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Bonsoir, mesdames et messieurs.
Bienvenue chez Westinghouse Desilu Playhouse.
Nous allons voir une histoire �crite pas Rod Serling
avec William Bendix.
L'histoire commence dans le cabinet d'un m�decin.
Un patient y est assis.
Il est arriv� il y a 9 minutes.
Il �tait une fois un psychiatre du nom de Arnold Gillespie
et un patient du nom de Peter Jenson.
M. Jenson est arriv� dans le cabinet il y a 9 minutes.
Il est 11 heures du matin, le samedi 4 octobre 1958.
Ces d�tails peuvent sembler futiles
mais la question du temps est fondamentale dans cette histoire.
J'ai les informations dont j'ai besoin.
�ge, situation familiale, ant�c�dents m�dicaux
et premier rendez-vous avec un psychiatre.
Mon casier est vierge.
J'ai jamais vu de vrai psychiatre.
Vous savez, �a ne co�te rien d'essayer.
- Une cigarette ? - Non merci.
Votre m�tier ?
�a d�pend.
J'ai �t� un mauvais bookmaker puis croupier.
J'ai tenu un bar plus bas dans la rue, Andy's Place.
Alors je suis arri�r�, anormal ou un Am�ricain moyen ?
De la famille ?
Un p�re et une m�re, mari�s.
Ils sont en Pennsylvanie.
- Mon p�re �tait boucher. - Boucher ?
Oui, il a bien r�ussi. Il a gard� tous ses doigts.
C'est dr�le.
Vous trouvez ?
C'est vous qui devriez voir un psychiatre.
- Je vais prendre une cigarette. - Servez-vous.
Je m'allonge sur le divan ?
Restez l� si vous �tes � l'aise.
Commen�ons ici. Dites-moi pourquoi vous �tes l�.
D'accord.
Rien ne vous �branle ?
Comment �a ?
Vous gardez le contr�le, vous �tes le patron.
Quand je suis entr�, vous m'avez pass� en revue.
Mes v�tements, mon vocabulaire.
Vous avez d�j� tir� vos conclusions.
Puis vous rangerez tout dans les cases.
�a ici, �a l�. Votre id�e est d�j� faite.
Non.
Vous me prenez pour un petit joueur,
un type qui a la gueule de bois,
un type d�s�quilibr�.
Ma cigarette s'est �teinte.
Essayez d'�claircir �a.
Le petit joueur va vous raconter la moiti� de son histoire.
Dites-moi en une phrase si je perds la boule
sans me parler de Sigmund Freud et me sortir votre baratin m�dical.
Je vais essayer.
Je fais toujours le m�me r�ve.
Vous n'�crivez pas ?
Parlez, je noterai ce qui me semble important.
Je ne sais pas si c'est important
mais je sais que �a va vous sembler fou.
Racontez-moi.
J'ai fait 5 ou 6 fois le m�me r�ve.
Quel genre de r�ve ?
Un vrai.
Vous avez d�j� fait des r�ves qui semblaient vrais ?
Bien s�r. Comme tout le monde.
Il revient sans cesse ?
Un r�ve r�current ?
Le m�me r�ve. Il ne change pas.
Que se passe-t-il ?
�a commence toujours de la m�me mani�re.
Je dors.
Je dors � poings ferm�s.
Oui, monsieur ?
Ici la chambre 506.
Je suis rentr� tard hier ?
Pardon ?
Est-ce que je suis rentr� tard ?
Je ne sais pas, M. Jenson, je ne travaillais pas.
Vous avez de l'eau ?
Il doit y en avoir dans la chambre.
Merci beaucoup.
Attendez.
- Comment �a s'appelle ici ? - Pardon ?
Le nom de l'h�tel.
Vous travaillez l� o� vous passez par hasard ?
Je vous ai demand� le nom de l'h�tel !
C'est l'Imperial d'Hawa�.
�tes-vous dans le bon h�tel ?
Je ne sais pas.
Oui. C'est le bon h�tel.
Samedi 6 d�cembre
Le 6 d�cembre !
Oui.
C'est la femme de m�nage. Je peux entrer ?
Non ! Attendez, si !
Bonjour, monsieur ! Vous avez bien dormi ?
