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Alice, par ici, s'il vous plaît.
Un petit sourire, s'il vous plaît.
Merci. Souriez, s'il vous plaît.
S'il vous plaît.
- Merci. - Encore une, Alice.
Merci, Alice.
Allô.
Chérie, excuse-moi,
on ne va pas tarder, parce qu'il est crevé.
Merci de t'en occuper.
Ne t'inquiète pas.
Salut, Michel.
- Salut, Paul. - Allô ?
Quoi ?
C'est arrivé comme ça, en plein vernissage.
Juste après un coup de fil.
Des visions terrifiantes.
Et ça a continué les jours suivants.
Quelles visions ?
Une croix lumineuse en néon,
des torrents d'eau se déversant sur moi,
un homme hurlant la nuit.
- Vous le connaissez ? - Non.
Son visage ne me dit rien.
J'entends des hurlements et puis un nom qui revient : Flavien.
Je n'en connais pas.
Vous avez consulté un médecin ?
Mon médecin traitant, un neurologue.
J'ai même passé un scanner.
Rien. Voilà.
- Oui, je comprends. - Non, vous ne comprenez pas.
Je dors plus. J'arrive plus à travailler.
Je fais peur à mon fils, et mon mari me prend pour une folle.
Bon...
Je vais prendre la liste des appels reçus vers cette heure-là.
Et on va faire un portrait-robot de l'homme dans vos visions.
Il est pas mal, ce vélo.
Pour une occase, ouais.
Pour un neuf, tu remontes ces notes de maths.
L'école, ça sert à rien.
À apprendre des trucs pour avoir un travail plus tard, non ?
Je travaillerai à l'agence.
Tu crois que c'est automatique ?
Toi, tu as raté ton bac, et depuis, tu as créé l'agence.
Mais ça n'a rien à voir.
Et d'une, il faudrait déjà que ça te plaise.
C'est un peu spécial, comme métier.
Pas d'horaires, côté vie de famille, c'est...
Je sais.
Justement.
Et est-ce que tu es fait pour ça ?
Mets-moi sur une enquête.
C'est ça.
Rate ton bac d'abord, et on en reparle.
- Allez, bisou. - Pas devant mes potes.
Bon. Alors check.
T'as un truc, là.
Quoi ?
Mais, papa, t'es pénible.
Établi d'après les indications d'Alice Melkonian.
J'y vais.
- Salut, les Parisiens. - Tu vas où ?
Ça fait 10 fois que je le dis : la petite île grecque,
sans téléphone, sans télé,
sans rien, juste Isa, moi, le soleil, la mer.
- Ça me revient. Ça y est. - Je vous raconterai.
- Salut. - Salut.
C'est pour ça qu'on a un paperboard ?
C'est plus visuel.
Très bien. Eh bien, voyons ça comme une énigme à 4 indices.
Donc, portrait-robot, croix lumineuse au néon, Flavien.
Et ça, c'est quoi ?
Des vers de terre.
C'est un torrent.
Le torrent d'eau, absolument. Le torrent d'eau.
Ça peut être n'importe quoi : des fantasmes, des souvenirs oubliés.
Non. Trop précis pour des fantasmes sans liens avec son passé.
Ou elle est folle.
On va perdre notre temps.
Et notre argent.
On commence par quoi ?
Le mari.
Elle est pas folle, vous savez. Elle souffre vraiment.
C'est pourquoi nous avons accepté de l'aider.
Je vous en remercie, mais vous ne pouvez pas l'aider.
- Vous ne faites qu'ajouter à son... - Délire.
Son mal-être.
Alice, c'est une artiste, toujours à fleur de peau.
Là, elle s'est mis une pression incroyable, avec son expo.
Il lui faut du calme et du repos
et pas qu'on la conforte dans ses angoisses.
Mais vous, ses visions, elles ne vous évoquent rien ?
Non.
Je sais juste qu'elles sont apparues
et qu'elles disparaîtront.
Que quelqu'un cherche pour elle, ça peut la rassurer
et même contribuer à sa guérison.
Je veux que tout redevienne comme avant.
Si vous apprenez quoi que ce soit, prévenez-moi avant de lui dire.
S'il vous plaît.
