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Original subtitles

Salut, beauté.

Ça fait longtemps !

J'ai un truc à te dire.

Laboratoires français Bioprotex. Un de tes clients, non ?

Tiens. C'est cadeau.

Ça me fait plaisir.

Tu sais, Nora, je ne suis pas un méchant.

- C'est dégueulasse, la façon... - Oui, d'accord. Merci.

- Sympa, votre mec, de vous déposer. - C'est un ex-collègue.

Il s'est rien passé.

Ça a l'air fou, mais c'est possible.

Mal dormi ?

- Allô ? - M. Vallet ? Nora Abadie.

Il faut qu'on se voie.

Voici l'échange intercepté

entre l'agence de renseignements et les laboratoires Mercator.

Un de vos collaborateurs a été approché

pour fournir des renseignements sur votre société.

Un traître chez moi ?

Ce qui intéresse nos concurrents, c'est de récupérer nos brevets,

fermer les sites de production. 200 personnes se retrouveraient

sur le carreau.

Notre conseil d'administration a lieu dans 1 mois.

Il y a déjà eu des fuites ? Ce serait catastrophique !

Les écoutes laissent penser que non. Mais il faut vite trouver la taupe.

On mentionne une réunion le 9 septembre. Qui était présent ?

Mes proches collaborateurs.

Vous ne pensez tout de même pas...

J'ai besoin de votre collaboration.

Le directeur général

de Bioprotex va réunir ses proches collaborateurs lors d'un séminaire

pour un dernier état des lieux avant le conseil d'administration.

- Il s'agit d'un pot de miel. - "Un pot de miel" ?

Un piège.

Pourquoi vous faites ça ?

Bioprotex est notre client.

Une PME régionale qui a su s'imposer à l'international.

Des centaines d'emplois sont en jeu.

Comme vous aimez.

Je suis ravi qu'on partage le même refus de l'injustice.

Mais pourquoi vous nous dites ça ? On est tous déjà très occupés.

C'est votre client, votre affaire. Foncez.

- Vous savez pourquoi. - Je veux vous l'entendre dire.

Cette opération nécessite votre participation à tous.

Comprends pas.

J'ai besoin de vous. Content ?

Comblé. Alors, vous parliez d'infiltration.

On réunit dans un lieu unique tous les traîtres potentiels,

et on observe leurs moindres faits et gestes.

Les chefs de produits.

Le contrôleur de gestion, sa secrétaire.

Une stagiaire, Nadège Moreno, admise à Sciences po

grâce aux quotas pour les jeunes des quartiers défavorisés.

Brillante. Vallet veut en faire un exemple.

L'état-major :

le Dr Armand Guérin, directeur de la recherche.

Estelle Gebwiller, la directrice financière.

Vous avez l'accord de l'hôtel pour qu'on bosse ici ?

J'ai mes entrées un peu partout. En général, c'est plutôt

l'entrée de service.

- On voit dans les chambres ? - Interdit par la loi !

Sauf accord explicite de son occupant.

Il devrait déjà être là. On peut voir ?

- 311, en direct. Vous me recevez ? - On vous reçoit.

Bonjour. Patrick Mermet, biochimiste.

Je viens de rejoindre Bioprotex pour développer un médicament.

- Pas avec cet accent pourri. Si ? - OK.

Vous devez avoir l'air intelligent. Enlevez-moi ces lunettes.

Je vois mal le traître résister à la tentation

de me questionner sur mes travaux ou de fouiller mon ordi. Roger ?

Je le sens pas. Agent double, c'est un métier.

C'est pas comme s'il infiltrait Al-Qaïda, non plus.

Je vous laisse, on m'attend.

- Roger. - Vous allez pas dire "Roger"...

À chaque fois.

- Il a connu Churchill ? - Je sais pas.

- Il était du même parti ? - Non.

Voilà Hugo ! Il a bien dormi, Hugo ?

Tiens, ta tartine. Tu veux un peu de marmelade ?

- J'ai pas faim. - Oh là là.

Je sens qu'il y a quelqu'un qui s'est levé du pied gauche.

- Ça va ! - Qu'est-ce qui se passe ?

- Tu as fait un cauchemar ? - Mais non, j'ai dit !

