hier, j 'ai cru apercevoir un fantôme à travers vos

Ça ne peut être que moi.

Vraiment ? Je vous croyais sorti.

Pas du tout.

Nous avons passé la soirée ensemble. Nous n 'avons pas bougé de la maison.

C 'est curieux.

Une porte qui se ferme à clé de l 'extérieur.

Comme en prison.

C 'est original.

C 'est une sorte de gondier où j 'ai remis des tableaux.

Mais s 'ils sont aussi beaux que les autres, j 'aimerais beaucoup les voir.

Il y en a plus, depuis des mois.

Je ne sais même plus où est la clé.

Mais à la fin, M. McGregor, est -ce une perquisition ? Alors, alors, M. Juncker,

vous allez me faire croire que vous avez quelque chose à cacher.

Vous n 'avez rien à casser, n 'est -ce pas, mon chéri ? Parce que la clé, c

moi qui l 'avais.

Mes compliments.

Vous êtes satisfait de nous voir une fois de plus embarrassés par votre

grossière indiscrétion ? C 'est mon métier.

J 'ai donné autrefois asile à un étudiant des beaux -arts. Voilà le

Les caravans ont les mêmes fantasmes dans tous les pays.

Je ne vous apprends rien.

Il y a combien de temps ? Il y a longtemps.

Et comment s 'appelait -il ?

Igor, quelque chose, je ne me souviens même plus.

Un Russe ? Oui, un réfugié politique soviétique.

Il était dans la misère et j 'ai eu pitié.

Je dois dire qu 'il avait beaucoup de talent.

Oui, en effet.

Mais où sont ces toiles ? Il les a emportées.

Sans vous en donner aucune ? C 'est un ingrat.

C 'est un anarchiste, comme tous les artistes.

Un ivrogne, un débauché.

Je ne vous raccompagne pas.

Je commence à connaître le chemin.

Je ne vous dis pas au revoir, monsieur le commissaire.

Mais nous nous reverrons peut -être quand même.

Cette visite m 'a passionné, j 'ai beaucoup appris.

Je n 'ai pas voulu parler devant mon mari parce que cette histoire le rend

malade.

Mais il faut que vous sachiez que cet étudiant russe, Igor, nous a causé de

graves ennuis.

Ça me gêne de le dire, mais c 'est comme ça.

Il était amoureux fou de moi.

Ah bon ? Encore un ? On ne sait pas ce que vous pensez.

Au début, il était charmant et puis quand j 'ai refusé de lui céder, il est

devenu enragé.

Il me harcelait, il faisait du scandale.

La situation était intenable.

Je n 'arrivais pas à me débarrasser de lui.

Il ne voulait plus partir.

Il ne voulait plus partir.

C 'est pour ça que vous l 'avez enfermé.

C 'est qu 'à la fin, il menaçait de nous tuer.

Mon mari a essayé de l 'amadouer en lui procurant des femmes et de l 'alcool.

Les femmes dont on vous a peut -être parlé, c 'était pour lui.

C 'était pour lui.

C 'était un obsédé, vous avez vu, ses dessins sur les murs.

J 'ai devenu l 'enfer.

Pour finir, oui, nous avons dû l 'enfermer.

Et comment êtes -vous arrivée à vous débarrasser de lui ? C 'est moi qui ai

demandé à Karl et à l 'ami avec qui vous m 'avez vu l 'autre soir de l 'emmener

et de le remettre aux autorités soviétiques.

C 'est pas très gentil, ça.

Il n 'y avait pas d 'autre solution, je vous assure.

Est -ce que je pourrais savoir quel est cet ami ?

avec lequel je vous ai rencontré l 'autre soir, et qui vous rendent tel

Monsieur le commissaire, il s 'agit de ma vie privée.

Est -ce qu 'il ne serait pas anglais, par hasard ? Vous êtes indiscret.

Une dernière question.

Pourquoi me racontez -vous tout ça, alors qu 'il semblerait que votre mari

tienne pas à ce que cela se sache ?

Mon mari est ulcéré par cette histoire.

Il a voulu rendre service à un jeune artiste et le voilà bien mal récompensé.