- C'était trop bien. - Ils sont trop forts.
Au bureau de mon père, c'est cool, tu fais les photocopies que tu veux.
À la boucherie, je fais tous les steaks hachés que je veux.
Et toi, il t'emmène enquêter, ton père ?
Oui. Mais je n'ai pas le droit d'en parler.
Mon vélo !
- Tu l'avais mis là ? - Mais oui.
T'avais mis le cadenas ?
Je suis pas débile.
T'as qu'à mettre ton père sur le coup.
Pas besoin.
T'as fini tes recherches ?
J'en profite pour reprendre la prépa de ma licence.
T'as déjà plus d'expérience que la plupart des candidats.
Au niveau administratif, je suis bien, mais sur le terrain ?
Si on m'interroge sur mon expérience des filatures, je suis mal.
J'ai plus de feutres.
- Je me sers ? - Et bonjour.
Entraîne-toi comme un sportif.
- Je te coache. - Tu ferais ça ?
Efface ce sourire débile. Mais oui, ça peut être cool.
- Tu fais quoi, demain soir ? - Je voulais
voir une expo à Beaubourg.
Ça te tente ?
OK. J'ai rien.
C'est bon. J'y vais. À tout.
J'avais plus de feutres.
Pourquoi cette passion soudaine pour le dessin ?
Du nouveau ?
J'ai regardé dans nos bases de données, rien.
Sinon, j'ai 523 croix en néon.
J'ai fait un dossier pour la cliente.
Alice Melkonian expose actuellement
à la galerie Oblique à Paris.
Son mari est commercial dans la restauration rapide.
Ils ont habité 9 ans à Sens, dans l'Yonne.
Ils tenaient un hôtel-resto et ont eu une étoile au Michelin.
Il a un resto étoilé et il vend de la bouffe pour cantine ?
Il s'est passé un truc ?
Leur fils.
Il est né à Paris, quelques mois après leur arrivée.
Et Flavien et le torrent ?
Rien.
- Vous la connaissez depuis quand ? - 5 ans.
Quand j'ai vu ses clichés, j'ai tout de suite flashé.
En fait, elle m'avait envoyé son portfolio, il y a 10 ans.
Elle était en province. Mais j'avais dit non.
Trop amateur. Rien à voir avec maintenant.
Je m'étais même pas rendu compte que c'était la même photographe.
J'adore Alice. J'espère qu'elle va se remettre.
Ses photos de l'époque, vous les avez ?
Je suis tombé dessus; la semaine dernière.
Je voulais les offrir à Alice, mais Paul ne voulait pas.
Comme vous pouvez le voir,
c'est pas nul, mais on est sur du figuratif,
sans originalité.
Ça vous plaît ?
Oui.
Philippe, la croix, ça pourrait être
l'enseigne du Totem, une boîte près de Sens.
Elle y a fait des photos.
C'est le flou, leur départ de Sens.
Ça sent un peu la précipitation.
Devinez d'où vient l'appel avant son malaise.
De sens.
Cabine téléphonique dans le centre-ville.
On les réinterroge, elle et son mari ?
Je propose de revenir vers eux avec plus que des suppositions.
Je vois qu'une solution.
- Enquêter à Sens. - Départ demain, 9 h ?
La météo, c'est pas...
Vous avez déjà réservé l'hôtel ?
L'hôtel que tenaient Paul et Alice.
J'ai pas bien fait ?
Demain, 9 h.
Chérie, c'est moi.
Waouh !
Bonsoir, monsieur.
Bonsoir, madame.
Waouh !
T'es magnifique.
T'es pas mal non plus.
Ça fait longtemps qu'on l'a pas fait.
Tu l'as trouvé ?
30 heures de bonheur, sans pub.
Waouh !
- Et l'île grecque sans téléphone ? - Ils ont gobé.
À notre week-end, mon amour.
Non. C'est moi qui prends ça.
- C'est quoi, ce bruit ? - Mes dents.
- Mets ta tenue de camouflage. - Non.
T'es relou.
C'est pas compliqué. Je vais te montrer un mec au hasard.
Et tu le suis sans te faire griller. OK ?
OK.
Tiens, le mec, là-bas.
Bonsoir.
Bonsoir.
