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CECI EST UNE HISTOIRE VRAIE.
D'APRÈS RENDEZ-VOUS MORTELS DE BRIAN MASTERS,
DES RECHERCHES ET ENTRETIENS PRIVÉS.
CERTAINS NOMS ONT ÉTÉ CHANGÉS.
DES SCÈNES ET PERSONNAGES ONT ÉTÉ INVENTÉS.
M. Nilsen a avoué les meurtres de 15 hommes,
généralement sans-abris et vulnérables, sur une période de cinq ans.
Ce nombre demande à être confirmé.
Nous enquêtons également sur au moins sept tentatives de meurtre.
Nous demandons donc à quiconque s'étant rendu
au 195 Melrose Avenue de décembre 1978 à 1981
ou au 23 Cranley Gardens de 1981 à février de cette année
de bien vouloir appeler le commissariat de Hornsey
au numéro affiché derrière moi.
Si vous avez connaissance de la disparition...
de fils, frères, pères...
oncles, neveux, cousins, amis...
veuillez nous contacter.
Nous avons besoin de vous.
Des questions ? Oui, Tim ?
Combien de victimes ont été identifiées ?
À part Stephen Sinclair,
nous ne nommerons personne
tant que M. Nilsen n'est pas inculpé officiellement.
- Charlotte ? - Vous semble-t-il possible
d'identifier les 15 victimes au complet ?
Des analyses sont toujours en cours
sur les indices de Melrose Avenue...
Synchro par QueenMaddie Traduit par la communauté www.addic7ed.com
Oui, je comprends.
Nous sommes certains qu'il n'a tué que des hommes.
Son père a reconnu les couteaux à la télévision.
Il les lui a offerts à son entrée à l'école hôtelière.
Mais d'après lui,
son fils n'est pas allé à son premier cours
et n'a plus été vu depuis mai 1980,
ce qui collerait avec les dates de la troisième victime.
Prochaine étape ?
Nilsen a demandé une visite,
je vais lui amener la photo pour qu'il confirme.
Demandé une visite ?
J'espère que d'autres noms lui sont revenus.
- Vous tenez le coup ? - Super.
On épluche les 8 000 rapports de personnes disparues.
Non, merci. Il nous faut plus d'agents,
mais vous le savez.
Je fais de mon mieux.
Que se passe-t-il pour John le garde royal ?
Healey vérifie tous les gardes royaux appelés John.
- Depuis plusieurs semaines. - Il y en a 256.
Ça va prendre du temps, mais il le trouvera.
D'ailleurs...
Nous pensons tenir une autre piste.
Lodge a exhumé trois plaques dentaires à Melrose.
L'une d'elles n'est fabriquée qu'en Allemagne.
Il pense qu'en allant là-bas...
- En Allemagne ? - Il pourrait
trouver un autre nom.
Chef, écoutez, c'est beaucoup demander, mais...
Si on trouve un autre nom, ça vaudra le coup, non ?
J'ai des nouvelles de Scotland Yard. De leur côté,
ils le pincent déjà pour trois des meurtres.
Nous avons parlé à la presse de 15 meurtres.
Ne sommes-nous pas toujours actifs ?
Je vous préviens simplement.
Commençons à boucler les pistes que nous avons déjà,
pas à en ouvrir de nouvelles, surtout à l'étranger.
Le coût de cette enquête les rend déjà nerveux.
C'est une question de pognon ?
Tout est toujours une question de pognon, Peter.
Nous devons ruser.
Merci.
La moitié du quartier de sécurité est en grève de la faim.
Je pourrais m'y joindre, pour rompre la monotonie.
Je vais vous dire...
C'est parfaitement faisable de manger des rations normales ici
tout en faisant la grève de la faim.
Je ne sais pas ce que je fais là.
Je ne vais ni m'évader, ni me suicider.
Ma coopération devrait
être récompensée, pas punie.
Je vais voir ce que je peux faire.
Vous m'avez déjà dit ça.
Martyn Duffey.
Est-ce l'un d'eux ?
Bien sûr. Martyn.
C'était le numéro trois.
Celui que j'ai croisé à la gare d'Euston, comme dit.
