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LA TOUR DES SEPT BOSSUS
Manola est une jeune fille avec de bonnes dispositions
et un seul d�faut : la superstition.
Elle dit qu'un chat
porte la poisse.
Si tu retournes ta chaise, elle se f�che et te gronde.
Les superstitieuses
font des choses tr�s dr�les.
�tes-vous superstitieux ?
Avez-vous peur d'ouvrir un parapluie � l'int�rieur ?
S'il y a des fuites...
- Et vous, �tes-vous superstitieux ? - Beaucoup.
Les chats noirs sont-ils signes de trahison ?
Il y en a un � vos pieds !
Attention, �a porte malheur de tourner la chaise.
Manola ne pouvait sortir de chez elle
ni le vendredi, ni le mardi, ni le 13 du mois.
- Vous savez ce qu'elle faisait ? - Non !
- Vous ne savez pas ? - Moi, si.
- Que faisait-elle ? - Elle jouait du piano.
Oui. Elle restait chez elle et jouait du piano.
Manola la, Manola la
joue du piano.
Manola la, Manola la
est destin�e � rester seule.
Manola la, Manola la,
joue, s'il te plait.
On te donnera un appartement � Chamber�
avec piano et ascenseur.
On te donnera un appartement � Chamber�
avec piano et ascenseur.
Tous avec moi !
Manola la, Manola la, joue du piano.
Manola la, Manola la est destin�e � rester seule.
Manola la, Manola la joue, s'il te plait.
On te donnera un appartement � Chamber� avec piano et ascenseur.
On te donnera un appartement � Chamber� avec piano et ascenseur.
Manola la, Manola la,
joue, s'il te plait.
On te donnera un appartement � Chamber� avec piano et ascenseur.
On te donnera un appartement � Chamber� avec piano et ascenseur.
De la part de la Belle M�duse.
Je peux sortir avec toi ce soir, apr�s le spectacle,
mais maman doit venir avec nous.
Tu crois qu'avec un douro, on peut manger � trois ?
�a ne d�pend pas du douro, mais de l'app�tit.
Et si je le multiplie par quatre ?
Eh bien je viens aussi, �a fera un douro chacun.
Non, parce qu'il y en a une qui mange pour deux.
Le 20. Noir.
Rien ne va plus.
Le 29. Noir.
Faites vos jeux !
Faites vos jeux.
Leonardo, comment allez-vous ?
Bien, je fais un petit tour. Vous ne jouez pas ?
Si, je voudrais multiplier un douro par quatre.
- Bonne chance. - Merci.
Le 3. Rouge.
Faites vos jeux.
Faites vos jeux.
Les jeux sont faits.
Rien ne va plus.
Le 3. Rouge.
�a fait six 3 en une heure.
Faites vos jeux.
Faites vos jeux.
Faites vos jeux.
Les jeux sont faits.
Rien ne va plus.
Le 24. Noir.
Faites vos jeux.
Il me reste une peseta.
Vos chapeaux, messieurs.
Nous ne serons pas longs.
Vous devez laisser vos chapeaux. On ne peut pas entrer avec.
- Juste un instant. - C'est formellement interdit.
Bon.
Faites vos jeux.
Faites vos jeux.
Le z�ro.
Avec lui, on ne gagnera pas.
On devrait interdire l'entr�e aux borgnes.
Quel borgne ? Je n'en vois pas.
En face. Vous ne le voyez pas ?
Vous devriez arr�ter de jouer, vous �tes trop nerveux.
Moi, nerveux ?
Faites vos jeux.
Faites vos jeux.
Rien ne va plus.
Le 3. Rouge.
- Vous laissez la mise ? - Non, monsieur.
Si, je la laisse.
Faites vos jeux.
Les jeux sont faits. Rien ne va plus.
Le 3. Rouge.
On dirait que votre borgne est parti.
Faites vos jeux.
J'aime les hommes qui n'ont pas peur.
�a d�pend de quoi.
Rien ne va plus.
Le 20. Noir.
Jeune homme, je crois que vous allez m'emmener danser.
Je ne peux pas, j'ai des engagements.
Faites vos jeux.
Faites vos jeux.
Faites vos jeux.
Venez.
Je devrais profiter de ma chance...
Non, la chance a tourn�.
Si vous continuez � jouer, vous perdrez.
Venez avec moi, il faut qu'on parle.
Le 18. Rouge.
Attendez !
Vous avez gagn� avec les jetons qui restaient.
Merci beaucoup.
- Mais vous partez ? - Oui.
- Vous ne continuez pas ? - Il ne me laisse pas.
- Qui �a ? - Le borgne.
Qui ne le laisse pas ?
Le borgne. Vous avez vu un borgne, vous ?
- Non. - Moi non plus. Il doit �tre fou.
Faites vos jeux.
Faites vos jeux.
Le 13. Noir.
Le 13. Noir.
Bravo, Basilio. On m'a dit que vous aviez eu de la chance.
- Il faut f�ter �a. - Demain, plut�t.
Je dois accompagner ce monsieur. � demain.
Qui a-t-il dit qu'il devait accompagner ?
Il a fait un signe par l�. Il n'y avait personne.
Il est parti seul.
Ce gar�on ne tourne pas rond.
Nous sommes arriv�s.
Je vous remercie, monsieur...
Mantua. Robins�n de Mantua.
Basilio Beltr�n, � votre service.
Monsieur Mantua, j'aimerais connaitre votre syst�me.
Au d�but, je pensais que c'�tait une progression g�om�trique,
- mais ensuite... - C'est tr�s simple.
Avant que la bille ne commence � tourner,
je vois le num�ro qui va sortir.
Comment ? Vous voyez le num�ro ?
- Vous dites que c'est simple ? - Oui.
Mais nous en parlerons un autre jour.
Je vous cherchais car j'ai besoin de vous.
Si je peux �tre utile, je suis � votre disposition.
Vous pouvez.