J'ai pas envie de parler. Ça arrive, non ?

- Tu vois ta copine, ce week-end ? - Non !

- Pourquoi ? - Elle peut plus.

Elle avait oublié. Dimanche, ils font l'anniversaire de sa mère.

- Ça arrive. - Sûrement.

Je sais pas.

Ben, tu sais quoi ?

On peut lui proposer de venir la semaine prochaine.

Tu en penses quoi, mon poussin ?

Arrête de m'appeler "poussin". Je suis plus un bébé !

Il y a de l'eau dans le gaz avec sa copine.

Je pense surtout que sa mère lui manque.

Notre conseil d'administration a lieu dans 15 jours.

C'est parti.

Dans un contexte de concurrence acharnée, c'est un moment crucial

pour notre laboratoire,

crucial pour notre avenir à tous.

Cependant, je suis confiant.

Il le présente quand, papa ?

Pas trop tôt, ce serait louche.

- Il faut que ça fasse séminaire. - Chiant, quoi.

...sommes leaders sur ce marché depuis 5 ans.

Cette famille compte un nouveau membre, que je vais vous présenter.

Brillant scientifique, assistant du Pr Ntezurubanza,

dont les travaux promettent de nous donner une belle avance.

Chers amis, Patrick Mermet.

Bonjour.

L'espion va se douter du piège.

- Si j'étais... - Vous ne l'êtes pas.

Passons au travail.

Vous avez devant vous un rapport de la direction de la recherche,

qui fait état des travaux...

Pas très attentive, la madame.

...des projets pour l'année prochaine. Et je pense...

Là, elle communique le scoop à la concurrence.

- Armand. - Merci, M. le président,

pour cette réunion exceptionnelle et imprévue...

Stop !

T'as pas école, aujourd'hui ?

Non. Enfin si. Peut-être.

Oui ?

Bonjour. Yannis Bonvaux. Je voudrais voir un détective.

- Asseyez-vous. - Pas la peine.

Mes parents ont disparu, depuis lundi.

Je veux que vous les retrouviez.

3 000.

Ça ira ?

Ils sortent d'où, ces billets ?

Du distributeur. J'ai une carte, quand ils s'absentent.

S'ils ont disparu depuis 2 jours, il faut appeler la police.

Non, pas la police !

T'as reçu des menaces ?

Ils ont des problèmes avec la police ?

Vous allez m'aider, maintenant ?

Tous nos détectives sont en mission et...

Ouais, d'accord. Je vais me débrouiller tout seul.

De toute manière, j'ai l'habitude.

Attends.

On va les retrouver.

Pour votre information,

un cocktail dînatoire vous attend ce soir.

Rendez-vous à partir de 19 h au bar.

- Allô ? - Allô, papa ?

Il y a un petit garçon à l'agence. Il faut que tu l'aides.

Je peux pas, Hugo. Je suis bloqué ici.

Mais tu comprends pas. Ses parents ont disparu.

- Comme maman. - Maman a pas disparu, elle a...

Bon. Je m'en occupe.

Oui.

C'est quoi, cette affaire ?

Rien. La routine. Quelqu'un qui a besoin de nos services.

Tant mieux ! Cette planque me fait chier.

Nora me fait chier !

- Je commence quand tu veux. - Parfait. À plus.

Ah ! Monsieur Mermet.

Armand Guérin, directeur des recherches.

Un verre entre futurs collègues, peut-être ?

Je suis toujours ravi de voir nos équipes s'étoffer, mais là...

Soyez rassuré, je ne suis pas là pour remplacer qui que ce soit.

Alors pourquoi tous ces mystères ?

Vous travaillez

sur quoi ?

- Je préfère ne pas en parler. - Allons, pas de ça entre collègues.

Vous êtes bien chercheur, au moins ?

J'ai un doctorat en biogénétique.

Ma thèse porte sur le génome du thé de Gambie.

Dans certaines tribus,

le thé de Gambie est connu pour ses vertus antiseptiques,

dans le traitement des insuffisances rénales, notamment.

En intervenant sur certains gènes, le 33 et le 42, nous pourrions

étendre son action à d'autres pathologies,

d'origines nosocomiales, notamment.