- En avez-vous d'autres ? - Bientôt, j'espère.
Vous disiez avoir des infos pour moi.
Ou était-ce juste pour parler de vos conditions de vie ?
Je ne ferais jamais ça.
Des nouvelles de Bleep ?
Je n'en ai plus depuis mon arrivée ici.
Je vais appeler le chenil pour voir.
J'ai un autre nom pour vous.
L'un des jeunes hommes de Melrose Avenue.
Je m'en suis souvenu au réveil.
Kenneth Ockenden.
Vous êtes sûr à 100 % ? Kenneth Ockenden ?
Le jeune Canadien qui a fait la une quand il a disparu.
Vous nous cachiez son nom ?
Non, pourquoi dites-vous ça ?
Je veux identifier et enterrer ces gens
autant que vous, M. Jay.
J'essaie de dire la vérité.
- Impossible. - Pourquoi ?
On a enquêté sur Ockenden pendant trois ans.
Sans rien trouver.
Qu'en penses-tu ?
On va demander le dossier
et ouvrir une enquête pour meurtre.
- Quel est le problème ? - Je connais certains des flics.
Ockenden a été une affaire difficile pour eux.
La presse ne les a pas loupés comme ils ne l'ont pas trouvé.
D'accord, Steve, demande le dossier.
Je préviens le père de Martyn Duffey ?
Je lui ai fait des promesses quand il s'est manifesté.
Bien sûr.
Pardon, patron, j'ai une info pour vous deux.
Un type qui se prétend le biographe de Nilsen vient d'appeler.
Il nous a demandé
des détails sur l'enquête ou l'arrestation.
C'est un torchon qui veut extorquer une citation.
S'il rappelle, envoie-le chier.
Avec joie.
Préviens-moi quand tu auras le dossier.
Kenneth Ockenden. Touriste canadien.
A quitté son hôtel de King's Cross le 3 décembre.
Il devait voir son oncle le 5
pour récupérer de l'argent pour rentrer au pays à Noël.
Il n'a plus jamais été revu.
Et Nilsen vient juste de s'en souvenir ?
Nilsen dit l'avoir rencontré dans un pub du West End.
Ils ont parlé photo et fait du tourisme toute la journée.
Le soir, il l'a étranglé avec un cordon de casque audio
pendant qu'Ockenden écoutait de la musique à Melrose Avenue.
Il s'est débarrassé de son corps dans le jardin, comme dit,
donc on en cherche des traces là-bas.
On espère tous trouver quelque chose à Melrose,
mais d'ici là, ce dossier est...
Notre meilleure chance.
Vous pensez tous connaître l'affaire
à cause de la couverture médiatique, mais on ne peut pas torcher ça.
Nilsen est là-dedans.
Quelque part.
Vous avez fini ?
Je vous demande explicitement de ne plus ouvrir de pistes
et vous ouvrez Kenneth Ockenden !
Sa mère avait des liens avec le parlement canadien.
Sa disparition est devenue politique !
Vous imaginez la réaction de Scotland Yard
si vous ouvrez une enquête pour meurtre avec un tueur en série comme suspect.
- Nilsen dit l'avoir tué, chef. - Mais bien sûr !
Il dirait n'importe quoi pour rester à la une.
Ockenden ne colle pas avec le profil des victimes.
Il n'était ni sans-abri, ni drogué. Ni même gay.
- Il avait une copine au Canada. - Ça ne veut rien dire.
Alors pourquoi est-il allé chez lui ?
Quels indices avez-vous ?
Vous voulez qu'on dise à sa famille
qu'un gamin que la police n'a pas pu retrouver pendant trois ans
a en fait été tué par un ancien flic,
mais vous n'avez aucune preuve matérielle ?!
Nous a-t-il déjà menti ?
J'ai tenté de vous aider.
De vous trouver argent et logistique pour boucler cette affaire.
Mais vous avez agi dans mon dos
et on passe pour une bande d'amateurs !
Vous avez intérêt à avoir raison.
Les fouilles macabres continuent au 195 Melrose Avenue
à la recherche de ce que la police tient pour des cadavres démembrés
enterrés dans le jardin depuis au moins trois ans.