C'est sans importance.
Vous allez m'expliquer ?
Pardon ?
Expliquez-moi ce qui se passe !
Celui qui a fait �a risque de le payer tr�s cher !
Je vais lui arracher les dents une par une.
On est en octobre.
En octobre ? Qu'y a-t-il ?
Il y a 30 jours. Comme avril, juin et novembre.
On est bien au mois d'octobre ?
Octobre ! Je ne crois pas.
Vous ne croyez pas ? On est en octobre ou non ?
On est en d�cembre. Le 6 d�cembre.
- Pardon ? - Le 6 d�cembre.
J'avais entendu.
Le 6 d�cembre...
- Vous allez bien ? - Oui.
Sauf que je viens de me r�veiller
de la plus longue gueule de bois de l'histoire.
On est le 6 d�cembre ?
Hier soir, � l'h�tel Benjamin de New York,
on �tait en octobre !
Vous devez �tre surmen�. Vous n'avez pas l'air bien.
- Je repasserai. - Je ne suis pas surmen�.
Et on peut dire que je ne me sens pas tr�s bien !
Une gueule de bois de 2 mois ! Comment �a s'appelle ?
- Quoi donc ? - Cet h�tel !
L'h�tel Imperial d'Hawa�.
C'est ce que je dis.
Depuis quand l'h�tel Imperial d'Hawa� est � New York ?
Il n'est pas � New York mais � Honolulu.
C'est logique, il est � Honolulu.
Alors, qu'est-ce que je fais � Honolulu ?
Je ne sais pas.
Je m'en doute. J'ai une derni�re question.
Vraiment ? Et si je revenais plus tard ?
Approchez.
Qu'y a-t-il ?
Cet h�tel a un bar ?
- Oui, il est ravissant. - O� se trouve ce bar ?
Au rez-de-chauss�e pr�s de l'accueil.
Vous �tes une m�re pour moi. Revenez plus tard, on dansera.
Bien, monsieur.
Absolument.
Honolulu !
- Vous voulez une table ? - Non, je vais au bar.
Il n'y a plus de place au bar.
Si le Pr�sident des �tats-Unis voulait s'asseoir au bar, il pourrait ?
Bien s�r.
Comme il ne viendra pas, je prends sa place.
- Cette place est prise. - Je sais.
Je veux un Martini sec. Le plus sec possible.
C'est vous le patron.
Mettez-en un autre.
Je me pr�pare � la plus grande beuverie du monde.
- Mauvaise nuit. - C'est la trenti�me.
Je me suis endormi � New York et je me suis r�veill� ici.
Je connais �a.
Une fois, je me suis endormi dans l'a�roport de Dublin
et je me suis r�veill� dans un train de l'arm�e britannique
qui allait en Palestine.
C'est mon record, 43 jours dans les bras de Morph�e.
Soyez b�ni !
- C'est ma femme. - C'est mon verre.
- Je suis d�sol�e. - Ce n'est rien.
Vous �tes mari�s depuis longtemps ?
1 jour, 6 heures et 12 minutes.
J'aurais jamais devin�.
Fiorello La Guardia Maire
Vous �tes de New York ?
De pure souche.
Quel type !
C'est un type bien.
C'�tait.
- Comment �a ? - C'�tait un type bien.
C'est ce que j'ai dit.
Vous parlez au pr�sent.
- Et alors ? - Il n'est pas l� aujourd'hui.
�videmment.
Il est � New York.
J'aime pas votre sens de l'humour.
Vous aimez bien pinailler. Vous cherchez un adversaire ?
Non, je ne veux pas me disputer.
Mais si vous continuez � me cherchez,
je ne vais pas tarder � vous mettre la t�te au carr� !
Je vous offre un verre.
Non, c'est moi qui offre.
Un verre pour les jeunes mari�s.
Ils boivent du champagne.
Vous croyez que je n'ai pas les moyens ?
- Aux jeunes mari�s ! - Longue vie !
- Vous �tes sur un bateau ? - Le meilleur.
L'Arizona.
- Quoi ? - L'Arizona.
O� ils ont retrouv� cette �pave ?
Mon bateau est loin d'�tre une �pave.
