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Bonjour. Ça va ?
Ouais. Vous voulez quoi ?
- Rien. "Bonjour", par exemple. - Ah oui. Bonjour.
Une affaire ?
Non. Photos de vacances.
Vous partez jamais en vacances. Mais vous devriez.
Merci.
Un jeune homme est là sans rendez-vous.
- Ce n'est pas votre type de client. - Ça serait le mien ?
Incontestablement.
Il faut que vous m'aidiez. C'est ma copine, elle a disparu.
Avec Julia, on s'est vus le vendredi. Le lendemain était son anniversaire.
On le fêtait en avance pour qu'elle passe la journée avec son père.
Le samedi matin, j'y suis allé quand même,
avec des fleurs, tout ça, histoire de lui faire la surprise.
Mais il y avait plus personne chez elle, ni Julia, ni son père.
J'y suis retourné l'après-midi, le soir, le lendemain.
Ils sont nulle part. Et Julia répond plus au téléphone.
Je suis sûr qu'il s'est passé quelque chose.
Voilà.
J'ai une photo.
C'est elle, Julia. Son nom de famille, c'est Malki.
Vous notez rien ?
Vous étiez ensemble depuis longtemps ?
Je sais pas. Ouais.
5 ou 6 mois. Je vois pas le rapport.
Pardon. Vous ne croyez pas
que votre copine ne veut plus vous voir sans oser vous le dire ?
- Je t'arrête tout de suite, meuf. - Quoi ?
- Elle ferait jamais ça. - Il m'a parlé ?
C'est "Mlle Abadie", d'accord ?
Laissez tomber.
J'ai rien à foutre là. Vous êtes comme des flics.
Vous écoutez pas ce qu'on vous dit. Vous vous en foutez, quoi.
Vous faites quoi ?
- Je prends l'affaire. - Il n'y en a pas. Vous le savez.
Désolée, mais si la copine de ce garçon...
Tom. Il s'appelle Tom.
Elle doit avoir ses raisons.
Il a le droit de les entendre, ses raisons.
On ne disparaît pas comme ça sans aucune explication.
Vous voyez ?
- Votre café. - Merci.
Tom ! Tom !
Bon... Attends.
Attends. Si à l'arrivée,
tu apprends que Julia voulait plus de toi, tu es prêt à encaisser ?
Monsieur, Nora Abadie est là. Oui, oui, devant moi.
OK.
Oui.
Bertrand ?
Pourquoi tu me fais surveiller ?
Le gamin cherche la fille, on cherche le père.
Ils doivent être ensemble. T'es bien placée pour nous aider.
- Je suis pas sur cette affaire. - Ton associé y est, lui.
C'est un hasard, si ce gamin débarque chez toi, ex-agent de la DGSE,
pour chercher la fille de Malki, ex-agent de la DGSE ?
Je bosse plus pour vous.
Mais t'es contente de nous trouver pour avoir des infos.
Vous voulez quoi à Malki ?
Disons qu'il a pris quelque chose qui ne lui appartenait pas.
Tout est là-dedans.
Tu sais comment ça marche.
Tu nous aides, ça me rend service, et tu évites les complications.
Tu peux plus me compliquer la vie, Bertrand.
Mais je peux sérieusement compliquer celle de ton associé.
Philippe Roche, c'est bien ça ?
J'ai touché juste, on dirait.
Attention, Nora.
Mélanger business et sentiments, ça t'a jamais réussi.
Tu le laisses en dehors de tout ça.
Simon Sawley.
- C'est S, a, w, l, e, y. C'est ça ? - Oui. Il est anglais.
Et musicien. Enfin, s'il l'est toujours.
Vous avez des éléments ? Des trucs, photos...
Non.
J'ai recherché sa trace sur Internet, les sites musicaux,
je n'ai rien trouvé.
Je veux savoir si vous pouvez m'aider.
Bien sûr que je peux vous aider.
Vous l'avez vu quand pour la dernière fois ?
Il y a 20 ans.
"20 ans" ?
- Ça pose un problème ? - Non, pas du tout.
