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Fanfare.
Messieurs,
elle n'est pas sans melange,
la joie que nous avons à feter le 50e anniversaire
de l'entree à l'universite
d'un homme qui n'a vecu que pour approfondir et enrichir
les connaissances humaines:
notre cher doyen,
le Pr Henri Faust.
Henri Faust,
votre vie de tous les jours parmi nous
a ete un modele pour tous nos etudiants
et pour nous-memes.
Vous avez meprise les richesses, vous avez refuse les honneurs,
vous privant meme des joies
les plus simples,
afin de vous consacrer tout entier
au culte de l'esprit.
L'heure est venue ou, seul face aux grands problemes,
vous allez prendre une retraite que rien ne troublera.
Puisse le ciel benir vos travaux et guider vos pas
sur cette route de la science ou vous nous precedez.
Applaudissements.
Rire diabolique.
Faust, pourquoi fuis-tu?
Je suis là, derriere toi.
Ne veux-tu pas me voir? Pourquoi fermes-tu cette porte?
Tu sais bien qu'à chaque heure du jour et de la nuit,
malgre les portes et les murs,
je m'introduis dans ta maison comme un voleur
et je penetre dans ton âme comme un ami.
 quoi bon etudier encore?
 quoi bon te pencher sur ces livres
qui ne t'enseigneront rien des secrets que tu veux decouvrir?
Rappelle-toi...
Pendant 50 annees, tu as vecu dans la solitude.
Et qu'as-tu appris? Rien. Je ne sais rien.
Tu es l'homme le plus savant de la ville.
Mais ce que la nature contient de semences eternelles,
aucun livre ne te le dira.
Et bientôt, tu vas mourir. Sans avoir rien accompli.
Alors que si tu acceptais mon aide,
alors que si tu consentais à m'appeler...
Vois, tout est pret pour la reussite de ta grande experience.
Et si je t'appelais? Je viendrais aussitôt.
On frappe à la porte.
Non, je ne t'ai pas appele. Je n'ai rien dit.
L'heure n'est pas venue encore.
Si, monsieur, c'est l'heure. Le dîner est servi.
Monsieur ne mange pas? Je n'ai pas faim.
- Tu n'as faim que de science, n'est-ce pas?
Tais-toi!
Mais je n'ai rien dit, monsieur le professeur.
- Faust, tu gaspilles les dernieres heures de ta vie.
Ta science est juste bonne à mesurer ton ignorance.
Bris de verre.
Sans moi, tu ne sauras rien.
Par moi, tu pourrais tout savoir, mais tu as peur.
Rire diabolique.
Tu as peur, Faust?
Je n'ai pas peur des formes ridicules que tu aimes à prendre.
Je n'ai pas peur de tes cornes, de tes poils rudes,
de tes pieds fourchus, de tes griffes de singe,
de tes ailes de chauve-souris...
Pauvre diable. Crois-tu donc que tu m'effraies?
Je suis Faust, ton egal! Et je puis devenir ton maître.
L'heure est donc venue? Oui! Je t'ordonne de te montrer!
Et tu l'ordonnes comme il convient de le faire: à genoux.
Non, ne te montre pas! Pas encore!
Va-t'en! Je ne t'ai pas appele!
Trop tard, je t'ai obei. Je suis là.
Ou es-tu? Retourne-toi, tu me verras.
 quoi ressembles-tu? Je n'ai ni pieds fourchus ni cornes.
Quitte ce coin d'ombre ou tu te refugies.
Ouvre les yeux. Je ne vois rien.
Une nouvelle image est sortie de tes livres.
Il crie.
As-tu peur de toi-meme?
Le diable te ressemble et parle avec ta voix.
Cela ne te plaît pas?
Allons, dis-moi au moins une parole de bienvenue.
Lucifer, retire-toi!
Je ne suis pas Lucifer. Je suis un de ses lieutenants.
Mon nom est Mephistopheles.
Tu n'es pas poli envers quelqu'un qui, pour toi, est venu de si loin.
Peut-etre preferes-tu me voir sous l'apparence d'un de tes eleves.
Te rappelles-tu comme je t'ai salue avec respect?
Tes stratagemes ne m'effraient pas.
 present, je t'ordonne de disparaître!
Tu es contraint de m'obeir.
Je n'ai d'autre desir que d'etre ton serviteur.
Mais avant de disparaître tout à fait,
permets-moi encore un mot.
Regarde, Faust, regarde ton vieux corps delabre.
Il craque de partout.
Il sent la mort. C'est desagreable.
Sais-tu le nombre de jours qu'il te reste à vivre?
Je ne veux pas le savoir.
La pensee de la mort t'effraie?
Non. Mais la pensee de ma vie inutile, oui.
Je peux te donner une nouvelle vie pour jouir de mes bienfaits.
Que me demanderas-tu en echange? L'enfer ne fait pas de cadeaux.
Au bas de ce pacte,
une petite signature ecrite avec ton sang.
Jamais.
Et j'obeirai à tous tes ordres. Oh!
Sens-tu cette douleur?
C'est ma goutte, chaque fois qu'un orage approche.
C'est tres inconfortable.
Mon pauvre ami, ce pied est dejà dans la tombe.
Ne sens-tu pas comme ton cour bat?
Et regarde tes veines. Mauvais signe.
Tu etais si pres de la reussite. Je ne vendrai pas mon âme.
Lucifer, mon maître, me permettez-vous
de faire une exception en faveur de cet homme?
Ecoute-moi,
je vais te donner le temps d'achever ton ouvre,
et ce sans conditions. Sans signer de pacte?
Nous n'en parlerons plus avant que tu le veuilles.
C'est un piege.
Tu ne t'engages à rien, je te dis.
Je te donne la jeunesse. C'est gratuit.
Regarde-toi dans ce miroir.
Qu'y vois-tu?
La triste image de ma vieillesse.
Et maintenant?
Maintenant, je vois des fumees et des flammes.
Regarde encore. Tu y verras un visage.
Un visage dont tu enviais la jeunesse.
Cette jeunesse est à toi.
C'est toi-meme que tu vois, mon cher.
Tes voux sont exauces.
Ou es-tu? Si tu m'appelles, je reviendrai.
Mon nom est Mephistopheles.
Reviens.
