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Zulu
Voilà le travail : 3 sur 3.
Tu relèves le défi ?
Ouais.
Relevé.
- Ensemble, cette fois, OK ? - Ouais.
Tu crois pas que c'était maman ?
Non.
Elle lui ressemblait.
Tu l'as vue de loin.
Allez, à 3.
T'es prêt ?
- 1... - Papa ?
- 2... - Je t'aime.
Yes!
C'est nul.
- Je prends le ballon de foot. - Non.
Il a triché, on va prendre
l'ours en peluche.
- C'est pas sympa. - Il a triché.
- Non ! - Il est magnifique, cet ours.
Merci, monsieur. Bonne journée.
Dis-moi, toi. Où tu as appris à tirer comme ça ?
C'est naturel.
Ça n'a rien à voir avec le pistolet pour ta console de jeu ?
Non. T'as pas voulu me l'acheter.
T'aurais pas demandé à tes grands-parents de l'acheter ?
- Hein ? - Si. OK.
Je vous cherche depuis 10 minutes.
- Bonjour. - Oui, bonjour.
Tiens. On se retrouve ici, dans 30 minutes, OK ?
OK.
C'est sa mère. Ça le travaille.
Vous croyez que c'était elle ?
Si c'est elle, elle sait où nous trouver.
Pourquoi me donner rendez-vous ici ?
Valentine Herrouard.
Une prof condamnée pour le meurtre d'un surveillant, son amant.
Le procès a lieu dans 1 mois.
Cette kermesse récolte des fonds pour mobiliser l'opinion,
payer des avocats, et engager
des détectives pour une contre-enquête : nous.
Les contre-enquêtes pénales, c'est votre truc à vous.
Tout l'accuse. Si on échoue, personne nous en voudra.
Mais si on arrive à la faire acquitter,
ce sera bon pour l'agence, donc pour vous.
C'est avec ces arguments que vous comptez me convaincre ?
Oui.
On commence par quoi ?
Demandez à ceux qui nous soutiennent.
Ma mère est innocente.
Tu peux t'occuper du service ?
Oui.
Vous pensez pouvoir nous aider ?
Mais on est là pour ça.
On va revoir toutes les pistes envisagées par la police.
Valentine était la coupable idéale.
On ne condamne pas quelqu'un parce que sa tête vous revient pas.
Non. C'est vrai.
D'autant plus que tout l'accusait.
- Mais vous la croyez innocente ? - Oui.
Mais écoutez, ça fait 2 ans que ma mère est en prison.
Il faut la faire sortir de là.
S'il vous plaît.
S'il vous plaît.
- Dix minutes maximum. - Promis.
C'est tout ce que l'avocat nous a obtenu.
Après, vous lâchez l'affaire ?
Ne partez pas avec des préjugés.
Je vous promets d'être ouverte d'esprit.
Je vous remercie.
Vous avez rencontré ma fille ?
Quand elle vient me voir ici, elle joue les fortes, mais...
Vous qui l'avez vue à l'extérieur, elle va comment ?
Elle s'inquiète beaucoup pour vous.
Vous avez des enfants ?
Deux.
- Ensemble ? - Non.
C'est vraiment une fille bien.
Je veux pas qu'elle gâche sa vie...
On a pas beaucoup de temps.
Racontez-nous ce qui s'est passé le soir de la mort de Franck Chaïbi.
Oui. Il était tard.
J'étais restée au lycée pour finir les annotations sur les bulletins.
Chaïbi profitait d'une salle de classe pour réviser ses partiels.
C'est ce qu'il m'a dit.
Ça a été confirmé par le gardien du lycée.
Oui. Il faisait froid. On s'est croisés à la sortie.
Il m'a demandé si je pouvais le rapprocher du métro.
J'ai accepté, il est monté dans la voiture.
On est partis. Mais 200 m plus loin,
je me suis arrêtée parce que mon pneu était à plat.
Il m'a aidée à changer la roue.
Il m'a agrippée. Il a essayé de m'embrasser.
Je l'ai repoussé.