On va dans la même direction ?
Ça le fait pas.
Ça va pas le faire.
Un peu d'entraînement, et ça va le faire.
OK ?
Ça fait du bien de quitter Paris.
Vous avez pas grandi en province.
Pourquoi ? Vous, si ?
Je vous imagine petite, marchant vos 2 km
pour atteindre le point de ramassage scolaire,
en uniforme, sur une route balayée par les vents.
J'ai grandi en province, pas en 1950.
Les petits déjeuners sont servis ici, en salle, de 7 h 30 à 10 h,
sinon jusqu'à 11 h dans les chambres.
- Ça vient d'être refait, non ? - Oui. L'année dernière.
On avait tout rénové quand on a pris l'établissement, il y a 9 ans.
Mais ça se dégrade tellement rapidement.
Vous connaissez Alice et Paul Melkonian ?
Oui. Enfin, le temps de la vente.
Oui. Qui a été très rapide d'ailleurs.
Vous êtes bien renseignés.
On avait été intéressés, à l'époque, mais vous avez été plus rapides.
- Bravo. - C'est Melkonian qui était pressé.
La proposition, il l'a tout de suite acceptée.
On a rien à se reprocher.
- Qui pourrait vous le reprocher ? - Personne.
Bien. Je vais vous montrer votre chambre. C'est par ici.
Si vous voulez bien me suivre.
Voilà votre chambre.
Ah oui.
Ah oui, c'est bien. Hein ?
C'est formidable.
Et puis, il y a un lit, un seul grand lit,
pour deux, c'est bien ça ?
C'est notre dernière chambre. J'avais cru que...
- On peut... - Tout va très bien.
Ma femme plaisante. Elle plaisante.
Bon. Eh bien, je vous laisse vous installer.
Pour joindre la réception, faites le 9.
Très bien.
- Vous pouvez me lâcher. - Oui.
Ça y est ?
Oui.
Voilà.
C'est quoi, le plan ?
On filme les gens qui passent toute la journée,
et le voleur, quand il reviendra.
T'es sûr qu'il va revenir ?
C'est pour ça que je t'ai dit de venir avec ton vélo.
S'il a volé le mien, il va forcément craquer sur le tien.
Mon vélo neuf, mais ça va pas la tête !
Mais il y a la caméra.
On le retrouvera, et le mien avec.
- Un plan de ton père ? - Non. Le mien.
J'étais là, à l'époque. Paul m'a donné ma chance.
Voilà, 10 ans plus tard, toujours là.
Il était comment, Paul ?
Comme un futur chef étoilé : dur, passionné, très obsessionnel,
mais très talentueux.
Et Alice ?
C'était la patronne. La restauration, c'était pas son truc.
Elle faisait la gueule. Sur la fin, ils se frittaient.
Pourquoi ils sont partis aussi vite ?
Aucune idée.
On nous a parlé d'une boîte de nuit, le Totem.
Oui, sur la route de Chéroy, après le super Casino.
Mais c'est fermé, depuis 8 ans.
- Ah bon ? - Bon. Merci.
Bonne journée.
Difficile de croire qu'on parle d'Alice et de Paul.
Des années à monter ça, et il lâche tout au rabais ?
Il s'est passé quelque chose dans leur vie, autour d'eux.
Dont il reste une trace dans la mémoire d'Alice.
Et forcément ailleurs.
- Et voilà la suite. - Merci.
Je peux vous aider ?
- Non. - Une recherche particulière ?
Oui. Mais ça va aller.
Un thé, un café ?
Non, merci. Ça va aller.
- Ça ne me dérange pas du tout. - Merci.
Marrante, elle.
Je vous ai connu plus entreprenant.
Elle est mignonne, pourtant.
C'est comme ça que vous me voyez,
sautant sur tout ce qui est "mignonne" ?
Vous, je ne dirais pas "mignonne", mais vous êtes pas mal...
D'accord. C'est bon.
- Est-ce... - Stop.
Vous êtes un grand romantique à fleur de peau. Ça vous va ?
C'est mieux.
- Allez. Bonne lecture. - Pareillement.
Toujours là. Yes!
Il a pas dû venir. Peut-être demain.
Oh non ! Mon père va me tuer.