Toute la journée, les policiers et experts médico-légaux
ont saisi des os pour les examiner en laboratoire.
Nous avons trouvé un petit bout de mâchoire
avec des dents dessus dans le jardin de derrière.
Et ce matin, une quantité importante d'os humains a été retrouvée.
Dans ce qu'on a récolté, un bon pourcentage
s'est révélé être des os animaux.
Mais parmi ceux qui sont bien humains,
nous estimons qu'il y a entre huit et 20 victimes différentes.
Y a-t-il des os d'Ockenden ?
Mais beaucoup n'ont pu être analysés car trop calcinés.
A-t-on pu identifier qui que ce soit ?
J'ai bien peur que non.
Il doit rester d'autres analyses à faire.
Ce n'est pas le résultat que nous espérions.
Mais c'était joueur,
vu l'ancienneté
et la méthode astucieuse pour s'en débarrasser.
Je dirais qu'on a eu de la chance d'identifier Martyn Duffey.
Mais il pourrait y en avoir jusqu'à 20 ?
C'est une estimation, mais ça reste du domaine du possible.
Je vous laisse une minute.
Merci.
Nous devons réanalyser le casque audio de Cranley Gardens.
Non, Ockenden nous envoie
dans des culs-de-sac.
Passons à autre chose. Tu l'as entendu.
Peut-être 20 victimes.
Nilsen nous a peut-être menti depuis le début.
Je préviens les autres.
Je vous ai fait quelque chose.
C'est en vrac, pas d'ordre particulier,
mais bon, c'est vous l'artiste.
Vous seul savez ce qui est important et comment choisir.
Pourquoi avoir dessiné ça ?
Par nostalgie, je suppose.
N'avez-vous pas dit à la police ne pas vous rappeler vos victimes ?
Pas leurs noms.
Mais je me rappelle nos moments passés ensemble.
Je l'ai sorti peut-être quatre fois
les deux semaines qui ont suivi.
Que faisiez-vous quand vous...
"le sortiez de là" ?
Son corps nu me fascinait.
Je le faisais rouler sur le ventre, rouler sur le dos.
Je le touchais. Je le caressais.
J'étais excité d'avoir le contrôle total...
la propriété de ce corps superbe.
Donc le contrôle était la... motivation ?
Rien n'est jamais aussi simple.
Parfois, je...
l'asseyais dans le fauteuil à côté du mien
pour regarder la télé le soir.
Je me demandais de quoi on discuterait,
s'il pouvait parler.
D'autres fois,
j'arrivais pas à croire ce qui arrivait,
que c'était ça ma vie, mais...
La mort, c'est pas satisfait ou remboursé.
On parle tout le temps de moi,
mais je ne sais quasiment rien de vous.
J'ignore si vous êtes marié.
Non, mais j'ai des attaches sentimentales.
Passons à une question plus simple.
Vous rappelez-vous quand vous avez pris conscience de la mort ?
J'ai grandi dans un village de pêcheurs.
La mort rôde partout quand la mer est là.
Ça et la pauvreté.
J'ai vu le cadavre de mon grand-père quand j'avais six ans.
- Comment est-il mort ? - En mer. Il était pêcheur.
Ils ont ramené son cercueil à la maison,
c'était normal à l'époque.
Et ma mère...
m'a réveillé : "Tu veux voir ton grand-père ?"
Je suis allé au salon et il était là, dans une boîte.
- Comment vous l'a-t-on expliqué ? - Sans explication.
Vous ignoriez qu'il était mort ?
On m'avait dit qu'il dormait.
Après son départ, le mystère de la mort m'a toujours fasciné.
Parfois, je me talquais le visage,
me peignais les lèvres en bleu et me tripotais les yeux
jusqu'à ce qu'ils saignent avant de me regarder dans le miroir.
Pour avoir l'air mort ?
Vous faisiez ça seul ou...
en présence de quelqu'un ?
Les deux.
Et après ?
Je m'asseyais et regardais.
J'imaginais le fond du gouffre en le touchant.
Et moi-même dans mon reflet mort.
Il s'agit donc de sexe.
Vous cherchez sans cesse des réponses bateau
que vous détournez en la seule explication.