Mais si.
Vous avez une jolie femme mais une mauvais m�moire.
Comme si l'Arizona n'avait pas coul� !
Bien s�r que non. L'Arizona n'a jamais coul�.
- Vraiment ? - Vous le savez.
Non, je ne sais pas.
Il a coul� le 7 d�cembre 1941.
Et depuis, il g�t dans les fonds � Pearl Harbor.
- Qu'avez-vous dit ? - J'ai dit...
LE JAPON RENCONTRE F. D. ROOSEVELT
Le 6 d�cembre 1941
On n'est pas en 1941. On est en 1958.
Vous entendez, on est en 1958 !
On ne peut pas �tre en 1941. On est en 1958 !
On ne peut pas �tre en 1941. On est en 1958.
1958 !
Le r�ve s'arr�te l�.
Non, il continue.
Vous m'avez dit que le r�ve �tait toujours identique.
Identique.
J'ai regard� par la porte pour voir les voitures dans la rue.
39, 40, 41. Pas de voiture r�cente.
Continuez.
�coutez �a.
Je devrais probablement m'allonger dans le divan.
Je ne crois pas que ce soit un r�ve.
Faites vos gribouillages mais je suis s�rieux.
Je vous crois.
Vraiment ?
R�servez une chambre double � l'h�pital.
Je sais pourquoi vous croyez que c'est vrai.
Certains r�ves sont tr�s r�alistes.
On ne peut les distinguer du r�el pendant le sommeil.
Prenez une cigarette.
Il est vide. On a beaucoup fum�.
O� en �tions-nous ?
Vous ne me comprenez pas.
Ce n'est pas r�el uniquement dans mon sommeil.
En ce moment m�me, c'est encore r�el.
Tout ce qui se passe dans mon r�ve est r�el.
- Continuez. - Je d�balle tout, c'est �a ?
�a pose probl�me ?
Quel probl�me ?
Je crois que mes r�ves sont vrais.
Certains r�ves sont tr�s r�els.
Je r�ve comme tout le monde.
Mais depuis une semaine, ce ne sont pas de simples r�ves !
Si ce ne sont pas des r�ves, qu'est-ce que c'est ?
Qu'en pensez-vous ?
Je me r�veille dans une chambre d'h�tel � Honolulu en 1941.
Je me suis vraiment r�veill� en 1941 !
Attendez, M. Jenson, vous essayez de me dire...
Exactement. Je voyage dans le temps.
Vous �tes bookmaker ou pas ?
Voil� mon pari.
Je parie sur Joe Louis face � Buddy Bear.
Le combat n'est pas pr�vu ?
Il le sera, le 9 janvier.
Oui, Buddy Bear !
Je mise sur Louis au 1er round. Quelle est la cote ?
30 contre 1 ? Allez, faites un effort !
Voil� qui est mieux. Je mise 500 dollars.
Bien.
Je le sais, c'est tout.
Vous avez not� mon nom ?
Non, JENSON. Jenson.
Peter Jenson.
Je suis � l'Imperial d'Hawa�.
Ne quittez pas.
Jenson � l'appareil.
Oui, c'est moi. Je vous rappelle.
Vous prenez des paris pour les All-Stars de l'ann�e prochaine ?
Je mise sur...
Pendant les premi�res heures, j'�tais sur un nuage,
� parier sur des valeurs s�res.
Toutes les courses, tous les matchs
dont je me souvenais apr�s d�cembre 1941.
J'ai pens� que si �a durait encore 6 mois,
j'�tais s�r de gagner 464 000 dollars
au d�triment d'une demi-douzaine de bookmakers.
Je n'ai pas peur.
J'ignore pourquoi je suis l�
mais je compte bien tirer profit de ma pr�sence ici.
Entrez !
Bonjour.
Comment allez-vous ?
Bien. Vous voulez un verre ?
Ma femme m'a demand� de voir comment vous alliez.
C'est gentil de sa part. Tr�s bien.
- Vous voulez un verre ? - Non, nous allons nager.
Ma femme �tait inqui�te.
Pour moi ?
Quand vous avez vu le journal au bar...
Ah �a...