Une signature au bas d'un pacte, et je serai ton serviteur.
Mephistopheles! Bonne chance, Faust.
Profite bien de ma jeunesse.
Alors, ça va mieux?
Ça a l'air de lui reussir. C'est le meilleur des remedes.
Que m'est-il arrive?
Vous faisiez de grands gestes, vous appeliez quelqu'un,
et puis vous etes tombe raide.
Alors on vous a porte ici.
C'etait donc vrai?
Voilà que ça le reprend.
Allons, encore un petit coup de remede.
Qu'est-ce que c'est? De l'eau-de-vie.
"L'eau-de-vie..."
J'en ai bu, il y a longtemps.
Oui, bien longtemps... "Bien longtemps"?
lls rient.
Je voudrais me lever. Ben, levez-vous.
Vous croyez que je pourrais? Ben, essayez.
Vous avez vu? Quoi?
Mes jambes, comme elles fonctionnent bien.
C'est tout à fait etonnant. Quoi?
La jeunesse.
Pendant de longues annees, je n'ai vu à travers mes lunettes
que des papiers, des mots et des chiffres.
J'avais oublie qu'il existait...
des arbres,
des etoiles
et des visages de jeunes filles.
Dites-moi, mademoiselle, de quoi ai-je l'air?
D'un jeune homme qui ne sait pas ce qu'il dit.
Vous avez bien dit "jeune"?
Jeune? Jeune?
Vous entendez ma voix? Vous me faites mal.
Je ne connais pas encore ma force. Vraiment?
Les chiens aboient.
 present, vous la connaissez, votre force.
N'est-ce pas?
Mon Dieu! Au secours!
Au secours! Je me suis senti si faible...
Un vide etrange...
Peut-etre ne mange-t-il pas tous les jours à sa faim.
"Faim"?
Vous croyez que j'aurais faim?
Depuis quand n'avez-vous pas mange?
C'est comme une sorte de vertige.
Un tiraillement ici, une sensation de froid...
Ça vous arrive à vous aussi? Plus souvent qu'à notre tour.
J'ai faim!
J'ai faim!
J'ai faim! C'est merveilleux!
J'ai faim! J'ai faim!
Buvons à ce que les hommes n'apprecient jamais assez:
la jeunesse!
Qui est-ce qui va payer?
Le jeune homme. Il les a tous invites.
Pourquoi riez-vous? Pardonnez-moi.
Il me semble que tout tourne autour de moi:
la Terre, le ciel, le present, le passe...
C'est le vin. Ne dites pas de mal du vin.
Quand je pense à toute l'eau que j'ai bue pendant tant d'annees!
Mes amis,
buvons à la memoire d'un vieux fou à barbe blanche
qui n'a jamais connu la jeunesse:
le Pr Faust.
Professeur Faust?
Avant de partir,
laissez-moi boire à un certain personnage
que je ne nommerai pas
et qui accorde ses bienfaits sans rien demander en paiement.
C'est de toi qu'il parle. Tu crois?
Eh, je vous demande pardon,
il y a erreur.
On ne peut pas souper sans payer.
Rassurez-vous, mon brave,
nous ne voulons pas vous faire tort d'un sou.
Un instant. Je vais chercher de l'argent.
Arretez!
Merci, Mephisto.
Il n'est pas dans sa chambre.
Allons voir par là.
Au voleur! N'aie pas peur, c'est moi.
Ce n'est que moi. Au secours!
Au secours!
Mais ne crains rien. Je te dis que ce n'est que moi.
Ne t'inquiete pas. Je reviens dans un instant.
Ou est-il? Je l'ai vu là.
Il prenait de l'argent.
Il a du s'enfuir.
Et voilà, tout est arrange.
Payez-vous, tavernier.
Ils chantent.
II chantonne.
- Chut!
Je n'ai pas le droit de chanter? II est trop tard.
Le chien aboie.
Qu'est-ce que vous faites là?
Que faisons-nous sur Terre? C'est une grande question.
Que faites-vous sur ce banc? Je reflechis.
Vous n'avez pas de domicile?
Que vous dire?
J'en ai un,
oui,
et je n'en ai pas.
Il me semble que je n'en ai plus.
Quel est votre nom? Vous ne me croiriez pas.
En somme, vous n'etes pas dans une situation reguliere.
Ça, non. Ma situation n'est absolument pas reguliere.
Le chien aboie.
Qu'y a-t-il? Un individu rôde par ici.
Des chiens aboient.
Qu'y a-t-il là-dedans?
Rien. Tout est en ordre.
Ou est-il passe?
Ne craignez rien.
Il est parti.
Je savais que j'allais vous revoir.
Vous le saviez? Les cartes me l'ont dit.
"Les cartes"? Vous n'y croyez pas?
Ni aux racines de persil, ni aux lignes de la main?
Je ne crois pas à tout cela. Vous ne croyez en rien?
Oh, si.
Je crois au diable.
Il m'avait semble
que quelqu'un etait là, qui nous epiait.
Le diable n'est pas aussi mechant qu'on le pretend.
Taisez-vous.
Puisque vous etes si savante,
vous devriez me dire ce qu'il va m'advenir.
Quelle etrange main!
On dirait que votre vie s'arrete et recommence.
On dirait que la ligne de cour...
Comment vous appelez-vous? Marguerite.
Vous etes tres jeune, n'est-ce pas? J'ai 19 ans.
"19 ans..."
Vous n'etes pas beaucoup plus âge vous-meme.
Quand j'ai votre main dans la mienne,
je le crois.
Vous allez dormir, à present.
Les chiens veilleront sur vous.
Tu feras bonne garde, Sultan, n'est-ce pas?
Tu le protegeras contre ceux qui lui veulent du mal.
Bonne nuit, Sultan.
Bonne nuit.
En faisant ma ronde, j'ai remarque cette porte ouverte.
Alors je suis entre dans la salle d'etude.
Et j'ai vu le desordre. Il y a eu lutte.
Ce sont les lunettes du professeur.
Entre nous, il etait un peu bizarre.
Il pretendait qu'il etait possible de fabriquer de l'or.
"De l'or"? Oui, monsieur le procureur.
Voilà la raison du vol... Ou du crime.
Le jeune homme qu'on a vu s'introduire chez lui
etait attire par cet or.
