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...
- Monsieur ! J'ai crevé. Aidez-moi.
Ma voiture est là.
- Je quitte pas mon poste.
- Un dépanneur, ça va me coûter une fortune.
J'ai une roue de secours. Mais seule... Ca ira vite.
- Je peux pas quitter mon poste. - A deux, on en a pour 5mn.
- Elle est où, votre voiture ? - Elle est juste là.
...
Merci. Ca n'a pas été trop long ? - Non.
34 minutes quand même !
Alarme. Putain !
...
Hé ! Qui est là ?
Vous n'avez rien à faire là.
Oh !
Putain !
- Bonjour, mademoiselle Nielsen. - Comment connaissez-vous mon nom ?
- Je l'ai lu sur l'organigramme. - Ce lieu est
un espace d'archivage judiciaire réservé à peu de personnes.
Donc que faites-vous ici ?
- Je suis habilitée. Ne vous inquiétez pas. Dites-moi...
C'est le dossier de l'enquête sur l'affaire Landru ?
- Pas toucher.
C'est écrit.
Affaire "H.-D. Landru".
Votre identité ?
- Véronique Beauvois. Perdon. - Ah ! "Véronique Beauvois. Perdon".
- Je dirige le pôle national
des affaires judiciaires. Depuis le décès de votre directeur...
- Il a été tué.
- Votre service a été rattaché à l'office interministériel.
Je suis la directrice depuis 5 ans de la documentation criminelle.
Et d'autres services. - Je sais.
- Je ne me suis pas intéressée à la documentation criminelle.
- En cinq ans, vous n'avez pas pu ? - Eh non ! Mais je suis passionnée
par votre expertise. J'ai installé mon bureau
dans les locaux pour quelques semaines.
Je veux savoir comment fonctionne votre service.
Téléphone. - Mon téléphone sonne.
Merci de ne toucher à rien. Je vais décrocher.
Oui ? Allô, Raphaëlle. Je me trouve à la documentation criminelle
avec une dame. Madame Beauvois. Elle me suit. Je vous expliquerai.
- Et sinon, je me demandais... Tetsuo, vous l'avez revu ?
- Oui, j'ai revu monsieur Oshida. Je ne l'appelle pas par son prénom.
On vient de se rencontrer. - Carrément !
Vous faites genre... que vous ne le connaissez pas ?
- Ce n'est pas ce que j'ai dit. Tetsuo Oshida est le fils
d'une grande famille japonaise. Il connaît Apu Tanaka, l'épicier
chez qui je fais mes courses. Ils n'ont aucun lien familial.
- Vous allez le revoir ? - Oui. Monsieur Oshida apprécie
la musique de Bach. Nous allons en écouter ensemble.
- Chez vous ? - Il serait socialement inconvenant
d'inviter chez moi un quasi-inconnu. On doit se revoir
dans le parc sur le banc sur lequel on s'est présentés.
- C'est romantique. - Votre lacet est défait.
- Ah oui !
- Voulez-vous que je vous fasse votre lacet ?
- Je vais y arriver.
Finalement...
Je veux bien.
- Voilà ! C'est fait.
Papa m'a appris à faire les lacets. - Merci, Astrid. On y va ?
- Oui.
Raphaëlle.
- On a l'identité de la victime ? - Oui. Il avait son portefeuille.
Julien Zimmer. 40 ans. Chef du marketing
chez le leader français du jouet. Vous êtes au courant
du protocole du commissaire ? - Lequel ?
Je le déteste. - Commandant Coste.
Porter une combinaison permet de mieux traiter une scène de crime.
Ce vêtement est adapté à la situation. Et règlementaire.
Mon sac à dos est protégé aussi. - Ca vous va bien.
- J'en suis certaine... Merci, Nico. Alors !
Putain de merde !
Bonjour, Fournier. - Bonjour.
- Bonjour, docteur Fournier.
- Bonjour, Astrid.
La tête est là.
- Avec quoi on l'a décapité ?
- Les tissus mous sont bien sectionnés.
Il n'y a pas de déchirure au niveau de la coupure.
- En effet. - Ni de fractures aux os du cou.
La victime a été décapitée à l'aide d'une guillotine.
- Une guillotine ? - Oui. Ou un Monte-à-Regret.
Un "rasoir national".