Il a pas insisté. Et je suis repartie en le laissant...
là où on l'a retrouvé le lendemain.
Le crâne fracassé de deux coups de cric, avec vos empreintes dessus.
Oui. Je me suis dit :
"Laisse l'arme et tes empreintes dessus. Ça aidera la police."
Et pourquoi vous avez tenté de fuir lors de votre interpellation ?
Je n'ai pas fui.
J'ai même pas vu la voiture de police.
Pour votre arrestation, vous vous êtes débattue.
Quand deux flics se jettent sur vous, vous menottent,
et que vous savez même pas pourquoi,
oui, il y a de quoi paniquer.
Oui. Vous étiez la maîtresse de Franck Chaïbi ?
Non.
Sans pouvoir le prouver.
Vous jouez à quoi, là ?
Je ne joue pas.
Mon associée pense que vous êtes coupable et qu'on perd notre temps.
- Pardon ? - Oui.
Moi, j'en sais rien.
Je pense que le dossier a des failles mais...
Que pourriez-vous me dire qui m'aiderait à la convaincre ?
Allez vous faire foutre.
C'est fini.
Alors là, bravo.
Je suis désolée.
C'est perdu d'avance, tout est contre elle.
Vous pouvez pas nier que le dossier a été mené à charge.
Un gamin,
Jules Simeray,
dit avoir vu Herrouard embrasser Chaïbi.
Un gamin face à des flics ?
Ça ne vous suffit plus de chercher la vérité,
il faut la réinventer ?
Vous auriez dû faire avocat. Mais ça, là, ce sera sans moi.
C'est chaud.
Je dis pas que Valentine Herrouard est innocente,
mais que l'enquête a été biaisée et que des éléments ont été omis.
Qu'est-ce que vous ne comprenez pas ?
Faites équipe avec Marc.
Arrêtez de me coller.
Salut. Ça roucoule ?
- C'est quoi, ça ? - Rien.
- Tu fais quoi, sur cette affaire ? - Rien.
Dites-lui, qu'on rigole un peu.
Herrouard passe en procès dans 1 mois.
Sa famille veut une contre-enquête. Super Philippe intervient.
Putain, Philippe !
Cette femme a été condamnée, par un jury populaire.
Tu peux pas envisager que la police et la justice ont fait leur job ?
C'est une contre-enquête pénale, c'est pas le procès de la police.
Tu veux prouver quoi ?
Lors de l'interpellation, ta Valentine,
elle s'est barrée. Et quand on l'a arrêtée,
il a fallu 3 gars pour la maîtriser.
Je suis pas psy, mais cette femme a des trucs à se reprocher.
- Vous étiez sur l'enquête ? - Oui.
Je comprends que t'aies ta vision de l'affaire.
Mais c'est pour ça...
Que vous me vouliez.
Mais merde !
Tout l'accuse, votre bonne femme !
Ses empreintes sur l'arme du crime, son ADN sur le visage de la victime.
- Son déni de leur liaison ! - C'est une affaire pourrie.
- Mais il veut rien entendre. - C'est pas ça.
Juste me prévenir avant de dire oui, t'y as pas pensé ?
Tiens, je me sens pas bien.
J'ai la fièvre. T'as qu'à te démerder avec Lara Croft.
C'était pour moi, "Lara Croft" ?
Les images ne sont pas très bonnes, c'est moi qui les ai prises.
Il y a rien de bien méchant, dans ce que je vois, madame.
Georges travaillait dans un garage du 16e.
Un vrai orfèvre de la mécanique.
Il adorait ça.
Il a très mal vécu sa mise à la retraite. Il se sentait inutile.
Puis, sa pension ne nous permet pas de vivre.
Et puis, depuis à peu près 1 mois,
il est à nouveau guilleret, joyeux.
Je sens qu'il me cache quelque chose.
Vous pensez qu'il vous trompe ?
Quand il rentre le soir, il a un parfum à la pêche, sucré.
Et vous avez essayé de lui demander où il allait ?
Officiellement, il va voir ses amis, se promener, faire des courses.