Il sifflote.
Les chiens aboient.
Chut, taisez-vous.
Ils sont jaloux de moi.
Ils ne te connaissent pas. Ils se demandent qui tu es.
C'est à toi de leur repondre.
Qui es-tu? Meme à moi, tu ne l'as pas dit.
Je ne le sais plus moi-meme.
Avant, que faisais-tu?
Celui que j'etais avant de te connaître,
je l'ai oublie. Tu m'oublieras, moi aussi?
C'est dans ma main
que tu as vu ça? Henri, il y a une blessure.
Il y a du sang.
"Une blessure"? Un brin d'herbe seche. Regarde.
C'est ça qui t'effraie?
II me semble que je vais te perdre.
Je suis un homme libre. Qui pourrait m'enlever à toi?
- Henri? Ou es-tu?
Viens nous montrer ce que tu sais faire.
Vous allez voir!
C'est lui.
Mesdames et messieurs, etes-vous heureux?
Je le suis.
Je vais vous faire part de mon secret.
Bien avant que vous ne soyez vivants,
en un pays ou vous n'irez jamais,
un philosophe que vous ne connaissez pas, Platon,
enfermait les hommes dans une caverne pour leur expliquer
les secrets de la Terre.
Gong.
Plus tard, un autre homme, dans un autre pays...
Gong.
...l'astronome Newton s'envolait parmi les etoiles
pour expliquer aux hommes
les secrets du ciel.
Gong.
L'astronome et le philosophe avaient tort.
C'est un troisieme savant qui vous le dit, moi, Henri.
Gong.
Il y a un seul secret à connaître: c'est le secret de la jeunesse...
Gong.
C'est le secret du bonheur, c'est le secret de la joie,
c'est le secret du plaisir!
II vous sera revele à l'interieur.
Entrez, mesdames et messieurs.
Entrez, entrez!
Entrez, mesdames et messieurs! Entrez!
Rire diabolique.
C'est vous qui avez ri?
C'est lui. C'est bien lui.
On vous a vu prenant de l'argent chez le Pr Faust.
Depuis, le professeur n'a ete vu par âme qui vive.
Ou est le corps? Quel "corps"?
Celui du Pr Faust.
Vous avez tue ce vieillard apres une lutte sauvage
dont tout porte ici les traces.
Et le corps...
Et le corps, vous l'avez brule ici meme,
dans ce four.
Huees.
Rire.
Oui, Mephistopheles, tu ris?
Mais rira bien qui rira le dernier.
Messieurs, j'en ai termine.
Tout demontre la culpabilite de cet homme.
Il nous a annonce une revelation qui prouverait son innocence.
Mais cette revelation, nous l'attendons encore.
Dans la perte que ce royaume a subie en la personne du Pr Faust,
ce savant eminent,
je dirais mieux, cette lumiere de notre epoque,
notre soif de justice reclame,
pour son assassin, le seul châtiment qui convienne
à son crime: la mort.
Accuse, avez-vous une declaration à faire?
Oh oui, monsieur le president.
Une declaration que j'ai hesite à faire
jusqu'au dernier moment.
Mais je ne peux plus attendre.
Monsieur le procureur, vous l'avez dit:
personne ne sait qui je suis,
personne ne connaît mon nom. Ça ne vous semble pas etrange?
Le moment est venu d'exposer publiquement l'infernale,
je dis bien l'infernale machination qui m'a conduit ici.
Et rira bien qui rira le dernier.
Vous voulez savoir ce qu'il est advenu du Pr Faust?
Je vais vous le dire.
Aussi incroyable que cela paraisse,
le Pr Faust est vivant.
Le voici.
Oh!
Monsieur le professeur...
Ou etiez-vous? En voyage, monsieur le president.
Loin d'ici. Tres loin d'ici.
Tu pourrais dire merci. Je ne t'ai pas appele.
Pourquoi es-tu revenu?
Nous n'aimons pas que l'on parle de nos affaires en public.
Vous voulez me forcer la main?
M'obliger à te vendre mon âme pour sauver ma vie?
Tu m'as vaincu, je le reconnais.
Te voilà libre de gouter les plaisirs de la jeunesse
pendant que je suis condamne à soigner tes rhumatismes.
Sans rancune.
Mais si tu as besoin de moi, tu sais ou j'habite.
M. le recteur? Jeune homme?
Mefiez-vous. Cet homme n'est pas le Pr Faust.
Si vous voulez tout savoir, le Pr Faust, c'est moi.
Chassez-le! C'est un fou.
- Henri,
ou allez-vous coucher, mon ami?
II fallait y penser. La jeunesse est insouciante!
Je ne peux pas vous donner de l'or, je n'en fabrique pas,
mais voilà un peu d'argent.
Ne me remerciez pas. Je suis toujours
pret à vous aider.
Monsieur le professeur est trop bon.
Je sais, Antoine, c'est mon defaut.
Le dîner est servi, professeur. "Le dîner"?
Oh! Quelle bonne idee!
Je n'y avais pas pense.
Il sifflote.
Monsieur a change, depuis son voyage.
En bien ou en mal? En bien, naturellement.
Et le vin? Monsieur boit du vin, maintenant?
Je veux du vin, et du meilleur.
Depuis le temps que j'entends parler de foie gras,
champignons à la creme, langoustes,
je voudrais bien en connaître le gout.
Antoine, la vie est courte. Profitons-en.
Cloche.
Bonjour, monsieur le professeur Faust.
Bonjour, monsieur le recteur.
La joie que nous eprouvons est partagee par le prince.
"Le prince?"
Le prince desire vous voir aussitôt, professeur.
Une voiture est là. Je suis aux ordres du prince.
Je suis aux ordres du prince...
- Professeur!
Monsieur oublie ses lunettes. Mes lunettes!
J'oubliais mes lunettes.
Le Pr Faust, monseigneur.
Asseyez-vous, professeur.
Je veux croire que votre disparition,
ce voyage mysterieux, ce retour imprevu,
avaient un rapport
avec votre travail.
Votre Altesse a vu juste.
J'ai beaucoup travaille, ces temps derniers.
Vous seul pouvez nous sauver.
Le tresor est vide. Vous avez vu avec quoi nous payons?
Du papier.