Si vous devez retourner 20 ans en arrière pour trouver un mec,
je suis un peu mal barrée.
- Vous avez quel âge ? - J'ai 20 ans.
Je suis qualifiée pour votre enquête.
J'avais votre âge, quand j'ai rencontré Simon.
- Votre mère doit être fière de vous. - Peut-être. Je sais pas.
Je vous donne la carte de l'agence. Et je vous tiendrai au courant.
Ça ne va pas ?
Si, ça va.
Très bien.
C'est à droite là.
Vous m'expliquez ce qu'on fait, là ?
Je suis encore passé sonner hier soir, il y a personne.
T'es mécano ou détective, toi ? Laisse-moi faire.
Putain. C'est quoi, ce bordel ?
Il y a 3 jours, il y avait encore leurs affaires partout.
Plutôt efficaces, les déménageurs.
- Il fait quoi, le père de Julia ? - Antiquaire.
Il y avait tout le temps des objets d'art partout dans les cartons.
Maintenant, c'est comme si Julia avait jamais habité là, quoi.
Sérieux, c'est quoi, ce délire ?
J'en sais rien, mais on va trouver.
Comment t'as eu l'idée de faire appel à nous ?
Avec Julia, en ouvrant l'ordinateur de son père, il y avait votre site.
Je me suis souvenu du nom. C'est tout.
Julia, ça l'a pas surprise ?
Non. Elle a rigolé.
Elle a dit que son père avait dû se tromper.
Un truc comme ça.
- Le père de Julia vous a contacté ? - Non, justement. Allez, viens.
Je connais ce parfum.
Mais pardon, pardon.
- Que faites-vous là ? - Je viens vous aider.
Bien sûr. Toi, tu bouges pas.
Venez avec moi.
Je pouvais pas savoir. Vous faisiez quoi, là ?
C'est moi qui pose les questions. Vous faites quoi là ?
Cette affaire vous intéresse ? Comment vous avez eu l'adresse ?
Bonjour. Vous êtes les nouveaux voisins ?
Oui. Enfin, peut-être.
Voilà. On visite, on se tâte. Hein, chérie ?
- Vous connaissiez le locataire ? - Monsieur Malki ? Bien sûr.
Entrez donc. J'allais me servir un cognac.
- À cette heure-ci ? Pourquoi pas ? - Non. C'est gentil, mais non.
- Vous disiez, donc, M. Malki ? - Un homme charmant.
Bien sûr, je ne suis pas vraiment surprise de son départ précipité.
Si vous n'avez pas le temps, je ne vais pas vous retenir.
Un petit cognac à 10 h du mat, ça se refuse pas.
- Allez, pupuce. - Entrez donc.
Allez.
À la nôtre.
- Donc des types devant l'immeuble. - Oui.
J'ai vu M. Malki qui faisait demi-tour dans le hall
en les voyant dehors.
Vous les avez revus ?
Parce qu'avec ma femme, on voudrait un endroit calme.
Hein, ma pupuce ?
Ici, il ne se passe rien.
Non, je ne les ai pas revus. Mais deux jours plus tard,
M. Malki avait déménagé.
Mais peut-être qu'il avait des problèmes d'argent.
Le loyer est pas donné.
Rien n'est trop beau pour toi, pupuce.
Tu sais que j'aime pas quand tu m'appelles "pupuce".
- Mon doudou. - Non, non.
À mon avis, M. Malki, il avait les moyens.
D'ailleurs, il s'habillait d'une façon exquise.
- On nous a dit qu'il a une fille. - Charmante enfant.
Charmante.
Un jeune garçon venait la voir. Je crois qu'elle s'en était lassée.
Pourquoi ?
À son âge, on a envie de multiplier les expériences sexuelles.
Quand j'avais son âge...
Pourquoi vous pensez qu'elle s'est lassée ?
Parfois, quand le petit sonnait,
Julia faisait comme si elle était pas là.
Et après, je la voyais sortir avec son père.
- D'accord. - Hein ?
Moi, je me suis posé des tas de questions.
Arrêtons de se poser des questions. Prenez-en. Allez.