Si vous ajoutez à cela qu 'il est maladivement jaloux, vous devinez son

'esprit.

Voilà.

Moi, j 'ai décidé de vous dire la vérité pour que vous n 'alliez pas imaginer d

'autres choses.

Quelles choses ? Je ne sais pas, moi.

D 'autres choses.

Il me faudrait beaucoup, beaucoup d 'imagination pour imaginer tout ce que

venez de me raconter.

J 'ai pas pu les rattraper.

Ramenez -moi à l 'hôtel.

Alors ? Alors quoi ? J 'en caire.

Ça sent le roussi.

Pourquoi ? On brûle et j 'ai peur de la réaction.

Quelle réaction ?

C 'est comme à la chasse, quand le fauve est traqué.

Quel fauve ? Il

est

énervé.

Il a reçu un coup de téléphone très désagréable de l 'ambassadeur de Suède.

Il demande qu 'on cesse d 'importuner M.

Shanker, personnalité internationale connue dans le monde entier, au -dessus

tout soupçon, etc.

Oui, d 'accord.

Il a peur de l 'incident diplomatique et de toute façon, lui, c 'est vers le

milieu qu 'il oriente ses recherches.

On a trouvé un cadavre dans le port.

Vous avez raison, le loup est sorti du bois.

C 'est sa deuxième victime.

Il ne s 'est pas noyé.

On l 'a étranglé.

Pourquoi ils l 'ont tué ? Vous savez ce que ça veut dire

? C 'est du russe. Ça veut dire liberté.

On a trouvé Paulette.

Elle voulait voir Lognon à l 'hôpital. Elle refuse de parler. Elle vous

Je respecte pas l 'oignon, c 'est de ma faute.

Comment ça ? C 'est moi qui tue de venir ici.

Commençons par le commencement.

J 'ai eu des années en France, vous savez ça ? C 'est pour ça que j 'ai venu

ici.

C 'est pas drôle, mais bon, c 'est tranquille.

Et puis... C 'est plus discret pour mon boulot.

C 'est une copine finlandaise qui m 'a donné le tuyau à Paris.

Et puis, au bout de six mois passés ici, je suis tombée par hasard sur Marcel.

Marcel ? Oui, enfin, Mirella, si vous préférez.

Je l 'ai connue à Nice.

La bête et la petite Marcel.

La pauvre.

Elle avait 18 ans, elle vendait des fleurs dans la boîte où j 'étais

entraîneuse.

Vous connaissez peut -être. C 'était la nuit blanche.

Enfin bon, bref, on se revoit et puis elle me raconte son mariage, sa vie,

ça.

Et puis elle me propose de venir faire des extras chez son mari.

Moi je dis pas non, je suis là pour ça.

Au début j 'ai cru que c 'était pour son vieux.

Mais en fait pas du tout.

Quand je suis arrivée chez eux, ils m 'ont enfermée dans la chambre du haut.

Avec une espèce de dingue.

Un malade, un obsédé, quoi.

C 'était un Russe.

Il faisait des dessins cochons sur les murs.

Enfin bon, c 'est pas un truc dans les détails.

J 'étais drôlement en colère.

C 'est pas mon genre.

Je ne suis pas dans les tordus.

J 'ai déjà eu des problèmes comme ça.

Et en sortant de là, j 'ai vu Stan le Roquin.

Stan le Roquin.

Il donne quelque chose en anglais.

C 'est lui du casque de chez Cartier, à Cannes.

Hobson.

Oui, Hobson, c 'est ça.

Je l 'ai reconnu tout de suite. C 'est marrant. Ça fait cinq ans, mais je l 'ai

reconnu tout de suite.

Je le connaissais de Nice parce qu 'il était déjà avec Marcel.

Il faisait les bijouteries.

Très fort pour ça.

Dès que je l 'ai reconnu, j 'ai appelé l 'Oignon à Paris.

Je le connaissais bien parce que c 'est lui qui s 'occupait de mon affaire.

Et vous lui avez proposé un marché.

Vous me faites sauter mon interdiction de séjour et je vous donne un tuyau.

Oui.