Excellente idee, monseigneur.
Mais bientôt, ce papier n'aura aucune valeur.
Il nous faut de l'or. Au travail, professeur Faust.
Alors? Tu es fatigue? T'as dejà travaille, toi?
Toute ma vie. Â quoi?
Depechons-nous.
- Laissez passer la princesse.
Depechons-nous.
Au travail! Qu'est-ce que vous attendez?
Rires.
Je sens que le moment approche.
Bientôt, nous aurons de l'or.
Dieu vous entende. Vous dites?
"Dieu vous entende".
Je ne vous reconnais pas,
professeur Faust.
Autrefois, vous aviez des craintes bizarres.
Qu'est-ce que je craignais?
Vous craigniez que faire de l'or fut une entreprise d'un caractere...
diabolique.
Vous croyez au diable?
Le diable, nous savons bien qu'il n'existe pas.
Mais chut, il ne faut pas le dire.
Prends ça et file. Et mon argent?
Tu veux de l'argent en plus?
Je vais te payer, moi.
Tu m'as appele? Non.
J'avais cru entendre ton appel.
Jeune homme?
Pourquoi ne pas entrer? Vous n'avez qu'un mot à dire.
Eh, là! On ne se sert pas tout seul, ici.
Ben, servez-moi. Oui, mais on paye d'avance.
De l'or?
Une piece d'or?
J'avais oublie que ça existait. Ou as-tu pris ça?
C'est un don du Ciel. Vous n'en voulez pas?
Si, si. Qu'on l'examine. Voyez, voyez.
- Qu'est-ce que c'est?
- C'est du sable. Rires.
Si tu veux faire le magicien avec moi,
tu vas avoir des ennuis, tu sais.
Bonsoir.
Ne vous inquietez pas, monsieur est mon invite.
Oublions ça et amusons-nous.
La vie est courte.
Je suis pas fort en alchimie.
Je fabrique de l'or, et il tourne en sable aussitôt.
 ta sante.
Oh!
Sais-tu que tu es beaucoup plus savant que moi?
Tu etais tout pres de reussir le grand ouvre.
Et qui peut faire de l'or peut tout faire.
Buvons à la science eternelle.
T'as peur de trinquer avec moi?
Je n'ai peur ni de toi, ni de ton maître.
 ta sante.
Je vois clair dans ton jeu.
Tu vas me persecuter jusqu'au jour ou je te vendrai mon âme.
Eh bien, discutons le marche.
Que me proposes-tu?
Une longue vie de felicite.
Je t'aiderai à devenir riche et puissant.
Et si je n'accepte pas?
Tu me mettrais dans un cruel embarras.
Le veritable enfer existe sur la Terre.
C'est la misere, la solitude, la mechancete...
Ainsi, tu crois me tenir?
II y a un moyen d'echapper à ta contrainte.
Lequel?
Je n'ai qu'à suivre cette pierre. Pourquoi ne le fais-tu pas?
Faust rit.
Et tu obtiendrais mon âme à bon compte?
Non, mon cher demon.
Ce serait te rendre la tâche trop facile.
J'accepterai mon sort sans faiblir.
Faust rit.
Je croyais avoir gagne, et voilà qu'il m'echappe encore.
Oh, grand Lucifer,
inspire-moi!
Musique tonitruante.
Je ne suis qu'un demon de deuxieme classe,
je fais ce que je peux.
Mais cette âme n'est pas commode à saisir.
Oui! C'est cela!
O, genial Lucifer, toi seul as des idees pareilles.
Je vais essayer.
Quel metier!
Pardonne-moi.
J'ai voulu faire du zele et je m'en repens.
Faisons la paix. Je t'offre mon amitie.
Laisse-moi.
Je connais la valeur de tes offres.
Te laisser à cette existence miserable?
Jamais!
Je veux reparer mes torts envers toi.
Je ne te demanderai rien. Mets-moi à l'epreuve.
Je t'aiderai à decouvrir les grands secrets de la nature.
Tu voulais faire de l'or?
Cette nuit, je te le promets, tu reussiras.
Ai-je tenu parole?
Vois comme tout devient facile.
Elle est devant toi,
cette decouverte à laquelle tu revais depuis tant d'annees.
Et ce n'est qu'un premier pas. Tout peut se changer en tout.
Le sable en or, et l'or en sable.
Il sifflote.
Monsieur est dejà leve?
Je n'ai pas dormi, Antoine. J'ai beaucoup travaille.
Ma chambre etait occupee par quelqu'un.
Quelqu'un que vous connaissez et que vous traiterez en invite.
Laissez-le se reposer. Bien, monsieur.
Bonjour, mes enfants.
Vous voyez cette piece d'or,
elle appartiendra à celui qui la merite le plus.
C'est-à-dire au plus fort.
Une piece d'or. Une autre.
Il serait possible d'en fabriquer plus?
Si Votre Altesse l'ordonne.
Si je l'ordonne? Que vous faut-il
pour faire de l'or? Un peu de sable et un peu de genie.
Je sais ou se trouve le genie, il ne manque que le sable.
Donnez un demi-tour de roue.
Je me demande, mon cher, de quoi se plaignent les hommes
lls peuvent manger, ils peuvent boire,
ils peuvent sourire aux demoiselles.
Ma parole, l'existence est des plus agreables.
Ça ne m'avait guere occupe jusqu'à ce jour.
Helas, moi non plus.
Mais ne trouves-tu pas que nous avons assez travaille,
et qu'il serait temps de nous distraire?
Valse.
II rit.
Je regrette de ne pas avoir ta jeunesse.
J'aurais danse toute la nuit. Tout le monde rit de toi.
T'es jambes n'etaient pas entraînees à la danse, je le sens.
Tu oublies que tu portes un nom respecte partout en Europe.
Ne te fâche pas.
Tu es devenu le personnage le plus important du pays.
Toutes les femmes te regardent.
Que veux-tu de plus?
"Ce que je veux?"
Etre seul avec la princesse.
Nous pourrons arranger cela. Sur-le-champ?
Tu es bien exigeant.
Mais si mon maître consent à m'en donner le pouvoir...
Faust rit.
Bravo, mon cher Mephisto.
Mais ou sont-ils tous passes?
lls sont alles se coucher
pendant que les heures passaient sur le sommeil ou tu es plonge.
