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Musique guillerette
...
...
Fanfare militaire
...
...
...
Un garçon crie : "Un, deux !"
...
-Piétons, halte !
...
Demi-tour à droite, droite !
...
Repos !
Repos !
...
Où vas-tu ?
-Je joue plus !
-Et pourquoi ?
-Je veux plus jouer au soldat ! -Tu veux plus jouer ?
-Je veux plus de guerre ! -Tu veux plus la guerre ?
Les garçons crient.
...
Aux gendarmes et aux voleurs ?
Entendu ! Qui veut être voleur ?
-MOI !
-Qui veut être gendarme ?
Y aura pas de jaloux !
Y en aura qui seront les voleurs, et les autres, les gendarmes !
Les gendarmes à droite, et les voleurs à gauche !
Un, deux, trois, les voleurs, partez !
Un, deux, trois, les gendarmes, partez !
Les garçons crient.
Orgue mécanique
...
...
... ...
Ils crient de peur.
Les garçons crient.
...
-Y a un homme là-bas dans l'herbe !
Y a du sang qui coule de sa tête, il est sûrement mort !
-Sans blague, vous charriez ? -Non, viens voir !
-Où donc ? -Là-bas, derrière la barricade !
-ALLONS-Y !
...
...
Sifflet du train
...
Les garçons crient.
Sifflet du train
...
-Qu'est-ce qu'il y a ? -Un type a dégringolé ?
...
-A quelle heure ça s'est passé ?
-Vite, la police.
-On sait qui c'est ?
-Y a longtemps qu'il doit être clamsé.
-On ne reconnaît pas sa figure.
-Je ne peux pas voir ça. -Alors débine-toi !
-C'est un rupin ! -Crime passionnel !
-C'est un rupin ! -Crime passionnel !
-Penses-tu, on a dû lui faucher ses fafiots !
-Coup de revolver !
-Tu vois bien que non, il a le crâne écrasé !
-Cet homme-là le connaissait.
-Y a longtemps que vous l'aviez vu ?
-Je l'avais quitté à minuit.
-On a assassiné un homme sur les fortifs !
Sifflet
...
-Arrête-toi, vieux, y a un type qui est mort, là-haut.
-Allô, allô. Agent 5504. Boulevard Sérurier,
à la hauteur du 23, un cadavre d'homme.
Brouhaha
-Messieurs-dames, passez un peu en arrière.
Sifflet du train
...
-Voilà, chef,
ce matin, à 8h10, l'un de nos agents était informé
que le cadavre d'un homme d'une cinquantaine d'années
avait été découvert par un nommé Darny, ici présent.
La victime est un M. Novion,
directeur de l'usine 22 boulevard de la Villette.
D'autre part, un docteur a déclaré
que la mort remontait à 2h du matin environ,
et que l'homme avait succombé à une hémorragie
produite par une fracture du crâne.
Le meurtrier a dû se servir d'un instrument comme une grosse pierre.
...
Et à l'intérieur de ce gant, il y a une marque de teinturier.
...
-Un crime à la Chapelle ! Demandez l'édition spéciale !
Un crime à la Chapelle !
Crieurs de journaux.
...
-Autorisation de passer l'annonce. Et le portier a refusé,
il a insisté pour qu'il s'en aille. -C'est faux !
-On a pu établir que l'inculpé avait des ennuis d'argent
et qu'il savait que M. Novion avait cette nuit-là une somme importante
dans son portefeuille. -Je ne suis pas coupable !
-Le lendemain du crime, il a payé une grosse traite.
-Je ne suis pas coupable ! Non !
-Darny, pas de manifestation intempestive, pas de drame.
-Darny, pas de manifestation intempestive, pas de drame.
Vous n'êtes pas coupable, nous voulons bien le croire.
Mais ce que nous voudrions savoir,
c'est où vous étiez à l'heure où Novion a été assassiné.
-Je vous l'ai dit, monsieur le juge.
Mon patron m'avait quitté à minuit. -Inscrivez, greffier.
-Nous avions travaillé toute la nuit. J'avais encore à faire
et je suis resté à l'usine jusqu'à 2h du matin.
-Personne ne vous a vu.
Vous saviez qu'il avait de l'argent. -Non, comment l'aurais-je su ?
-Il a sorti son portefeuille. Vous avez vu une liasse de billets.
-Oui.
Et pourquoi avez-vous dit non à l'instant ?
-Je ne sais plus ! Je n'avais pas compris votre question !
-C'est bon, passons.
On frappe à la porte.
Vous rentrez chez vous, toujours sans être vu de personne.
Vous rentrez chez vous, toujours sans être vu de personne.
Qu'est-ce que c'est ?
Oui, faites entrer.
Reprenons.
Le matin du crime, vous arrivez au bureau à 8h.
-Oui, à 8h45,
inquiet de ne pas voir M. Novion, je...
-Monsieur le juge. Je m'excuse de n'avoir pu me rendre
à votre convocation du 4 mai,
mais la Sûreté m'avait envoyé en province. Je viens de rentrer.
-Asseyez-vous. Tout à l'heure, je prendrai votre témoignage.
Vous disiez, donc, Darny ?
Ecrivez, greffier. -Je disais qu'à 8h45,
inquiet de... -Tellement inquiet
que vous courez à sa recherche !
-J'avais téléphoné à son domicile. Mme Novion m'avait répondu.
-Tiens, voilà qui est nouveau. Faites entrer Mme Novion.
-Témoin Novion ! Novion Madeleine !
-Témoin Novion ! Novion Madeleine !
-Je n'en peux plus.
Qu'est-ce qu'il faut que je fasse pour qu'ils comprennent ?
Maître, expliquez-leur que je ne suis pas un assassin !
-Oui, mais calmez-vous !
-Je sais ce que cette entrevue peut avoir de pénible pour vous.
