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Vous nous avez bien abusé, n 'est -ce pas ? Vous nous avez fait croire que
aviez connu l 'amiral de Kermalek pour mieux nous attirer dans ce piège.
Je ne vous ai pas menti, monsieur. Je l 'ai bien connu.
Je faisais partie des survivants de l 'espoir.
Vous avez connu mon grand -père ? L 'amiral, madame, était un homme hors du
commun.
Nous l 'aurions suivi au bout du monde. Et pour moi qui étais mousse sur son
navire, il était comme un dieu.
Il m 'aurait demandé de vider l 'Atlantique dans la Méditerranée que je
parti ventre à terre avec ma petite bassine.
Alors, quand cette maudite tempête nous a fait échouer dans la baie des
Chaleurs, nous autres, les survivants, nous lui avons obéi au doigt et à l
Et nous sommes venus cacher le trésor des Aztèques jusqu 'ici, pour nous
à l 'abri des billards d 'épaves comme vous.
Le trésor est donc bien là, dans ce fortin.
Oui, un peu plus haut, vers la falaise, tel que l 'amiral de Kermalek me l 'a
laissé, car au moment de partir, il m 'a pris à part et il m 'a dit, jeune
Napip, il n 'y a qu 'à toi que je peux faire confiance. Tu vas rester ici
le trésor.
jusqu 'à mon retour. C 'est ce que j 'ai fait.
Ah, si.
C 'est vous, le... le jeune mousse dont me parlait le grand -père d 'Agnès.
Oh, mon Dieu, monsieur, que je suis heureux de savoir votre connaissance.
bouge pas comme ça, mon gars. Ça me rend nerveux. Je comprends rien à ce que tu
racontes. Brave la pipe.
L 'amiral avait raison de te faire confiance.
Je peux bien te le dire maintenant.
Il m 'a fait promettre sur son lit de mort de retrouver le trésor et de te
délivrer. Merci, mon Dieu.
Tous ces efforts n 'ont pas été vains.
Vous touchez le fond, mon ami.
J 'ai honte pour vous.
Alors, vous êtes bien les descendants de l 'amiral.
Tout juste.
Et je peux le prouver.
J 'ai sur moi la carte du trésor. Là, dans mon gilet.
Elle porte les armes de Termelette.
Mais j 'ai mieux encore.
Là, dans ma besace. Regardez.
Là.
Là. Là.
Claloc. Et ses yeux.
Ses yeux d 'émeraude.
Les larves de Claloc.
C 'était le cas emporté de l 'amiral.
Il ne m 'avait pas oublié l 'amiral, je le savais.
Je vais me conduire au trésor.
Parfaitement, nous sommes les envoyés de l 'amiral. N 'est -ce pas, Agnès ?
Allô, Diable ? Non, ne le délivrez pas, celui -là.
Il ne cherchait qu 'à nous spolier de notre héritage.
C 'est un escroc, un aventurier.
Il veut voler le trésor de Kermélék.
Débarrassez -nous -en, je vous en conjure.
Allons, je suis procureur du roi. Cet homme vous abuse.
On va le laisser attacher ici.
Les chauves -souris vont se régaler � lui bouffer les yeux.
Prenez patience, ça ne prend que quelques heures.
Elles attaquent généralement au début du crépuscule.
Parfait. Le marquis, justement, adore toutes ces petites bestioles avec des
ailes, n 'est -ce pas, marquis ? Vous êtes une crapule, Villeneuve. Et j
que là -haut, quelqu 'un s 'apprête � vous juger.
Oh, quelle tristesse, marquis.
Vous qui avez passé votre vie à croire dans la justice des hommes, en être
réduit à espérer dans celle de Dieu.
Vous n 'allez pas venir ici.
Vous n 'allez pas faire ça.
Vous n 'allez pas protéger quand vous en avez eu besoin.
Vous n 'avez jamais rien fait que chercher votre intérêt personnel,
Vous n 'avez que ce que vous méritez.
Sarvel ! Ça va ? Comment
c 'est possible, Arcel ? Comment il fait ce homme -là ? On l 'a laissé pour voir
le bout du monde.
Tant qu 'on ne voit pas la tête avec des questions sans réponse, ils partent
vite d 'ici avant qu 'ils se mettent � notre recherche. Mais pour aller où ?
Aidez -moi, John.
Par où ils ont surgé, les perdus et Nicolas ? De là, je crois.
Pourquoi ça t 'intéresse ?