Ou est la princesse?
J'espere qu'elle sera exacte au rendez-vous.
Qui etes-vous?
Le plus fidele serviteur de Votre Altesse.
Que faites-vous ici?
Je n'oserais pas vous poser la meme question,
mais je remercie le destin qui m'a place sur votre chemin.
Un reve a trouble mon esprit. Je me suis eveillee en vous voyant.
Que beni soit ce reve, madame.
Mandoline.
Quelle est cette musique? Je l'ignore, madame.
Puisse-t-elle exprimer ce que je n'ose dire.
N'abusez pas de la situation.
- Quel est celui qui garderait sa raison
devant une princesse si belle
et si legerement vetue?
Monsieur!
Je suis l'epouse de votre souverain.
Le souverain dort.
Son reve ne saurait etre plus beau que celui que je vis.
C'en est assez!
Quelqu'un vient.
Un pas s'eloigne.
Ne vous montrez pas encore.
Il y va de votre honneur.
Mon "honneur" ne commande pas que vous me serriez dans vos bras.
Cette musique à nouveau? D'ou vient-elle?
Pourriez-vous laisser ma main? De bonne grâce.
Si vous vouliez me la rendre avec votre pardon.
Es-tu content de moi?
Tu ne doutes plus de mon amitie?
Que penses-tu de ta nouvelle salle d'etude?
lci, tous les savants du pays se reuniront
pour travailler sous ta direction.
Que veux-tu de plus? Revoir la princesse.
Pas besoin de miracle pour cela.
Elle sera partout ou tu seras.
Monsieur,
ce brevet,
en vertu duquel vous porterez le titre de chevalier,
est une faible marque de notre reconnaissance.
Monseigneur, je ne cherche pas d'autre recompense
que celle que je trouve dans les regards bienveillants
qui se posent sur moi.
J'espere qu'avec l'aide de mon eminent ami,
le Pr Faust,
je continuerai à me rendre digne de cette science
à laquelle je me suis consacre.
Par des chemins imprevus,
nous decouvrirons des secrets qui etonneront les esprits.
Bientôt, plus personne ne souffrira de la faim,
les guerres deviendront impossibles.
Gloire au progres!
Monsieur... Madame?
Valse.
T'as vu ce diable? Cesse de rire, j'ai besoin de toi.
Mais que peux-tu desirer?
Tu as la jeunesse, la fortune et la gloire.
Tout cela n'est rien. Elle m'aime.
Qui? La princesse? Oui.
Voilà une belle decouverte.
Fais passer les heures.
Fais que de nouveau je sois seul avec elle.
Je peux te rendre ce service,
mais apres tout ce que j'ai fait, je veux savoir
que je n'ai pas travaille pour rien.
Je ne te demande pas de remerciements,
dis-moi seulement que tu as trouve le bonheur.
- Je suis l'homme le plus heureux du monde.
Rire diabolique.
Tu l'as dit, ce mot que j'attendais, mon cher Faust.
Que le sommeil prolonge ton reve de bonheur.
Voici venu le moment pour lequel j'ai tant travaille.
Lucifer, j'ai suivi tes ordres.
Donne-moi ton aide.
Fais qu'en un instant ce cher Henri
soit transporte hors de ce palais.
Fais qu'il se retrouve aussi miserable
qu'à l'epoque ou il se mefiait encore de moi.
Reveille-toi, mon cher Faust.
Reveille-toi pour gouter la realite du bonheur que tu me dois.
Voilà donc la derniere des epreuves que tu m'avais reservees.
Le bonheur que j'ai cru connaître n'etait qu'un reve.
La vie de l'homme est-elle autre chose qu'un reve?
Je ne suis plus rien.
Apres avoir cru que le monde etait à moi...
C'etait ce que tu voulais.
Le monde n'est qu'illusion, tu le sais.
Rends-moi cette "illusion".
Rends-moi le bonheur. Je paierai n'importe quel prix.
Jeune homme, je ne sais pas de quoi vous parlez.
Je vais te donner ce que tu attendais.
Le voilà, ce sang que tu m'avais demande.
Mais je ne t'ai rien demande.
Tu t'engages à me servir jusqu'à ma mort?
Tu me donneras tout ce que je desire?
Un pacte est un pacte, et je n'ai qu'une parole.
De quel nom dois-je signer?
De ton vrai nom: Pr Faust.
Attends, attends.
Tu ne m'en voudras pas? Laisse tes scrupules.
Tu ne me reprocheras pas mes ruses?
Toutes tes ruses etaient de bonne guerre.
Qu'il en soit fait comme tu l'as voulu.
"Au nom de son maître, Lucifer, ledit Mephistopheles,
"au dernier jour de ma vie, prendre possession de mon âme."
Signe: "Faust."
C'est tout à fait en regle.
Maître, je suis desormais votre fidele serviteur.
Partons d'ici.
Apporte 2 verres. J'ai dit partons.
Je suis à vos ordres. Tu boiras à ma sante.
C'est une piece d'or? Oui.
Et une bonne. Une de la nouvelle fabrique.
Ça doit etre un fameux homme, ce chevalier Henri.
Il paraît qu'il fait de l'or autant qu'il veut.
Je voudrais bien avoir la recette.
"Le chevalier Henri"? Quand as-tu entendu parler de lui?
On ne parle de personne d'autre, dans la ville.
D'ou sortez-vous?
Comment cet homme connaît-il ce qui n'etait qu'un reve?
Qui te parle de reve? Tu as reellement fait de l'or,
tu as desire la princesse
et tu es reellement le chevalier Henri.
Mais alors, pourquoi suis-je ici?
Parce que je viens de t'y transporter moi-meme.
Ne te fâche pas.
Tu m'as dit que toutes mes ruses etaient de bonne guerre.
Rire diabolique.
Ne fais donc pas cette tete. Sois bon joueur.
Tu es un homme tout-puissant, et je vais t'obeir.
Es-tu mon serviteur?
Depuis une heure et jusqu'à la fin de ta vie.
Alors obeis-moi. Je veux etre seul.
Pourquoi vouloir etre seul?
Tu sais bien que desormais, tu n'as pas d'autre ami que moi.
Chour.
Je vous salue, maître.