C'est peut-être le cas.
Je sais pas.
C'est à vous de me le dire.
Jules Simeray, ça te dit quelque chose ?
Oui, c'est lui.
Merci.
Bonjour, Jules. Philippe Roche, agent de recherches privées.
J'enquête sur la mort de Chaïbi.
La police t'avait interrogé.
- Tu te rappelles ? - Comme toute la classe.
Ouais. Sauf que toi, t'as vu quelque chose.
T'as vu Valentine Herrouard embrasser Franck Chaïbi. C'est ça ?
C'était il y a 3 ans, je sais plus.
Tu t'entendais bien avec elle ?
Pas de problèmes scolaires ou disciplinaires ?
J'aurais inventé ça pour me venger de mes mauvaises notes ?
Non. Mais c'était quand, exactement ?
Ben... Je sais pas.
Il faisait encore jour à la sortie. Donc avant les grandes vacances.
Mai, juin.
Oui. Donc 6 mois avant la mort de Chaïbi, à peu près.
Pourquoi ça vous intéresse ?
- Parce que c'est terminé. - Pas vraiment.
Elle passe en appel dans 1 mois. Un peu une 2e chance, tu vois.
Si t'as quelque chose à dire...
Sauf que j'ai rien à dire.
Juste pour me faire plaisir, Jules, dis-moi exactement ce que t'as vu.
Dans une ruelle, j'ai vu Mme Herrouard...
C'est vous ? Votre père va bien ?
- Vous regardez quoi ? - Rien.
C'est Jules Simeray ?
Oui. C'est son interrogatoire. C'était dans le dossier.
C'est pas "une affaire pourrie" ?
C'est une affaire pourrie.
- Vous êtes accro, ça y est ? - Commencez pas.
Bon. Il disait quoi, à l'époque ?
J'ai vu Mme Herrouard qui embrassait un jeune
avec un blouson en cuir marron.
Il avait son col relevé. J'ai d'abord pas vu son visage.
Et après, il s'est redressé, et j'ai vu que c'était Franck Chaïbi.
On n'est pas plus avancés. C'est sa parole contre celle de Valentine.
Je l'ai interrogé tout à l'heure devant son lycée.
Je croyais que vous deviez aller voir votre papa.
Écoutez.
Dans une ruelle, j'ai vu Mme Herrouard embrasser un jeune
avec un blouson en cuir marron. Il avait son col relevé.
J'ai d'abord pas vu son visage. Et j'ai vu que c'était Franck Chaïbi.
C'est pas bizarre, un môme capable de répéter mot pour mot
le même témoignage à 3 ans d'écart ?
Comme un mensonge appris par coeur.
Je n'arrête pas de le répéter depuis le début : ce gamin ment.
Est-ce qu'il a tout inventé ou il a juste enjolivé ce qu'il a vu
pour les enquêteurs ?
Vous savez, ça commence à me fatiguer.
Ah oui ? Comme vous nous l'avez très justement fait remarquer,
on n'a aucun moyen de prouver qu'il n'y a rien eu
entre Chaïbi et vous.
Ces rumeurs sur vos liaisons avec de jeunes hommes...?
La cougar du lycée.
Comme vous le dites, ce sont des rumeurs.
Vous avez pensé à ceux qui vous attendent dehors ?
Vous avez pensé à Tania ?
Elle gâche sa vie à vous défendre,
parce que vous n'avez pas le courage de dire la vérité.
Mais parlez-moi ! Je suis là pour vous aider.
Oui. J'ai trompé mon mari.
C'était qui ?
Un collègue de travail. Il a quitté le lycée.
Depuis, je ne sais pas où il est.
Vous devez quand même vous souvenir de son nom ?
Il est marié ? Il a des enfants ?
Vous avez peur de foutre sa vie en l'air ?
C'est ahurissant.
C'est comme si elle voulait rester en prison.
Elle protège quelqu'un.
Par amour ? Par peur que quelque chose
de plus terrible lui arrive ?
Je ne sais pas.
Vous aviez pas pris une salade ?