Je trouve ça passionnant.

- Il pourrait viser le Nobel. - Comment avez-vous connu

Léopold ?

Qui ça ?

Léopold Ntezurubanza.

Vous avez bien travaillé pour lui ?

Oui. Oui, oui. Alors Léopold, c'était en 1994.

Vous avez donc fait partie de son équipe de l'OMS ?

Pas exactement.

Bon. Écoutez, je vais être franc.

Je l'ai rencontré grâce à ma tante, qui connaissait un ami de sa femme.

- Qui est charmante, d'ailleurs. - Cette chère Awa.

Délicieuse, effectivement. Nous en étions tous un peu amoureux.

Vous êtes marié ?

Veuf.

J'ai été l'homme d'une seule femme. Quand je m'engage,

c'est pour la vie. Regardez : Bioprotex.

20 ans que je suis là.

- Vous n'avez jamais eu d'aventure ? - Jamais.

- Bon. Je vous laisse. À plus tard. - À plus tard.

Vous travaillez comme détective depuis combien de temps ?

- Tu veux pas mon CV, non plus ? - Non.

Je m'assure qu'à défaut d'être sympa, vous êtes compétent.

Tu sais,

des malins comme toi, j'en ai brisé, au poste.

- Vous étiez flic ! Je comprends. - Tu "comprends" quoi ?

Rien.

On m'a jeté un sort ou j'attire les emmerdeurs ?

Bon.

Ils t'ont filé leur carte. Ça arrive souvent ?

Dès qu'ils s'absentent.

Et ça arrive souvent ?

Parfois, une soirée ou un week-end. Ou plus.

Pourquoi, cette fois, ils auraient disparu ?

Ils m'appellent pour savoir si ça va. Là, rien.

J'arrive même pas à les joindre sur leur portable.

Peut-être que leur batterie est déchargée.

Ou ils se sont fait capturer par des aliens. Et dans 30 ans,

ils réapparaîtront sur une plage.

Ils travaillent où ?

Ils ont des boutiques de meubles, Les Comptoirs du mobilier.

C'est des trucs de luxe, vous connaissez pas.

Tu te renseignes de ce côté ?

T'as des grands-parents ?

Quelqu'un à appeler en cas d'urgence ?

Ton école ?

Bon. Ben...

On va commencer par aller chez toi.

Résultat des courses sur Guérin ?

Il est dans l'excitation intellectuelle,

la découverte. L'argent ne l'intéresse pas.

S'il volait les infos, ce serait pour faire avancer ses recherches,

pas pour les vendre.

Vous pourriez pas nous dire qui est la taupe, alors ?

Je ne suis pas Mme Soleil.

Dites-moi, pourquoi vous avez envoyé Marc sur une autre affaire ?

Je n'aimais pas vous savoir avec un autre homme

dans un local mal chauffé.

On gérera très bien tous les trois.

La directrice financière est à votre gauche,

sur la terrasse.

Je la sonde ?

Roger.

Tant que la mission est réussie.

Essayez de savoir à qui elle écrivait à la réunion.

- OK. Roger. - Ah non. Arrêtez avec ce "Roger " !

Roger.

- Vous auriez du feu ? - Très original.

Et une cigarette, aussi. Je suis un peu nerveux, moi aussi.

Qui a dit que j'étais nerveuse ?

Vous. Des soucis ?

Et vous ?

L'avenir de Bioprotex repose sur mes travaux. Forcément, ça rend nerveux.

- Vous ne parlez pas aux inconnus ? - C'est ça.

Mais on a 2 jours pour se connaître.

- Quoi ? - Non. Rien.

C'est ici que tu vis ?

C'est chaleureux.

Vous n'avez aucun nouveau message.

Aucune photo de toi ?

C'est moi qui veux pas.

Je suis toujours moche, sur les photos.

Elle est où, ta chambre ?

Un sportif !

Je t'imaginais plutôt matheux.

Ça empêche pas.

18,2 de moyenne générale !

En revanche, ton comportement...

"Arrogant", "indiscipliné"...

Ce sont les autres qui me soûlent.

Tu aimes jouer les durs. Tes parents, ça t'inquiète pas.

Sinon, je serais pas venu vous voir.