Que vous me voyiez comme vous me voyez,
que vous m'entendiez comme vous m'entendez,
c'�tait le plus difficile et �a a march�.
Vous �tes un homme sensible aux sensations surnaturelles.
Comment ?
Votre imagination d�passe le monde des mortels.
C'est possible. Je ne m'en �tais pas rendu compte.
Voulez-vous m'assister dans une entreprise �trange ?
Vous poss�dez des facult�s extraordinaires.
Accompagnez-moi. J'habite ici.
- Enchant� de vous connaitre. - Le plaisir est pour moi.
Attention !
- Qu'est-ce ? - N'ayez pas peur.
C'est une vieille blessure qui causa ma mort.
Bonne nuit. � votre service. Au revoir.
J'aimerais vous revoir.
Demain, � 10 heures, voulez-vous venir ici ?
Entendu.
Tr�s bien. Un service rendu pour un autre.
Vous m'aiderez dans mes exp�riences et je vous dirai le bon num�ro.
Et n'oubliez pas que la Belle M�duse vous attend.
Non, monsieur, je n'oublie pas.
Comment savez-vous que ?
O� est-il pass� ?
Attention, idiot !
Non, ce n'�tait pas un r�ve.
Nous avons du faux-filet aux pommes de terre.
Quelle horreur. Les pommes de terre font grossir.
- Juste un faux-filet. - Vous �tes au r�gime ?
Oui. Je dois perdre 4 ou 5 kg qui me g�nent
et je dois mourir de faim.
- Il y a du merlu � la sauce verte. - Non, la sauce fait grossir.
- Du merlu frit ? - Non, pas frit.
- Et toi ? - De la de langouste � la mayonnaise
et un faux-filet aux pommes souffl�es.
Des pommes souffl�es !
Les pommes souffl�es, ce n'est que de l'air.
Oui, nous les remplissons d'air.
- Et pour une fois... - Ne me tentez pas, jeune homme.
Ne me tentez pas.
Alors je vais prendre aussi la langouste � la mayonnaise
et un peu de faux-filet avec des pommes souffl�es.
Un demi-ration ou une double ration ?
Peu importe. Double.
Et comme boisson ?
- Du champagne. - Basilio, qu'as-tu fait ?
Ne t'en fais pas.
Du vrai champagne ou du mousseux ?
- Du vrai champagne. - Vous avez entendu.
- Gar�on ! - Madame ?
- Vous avez oubli� le dessert. - Pardon.
Nous avons du riz au lait, du flan...
Je peux voir le menu ?
En mati�re de dessert, je ne peux pas me retenir.
J'ai envie de tout.
- Comment allez-vous, Leonardo ? - Que faites-vous si t�t par ici ?
J'avais rendez-vous, mais je suis arriv� trop tard.
Vous avez l'heure ?
11:00. Vous attendez une jeune fille ?
Non, l'homme d'hier. Mais je n'ai pas ferm� l'�il de la nuit.
Je n'ai pas arr�t� de me retourner � cause de cauchemars.
Vous avez d� trop manger.
Oui, pour f�ter la chance que j'ai eue.
Et ce matin, je n'ai vu le jour qu'� 10:30.
- Que la chance continue. - Esp�rons.
- Au revoir. - Au revoir.
Les enfants, allez jouer ailleurs. Regardez ce que vous avez fait.
- Merci beaucoup. - Je vous accompagne ?
Ce n'est pas la peine. J'habite en face.
Mademoiselle !
Tenez. Nous avions oubli� celui-l�.
Merci beaucoup.
Viens ici, petite.
La jeune fille qui vient de monter habite ici ?
Oui, In�s. C'est cette porte.
Merci.
Tiens.
Rends-moi un service. Robins�n de Mantua ?
Tu entends ?
Je te demande si Robins�n de Mantua habite ici.
M�re ! Venez !
CONCIERGERIE
Que d�sirez-vous ?
Robins�n de Mantua vit-il ici ?
- Il m'a donn� rendez-vous hier. - Hier ?
- Faustino ! - Quoi ?
Ce monsieur cherche le professeur Mantua.
- Il vit ici ou pas ? - Il ne vit pas.
J'ai d� me tromper. Sa maison est similaire.
Il ne vit pas ici, ni ailleurs. Il s'est tu� il y a un an.
C'est pour �a que si vous l'avez vu hier...
Oui, hier soir. Un homme grand, mince, v�tu de noir,
l'�il...
C'est l'oncle de la fille. Il a demand� apr�s elle.
Alors c'est la jeune fille qui vous int�resse.
C'est l'oncle qui m'a donn� rendez-vous. Je ne comprends pas.
Excusez-moi.
- Que cherche-t-il par ici ? - Va savoir !
Que t'a-t-il dit ?
Qu'il avait beaucoup mang� et que la nuit avait �t� mauvaise.
- Rien de plus ? - Non.
Incroyable ! Six langoustes pour trois.
Hier aussi. Et du vrai champagne.
La dame qui veut maigrir
a aval� une vache entre hier et aujourd'hui.
C'est bizarre qu'ils ne soient pas malades la nuit.
Ils le sont peut-�tre.
BICARBONATE
Qui �tes-vous ?
C'est moi, n'ayez pas peur.
Comme vous �tes arriv� en retard ce matin,
je suis venu ce soir pour vous parler.
Je ne me suis pas r�veill�, j'ai pass� une mauvaise nuit.
Je le sais.
Comment ?
Je sais beaucoup de choses, mais je ne suis pas venu pour �a.
Je vous ai choisi pour vos bonnes conditions psychiques
et parce qu'en m�me temps, vous avez l'air d'�tre un homme bien.
Merci.
En quoi puis-je vous �tre utile ?
Je ne me suis pas suicid�, on m'a assassin�.
Mais ma venue n'est pas guid�e par la ranc�ur.
Les sentiments de haine disparaissent
quand on passe la limite entre les deux vies.
Je ne regrette de la vie terrestre
qu'une petite statue qui �tait dans mon bureau.