J'allais vous appeler pour m'excuser
pour ce que j'ai dit sur l'Arizona.
Vous savez que ce n'�tait pas personnel ?
Bien s�r.
Les All-Stars, 500.
- Vous �tes malade ? - Non, je vais bien.
Pourquoi avez-vous dit qu'on �tait en 1958 ?
J'ai un peu perdu la boule.
Bien s�r.
Nous serons de retour vers 17 h.
Rejoignez-nous pour boire un verre.
�a marche.
- � plus tard. - D'accord.
Attendez.
Que faites-vous sur l'Arizona ?
Je suis aux machines.
Vous travaillez en bas ?
- Le plus souvent. - C'est un bon boulot ?
Il me pla�t.
� plus tard.
On vous appelle quand on rentre.
- Comment va-t-il ? - �a va.
Il a l'air perdu.
Il va bien. On l'appellera en rentrant.
Merveilleux.
Je me souviens avoir pens�
qu'ils �taient vraiment gentils.
Je me suis dit qu'elle �tait trop jeune
pour �tre veuve deux jours apr�s son mariage.
J'ai fait la seule chose possible.
Je me suis ridiculis�.
Passez-moi le journal d'Honolulu.
N'importe lequel.
Voici M. Gibbons, le r�dacteur en chef.
Alors, qu'en pensez-vous ?
Pourquoi vous ne pr�venez pas directement l'arm�e ?
Parce qu'un journal r�pand plus vite les nouvelles.
Et je n'ai pas le temps de joindre les personnes responsables.
Vous allez l'imprimer ?
Bien s�r. Prenez des notes.
Dictez-lui ce que vous savez.
Je peux lui donner 3 paragraphes
mais je veux une garantie.
Je ne veux pas �tre enferm� avec une camisole de force.
Allez-y.
- Notez tout. - D'accord.
Les Japonais vont bombarder Pearl Harbor demain matin
� environ 8 heures, heure d'Honolulu.
Vous en �tes s�r ?
Aussi s�r que Dieu a cr�� les courses de chevaux.
Ils vont d�ployer leurs avions sur notre flotte.
Ils vont nous faire sauter pendant notre sommeil.
Pearl Harbor, Oahu, Scoffield Barracks, l'a�rodrome.
Vous avez not� ?
Oui, monsieur.
Qu'allez-vous faire ?
Je vais appeler le g�n�ral
et lui dire de r�unir tous les hommes disponibles.
10 r�giments de combat seront envoy�s sur la plage.
C'est bien parl� !
On appelle aussi la marine.
Des porte-avions seront envoy�s. Il y aura une centaine d'avions.
Enfin de l'action !
Et je recommanderai au Pr�sident des �tats-Unis
que vous commandiez les troupes car vous en avez la trempe !
C'est bien parl� !
Arr�tez ce petit jeu.
�coutez-moi.
C'est vous qui �coutez.
Je vais vous en apprendre une bonne.
Demain, vous serez � des kilom�tres de plaisanter.
Je vous aurai pr�venu. Ce n'est pas une blague !
C'est bien vrai.
On en a assez vu pour aujourd'hui.
Sortez d'ici calmement ou je vous fais expulser.
Je n'ai pas besoin d'escorte.
Et si vous m'envoyez quelqu'un, pr�voyez une �quipe m�dicale.
Je n'appr�cie pas votre langage.
Vraiment, vous n'appr�ciez pas ?
Qu'est-ce qui vous ferait plaisir ?
Un coup de poing dans la figure ?
Pour me remercier d'�tre venu vous pr�venir.
Je risque moins gros que vous. Croyez-moi.
Je vous crois, M. Gibbons !
Il est fou ?
Il m'a l'air sain.
D�sol� de vous avoir appel�, docteur.
Mais il est devenu fou. Il �tait incontr�lable.
Il est bon pour la camisole.
Vous ouvrez encore une fois la bouche
et vous quitterez votre boulot pour une pension d'invalidit�.
Vous n'avez jamais souffert d'hallucination ?
Vous savez o� vous �tes, qui vous �tes ?
Arr�tez ! Je suis aussi sain que vous autres.
C'est s�rement la pire phrase
que je puisse dire de toute ma vie.