Ça coûte cher, une caméra comme ça ?
Moins que mon vélo.
- C'est ça que vous cherchez ? - Oui.
Je m'en doutais. Dans mon bureau.
Dans mon bureau. Allez.
Non. Toujours pas. Merci.
Alors, Hugo ?
Collé 5 mercredis.
Elle croit que j'espionnais les autres élèves.
Papa a raison. J'ai pas l'étoffe d'un détective.
Je suis nul.
Ne dis pas ça.
C'est vrai que ta caméra sous les affiches,
c'était pas l'idée du siècle.
D'habitude, on regarde pas ces trucs-là.
Hugo,
il te faut quelqu'un qui connaisse les ficelles du métier.
Un mentor.
Toi ? T'as plus le droit d'enquêter.
Je fais ce que je veux, non ?
Bon.
T'as raison.
Je demanderai à ta soeur de nous aider.
Ça y est. Regardez.
Accident de voiture, 4 mois avant la vente du restaurant.
"Le conducteur a perdu le contrôle,
"fracassé la barrière de sécurité d'un pont
"et est tombé dans l'Yonne."
Les cris et le torrent d'eau. Pas mal.
Et Flavien ?
- Le conducteur ? - Le pont.
Ils ne précisent pas le nom des victimes.
Éditions suivantes.
- Peut-être des proches. - Pourquoi avoir oublié ?
Le choc.
Peut-être a-t-elle été témoin ou que le type de ses visions
était dans la voiture.
- S'il vous plaît ? - Oui.
On aurait besoin de votre aide.
- Une recherche thématique ? - Non, juste une info.
Un accidenté de la route est évacué vers quel hôpital ?
Un accident de voiture sur le pont Flavien.
Bon. Tant pis. Oui, Alice. On vous rappellera.
- Ça lui dit rien ? - Rien du tout.
Vous avez une idée, pour accéder aux archives ?
- On essaye le mot magique. - "S'il vous plaît" ?
Police. Lieutenants Abadie et Roche.
Nous avons demandé l'accès à vos archives pour une enquête.
On nous a dit de passer.
On m'a rien dit.
Pardon ?
La demande signée par le préfet vous a été faxée ce matin.
Mais j'ai rien. Excusez-moi.
Vous savez, la machine fonctionne 1 fois sur 2.
Super.
Voyez ça avec les archives. C'est au sous-sol, par là.
- Même pas merci. - On est de la police.
- C'était pas bien, la police ? - Si. On brouille les pistes.
Vous avez bien des gadgets, à la DGSE, non ?
Je voyais un truc moins...
C'est bon. Après vous.
J'ai 3 otites, un bras cassé,
un doigt sectionné.
J'ai.
12 mai, accident de la route,
Cyril Mexis.
C'est lui.
Décédé à son arrivée à l'hôpital, suite à l'accident et noyade.
Et son passager...
Alors, même heure d'arrivée, accident de voiture.
Alice Melkonian.
Elle a tout oublié.
Amnésie suite au choc. Combien de temps elle est restée ?
Elle est restée 2 semaines dans le coma.
Comment on a pu lui cacher ça ?
Les 2 dossiers d'admission signés par le même médecin : Pr Guez.
Autre chose : Alice était enceinte.
Paul non plus n'a rien dit.
Je comprends pourquoi il voulait qu'on l'appelle avant sa femme.
Regardez, les examens toxicologiques d'Alice :
"alcool, traces de cocaïne."
On parle bien d'Alice, notre cliente ?
C'est quoi, cette enquête ?
- Vous n'avez à rien faire ici. - J'ai été claire...
On travaille là.
J'ai appelé le commissariat et la préfecture.
Ah...
Alors nous allons vous expliquer, c'est très simple.
Vous vous appelez Babacar ?
Je pourrais.
Asseyez-vous.
Vous avez vidé vos poches à l'accueil ?
Pas de portable ?
Nous sommes sur une affaire urgente.
Détectives privés, c'est ça ?
J'ai un collègue qui est devenu détective privé.
Le salopard.
- C'est pas Marc Duchêne ? - Non.
Dommage.
Alors, profession. Ben, j'ai.
Nom, prénom, adresse.
Ça lance !