- La V�nus de Milo. - Une reproduction.
Oui, une reproduction sans valeur.
Mais la V�nus me plaisait en tant que femme.
C'�tait mon genre.
Tout le monde a ses faiblesses.
Vous ne me cherchez pas pour me dire �a ?
Non. C'est de ma ni�ce qu'il s'agit.
- La jeune fille aux livres ? - Oui. Un grave danger la menace.
Il y a quelque chose de plus important que la vie.
Je ne peux rien faire. Toi, si.
- Tu appartiens encore au monde. - Que dois-je faire ?
Je n'ai pas besoin de le dire, tu trouveras seul le chemin.
Je demanderai que le bonheur accompagne ta vie terrestre
et que dans la vie infinie, la lumi�re te soit accord�e.
Bonsoir.
- Bonsoir. - Je suis l�. Que voulais-tu ?
- Qui m'a appel� ? - Pas moi. Peut-�tre ce monsieur.
Je n'ai appel� personne.
Vous n'avez pas fait tourner les tables ?
Non. Ici on ne fait pas de spiritisme.
�a doit venir d'un autre �tage.
Vous �tes aussi de l�-bas.
Oui, je suis aussi de l�-bas.
Je suis le professeur Robins�n de Mantua.
Qui �tes-vous ?
Je suis Napol�on. Enchant�.
Tout le plaisir est pour moi.
Vous �tes s�rs que vous ne m'avez pas appel� ?
Non, je n'ai appel� personne.
�a ne m'�tonne pas, on m'appelle tout le temps.
D�s que cinq sujets se mettent autour d'une table
pour discuter avec les esprits, c'est moi qu'ils appellent.
- Je n'arr�te pas. - Allez voir chez les voisins.
C'est ce que je vais faire. Ce doit �tre ceux du premier.
Bonsoir, et pardon si je vous ai fait peur.
Vous ne m'avez pas fait peur.
Au revoir, Basilio. N'oublie pas ce que je t'ai dit.
- Apr�s vous. - Non.
- Apr�s vous, professeur. - Je n'en ferai rien, majest�.
- En aucun cas. - Monsieur...
Basilio, quel heureux hasard !
- Nous nous rencontrons encore ici. - Oui, un hasard.
Permettez-moi de vous pr�senter mon ami, le docteur Sabatino.
Si vous avez besoin de lui, n'h�sitez pas � l'appeler.
- Enchant�. - De m�me.
- Vous avez encore des cauchemars ? - Et comment !
Je me suis r�veill� plus fatigu� que quand je me suis couch�.
Vous souffrez peut-�tre de faiblesse nerveuse.
Avec du repos et une vie tranquille, �a vous passera.
C'est possible.
Vous devriez aller � la campagne.
C'est s�r, mais avant les vacances, je ne peux quitter Madrid.
Si vous avez besoin de moi, n'h�sitez pas � m'appeler.
Leonardo sait o� me trouver.
- Merci. - Au revoir.
- � bient�t. - Au revoir.
Il semble d�termin� � entrer.
- Qu'est-ce que �a veut dire ? - Nous allons le savoir bient�t.
Cet homme n'a pas de bonnes intentions.
- C'est un voleur ? - Ou un fou.
Un fou de plus ou de moins...
Entrez.
Mademoiselle In�s ?
- Qui dois-je annoncer ? - M. Baltr�n.
Je suis un ami de son oncle.
Entrez.
- Bonjour. - � vous de me le dire.
Excusez-moi. Si �a ne tenait qu'� moi,
- je ne vous aurais pas d�rang�e. - Dites-moi ce qui vous am�ne.
- Je suis venu pour vous parler. - C'est ce que vous faites.
Je pr�f�re que ce soit avec moi qu'avec le concierge.
Vous devez croire que c'�tait un stratag�me pour vous approcher.
Et de mauvais go�t. Vous avez demand� mon oncle.
C'est vrai. J'ai besoin de le voir.
- Je le connais. - Depuis quand ?
- Avant hier. - Braulia !
Raccompagne monsieur, il s'en va.
Laissez-moi vous expliquer.
Je vous ai dit que je ne suis pas venu volontairement, c'est vrai.
Je dois remplir ma mission.
Une �trange mission que l'on m'a impos�.
Laisse-nous, Braulia.
Asseyez-vous.
Je sais que votre oncle, Robins�n de Mantua, a �t� assassin�.
Comment le savez-vous ?
Il me l'a dit. Ce n'est pas ce que je veux dire.
Un homme comme votre oncle n'a pas pu se tuer.
Il vous adorait et vivait pour son travail.
Rien ne laisse supposer qu'il ait voulu mourir.
Au contraire. Pour lui c'�tait une p�riode d'espoir et de confiance.
D'apr�s son collaborateur,
ils �taient sur le point de faire une d�couverte importante.
Qui �tait-ce ?
- Un autre arch�ologue, Zacar�as. - Il est vivant ?
Il a disparu le jour o� mon oncle est mort.
La police enqu�ta pour le retrouver mais sans r�sultat.
- Il est peut-�tre mort. - Vous ne le soup�onnez pas ?
Ni lui ni personne. Mon oncle n'avait pas d'ennemis.
L'explication qui a �t� donn�e pour sa mort est la plus logique.
Mais quelque chose en moi ne peut pas l'accepter.
Si vous savez quelque chose...
Si j'en savais plus, je vous le dirais
car j'ai besoin de gagner votre confiance.
J'ignore encore beaucoup de choses.
- Encore ? - Oui, encore.
Je vous prie de voir en moi un ami, de rester calme et de m'aider.
Quand je saurai qui vous �tes
et pourquoi cette affaire vous int�resse.
Je m'appelle Basilio Baltr�n. Je suis amateur d'arch�ologie.
Je connais les publications de votre oncle, que j'ai fr�quent�.
M�me si ces raisons sont fausses, celui qui doute de son suicide
m'a tout l'air d'�tre son ami, et donc le mien.