- Quel jour sommes-nous ? - Le 6 d�cembre.
Et o� ?
- O� quoi ? - O� sommes-nous ?
� Honolulu, Hawa�.
- Qu'avez-vous bu et mang� ? - Rien.
Je n'ai rien mang� et presque rien bu.
J'ai perdu mon apr�s-midi avec ces deux-l�.
Qui est le Pr�sident des �tats-Unis ?
Vous plaisantez ? Vous devez d�couvrir si je suis tar�.
Eisenhower ! Vous pensiez que c'�tait U.S. Grant !
Qui avez-vous dit ?
Eise...
Bien s�r, on est en 1941.
FDR ! Franklin Delano Roosevelt est le Pr�sident.
Qui avez-vous cit� en premier ? Eisen...
Je pensais � autre chose. C'est Roosevelt le Pr�sident.
- Qui avez-vous cit� ? - Dwight Eisenhower.
C'est un colonel de l'arm�e � Washington.
Comment connaissez-vous Ike Eisenhower ?
Qui est le vice-pr�sident ?
Garner. John Nance Garner.
John Garner �tait le vice-pr�sident mais il ne l'est plus.
Attendez un peu...
Truman !
Harry Truman !
Bien s�r. Quand Roosevelt meurt, Truman devient Pr�sident.
Pardon ?
Qu'est-ce qui vous arrive ?
� la mort de Roosevelt, Truman le remplace.
Puis Eisenhower devient Pr�sident.
Qu'est-ce qui ne va pas ?
Tr�s bien, messieurs,
on va recommencer.
On a trouv� le vice-pr�sident, oubliez ce que j'ai dit.
Attendez !
Asseyez-vous, M. Jenson. On va discuter.
Vous savez ce qu'est un Spoutnik ?
Je m'en doutais.
Le rock and roll ?
Un jet-stream ?
Rocky Marciano ?
Atomic Sub ?
Les Dodgers de Los Angeles ?
H� bien, au revoir !
Jenson !
Il y a un probl�me ?
Non, docteur.
- � part... - Quoi ?
Il n'a pas l'air fou.
Je suis d'accord.
�a alors...
vous �tes un artiste !
L'avion est japonais, j'imagine.
Pas vraiment. C'est juste un gribouillage.
Attention, c'est vous que je vais ausculter.
Les plans les mieux con�us des souris et des hommes et de Pete Jenson...
J'ai essay� de me rendre utile mais j'ai �chou�.
Qu'est-ce qu'il restait � faire ? C'est simple, rien.
S'asseoir � un bar avec le sentiment doux-amer
que les gens sont moins malins que vous.
Le lendemain, ils m'�rigeront une statue
mais il sera trop tard. �a n'aura plus d'importance.
C'�tait fou de regarder ces gamins s'amuser
et de savoir que le lendemain,
ils seraient des milliers � vivre l'enfer pour atteindre le paradis.
- Bonne ann�e. - �a suffit.
Je sais ce que c'est.
Croyez-moi, je sais ce que c'est.
Une fois, je suis all� � la Nouvelle-Orl�ans pour Mardi gras.
Et je me suis r�veill� � Dublin le jour de la Saint Patrick.
Encore en costume.
Je connais le probl�me que vous rencontrez.
Bonjour. Vous buvez un verre ?
Avec plaisir.
Non, une prochaine fois.
- Bonjour. - Salut.
Comme on se retrouve !
- Vous avez bien nag� ? - C'�tait merveilleux.
�a fait combien de temps ?
31 heures et 15 minutes.
Tout le monde disait que �a ne durerait pas.
- M. Jenson ? - Pete.
- Vous allez bien ? - Bien s�r. Pourquoi ?
Ce matin, vous pensiez qu'on �tait une autre ann�e.
Vraiment ?
Je me suis emm�l� les pinceaux.
Ce que j'ai dit n'�tait pas personnel.
N'en parlons plus.
C'est ma tourn�e.
- Un martini. - Moi aussi. Que prenez-vous ?
- Un double scotch. - Bien.
Vous aimez beaucoup le scotch.
Pourquoi ? Votre grand-p�re travaille dans le bourbon ?
Qu'y a-t-il ?