Pour moi, ça m 'a pas l 'air bien l 'accumulant, ce boulot -là.
Mais réfléchis, crétin.
Ils sont pas tombés du ciel.
L 'éperlier, il est pas arrivé à la nage de Brice, non ? Alors on va le prendre
à son propre piège.
On va remonter la piste. Je suis sûr que le gamin et lui, ils ont laissé des
traces. Et qu 'au bout, on va trouver un gentil petit bateau pas bien gardé du
tout.
D 'accord, mais on prend les lances. Oui.
Tu vois ce que je vois ? T 'avais raison.
Il y avait bien une sacrée prise au bout de la piste de l 'épervier.
Allez, réveille -toi.
Réveille -toi.
J 'ai fait tout ce que tu nous avais dit de faire. Réveille -toi.
Tu crois tarder ?
Notre petite Marie est en train de chauffer le sauvage sur une île des
Mais t 'es sûr que c 'est bien elle ? Ce ne sera pas une bestiole du coin qui
ressemblerait à notre soeur ? Non, mais non, frérot.
Tiens, regarde bien.
Il y a déjà un homme entre ses cuisses.
C 'est bien la broche que c 'est elle, non ?
Qu 'est -ce qu 'il y a, Marion ? Tu ne vas
pas
trop fort, frérot. Il ne faut pas la mocher.
Si vous en restez dans ce fou du pays, il faudra bien la faire travailler, la
petite.
C 'est comme si il y avait un petit capital de départ pour s 'installer.
C 'est pour ça que cette fois -ci, on ne va pas les vigner sur la tournole.
Histoire de partir sur des bonnes masses.
Parce que si on doit fonder un commerce sérieux, il faut que la qualité soit
irréprochable. Tu vois, dans notre métier, Job, la réputation, ça fait
Allez !
Tu dirais à Arzel de chasser le sauvage pour le dîner, hein ? T 'as raison.
L 'Indien fait de la cuisine comme du poulet.
Le trésor est là.
À l 'endroit même où l 'amiral l 'a laissé. Je ne vais pas toucher.
Comme je lui en avais fait la promesse.
C 'est dans quelle tourbe ? J 'ai attendu si longtemps ce moment. Si vous
saviez.
J 'en ai rêvé nuit et jour.
Bien sûr, j 'aurais préféré mille fois que ce soit l 'amiral en personne qui
soit au bout de mon canon.
Car je dois vous avouer que je vous ai encore un peu menti.
L 'amiral ne m 'a confié aucune mission.
Il voulait le trésor pour lui seul.
Il a supprimé un à un ses plus fidèles compagnons et moi qui lui avais servi de
complice, il m 'a abattu ici même, à l 'endroit même où vous vous trouvez. Il m
'a laissé pour mort comme les autres.
Mais j 'ai bien fait de survivre.
La Providence m 'a fait un très beau cadeau.
Je vais pouvoir me venger.
Je vais vous enterrer à côté de mes compagnons et ils vous tortureront jusqu
la fin des temps.
Ah, monsieur, est -ce drôle ? Sommes -nous taquins tout de même ? Je dois
avouer que moi -même, je vous ai également abusé.
Figurez -vous, je suis un aventurier, un homme uniquement intéressé par l
'argent, un capitain.
Et je déteste cette famille de Kermélék.
Agnès ici présente, elle, l 'héritière des Kermélék.
Demandez -lui donc ce qu 'il est advenu de son père, le propre fils de l
'amiral.
Je l 'ai tué.
Vous tombez toujours de plus en plus bas dans l 'ignominie, monsieur. C 'est
fascinant.
Abattez -la. Ne gâchez pas votre salive.
Je vais la tuer.
Mais d 'abord, c 'est vous que je vais tuer.
Et je vais en jouir, mais intensément.
Non, non, non.
Attendez, attendez, attendez. Vous ne pouvez pas me faire ça.
Je ne suis pas un kermélèque.
Ce n 'est pas mon sang, pas mon nom.
C 'est sur cette tarte que vous devez vous venger.
cette traînée à qui j 'ai donné mon nom et qui promène son rute de chienne en
chaleur sous le nez de tout ce qui porte une culotte, c 'est elle que vous devez
abattre. Tirez, monsieur.
Mais tirez donc !
Je ne sais par quel miracle, mais Dieu, je suis heureux de vous revoir.
Auriez -vous l 'amabilité de me détacher ? Ces cordes me font un transmon
souffriant.