J'attends les relevés de carte bancaire pour les localiser.

- Le meilleur des trois lancers ? - OK.

Allez...

Facile, facile.

- Vous avez lu le mémo de Guérin ? - Non.

Il est très intéressant et ça pourrait vous servir.

- À votre santé. - À la vôtre.

Merci.

- Je vous ai envoyé des dossiers. - Lesquels ?

Ceux que je vous ai envoyés. Vous devriez les regarder.

Le cadre sup avec sa secrétaire, ils échangent des messes basses.

Ça va, vous ?

Formidable ! Xenia m'a laissé sa Rapido Pasta bolognaise.

Je vous fais apporter quelque chose ?

Vous parlez tout seul ?

À Bioprotex.

À l'avenir.

Depuis quand vous collaborez ?

Cinq ans en janvier.

Je devais développer l'entreprise à l'international,

avec la direction en cas de succès.

- Ça n'a pas marché ? - Vous le voyez bien.

Michaël Vallet a eu le poste. Il doit avoir des qualités cachées.

Elle est entre de bonnes mains. On va les laisser roucouler.

Suivez plutôt la stagiaire, Nadège.

Elle quitte la salle.

- Elle va où ? - Peut-être une envie pressante.

Elle a dépassé son étage.

La chambre de mon père.

- Qu'est-ce qu'elle...? - Et son ordi !

On a une intrusion chez vous.

- Ça va pas ? - Si, si.

J'ai ce mal de crâne depuis ce matin et j'ai forcé sur le champagne.

Je vais me coucher. Vous ne m'en voulez pas ?

Non, bien sûr. Bonne nuit.

À demain.

- Comment elle a pu entrer ? - J'avais laissé ma clé en évidence.

Mais pourquoi vous m'avez appelé ?

Vous auriez pu venir ici et me laisser avec...

Estelle. J'ai réagi sur l'instant.

Intéressant.

- C'est votre inconscient qui vous... - Stop !

Je vous laisse seul 2 minutes pour soulager votre déception

de ne pas avoir fini avec Estelle ?

Puisque vous parlez d'elle...

il semblerait que je lui plaise beaucoup.

Je peux facilement opérer un rapprochement

afin d'obtenir des informations de sa part.

C'est ce que j'aime chez vous : ce côté à fond,

dévoué à l'enquête.

La stagiaire sait quelque chose. Il ne faut pas la lâcher.

Xenia, la voie est libre dans le couloir ?

C'est bon. Vous pouvez y aller.

Bonne nuit.

Bonne nuit.

T'as rien à craindre, papa. Je monte la garde.

Ne te couche pas trop tard quand même.

Nadège.

- Vous êtes qui ? - J'enquête pour Bioprotex.

- Soupçons d'espionnage industriel. - Et alors ?

- Que faisiez-vous chez M. Mermet ? - De quoi vous parlez ?

Vous avez été filmée.

Pourquoi avoir laissé ce message ?

- J'ai rien fait de mal. - Je ne vous accuse de rien.

Je sais ce que vous ressentez.

Grandir dans un quartier défavorisé,

faire de brillantes études

et vous retrouver dans un autre monde.

Avec ce regard permanent sur vous.

Comme si vous deviez justifier vos capacités, votre présence.

Et être meilleure que les autres.

Mais vous faites des erreurs, comme tout le monde.

Le reconnaître n'enlèvera rien à vos qualités.

J'ai rencontré Arnaud dans une soirée.

J'imagine que c'est même pas son vrai prénom.

Il était drôle, sympa.

On a tout de suite accroché.

Et puis...

J'ai eu des petits ennuis financiers,

mon appartement cambriolé.

Il m'a dit qu'il pouvait m'aider, qu'il connaissait des gens

qui paieraient pour des informations sur Bioprotex,

que personne n'en saurait jamais rien.

J'ai compris que c'était un agent de renseignements

et qu'il voulait se servir de moi.

Alors j'ai refusé.

Il n'a pas insisté.

Je ne l'ai plus jamais revu.

Pourquoi vous n'avez pas averti M. Vallet ?

J'avais peur que ça me coûte mon poste.

J'ai merdé. Je sais.

- Ça vous est jamais arrivé, à vous ? - Si.