Ça va ?
- C'est ce con de poteau. - Mais quoi ?
Fais voir.
La fille s'est fait piquer son portable.
J'ai essayé d'attraper le mec et je me suis pris un poteau.
En filature, reste concentré sur l'objectif.
Tu te la joues pas super héros.
Je te fais perdre ton temps. Je suis nul.
C'est le métier qui rentre. C'est tout.
Ça sert à rien.
- Merci pour l'aide. - Santo...
- Moi, je rentre. - Santo. Santo !
Vous vous engagez à rembourser tous les dommages occasionnés.
Absolument.
Mais moi, j'ai 2 crédits sur le dos :
un pour la cuisine, un pour la voiture.
- Je suis pas banquier. - On va rembourser.
Ça suffit. J'imprime.
Allez ! Démarre, toi.
Allez, démarre !
Je vais voir avec le chef ce qu'on fait de vous.
Vous restez ici.
Même pas en rêve.
Pas de problème. On est en vacances.
Allez, réponds.
C'est peut-être important.
On est en Grèce. Tu ne captes pas.
Tu m'énerves. Vas-y, décroche.
Je connais pas. Allô.
Nora. J'ai besoin d'un service.
Sur une île déserte ?
Franchement. Vous, sur une île déserte ?
Dites-lui d'appeler ses potes.
Trouvez tout ce que vous pouvez, y compris via vos anciens collègues,
sur un certain Cyril Mexis, mort il y a 8 ans, à Sens.
Voyez s'il y a un lien avec Alice Melkonian. Merci.
- Le coup de fil aux potes. - C'est pas prioritaire.
Ça se discute.
Vous me cherchez ?
Ben, non.
Et votre nom, c'est ?
On peut discuter.
Ils peuvent nous garder jusqu'à demain, mais pas plus.
Dire qu'un bon lit nous attendait à l'hôtel.
Mais c'est le grand luxe, ici.
Vous avez jamais dormi dans une prison irakienne.
Vous, si ?
Non. Mais je regarde la télé.
Comment Paul a pu cacher un truc aussi énorme à sa femme ?
Le médecin aussi.
Ouais...
Le plus inquiétant, pourquoi ?
Pour cacher autre chose.
Tant qu'on n'en sait pas plus, on ne dit rien à Alice.
Mais c'est qui, Mexis, pour elle ?
Son ami ? Son amant ? Son dealer ?
Mais vous allez fermer vos gueules !
Il a raison. Il est tard.
J'imaginais pas notre 1re nuit ensemble comme ça.
Bonne nuit.
- Bonne nuit. - Oui. Bonne nuit.
Oui. Bonne nuit.
Je suis nul.
- Tu me suis depuis quand ? - Depuis qu'on s'est quittés.
Je ne voulais pas partir sur un échec.
Rassure-moi, c'est juste pour t'entraîner.
Oui, c'est...
C'est pas du tout ce que tu crois.
Remarque, mon père est pas là, si tu veux venir boire un verre.
Allez, viens.
Qu'est-ce qui m'a trahi, cette fois ?
Sérieux ? Ton parfum, mec.
Tu cocottes à 30 mètres.
C'est pour vous, les tourtereaux.
Une chance que ce soit un ancien de la maison.
- Merci. - De rien.
- Marc ? - Cyril Mexis.
Le genre oiseau de nuit, kéké grande gueule.
Il a été proprio d'une boîte, le Totem, fermée il y a 8 ans.
Adepte de grosses cylindrées, de stupéfiants,
conduite en état d'ivresse.
- Etc. - Un lien avec les Melkonian ?
Non. J'ai juste trouvé une soeur paumée, Fabienne.
Elle bosse
au centre pour junkies du château du Gâtinais.
Bon. Je vais me coucher.
Merci.
Bonnes vacances.
Très drôle.
Bien dormi ?
- Inutile de le dire. - On sera sages. Merci.
- Bonjour. - Bonjour.
Fabienne Mexis, s'il vous plaît.
Oui. Elle est là-bas.
- D'accord. Merci. - Au revoir.
Fabienne Mexis ?
- Bonjour. - Bonjour.
Agents de recherche privés. On enquête sur votre frère Cyril.
Il est mort.