Des mecs devant chez elle ? Pourquoi ? Ils voulaient quoi ?
Pour l'instant, on n'en sait rien.
De toute façon, je t'appelle dès qu'on a du nouveau.
- OK. - Allez, à plus.
Son cognac m'a déchiré.
Vous en pensez quoi ?
Peut-être qu'il se raconte des histoires,
mais ça explique pas les mecs bizarres.
Les témoignages d'une alcoolique et commère ? Il faut relativiser.
Pourquoi cet intérêt pour une affaire sur laquelle on va rien gagner ?
J'ai changé d'avis. J'ai le droit.
C'est vrai qu'il est touchant, ce...
- Il s'appelle Tom. - Voilà.
Il faut un point de vue féminin.
Vous buvez quand même comme un cosaque.
Et vous, comme une jeune fille.
Puisque vous y tenez tellement, à cette affaire, on continue.
Alors je résume :
je sors les relevés d'appels du père et de la fille,
j'épluche les dépenses de Malki, déménageurs, billets d'avion...
Tout ça pour un gamin qui s'est fait largué ?
- On en fait pas trop ? - Non.
Et en plus, il faut le faire vite.
Vous allez où ?
J'ai rendez-vous.
Avec qui ?
C'est personnel. Mais à vous deux, vous devriez y arriver, non ?
Comment tu peux la supporter ?
Pourquoi cette affaire l'intéresse ? Pas le genre de came de mademoiselle.
J'ai l'intention de le découvrir.
Tu peux me faire analyser ça ?
- C'est le truc de ton oncle, ça. - César ?
Son truc, c'est me prendre la tête depuis que j'ai 8 ans.
Arrête. C'est une vieille histoire.
- Pas César. - OK, OK.
Santo, Philippe.
- Oui. Nora a dit si elle repassait ? - Ben, non.
- C'est quoi, tout ce courrier ? - C'est Hugo.
Ah bon ? Et c'est quoi ?
Il repart en laissant un tas d'enveloppes.
Il dit que c'est pour l'école.
Ton frère fabrique quoi avec tout ça ?
C'est pas à moi de le surveiller. Je suis pas sa mère.
T'avais rien à me dire ?
Non. Pourquoi ?
Non. Pour rien.
Je vous laisse.
C'est quoi, ces enveloppes que t'envoies de l'agence ?
C'est pour le club de lecture.
On envoie des livres à des enfants défavorisés.
Tu fais partie de ce club, toi ?
- Depuis quand ? - Ben, longtemps.
Il faut te tenir au courant.
J'ai eu 19 en maths. La prof dit que j'ai eu le déclic.
C'est pas un déclic, là. C'est de la mutation génétique.
Grave.
- Je vais me coucher. Bonne nuit. - Bonne nuit.
Voilà ce que mon fils envoie à je ne sais qui.
Xenia me fait la gueule. Il faut que tu m'aides.
Il faut que je t'aide ?
Isa, tu vas pas me faire ton numéro de psy.
Je viens voir la tante de mes enfants.
- Pourquoi mon fils est névrosé ? - Hugo n'est pas névrosé.
C'est pas facile depuis que sa mère est partie on sait même pas où.
- On sait où, en fait. - Quoi ?
- Depuis quand ? - Hier.
- Et...? - Elle est en Afrique.
Anna t'a appelé ?
Elle a envoyé des photos avec un mot.
Elle s'occupe d'enfants dans un camp de réfugiés.
- Tu l'as dit à Hugo et Xenia ? - Que je leur dise quoi ?
Votre mère a tout plaqué et se fout comment vont ses enfants.
- Tu sais pas ce qu'Anna ressent. - Je préfère ne rien dire.
Je voudrais que tu parles à Hugo de ces magazines.
C'est ton rayon, ça.
Je peux pas recevoir mon neveu en consultation.
Pas en consultation, mais comme ça, pour discuter.
Je suis sûr qu'il va te parler.
- T'es sa tante préférée. - Oui, je suis sa tante préférée.
Et en même temps, il en a pas d'autres.
Regarde ça.