-C'est atroce, monsieur le juge. C'est atroce !
-Je comprends, madame. Veuillez avoir obligeance
de nous dire si, le matin du crime, vous avez reçu un appel de l'usine.
-Oui. Cet homme...
-Avez-vous remarqué dans le ton de Darny une nervosité spéciale ?
-Oui, il me semble. Il parlait d'une façon...
-Saccadée ? -C'est ça, saccadée.
-Greffier, vous inscrivez ?
Donc, vous vous précipitez au secours de votre patron.
Quelques minutes de retard,
et vous êtes sûr qu'il a été tué. -Mais non !
-Laissez-moi terminer ! Et sans hésitation,
vous vous dirigez vers l'endroit où le crime a été commis.
vous vous dirigez vers l'endroit où le crime a été commis.
Vous-même découvrez le cadavre.
Mais c'est admirable ! Quel flair !
Darny, vous auriez fait un excellent policier.
-Je vous ai dit il y a deux jours
qu'ayant suivi M. Novion à la sortie de l'usine,
je l'ai vu descendre vers les fortifications
et accoster une fille.
-Oh ! C'est monstrueux !
-Je ne vous permets pas ! -On salit sa mémoire !
-Il a le droit de se disculper !
-Pas en insultant sa victime !
-Il faut bien que je me défende !
-Vous le faites mal !
Mis en présence de la fille Lilas, vous ne l'avez pas reconnue.
Vous l'aviez soi-disant vue avec votre patron deux jours avant.
-Mais ce n'était pas la même !
C'est intolérable ! -Madame, encore un peu de patience.
Admettons. Admettons, Darny, que vous ayez vu
une fois par hasard une fille accoster M. Novion,
une fois par hasard une fille accoster M. Novion,
c'est tout, mais enfin, admettons.
A qui cependant ferez-vous croire que cet homme intègre, austère,
changeait toutes les nuits de fille de joie sur les fortifications ?
-Je ne suis pas coupable ! -Reprenons.
Vous avez prévenu la police.
Avant qu'elle n'arrive, vous trouvez un gant de femme.
Vous nous avez dit que ce gant, vous l'aviez trouvé à, voyons...
A 10 mètres du corps.
-Oui, à peu près.
-A peu près... Vous aimez beaucoup les à-peu-près, Darny.
C'est vous, M. André Bardon, qui l'avez ramassé ?
-Oui, monsieur le juge.
-A combien de mètres il se trouvait du cadavre ?
-Un mètre environ.
-Donc, entre le moment où vous le découvrez, ce gant,
et celui où la police le trouve,
il a avancé tout seul de 9 mètres.
Le gant qui marche !
Nous sommes en plein roman-feuilleton !
Nous sommes en plein roman-feuilleton !
-Je ne suis pas tout à fait sûr, c'était peut-être 3, 4 mètres.
-Ce gant, on a pu l'établir, appartenait à la fille Couchoux,
dites Lilas, qu'on interroge, qu'on arrête, et qu'on relâche.
-Elle avait fourni un alibi. -Parfaitement.
Plusieurs témoins ont affirmé l'avoir vue à l'heure du crime
et loin d'où il a eu lieu.
Greffier, faites entrer le témoin,
voyons, le témoin... Smith.
Madame, je ne veux pas abuser plus longtemps.
Soyez persuadée que la mémoire de votre mari sera respectée.
-Merci, monsieur le président.
-Le témoin Smith ! Vite !
-Smith Jack, profession, marin à bord du Virginia,
nationalité américaine.
Voulez-vous nous répéter de quelle heure à quelle heure
vous êtes resté, pendant la nuit du 3 au 4 mai,
en compagnie de la fille Lilas ?
en compagnie de la fille Lilas ?
De la fille Lilas !
-Oh, I was...
J'ai été avec la fille de...
Minuit à 2h.
2h. Exactement l'heure à laquelle le crime a été connu.
Vous êtes bien certain de l'heure ?
Car aux assises, vous serez obligé de prêter serment.
-Voilà, j'ai déjà dit une fois.
-Oui, je vous remercie. Vous pouvez disposer.
-You can go.
-And if you need anything else,
my next will be Singapore.
Au revoir !
-Qu'est-ce qu'il a dit ?
-Il a dit que si on avait encore besoin de lui,
-Il a dit que si on avait encore besoin de lui,
sa prochaine escale serait Singapour.
-Darny, avant de terminer votre interrogatoire,
je vous signale ce que nous savons. Vous étiez assez gêné d'argent
au moment où le crime a été commis. -Oui.
-Le lendemain, vous avez payé une traite.
-C'était le jour de son échéance.
-Avec l'argent de Novion. -Oui.
-L'argent de son portefeuille ! -Mais non !
-Vous avez tué pour voler ! -Il m'avait avancé de l'argent !
-C'est avec cet argent que votre femme s'achète de belles robes !
-Ma femme a 26 ans. Je la gâte. -Faites entrer Mme Darny !
-Le témoin Darny ! Mme Darny !
-Jean !
Jean ! Jean !
Elle sanglote.
...
Qu'est-ce qu'il y a ?
-Il me semble, madame,
que vous faites des dépenses vestimentaires
qui ne sont pas très en rapport avec la situation de votre mari.
-Que voulez-vous dire ? Qu'insinuez-vous ?
Il y a trois mois que je l'ai, et j'ai pas fini de le payer.
Ca ne prouve pas que mon mari soit un assassin !
Il est incapable d'une telle action !
Vous entendez ? Je le connais mieux que vous !
Il n'a pas pu faire ça. Non, non !
Je vous en supplie, monsieur le juge.
Je vous en supplie, sauvez-le. Il est innocent.
-Dans l'état où vous vous trouvez,
vous n'êtes pas en mesure de déposer.