Reste à éplucher les archives, voir qui aurait pu être cet amant,
ou retourner voir Jules.
Il nous faut un levier. Sinon, il va nous envoyer bouler.
Allez, faites-vous plaisir.
- Je les reprends ? - Non.
Là, il est dans le bus.
Et là, il est à la descente du bus à Rueil-Malmaison.
Elles sont bien, tes photos. T'as pris l'appareil de l'agence ?
C'est mon portable. C'est un 8 Megapixel avec zoom.
Ah, formidable, oui.
Alors qu'est-ce qu'on aurait ? Le domicile d'une maîtresse ?
Une garçonnière ?
Tu te rends compte, papy ? À son âge !
Mais qu'est-ce que tu crois ?
Qu'on ne peut pas avoir une vie sexuelle après 60 ans ?
Heureusement que si. N'est-ce pas, chéri ?
Tu te souviens, il y a 8 ans, quand...
Vous pourriez refaire semblant d'être des petits vieux asexués ?
Je préférerais.
C'est pas parce qu'il est vieux qu'il est inoffensif.
Allô ?
T'étais pas censée revenir après ta filature ?
Je suis passée voir mon grand-père. Il va m'aider.
Mais on devait pas faire équipe ?
Oui. Mais c'est un retraité. Il a le profil parfait.
Ah bon ? Et moi, c'est quoi, mon profil ?
Mais t'es jaloux, là, ou quoi ?
Laisse tomber.
Nora t'a dit de me laisser au bureau. Amusez-vous bien.
Je n'arrête pas de le répéter depuis le début : ce gamin ment.
Est-ce qu'il a tout inventé...
Salut.
Tu fais quoi ?
Rien.
Une gardienne de Fleury a enregistré l'entrevue
entre Valentine Herrouard et Nora.
Il y a du nouveau ?
Ça se pourrait.
Mais qui pourrait remettre en cause ton enquête ?
J'ai toujours senti qu'il y avait un truc bizarre.
J'arrivais pas à dire quoi.
J'ai rien dit parce que tout accusait Herrouard.
Et le juge d'instruction qui voulait se la faire.
Il voulait boucler son dossier rapidement.
Je me suis fait avoir.
Arrête. Écoute, arrête.
T'inquiète pas, je suis sûre que t'as fait ce que t'as pu.
J'ai repensé à la manière dont tu m'as parlé de ce gamin.
Quel "gamin" ?
Celui dont tu t'es occupé. Tu sais, celui que tu m'as ramené à la maison.
Et...
je me suis dit que tu ferais un super papa.
Tu te fous de moi !
C'est un truc de psy pour changer de conversation. Bravo.
Non. Enfin, non, je...
Je pense qu'on devrait faire un bébé.
- Mais on a toujours dit... - Oui.
Oui, je sais.
On s'est toujours dit que... Enfin, bon.
Peut-être que là aussi, c'était une fausse piste.
Je peux te parler 2 minutes ?
On se connaît ?
J'étais flic sur l'affaire Herrouard.
Je te rassure, j'ai quitté la police.
J'ai l'impression que t'as pas tout dit à mon collègue.
Mauvaise impression.
Le type avec elle, c'était qui ?
Je lui ai dit :
c'était Franck Chaïbi.
Arrête de mentir.
Foutez-moi la paix.
- Ça pourrait être ta mère. - J'y suis pour rien.
Ce que j'ai dit a rien changé, elle était déjà coupable.
- C'est le juge qui me l'a dit. - Le juge t'a menti.
Herrouard est en prison parce que tout seul comme un grand,
tu as établi qu'elle était la maîtresse de Franck Chaïbi.
Tu confirmes toujours ?
C'est pas juste Mme Herrouard. Je voulais pas que...
Tu sais quoi ?
On va trouver un coin pour discuter.
Allez, viens. D'accord ? Allez.
D'après nos recherches,
le propriétaire de la maison de Rueil est un certain André Belhomme.
- Ça vous dit quelque chose ? - Oui.
C'est l'ex-patron de mon mari. Il habite Rueil, effectivement.