Une "grande veuve". - Docteur.
Il n'est question ni de veuve, ni de rasoir.
La guillotine permet la décapitation.
- Cet homme a été guillotiné
dans ce bâtiment ? - Oui. Il existe trois types
de taches de sang. Les taches projetées, passives et transférées.
Une tache passive.
Le sang s'est écoulé du corps de la victime
après la décapitation. Une tache projetée.
Là, le cou a été
sectionné. Puis le coeur a pompé jusqu'à la mort. D'où ce sang.
- Charmant...
- Ce mot est inapproprié.
C'est ainsi
que la France a procédé
à la peine de mort jusqu'en 1981.
- OK. Donc en 2025,
cette personne a été décapitée
par une guillotine.
Le nouveau commissaire va adorer. - Il va adorer...
Bon ! Merci, Fournier. - Salut.
- Ca mesure trois mètres de haut ?
Et ça pèse combien ?
- Une guillotine peut peser de 250 à 300kg.
- Un engin de 3m de haut pour 300kg aurait été déplacé dans le bâtiment
pour guillotiner la victime,
puis il aurait été ressorti
discrètement ? Et en 30mn ? - En moins de 34mn.
- Ca paraît impossible.
- Oui, capitaine.
- Astrid pense
que la victime... - ... a été guillotinée sur place.
Enquêtez avec méthode
sans suivre les intuitions de votre coéquipière.
- Astrid établit les faits. Et notre méthode ici,
c'est le travail d'équipe.
- Le... ? - Le travail d'équipe.
- Merci de trouver où la victime a été guillotinée.
- C'est fait. La victime a été guillotinée sur place.
- Bon ! Lieutenant Nielsen. - Pas crier.
- Cela ne colle pas !
- Pas crier. - Elle vous demande de ne pas crier.
- Raph' ! Venez.
Maintenant.
- Coste ! J'attends
votre procès-verbal !
- Il veut pas me foutre une colle ?
- C'est sûr. La victime a été guillotinée sur place.
- Vous ne vous êtes pas trompée. C'est lui qui n'y connaît rien.
- J'ai regardé les caméras de surveillance.
Je n'ai vu aucun véhicule
pouvant transporter une guillotine.
- Et l'immat' de la femme en panne ? - Illisible. On ne sait rien d'elle.
- La victime ? - Zimmer est inconnu de la police.
Il était employé modèle d'un département marketing.
Il appelait le bureau et sa mère. - Monsieur "Propre sur lui".
- Enquêtons sur la victime.
Cherchez des guillotines. On va voir Fournier.
- Le commissaire veut avant midi votre procès-verbal. Il est 10h52.
- Il attendra.
- J'accompagne Astrid.
- D'accord. OK. C'est bon. Je vais taper ce procès-verbal.
- Il vous reste 1h07.
- Merci.
- Salut, Fournier. - Rebonjour. Regardez.
J'ai ça pour vous.
- C'est quoi ? - Des résidus de métal.
- Des résidus d'acier trempé à haute teneur en carbone.
- Ca viendrait de la guillotine ?
- De la lame. Cet alliage de métal date du 19e siècle.
- OK.
- Là. Au niveau du cou.
Il y a une déchirure d'1cm
invisible sur la scène de crime.
- Ca veut certainement dire que la lame a un défaut.
- La lame a un défaut. - Oui. Je le note dans le rapport.
- Merci, Fournier.
...
- Mademoiselle Nielsen !
- Madame Beauvois.
- Ne vous occupez pas de moi.
- Impossible, car vous êtes là. - Continuez votre travail.
Je ne veux pas vous déranger. - Vous me dérangez.
- Comment vous y retrouvez-vous ?
C'est tellement vaste.
Combien y a-t-il de niveaux ? - Cinq.
- Chaque étage faisant 1 750 mètres carrés, ça fait...
- 8 750 mètres carrés. - 8 750 mètres carrés d'archives.
C'est fascinant.
Je dois vous laisser. Et à regret.
J'espère qu'on en reparlera.
Au revoir, mademoiselle Nielsen.
- J'ai repéré deux guillotines.
Au musée de la Préfecture de police et au Mucem à Marseille.
Elles n'ont pas bougé de là-bas. - OK. D'après Fournier,
on cherche une guillotine du 19e siècle à la lame défectueuse.