Greffier, faites sortir le témoin. Je vous en prie.
-Mon petit Jean ! Mon petit Jean !
-Nous avons fini. Nous reprendrons l'interrogatoire demain.
Mme Darny pleure.
...
...
-Monsieur le juge, si vous voulez me permettre...
-Tiens, tiens, vous êtes encore là, vous ?
Eh bien ? Votre impression ?
Je vous garantis qu'avant deux jours,
ce gaillard-là aura tout avoué.
-Ce n'est pas tout à fait mon avis, monsieur le juge.
-Pas votre avis ? Vraiment ?
Vous pouvez disposer, jeune homme.
-Jean ! Mon petit Jean !
-Je te jure que je n'ai pas tué.
-Je te jure que je n'ai pas tué.
Je te le jure sur la tête de nos enfants.
-Madame. Allons, madame.
Venez, madame. -Jean, Jean, Jean !
Jean ! Elle pleure.
...
-Chef, cet homme n'est pas coupable !
Il n'est pas coupable !
Les preuves qu'ils ont contre Darny ne sont pas formelles.
Si vous aviez pu entendre l'accent
avec lequel il a crié son innocence à sa femme !
-Mon garçon, vous êtes impressionnable.
-Ecoutez-moi. Le juge est influencé par la famille de la victime.
Il y a des points de l'instruction qui n'ont pas été éclaircis.
Il y a des points de l'instruction qui n'ont pas été éclaircis.
Cet alibi de la fille Lilas est douteux.
On l'a relâchée un peu vite.
-Si tu crois que c'est facile de faire parler ces filles-là.
Ces garces sont butées, elles l'ouvrent pas.
-Mais chef, cet homme-là est innocent, ça crève les yeux !
Il faut trouver le vrai coupable !
-T'es fou. Qu'est-ce que ça peut te faire ?
-Cette affaire ne nous regarde plus. Elle regarde le juge d'instruction.
-Chef ! Accordez-moi un congé.
Et, si vous le permettez...
Orgue mécanique
...
...
Une femme chante. -Dès qu'on a vu se barrer le soleil
Tous les jours c'est pareil
Sans hâte on descend sur le trottoir
Pour chercher les coins noirs
Fuyant le regard des flics
On a des espoirs de fric
Princesses de la boue Reines de la gadoue
Fleur de pavé qui s'enroue
Et si le client n'est pas content
Et qu'il râle en sortant
On lui dit : "Mon petit, la prochaine fois
"Je me mettrai des bas de soie"
Quand on veut le soir
On descend dans la rue
Route de l'espoir
Tant de fois parcourue
Mais quand on fait le truc
On ne fera jamais, c'est pas douteux
Le bonheur d'un grand-duc
A nous les miteux
Pour gagner sa croûte
On fait tous les boulots
On appelle "mon chou"
Le dernier des soûlauds
"Viens jusque chez moi, joli coeur"
Qui vous laisse tomber comme une fleur
Et on fait le pied de grue
Toute la nuit dans la rue
Toute la nuit dans la rue
-Ce n'est qu'un trou !
Les carreaux sont si minces qu'ils laissent passer l'air !
Ne m'interrompez pas ! La cuvette, c'est une passoire,
et les ressorts du lit chantent toute la nuit !
Les voisins se battent à coups de chaise,
et vous appelez ça un hôtel bien tenu ?
Eh bien, quelle poisse ! On m'y reprendra !
Et puis, je vous avais dit de me réveiller à 6h !
-Eh ben, il est 6h !
-Je vous ai dit 6h du matin, pas 6h du soir !
-Fallait le dire ! Comme vous étiez montés vous coucher à 4h30,
je pensais pas que vous auriez si vite soupé des charmes de madame.
-Je voulais le réveiller, ce matin, mais j'ai pas pu !
-Pourquoi ? -Parce que j'en écrasais aussi !
-Ah, quelle taule !
-Dites donc,
vous allez pas partir sans payer, sans blague ! Et ma note ?
-Que je vous paye ? Je perds la journée à cause de vous,
-Que je vous paye ? Je perds la journée à cause de vous,
et il faudrait encore que je paye ? Enlève-toi les visions, eh !
Qu'est-ce que je vous dois ?
-12 francs !
-12 francs ? Et 10 % pour le service ?
Parlons-en, du service ! Je vous donne 8 francs,
pas un sou de plus, et foutez-moi la paix !
-Je diminue de 2 francs si vous la bouclez !
-40 sous ? J'aime mieux vous payer toute la note
et dire ce que je pense !
Un hôtel plein de catins et de rats !
-Vous allez la fermer, vous !
-Dans mon établissement, je reçois que des gens bien !
-Des gens bien ?
Eh ben, vous avez pas peur.
Rires
-Démarre,
mon petit pote. Allez, débine-toi !
Allez, garçonnet ! Hop !
-Bandit !
-Pardon ?
-Ce n'est pas à vous que je le dis. -Vous êtes bien aimable.
C'est bien ici, la maison Charigoul ?
-Si j'ai un conseil à vous donner, c'est de pas y foutre les pieds.
Un repère de marlous, de poules et de coquins !
On m'y reprendra.
*Musique joyeuse
...
...
-Dis donc, aubergiste, donnez-moi donc mon chocolat maison.
-C'est à cette heure que tu prends ton petit-déjeuner ?
Il est de sortie, le chocolat.
-Dis donc, l'Auvergnat, t'es méchant, ce soir ?
-Non, c'est pas de la méchanceté.
-C'est un manque d'éducation.
-Je vous conseille de parler, vous !
-Tiens ! La vilaine qui s'en mêle !
Occupez-vous de vos oignons, marquise.
-La ferme, toi !
-Tiens, voilà un client qui vient se faire enfiler.
-Bonjour, monsieur. -Je peux avoir une chambre ?