Merci.
Voulez-vous me montrer o� le cadavre a �t� d�couvert ?
L�-bas, avec une blessure effrayante au cou
et une arme � quelques centim�tres de sa main droite.
Qui venait dans cette pi�ce ?
Juste lui et moi. Je m'int�ressais � ce qu'il faisait.
Personne n'entrait. Nous n'aurions pas d� non plus.
La maison est hant�e et cette pi�ce...
Le moindre grincement lui fait croire aux fant�mes.
Et les voix ? Les meubles ne parlent pas.
- Vous entendez des voix ? - Oui, monsieur.
Les fant�mes ont tu� monsieur. Ce sera bient�t notre tour.
Et cette autre pi�ce ?
Une sorte de petit mus�e
o� mon oncle gardait les pi�ces de valeur qu'il avait trouv�es.
Vous qui aimez l'arch�ologie, vous saurez en appr�cier la valeur.
En effet. C'est magnifique.
Dommage que ces pots soit tous �br�ch�s.
"C�sar..."
"mui"... et "UV".
Qu'avez-vous trouv� ? Personne n'est venu depuis sa mort.
Un papier portant des signes cabalistiques.
Vous savez ce que c'est ? Qu'est-ce que �a veut dire ?
Je ne sais pas, mais vous qui comprenez ces choses-l�...
- Je peux le garder ? - Bien s�r.
Je l'analyserai chez moi.
- Je n'ai pas pris la bo�te. - Crapule !
- Bonjour. - Bonjour, Mart�nez.
Mon ami aimerait en savoir plus sur la mort de M. Mantua.
Tr�s bien. Un instant.
Asseyez-vous, je vous en prie.
Non, pas sur cette chaise. Il lui manque un pied.
- Excusez-moi. - Sant�.
Je suis � votre disposition.
Robins�n de Mantua, qui vivait place de la Paja, est mort
le 15 f�vrier de l'ann�e derni�re.
Mantua...
Je m'en souviens parfaitement.
Janvier...
F�vrier...
L�.
Voil�.
- Ce monsieur s'est suicid�. - Vous croyez ?
Je connais le cas. Quand c'est arriv�, j'�tais de service
et je me suis occup� de lui.
Le pauvre homme devait �tre un peu fou.
Vous voulez l'emmener chez vous ?
- Vous �tes un ami de Mart�nez. - �a ne sera pas n�cessaire.
Si besoin, je reviendrai. Ce fut un plaisir.
� votre service. Au revoir, Mart�nez.
Viens nous voir de temps en temps.
Pas besoin de nous accompagner. Nous allons aux archives.
- Merci. - De rien. Vous savez o� me trouver.
Bonjour, Alfonso.
Bonjour, Mart�nez.
M. Beltr�n, que j'ai le plaisir de vous pr�senter,
a trouv� un hi�roglyphe qui va le rendre fou
si vous ne l'aidez pas � le d�chiffrer.
- Vous voulez l'aider ? - Je risque de devenir fou moi-m�me,
mais j'essaierai.
Voyons voir �a.
Vous le comprenez ?
Si Alfonso ne peut pas le traduire, c'est que c'est tr�s difficile
et tu ne dois pas avoir honte de ton �chec.
Tr�s difficile...
Ou trop facile.
J'ai failli �chouer en lui attachant trop d'importance.
C'est un alphabet assyrien
extr�mement facile � d�chiffrer gr�ce � ce livre.
- Vous l'avez d�chiffr� ? - Oui.
Maintenant, oui.
Il doit s'agir d'une plaisanterie.
�a dit exactement :
"Cette nuit, dans la tour des sept bossus".
Vous voulez le voir ?
La tour des sept bossus...
Je ne comprends pas ce que �a veut dire.
Votre oncle n'a jamais mentionn� cette tour ?
Non, jamais.
Mais je me souviens d'une chose qui est peut-�tre li�e.
- Quoi ? - �a ne fera pas revenir mon oncle.
Il ne s'agit pas de lui, mais de vous. Un danger vous menace.
- Comment le savez-vous ? - Il me l'a dit.
- Qui ? Mon oncle ? - Oui, mais ne vous f�chez pas.
Votre oncle... Ou celui que je pense �tre votre oncle.
- C'�tait la nuit derni�re. - Vous l'avez revu ?
Oui. Heureusement que le reste de la nuit,
j'ai r�v� de vous.
Et ces rendez-vous extraordinaires ont lieu toutes les nuits ?
Croyez-moi. Je ne suis pas fou.
Je sais que ce n'est pas normal,
mais il existe des ph�nom�nes qu'on ne peut expliquer.
Que vous rappelez-vous de la tour des sept bossus ?
J'ai lu une lettre envoy�e par Zacar�as � mon oncle
qui parlait de bossus.
Elle date de quelques jours avant l'assassinat.
- Qui est Zacar�as ? - L'arch�ologue
qui travaillait avec mon oncle et a disparu peu avant le meurtre.
Voici la lettre.
"Robins�n, je ne te verrai qu'apr�s-demain."
"Rejoins-moi dans la rue de la Morer�a,"
"en face d'o� nous �tions jeudi."
"J'ai rendez-vous avec un ami. Je ne sais pas si tu le connais."
"C'est un homme courb� toujours accompagn� d'un bossu".
Votre oncle a lu cette lettre ?
Il a d� la recevoir le jour du meurtre.
On n'a plus entendu parler de Zacar�as.
J'ai pens� que ces bossus et la tour du papier pouvaient �tre li�s.
Je vais de ce pas � la rue de la Morer�a.
Si vous le permettez, je reviens apr�s.
- Aujourd'hui je ne sors pas. - Merci. Au revoir.
Bonjour. Que faites-vous par ici ?
- J'aime le vieux Madrid. - Moi aussi.
Ces quartiers tranquilles calment les nerfs. Comment vont les v�tres ?
- Beaucoup mieux. - Voulez-vous m'accompagner ?