- 19e et... ? - Lame défectueuse.
- OK. Ca marche.
...
- Commissaire.
- Je ne me suis pas trompée.
Je peux ? - Allez-y.
Que faites-vous ? Ce n'est pas un atelier puzzle.
- L'atelier de puzzle a lieu le 1er jeudi du mois à 19h.
Pour y participer,
il faut s'inscrire. Je vous donnerai les coordonnées.
- Ca va aller.
- Voici le dessin d'une guillotine modèle Berger
avec laquelle Zimmer a été décapité en moins de 34mn dans le bâtiment.
- La victime n'a pas été guillotinée in situ.
- Si. Ce modèle a une conception modulaire.
Il est transportable.
J'ai fait une maquette.
Il y a 15 morceaux. L'enrouleur. Le mouton. La lame.
L'entretoise. Le panier.
- Ca va ! On a saisi. - Je n'ai pas fini. Ils sont quinze.
- 15 morceaux. J'ai compris. - Non. 15 porteurs de guillotine.
Si chaque morceau est porté par un individu différent
on peut monter la guillotine, procéder à l'exécution
et démonter la guillotine en moins de 34mn dans le bâtiment.
Donc in situ. Ne pas se tromper.
- 15 tarés se baladent dans Paris avec un morceau de guillotine ?
- Je n'ai pas dit quinze tarés mais quinze porteurs de guillotine.
- Donc on doit trouver quinze coupables.
- C'est pas que des déséquilibrés.
Utiliser la guillotine, ça a un sens pour eux.
- Une mise en scène ?
- Oui. - Julien Zimmer n'a commis
aucun crime identifié. Il n'est dans aucun dossier criminel.
- Est-ce un crime passé sous les radars ?
- La victime a été guillotinée dans un bâtiment désaffecté ?
- Pas tout à fait. Il y avait un agent de sécurité.
- Ce bâtiment a été choisi.
Il y a un lien entre lui et le crime dont ils pensent
qu'il est coupable. C'était risqué. Vos tueurs sont organisés.
Il y a une tête.
Enfin un chef. Et il les a amenés dans son projet morbide.
- Donc il faut trouver la tête. - Et la couper.
- J'ai peut-être trouvé la guillotine.
- Où ça ? - Ca te parle Raymond Lenoir ?
- Oui. Je l'ai vu passer. C'était l'exécuteur des hautes oeuvres
de 1967 à 1981. C'est ça ? - C'est ça.
Le dernier bourreau en activité en France. 210 exécutions.
- Un serial killer fonctionnaire.
- On est bourreau de père en fils.
Georges est le fils de Raymond.
Il gère le musée de son père. Instruments de torture. Et...
- La guillotine de papa ? - Un modèle Berger
avec un défaut. - J'appelle Raph'.
- Mon assurance couvre les décès.
- Les décès ? L'assurance ? De quoi vous parlez ?
- De l'assurance qui couvre
mes activités professionnelles. - M. Lenoir est neurochirurgien.
- C'est un métier de précision.
Une erreur peut arriver. Et la société qui s'américanise...
- Vous n'êtes pas là pour le décès d'un de vos patients, M. Lenoir.
- Pourquoi alors ? - On vous soupçonne
d'avoir utilisé votre guillotine pour tuer Julien Zimmer.
- Perdon ? - Tout comme faisait votre père.
- Mon père voulait que je prenne sa suite.
A 16 ans, je l'ai assisté pour ma première et dernière exécution.
Voir un jet de sang sortir d'un corps qu'on guillotine,
une tête rouler...
Les yeux. Je n'oublierai jamais les yeux du condamné.
Ils ont encore cligné alors que la tête était détachée du corps.
- On a compris. - C'est terrible d'assister à ça.
Moi, je ne coupe pas les têtes,
je les répare.
- On cherche la guillotine
de votre père, celle que vous exposez dans votre musée.
- Celle que je ne supportais plus de savoir chez moi,
que j'ai vendue aux enchères il y a deux mois ?
- Ah...
- Pourquoi on n'a pas eu l'info de cette vente ?
- C'est réservé à des connaisseurs. Ils ne font pas de publicité.
Des associations ont déjà réussi à faire annuler ce genre de vente.
- C'est légal, ça ? - Oui, parfaitement légal.