-Oui, nous avons justement un client qui vient de partir.
-Il était désolé de s'en aller, il se plaisait bien ici.
-Maman, donne donc le 12 à monsieur.
-Oui, le 12, le temps de changer les draps.
Vous voulez prendre quelque chose en attendant ?
Monsieur ?
Eugène ! Change les draps du 12 !
Grouille ! Prenez quelque chose,
Grouille ! Prenez quelque chose,
prenez quelque chose.
-Patron, un Picon-grenadine. -Bien.
-Monsieur.
-Monsieur.
-Monsieur est de passage ?
-Oui.
-Dites donc, M. Charigoul,
si c'est pour me charrier, faut le dire !
La chambre est pas prête à cette heure-ci.
-J'y vais, mademoiselle Lilas.
-Tout de même, quelle turne.
-Elle est de mauvais poil, aujourd'hui.
-Aujourd'hui ? Et puis hier, et puis demain.
-Oui. Elle a même pas dit bonjour.
-Elle est comme ça depuis ses ennuis,
depuis qu'elle...
...
La petite formalité pour la préfectance.
-Ah, oui. Mon nom...
Prénom... Profession.
-Placier en métaux ? Est-ce que le métier marche en ce moment ?
-Oh, vous savez, ça se ralentit un peu. La crise.
-Ah oui, la crise.
-La crise.
-Voilà.
Dis donc, patron, cette gosse qui était sur l'escalier, là,
elle est gentille ?
-Ah, Lilas ? Oui, elle est gentille.
-Vous disiez qu'elle a eu des ennuis ?
-On n'en parle plus, c'est fini.
C'était ce vieux bonhomme qu'on a trouvé zigouillé.
-J'ai lu dans les journaux qu'elle a fourni un alibi.
-Des alibis, ça se trouve. Non, cette petite môme-là,
elle est mal élevée, elle a le mauvais caractère,
mais de là à refroidir un homme, y a de la marge.
Non, elle est pas coupable, ça j'en suis sûr.
Non, elle est pas coupable, ça j'en suis sûr.
Aussi sûr que ma bourgeoise m'en a jamais fait porter.
Eh. Visez la personne
qui est à la caisse. Ca signifie quelque chose.
Quand il est auprès de Lilas, le père Charigoul,
mon vieux, je le reconnais plus.
-Qu'est-ce qu'il lui a passé, au curieux !
Il lui a dit que c'était une sainte.
-Oui, tu parles d'une sainte. Marie-couche-toi-là, ouais.
-Monsieur a des aigreurs ? Il est jaloux ?
-Tu travailles du chapeau, toi ?
-T'y étais, devant le curieux ?
-Oui. -T'as dû avoir les foies.
-Moi ? J'étais peinard comme ici !
Il y avait le juge d'instruction qui était là, le greffier ici,
et là, y avait d'autres gars.
Tiens, on va le faire, on va se marrer !
Petit Jules, t'es l'avocat.
-J'y go !
-Le Mont-Blanc, t'es greffier.
La douleur, tu feras
la veuve, ça te va bien.
Toi, la crevette,
t'es la môme Lilas.
Et puis moi, le juge d'instruction.
Ah oui, mais il nous manque un garde. Dites donc, monsieur,
vous nous donnez un coup de main ?
Il nous manque un garde municipal, ce sera vous, ça gaze ?
-Ca gaze.
-Allez, hop !
-Il me faut les pare-brise.
Je vais demander ça à la mère Charigoul.
Dites donc, milady, prêtez-moi donc vos bésicles !
-Quoi ? -Vos lunettes.
-Oh ! Tenez. -Merci, petite tête.
Hop. Mordez un peu.
Greffier ici, accusé ici, le garde derrière.
Maître, je vous en prie.
Je commence. Voyons.
Voulez-vous me dire, mademoiselle,
ce que vous faisiez il y a 15 ans,
le 5 septembre 1915, à 2h de l'après-midi ?
Vous ne savez pas, j'en étais sûr. -Je finissais de déjeuner !
Vous ne savez pas, j'en étais sûr. -Je finissais de déjeuner !
-Ca va, ça va. Mais...
-Dis, regarde ta veuve.
Rires -Regarde ça !
-Mais non, voyons, te marre pas comme ça.
T'es une veuve. Allez, mets-toi là.
Mais pourquoi, le lendemain du crime,
a-t-on trouvé un sou percé dans votre poche ?
Hein ? C'est une preuve ! Greffier, inscrivez.
Mais je m'en rapporte à vos zigs.
Et en outre,
pourquoi le jour de l'assassinat de M. Novion,
avez-vous mis deux sucres dans votre café,
contre un habituellement ?
Ils rient aux éclats.
...
*Musique légère
...
Qu'est-ce qu'on fait ? Une belote ? -Si tu veux.
-Je me mets avec toi.
-Tu joues comme une galoche.
...
Alors, qu'est-ce qu'elles disent, les brèmes ?
Laisse tomber ça, viens faire une belote avec nous.
Madame n'est pas aimable.
Malgré que vous n'êtes pas aimable, je remets ça.
Malgré que vous n'êtes pas aimable, je remets ça.
T'entends ce que je te dis ?
...
Peut-être que madame regrette
de ne plus être là-bas ?
Madame ne veut pas répondre.
...
Où tu vas ? -Lâche-moi.
-Non. -Je te dis que tu me lâcheras.
-Moi, je te dis que non.
-Mais si, tu la lâcheras.
-De quoi ?
Qu'est-ce que c'est ?
-Quelqu'un qui te dit que tu la lâcheras.
-Quelqu'un qui te dit que tu la lâcheras.
...
-Lâche-moi !
Lâche-moi !
...
Chocs, bris de verre
...
...
-Ah !
Ah non, cassez-vous la gueule si vous voulez,
mais cassez pas les verres !