Peut -être allez -vous me trouver un bras encliné, mais la dernière fois que
nous nous sommes vus, vous m 'avez condamné à mort.
En échange, je peux vous dire, ils sont partis.
Ils sont partis vers la falaise.
Il a dit vers la falaise.
Merci.
Revenez ! Détachez -moi !
Agnès
!
Ces
gars sont amusants, ne trouvez -vous pas ? Ils veulent être aussi méchants que
nous. Comme s 'il était facile de nous imiter dans la sauvagerie. Qu 'en dites
-vous, ma chère ? Je dis, monsieur, qu 'il va me falloir acheter ce que cet
homme a commenté.
Quelle rage ! Est -ce bien raisonnable avec cet enfant que vous prétendez
? Vous l 'avez dit, monsieur ? Je ne suis pas enceinte.
J 'en suis bien aise.
Soyez -en sûr.
Car cet enfant n 'aurait peut -être que de vous.
Quel dommage d 'en arriver là.
après toutes les épreuves que nous avons traversées.
Vous souvenez -vous combien vous m 'avez aimé ? Je ne vous ai jamais aimé.
Je me suis offerte à vous, mais c 'est � Yann que je pensais.
Cela vous arrangerait de le croire, n 'est -ce pas ? Mais souvenez -vous,
la nuit de nos noces, c 'est pour moi que vous avez ouvert les cuisses.
Je vous hais ! Vous
ne pouvez pas gagner ce combat, Agnès.
C 'est trop de rage contre votre famille.
Et je ne vous pardonnerai jamais de m 'avoir fait croire que je pouvais être
père.
Mais après tout, ce mensonge n 'est peut -être qu 'un mensonge par anticipation.
Et nous allons pouvoir remédier à cela, à l 'instant.
Tu es Villeneuve ? Pour vos crimes passés, ceux d 'aujourd 'hui.
Nous avons déjà combattu à l 'épée, monsieur.
Vous en souvient -il ? Très bien.
J 'en garde un souvenir assez cuisant.
Mais ceci devrait rééquilibrer les chances.
Votre blessure rééquilibre le combat.
Sans doute devais -je vous laisser ramasser votre épée pour que le duel se
poursuive.
Cela se pratique dans le milieu que je fréquente.
Vous ne le ferez pas. Tout juste, monsieur.
Je me suis affranchi depuis longtemps de ces codes désuets. N 'y pensez même
pas, Agnès.
Leur respect m 'ennuie terriblement.
Mon plaisir est ailleurs.
Voyez -vous, j 'ai toujours été fasciné par la souffrance.
Sans elle, ôter la vie serait un bien mince plaisir.
Figurez -vous qu 'enfant, je payais le cuisinier du château pour qu 'il me
laissa casser le cou du coq à sa place.
Après tout...
Qu 'est -ce qui donne du relief à la mort ? Sinon, le raffinement qu 'on
à la donnée.
Sous -titrage Société Radio -Canada
C 'est bien vous.
Toutes mes félicitations, monsieur de Kermer. Vous nous avez débarrassé de
canaille. Le monde ne s 'en portera que mieux.
La justice triomphe et c 'est tant mieux.
Depuis quand vous préoccupez -vous que la véritable justice triomphe ?
Maintenant, auriez -vous la gentillesse de me détacher ? J 'ai vu passer les
premières chauves -souris.
Elles vous crèvent les yeux.
Plaignez -vous.
Au moins, vous ne verrez pas les atroces souffrances dans lesquelles vous allez
mourir.
Adieu, Marquis.
Faire votre reconnaissance aurait été un des grands moments de ma vie.
L 'épervier ! Agnès !
Agnès !
Monsieur de la Perruche ! Vous êtes vivant ! Monsieur
de la Perruche ! Venez immédiatement ! Venez m 'aider à me détacher ! Pipo !
Pipo ! Pipo ! Pipo ! Pipo, c 'est papa !
Pipo ! Pipo ! J 'ai pas voulu les tuer. J 'ai pas pu faire autrement, je suis
désolé.
Paix à leur âme de salopard.
Eh l 'Indien, tu ne veux pas vivre avec moi ? C 'est une proposition.
On ne peut plus, Claire.
As -tu bien réfléchi à ce que signifie vivre avec quelqu 'un comme moi ? Quel
genre d 'homme es -tu pour qu 'une fille ait tant à se poser la question avant
de te choisir ? M 'as -tu bien regardé ? Vois -tu seulement la couleur de ma
peau ? Je n 'ai jamais vu quelqu 'un de plus beau.