Je ne cherche pas à simplifier,
mais vous avez fait l'amour à ces hommes
- après leur mort. - Certainement pas.
Est-ce que j'ai profité d'eux ?
Oui. Est-ce que j'ai...
tiré satisfaction
de les voir nus à côté de moi dans le miroir ?
Mais je les ai pas pénétrés.
Ce que j'ai fait de malsain,
c'est ôter la vie à un être humain.
C'était mal, c'était impardonnable,
je serai sûrement puni pour ça.
Mais ce que j'ai fait à un cadavre ne compte pas.
Si vous êtes plus dégoûté par ce que j'ai fait à un macchabée
que ce que j'ai fait à un homme vivant,
votre moralité est inversée
et a besoin d'une révision.
Vous avez raison.
Je n'avais pas l'intention de vous juger.
Revenons-en à votre enfance.
Aviez-vous beaucoup...
Des amis à l'école ?
Je suis content de faire ça.
- Moi aussi. - C'est agréable d'être écouté.
Je me sens à nouveau humain.
Tout le monde me traite comme un criminel.
Ne vous considérez-vous pas comme un criminel ?
Cette question est obsolète.
Je mérite d'être présumé innocent jusqu'à preuve du contraire.
Pas d'avoir à endosser l'habit d'un détenu condamné
tant que j'attends mon procès.
Vous le voyez sûrement ?
Nous sommes navrés pour les résultats des fouilles.
Nous partageons votre déception.
Merci. Ç'a été un coup dur,
mais il nous reste d'autres points sur lesquels enquêter.
Il y a du nouveau.
Nilsen reçoit régulièrement
la visite d'un biographe.
Sa lettre a réussi à passer la censure de la prison
et ils se voient depuis plusieurs semaines.
Nous craignons que ce ne soit qu'une question de temps
avant que l'identité des victimes,
en particulier celle d'un certain Ockenden,
ne soit rendue publique.
C'est pourquoi nous devons informer sa famille.
Nous n'avons pas encore confirmé Ockenden, monsieur.
Nous n'avons patienté jusqu'ici
que dans l'espoir
de trouver un lien entre Ockenden et Melrose.
Cela fait un mois.
Je suis au courant. Si nous avions plus d'hommes
et le logiciel que j'ai demandé à plusieurs reprises...
Je ne désire rien de plus que retrouver Ken
et faire juger son assassin.
Mais sans la moindre preuve...
Nous trouverons la preuve.
J'admire votre confiance.
Mais cette enquête commence à nuire
à la réputation de la Metropolitan Police.
Nous réparons à peine les dégâts causés par les émeutes.
En quoi nuit-on à sa réputation ?
Les gens commencent à trouver le temps bien long.
Savez-vous comment marche une enquête ?
Attendez-moi dehors.
- Et alors ? - Les grands pontes se préoccupent plus
de leur réputation que d'identifier ces hommes.
À d'autres.
Vous n'êtes pas le seul préoccupé par cette affaire.
Un petit conseil, Peter.
Rentrez dans le rang, bordel !
Oui, c'est bon.
Non, ça ne me dérange pas d'attendre.
Qu'y a-t-il ?
Healey pense tenir John.
Me porte pas la poisse, Steve.
Tous les gardes royaux ont été localisés,
donc fausse piste, retour à la case départ.
J'ai demandé aux gars du West End
s'ils connaissaient un John
de High Wycombe qui fréquentait Soho.
Après s'être foutus de moi pour l'affaire Ockenden,
ils m'ont donné un nom.
John Howlett.
Un bon à rien, ballotté de foyer en foyer enfant,
bien connu dans les rues de Soho.
Ça vous dit quelque chose ?
On vérifie le groupe sanguin des cadavres de Cranley.
On mérite un coup de bol, non ?
Merci.
Ça correspond.
Bien joué, Chris !
Pourquoi Nilsen a parlé d'un garde royal ?
Aucune idée.
Je paie la première tournée ! Tu viens ?
Je vous rejoins.
Je finis un truc ici.
Je vous croyais tous au pub.
Vous...
cherchez un truc en particulier ?
Vous le trouverez pas là, c'est le fichier Cranley Gardens.
On a relevé les empreintes sur l'appareil photo ?