"Arrivée à 15 ans en France avec sa mère, bac à 16 ans,
"sortie de Sciences-po à 19 et agrégée d'économie à 22."
- Simon ? Il n'est pas musicien ? - Pas Simon, Colomba.
C'est une surdouée.
Vie affective, c'est moins réussi : mariée, divorcée, pas d'enfants.
Mais ça se fait, d'enquêter sur ses clientes ?
Oui. Ça peut aider.
- J'ai encore rien trouvé sur Simon. - Moi non plus.
Surtout qu'il est sur aucun réseau. Et sans photo, c'est pas simple.
- C'est qui, la femme avec Colomba ? - C'est sa mère.
- T'as remarqué ? - Quoi ?
Les photos d'elle avec sa mère.
Là, elle est bébé, gamine, ado. Et là, elle doit avoir 19 ou 20 ans.
Après, plus de photo où elles sont ensemble.
C'est pas l'âge où Colomba est tombée amoureuse de Simon ?
Mais si.
- Bonjour. - Bonjour.
On peut vous offrir un café ?
- Vous connaissez ma fille ? - Ouais.
Je suis détective, et Colomba m'a engagée...
Nous a engagés.
On vient vous voir car les parents mémorisent des trucs pas possibles.
Par exemple, mon père, il peut réciter les noms
de mes petits copains de la maternelle jusqu'au CP.
Je ne comprends pas. Colomba vous a engagés pour me contacter ?
Non, pas du tout.
Vous vous voyez plus ?
Je peux vous aider ?
Colomba est à la recherche d'un ancien amoureux, Simon Sawley.
Vous pouvez nous en parler ?
Je me souviens vaguement d'un Simon.
Ça n'a pas duré. Je n'en sais pas plus.
Colomba n'était pas le genre à se confier.
- Je dois retourner travailler. - Mais...
Je vous présente notre ami Malki.
Je vous écoute.
J'ai interrogé plusieurs antiquaires.
Malki a commencé à avoir des problèmes :
soupçons de recel, comptabilité douteuse.
Il a fermé sa boutique sans prévenir en laissant des ardoises partout.
Autre chose ?
Allez jeter un oeil dans cette boutique.
Sauf si c'est fait ?
Pourquoi vous dites ça ?
J'ai les infos demandées, et même plus.
Ça a pas l'air de vous étonner, ce que je vous raconte.
Si ça vous intéresse pas, dites-le.
Vous avez quelque chose à dire ?
Bon.
Compte bancaire clôturé,
lignes téléphoniques et bail de l'appartement résiliés,
voiture vendue à un garage voisin.
Bref, les Malki se sont volatilisés.
- On le savait déjà. - C'est pas tout.
- Vous en saviez beaucoup. - Je sais où ils sont.
Quoi ?
Ah, quand même. Ils sont à l'île Maurice.
Ils sont partis le lendemain du déménagement.
Dites pas merci, surtout.
Oui, César.
Ah, super. Merci. Oui, à tout de suite.
- Non, pas César. - Arrête de faire la gueule.
Sans lui, ça nous aurait pris plus de temps.
Expliquez-moi.
C'est son oncle, César.
Il en veut un peu à Philippe.
Ça fait 30 ans qu'il me soûle avec cette histoire.
Quelle histoire ?
C'est une histoire de gosse.
On passait nos vacances chez lui.
Comme j'étais créatif, j'avais fait un système de surveillance.
Pour savoir qui piquait le chocolat.
- On m'accusait et j'avais rien fait. - C'était sa soeur.
Isabelle a jamais pu résister au chocolat, et ça continue.
Bref. César s'est fait piquer avec la voisine, sa femme l'a quitté,
et depuis, il m'accuse d'avoir brisé son mariage.
D'accord. Quel rapport avec Malki ?
César dirige un laboratoire de recherche médicale.
Il a analysé le comprimé que Philippe a trouvé.
Quel comprimé ?
- Vous auriez pu m'en parler. - J'allais le faire.
Vous êtes partie à votre rendez-vous. Il s'est bien passé ?
Je comprends pourquoi mon frère est ravi de votre collaboration.
C'est un honneur de vous offrir ma modeste contribution.