...
-T'es touché ? -J'ai pris un coup dans le poignet.
Laisse-moi. Viens, va.
Il me fait mal.
Dites donc, mon pote. J'espère qu'on se retrouvera un jour.
-Quand vous voudrez !
-Qu'est-ce que t'as, ma gueule ? -Passe la main, laisse-moi.
-Votre chambre est prête, monsieur.
Ah là là, mon matériel.
Ah, les pirates.
-T'as pas l'air de te douter que c'est pour toi
qu'ils se sont battus, ma jolie.
T'as trouvé un défenseur.
D'ailleurs, il est pas mal.
D'ailleurs, il est pas mal.
C'est bien le 12, qu'on lui a donné ?
-Eh, psst ! Ecoutez donc un peu ici.
Dites-moi, cette petite, comment s'appelle-t-elle ?
Lili ? -Lilas.
-Ah oui, Lilas. Il y a longtemps qu'elle est à l'hôtel ?
-Oui, elle habite là depuis plus de six mois.
-Ici ? -Oui, dans la chambre à côté.
-Bon, bon, merci. -A votre service !
Musique légère
...
...
On frappe à la porte.
...
...
...
...
-Qu'est-ce qui vous prend ?
...
Ah, je comprends. Vous êtes bien gentille,
mais je ne demande aucune récompense.
...
J'aime pas les sacrifices.
...
Il faut pas nous vexer, voyons.
...
...
Faut pas vous fâcher comme ça. J'ai pas voulu vous offenser.
...
Vous avez perdu votre langue ?
Ben quoi ? Répondez-moi quelque chose.
...
Tenez, je vous fais une proposition. Honnête.
Tenez, je vous fais une proposition. Honnête.
Je vous emmène à la fête. Hein ? Ca nous changera les idées.
Alors, qu'est-ce que vous en dites ?
...
Ca ne vous dit rien.
...
Ben quoi, ne boudez plus ! On va pas se quitter comme ça.
Tenez, qu'est-ce que vous diriez si...
Oh...
Vous n'allez pas vous sauver comme ça !
Oh non, mademoiselle Lilas !
...
...
Mademoiselle Lilas !
...
...
Vous permettez ?
Il siffle le serveur.
Elle hèle le serveur.
...
Vous ne voulez rien manger ? -On a l'air de se parler
dans un escalier. Soit en haut des marches, soit en bas.
-Alors, qu'est-ce que tu prends ? -Qu'est-ce qui te plaît ?
-Ce que tu voudras. -Oh, mais t'es rupin.
Pourquoi t'es descendu ici ?
-Ben... J'avais une affaire en vue dans le quartier.
J'aime autant qu'elle se fasse pas.
-Allez, roulez !
Musique joyeuse
...
-Pourquoi tu me regardes comme ça ? -T'as de jolis yeux.
Pas bien gais, bien sûr. -On peut pas rigoler tous les jours.
Pas bien gais, bien sûr. -On peut pas rigoler tous les jours.
-T'as beaucoup pleuré, ces jours-ci ?
Pourquoi ? -Parce que...
Rien.
...
-Vas-y, mon pote ! Accordéon
J'ai une petite gosse extra Elle est en gutta-percha
Elastique et vraiment fantastique
Elle se met la tête sous les pieds Et les doigts de pied dans le nez
Brusquement au plumard Elle fait le grand écart
Elle se met en vrille Elle vous fait la chenille
Tout à coup Les jambes à son cou
Elle s'enroule, se met en boule Et se grignote les genoux
La môme caoutchouc
Avec elle ce qu'on peut faire Ah c'est fou
Elle vous prend et toc et toc On n'est plus qu'une loque
Ah c'est pas du toc Elle vous disloque
Ah c'est pas du toc Elle vous disloque
La môme caoutchouc
C'est un lot C'est un drôle de petit bout
On la cherche par-dessus Et on la trouve en dessous
La môme caoutchouc
Dans tous les encombrements Elle se glisse légèrement
Elle se faufile Elle me sert de coupe-file
Par contre dans le métro Elle se gonfle les pectoraux
Je suis toujours certain De trouver un strapontin
Quand de sa peau j'ai marre Je lui dis "Faut que tu te barres"
Pas moyen, toujours elle revient
Elle s'allonge, se prolonge C'est un ressort à boudins
-LA MOME CAOUTCHOUC
-Pour l'avoir C'est pas commode du tout
Elle se gondole, elle se détraque
Quel drôle de micmac Moi elle me fout le trac
Elle m'estomaque La môme caoutchouc
Je voudrais bien pouvoir En prendre un bout
Elle est encore couchée Je m'approche, elle est debout
Elle est encore couchée Je m'approche, elle est debout
-LA MOME CAOUTCHOUC
...
-Je peux vous le dire entre nous Eh bien la môme caoutchouc
C'est ma pomme Oui c'est comme ça qu'on me nomme
La guimauve à côté de moi C'est un vrai morceau de bois
Quant aux femmes-serpents Mon petit c'est que de la joie
Je te ferai la roue Je me tirerai les joues
Je bondis comme un ouistiti
T'es veinard, je te regarde Mais avec mon nombril
La môme caoutchouc
C'est fou quand il prend mes deux roploplos
C'est fou quand il prend mes deux roploplos
Mes deux gros lolos Ca c'est du boulot
La môme caoutchouc
Quand il m'attrape par là du coup
Ca lui fait les biceps Et les quilles en saindoux
La môme caoutchouc
-LA MOME CAOUTCHOUC
...
LA MOME CAOUTCHOUC
...
-Alors, madame est avec son sauveur ?
-Alors, madame est avec son sauveur ?
Fais pas cette tête-là, Lilas.
J'ai pas voulu être méchant, tout à l'heure.
...