Que cette journee vous apporte la satisfaction de tous vos desirs.
Allons, souriez. Vous etes jeune,
il fait beau, le monde est à vous...
Tu as raison.
Je n'avais pas reve. Chacun m'admire et me salue.
Peut-etre meme envient-ils mon sort.
Vous voyez?
L'homme pourra explorer les mers grâce à ce bateau sous-marin.
Qui servira surtout à couler des flottes entieres.
Cette machine volante permettra de franchir montagnes et oceans.
De detruire les villes
et d'ensevelir leurs habitants sous les ruines.
Nous decouvrirons les germes des maladies.
Et vous pourrez repandre les pires epidemies
chez vos voisins.
Nous utiliserons l'energie que contient
chaque grain de poussiere.
L'homme aura le pouvoir absolu de detruire...
Un pays, un continent.
La Terre entiere et les etoiles aussi.
Musique classique.
Viens ici, mon ami, et bois.
Je hais la musique. Elle me fait penser au paradis.
Tu sais, les anges, avec leurs grandes harpes.
Mephistopheles, ou est ce bonheur que tu m'as promis?
Ne sois pas trop exigeant.
Tu vas bientôt etre heureux.
La princesse va venir te rejoindre ici meme.
Qu'en sais-tu?
J'ai pu voir les evenements qui se produiront
aussi clairement que tu te vois dans ce miroir.
Est-ce vrai? Oui.
J'aimerais savoir ce qui m'arrivera dans l'heure prochaine.
Puis-je t'en prier?
Si cela peut te distraire, mon maître, regarde.
Regarde ce reflet de toi-meme qui se detache de toi
et qui s'en va dans le temps qui vient.
Voici l'heure à laquelle la princesse viendra.
Quand elle apparaîtra,
tu l'attendras debout pres de la porte.
Elle te decouvrira avec une surprise bien feinte.
Tu t'approcheras,
tu prendras ses mains respectueusement.
Et comme le moment du respect est passe, soudain...
Tu vois que ce ne sera pas difficile.
Vous conviendrez d'un autre rendez-vous.
Quant au reste,
ça te regarde.
Puis-je connaître la suite de l'aventure?
Ce que tu en as vu ne te le fait pas deviner?
Je parle de l'aventure que va etre ma vie.
Ne me le demande pas.
N'ai-je pas le droit de savoir?
Tu gâteras toutes tes joies ainsi.
C'est un ordre que je te donne.
Tu es à mon service.
Tu as tort.
Qu'a l'avenir de si effrayant que tu veuilles me le cacher?
Rien, rien. Regarde.
Une annee a passe,
et voici ce que le miroir refletera.
Vois avec quel respect, quel amour, on t'accueillera.
Chacun saura que tu es l'amant de la princesse.
- Le prince aussi?
- "Le prince?" Dans un an, il sera mort.
Le triste evenement se sera produit quelques mois auparavant.
Si le prince avait des soupçons,
il n'est plus en etat de t'en faire part.
Mais on ne peut empecher les mauvais esprits
de penser que le prince n'est pas mort de mort naturelle.
Il sera tue?
II faut bien mourir.
Ne me cache rien.
Avoue que ce prince est un peu genant de son vivant.
Un vieux mari ne penetre pas dans la chambre de sa femme
sans prevenir.
Et un soir, il s'en faudra de peu qu'il ne vous surprenne.
Heureusement, il ne pense pas à regarder derriere les rideaux.
Mon ami, tu perds la tete.
La science permet d'user d'armes qui ne laissent pas de traces.
- Quelle est cette main?
- C'est celle du fidele serviteur
qui s'est engage à satisfaire tous tes desirs.
Qu'avions-nous besoin de ce prince?
Et la princesse, qui donne tous les signes
d'une profonde douleur,
sera libre de se consacrer tout entiere à son nouvel amour.
Ah, l'amour eternel...
N'est-ce pas ce que ton cour desire?
Ce que mon cour desire
est de rester toujours aupres de vous.
Je ne vis qu'aupres de vous.
Que m'importe le monde, s'il ne se reflete pas dans vos yeux.
Ce sont les memes mots,
mais celle à qui tu t'adresses n'est plus la meme.
Le temps a passe.
Cette pauvre princesse devrait s'en rendre compte,
mais meme le diable ne pourrait l'en convaincre.
Et voilà que tu dois subir les pleurs d'une femme jalouse.
Je t'en debarrasse comme je l'ai fait avec son mari?
Non!
- Pas si vite.
Tu auras envie d'etre libre
afin de te consacrer tout entier à ta nouvelle passion.
Tiens, c'en est encore une autre à qui tu jures un amour eternel.
Je n'ai pas besoin de savoir ces choses-là.
Je te l'avais dit.
Ça ne m'interesse pas. Que ferai-je de mon pouvoir?
Ce qu'en font les conducteurs de peuple.
Tu seras le maître absolu. Tu recompenseras ceux
qui s'inclineront devant toi.
Les autres reconnaîtront leurs erreurs,
et s'ils sont incorrigibles,
les vieilles methodes sont encore les meilleures.
- Je ne le ferai pas.
Il le faudra bien.
Je veux le bonheur des hommes.
C'est pour leur bonheur que tu devras etre severe.
Tu travailleras chaque nuit pour eux.
Faire de l'or etait un jeu d'enfant, pour nous.
Transformer le monde grâce à la science,
voilà le but supreme.
Explosion.
Arracher à la matiere son secret.
Utiliser l'energie que contient chaque grain de poussiere.
Étonnement de la foule.
Explosion.
Voilà la grande decouverte qui te vaudra l'admiration de tous.
Je ne laisserai derriere moi que de la poussiere et des cendres.
Tout ici-bas ne se termine-t-il pas par de la poussiere?
Et au dernier jour de ma vie...
Et au dernier jour de ma vie?
Ne regarde pas. Je veux voir mon destin.
Tu te punis toi-meme.
Les annees acquises se seront evanouies.
Il sera minuit.
La derniere des nuits que je passerai
sera semblable aux autres nuits.
Pour tous, ce sera une nuit comme les autres,
sauf pour moi.
Seul, je saurai qu'un creancier impitoyable
rôde autour de mon âme.
Il n'y aura personne parmi ces serviteurs
pour partager mon secret.