Bonjour, César.
- Tu vas bien ? - Bien, et toi ?
César est l'un des meilleurs.
Tu peux lui demander s'il a les résultats ?
- Ton beau-frère m'énerve. - Comme je vous comprends.
Néanmoins, ça nous aiderait de connaître vos conclusions.
Chère Nora, le savoir s'incline devant la beauté.
C'est un traitement anticancéreux, mais pas n'importe lequel.
Une molécule à la pointe de la recherche sur certains cancers :
sarcome, tumeur testiculaire.
Malki serait malade ? Dans ce cas, il a forcément suivi un traitement.
Recherchez dans tous les hôpitaux de la région. Quoi ?
Une femme qui a de la poigne. J'aime beaucoup.
- Tu veux un gâteau ? - Non, merci.
Tu voulais me voir ?
- Je voulais juste te parler. - Papa aussi.
- Ton père voulait parler. - Il voulait qu'on parle.
- Que vous parliez. - C'est ce que j'ai dit.
Tout le monde veut me parler.
"Tout le monde" ?
Tu répètes ce que je dis ? Ça me stresse.
J'essaie juste de t'encourager à poursuivre ta pensée.
Une technique de psy ?
- Ça marche ? - Ça dépend avec qui.
- De quoi tu veux parler ? - De quoi tu veux parler, toi ?
- C'est toi qui voulais qu'on parle. - Commence, après je parlerai.
J'ai rien à dire. Ah si !
- J'ai eu 19 en maths. - Et les magazines pornos ?
- C'est mes Playboy. - Tu nous expliques ?
- Tu lui as donné ça ? - Mais non.
Hugo voulait un localisateur GPS.
Je t'avais dit non. T'es trop jeune pour ces gadgets.
Tu peux parler, Philippe.
Hugo, je te dirai comment il était, à 8 ans.
Je lui ai dit : on n'a rien sans rien.
Je lui ai proposé de revendre mes Charlie Hebdo.
Apparemment, il est tombé sur ma collection de Playboy.
C'était pas dans le deal. T'es un petit voleur.
- À qui tu vendais ces magazines ? - Sur Internet.
- T'as vendu mon numéro ? - "Ton numéro" ?
Ah, là. Voilà.
Playmate, juin 1962. Tu te souviens, Max ?
C'était juste une fois. À l'époque, on en montrait moins.
- Regardez comme... - Non, ça va.
- Pas envie de voir ma mère à poil. - Je ne suis pas à poil.
Je suis cachée par ce joli petit arrosoir.
- Maman... - N'est-ce pas, chéri ?
C'est la dernière fois que tu me baratines comme ça.
"Des livres pour les enfants défavorisés" ! Tu parles.
D'ailleurs, pourquoi tu veux ce localisateur ?
C'est pour retrouver maman.
Je peux vous aider ?
M. Roche ? Jean-Marc Hébélat, préfecture de police.
Je vous ai pas entendu. On vous attend.
Oui. Merci.
J'ai du boulot, mais je vous écoute.
Votre agence va faire l'objet d'un contrôle.
Ah bon ? On a l'agrément de la préfecture.
Oui.
Pour l'instant.
"Des activités illégales" !
- Ils ont rien pour fermer l'agence. - Pas encore.
C'était une première visite de courtoisie.
Très inhabituel de leur part, mais la menace était claire.
Alors ? Si vous m'expliquiez ce qui se passe.
Plus tard. Je reviens.
- Pourquoi envoyer la préfecture ? - Maintenant, tu me réponds.
C'est juste un rappel.
T'en es où avec Malki ? Des éléments nouveaux ?
Tu m'as demandé de le retrouver.
Charles ?
Vous avez eu Marc ? Il a toujours rien trouvé ?
Pas encore. Il y a un truc qui me semble bizarre.
Si Malki est malade, pourquoi il va à l'île Maurice ?
Je sais pas. Se reposer entre deux traitements.
En emmenant tous ces meubles ?
On peut partir en vacances et déménager.
Répétez-moi ça droit dans les yeux, et peut-être que je vous croirai.