Je suis sauvage, je parle peu.
Avec la bouche, peut -être, mais tes yeux ne finissent pas de parler. J
ce qu 'ils me disent.
On se retourne sur mon passage parce que je suis indien.
À mon bras, tu t 'en rendras vite compte.
Ça me changerait du fait qu 'on se retournait sur le mien parce que j
putain.
À ton bras, chaque âge serait plus fier que l 'infante d 'Espagne.
Tu es inconsciente, Marion.
Une femme blanche avec un homme comme moi.
À Brest, on se moquera de toi.
Qui te parle de Brest ? Je veux rester avec toi.
J 'irai avec toi chez les tiens.
Je te ferai plein d 'enfants.
Là, vous avez bien réfléchi ? Vous n 'êtes pas avec nous ? Non, rien.
Mais déjà que les témoins ont décidé de s 'installer ici et de reprendre le
comptoir de la pipe,
l 'ancien monde n 'est pas fait pour nous.
Notre avenir est ici.
Nous avons un grand projet.
La création d 'une taverne avec des spectacles de chant et de danse.
Et du romagogo.
Quand vous repasserez ici, capitaine, dans deux ans, vous ne reconnaîtrez plus
rien.
Vous allez nous manquer.
Ça sera peut -être un nouveau Paris. Ou un nouveau Versailles.
Je vais vous regretter.
Bonbon, Yann.
Merci, l 'amour.
Au revoir, tout le monde.
Amusez -vous bien.
Ça va passer ? Ça va passer ? Allez viens, on va boire un coup de rhum.
Alors,
vous avez effectué le chargement ? On est prêts à embarquer ? Un jour dans une
paverne, j 'ai trouvé un beau corset.
Et plus rien dans ma vie n 'a été comme avant.
Merci, l 'éternité.
Je ne te le dirai jamais.
Et surtout, madame, rendez -le heureux.
Rendez -le que tu sois heureux de ça.
L 'Amérique.
Et vous, vous allez gagner l 'Amérique ? Le voyage va être long.
Je te confie mon frère, je vais en prendre soin de moi.
Adieu, mon frère.
J 'espère avant.
Vous êtes le bonheur du monde.
Depuis le temps que j 'attends ça.
Moi aussi.
Mais patiente encore un peu.
Avec tous ces événements, j 'ai besoin d 'un peu de temps.
Oui, je comprends.
Alors, Jan de Kermeur, allez -vous enfin dénier m 'expliquer ? Vous expliquez
quoi ? Pour quelle raison vous avez au final décidé de me détacher ? Je suppose
que ce n 'est ni par philanthropie ni par bonté d 'âme.
Bien vu, marquis.
Je vous ai sauvé que pour une seule raison.
J 'ai besoin de vous pour me constituer prisonnier en arrivant à Brest.
Plaît -il ? Je vous ai sauvé parce qu 'il n 'y a que vous qui puissiez me
réhabiliter auprès de la justice du roi.
Sans cela, la méduse ne pourra jamais m 'être rendue officiellement.
Et je ne pourrai remettre un pied dans le royaume.
Alors je vais me livrer.
Vous allez retrouver vos fonctions de procureur comme si de rien n 'était.
Et vous allez me réhabiliter.
Voix songeur.
Y a -t -il dans ce marché une clause qui ne vous conviendrait pas ? Non, ce n
'est pas cela, mais... Vous vous étonnez de la confiance que je vous accorde, n
'est -ce pas ? Vous dites, ce corsaire est -il si naïf qu 'il puisse croire
une fois en sûreté à Brest, je plairai sa cause ? Rassurez -vous, Marquis.
J 'ai sur ce point quelques assurances. Car en contrepartie de ce que je vous
demande, je vous offre pas simplement le fait de vous avoir sauvé la vie.
Je vous offre également un tiers du trésor de Carmelec.
Le trésor ? Il n 'y a pas de trésor, nous ne l 'avons pas trouvé.
C 'est que vous avez mal cherché.
Je l 'ai, le trésor.
Votre part ne vous sera livrée qu 'après mon procès.
Quel plaisir de retrouver la mer, de retrouver la méduse.
Je revis.
Il reste encore à régler mon retour � Brest, mais j 'ai tellement hâte que
nous installions.
Attraper tout ce bonheur qu 'on a laissé filer.
Je te connais plus enthousiaste.
Pardon, j 'ai besoin de repos.
Brian, je comprends rien aux femmes.
C 'est pour ça que je suis resté célibataire.