Personne ne saura que Faust n'a plus qu'un instant à vivre,
qu'il va etre damne pour l'eternite.
L'enfer reclamera son droit!
II criera: "Faust, viens! Ton heure est presque arrivee."
Litanies sataniques.
"Ledit Mephistopheles,
"au dernier jour de ma vie, prendra possession de mon âme."
Signe: "Faust."
C'est tout à fait en regle.
Cri terrifiant.
Il crie.
Pourquoi as-tu voulu connaître l'avenir?
Pourquoi ne m'as-tu pas ecoute?
Musique classique.
Je ne suis pas si mechant que tu le crois.
Je me suis habitue à toi. Tu es mon ami.
Une signature faite avec ton propre sang,
ça ne s'efface pas, tu sais.
Le destin, c'est le destin.
Tu ne peux pas y echapper.
Henri!
Ou es-tu?
Tu dois rester ici.
Monsieur le professeur...
On m'envoie demander des nouvelles
du chevalier Henri.
Le chevalier reflechit sans doute à quelque probleme.
Il ne veut voir personne, pas meme moi.
D'ou provient cette etrange melancolie?
Seul le ciel peut le savoir, madame.
Voilà 3 jours qu'il est enferme dans sa chambre,
dont il ne sort qu'à la nuit venue.
Je t'attendais.
Je t'ai pourtant dit que je ne reviendrais plus.
Mais tu es revenu.
Tu m'attendais quand meme. Je t'ai attendu pendant si longtemps.
Quand nous etions sur les routes, j'esperais te voir apparaître.
Chaque soir, j'etais deçue. Chaque matin, j'esperais encore.
Mais maintenant, tu es là.
Je n'aurais pas du te revoir. Pourquoi?
Je ne veux pas que tu sois malheureuse.
Je ne le suis pas.
Il me semble que nous n'avons jamais ete separes,
que les jours n'ont pas passe,
que nous sommes sur la route tous les deux.
J'etais heureux, alors.
Pourquoi ne le serais-tu pas encore?
Qu'y a-t-il de change?
Henri...
reviens.
Demande-moi pardon.
Pardonne-moi.
Quelle est ma faute?
Tu me traites comme une ennemie. Tu te mefies de moi.
Que crains-tu? Rien, quand je suis aupres de toi.
Tu me proteges.
Aboiement.
Il y a deux hommes là-bas qui nous epient.
Est-ce vous qui vous promenez ainsi dans l'ombre?
Votre Altesse est bien imprudente. Que faites-vous ici, professeur?
Le prince est inquiet de l'etat ou vous vous trouvez.
"lnquiet de mon etat"?
Que ne l'est-il du sien?
Vous savez que si je reste,
le prince doit mourir?
Partons, professeur. Adieu, chevalier.
Faites bonne promenade, monseigneur.
Ne craignez rien. Vous etes en bonne compagnie.
Quel est cet homme qui t'appelait chevalier?
Un pauvre homme comme tous les autres,
qui ignore pourquoi il est sur Terre
et refuse de mourir.
Tu l'as appele "monseigneur".
Je l'appelle "monseigneur" parce qu'il est le prince.
"Le prince?"
Tu peux parler ainsi au prince?
Et il t'appelle "chevalier"?
Qui es-tu?
Je suis l'homme le plus riche et le plus pauvre.
J'ai plus d'or que toutes ces voitures n'en pourraient porter.
Alors pourquoi es-tu pauvre?
Le plus miserable des mendiants possede son âme.
Plus de questions.
Une seule: pourquoi depuis 3 soirs es-tu revenu ici?
C'est aupres de toi que j'aurais pu vivre.
Il n'est pas trop tard. Partons tous les deux ce soir.
Henri, dans ta main, il y a du sang.
- C'est une blessure qui ne se ferme pas.
Partout ou j'irai,
celui qui doit me trouver me trouvera.
On ne te trouvera pas si je te cache.
L'esperance m'est interdite.
Il rit.
Cela aussi.
Il n'y a pas de criminel dont la Madone refuserait la priere.
Elle refuserait la mienne.
Laisse-moi partir!
Qui etes-vous?
Je suis le Pr Faust. Le seul ami d'Henri.
Vous devez etre prete à vous devouer à votre bien-aime.
Il n'est pas de sacrifice que vous ne feriez pour lui.
N'est-il pas vrai? Si.
Tout cela peut s'arranger.
Vous avez une petite âme rare.
Une âme de choix bien interessante.
Te voilà occupe. N'as-tu pas besoin de moi?
Rien ne demeurera de mes travaux,
ni de cette science qui m'a perdu.
C'est ton destin.
Ne discute pas! Va au palais!
Aucune trace de mon passage.
Ce sera fait.
Cet or maudit que j'ai fabrique, qu'il redevienne du sable!
Grand Lucifer, montre ta puissance!
Que le feu du ciel tombe sur la ville
et aneantisse l'ouvre de ce fou qui pense au repentir.
Bonsoir, monsieur le professeur. Bonsoir.
Avez-vous dejà vu une tempete pareille?
On dirait la fin du monde.
Pas encore, monseigneur. Je le saurais.
Pourquoi le chevalier a-t-il parle de ma mort?
II ne le pensait pas.
Cette bohemienne est une sorciere.
Quelquefois, elles ensorcellent.
Il la voit chaque soir, m'a-t-on dit.
Ce n'est peut-etre
qu'une simple amourette.
Elle est jolie?
On ne peut parler d'une autre beaute en votre presence,
mais il la voit chaque soir.
Comme vous etes agitee. C'est vous qui etes inquiet.
Je suis tres calme.
J'aurais peur d'une sorciere? Je vais l'interroger.
Vous verrez si je suis inquiet.
Venez ici, mon enfant. Je vous protegerai.
Nous avons l'ordre de la conduire au prince.
Je vais l'y conduire moi-meme. Faites attention.
Rassurez-vous. Elle ne m'echappera pas.
Pourquoi m'a-t-on amenee ici?
Le monde est mechant, mon enfant,
mais je puis parfois m'opposer à ses injustices.
Vous pourriez acquerir des biens.
Voulez-vous des bijoux? De belles robes?
Des bals? Des fetes?
Tout ce dont revent les filles.