Je ne plaisantais pas ce matin. J'�tais s�rieux.
L'Arizona va couler demain matin.
Vous recommencez ?
Oui.
- �coutez, lieutenant... - Ensign.
Ensign, lieutenant, peu importe.
Je n'ai rien � gagner.
Demain matin, je descendrai au sous-sol
et je passerai la journ�e � �couter les sir�nes.
Vous travaillez aux machines.
Donc vous serez dans la chaufferie.
Mais demain matin � 8 heures, il n'y aura plus de chaufferie.
Plus de pont, plus de bateau.
�a vaut pour beaucoup de chaufferies, de ponts et de bateaux
et pour le jeune Ensign fra�chement mari�.
S'il vous pla�t, ne parlez pas comme �a.
Je dois parler comme �a.
C'est la deuxi�me partie de l'histoire.
Je sais ce qui va se passer.
Demain, on sera le 7 d�cembre 1941 pour vous.
Pour moi, c'�tait il y a 17 ans.
C'est vrai.
Hier, j'�tais � New York.
On �tait en 1958, en octobre.
C'�tait 17 ans apr�s cette minute.
J'ai v�cu ces 17 ann�es et je sais ce qui va arriver.
Vous �tes des jeunes gens sympas. Je n'ai aucune raison...
Je n'ai aucune raison de vous inqui�ter.
Nous serons attaqu�s demain matin.
Si vous �tes � bord...
J'y serai car je le dois.
M. Jenson, vous �tes gentil
mais si vous continuez � dire des b�tises pareilles,
je vais vous faire taire.
Viens ch�rie, on va au bar.
- Attendez. - Pas de �a ici.
- Allez vous d�fouler dehors. - La ferme.
Qu'allez-vous faire ?
Vous allez lui mordiller l'oreille jusqu'� ce qu'il embarque ?
S'il retourne sur ce bateau,
il ne sera plus en vie demain � 9 heures.
Je r�p�te. Il ne sera plus en vie...
Je ne veux pas d'ennui, compris ?
Vous ne voulez pas d'ennui ?
Vous ne voulez pas d'ennui ?
Je ne vous causerai pas d'ennui.
On va �couter de la musique.
Je vais vous chanter des chansons.
Des chansons que vous ne connaissez pas.
Rappelons-nous Pearl Harbor
Quand nous affronterons l'ennemi
Vous en voulez une autre ?
Prions le Seigneur et prenons les armes
Prions le Seigneur et prenons les armes
Et nous serons libres
Vous entendez ?
Vous chanterez tous cette chanson !
Vous la chanterez tous dans une semaine.
Parce que les Japonais...
Vous en voulez une autre ?
Rappelons-nous Pearl Harbor
Quand nous affronterons l'ennemi
Je vous ai pr�venus !
Pourquoi personne ne m'a �cout� ?
Je vous ai pr�venus.
Je vous ai pr�venus.
Pourquoi personne ne m'a �cout� ?
Et apr�s ?
Je me suis r�veill�.
Debout devant la porte.
Les avions volaient en rase-motte, ils larguaient des bombes.
Et je me suis r�veill�.
C'est r�aliste et effrayant.
Depuis quand faites-vous ce r�ve ? Et � quelle fr�quence ?
Toutes les nuits depuis une semaine.
C'est toujours pareil ? La chronologie est la m�me ?
Oui, tout.
Ensign et sa femme, le bar...
Dans ma chambre au t�l�phone...
Le moment o� je vois les avions arriver...
C'est toujours pareil.
C'est r�el.
Ce n'est pas un r�ve. Je voyage dans le temps.
Je sais.
M. Jenson, plut�t que d'essayer d'analyser ce r�ve, je dirais ceci.
Les r�ves ont souvent un but.
Ils r�v�lent des choses enfouies dans le subconscient.
Ce dont on r�ve n'est pas toujours ce qui pose probl�me.
Ce sont juste des symboles de nos probl�mes.
�coutez, docteur.
Vous essayez de me raisonner.
Je ne cherche pas � trouver de la logique.
Je sais ce que je sais.
Je remonte le temps.
Je n'ai pas d'explication mais j'esp�rais que vous en auriez.