Et sur les livres trouvés ?
Toutes les couvertures.
Mais pas les pages ?
Vous les touchez sans couverture ?
Certains livres pourraient nous donner...
Le livre de photos, le guide de Londres, ce genre.
Le plan de la ville.
Chef, n'est-ce pas une perte de temps ?
Je vais voir ce que je peux faire.
Peut-il nous faire du mal ?
Je ne vois pas comment.
De quoi ils parlaient, à ton avis ?
Je ne veux rien savoir.
Chef ! Une dame à l'accueil
pense que son ex a pu être une des victimes.
Merci, Chris.
Il descend.
Super.
Il a disparu il y a un an.
La dernière fois que je l'ai vu, il est passé à la maison.
On était séparés depuis des mois.
Il disait vouloir voir Shane.
Je savais qu'il venait pour le fric,
pour s'acheter sa came à Soho.
On... s'est disputés et il est parti.
Je l'ai pas revu depuis.
Une semaine après, il a séché son audience au tribunal.
Il y allait toujours, quoi qu'il arrive.
Je suis allée à l'ANPE,
il y était pas passé.
J'ai appelé son avocat,
qui m'a dit d'attendre, qu'il allait se manifester.
Mais je le sentais.
Puis je vous ai vu aux infos.
Même si je sais que Graham était pas homo,
ça m'a retourné l'estomac.
Toutes ses victimes n'étaient pas gay.
Certaines cherchaient juste un lit ou à manger.
Avez-vous une photo ?
Voilà.
Donc il avait un casier ?
Bien sûr.
Il l'arborait comme une médaille.
Lui contre le Système.
Je veux savoir ce qui s'est passé.
C'était un peu un connard, mais...
c'est le papa de Shane.
Inspecteur-chef Peter Jay pour voir Dennis Nilsen.
Identifiez-moi ces photos.
Comment va Bleep ?
Vous m'avez donné
du grain à moudre la dernière fois.
J'ai pas eu le temps pour votre chienne.
Graham Allen et John Howlett, alias John le garde royal.
Sauf qu'il n'était pas garde royal.
Un jeune homme de plus
perdu dans les rues de Soho.
J'en ai assez d'aider les gens
qui profitent de ma bonté.
Je mérite une contrepartie.
Comme avec votre biographe ?
Avez-vous tué ces hommes ?
Combien d'hommes avez-vous tué à Melrose Avenue ?
Avez-vous tué Kenneth Ockenden ?
Si je ne l'avais pas voulu, vous ne m'auriez pas coincé.
- Et je mentirais ? - Regardez...
Je n'ai encore été condamné pour aucun crime,
donc je suis innocent jusqu'à preuve du contraire.
D'où ça sort ?
Au quartier de sécurité, comme un danger public...
Regardez ces photos, dites-moi si vous les avez tués.
Je suis votre seul témoin !
Cet homme a un fils de sept ans.
Assumez et regardez cette foutue photo.
Avez-vous tué cet homme ?
Sans commentaire.
Inspecteur-chef Peter Jay.
- Un verre ? - Non, merci.
Vous avez trouvé facilement ?
- Aucun souci. - Tant mieux.
Depuis combien de temps écrivez-vous ?
Environ 15 ans. Et vous ?
Depuis combien de temps êtes-vous policier ?
Près de 23 ans.
Combien de livres avez-vous écrits sur des gens comme Nilsen ?
Ce sera mon premier.
Alors un petit conseil.
Lâchez l'affaire.
Sauf votre respect, M. Jay,
je n'ai pas une approche naïve.
Pourquoi aborder ce sujet ?
Vous pensez pouvoir comprendre ses actes ?
Je ne pense pas que les comprendre soit utile.
Ce terme est chargé d'émotions, et, souvent,
il mène à des réponses
révélant nos propres préjugés.
Il ne s'agit pas de comprendre, mais d'appréhender.
N'est-ce pas la même chose ?
L'Homme tue. C'est dans notre nature.
Par accès de rage ou de jalousie, ou en état de légitime défense.
Mais tuer autant d'hommes sans vraie raison...
Je trouve important d'essayer
d'appréhender pourquoi c'est arrivé
et comment cette personne a franchi le pas.