Et les circonstances de sa mort ?
Vous connaissez la version officielle ?
Il était bourré et est tombé dans l'Yonne.
D'accord. Et l'autre version ?
Quelle était sa relation avec Alice Melkonian ?
Vous n'avez qu'à demander à Alice.
Elle se souvient de rien.
- Même pas de l'accident. - Il a réussi son coup.
Vous parlez de Paul ?
Qui d'autre ?
Elle allait le quitter pour Cyril. Il refusait de comprendre.
- Vous êtes sûre ? - Il a même menacé Cyril.
À la fin, Alice avait peur.
Il passait ses nuits à les guetter sur le parking du Totem.
Ce soir-là, je suis sûre qu'il les a suivis.
Vous insinuez que Paul est le responsable.
Je vous l'affirme,
et c'est pas faute de l'avoir dit aux flics.
Vous n'avez jamais recontacté Alice ?
Non.
J'attendais toujours qu'elle m'appelle,
pour qu'on cause de Cyril.
C'est grâce à lui qu'elle a fait de la photo.
L'annonce de son vernissage, ça m'a fait quelque chose.
Et vous l'avez appelée ?
Oui. J'avais envie de lui parler. Mais elle a raccroché.
C'est pas ce qui s'est passé.
Ça m'est égal. C'est loin, tout ça. Ça m'intéresse plus.
Le couple bat de l'aile, à cause du restaurant.
Alice devient la maîtresse de Mexis.
Paul ne le prend pas bien et les pousse à l'accident.
Ça reste à vérifier.
Ils ont un accident. Alice s'en sort.
Miraculeusement, elle ne se souvient de rien.
Le couple déménage à Paris. Ils ont un enfant.
Ils reprennent tout à zéro. Paul est...
- Attendez. - Quoi ?
Elle était enceinte.
Elle voulait le quitter.
Gaëtan serait le fils de Mexis ?
Donc ton vélo était ici ?
Ouais.
- Il fait quoi ? - Aucune idée.
Je cherche à savoir qui aurait vu ton voleur en action.
Bon.
Règle numéro 1 :
utiliser les ressources à disposition.
Bingo !
Plus personne ne dit "Bingo".
C'est la vieille école, Hugo.
Hugo, tu vas aller t'excuser auprès de la principale.
Plutôt crever.
Hugo est trop honteux
pour venir vous le dire lui-même.
Il est désolé et il a juré qu'il ne recommencera pas.
Je lui ai dit de ne pas espionner ses camarades.
D'autant que l'école est rattachée à un système de vidéosurveillance.
M'en parlez pas. Ordre d'en haut.
Mais qui regarde les images ?
Pas vous, quand même, avec toutes vos responsabilités.
Oh là là, non.
Tout est enregistré dans ce truc-là.
La société de surveillance récupère tout par Internet.
C'est moche et ça prend la poussière, mais c'est le progrès.
On l'arrête pas, ce "progrès".
Je vous dérange pas plus longtemps.
Je vous en prie, madame la principale.
Une bonne fessée vaut bien mieux qu'une caméra de surveillance.
"Rien ne vaut une bonne fessée." Sérieusement ?
Si on ne peut pas invoquer les bonnes valeurs rétrogrades.
Dis-moi,
il est pas en dépression ?
Non. Il s'habitue à ses affaires de filature
pour faire plus naturel.
10 h 27, toujours rien.
Ah...
On y est.
Attends. J'essaie un truc.
On dirait qu'il a la clé du cadenas.
- Il vient d'où, ce vélo ? - Je l'ai acheté sur Internet.
Et le cadenas ?
Avec le vélo. C'était un cadeau de la vendeuse.
Professeur Guez ?
Oui.
- Bonjour. - Bonjour.
Nora Abadie, Philippe Roche, détectives privés.
On nous a dit que vous seriez ici.
Que puis-je faire pour vous ?
Alice Melkonian, ça vous rappelle quelque chose ?
"Melkonian"...
Elle tenait un excellent restaurant avec son mari.
Il y a longtemps. Pourquoi ?
Cacher à sa patiente une information fiable sur son état
n'est pas déontologique.
Sauf si cette information est de nature à dégrader son état.
Je n'ai rien à cacher.