Je vais vous dire autre chose.
Quand je vois les avions arriver, je me r�veille.
Mais une fois r�veill�, je reste au lit et je r�fl�chis.
Le r�ve n'aurait pas d� s'arr�ter l�.
Il aurait d� continuer.
Une nuit, il continuera.
Vous ne savez pas ce que ce moment peut r�v�ler ?
Prenons votre th�orie.
Imaginons que ce ne soit pas un r�ve.
Imaginons que l'on puisse voyager dans le temps.
Vous remontez le temps et vous faites quelque chose.
Vous pr�venez les gens d'un accident et �vitez ainsi l'accident.
Qu'avez-vous fait ?
En alt�rant le pass�, vous avez modifi� le pr�sent.
- �coutez... - C'est important.
Vous devez comprendre �a.
Prenons un exemple.
Imaginons que je puisse voyager dans le temps
et que je me fasse renverser par un taxi.
Si je meurs pendant mon voyage, je ne peux pas �tre en vie aujourd'hui.
Imaginez toutes les vies que cela affecterait.
Je n'aurais pas fond� de famille. Je n'aurais pas achet� de maison.
Toutes ces choses n'existeraient pas
parce que je suis mort dans le pass�.
- Donc ? - Donc...
On ne peut pas voyager dans le temps.
C'est forc�ment un r�ve.
Nouvelle hypoth�se.
D'accord.
Je ne suis jamais all� � Honolulu � part pendant ce r�ve.
Apr�s la deuxi�me nuit o� j'ai fait ce r�ve...
Prenez votre temps.
J'ai d�cid� de faire un test.
Le nom de famille de Ensign est Janoski.
Lui et sa femme venaient de Wild Oak, au Wisconsin.
J'ai appel� l�-bas.
Une femme a r�pondu.
Elle m'a dit qu'elle �tait sa m�re.
J'ai dit que j'�tais un vieil ami de Honolulu.
J'ai demand� � lui parler.
Et ?
Son fils et sa femme ont �t� tu�s � Honolulu le 7 d�cembre 1941.
Il �tait sur l'Arizona.
Elle a �t� tu�e par un tir a�rien.
Alors, docteur ?
Vous n'�tes jamais all� � Honolulu ?
J'y suis all� une fois.
Quand ?
Quand je suis cens� r�ver.
Je vous �coute.
Je ne vous entends pas.
Pour l'instant, je ne sais pas quoi dire.
Le patient du Dr Gillespie est allong� sur le divan, ahuri.
Ils avaient parl� pendant des heures.
C'�tait un samedi. Gillespie avait pr�vu d'aller jouer au golf.
� cet instant, il avait oubli� le golf.
Il ne s'int�ressait qu'� l'histoire incroyable et fascinante
que l'homme lui avait racont�e.
Tandis qu'il regardait cet homme sur le divan,
Dr Gillespie vit que Jenson s'endormait.
Il voyait � son expression qu'il ne se reposait pas
bien qu'il e�t les yeux ferm�s.
Attendez !
Il ne sera plus en vie...
Je ne veux pas d'ennui, compris ?
M. Jenson.
Je vous ai pr�venus !
Pourquoi personne ne m'a �cout� ?
Je vous ai pr�venus !
Aucun patient aujourd'hui
Prenons un exemple.
Imaginons que je puisse voyager dans le temps
et que je me fasse renverser par un taxi.
Si je meurs pendant mon voyage, je ne peux pas �tre en vie aujourd'hui.
Un bourbon avec des gla�ons.
Un bourbon avec gla�ons.
Faites de beaux r�ves.
C'est comme vous voulez.
Un probl�me ?
Qui est le type de la photo ?
- Lui ? - Non, l'autre photo.
Pete Jenson.
Il tenait ce bar avant. Vous le connaissez ?
Jenson ?
Il me rappelle quelqu'un, c'est tout.
Il fait quoi maintenant ?
Il a �t� tu� � Pearl Harbor.
Nous sommes le samedi 4 octobre 1958, il est 0 h 10
si les questions de temps int�ressent quelqu'un.
Traduction - Adaptation Aur�lia Naamani
Sous-titrage CEDRA PRODUCTIONS
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