- Celle-là coûte cher. - Elle a exécuté
des personnes célèbres à la Révolution.
- Et celle de Lenoir ?
- Là. Elle a exécuté le dernier condamné à mort de France.
- Charmant... - Ce n'est pas le terme approprié.
- Arthur Duplessis l'a vendue le 26 février 2025.
- Un commissaire-priseur. - Duplessis.
- Le commissaire-priseur est soumis
à un devoir de confidentialité.
- Ce devoir est régi par l'article R321-38 du Code du commerce.
- En effet. Vous êtes bien informée. - Il y a eu une vente aux enchères
que vous avez organisée durant laquelle vous avez enchéri
sur une guillotine. - Oui. J'ai détesté cette vente.
Mon domaine d'expertise, c'est la peinture 19e.
Mais ça fonctionne. La guillotine est partie à plus de 250 000 euros.
- Pourrait-on avoir le nom de l'acquéreur ?
- Il y aura une commission rogatoire.
- Euh... - Donc...
On va gagner du temps.
Alors ! Cette guillotine a été vendue...
Voilà...
A monsieur Xiao Wenzhing, un ressortissant hongkongais.
Vous aurez du mal à le joindre. J'ai eu affaire à un intermédiaire.
- Les gens deviennent disponibles quand la police les appelle.
Comment ça pas possible ?
- Paris et Pékin sont
en mauvais termes.
- Le Quai d'Orsay sait que le suspect a commis des violences
et qu'il achète des instruments de torture ?
On a un mec qui coupe des têtes.
- Vous croyez que je suis resté les bras croisés ?
Mon contact aux Affaires étrangères va agir.
Wenzhing est un entrepreneur qui a un rôle dans l'économie française.
- Donc la vie de Zimmer passe après. - Et celle de Cyril Dupuis ?
On a retrouvé le corps
d'un certain Cyril Dupuis. Il a été guillotiné.
Poulet aux cacahuètes indonésien. - J'adore ça.
J'admire la façon dont Astrid a effacé Tetsuo de sa mémoire.
- C'est possible ça ? - Oui, c'est possible.
- C'est horrible pour Tetsuo.
- Ouais...
Si tu y réfléchis 5mn, ça ne me déplairait pas de t'oublier...
pour te rencontrer à nouveau. C'est romantique.
- J'aurais peur que tu ne m'aimes pas.
- Pourquoi tu dis ça ? - Non, arrête !
J'ai besoin des cacahuètes.
- J'en épluche d'autres.
- Voilà...
- J'ai plus envie de cacahuètes.
(J'ai envie de toi.)
- Non. Tu fais chier là ! - Si.
- Les musiques de Bach sont...
- Euh...
Vous alliez l'interrompre.
C'est inconvenant. Maintenant vous pouvez parler.
- Les musiques de Bach sont comme des raisonnements mathématiques.
Une hypothèse initiale. Le thème.
Un développement rigoureux. Une conclusion.
- Elles sont également construites comme des puzzles mécaniques.
Une autre.
- Raph'. J'ai enquêté
sur les lieux d'exécution.
- Il y aurait un lien entre le lieu des exécutions et les crimes
pour lesquels ils sont punis.
Excuse-moi, Nico. Tu disais ? Tu as trouvé quelque chose ?
- Non. L'entrepôt où a été tué Zimmer est désaffecté depuis 3 ans.
Avant, c'était la propriété d'une boîte d'aéronautique fermée.
- Et les berges où on a retrouvé Cyril Dupuis ?
- Rien.
- Coste !
Vous avez sollicité Delphine Simon ?
- Oui. Quel est le problème ? - C'est de squeezer la hiérarchie.
Une enquête,
ça a besoin de règles. - Le meurtrier va continuer.
Et je n'arrive pas à interroger notre suspect,
Xiao Wenzhing. Alors les règles...
Avez-vous peur
de contrarier vos chefs ?
Est-ce ça le véritable problème ? - C'est bon ? Vous avez terminé ?
- Oui.
- Regardez le texto que je vous ai envoyé
il y a une heure. - Une heure ?
Oh... Il est en salle d'audition ? - Oui.
Il n'est pas content.
Le Quai d'Orsay non plus. J'espère que ça valait le coup de mettre
en danger ma carrière. - Merci.