Alors on vous écoute.
Alice était dans le coma depuis 2 jours
quand des examens ont révélé qu'elle était enceinte d'un mois.
Parler d'une grossesse à risque était un euphémisme.
Depuis des années, ils voulaient un enfant.
C'était inespéré.
Paul n'était pas au courant de sa grossesse ?
Non.
Il était bouleversé, quand il l'a su.
Quand Alice s'est réveillée,
j'ai pensé préférable de lui cacher l'accident,
pour son bien et celui du bébé.
Vous lui avez raconté quoi, exactement ?
Qu'elle avait fait un malaise
et qu'elle était restée à l'hôpital pour se reposer.
C'est tout ?
Paul lui a révélé la vérité après la naissance de l'enfant.
- Il vous a dit ça ? - Oui.
Il m'a écrit, quelques mois après, pour me remercier
et me donner des nouvelles.
Et vous l'avez cru ?
Vous êtes en train de me dire...
qu'Alice ne sait pas ?
Non. Et c'est en train de lui bousiller la vie.
Madame, bonjour.
- Bonjour. - Bonjour.
On est là pour le vélo qu'on m'a volé.
- Quelqu'un avait la clé. - Je t'ai donné toutes les clés.
Lucas, tu peux venir ?
Ce garçon a acheté ton vélo. On lui a volé.
- Ah. Pas de bol. - T'es au courant ?
Pourquoi je le serais ?
On a des images vidéo où on te voit le voler
devant le collège. - Quoi ?
- C'est pas moi. - Arrête de mentir, espèce de voleur.
- On appelle la police ? - J'allais le rendre.
Même si on t'avait pas retrouvé ?
- Tu étais d'accord pour le vendre. - J'ai vu papa, vendredi.
Et alors ?
J'allais pas lui dire qu'on avait vendu son cadeau.
En plus...
On verra ça après.
Il est où, ce vélo, maintenant ?
Je l'avais laissé ici, hier.
Et ce matin, j'allais l'amener à l'école.
- Lucas, s'il te plaît. - Maman, je te jure, je mens pas.
Je te rembourserai.
- Qui a accès à la cour ? - Il faut les codes.
C'est quelqu'un de l'immeuble ?
Je sais. C'est la vieille Bouchard. Je l'ai croisée hier.
Elle râle quand on laisse des trucs.
Un jour, elle a jeté une poussette qui était dans le passage.
On aurait peut-être dû rester pour la nuit.
Qui sait ce que cette chambre aurait pu nous inspirer.
À part une promiscuité embarrassante, je vois vraiment pas.
Marc, c'est moi.
Oui, je sais. Mais là, c'est urgent.
C'est pas Mexis, le problème. C'est Paul, le mari.
S'il a encore menti, je vais voir la police.
Concentre-toi sur ta mission.
T'es pas un peu jeune pour une planque ?
La vieille n'a pas de petits-enfants. Elle va se débarrasser du vélo.
Tu dis rien à ta grand-mère.
Mais non.
Il n'y a plus qu'à attendre qu'elle le jette dans les poubelles.
Attends, attends...
C'est moi !
On range la drogue et l'alcool.
Ah.
J'espérais plaisanter.
Tu rentres déjà ?
Ça me fait plaisir de te voir.
J'imagine qu'Hugo est chez ses grands-parents ?
- C'est pas ce que vous croyez. - Je préfère ne rien savoir.
- Oui. - C'est moi. J'ai un truc.
Une voiture flashée sur la D58 à 2 km du pont Flavien,
le soir qui t'intéresse, à 1 h 18.
Comme l'accident a eu lieu entre 1 h et 1 h 15... Paul Melkonian ?
Je te laisse transmettre à Nora.
Merci, Marc.
- Et bonne fin de vacances. - Ta gueule.
Mince !
Papy, elle est déjà sortie. C'était ton tour de garde.
Je suis réveillé, moi.
Hugo ! Maintenant, ça suffit !
Monsieur ! Il faut rouvrir votre camion.
C'est pas possible, tout est broyé. Ça part à la décharge.
Mon vélo y est.
- Il est comment ? - Noir avec un Klaxon jaune.
Pourquoi il est à la poubelle ?