Laisse tomber ce mec, tu sais même pas qui c'est.
...
Dis donc ! Une fois, c'est marre !
Je commence à en avoir assez, t'as compris ?
Je vais te débiner, je t'ai assez vu.
-Sans blague, il veut remettre ça ?
...
...
Sifflement
...
Cris
Sifflement
Cris de panique
...
...
Qu'est-ce qui te prend ? -Laisse-moi.
-Ils vérifient juste les papiers. -Laisse-moi.
-Pardon, je croyais que c'était la sortie.
-Par ici, toi, là !
Brouhaha
...
...
-Vous avez fait garder les portes ? -Oui, monsieur.
-Mettez trois hommes dans la ruelle.
-J'ai cru que t'étais un flic.
-Vos papiers, vous.
...
... ...
Bien.
... ...
... ...
Coup de sifflet
...
... ...
Il crie.
...
Coups de feu
...
-Merde.
-Alors, qu'est-ce que ça donne ?
-Deux interdits de séjour, et un insoumis.
-Je t'ai déjà vu, toi. -Ouais.
-Tes papiers.
-Oh, je les ai oubliés au vestiaire.
-Au vestiaire ? Allez, hop ! -Ah ! Me touchez pas.
Je connais le chemin.
Ma voiture !
...
-Vos places, s'il vous plaît. -Deux, terminus.
-Vos places, s'il vous plaît. -Deux, terminus.
-10, et 4, 10. Merci, monsieur. -Merci.
-Je peux pas voir ces types-là. C'est tous des brutes.
Si tu savais...
Y en a qui se font passer pour des marlous,
rien que pour nous faire parler. Et c'est des mouchards.
-Quand on n'a rien à se reprocher, qu'est-ce que ça peut faire ?
-Non, je t'en prie, les défends pas.
-Terminus, tout le monde descend !
-Tu sais pas comment ils m'ont cuisinée pendant cinq jours.
Tout ce qu'ils ont inventé pour me faire avouer...
-Messieurs-dames, nous sommes arrivés.
-Ah, mais, on s'est gourés !
C'est de l'autre côté qu'on voulait aller.
Alors, encore une fois, terminus.
-Oh, je voudrais qu'il y ait jamais plus de flics.
Je voudrais que la vie soit moins dure.
Je voudrais...
Oh, je voudrais...
-Tu voudrais surtout un bon dodo !
-Retrouver ma carrée dans la taule du père Charigoul ?
Oh non, tu sais, je suis pas pressée.
-Non, je voudrais...
...
...
-Alors, vous descendez encore pas ?
Vous y prenez goût, à ma voiture ! -Chut !
-Encore une tournée de terminus.
-Toujours six francs.
...
Eh là, monsieur !
Monsieur ! Réveillez-vous !
Il est 6h du matin !
Brouhaha
...
...
...
-Qu'est-ce que j'ai ?
-Rien, je regarde tes mains.
Ce que t'es maladroite !
Tu ne sais même pas te servir d'un couteau !
-Je vous assure, mademoiselle,
que ce chapeau ira très bien avec votre robe de mousseline.
-C'est moi, ça ?
Oh ! J'ai l'air d'une princesse !
Pas mal. Pas mal.
Ca te plaît ? -T'es belle gosse.
-C'est par ici.
-Ouh ! Attends-moi une seconde !
-Qu'est-ce que c'est que ça ? -Mes vieilles nippes.
-Pour quoi faire ? -On sait jamais.
Crois-tu que je suis chic ? -Oh là là, t'es devenue crâneuse !
-Mon cher, parlez-moi autrement ! Appelez-moi "madame" !
-Hein ? Quoi ? Mais qu'est-ce que tu dis ?
Mais je n'entends pas ! Dis-moi.
Dis-moi toute la vérité.
Mon avocat, tu l'as vu ? Hein ? Mon affaire est mauvaise ?
Lui aussi, il m'abandonne ?
Voilà quatre jours qu'ils ne m'ont pas interrogé !
Ils veulent me faire crever !
-Mon pauvre chéri, calme-toi, calme-toi !
Ils finiront par comprendre ! -Ah oui, mais quand ?
-Bientôt, bientôt ! Encore un peu de patience !
Le parquet aurait été saisi d'un supplément d'enquête.
On serait sur le point d'arrêter... -La fille ?
-Non, c'est un autre.
-Mesdames et messieurs, visite terminée !
-C'est à devenir fou.
Ils finiront par me faire avouer tout ce qu'ils voudront.
Musique joyeuse
...
...
Ils rient.
-Oh, non, Lilas ! Lilas, veux-tu m'ouvrir,
espèce de folle !
-Bien fait !
-Attends un peu ! Oh, pardon.
...
-Bonjour !
-Oh !
C'est vous, M. Martousse ! Vous êtes déjà revenu ?
-Oui, depuis ce matin. Qu'est-ce que vous voulez,
les gens peuvent pas se passer de moi.
Faut qu'ils me voient de temps en temps.
Ce coup-là, j'en avais marre, je me suis débiné.
Qu'est-ce que vous foutez là ? La môme Lilas déménage ?
-Ah, y a six jours qu'on avait pas de ses nouvelles,
et puis elle m'a écrit ce matin pour que je lui envoie ses nippes.
-Faites voir.
La cloche sonne.
...
Brouhaha
Brouhaha
...
L'orchestre joue un air enjoué.
...
...
Il fredonne l'air de l'orchestre.
...