- Intéressant... - Et quelle est la nature
de leur relation ? - Très bonne.
André a pris une semi-retraite, il y a 8 ans.
Il ne passait que rarement au garage.
C'était pratiquement mon mari qui s'en occupait.
Leur relation a toujours été très bonne.
Parce que vous...
Vous avez une idée de ce que votre mari fait chez lui ?
Eh bien, André passe 6 mois de l'année aux Baléares.
Quand il était à Paris, mon mari s'occupait de son jardin.
Mais enfin, pourquoi ne m'en aurait-il pas parlé ?
Justement, c'est ce qu'on va essayer de découvrir.
Ça te dit, une petite virée à Rueil ?
- Je peux conduire ton scooter ? - Rêve.
C'est pour quoi ?
Bonjour. Excusez-moi de vous déranger. Je suis étudiante
en sciences sociales et je prépare un mémoire
sur la vie après la retraite.
Pouvez-vous répondre à mon questionnaire ?
Non, mais excusez-moi. J'ai pas le temps. Merci.
S'il vous plaît, monsieur ! Je vais pas vous agresser.
Ça prendra pas longtemps. Promis.
Et j'en ai vraiment besoin pour avoir mon diplôme, monsieur.
Je rêve ! Personne veut me parler, ici.
Bravo, la solidarité entre générations.
- Vous habitez le quartier ? - Oui. Juste là, au 12.
Bon !
- 2 minutes, pas plus. - Merci beaucoup.
Vous me sauvez la vie.
Il a des choses à vous dire.
- Vous deviez pas vous en mêler. - Vous non plus.
Merci.
C'était pas Franck Chaïbi, que j'ai vu embrasser Mme Herrouard.
C'était Adrien Morel.
Je le connaissais bien, c'était un pote de mon grand frère.
Il a vu que je l'avais vu, et il m'a demandé de rien dire.
Pourquoi ?
Il était en terminale et encore mineur.
Il disait que si ça se savait,
pour Herrouard et lui, ils auraient des problèmes.
Et donc tu n'as rien dit.
Non. En tout cas, rien sur Adrien.
Un jour, Mme Herrouard m'a collé.
Du coup, j'ai balancé à la classe que je l'avais vue avec un jeune.
Ça s'est répété : "Mme Herrouard se tape des petits jeunes."
Voilà, quoi.
Quand les flics sont venus m'interroger, j'ai eu peur.
J'ai eu peur pour Adrien, qu'il soit accusé de complicité.
Puis comme ça arrangeait tout le monde que ce soit Chaïbi...
J'ai merdé.
Oui.
Et cet Adrien Morel, là, tu sais où on peut le trouver ?
Non.
Je sais pas.
Oui, allô ?
Non, pas du tout.
Ne vous inquiétez pas, on s'en charge. Je vous rappelle.
C'était Nicolas Herrouard.
Tania a appris que sa mère avait un amant.
Elle a disparu.
Ben, voilà, c'est fait.
Merci pour votre aide.
J'espère que c'est bon pour vous.
En même temps vous savez, aujourd'hui, les diplômes...
Je pourrais juste utiliser vos toilettes ?
- Hein ? - Vos toilettes ?
Ah oui, oui.
En face, là. Là.
OK. Merci. Je fais vite.
C'est pas vrai !
Bonjour, monsieur. Excusez-moi de vous déranger.
Par hasard, vous n'auriez pas vu ma petite-fille ?
Elle est partie faire une enquête,
et elle n'est toujours pas rentrée.
Mais elle est ici. Elle allait partir.
Vous habitez là depuis longtemps ?
Vous préparez aussi un mémoire ?
Vous avez raison, ça ne me regarde pas.
Comme dit ma femme : chacun chez soi, et les moutons seront bien gardés.
Qu'est-ce qu'il y a ? Ça va pas ?
Attendez, venez là.
Oh là là. Je vais reprendre mon souffle,
mais il faut que je m'assoie, là.
Attendez.
- Je vais chercher un verre d'eau. - Merci.