J'en ai payé le prix.

Ça date de quand, votre histoire ?

Huit mois environ.

Pourquoi vous avez laissé un message dans la chambre de mon...

du Dr Mermet ?

J'ai cru voir Arnaud, tout à l'heure.

Dans l'hôtel.

Good morning, Versailles!

Roger. Bien dormi ?

Moi, j'adore cet hôtel. Les lits sont hyper confortables. Roger.

Il est toujours comme ça, le matin ?

Ouais.

Quoi de neuf, sur la stagiaire ?

C'est pas elle, la taupe.

En revanche, l'agent de liaison est dans l'hôtel.

Sûrement pour recevoir des informations de son contact.

- On a une description physique. - Laissez-moi deviner.

La trentaine, cheveux noirs, plutôt mince, 1,82 m.

- Comment vous...? - Je l'ai repéré. Dans l'ascenseur,

il appuie sur le bouton avec la phalange. Ça évite les empreintes.

Réflexe des pros du renseignement.

- Et comment vous savez ça ? - Vous faites la même chose.

J'apprends beaucoup, en vous regardant.

Papa, on est sur le coup.

Dès qu'on a un contact visuel de l'agent de liaison, on te dit.

Roger.

Bonjour. Vous auriez pas...?

- Vous auriez du chocolat en poudre ? - Tu es qui ?

Yannis Bonvaux.

Quoi ?

C'est mieux sans rideau.

Yannis, attends-moi ici. Je reviens.

Marc ! Marc, réveille-toi.

Marc ! Marc ! C'est qui, ce gamin dans la cuisine ?

- Quoi ? - Le gamin dans la cuisine.

C'est rien. C'est un client.

Depuis quand tu rapportes du boulot à la maison ?

T'as bien installé ton cabinet ici.

Aïe ! C'est un client. Il m'a payé.

Les excuses bidons ! On dirait mon père.

Tes problèmes de famille, règle-les.

Ne joue pas les pièces rapportées quand ça t'arrange.

Vas-y, fous-le dehors.

J'y peux rien, si ses connards de parents s'en fichent.

Il fallait éviter de faire des enfants. Comme nous.

Merci.

Salut, grand-papa.

Salut, Hugo. On dirait que tu as mieux dormi.

J'ai bien réfléchi.

Et si on fêtait l'anniversaire de maman ?

- Ça, c'est une drôle d'idée. - Ben, pourquoi ?

L'anniversaire, c'est pour faire plaisir.

Si la personne qu'on fête n'est pas là...

Elle est pas morte, elle est juste partie.

D'ailleurs, pourquoi elle est partie ?

Je ne sais pas.

Que t'a dit ton père ?

Qu'elle avait besoin de changer de vie.

Qu'elle nous aimait, mais qu'elle devait partir.

- Ça doit être ça, alors. - Mais non, c'est pas ça.

Pourquoi elle nous a pas dit au revoir ?

J'en sais rien.

Peut-être parce que ça lui faisait trop de peine.

Je suis sûre que ça l'a rendue très malheureuse, de vous laisser.

Pourquoi elle l'a fait, alors ?

Écoute.

Tout ça, c'est trop compliqué. Tu comprendras plus tard.

C'est ce que vous dites quand vous voulez pas dire la vérité.

Elle ne nous aimait pas, en fait.

T'as raison.

C'est nul, cette idée d'anniversaire.

Alors, bien dormi ?

- Très bien. Merci. - Parfait.

- Bonjour. - Bonjour.

Pas très bon pour ma ligne, ce séminaire.

Il me faut des forces.

Je l'ai ! Il est dans le lobby.

- Quel est le programme du jour ? - Rapport du contrôleur de gestion.

L'agent de liaison est dans le lobby.

Il écrit sur son portable.

Estelle a reçu un message. J'ai votre feu vert ?

Faites votre travail.

Nous, on s'occupe du type.

Je me disais...

Il y a plus amusant qu'écouter les rapports de gestion.

- Prêt pour une petite expérience ? - Prêt.

Pour qu'elle accepte si facilement, elle a une idée derrière la tête.

Elle en a clairement une.

Je suis pas sûre que ce soit lié à de l'espionnage.