Ce mal de mer va passer, madame.
Non, Nicolas.
Je suis enceinte de De Villeneuve.
Surtout, Nicolas, ne dis rien.
Pour améliorer, madame.
Agnès ? Agnès ? Ça fait trois jours que t 'es
enfermée, trois jours que je te vois pas.
Tu peux m 'expliquer ? Le mal de mer, capitaine.
C 'est ce qu 'elle me dit quand je lui apporte le plateau.
Vous amène l 'eau.
Le mal de mer.
Alors dis -lui de venir, de venir me voir dès que possible, sinon je vais
devenir fou.
Agnès, enfin.
Pourquoi ce silence depuis notre retour à Brest ? J 'ai cru mourir.
Explique -toi, je t 'en supplie.
Je suis venue te dire adieu, Yann.
Je dépose en ta faveur pour le procès, mais je n 'assisterai pas.
Je pars.
Un bateau m 'emmène loin de Brest ce soir.
Partir de Brest ? Pourquoi ? Tu vas être réhabilité, Yann.
Mais je ne te cause que du malheur depuis notre plus tendre enfance.
Il est temps que je sorte de ta vie.
Mais qu 'est -ce que tu racontes ? Je ne fais cela que pour toi, pour que tu
sois fière de moi. Mais je suis fière de toi, Yann.
Et je t 'aimerai toute ma vie.
Mais je dois te laisser, comme tu m 'as laissé il y a dix ans.
C 'est pour ton bonheur.
Crois -moi.
Agnès, je ne comprends rien. Ne me laisse pas.
Qu 'est -ce que je vais faire sans toi ?
Je porte le diable en moi.
Et pour l 'ensemble de ces motifs, nous décidons au nom du roi Yann de Kermeur
de vous innocenter des accusations qu 'il faisait contre vous et de condamner
mort par contumace Hervé de Villeneuve pour le meurtre du comte de Kermelec.
Eh bien, M.
Thiermeur, vous voilà en possession de ces lettres du roi qui vous permettent
reprendre la mer.
J 'attends ma part de trésor.
J 'ai tenu mes promesses, il est temps de tenir les vôtres.
Vous avez de la chance, Marquis, que je me fasse un point d 'honneur à toujours
les tenir.
Faisons -en vite, s 'il vous plaît.
Je n 'ai pas le cœur à revenir sur tout cela.
Pourquoi ce rendez -vous dans le bureau de feu, le comte de Kermalek ? Parce que
le trésor est là, monsieur.
Il n 'a jamais cessé de l 'être.
J 'ai compris quand Agnès m 'a répété les paroles de la pipe.
L 'amiral n 'a jamais laissé le trésor dans l 'île.
Il est reparti avec.
Il l 'a donc ramené ici.
Ici ? Mais c 'est tout à fait impossible.
Vous avez vu l 'état de Kermelech ? L 'amiral est mort fou, dans un grand
dénuement. L 'amiral est revenu, mais il n 'avait pas toute sa tête.
Il s 'est senti perdre l 'esprit, il a caché son trésor, laissé des indices
le retrouver, mais la folie l 'a rattrapé.
Et vous, monsieur, vous prétendez avoir deviné où il est caché ? Je ne suis pas
devin, Marquis.
Mais je l 'ai compris en regardant la carte de la baie des Chaleurs.
Il suffit de tirer une diagonale dans le prolongement du fortin.
Oui. Ensuite ? Belle représentation de la belle échelleur, n 'est -ce pas ?
Voyons cette droite.
Voilà, monsieur.
Il suffit de chercher au bout de cette ligne imaginaire, ou vers le plafond, ou
vers le renfoncement.
J 'opterai volontiers pour la deuxième proposition.
Votre part, Marquis.
Le reste est en lieu sûr.
Il servira à dédommager mon équipage pour tous les tourments causés pendant
cette aventure.
Nous allons admettre, monsieur de la Perruche et moi -même, que cet épervier
manque pas de jugeote et qu 'il a scrupuleusement tenu ses promesses.
Nous n 'avons guère l 'habitude de partenaires qui respectent leurs
Eh bien, l 'épervier, voilà une aventure qui se termine bien.
C 'est un jugement bien subjectif, Marquis.
J 'ai pour ma part tout perdu.
Mon frère indien vit désormais sa vie � l 'autre bout du monde. Et la femme que
j 'aimais m 'a inexplicablement abandonné.
Je suis là de tout ça.
Adieu, monsieur.