Julia n'est pas à Maurice.
Et vous savez ça comment ?
C'est un leurre pour brouiller les pistes.
Vous comptiez me le dire quand ? On travaille ensemble, non ?
On travaille ensemble, mais j'ai...
"Mais" ?
Je travaille plus vite.
Ce départ précipité est préparé. Malki a appelé des évaporateurs.
Des spécialistes dans la disparition des personnes recherchées.
Je sais ce que c'est. Malki serait recherché par qui ?
- Des gens à qui il doit de l'argent. - Et vous savez pas qui ?
Tiens. C'est une photo de Simon à l'époque du lycée.
- C'est pas top, mais c'est un début. - Comment t'as fait ?
J'ai cherché s'il avait pas été dans un lycée bilingue à Paris.
Je l'ai trouvé, je me suis inscrit sur le site des anciens élèves et...
- Voilà. - Cool.
C'est pas la mère de Colomba qui nous aidera.
Elle se souvenait de Simon. Il y a un truc chelou.
Vous avez contacté ma mère ?
Je ne veux plus qu'elle se mêle de ma vie. Ça ne la regarde pas.
Si ça la regarde, de savoir ce qui se passe dans votre vie !
Si j'avais une mère, j'aimerais qu'elle s'intéresse à ma vie.
Ça va pas ?
Enfin, pas moi, en général.
J'ai une mère.
Je dis ça pour vous. Votre mère, elle a l'air plutôt cool.
C'est une photo de Simon, ça ?
Oui.
Hé ! Je suis passée à la péniche.
C'est super cool, la photo de mamie et son petit arrosoir.
Pourquoi t'as parlé à une cliente comme ça, ce matin ?
Quoi, Colomba ?
Elle est contente. On avance grave sur son affaire.
Je parle pas de ça.
Je sais que ta mère te manque, mais vous lui manquez aussi.
Qu'est-ce que t'en sais ? T'as des nouvelles ?
Aimer de loin, c'est facile.
Marc, t'as du nouveau ?
J'ai épluché les fichiers des hôpitaux.
Aucun patient correspondant à la description de Malki.
Je pourrais être dans le coma, maman serait même pas au courant.
T'es là ?
Marc, c'est pas Malki qui est malade. C'est sa fille.
Alors ?
Aucune Julia Malki dans aucun hôpital.
Sauf si elle y est sous un autre nom.
Regardez.
- C'est un bracelet d'hôpital, non ? - "Maillard."
Pas d'autres indices-surprises ?
Julia Maillard. La voilà.
Alors... Planning. Voilà.
Ses rendez-vous ont été annulés la semaine avant sa disparition.
Comment Malki a pu interrompre le traitement de sa fille ?
C'est pas le genre à avoir des états d'âme.
Il devait de l'argent.
Il a pu arnaquer la mauvaise personne et il fait soigner sa fille ailleurs.
Julia souffre d'une forme rare de la maladie de Hodgkin.
Ça veut dire quoi ?
C'est un truc sérieux qui s'attaque aux poumons.
C'est pas possible. Julia allait super bien.
Elle voulait qu'on fasse des trucs tout le temps.
J'avais même du mal à la suivre.
Je suis pas con. Je l'aurais remarqué, si elle avait...
votre merde, là.
Vous croyez pas ?
Dans ce genre de maladie, il y a les bons et mauvais jours.
Elle était peut-être distante à cause de ça.
OK.
Et on sait toujours pas où elle est, quoi ?
On cherche du côté des labos privés. On va la retrouver. Je te le promets.
Génial, ce logiciel de vieillissement.
- Il est pas mal, pour un vieux. - Ouais.
Ça lui ressemble vraiment ?
Le logiciel va matcher avec une photo de lui plus récente sur Internet.
Ça mouline toujours.
Ça y est.
On a un match positif.
- Le guitariste Wislene Amos. - C'est lui. C'est son nom de scène.
Ça manque de jus. On se fait un break.
Simon, il y a deux personnes pour toi.
Colomba ?
- Qu'est-ce qu'elle veut ? - Ben, vous revoir.