Merci encore pour votre temps.
Papy ? Mais qu'est-ce que tu fais là ?
Je t'avais dit de pas t'inquiéter.
Avec lui, j'ai l'impression d'avoir 4 ans.
Allez, papy, on y va. Tu as fait un malaise, encore ?
Oui. Le souffle.
Mamie va pas être contente.
Bizarre, ça. C'est bizarre.
Oui, chérie ?
Tu devais pas rentrer plus tôt, aujourd'hui ?
J'ai du nouveau sur l'affaire Herrouard.
Mais tu bosses encore dessus ?
Sa fille a fait une fugue.
J'ai merdé avec la mère, je veux pas merder avec la fille.
Tu rentres dîner ou je te laisse ton assiette au frigo ?
Non. T'embête pas, parce que je...
Ça va ? T'as une voix bizarre ?
Non, tout va bien.
J'avais juste préparé un dîner en amoureux,
histoire de poursuivre notre conversation
de la dernière fois.
Je sais, je suis désolé.
Promis, on la reprendra, cette conversation.
Mais là, j'ai du boulot.
Tu m'en veux pas ?
OK, bon. Bonnes recherches.
Hé ! Je t'aime. Hé, oh !
Fait chier.
Monsieur Morel ?
Ouais. C'est pour quoi ?
Je me souviens. Elle a été arrêtée pour meurtre.
Adrien l'aimait beaucoup.
D'ailleurs, ça l'a choqué, cette histoire.
Mais même avant ça, Adrien n'était pas au mieux.
Au point de rater son bac et demander à changer de lycée.
Ça s'appelle l'adolescence.
Là, je viens de recueillir un nouveau témoignage.
Et apparemment,
Adrien avait une relation avec Valentine Herrouard.
Quoi ? Il était encore mineur.
Valentine Herrouard en assumera les conséquences.
Mais elle est emprisonnée pour un crime qu'elle a pas commis.
Si Adrien dit que c'était lui, son amant, et pas Chaïbi,
il peut la sauver.
Il ne vit plus chez moi depuis 2 ans.
Il squatte à droite, à gauche, chez des copains.
- Il faut vraiment que je lui parle. - Je sais pas où il est.
Je comprends.
Si jamais ça vous revient.
Mademoiselle, je crois que vous vous trompez de machine, là.
Oui. Pardon. Oh là là !
Je me disais aussi, je ne reconnais pas grand-chose.
Non, mais laissez. Je vais m'en occuper.
Vous vous êtes fait mal ?
C'est ma hanche.
C'est de mon âge.
- Voilà. - Merci.
Pardon.
L'association sportive d'athlétisme demain matin, ça vous tente ?
Si vous avez envie d'exercice, j'ai une meilleure idée.
Le père a menti. Le linge était au fils. Des vêtements de course.
Le père boite. C'est forcément au fils.
Les vêtements nous en apprennent sur les gens.
- Vous, par exemple. - Stop.
- Je vais vous faire un compliment. - Justement. Stop.
Un copain de la préfecture.
La plaque d'immatriculation relevée
correspond à une voiture volée.
Donc il passe toutes ses journées ici à la retaper.
D'après ce que tu m'as dit,
c'est un vrai piège à filles, ce bolide. Pas bon signe.
Il a mis la nouvelle plaque.
- Allez, monte. - T'as pas conduit depuis 10 ans.
Ça s'oublie pas. C'est comme le ski.
Elle gueulait dans le quartier. En colère, la gamine.
- Toi, ça va ? - Ça va.
- Merci, vieux. - Je t'en prie.
Elle a fait quoi ? Après la mère,
la fille ?
Sur la mère, j'ai... On a peut-être de nouveaux éléments.
La police aurait mal travaillé ?
Non. Puisque j'étais sur l'affaire.
C'est pas le juge Fabri qui gérait l'affaire ?
Ben, tu vois bien.
Écoute, si tu t'ennuies, tu connais l'adresse.
- Je te laisse gérer. - Ouais. Merci.
Allez, les gars. Feu vert pour le détective.