Comment, monsieur de la perruche ? Vous estimez que nous sommes toujours
redevables à cet épervier ? Que nous n 'avons pas réparé tous les torts que
lui avons causés.
À quoi je veux vous marquer ? Agnès ne s 'est pas enfuie à l 'étranger.
Elle est encore à Brest. Elle s 'est réfugiée au couvent des Ursulines.
Il n 'est pas trop tard.
Dans un couvent.
Pourquoi ? Elle est enceinte de deux villes neuves. Elle l 'a appris sur le
bateau. Elle ne voulait pas vous infliger la charge de cet enfant. Où
-vous ? Ah, l 'amour, monsieur de la perruche, l 'amour.
Le marquis m 'a tout raconté.
Et je vais lui dire que ça n 'a aucune importance.
C 'est trop tard.
Notre amour est devenu impossible.
Tu m 'as laissé autrefois parce que tu ne te croyais pas digne de moi.
C 'est un mot aujourd 'hui.
Je t 'ai laissé, c 'est vrai, mais j 'ai arrêté toute ma vie.
Je ne commettrai pas des fois la même erreur.
Je suis enceinte de lui, Yann.
Je porte l 'enfance au monstre.
Je ne suis pas que le ciel m 'a punie dans ma chair.
Qu 'il m 'a châtiée pour t 'avoir trahi en épousant de Villeneuve.
Qu 'il m 'a châtiée pour avoir continué de t 'aimer alors que je l 'avais
épousée. Je te promets que tu es Agnès.
Et ça t 'en faut, je l 'accepte. C 'est pour ça, Yann, que je dois te fuir.
Aujourd 'hui, tu l 'acceptes.
Mais demain... Demain, tu me haïras � cause de lui.
Tu le haïras parce que... Parce qu 'il sera un peu de Hervé de Villeneuve.
Tu nous rires, mais tu ne me le diras pas.
Tu souffriras en silence.
Je ne peux pas t 'infliger ça.
Agnès, comment peux -tu croire un instant que je puisse te rire ? Depuis
première fois que je t 'ai vue, t 'es devenu ma vie, mon souffle, l 'air que
respire.
Je suis né avec le premier regard que j 'ai posé sur toi.
Je n 'ai jamais cessé d 'être ce petit garçon qui brandit son bâton pour
protéger des chiens errants.
Celui qui jette sa cape dans la boue pour pas que tu te salisses.
Celui qui est prêt à se faire fouetter jusqu 'au sang pour voir le bonheur de t
'embrasser.
Pour un de tes sourires, je suis prêt � me damner.
Et tu voudrais que je n 'aime pas la chair de ta chère.
Mais cet enfant, je ne l 'aimerais pas, Agnès.
Je l 'adorerais parce qu 'il est de toi.
Merci bien, madame.
Vous êtes bien bonne.
Je ne vais pas mentir.
Vous voulez me dire quelque chose ? Il y a là, madame, encore un de ces gueux
qui vient quémander du pain et de la soupe chaude. Ces gens -là se donnent le
mot depuis que vous refusez qu 'on les chasse.
Je vais le faire vers moi -même.
Vous avez l 'air épuisé.
Vous venez de loin ? Très loin.
C 'est un endroit où je ne souhaite � personne d 'aller.
N 'êtes -vous point déjà venu à Carmelec ? Carmelec.
C 'est possible.
Peut -être.
Pour tout vous dire, je ne me souviens même plus de mon nom.
Compliment, madame.
Vous avez là un beau petit garçon.
Il faut que je boive.
Pour lui, on a out.
Bon, madame, merci.
Il
te
fait peur, le monsieur ? Non, Gaëtan.
Plus maintenant.
La loquette fait son oeuvre.
regarde, regarde le ciel.
Ouais. Vas -y.
Ouais. Bim.
Bim. Ouais.
Une lettre de Yann.
Une lettre de ton papa. Viens.
Oui.
Regarde.
Alors.
Agnès, ma princesse.
Gaëtan, mon petit prince.
Pas un jour sans que je ne pense à vous.
Sans que Kermélek me manque.
Nicolas s 'affirme de plus en plus comme un marin de premier rang.
Je ne vais plus tarder à le nommer lieutenant.
Mon brave main de fer ne me parle que de Gaëtan.
Il lui confectionne une nouvelle maquette que je ne manquerai pas de
mon auto.
Regarde droit devant nous à deux heures ! Regarde à deux heures ! C 'est quoi, c
'est la base ? Sous le lache -pompard !
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