Vous devez nous dire
tout ce que Nilsen vous a dit sur l'identité de ses victimes.
Je n'ai pas plus d'informations que vous n'ayez déjà.
Vous discutez depuis des mois.
Nous parlons d'autres choses.
- Du genre ? - Son enfance.
Son passage dans l'armée.
A-t-il tué dans l'armée ?
À quelle fréquence le voyez-vous ?
Une ou deux fois par semaine.
- À quand remonte la dernière ? - Quatre jours.
Et il vous a écrit ?
Non, je lui ai écrit.
Je ne vois pas où tout ça nous mène.
Nilsen ne nous aide plus dans notre enquête.
Depuis quand ?
Il ne vous a rien dit ?
A-t-il déjà mentionné Kenneth Ockenden ?
- L'a-t-il tué ? - Je n'ai pas dit ça.
S'il mentionne des noms, vous avez le devoir de nous le dire.
Ce n'est pas aussi simple.
L'obstruction à la justice est très simple.
Si vous suggérez
le moindre lien entre moi et son refus de coopérer,
vous vous trompez lourdement.
Et si vous souhaitez poursuivre cette conversation,
je devrais peut-être téléphoner à mon avocat.
Pour écrire un livre sur Nilsen,
vous auriez dû venir nous voir.
Nous vous aurions donné la vraie version.
Mais vous êtes tous fascinés par lui, bordel.
Bonne journée.
Depuis mon arrivée dans cet enfer sur Terre,
on m'a manqué de respect, maltraité, humilié.
Je n'ai fait qu'aider une enquête
pour laquelle je n'ai pas encore été condamné.
On se moque de mes années de service public,
de syndicaliste, ça passe à la trappe.
Pourquoi avoir omis Kenneth Ockenden ?
Vous avez parlé à M. Jay, je vois.
Il m'a contacté.
Je n'ai pas parlé de Ken parce que lui, je le regrette.
Notre journée ensemble a été si heureuse.
La meilleure de l'année pour moi.
Contrairement aux autres, sa mort a été un genre...
de parodie cruelle et horrible de ce qu'elle aurait pu être.
Vous ne ressentez ni culpabilité ni remords ?
Pourquoi ?
Ils vivent avec moi dans ma cellule.
Tous autant qu'ils sont.
Comment ressentir des remords alors que j'ai assimilé leurs souffrances ?
C'est obscène.
Je donnerais tout pour que n'importe lequel
entre ici maintenant et m'abatte.
Mais le plus triste, c'est qu'ils devaient mourir
pour attirer l'attention sur leur détresse.
La réaction faux-cul du grand public arrive trop tard.
Quand tout sera terminé, les Des Nilsen
et les Stephen Sinclair et les Martyn Duffey de ce monde
seront toujours en galère, invisibles et seuls,
parce que la société est plus intéressée par la mort que par la vie.
Ces gens dont vous parlez...
n'étaient pas comme Kenneth Ockenden.
Vous l'avez dit.
Qu'est-ce qui vous a poussé à le tuer ?
Il était...
Ils étaient tous mon genre.
C'est aussi simple ?
J'ai un jour étranglé et noyé un jeune homme.
Puis, alors qu'il gisait sur le lit,
j'ai vu Bleep lui lécher le visage.
Il était encore en vie.
Alors je l'ai réanimé.
Et il était complètement perdu à son réveil,
il ignorait ce qui s'était passé.
Il est resté là des jours, j'ai pris soin de lui.
Puis, quand il a été remis sur pied,
je l'ai amené à la station Highgate et on a convenu de se revoir
la semaine d'après.
La semaine est passée et il n'est jamais revenu.
Il aurait peut-être dû rester chez moi.
L'idée de leur départ déclenchait la pulsion ?
Tout le monde part.
Les amis, collègues, petits amis, finissent par disparaître.
Mon grand-père, mon grand héros et protecteur,
est la seule personne que j'aie jamais aimée.
Voir mon grand-père dans cette boîte...
C'est là que mes ennuis ont commencé.
Ça a brisé ma personnalité à tout jamais.
C'est pour ça que j'ai fait tout ça.