- N'oubliez pas vos P.-V. en retard.
- Oui. OK. Il est très efficace. Mais il m'emmerde avec mes P.-V.
- Rends-les à temps...
- On les rend
à l'heure, nous. - Ca n'entrave pas une enquête
mes P.-V. en retard. - Nora et moi, on voit Wenzhing.
Finis tes P.-V.
- Hein ? Non ? Tu es sérieux ?
Nora...
- (Courage !)
- Vous prenez des risques en m'arrêtant.
- Vous allez nous clouer au pilori acquis en 2010 à Londres ?
Ou bien nous écarteler
avec votre chevalet acquis en 2012 à New York ?
- Ce n'est pas un crime
de détenir ces instruments. - A condition de ne pas s'en servir.
Xiao Wenzhing rit. - Je suis un collectionneur.
Ma collection est réputée.
- Vous avez acquis
une guillotine modèle Berger.
Elle est où ? - Cette guillotine, parlons-en.
Je n'achèterai plus en France.
Votre administration me tue. - Je ne comprends pas.
- Je suis encore en France car j'attends l'autorisation
pour la faire sortir du pays.
Le commissaire-priseur qui me l'a vendue m'aide dans mes démarches
et il me loue gentiment son entrepôt en attendant.
- Arthur Duplessis ?
- Oui. C'est un fin connaisseur de la guillotine.
Il m'a dit comment s'en servir.
- Pourquoi Duplessis aurait guillotiné des gens ?
Son goût pour le morbide ? - Astrid a enquêté sur lui.
Duplessis est le nom de sa mère.
Son père est Brubaker.
- Son nom apparaît
dans un dossier criminel. Michel Brubaker a dirigé
un centre pénitencier de 1971 à 1982. Il a été assassiné
par Claude Bongeais, un détenu qui était en prison à perpétuité.
- Les détracteurs de l'abolition parlaient de l'affaire.
Claude Bongeais aurait dû
être décapité en 1981.
La peine de mort était déjà abolie.
Bongeais décapité, Brubaker n'aurait pas été tué.
- Et il est devenu quoi, Bongeais ? - Il est mort en prison en 1996.
- Pourquoi Duplessis se serait vengé sur Zimmer ou sur Dupuis ?
Quel rapport avec son père directeur de prison ?
- Duplessis veut peut-être
réhabiliter la peine de mort et non se venger ?
- Dans ce cas, il va en couper combien, des têtes ?
- On a interpellé Duplessis. Mais aucune trace de la guillotine.
- Ah... - Merci, les gars.
- De rien, lieutenant.
- Bon ! Vous vous êtes bien foutu de nous.
- De quoi parlez-vous ?
*- Vous avez caché que vous gardiez la guillotine de monsieur Wenzhing.
- J'ai oublié. Je fais souvent ça pour mes clients. Vérifiez.
- Mais vous n'avez plus la guillotine.
- Il y a eu un vol. Ca arrive.
*- On a visité votre appartement.
*On a retrouvé une lunette de guillotine.
Modèle Berger. Comme celle qu'on recherche.
Celle qui a tué deux personnes.
- Ce sont des criminels.
*- Pourquoi ? *- Ils ont tué
quelqu'un. - Qui ?
*Qui travaille avec vous ?
Qui sont les autres porteurs de guillotine ?
Vous avez manipulé
des gens pour qu'ils déplacent chacun un morceau de guillotine.
- Non !
- Vous les avez mis sous emprise. Et comme chef, vous risquez gros !
*- C'est faux ! *- Vous nous cachiez la guillotine.
- Pour elle. - Qui ?
- La Veuve.
*C'est pour elle qu'on les a tués tous les deux.
- Donc leur chef est une femme.
- La Veuve. Duplessis dit
que c'est un groupe de parole
qui rassemble des proches de victimes de meurtre.
- Ils discutaient. Encouragés par la Veuve,
ils trouvaient que les coupables s'en tiraient bien.
- Ils les ont punis eux-mêmes.
- C'est le Comité pour la Justice. - Quoi encore ?
Trouvez la liste de ce groupe et on les arrête.
- Ce n'est pas simple. Ils viennent anonymement
dans ce groupe. Duplessis n'a pas les noms.
- On n'a aucun moyen
de les identifier ? - Si.