Je ne demande rien de cela. Mais demandez.
Rien ne vous sera refuse.
Vous ne pouvez m'accorder ce que je desire.
Henri vous reviendra.
Votre sort doit etre uni au sien pour l'eternite.
Je ne poserai qu'une condition. Quelle "condition"?
Montrez-moi votre poignet.
Oh, le joli poignet. Encore enfantin et frele.
En echange de ce que je vous promets,
je ne demande qu'une goutte de votre sang.
Je donnerais tout mon sang pour revoir Henri.
Petit fille romanesque. Une seule goutte suffira.
Vous ecrirez votre nom avec.
C'est impossible. Et pourquoi?
Je n'ecris pas.
Mephistopheles rit.
Voilà une difficulte imprevue, mais ça n'a pas d'importance.
Je guiderai votre main. Vous n'avez pas confiance en moi?
Je ferai ce que vous dites si Henri me dit de le faire.
Il n'y a pas qu'Henri à qui l'on puisse se fier.
Etes-vous sure de bien le connaître?
Je le connais mieux que vous.
Je l'aime et je ne veux rien savoir d'autre.
Cela doit etre bien agreable d'etre aime.
Moi, personne ne m'aime. Naturellement.
Naturellement. Vous etes vieux, laid et mechant.
Oh, "mechant"... Je vous offre le bonheur.
Vous mentez. Je le vois dans vos yeux.
Ils me font peur. Laissez-moi partir.
"Partir"?
Tu ne partiras pas avant demain matin.
Quand tu franchiras le seuil, tu tomberas aux mains de la foule.
Sais-tu comment on punit les sorcieres?
Par le feu.
Les demons sont moins cruels qu'une foule en colere.
Demain,
tu ne seras plus que cendres.
Moi aussi, je sais predire l'avenir.
Soyez raisonnable.
Je sais qui vous etes. Je suis votre ami.
Vous etes l'esprit du mal. Pour vous servir, mon enfant.
Rire diabolique.
Voici la jeune fille que vous vouliez interroger.
Monseigneur, protegez-moi.
Vous n'avez rien à craindre.
Elle est en proie à un trouble etrange.
On ne peut croire que le chevalier fut attire par elle.
Je l'ai vu.
Il etait à ses genoux. C'est surement de la sorcellerie.
Allons, mon enfant, ne nous cachez rien.
Il vous aime? Ne me touchez pas.
Cet homme est le diable!
Monseigneur,
ce candelabre d'or
qu'elle a fait tomber de mes mains,
c'est du sable.
Qu'on l'arrete! Qu'on la fasse avouer!
- Au voleur! Au voleur!
- Au voleur! Au voleur!
- Au voleur!
Au voleur!
Hier, j'avais plus de 100 pieces d'or dans ce coffre,
et regardez ce que j'y ai trouve.
Montrez-moi cela, mon pauvre ami.
Mais c'est du sable! - Au voleur!
Brouhaha.
Ne faites pas semblant de prier. Suivez-nous.
Vous etes les allies du diable.
Il sifflote.
Approchez, professeur.
Nous avons besoin de vous. J'ai fait arreter le chevalier Henri.
Confrontons-le avec cette sorciere.
A-t-elle avoue? Elle a voulu me griffer le visage.
Coupable ou non, il faut qu'elle avoue.
Trompette.
Un attentat a ete commis contre la fortune de l'État
et contre vos fortunes. Les phenomenes
qui se sont produits ne peuvent avoir qu'une cause surnaturelle.
Mais nous vaincrons la sorcellerie.
Rentrez chez vous
confiants dans la justice de votre prince.
Huees.
Votre prince vous donne l'ordre de vous disperser.
Livrez-nous les coupables!
- Tu es content de moi?
J'ai suivi tes ordres, voilà le resultat.
Ou est Marguerite? Prete à etre livree à la foule.
Monseigneur, l'emeute grandit.
On ne parvient plus à la contenir.
Que veulent-ils? Que les coupables soient châties.
La pauvre enfant va payer le prix de ta folie.
Je veux voir le prince.
Si tu parles, tu periras aussi.
Sauve Marguerite, je te l'ordonne.
Livrez-leur la sorciere. Elle n'a pas encore parle.
N'attendez pas davantage!
Que le peuple se fasse justice lui-meme.
Monseigneur, ayez pitie.
Avant de l'envoyer à la mort, laissez-moi prendre soin de son âme.
Qu'on me laisse seul avec elle.
Que t'avais-je dit? Tu es perdue, Marguerite.
Moi seul puis t'apporter le salut.
Donne-moi ton âme. Mon âme ne m'appartient pas.
Elle appartient à Henri? Sache que c'est lui
qui m'envoie. Je ne vous crois pas.
Henri est expose comme toi à perir sur le bucher.
Qu'il en soit ainsi. Je serai unie à lui dans la mort.
C'est ce qui te trompe, mon enfant.
Si tu n'acceptes pas mon offre, c'est apres la mort
que vous serez separes. Le Ciel ne le voudra pas.
Henri a renonce au Ciel.
Je ne vous crois pas.
Pour toi, je vais rompre un secret.
Que Lucifer me pardonne.
Ton amant, c'est en enfer qu'il faut le suivre.
Je ne vous crois pas. Il est damne, regarde.
Regarde cette feuille qu'il a signee de son propre sang.
Un miracle peut encore sauver son âme.
Il me l'a vendue en echange de mes bienfaits.
Veux-tu les partager avec lui? Hâte-toi.
Cette feuille me fait horreur!
Mon pacte!
Lucifer, pardonne-moi mon imprudence.
Allons!
Brouhaha.
"Ledit Mephistopheles,
"au dernier jour de ma vie, prendra possession de mon âme."
Signe: "Professeur Faust."
Ce document m'appartient.
Le Pr Faust! C'est lui le coupable!
Cris.
Lucifer, protege-moi. Sans toi, je ne puis rien.
Lucifer, ne m'abandonne pas.
J'ai tout gâche, mais ne me laisse pas torturer.
Delivre-moi de ce corps qui peut souffrir.
Cris.
Lucifer, ne m'accable pas!
L'enfer est moins cruel que les hommes!
Lucifer, aie pitie de moi!
II hurle.
Sous-titrage: Éclair Video
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