Mais je ne suis pas une donneuse.

Mettez -vous à ma place.

J 'étais très en colère.

Puis il y a autre chose, monsieur le commissaire.

Mon fiancé sort de la santé dans 15 jours.

Je voulais lui faire une surprise.

Vous comprenez ?

Alors donne -en, donne -en.

Ça aurait pu vous coûter cher.

J 'ai peur.

Il me court après.

Stan, c 'est vraiment un type méchant.

Il a pas hésité à tirer sur l 'oignon, alors...

Surveillez les abords de la maison. Si quelqu 'un sort, filez -le.

Prenons ça.

Non, avec lui, c 'est pas la peine.

Je vais vous demander de bien vouloir me suivre au commissariat central, ainsi

que votre épouse et votre valet -car.

Avez -vous un mandat d 'amener ? Bien sûr.

Je peux boire ? Bien sûr.

Je ne sais pas où est Karl.

Il a disparu depuis deux heures. Comme par hasard.

Et Mme Juncker ? Elle est dans sa chambre.

Eh bien, allez la chercher.

Je ne comprends pas.

Elle était dans sa chambre il y a quelques instants.

Et elle n 'y est plus ? Non.

Je vous assure.

Mais de toute façon, elle n 'ira pas loin.

Allons la voir, cette chambre.

J 'en viens, vous ne me croyez pas ? Vous dites souvent la vérité, monsieur

Junger, mais seulement une partie.

Votre femme est partie en voyage, elle vous en a parlé ? Non, je ne me souviens

pas.

Ça lui arrive souvent de partir à l 'improviste ?

Elle sera allée faire des courses.

Avec ses valises ?

Je vous dis que je ne sais pas. On a le droit d 'aller et venir. Non, ma maison

n 'est pas en prison.

Vous en êtes sûr ? Je ne comprends pas ce que vous voulez insinuer.

La seconde partie de la vérité, M.

Juncker.

Celle que vous cachez.

Donnez -moi ce revolver.

M. McGregor n 'a pas joué au chat et à la souris.

Surtout quand on me fait jouer le rôle de la souris.

À quoi cela vous aurait -il servi ? Allez.

Tu as les tableaux ? Shut up ! Merci de tuer.

Stupide idiote ! Alors,

monsieur Juncker, faites un effort, on gagnera du temps.

Je n 'ai rien à dire.

Vous en savez déjà beaucoup trop sur ma vie privée. Mais il ne s 'agit pas de

ça.

Vous avez intérêt à parler. Je suis persuadé que...

Vous êtes en grande partie une victime dans cette affaire. Quelle affaire ?

Allons, voyons.

Je ne dirai rien sur la présence de mon avocat.

A votre aise.

On les a attrapés de justesse. Ils filaient avec lui. Dans la cale du

a trouvé des tableaux qu 'ils avaient volés à Shanker.

Qui vous dit qu 'ils les ont volés ? Si vous voulez appeler votre avocat,

Je proteste, je suis un citoyen britannique.

Si tu veux que je t 'en prenne, il faudra parler français.

Je proteste, je suis citoyen britannique. Et tu veux téléphoner à ton

toi aussi. Vas -y.

Non ? Qu 'est -ce qu 'on m 'accuse ? Chaque chose en son temps.

Allez, M.

Juncker.

Alors, Mme Juncker, vous partiez en voyage ?

Nous aimons Stan et moi. Nous voulons vivre ensemble.

Nous voulons aller à Erlande. Avec les tableaux de M. Juncker ? Ils ne sont pas

plus à lui qu 'à moi.

Oui, je sais.

Mirella, darling.

Que vous êtes -il arrivée ? Où étiez -vous ? Elle partait pour Londres.

Avec son amant et avec vos tableaux.

Ce n 'est pas vrai.

Monsieur Juncker, vous qui êtes un grand expert, pouvez -vous nous dire si ces

tableaux sont des vrais ou des faux ? Je ne sais pas.

Je ne sais plus. Mais si vous savez.

Voyons, ce sont des faux peints chez vous par Igor.

Vous vous souvenez, le jeune peintre russe Igor ? Vous savez où se trouve

Je ne sais rien.