- Bon, OK. Allez. - On y va.
Mais je vous reconnais, vous.
Vous avez mis ma mère en taule.
Espèce d'enfoiré !
Tout va bien. Je suis plus flic.
Je suis avec les détectives que vous avez engagés.
Quoi ? C'est n'importe quoi !
Vous foutez ma mère en taule...
Tu te calmes.
Tu te calmes.
Ça va.
Elle m'a menti.
Tout ce temps, elle m'a menti.
Ouais.
Mais elle a pas tué Franck Chaïbi.
C'est vous qui dites ça, maintenant ?
Les choses sont plus compliquées qu'on voulait croire.
Ne les complique pas plus. OK ?
Je te ramène chez toi.
Et je rentre me faire engueuler par ma femme qui m'attend,
apparemment pour faire un bébé.
Allez, viens.
- Il vient tous les matins ? - Oui, à peu près.
Là, c'est un peu tôt.
- Mais il sera là ce matin ? - Oui.
Super. Merci.
Apparemment, il vient ici tous les matins.
Il y a plus qu'à attendre.
Non, merci. Non.
Vous avez tort. Très mauvais, de sauter le petit déjeuner.
Se gaver de graisses saturées aussi.
Arrêtez de faire l'enfant.
Bon, d'accord. Mais c'est juste pour vous faire taire.
C'est bon, hein ?
Putain, merde. Je me suis endormie.
Il a pas bougé.
Visiblement, il attend quelqu'un.
- Ou quelque chose. - Au milieu de nulle part ?
Attention !
Il y a quelqu'un ?
Mais qu'est-ce que vous faites là, tous les deux ?
Vous avez encore des questions sur la retraite ?
Que voulez-vous ?
On est agents de recherches privées, et on est venus enquêter sur...
La voiture que j'ai volée.
Toute ma vie, j'ai eu affaire à des voitures de prestige.
Mais jamais j'aurais pu m'en offrir une.
J'avais déjà du mal à joindre les deux bouts
pour ma femme et mes enfants.
Je me suis rendu à un rallye de voitures de collection.
Et je me suis retrouvé face à elle, les clés sur le contact.
Entre passionnés, la confiance règne.
Alors je sais pas.
J'ai même pas réfléchi.
Je me suis assis,
j'ai mis le contact et je suis parti.
Personne m'a vu.
- C'était irréel. - Vous avez rien dit à votre femme ?
Jeanne n'a jamais compris ma passion.
Elle m'aurait dit d'aller me dénoncer.
Elle aurait eu sûrement raison. Mais enfin, le mal était fait.
J'ai attendu une semaine.
Rien ne s'est passé.
J'ai pensé que c'était un cadeau du ciel.
Elle est magnifique.
Vis-à-vis de la gent féminine, ça doit y aller !
Vous croyez quand même pas...
Mais non.
Mais jamais j'aurais trompé ma femme.
Cette voiture, c'est juste mon petit plaisir à moi. C'est tout.
Vous comptiez faire ça encore longtemps ?
Au début, c'était l'idée.
Puis bon, ben...
J'arrive à un âge où les voitures, c'est bien,
mais les gens qu'on aime, c'est mieux.
Alors j'ai décidé de vendre ce petit bolide,
pour nous offrir une retraite digne de ce nom.
Alors vous attendez l'acheteur ?
J'imagine que maintenant, c'est foutu ?
Vous pourriez abandonner la voiture.
Écoutez, votre femme nous a engagés
pour savoir si vous la trompiez.
La réponse est non.
- Le reste ne nous regarde pas. - Non, mais...
Alors, prenez soin de vous,
prenez soin de votre femme, soyez heureux.
Allez, viens, Xenia.
On est en train de couvrir un criminel, là.
Et le mec à qui il l'a volée, sa voiture ?
L'assurance l'a remboursé.
Georges a le droit de souffler un peu, non ?
Donc la loi, on s'en fout ?
Ça devrait te plaire.
Allez, on rentre.
C'est lui.
- Adrien Morel ? - Ouais.
- On est agents de... - J'ai rien à dire.