-Quand on prend une femme et qu'il se trouve qu'elle est gironde
On sait ce qui vous attend au bout de très peu de temps
Petit à petit elle devient la femme de tout le monde
On tient le chandelier et le coup est régulier
Ne prends pas cette mine furibonde
Car gagné Veinard le coquetier
Te plains pas que la mariée soit trop belle
Te plains pas qu'elle ait de beaux appâts
Ne te plains pas, ne te plains pas
Te plains pas qu'on pelote ta donzelle
Te plains pas quand on te la prendra
Ne te plains pas, ne te plains pas
Fallait pas la choisir si belle qu'elle excite notre désir
Fallait pas la choisir si belle qu'elle excite notre désir
Elle aurait une sale gueule
On te la laisserait pour toi tout seul
Te plains pas que la mariée soit trop belle
Te plains pas qu'elle ait de beaux appâts
-NE TE PLAINS PAS, NE TE PLAINS PAS
TE PLAINS PAS QUE LA MARIEE SOIT TROP BELLE
TE PLAINS PAS QU'ELLE AIT DE BEAUX APPATS
NE TE PLAINS PAS, NE TE PLAINS PAS
TE PLAINS PAS QU'ON PELOTE TA DONZELLE
TE PLAINS PAS QUAND ON TE LA PRENDRA
NE TE PLAINS PAS, NE TE PLAINS PAS
FALLAIT PAS LA CHOISIR SI BELLE QU'ELLE EXCITE NOTRE DESIR
ELLE AURAIT UNE SALE GUEULE
ON TE LA LAISSERAIT POUR TOI TOUT SEUL
TE PLAINS PAS QUE LA MARIEE SOIT TROP BELLE
TE PLAINS PAS QU'ELLE AIT DE BEAUX APPATS
NE TE PLAINS PAS, NE TE PLAINS PAS
...
-Et quand maintenant tu iras faire une manille
Tu auras plein d'atouts Tu réussiras dans tout
Sois sans inquiétude et sur que tes deux oreilles roupillent,
Tu vas être gâté par tous et même dorloté
Et quand tu montreras cette belle fille
Sûr que ton patron va t'augmenter
Te plains pas que la mariée soit trop belle
Te plains pas que la mariée soit trop belle
Te plains pas qu'elle ait de beaux appâts
-NE TE PLAINS PAS, NE TE PLAINS PAS
-Te plains pas qu'on pelote ta donzelle
Te plains pas quand on te la prendra
-NE TE PLAINS PAS, NE TE PLAINS PAS
-Fallait pas la choisir si belle qu'elle excite notre désir
Elle aurait une sale gueule
On te la laisserait pour toi tout seul
Te plains pas que la mariée soit trop belle
Te plains pas qu'elle ait de beaux appâts
-NE TE PLAINS PAS, NE TE PLAINS PAS
TE PLAINS PAS QUE LA MARIEE SOIT TROP BELLE
TE PLAINS PAS QU'ELLE AIT DE BEAUX APPATS
NE TE PLAINS PAS, NE TE PLAINS PAS
TE PLAINS PAS QU'ON PELOTE TA DONZELLE
TE PLAINS PAS QUAND ON TE LA PRENDRA
NE TE PLAINS PAS, NE TE PLAINS PAS
FALLAIT PAS LA CHOISIR SI BELLE QU'ELLE EXCITE NOTRE DESIR
ELLE AURAIT UNE SALE GUEULE
ON TE LA LAISSERAIT POUR TOI TOUT SEUL
TE PLAINS PAS QUE LA MARIEE SOIT TROP BELLE
TE PLAINS PAS QUAND ON TE LA PRENDRA
NE TE PLAINS PAS, NE TE PLAINS PAS
-Je ferais mieux d'aller chercher le plat moi-même !
Cloche
-Y a un type qui s'impatiente.
-Y a un type qui s'impatiente.
-Il peut toujours sonner, le passeur est complètement saoul.
Cloche
...
-Eh ben moi ? -Je suis à vous.
-Dites donc, on se fiche de moi ? -C'est pas moi qui vous sers.
-Ca par exemple. Eh !
-Mais t'es fou, qu'est-ce que tu fais ici ?
-Et toi ?
-Tu vas te barrer, et plus vite que ça.
-T'es pas contente de me voir.
-T'es pas contente de me voir.
Madame est mordue, les anciens copains la dérangent.
-Qui t'a dit où j'étais ? -Ca te regarde pas, t'occupe pas.
-Martousse, faut pas qu'on te voie. Je t'en supplie, débine-toi.
-Lilas, pourquoi tu reviendrais pas avec moi ?
Tu vois...
Je crâne plus, là.
Je te le demande.
Je te demande
de pas rester ici. Et si dans 10 min, t'es pas là,
c'est moi qui irai te chercher.
-Maquereau de première. -Pommes poulet rôti !
-Non, écoutez, donnez-moi mon plat, et que ça soit fini !
-Maquereau de première. -Pommes poulet rôti.
-Ah, ça y est, tout de même.
-Mon pauvre coco, tu dois avoir faim.
-Oui, mon vieux, c'est moi.
Ca t'étonne ? -Qu'est-ce qu'il y a ?
Qu'est-ce qui t'es arrivé ?
-Rien, mon vieux.
-Lilas ne t'a pas vu, au moins ?
-Qui ? -Lilas !
-Qu'est-ce qui te prend ? Elle me connaît pas !
-Oui, c'est vrai.
-Dis donc, vieux,
t'as l'air de t'intéresser beaucoup
à cette môme. -Tu es fou ?
-Ton enquête avance ? Elle a fait le coup ?
-Elle ? Ah non, mon vieux,
c'est pas elle.
Je t'assure que c'est pas elle.
Quand je pense que j'ai pu un moment la soupçonner...
Si tu savais... -Je te crois, t'emballe pas.
-C'est pour que tu comprennes. -C'est pas une raison
pour nous laisser sans nouvelles. Le patron t'a réclamé deux fois.
-C'est lui qui t'a envoyé ?
-Non, je suivais un type.
-André !
-Un copain de la maison
où je travaille.
-Le patron exige justement
qu'il soit là demain.