- Vous me parlerez de votre maladie. - Je ne suis pas malade.
Vous me croyez fou mais c'est faux.
Je ne vous crois pas fou.
Je crois que vos nerfs vous dominent, c'est tout.
Vous �tes retourn� place de la Paja ?
Pourquoi me le demandez-vous ?
Comme Leonardo vous y a vu un jour, et moi, le suivant,
j'ai pens� que vous aviez une aventure amoureuse.
Quelle est la raison de cet interrogatoire ?
Basilio, il ne s'agit pas d'un interrogatoire.
Je plaisantais. Je ne veux pas m'immiscer dans votre vie priv�e.
Au revoir. Je vous laisse continuer votre promenade.
Au revoir. Merci.
"Cette nuit dans la tour des sept bossus".
Mademoiselle In�s...
Qu'y a-t-il ? Tu n'es pas couch�e ?
C'est vous qui devriez vous coucher, il est tard.
J'y vais. Laisse-moi.
N'oubliez pas votre m�dicament pour votre mal de t�te.
- Je vais bien, merci. � demain. - � demain.
Une tour d'environ 40 m qui, au lieu de s'�lever vers le ciel,
s'enfonce dans la terre.
- J'allais fermer. - Attendez, j'ai un message.
- In�s est l� ? - Je ne l'ai pas vue sortir.
Vous voulez bien m'annoncer ?
� cette heure ? J'allais me coucher.
C'est vrai. Je suis un peu en retard.
Mademoiselle In�s ?
Mademoiselle ?
Mademoiselle !
- Elle n'est pas l�. - Et dans sa chambre ?
- Non, j'en viens. - Elle n'est pas sortie ?
Ah non, le concierge ne l'a pas vue.
Il lui est arriv� quelque chose. Mon Dieu !
Du calme. Cherchez-la bien partout.
J'ai regard� partout.
Je vais demander � la voisine, c'est une bonne amie � elle.
Monsieur.
- Vous avez boug� �a ? - Je n'ai rien touch�.
In�s n'est pas en haut non plus. Elle a disparu !
Centrale ?
Passez-moi le commissariat. C'est tr�s urgent.
Silence.
Commissaire ? L'agent Mart�nez, s'il vous plait.
Oui, Sebasti�n Mart�nez.
En service ?
Au Salon Moderne ?
Bien, merci.
Merci beaucoup.
- Vous avez vu l'agent Mart�nez ? - Il �tait l� il y a un instant.
Dois-je le chercher ?
Cherchez-le dans la salle, je cherche du c�t� de la sc�ne.
Basilio ! Quel ingrat !
�a vous semble normal de disparaitre pendant deux jours ?
Bonsoir, Magdalena.
Anto�ita, regarde qui est venu nous inviter � d�ner.
Je ne sais pas si ce soir...
Comment �a va, Basilio ?
Une affaire tr�s importante. Je ne peux pas rester.
Comment ? Asseyez-vous et prenez un verre.
- Je dois voir quelqu'un. - Vous le verrez plus tard.
- Qui cherchez-vous ? - Mart�nez.
- Il vient de partir. - Je vais le chercher.
Sers-lui un verre.
Deux jours sans venir. Fiez-vous des hommes !
- Pas maintenant, professeur. - Que dis-tu ?
Rien, tout va bien.
Pourquoi as-tu cach� le miroir ?
J'ai cach� le miroir ? Je n'ai pas fait expr�s.
Entrez.
- Bonsoir. Je vous d�range ? - Pas du tout.
- Asseyez-vous. - Non, nous devons parler.
Je reviendrai.
Allons-y.
- C'est la maison que j'ai vue. - Il faut d�poser une plainte.
Elle ne reposerait sur aucun fait r�el.
La jeune femme disparue.
Ce serait comme pour l'arch�ologue disparu il y a un an. Non.
Nous devons r�soudre cela � nous deux.
Je ne peux pas.
Je m'arrache les cheveux sur une affaire de faux billets.
- Vous allez vite la r�soudre. - Ce n'est pas si facile.
J'ai arr�t� un homme avec un faux billet,
mais on dirait qu'il est innocent.
Le faux billet lui a �t� donn� par un bossu.
Un bossu ?
Regarde.
- En voil� un. - Qui est-ce ?
- Malato. - Il est aveugle ?
Pas du tout. Il voit tr�s bien.
Regarde.
Il n'est pas aveugle, mais il est b�te.
Personne ne lui donnera d'argent � cette heure.
Tais-toi. Ce doit �tre un code.
Viens.
- Il est entr�. - Tu es s�r ?
Il n'a pas pu prendre une autre porte.
J'appelle le veilleur de nuit.
- Veilleur ! - J'arrive !
- Un homme bossu habite ici ? - Il s'appelle Malato.
Personne ne vit ici. Elle est vide et d�labr�e depuis des ann�es.
- On vient de voir quelqu'un entrer. - Impossible.
Personne ne vit ici. La maison ne tient plus debout.
Bon.
Venez.
Cette porte a �t� ouverte il y a peu.
- Il est pass� par la serrure ? - Quelqu'un est pass� par ici.
Impossible. C'est moi qui ai la cl�.
Ouvrez, je suis agent de police.
- Il n'y a rien ni personne. - Ouvrez, s'il vous plait.
- Veilleur ! - J'arrive !
Si vous ne nous voyez pas, fermez.
- Tu vois ? Il n'y a personne. - Tais-toi.
Regarde �a.
O� est-il pass� ?
- Il n'est pas mont�. - Voyons ce qu'il y a ici.
Regarde �a !
On va descendre. Allume ces lanternes.
- Allez. - Tiens.
Allons voir o� m�nent toutes ces galeries.
Je vais par l�. Choisis une des deux. On se retrouve ici.
Mart�nez !
Mart�nez, o� es-tu ?
Mart�nez !
Je suis le canard, tu es la cane,
et dans l'�tang je vais nager.