Je vais vous dire où il est.

À la morgue.

Je ne voulais pas.

Je vous avais dit de ne pas lui faire de mal.

Il était sourd. Il a tombé à l 'eau et s 'est noyé.

Tu l 'avais étranglé avant de le pousser à l 'eau.

Tu as fait ça.

Je ne voulais pas qu 'on le tue.

Je ne voulais pas qu 'on tue votre inspecteur.

Je ne voulais tuer personne.

Ce sont des fous, des assassins.

J 'aimerais bien vous croire, mais ce n 'est pas moi qu 'il faudra convaincre,

M. Juncker.

Salut, juge.

Vous saviez que Stanley était l 'amant de votre femme.

Je ne voulais pas la perdre.

Vous comprenez ? J 'essaie.

Vous connaissez le pédigré de l 'amant de votre femme, M.

Juncker.

Stanley Rouge, recherché depuis cinq ans par Interpol pour cambriolage et pour

meurtre.

Ce trafic de faux tableaux, c 'est une idée de qui ? C 'était l 'idée de

Stanley.

Elle me faisait chanter.

Elle menaçait de me quitter.

J 'ai cédé.

Et puis, ça a été l 'engrenage.

Stanley m 'a amené Igor, il y a un an.

Igor était un fonceur de génie, capable d 'imiter aussi bien un Renoir qu 'un

Flamenc. Moi -même, je me suis laissé prendre.

Alors, ils se sont mis à vendre les faux avec ma garantie.

Personnellement, je n 'ai jamais gagné un sou là -dessus.

Vous me croyez?

Qu 'est -ce que ça peut faire ? Mon rêve, je vous l 'ai dit, était de

certaines toiles qui se trouvent dans la musique. Alors, je me suis mis à y

croire.

La fameuse danse de Matisse, elle est là, n 'est -ce pas ? J 'espérais

substituer le faux tableau au vrai qui se trouve à l 'armetage de Leningrad.

Une folie.

Grâce au génie d 'Igor et aux relations de Stanley qui connaît tout le trafic

avec l 'URSS.

Là -bas, tout s 'achète. Les objets, les gens, les consciences. Oui, c 'est

comme ça que vous vous êtes procuré le manet que vous m 'avez montré.

Il vient d 'un petit musée de province.

C 'était un coup d 'essai.

Seulement, voilà, Mirella rencontre Paulette.

Eh oui.

Le monde est petit.

Et pour l 'être reconnaître, Stanley Rouge téléphone à l 'inspecteur Lognon.

Une affaire pour Lognon, le rêve de sa vie.

Il ne dit rien à personne, l 'imbécile. Il vide son livret de caisse d 'épargne

et fonce tête baissée à Helsinki, tout seul, comme Don Quichotte.

Pendant quatre jours, il observe votre petit manège.

Mais il se fait bêtement repérer.

Et quand il croit qu 'il va mettre la main sur Stanley Rouge...

Il prend deux balles dans le ventre.

Vous avez pensé qu 'il avait découvert votre combine et vous avez paniqué.

Fallait se débarrasser de lui et d 'Igor au plus vite.

Je ne voulais pas qu 'on les tue.

Je ne voulais pas. Vous saviez pourtant à qui vous aviez affaire.

Staline Rouge ne prend jamais de risques. Il sait que seuls les morts ne

pas.

Vous vous êtes perdu vous -même, mon pauvre Juncker.

Apparemment, pour la peinture et pour l 'amour d 'une femme, une passion

c 'était beaucoup, deux c 'était trop.

Voilà, ils sont à vous, vous les laisse.

reprend tout depuis le début.

Quelque chose ne va pas ? La police française est intervenue, je suis en

C 'est tout arrangé. L 'oignon sera rapatrié la semaine prochaine à Paris.

Il va être bien accueilli, le héros, par ses collègues. Et surtout par sa femme.

Au revoir et merci.

Au revoir, pape.

Vous permettez que je vous appelle patron ? Mais comment on dit patron en

? Pomme.

Pomme. Ah ben voilà.

Sous -titrage FR ?

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