Ça l'a bien marquée, votre histoire.
Elle a mis 20 ans à le savoir ?
C'est ça qui est beau.
Vous avez pas envie de la revoir ?
Elle vous a pas raconté ce qui s'est passé ?
Non. En même temps, Colomba, c'est pas le genre à raconter sa vie.
On avait 20 balais. On était fous l'un de l'autre.
Ne pas se voir même deux heures, c'était...
Avec mes parents, c'était l'enfer.
Musicien, chômeur, pour eux, c'était pareil.
Sa mère la forçait à étudier. On était bien qu'ensemble.
Alors on a décidé de se barrer.
On n'avait pas un rond, mais on tripait sur Venise.
On s'est dit qu'on improviserait une fois là-bas.
On s'est donné rendez-vous au parc des Buttes-Chaumont.
C'était con,
mais romantique.
- Et elle est pas venue, c'est ça ? - Si.
Pour dire qu'elle venait plus.
Sa mère l'avait convaincue que c'était une connerie.
Milena ?
Je comprends mieux le froid entre Colomba et sa mère.
Elle lui en veut.
Moi, rien ni personne ne m'aurait empêché de partir avec Colomba.
J'ai fait une croix sur Venise et je suis parti aux États-Unis.
Même à des milliers de kilomètres, j'ai mis du temps à l'oublier.
Il est pas trop tard.
Attendez, si Colomba était partie avec moi, on serait encore ensemble.
Elle a vécu sa vie, et moi la mienne. Remuez pas le passé.
Vous m'avez pas retrouvé.
- N'importe quoi. - C'est une connerie.
Tu veux que je l'envoie de force voir Colomba ?
- L'amour et tout ça, on s'en fout ? - Non, on s'en fout pas.
On laisse tomber, on baisse les bras ?
D'abord, c'est pas nos bras, c'est les siens.
OK, t'as raison. Je sais ce qu'on va faire.
J'ai vite trouvé le labo.
L'hôpital aussi, et Julia n'était pas sur les fichiers.
Ça y est.
Déjà ? C'est vrai que vous travaillez vite.
J'ai pas piraté le site de la NASA.
D'ailleurs, vous devriez changer vos mots de passe.
- Vous avez touché à mon ordi ? - C'était pour l'agence.
- Je vous ai installé des pare-feux. - Ben, voyons.
Là !
"Julia Maillard, 24 ans, lymphome localisé dans les poumons."
Dernière séance du protocole : vendredi 12, à 10 h.
C'est demain.
- Quitte pas. - Bonjour.
- Bonjour. - La chambre de Julia Maillard.
- Je suis son oncle. - D'accord. Maillard...
Je regrette, mais les visites sont strictement interdites.
Son père a laissé des instructions.
Je suis son oncle préféré. Je lui ai promis de venir la voir.
Je suis désolée, mais je ne peux pas. Laissez-lui un petit mot.
- Vous allez le lui remettre ? - Je vous le promets.
- Madame, c'est pour quoi ? - Oui, j'ai rendez-vous avec...
Ça va ?
Monsieur, ça va pas ? Appuyez-vous sur moi.
- On va aller s'asseoir là. - Là ?
On va s'asseoir ici, hein.
- Un verre d'eau. - Oui. Vous pouvez respirer ?
- Difficilement. - Je reviens.
Nora ? Qu'est-ce que tu fais là ?
Laisse-moi parler.
Tom nous a engagés pour trouver Julia. Je suis là pour t'aider.
- Attends. - La porte.
- C'est mon associé. - Papa, arrête.
Bonjour, Julia.
Le médecin m'a expliqué qu'il y avait un traitement expérimental.
Il y avait que 10 places.
J'ai tout fait pour qu'elle soit sélectionnée.
En payant le labo.
C'est ma fille. Mon unique enfant.
Julia avait 13 ans quand la maladie s'est déclarée.
Il y a eu des rémissions et rechutes. Tout est passé dans les traitements.
Je me suis endetté.
Et Julia a toujours su faire face.
À la dernière rechute, j'ai senti qu'elle flanchait.
Alors...