Il y a un moyen. Les dossiers. - Quoi les dossiers ?
- Les gens qui sont dans le Comité pour la Justice se sont rencontrés
dans un groupe de parole.
Ils ont échangé sur un sujet qui les rassemble.
Ce sont les affaires criminelles qu'ils ont vécues.
Il faut trouver les dossiers. - Si on remonte
leurs histoires,
on les identifiera.
- Un membre,
sa soeur a été violée puis tuée alors qu'elle courait en forêt.
- Vous avez plus de détails ? - C'était aux vacances de Noël.
- J'ai trouvé le dossier. - Oui.
"Judith Vivant. 32 ans. Tuée en forêt de Rambouillet
"le 27 décembre 2020. Un homme a été suspecté et jugé.
"Il a été libéré faute de preuves."
- Une mère a dit que son fils avait reçu onze coups de couteau.
- "Moussa Kanté. Poignardé à onze reprises dans un parking.
"Comme le tueur était irresponsable il n'a pas été jugé."
*- Il pensait qu'une erreur médicale avait tué sa femme.
*Il était d'un certain milieu. Ca se passait dans un hôpital de luxe
*à Saint-Cloud. - "Marie Viage,
"épouse de Michel Bressy, décédée dans une clinique à Saint-Cloud."
- 1, 2, 3, 4, 5,
6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14. Il en manque un.
- Celui de la Veuve.
- Exactement.
- Vous avez quoi d'autre sur elle ? - Elle était discrète.
On l'a appelée la Veuve car son fiancé était mort.
Quand elle nous a rassemblés pour créer ce comité,
elle s'est transformée.
Elle nous a dit qu'on était une armée du bien.
J'aurais tué loin pour elle.
- Vous avez tué deux fois pour elle. - Presque trois.
- Il y a une 3e personne ?
C'est qui ? - Je... Je sais pas.
La Veuve venait chez nous pour nous donner le nom
du prochain coupable à guillotiner.
Elle devait venir ce matin.
- On n'en a chopé aucun.
Pas un n'est à son domicile.
- Ils sont donc en route
pour tuer quelqu'un. - Il y a une piste
sous nos yeux, forcément.
- Essayons votre méthode.
- La méthode chacal ?
- Collecte des indices. Hypothèses.
- Analyses. Coordination. Et... - Auditions. Légalisation.
Que sait-on sur elle ?
- Elle a dans les 40 ans. - Elle venge la mort de son fiancé.
- Tué par 3 personnes. - Libres.
- Elle a fait une fausse couche.
- Perdon ?
- Duplessis m'a lâché ça à l'interrogatoire.
- Je connais le dossier.
- Voici la documentation criminelle. - C'est le refuge d'Astrid.
Pas toucher !
Pas toucher.
- Elle s'y retrouve ?
- Sans aucun problème.
- J'ai trouvé le dossier. Fanny Norban.
- Ce serait la Veuve ? - Oui.
- Pourquoi ? - Il y a 20 ans, elle a agressé
un commissaire de police, l'accusant d'avoir mal enquêté
sur la mort de son fiancé. Elle a dit
que ceux qui l'avaient tué étaient responsables de sa fausse couche.
- La fausse couche.
- Qui est son fiancé ? - Gilles Jacquemin.
- Qu'y a-t-il eu ?
- Il est mort
à la suite d'un coma éthylique à l'issue d'une soirée étudiante.
- Il étudiait à la Grande Ecole internationale de Paris.
C'est une école
d'ingénieurs.
Regardez l'adresse.
- C'est celle du bâtiment désaffecté.
- La soirée a eu lieu
près des berges de la Marne, là où on a retrouvé la 2e victime.
- Delphine Simon avait raison. Le lieu est important.
- Merci, Astrid.
- Je te rappelle.
Zimmer et Dupuis ont été élèves dans cette grande école.
J'ai trouvé ceci dans les archives du site internet de l'école.
Gilles Jacquemin avec Julien Zimmer,
Cyril Dupuis et Auguste Grandin.
- Grandin est la prochaine victime ? - Il est introuvable.
Son téléphone ne borne nulle part. - Il est sur le lieu d'exécution.
- C'est où ? - Il y a un lien
entre les lieux
d'exécution et l'affaire initiale. Je connais ce lieu.