- Il nous a coupées, là. - Je préfère.

- C'est mon père, quand même. - Bon...

L'agent de liaison.

Il est entré dans sa chambre.

Après, je l'ai pas vu en ressortir.

Il est où ? Le passe de l'hôtel, il est où ?

Vous allez où, là ?

Marc !

C'est quoi ?

Les renseignements que j'ai demandés à des ex-collègues de la préfecture.

Une carte a permis de régler une note dans un hôtel du Jura.

Un appel a été passé de ce même hôtel à ton domicile.

Tes parents t'ont appelé, Yannis.

La carte a aussi réglé des billets de train Paris-Besançon-Paris,

aller avant-hier, retour aujourd'hui.

- Tu savais qu'ils rentraient. - Non.

Je savais pas où ils étaient.

J'ai essayé de les appeler, ils répondaient pas.

Je comprends.

C'est dur, d'être tout seul.

Sans personne pour s'occuper de toi.

T'as pas peur, tout seul ?

- N'importe quoi. J'ai pas peur. - Hé !

Viens là.

Il y a pas de honte, à avoir peur.

Quand j'étais jeune flic,

moi aussi, je me suis retrouvé seul, en planque.

Mon collègue s'était barré, et en face, il y avait des truands.

On les soupçonnait d'avoir buté un policier.

- T'avais la trouille ? - Je faisais dans mon froc.

Tu le répètes à personne.

Bon.

- Il était où, ton collègue ? - Il était parti pisser.

Mais dans le noir, il a arrosé un clebs,

qui l'a coursé.

Il joue pas au basket avec toi, ton père.

Et ta mère s'occupe plus de tes bulletins.

Je suis tout le temps premier.

Moi aussi, à sa place...

Ce sont tes parents. Tu les protèges.

Mais c'est aux parents de protéger leurs enfants.

- Pas l'inverse. - C'est bon.

On va les chercher à la gare ?

J'y pense...

Il y a pas un tournoi de basket, à Bercy ?

- Avec des stars de la NBA ? - Si.

Ça te dirait, d'y jeter un oeil ?

Ouais !

Je peux venir ?

Non. Toi, tu restes ici.

Allez, viens.

Tu viens de révolutionner ma perception de la finance.

C'est n'importe quoi. Je ne te connais même pas.

Patrick Mermet. Enchanté.

Sérieusement, c'est quoi, ton histoire ?

T'es mariée ?

T'as des enfants ?

Divorcée. Des jumeaux.

C'est compliqué, avec mon ex.

Il me reprochait de tout sacrifier à ma carrière.

Déjà quand on était ensemble. Alors quand on s'est séparés...

Il en a profité pour demander la garde exclusive des enfants.

Remarque, il avait pas totalement tort.

Je rentrais à des heures pas possibles,

ou je rentrais pas du tout.

Des réunions qui duraient toute la nuit.

Mais j'ai levé le pied. Et le juge m'a fait confiance.

On fait la garde alternée.

- C'est lui, l'appel, ce matin ? - Tu m'espionnais ?

Non. Je te regardais.

Oui, c'était lui.

Il aime bien vérifier que je remplis mes engagements.

Normalement, j'avais la garde des enfants, cette semaine.

Mais pas de bol, il y a eu ce séminaire.

J'ai dû faire appel à une nounou pour les deux jours.

Et c'est le genre de truc

que François serait ravi d'aller raconter au juge.

"Elle est même pas capable de s'occuper de ses enfants.

"Autant qu'ils restent avec leur père."

Je sais que je suis pas une mère parfaite.

Mais je fais de mon mieux.

Mais vous connaissez pas ça, vous, les hommes,

cette éternelle culpabilité : travail-enfant.

Ne crois pas ça.

J'ai un côté très féminin, là-dessus.

Je vais me refaire une beauté.

Xenia, tu me reçois ? Je suis en 206. La chambre est vide.

Le suspect a dû ressortir par la fenêtre.

Espérons qu'il a pas quitté l'hôtel.

- On devrait pas arriver ensemble. - Tu crois ?

Attends.

Merde. J'ai oublié mon... mon stylo.

Je vais le chercher dans la chambre. Vas-y, je vous rejoins.