Tout pr�s et serr�s l'un de l'autre.
Je suis le canard, tu es la cane...
Donne-moi la patte, sois gentille.
Donne-moi la patte et sois sage.
D�but XIV�me, fin XIII�me.
C'est-�-dire que �a, les Juifs l'avaient d�j� � Madrid.
Bonjour.
- Comment allez-vous ? - Bien.
Mettez-vous de profil, s'il vous plait.
- Vous n'�tes pas bossu ? - Pas encore, non.
C'est la premi�re fois que je vous vois ici.
Je viens d'arriver. Vous �tes Zacar�as ?
Oui, en effet. Vous venez de chez Sabatino ?
- Je viens de Madrid. - Ah, Madrid ? Tr�s bien.
Ces caract�res h�bra�ques sont horribles.
Quoi de neuf � Madrid ?
�a fait longtemps que vous n'y �tes pas all� ?
Oui, tr�s longtemps.
Je ne me souviens pas depuis quand.
Ah si, depuis que l'entr�e est bouch�e.
Et comme ces bossus n'en finissent pas de la r�parer, je reste ici.
�a ne me d�range pas, j'ai beaucoup de travail ici.
Vous �tiez ami avec Mantua ?
Bien s�r, un grand ami.
Nous avons d�couvert ensemble cette ville souterraine.
Mais au lieu de rester ici avec moi,
il a voulu ressortir et ce qui devait arriver est arriv�.
- Vous savez qu'il est mort ? - Oui, on me l'a dit peu apr�s.
Il est mort dans un accident de train.
Un accident de train...
C'est dommage. Il a rat� une grand p�riode de travail
qui l'aurait rendu tr�s heureux, mais il �tait si impatient...
Quel besoin avait-il de trouver la sortie et partir si vite ?
- Vous n'�tes jamais remont� ? - Comment pourrais-je ?
Il y a eu un effondrement et on s'est retrouv�s enferm�s.
Mais j'y pense, comment �tes-vous entr� ?
- Par la tour. - Comment �a, par la tour ?
Sabatino m'a dit que c'est l� qu'a eu lieu l'effondrement
et qu'il n'y a pas d'espoir de retrouver la sortie.
Il n'y a pas d'autres sorties ?
Je crois qu'il y en a une au fond de la synagogue.
Un de ces jours, quand j'aurai moins de travail,
je vais monter car il faut que j'aille acheter des livres.
Mon cher Zacar�as,
vous savez que ma biblioth�que est � votre disposition.
Il vous suffit de me dire quel livre vous voulez pour l'avoir.
Merci beaucoup.
Mais j'en ai assez de travailler autant,
il faut que je prenne des vacances � Madrid.
Bienvenu.
Vous vous connaissez ?
En effet. J'ai le plaisir de connaitre votre ami.
On m'a dit qu'on vous avait vu traverser la place
et je suis venu vous saluer.
- Qu'est-ce qui vous am�ne ? - C'est vous qui me demandez �a ?
Vous aimez l'arch�ologie, jeune homme ?
Vous �tes dans l'endroit le plus int�ressant d'Espagne.
Cette ville fut fond�e par les Juifs
qui se cach�rent ici quand ils furent expuls�s.
- Asseyez-vous. - Merci. J'aimerais voir la ville.
Dans cette grotte, les Juifs cach�rent leurs bijoux et leur or.
C'est ce qu'on cherche.
Je vous accompagne ?
- Avec plaisir. - Au revoir.
Au revoir, Zacar�as.
- Bonne nuit. Reposez-vous. - Au revoir, docteur. Bonne nuit.
Donne-moi la patte, ne sois pas ingrate.
Donne-moi la patte et sois sage.
Je ne demande pas pourquoi vous �tes l�
car vous ne devez pas avoir envie de le dire.
Si je dois me justifier, je dirais que c'est par curiosit�.
J'imagine. J'esp�re que vous n'�tes pas d��u.
Cette �trange ville fut fond�e par un groupe de Juifs
qui d�sob�irent � la loi d'expulsion.
Ils se servirent de grottes r�sultant
d'une activit� sismique des premi�res �res
et y construisirent une synagogue.
Vous n'�tes pas ici pour �chapper � cette loi.
Nous n'�chappons � aucune loi.
- Pas m�me celles du code p�nal ? - Non.
Ici, nous travaillons sans subir le m�pris
et la compassion des autres mortels et nous sommes heureux.
Et... La pr�sence de Zacar�as ne vous d�range pas ?
Non, c'est un brave homme,
toujours absorb� par son travail. Nous le voyons � peine.
Ce ne devait pas �tre le cas de son collaborateur,
le professeur Mantua.
Je vois que vous en savez plus sur notre vie et nos amis
que ce que je pensais. Tant mieux.
Il vous sera plus facile de vous familiariser avec tout �a.
- Vous en aurez le temps. - Ah bon ?
Soyez, � partir de maintenant, mon invit�.
Merci.
Une question, docteur.
Pouvez-vous me dire ce qui est arriv� � In�s,
la ni�ce du professeur Mantua ?
La jeune fille vous int�resse ?
C'est elle qui vous a fait venir jusqu'ici.
Vous voulez r�pondre � la question ?
Bien s�r.
Il y a un instant, elle �tait dans mon salon.
Entrez. Venez par ici.
Faites attention.
Merci.
Apr�s vous.
Malato.
- O� est mademoiselle ? - Dans sa chambre.
Prie-la de venir.
Et ce miroir d�formant ?
Un ancien caprice dont j'ai maintenant honte.
Je l'ai achet� quand je n'�tais pas encore r�sign� � �tre comme je suis.
Regardez.
C'�tait une petite coquetterie.
Maintenant, j'en rie.
Voil� In�s.
J'ai eu peur de ne pas vous revoir. Votre disparition nous a fait peur.
Vous prenez peur sans raison et de fa�on d�plac�e.
Mais je...
Docteur, que signifie tout �a ?