La 1re victime a été retrouvée dans les anciens locaux de cette école.
La 2e victime, sur les berges de la Marne
près de la péniche où a eu lieu la soirée étudiante.
- Le calvaire du fiancé de la Veuve. - Oui.
La 3e exécution sera là où on a trouvé
le corps de Gilles Jacquemin. - Où ?
- Au bois de Vincennes.
Dans un triangle bien délimité. - Parfait ! Coste !
Perran !
...
- Auguste Grandin.
Le comité t'a jugé coupable du meurtre de Gilles Jacquemin.
Et tu seras exécuté. - Arrêtez !
Police ! - Allonge-toi !
- Bougez pas !
- Stop ! - Viens !
Lève-toi !
- Monsieur Grandin. C'est la police. Tout va bien.
- Embarquez-moi tout ça !
- Coste. Pourquoi vous n'avez pas tiré ?
- Je sais pas. Mon arme s'est enrayée.
- Bien ! C'est ce que je dirai dans mon rapport.
Mais si j'étais vous, je consulterais pour cette main.
- Vous êtes accusée de deux meurtres et d'une tentative de meurtre.
Vous êtes à l'origine de ces décapitations.
- Il ne s'agit que de justice.
- On ne se fait pas justice soi-même. Ce serait le chaos.
- L'enquête sur la mort de Gilles
a été bâclée. Ils ont conclu qu'il était responsable de son ivresse.
Or c'est eux qui l'ont fait boire. - Qui eux ?
Julien Zimmer ? Cyril Dupuis ? Auguste Grandin ?
- Oui. Les flics ne m'ont pas écoutée.
Ils ont dit que Gilles n'aurait pas dû boire autant. Mais c'est eux.
- Comment en êtes-vous si sûre ? - Gilles détestait boire.
Mais ils le forçaient.
Gilles était devenu leur bouc émissaire
car il n'était pas du même monde qu'eux, des Parisiens arrogants.
Il pensait que cette école, c'était sa chance.
Il ne voulait pas être agriculteur comme son père.
Il voulait du temps pour qu'on soit ensemble avec notre béb...
Eux venaient de la bonne société. Le père de Grandin était avocat.
Je suis sûre qu'il a protégé son fils et ses copains.
Grandin, c'était le pire.
Gilles avait peur de lui.
Ce soir-là, je suis sûre que c'est lui qui a forcé Gilles à boire.
- Monsieur Grandin a fait de votre mari son bouc émissaire.
Mais, désolée, ce soir-là, il n'était pas présent à la fête.
- C'est faux !
- Il était à l'hôpital
pour une appendicite. - l a tué Gilles !
- On a vérifié.
- Gilles...
me manque tellement.
- Je vous félicite tous pour cette enquête
et pour votre sang-froid. Lieutenant Nielsen. Je vous dois
des excuses.
Votre façon de penser est à part. C'est une plus-value pour nous.
- Je suis qualifiée. - Oui.
Vous l'êtes.
Coste. Votre manière de faire diffère
de la mienne. Je crois que je commence à l'apprécier.
Alors, reprenons notre relation sur de nouvelles bases.
- Enchantée.
Que donnera notre collaboration ?
- Je n'ai jamais trouvé les couchers de soleil poétiques.
Vous savez, Astrid, j'ai eu une petite amie.
Je n'ai pas été honnête avec elle.
Je ne lui ai pas tout dit de moi, de mon passé surtout.
Je voulais la préserver.
Mais j'aurais dû tout lui dire, qui j'étais vraiment.
Je regrette de ne pas l'avoir fait.
- Moi aussi, j'ai eu un petit ami.
Lui non plus ne m'avait pas tout dit de son passé.
Mais j'ai compris que s'il ne m'en avait pas parlé,
c'est parce que je ne lui avais jamais posé les questions.
Je regrette de ne pas l'avoir fait.
- Au Japon,
on dit que le passé ne peut être changé.
...
- Pourriez-vous... me parler de votre passé ?
Tetsuo.
- Oui, Astrid.
...
- Oui, monsieur le préfet.
Une aberration. 8 750 mètres carrés à l'heure de la dématérialisation.
Ca mérite qu'on s'y attarde.
Je vais déclencher un audit. Bonne soirée, monsieur le préfet.
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