-Tu m'avais dit avoir congé jusqu'à la fin du mois.
-Tu sais, c'est l'affaire d'un jour ou deux.
-Vous prendrez bien quelque chose ? -Merci, je...
-Si. Je reviens tout de suite.
-Encore mieux que ce que je pensais. T'es en ménage !
-Qu'est-ce que tu veux ? Je te promets que demain,
je reviendrai là-bas, mais ce soir...
-Tu connais le type qui est avec ton bel amoureux ?
Non ? Je vais te le dire. C'est un poulet.
De la préfecture. -C'est pas vrai !
-C'est pas vrai ? C'est lui qui m'a pris l'autre soir.
Quant à ton zig, ça m'étonnerait pas qu'il en soit.
Quant à ton zig, ça m'étonnerait pas qu'il en soit.
-Tais-toi ! Je te défends !
-Tu me défends ?
Musique joyeuse
...
-Demain, l'instruction sera close,
Darny passera en cour d'assises. Voilà, mon vieux.
-Dis au chef que je serai demain à la préfecture,
et que je le tiendrai au courant des résultats de mon enquête.
-Bon.
Madame.
-Qu'est-ce que tu as ?
Tu trembles ?
Tu trembles ?
-Qu'est-ce que tu m'as dit
qu'il faisait, ton ami ?
-Lui ? Ben,
le même métier que moi.
-Le même métier que toi ?
-Ben, oui.
Placier en...
Qu'est-ce que tu as ?
-Oh non, André, c'est pas vrai ?
Dis-moi que c'est pas vrai.
-Pardon ! Oh, mille excuses !
C'est un cabinet particulier !
Rires
Nous vous dérangeons, les amoureux ? Oh, mademoiselle,
Nous vous dérangeons, les amoureux ? Oh, mademoiselle,
mes hommages ! Nous vous laissons tout à votre bonheur !
Au revoir, monsieur, mademoiselle.
Au plaisir !
-J'aurais voulu que tu ne l'apprennes que par moi.
Y a pas longtemps que je fais ce métier-là.
Seulement, un jour, j'ai vu un type qu'on amenait chez le juge,
et à ce moment-là, j'ai cru qu'il n'était pas coupable.
J'étais convaincu qu'on allait condamner un innocent.
Je pensais que par toi...
-Tu t'es dit que j'avais fait le coup.
-Lilas, puisque je te dis...
-Je te crois pas ! Je te crois plus !
Tout ce que tu m'as dit, c'était des mensonges !
Tu m'as dit que tu m'aimais, c'était pour me faire avouer !
Eh bien, j'avoue !
J'ai tué le père Novion !
Eh bien, qu'est-ce que t'attends pour toucher ta prime ?
-Oh, ben quoi ? Un problème dans le ménage ?
-Oh, ben quoi ? Un problème dans le ménage ?
Je veux pas de ça, pas aujourd'hui !
Tout le monde est d'accord ! Hein ? Voilà, ma petite dame.
On lui en donne aussi.
Voilà ! Prends pas cette tête-là !
Voilà ! A votre santé !
A votre santé !
-Lilas, c'est pas vrai ? -Pourquoi je nierais, maintenant ?
J'ai suivi le père Novion sur les fortifs !
Il m'a brutalisée, j'ai pris un coup de colère,
j'ai ramassé n'importe quoi, j'ai tapé sur la tête.
-Tais-toi, tais-toi !
-Tu voulais des détails. En voilà.
Allez, dépêche-toi de faire ton rapport.
Criminelle. Et toi, un policier.
Criminelle. Et toi, un policier.
Un beau couple, hein ? Des amants bien assortis.
Allez, t'es chargé de m'emballer.
Emmène-moi.
Quoi, tu veux pas m'emmener ?
Lâche-moi ! Lâche-moi !
Rires et musique
-Tais-toi !
-Wow !
-Lilas, rien n'est encore perdu, on pourrait peut-être...
-Quoi ? Etre heureux encore tous les deux ?
Tu pourrais vivre avec une fille qui a assassiné ?
Tu pourrais aller trouver ton patron et lui dire :
"Lila n'est pas coupable" ? Tu pourrais faire ça ?
Un compromis dans une sale affaire de moeurs.
Complice d'une meurtrière !
Et moi, compagne d'un ancien mouchard.
C'est ça, le bonheur que tu nous donnes ? C'est ça ?
Musique joyeuse
...
...
...
Musique de tension
...
...
-Votre âge ?
Passez-moi la Sûreté.
Vous n'avez pas entendu ?
Je vous demande votre âge.
-25 ans.
-25 ans...
-Alors, c'est vous qui auriez
-Ce n'est pas vrai, elle ment ! Ne la croyez pas !
Vous voyez bien !
-Vous le connaissez ?
-Non... Non.
-Fouillez-le.
-Lilas, regarde-moi.
Dis-leur que tu me reconnais,
Elle n'est pas dans son état normal !
Ah, bon.
Vous ne pouviez pas le dire tout de suite ?
Téléphone
Allô, la Sûreté ?
Dites-moi...
-Non, non, mais... Ca n'est pas la peine,
ça n'est pas vrai, ça ne peut pas être elle !
-Naturellement, puisque le coupable est sous les verrous.
-Naturellement, puisque le coupable est sous les verrous.
-Le coupable ?
(Le coupable...)
Allô ?
La première division ?
Passez-moi le...
Le chef de la Sûreté.
Fanfare militaire
...
...
Les enfants crient.
... ...
-Tu prends soin d'un voleur ?
-Il s'est fait mal.
-Tant pis !
-Il pleure.
-Pas de pitié !
Un gendarme doit jamais s'attendrir, tu m'entends ?
Le devoir avant tout ! Ouste !
Le train siffle.
...
SOUS-TITRAGE : RED BEE MEDIA
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