Cet homme a d� croire que tu avais �t� enlev�e. Pardonne-le.
J'esp�re que vous changerez d'avis
quand vous aurez pass� du temps ici.
Il va rester ici ?
C'est n�cessaire, m�me si �a te contrarie.
- Je ne vous comprends pas. - Moi non plus.
Excusez-moi. Je vais faire pr�parer une chambre.
Ce n'est pas utile. Je m'en vais.
Quelle dr�le d'id�e.
Vous �tes tr�s fatigu� et le retour est encore plus difficile.
P�n�trer dans ces souterrains,
m�me si on ne dirait pas, est plus simple,
et surtout moins dangereux, que d'en sortir.
Je pars et In�s vient avec moi.
- De quel droit dites-vous �a ? - N'insistez pas, Basilio.
Il est pr�f�rable que vous passiez la nuit ici. Je reviens.
Assieds-toi.
�coutez-moi. Vous ne devez pas rester ici avec eux.
- Ils ont tu� votre oncle. - Peut-�tre.
J'ignore quelle force vous retient dans l'ombre,
mais je savais que ce moment arriverait
et que je devrais vous sauver.
Je connais une sortie pour nous �chapper.
Je la connais, mais je reste.
C'est vous qui devez partir.
Que vous arrive-t-il ? Je ne vous comprends pas.
Je sais que vous ne faites pas semblant et pourtant...
Vous devriez arr�ter de m'importuner.
- Vous n'auriez pas d� venir. - Je vous croyais en danger.
J'ai eu peur de ne jamais vous revoir
et je me suis rendu compte que je vous aimais.
Je ne partirai pas sans vous.
Vos sentiments ne m'int�ressent pas.
Votre chambre est pr�te.
Il est tard, nous devons nous reposer.
- Mais moi... - Vous avez aussi besoin de repos.
Dormez. Nous parlerons demain.
De plus, In�s a eu une journ�e tr�s agit�e.
Oui, docteur. Merci pour tout.
La pauvre. Elle est tr�s fatigu�e.
Malato, accompagne Basilio � sa chambre.
Bonne nuit. � demain.
Allons-y.
Je peux vous poser quelques questions ?
Oui, mais parlez � voix basse. Je suis toujours votre ami.
Si j'avais pu �viter que vous entriez...
Ne vous en faites pas. Que fait In�s ici ?
Je l'ignore. Elle est arriv�e aujourd'hui.
C'est Leonardo qui l'a amen�e.
J'imagine qu'elle allait d�couvrir l'entr�e.
- Ils vont la laisser sortir ? - Non. Pas pour le moment.
Elle devra d'abord r�aliser son acte.
- Quoi ? - Il faut commettre un d�lit.
Un assassinat qui oblige � garder le secret.
- Et moi, on me laissera partir ? - Je ne crois pas.
On ne sort pas facilement d'ici.
Le professeur est venu et il a r�ussi � sortir.
C'est vrai, mais le professeur Mantua est mort
avant de pouvoir parler de l'existence de ces souterrains.
Et Zacar�as ne sortira jamais.
Entendu, Malato.
Maintenant, oubliez ce que j'ai dit et essayez de vous reposer.
Bonne nuit.
Bonne nuit.
Vous avez besoin de quelque chose ?
Non, merci.
Qu'est-ce que c'est ?
Rien. Les couloirs sont si obscurs...
Vous connaissez le policier appel� Mart�nez ?
C'est un ami � moi. Il lui est arriv� quelque chose ?
- Il a eu un accident. - Et qui a cri� ? C'est Malato ?
Vous �tes tr�s nerveux. Couchez-vous et reposez-vous.
Demain vous verrez les choses d'un �il plus optimiste.
� demain.
In�s, vous �tes devenue folle ?
Ne bougez pas.
Ne faites plus un pas ou je tire.
Entrez.
L�chez-la.
Emmenez-la.
Arr�tez !
Je ne savais pas que vous falsifiiez aussi de l'argent.
Vous comprenez vite.
J'aurais pr�f�r� que vous soyez plus raisonnable,
mais je vois que vous �tes t�tu et j'en suis d�sol�.
Avancez. Et n'essayez pas de vous �chapper.
Leonardo ! Leonardo !
Leonardo !
Leonardo !
Donne-moi la patte, ne sois pas...
- O� est la synagogue ? - Vous �tes devenu juif ?
- O� est-elle ? Et la sortie ? - La synagogue est l�.
La sortie est au fond, derri�re l'armoire.
Vous devez descendre un escalier en colima�on.
Allez � la sortie du passage de la Virgen del Puerto.
Toi, monte � la tour et cherche les traces de son passage.
Vous, surveillez la sortie de la rue del Rollo.
Nous irons � la sortie de la synagogue. Allez.
Il n'est pas sorti par ici.
Il aurait laiss� des traces.
Restez ici et s'il monte, ne le laissez pas s'�chapper.
Ne serions-nous mieux plus en bas, dans la synagogue ?
- Vous avez peur ? - Ce n'est pas �a.
Je crois que nous serions mieux plus en bas.
Bande de l�ches. Vous le paierez de votre vie s'il s'enfuit.
- Laissez-nous la lumi�re. - Je vous la laisse.
- Tu as peur ? - Un peu. Et toi ?
Je suis superstitieux.
Regarde celui-l� ! Il a boug�.
Viens avec moi.
C'est un rat.
Il n'y a pas de raison d'avoir peur.
Ne perdons pas notre calme.
Au secours !
S'il vous plait !
Ave Maria. Qui �tes-vous ?
N'ayez pas peur, je ne suis pas un fant�me.
C'est �a. Au secours ! Au secours !
Qu'est-ce qu'il y a ?
- Qui est-ce ? - Un fant�me.
- Non, je ne suis pas un fant�me ! - C'est un mort.
- Non plus. - Il ne peut pas �tre mort.
Sortez-moi de l� et je vous le dis.
Je vais voir si on m'ouvre la porte.