Ça et l'alcool et la musique.
Ça m'a emporté dans un genre de tourbillon frénétique
vers le diable et les ténèbres.
Mais à part ça, je suis inoffensif.
Des, ce n'est pas à vous
de trouver des raisons objectives à vos actes.
Surtout avec cette logique fallacieuse.
Qui s'en charge, alors ? Vous ?
Non, ce livre ne peut pas être
une vision subjective de votre vie et de vos actions.
Nous devons rester tous deux objectifs.
Et s'il y a des leçons à en tirer,
c'est au lecteur d'en décider, pas à nous.
Vos cogitations et hypothèses peuvent vous être utiles,
mais... ne doivent pas être un but en soi.
Je ne suis pas là pour ça.
Brian, me rendriez-vous service ?
C'est au sujet de ma chienne.
J'aimerais de ses nouvelles ?
Je vais voir ce que je peux faire.
Peter, viens voir ça.
- Brian ? - Chef.
On a une empreinte partielle sur le plan de Londres qui n'est pas à Nilsen.
On dirait celle d'Ockenden.
Tu es sûr ?
Sacrée intuition, chef.
Merci.
Peter, voici le commandant Lockwood.
- Vous connaissez Russell. - Mes respects, monsieur.
Peter, j'aimerais vous féliciter.
Bien que nous étions tous sceptiques au début,
Ockenden est un sacré poids en moins.
Merci, monsieur.
Ça n'a pas été évident pour nous, mais ça...
montre qu'on progresse.
Mais rien n'est éternel.
Les supérieurs pensent que confirmer l'identité d'Ockenden
est une belle conclusion pour clore l'enquête.
Une décision a donc été prise.
Nous allons l'inculper pour six meurtres
et mettre un terme à l'enquête.
Monsieur...
Si je puis me permettre, c'est une erreur.
Nous avons des pistes prometteuses pour trouver d'autres noms.
Une certaine Lesley Mead s'est manifestée.
Son ex pourrait être une victime...
Inspecteur.
Nous avons dépensé une fortune rien qu'en heures sup de votre équipe.
Six meurtres. Il prendra perpète.
Six inculpations, cette blague.
Mais chef...
- La décision est prise. - Je vous en prie, monsieur.
Il y a au moins neuf familles
qui ne feront jamais leur deuil.
Avec un peu plus de temps, nous trouverons les 15, j'en suis sûr.
Mais nous ne sommes pas sûrs qu'il en ait tué 15.
Maintenant qu'il ne nous parle plus,
nous ne le saurons peut-être jamais.
Il est temps pour vous et votre équipe de tourner la page.
Vos familles seront ravies de vous voir.
Puis-je...
Puis-je avoir votre attention ?
Scotland yard nous a donné l'ordre de tout arrêter
et de l'inculper pour les six qu'on a.
Sachez combien je suis fier de cette équipe.
Et du boulot que nous avons abattu ensemble ces quatre derniers mois.
Les six identifiés...
C'est le genre d'enquête
qu'on ne mène pas de derrière un bureau.
C'est tout à votre honneur...
et celui de vos coéquipiers.
Merci.
Nilsen, un fonctionnaire de 37 ans,
a été arrêté et inculpé après la découverte de restes humains
dans deux propriétés du Nord de Londres.
Son procès s'ouvre à présent
pour juger six meurtres et deux tentatives de meurtre.
L'ancien policier doit comparaître cette semaine.
On s'attend à ce qu'il plaide coupable pour toutes les poursuites.
- Tu veux quelque chose ? - Non, merci.
- Je vous laisse. - Merci, chérie.
Comment ça va ?
Pas trop mal.
- Tu as quoi ? - C'est l'affaire Nilsen.
Parmi les os de Cranley Gardens,
l'une des mâchoires présente des cicatrices
des deux côtés dues à une fracture.
Assieds-toi, mon vieux.
Graham Allen se l'est cassée dans une bagarre.
C'est dans son casier.
Ça n'est pas forcément Allen.
Bowen est allé voir le dentiste d'Allen.
Il a trouvé un dentier jamais récupéré.
Qui correspond à la mâchoire.
Graham Allen est la troisième victime de Cranley Gardens.