Comme j'étais dans une situation financière désespérée,
j'ai détourné les fonds de la DGSE pour payer le labo
et assurer notre évaporation.
J'ai jamais rien volé de ma vie.
J'étais prêt à faire pire et je le ferai pour sauver ma fille.
La DGSE ?
C'est pour ça ?
Les voilà.
Tu m'as piégé ?
Prenez la voiture. On se retrouve de l'autre côté.
Viens.
Merde.
J'y retourne.
Non ! David, non !
Allez ! Allez !
Vous les avez prévenus ?
Vous me prenez pour qui ?
Vous nous emmenez où ?
L'exfiltration est pour bientôt.
Vous louperez pas votre avion.
Pourquoi vous m'avez fait venir ici ?
C'est joli. Vous aimez pas cet endroit ?
Non.
Dites-moi ce qu'on fait là.
En fait, on est là pour parler de votre mère.
Je sais que vous voulez pas.
Ça sert à rien de rester fâchées, je vous jure.
Elle a ramé toute sa vie.
Vous alliez gâcher vos études sur un coup de tête.
Si elle vous a convaincue de pas partir avec Simon, c'est juste que...
elle voulait une meilleure vie pour vous.
Elle ne voulait pas que je vive.
Mais si.
La conversation est terminée.
Putain !
Yes!
Je savais qu'il viendrait.
Merci.
Merci.
Attendez, attendez.
Venise.
Avec les compliments de l'agence Abadie Roche, fils et petite-fille.
Merci.
Yeah!
Il fallait lui dire que c'était vous, les billets.
C'est l'occasion en or de vous rapprocher de votre fille.
Parfois, on aime mieux ses enfants quand on les aime de loin.
Oui, Charles. Merci de me rappeler.
Malki t'a filé entre les doigts ? Ne me prends pas pour un con.
C'est toi qui me sous-estimes.
Ton associé peut dire adieu à son agence.
"Notre" agence.
Ton boss tient à ce que je la garde.
T'as appelé Charles ?
Un ex-agent, ça peut toujours rendre des services.
Et sur des dossiers plus compliqués que Malki.
T'as changé.
Oui, j'ai changé. T'imagines même pas à quel point.
Ah, c'est Charles.
Si j'étais toi, je prendrais cet appel.
Oui ?
- Ça va ? - Oui. Elle va guérir.
- J'en suis sûr. - Je te crois.
Elle a de la chance. T'es un mec bien.
Votre meuf, vous l'avez retrouvée ?
Oui.
Elle préfère que je fasse comme si je savais pas où elle était.
C'est compliqué.
Oui. Dur.
Bon. On y va ?
Au fait, mec...
Merci.
Si on perd l'agrément, on ouvrira un resto.
L'agence ne risque plus rien.
Comment vous aviez compris, pour Malki ?
En allant chez lui.
Il avait blanchi les fenêtres pour déménager discrètement.
Bravo.
Et aussi, j'ai vu que mon associée s'intéressait à mon affaire
et qu'elle me prenait pour un débutant.
Je suis désolée. Je voulais protéger l'agence.
- Vous vouliez me protéger ? - Pas vous, l'agence.
- C'est gentil, ça. - L'agence !
C'est ma femme qui m'a envoyé ça.
C'était ça, vos photos de vacances ?
Je sais pas pourquoi elle m'a pas appelé.
Il y a des choses trop difficiles à dire.
Vous pouvez les brûler avec le reste.
Non.
Malki s'est évaporé, mais ça, Hugo et Xenia ont le droit de savoir.
Non ?
Si.
Il faut que je te dise un truc.
Non. Moi, d'abord. C'est important.
Hugo, tu peux descendre, s'il te plaît ?
- Il faut que je te parle. - Encore ?
Tenez.
C'est votre mère qui m'a envoyé ça.
Elle revient quand ?
Je sais pas.
Mais ça veut pas dire qu'elle pense pas à vous.
C'est Nora.
Ça y est, ça bouge.
Philippe vient de recevoir des nouvelles d'Anna.
Oui, je vous tiens au courant.
Sous-titrage : Eclair Group
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