Vous �tes s�r que vous n'�tes pas mort ?
Madame !
Ne perdez pas votre calme.
Avec la disparition du policier, ils vont fouiller cette ville.
Sans �a, personne ne croirait l'histoire de Basilio.
Peu importe s'ils d�couvrent l'entr�e des premi�res galeries.
Tant mieux s'ils d�couvrent le puits o� est tomb� le policier.
Ils croiront que �a s'arr�te l�.
Il faut faire exploser les autres galeries,
l'entr�e de la tour et le passage de la maison du professeur Mantua.
Il faut boucher l'entr�e par la chemin�e.
Qui va faire exploser la galerie ?
Et la fille ? Ils vont la chercher partout.
Il faut qu'on la trouve morte chez elle.
Je m'occupe de tout �a.
Vous autres, ob�issez � mes ordres.
Faites exploser tous les acc�s.
Et la grande galerie ? Il n'y a pas de m�che assez longue.
Celui qui la fera exploser y restera.
Je vous ai dit que je m'en occupais.
Vous devez continuer � vivre comme vous le pouvez.
La jeune femme doit mourir. Elle est dangereuse.
Laissez-moi.
Des grottes pr�historiques.
Les Juifs s'y r�fugi�rent et construisirent une ville enti�re.
Ils y fabriquent les faux billets.
Vous jurez que vous n'�tes pas saoul ?
Je n'ai pas bu depuis plusieurs jours.
Pr�tez-moi quelques agents et je les y emm�nerai.
Je connais trois entr�es.
Si c'est une blague, gare � vous.
Ils ont enlev� une femme, sa vie est en danger.
Vous dites qu'elle vit place de la Paja.
Oui. Une des galeries part de la maison.
- Depuis quand a-t-elle disparu ? - Hier.
Tout cela s'est pass� en quelques heures.
Je vous accompagne jusqu'� la maison mais si vous avez menti,
vous allez passer un temps dans un v�ritable souterrain.
Allons-y.
Braulia est � la messe. J'ai sa cl� pour le laitier.
Laissez-nous. Ces messieurs sont de la police.
La biblioth�que est l�. Elle y �tait quand ils l'ont enlev�e. Venez.
In�s !
In�s !
Que se passe-t-il ? C'est vous ?
Je me suis endormie. J'ai mal � la t�te.
Vous n'�tes pas venu hier soir.
- Nous �tions ensemble hier soir. - Pas hier soir.
Vous avez dit que vous reviendriez et vous ne l'avez pas fait.
Je me suis endormie en vous attendant.
Vous ne vous souvenez pas de la ville souterraine ?
- Du couteau ? - Quel couteau ?
Je ne comprends pas. Que voulez-vous dire ?
- Qui sont ces messieurs ? - Des policiers.
Je vais leur montrer l'entr�e du souterrain.
Venez voir.
Par ici.
Venez par ici.
- Il n'y a rien ici. - Si, vous allez voir.
Donnez-moi cette barre.
�a p�se lourd, mais on peut l'enlever.
Cette pierre n'a jamais �t� d�plac�e.
�a se verrait.
Le passage est derri�re cette pierre, vous verrez.
J'�tais s�r que...
J'en ai assez vu.
Je ne comprends pas. Je suis pass� par l� hier.
Un temps � l'ombre lui fera passer l'envie de se moquer de la police.
Ce n'est pas une plaisanterie, je ne sais pas ce qui s'est pass�.
Depuis quelques heures, je ne comprends rien.
Vous y r�fl�chirez dans votre cellule.
M. Le commissaire, cet homme m'aide dans mes recherches
en lien avec la mort d'un membre de ma famille.
Il a pu souffrir d'hallucinations par exc�s de travail.
- Il a plut�t trop bu. - Ce n'est pas vrai.
- Vous avez peut-�tre raison. - Je n'ai pas bu ! Vous savez que...
Pardonnez-le, M. Le commissaire.
Je le connais, il n'est pas mal intentionn�.
Je devrais l'embarquer, mais je n'en ferai rien
par respect pour vous, mademoiselle.
Merci beaucoup, mais je vous assure que...
Assez !
Encore un mot sur cette ville souterraine
et je vous embarque sur le champ.
Concierge, accompagnez ces messieurs.
Le commissaire a raison. Un homme si travailleur
et si efficace ne devrait pas boire.
C'est vous qui dites �a ? Vous ne vous souvenez de rien ?
C'est bon, ils sont partis.
La mort de votre oncle et de mon ami ne resteront pas impunies.
Mais ne parlons pas de �a. Essayez de vous souvenir.
Vous �tiez contr�l�e par Sabatino. Vous avez voulu me tuer.
- Moi ? - Vous vous �tes �vanouie.
Je voulais fuir mais ils m'ont surpris. J'ai d� partir seul.
Basilio, votre �tat me pr�occupe. Vous avez imagin� tout �a.
C'est arriv�.
Je saurai trouver les mots pour que vous vous souveniez.
Il y a un moment o�, d�sesp�r� par votre froideur...
- Quoi ? - Je vous ai parl� d'amour.
J'ai dit que j'�tais fou de vous.
- Vous vous en souvenez ? - Je ne sais pas... Peut-�tre.
C'est peut-�tre la seule chose dont je me souvienne.
Comme dans un r�ve...
Ce n'est pas un r�ve, c'est r�el, un amour v�ritable
qui est n� pendant les incidents de cette nuit fabuleuse
et qui s'est converti en feu de joie. Je t'aime, In�s.
Je t'aime.
Basilio !
Sabatino est mort. Je vais pouvoir r�gler mes comptes.
- Professeur ! - Vous recommencez avec �a ?
Je pensais tout haut
que ma folie m'avait peut-�tre apport� le bonheur.
Que fais-tu ?
Elle te doit la vie, tu peux l'embrasser.
Je n'y vois pas d'inconv�nient.
Moi non plus.
�a suffit, Basilio.
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