Quand il est venu à la maison...
le dernier truc que je lui ai dit, c'était :
"J'espère que tu ne reviendras jamais."
Il savait que vous ne le pensiez pas.
A-t-il... ?
Pardon.
A-t-il...
souffert ?
Je ne crois pas.
Vous savez que nous avons inculpé Nilsen.
La mise en examen suit déjà son cours.
Et alors ?
Nous ne pouvons pas ajouter Graham à la liste des victimes.
Mais vous venez de dire qu'il l'a tué.
Il l'a fait.
Mais le tribunal impose un délai pour ajouter des noms,
qui a expiré il y a quelques jours.
Alors pas de justice pour Graham ?
J'ai bien peur que non.
Le chef m'a appelé pendant mon congé.
Notre brigade
va sans doute recevoir une décoration.
Il pensait me réconforter.
Mais ça m'a rendu plus furieux.
Tu as... deux enfants, non ?
Désolé, Steve, je devrais le savoir.
Quatre. Deux garçons, deux filles.
Linda en veut un autre.
Notre premier ensemble, un de plus pour moi.
- Pas partant ? - J'aimerais bien.
J'ai déjà merdé quatre fois.
La faute à ce boulot.
Comment vont les garçons ?
Pas vus depuis longtemps.
Désolé de l'apprendre.
On aurait dû l'arrêter.
On l'a fait à la première occasion.
On aurait dû le savoir.
Parfois, ce n'est pas possible.
Il avait une vie normale, un boulot normal.
Tu vas à l'audience préliminaire ?
Oui, et toi ?
J'ai hâte que tout soit terminé.
Tu sais que c'est lui
qui s'est plaint par lettre des tuyaux bouchés ?
Il refusait de payer son loyer jusqu'au débouchage.
Nilsen tire les ficelles depuis le premier jour.
Un chenil a appelé pour toi.
Après vérification, le chien de Nilsen a été piqué.
Il m'a demandé de me renseigner, c'est tout.
J'ai besoin de sa confiance.
Ou tout ça ne mènera à rien.
Alors quoi, tu lui rends service ?
Allons.
C'est quelqu'un qui connait notre monde, notre communauté, qui doit écrire ça.
Ou ils se planteront. Ils foutront tout en l'air.
C'est déjà le cas.
S'il te plaît... essaie de comprendre.
Assure-toi que ce ne soit pas lui qui écrive.
Inspecteur ! Vous qui avez tant côtoyé Nilsen,
comment est-il vraiment ?
- Quelconque. - Pourquoi dites-vous ça ?
En voilà une surprise.
Bonjour, Des.
Comment allez-vous ?
Je ne peux pas me plaindre.
D'ailleurs, qui m'écouterait ?
Bleep a été euthanasiée au chenil.
Elle est tombée malade peu après votre...
arrestation et...
ils ont préféré abréger ses souffrances.
Elle me pardonnait tout et ne me laissait jamais tomber.
Et quand elle a eu le plus besoin de moi,
je n'étais pas à ses côtés.
Le livre avance bien ?
Ça se présente bien, merci.
J'écris en ce moment le passage sur vos expériences à Aden.
Autre endroit où l'armée britannique n'aurait jamais dû aller.
Quand ils sont venus me chercher, j'ai cru que vous étiez mon avocat.
Votre avocat ? Je croyais que vous y aviez renoncé ?
"Une seule chose est constante, c'est le changement." Qui l'a dit ?
Héraclite.
Cet avocat a un cœur déductible des impôts,
mais il faut ce qu'il faut.
Bien sûr.
On se verra là-bas.
Je veux vous remercier, Brian.
Pour quoi ?
Votre compagnie.
La cour.
Le premier chef de mise en examen
vous accuse du meurtre de Stephen Sinclair.
Plaidez-vous coupable ou non coupable ?
Non coupable.
Le deuxième chef vous accuse du meurtre de Kenneth Ockenden.
Plaidez-vous coupable ou non coupable ?
Non coupable.
Le troisième chef vous accuse du meurtre de John Howlett.
Plaidez-vous coupable ou non coupable ?
Non coupable.
C'est fini...allez, au lit !
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