Qu'est-ce qu'il fout là, lui ?

Il sort de la chambre de mon père.

Vers les ascenseurs.

Je m'en charge. Occupez-vous de votre père.

Personne ne sort de cet hôtel !

Bloquez les issues. Vite !

Papa !

Il a piraté mon ordinateur. Il faut récupérer la clé USB.

Il y a rien dessus.

C'est une preuve de la tentative d'espionnage.

On peut avoir le nom de la taupe.

- Aide-moi. - Reste là.

Oh, hé ! Arrêtez, là !

Stop ! Arrête-toi !

Viens ici !

Ça, c'est pour avoir tasé mon père.

Alors, qu'est-ce qui se passe, là ?

Votre contact chez Bioprotex ?

On sait que vous avez été envoyé par les laboratoires Mercator.

Soit on attend que ma collègue craque votre code de sécurité,

soit vous me le donnez.

2476.

Alors, derniers appels...

Il y a un numéro qui a été appelé 4 fois.

Je l'appelle.

- Allô ? - Papa ?

Oui.

Yeah!

Papa ! Maman !

On a vu Tony Parker. Regarde, il m'a signé mon ballon.

Ces messieurs dames rentrent de voyage.

Un message leur a dit que leur fils serait ici.

C'est moi qui ai laissé ce message.

Et on peut savoir d'où vous venez ?

Mais pourquoi t'étais pas en classe, toi ?

Il m'a engagé pour vous retrouver.

J'ai essayé de vous appeler.

On était au fin fond du Jura, ça captait pas bien.

On a rencontré un éco-designer. On t'a laissé un message

avec un numéro où nous appeler.

Il y avait aucun message.

Quelqu'un l'a effacé.

C'est pas la première fois qu'on s'absente.

Parfois, une nuit ou 24 heures, mais jamais plus de 48 heures.

Et puis à chaque fois, on lui demande si ça le gêne.

Il nous dit qu'il y a pas de problème.

Parce qu'il sent que vous seriez déçus s'il refusait.

Il veut que vous pensiez à lui.

- Vous allez me faire pleurer. - Vous devriez.

Votre fils est malheureux, et vous vous en foutez.

Il y a des gens qui donneraient tout pour avoir un gamin comme lui.

Vous êtes allé à un match de basket avec lui ?

Comme ça ? Juste pour être avec lui ?

Pour le voir sourire, applaudir, hurler ?

Ne jugez pas ma manière de l'élever.

Moi, non. Mais la justice peut poursuivre des parents,

si la vie de l'enfant a été mise en danger.

J'ai jamais été en danger.

Allez, viens, Yannis !

Retire cette casquette stupide, s'il te plaît.

Alors ? Attachant, ce gamin, finalement ?

Ouais. Enfin, bon... Affaire classée. Bon débarras.

Il a défendu ses parents : "J'ai jamais été en danger."

Oui. C'est parce qu'il savait que vous étiez là pour le protéger.

C'est pour ça qu'il a dit ça.

C'est ça, que tu cherches ?

Je l'ai regardé rapidement,

et j'y ai pas trouvé de photos de tes enfants.

Pour une mère qui culpabilise de ne plus les voir, c'est étonnant.

Mercator lui a proposé un poste de direction

en échange de quelques informations.

Le témoignage de leur agent.

On lui a promis de ne pas le poursuivre

pour l'agression au Taser.

Vous pouvez justifier le licenciement de votre directrice financière,

la poursuivre en justice, ainsi que Mercator pour espionnage industriel.

Merci.

- Non. J'ai pas entendu. - Merci.

- Vous m'avez pas dit. - Quoi ?

Comment vous avez eu le portable d'Estelle ?

- On vous l'a pas appris, à la DGSE ? - Pas à sonder comme ça.

Si je ne vous connaissais pas,

je me dirais que ça cache une attirance refoulée.

N'importe quoi.

En tout cas, vous aviez raison.

- Sur quoi ? - On fait une bonne équipe.

- J'ai dit ça, moi ? - Non. Mais on fait une bonne équipe.

Papa !

- Papa ! - Qu'est-ce qui se passe ?

Je crois que je viens de voir maman.

Sous-titrage : Eclair Group

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