- Valentine Herrouard. - Quoi ?
Vous aviez une liaison avec elle.
Vous avez raconté ça à mon père ?
- Un témoin vous a vus ensemble. - Il ment.
L'accusation repose sur la relation entre Chaïbi et...
- Il y a rien eu, avec Chaïbi. - Justement...
Elle sortait pas avec Franck Chaïbi.
Comment vous en êtes sûr ? Vous aviez quitté le lycée.
Vous continuiez à vous voir ?
J'ai pas dit ça.
Foutez-moi la paix.
C'est le moment de parler.
Une femme que t'as aimée va peut-être...
Tu me fais pas la morale !
- OK ? - Arrête.
Arrête. Arrête.
J'y peux rien si...
On veut juste te parler.
D'accord ?
Allez vous faire foutre.
Mais vous faites quoi ?
Vous essayez même pas de le rattraper !
- J'ai pas les bonnes chaussures. - Hein ?
Je suis nul en course. Mon truc, c'est le lancer.
On s'en fout. Adrien s'est enfui. Comment on va le retrouver ?
- Il va revenir. - Encore votre intuition ?
Juste un peu de préparation.
Qu'est-ce qu'il fout, d'ailleurs ?
Arrête-toi, enfoiré !
Marc court moins bien que vous, mais j'ai bien fait de le prévenir.
- Là, il faudrait y aller. - Oui.
T'es qui, toi ?
- Le flic qui était sur l'affaire. - "Les flics" ?
Il y a une innocente en prison. Moi, ça me fout les boules.
Je vais te dire ce que je crois. Elle t'a plaqué pour Chaïbi.
Ça, t'as pas supporté.
Mais n'importe quoi ! Elle l'aimait pas.
Si. Valentine nous a dit qu'elle était amoureuse de lui.
C'est moi qu'elle aimait, pas lui ! C'est moi !
Calme-toi, Adrien.
D'accord ?
Dis-nous ce qui s'est passé.
J'étais vraiment raide dingue d'elle.
Je me foutais de son âge, du mien. Mais elle, pas.
Alors on a arrêté.
J'en ai bavé.
J'ai changé de lycée, pour être sûr de pas la revoir.
J'ai essayé de vivre sans elle.
Mais j'y arrivais pas.
C'était devenu comme une obsession.
Il fallait que je crève l'abcès.
Alors un soir, je suis allé l'attendre à la sortie du lycée.
J'avais crevé un de ses pneus.
Je voulais arriver par hasard et l'aider.
Il était tard. Quand elle est sortie, elle était pas seule.
Il y avait ce Franck Chaïbi.
Ils avaient l'air de bien rigoler.
Évidemment, elle s'est rendu compte, pour le pneu.
Quand ils ont eu fini de le changer, elle l'a embrassé.
Puis elle l'a repoussé.
Elle l'a un peu engueulé,
comme quand je l'ai embrassée, la première fois.
Ensuite, elle est repartie en le laissant là.
Mais je savais ce qui allait se passer.
Ils allaient se revoir.
Ils allaient s'embrasser encore.
Elle allait l'aimer.
Il allait prendre ma place.
À partir de là,
je me rappelle plus trop.
Je me suis avancé vers lui...
j'ai ramassé le cric et... je l'ai frappé.
Je voudrais bien voir mon père, maintenant.
Il vous a suivie jusqu'au terrain vague.
Quand Chaïbi vous a embrassée, il est devenu fou de jalousie.
C'est lui qui a tué Franck Chaïbi.
Adrien...
Quel gâchis !
J'ai essayé de résister, mais c'était plus fort que moi.
Je m'en veux tellement.
C'est fini, Valentine.
- Vous allez être libérée. - Ah oui ?
Votre mari et votre fille vous attendent.
Et moi... moi, je fais comment, pour vivre avec ça ?
Hein ?
- Vous venez ? - Non. Je rentre.
C'est où, chez vous, au fait ?
Le jour où vous le saurez, on sera allés trop loin.
Sous-titrage : Eclair Group
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