La vieille l'a jeté.
Attends-moi ici.
Félix !
Amène-moi le vélo, là.
Merci, les gars.
Tiens.
Merci.
Les gens jettent n'importe quoi.
Papy, je l'ai !
Pas de doute, Hugo, t'es un vrai Roche.
Je l'ai échangée avec celle-là. Qu'est-ce que t'en penses ?
- C'est celui de Richard. - Merci.
On le met dans la remise.
- Je peux ? - Bien sûr.
- Merci. - De rien.
Bonjour.
J'ai eu le Pr Guez au téléphone.
Je suis désolé de pas vous avoir tout dit quand on s'est vus, mais...
Dites-le maintenant. On vous écoute.
Alice était chez des amis, ce soir-là.
Elle a été raccompagnée par l'un d'eux qui avait bu.
Il a raté le pont.
OK. Vous préférez parler à la police.
On y va, Nora ?
La police ? Mais pourquoi ?
Ce pour quoi Alice nous a engagés : la vérité.
Ma famille, j'empêcherai qu'elle ne s'effondre.
Elle s'est déjà effondrée.
Vous croyez quoi ?
Que tout va recommencer comme avant ?
Pour avoir un futur avec Alice, il faut lui dire la vérité.
Ça n'allait plus entre Alice et moi.
On n'arrivait pas avoir d'enfant.
Je ne vivais que pour le resto. Elle rêvait de Paris, de photos.
Je voulais pas.
Et elle a rencontré Mexis.
Oui.
Ça m'a rendu fou de jalousie.
Et puis il y a eu l'accident, l'amnésie.
Guez m'a dit de préserver Alice et le bébé.
C'était une chance de recommencer, de réécrire
tout ce que j'avais raté
et d'offrir à Alice la vie dont elle rêvait,
même s'il fallait mentir pour ça.
Et mentir aussi pour le bébé.
Oui.
Ça aussi, c'était un cadeau.
J'aime ce gosse, encore plus que si c'était le mien.
C'est formidable, alors. C'est une belle histoire, hein ?
Qu'est-ce que vous faisiez sur la D58,
à 1 h 18, le soir de l'accident ?
Ben, je sais plus.
Vous avez été flashé.
Vous avez précipité la voiture de Mexis dans le fleuve.
Pas du tout. Vous êtes fous.
Alors, quoi ?
Oui, c'est vrai, je les ai suivis,
mais c'était pour leur faire peur, et ils m'ont semé.
J'ai appris la suite quand la police m'a appelé.
Pourquoi on vous croirait ?
Parce qu'il dit la vérité.
Cyril avait trop bu. Moi aussi.
Je l'ai encouragé à aller plus vite,
et il a raté le virage du pont.
Mais tu...
Lors de votre appel, ça m'a rien évoqué,
et puis c'est revenu.
Sens, le restaurant, nos disputes...
Cyril, l'accident de voiture...
Pourquoi tu m'as rien dit ?
J'avais besoin de réfléchir,
C'est comme si je sortais d'un long sommeil.
Je sais pas ce qui va se passer pour nous.
Mais je sais que je suis pas folle.
Merci.
Merci beaucoup.
C'était comment, la Grèce ?
- C'était super. - Il faisait chaud.
Ouais.
Hé, non.
- Il faisait moche. - Ah oui.
Chaud, mais humide.
Ça a dû faire court, non ?
Il faisait moche, on est partis plus tôt.
Quoi ? On aurait pu partir.
Philippe,
notre famille compte un nouveau détective.
Hugo vient de réussir brillamment
sa première enquête.
- Bravo, Hugo. - Ouais.
Roche fils et petit-fils.
Alors vas-y, je t'écoute.
En attendant de rater le bac.
Cool.
Et Nora ?
Ben, Nora...
J'imagine qu'elle est chez elle, Nora.
Vous savez qu'on est collègues.
Comment c'était, à Sens ?
Ah d'accord. Rapport à l'hôtel.
Ah oui, alors attention.
J'arrive à Sens, je vois un petit hôtel.
Bon. Il y en a qu'un. C'est l'hôtel de Sens.
Ils ont écrit : "Dans le bon Sens."
Sous-titrage : Eclair Group
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