All language subtitles for Intimacy.2001

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Original subtitles

- On avait rendez-vous ? - Non.

Entrez.

Un caf� ?

D'habitude, la cuisine est en bas, mais ici elle est en haut.

C'est pas tr�s commode.

J'ai renvers� plein de trucs.

Le type du 2e est jamais l�, alors je renverse, mais �a d�range personne.

Vous vivez vraiment ici ?

Vous me l'avez demand� l'autre fois.

J'arrangerai quand j'aurai du fric.

Ce sont des C.D. dans les cartons, en bas ?

Je vais vous montrer.

D�sol�.

C'est un couloir de bus, enfoir� !

Jay...

Voici lan, il va t'aider ce soir. Il a travaill� � l'Atlantic.

- Quel jour on est ? - Mercredi. A plus.

Sois sympa, mets mon caf� au frigo.

Je le finirai plus tard.

Steve s'est barr� samedi apr�s le service. Tu �tais parti.

Le Fran�ais en bas a d�pos� son C.V. il y a 15 jours et on l'a appel�.

- Il a l'air O.K. - Ils ont toujours l'air O.K.

Il faut quelqu'un de motiv�.

Pas un de ces connards qui font �a en attendant mieux

et qui en fait sont com�diens, danseurs ou autre connerie.

J'en ai ma claque de ces trouducs

qui expliquent aux clients qui ils sont et ce qu'ils font vraiment.

"Vous suivez quel cours ?" "Ce n'est pas trop dur ?"

- Ils inventent, non ? - �a m'�nerve.

Un bar, c'est pas un resto. La nuit, t'as pas affaire aux m�mes gens.

Je suis chef barman, donc je fais ce que je veux et tu fais ce que je dis.

Oublie ce qu'ils t'ont dit l�-haut. T'as pas une semaine pour t'habituer.

�a marche tout de suite ou jamais. O� est ta vodka ?

Le jour, n'importe qui peut servir une bi�re. Le soir, non.

- Il y en a toujours un qui veut ta peau. - Ma peau ?

Le con...

Tu vois le grand en costard ?

Il boit depuis 16 h. Tu devras le jeter � la fermeture.

La femme qui vient d'entrer commande toujours la m�me chose

et veut qu'on lui demande � chaque fois.

Je fais le soir depuis 3 mois et elle varie jamais.

Bonsoir, ma jolie.

Vous m'avez l'air gaie ce soir.

Faut danser sur la table pour �tre servie ?

- Elle prend quoi ? - Elle te le dira.

N'esp�re pas de pourboire.

Alex m'a donn� son Action-Man...

Il me l'a donn�.

Partagez-le.

Susan ?

On est en haut.

Papa... j'aime tout le monde.

Alex n'a pas le droit de venir � ma f�te.

Pourquoi il n'a pas le droit ? C'est moche. Qui est Alex ?

Alex est un con.

- Tu as froid ? - Non.

- Un petit peu ? - Non.

C'est s�r ?

Je vais faire du th�. D�p�chez-vous, descendez jouer.

D�p�chez-vous.

Ils sont en forme, non ?

Ils ont l'air tr�s bien.

Tu les aimes, n'est-ce pas ?

Vous avez froid ?

J'ai froid, mais �a va.

Mercredi prochain...

c'est un mercredi aussi ?

- A plus. - Salut.

Il fait l'affaire ?

�a ira, les clients l'ont � la bonne.

Bonsoir.

Deux vodkas pour moi.

Le gar�on qui fait l'affaire paie sa tourn�e.

La femme qui vient tout le temps, celle que tu baratinais...

elle m'a demand� si j'�tais le fr�re de Joel.

- Quoi ? - Si j'�tais le fr�re de Joel.

J'ai rien dit et elle a pris �a pour un oui.

Mais c'est cool, j'aime bien ce pr�nom.

Quand j'�tais petit, j'�coutais Billy Joel.

Billy Joel ? Et puis quoi encore ?

T'as quel �ge ?

Ma soeur �tait dingue de lui, elle avait tous ses disques.

Et je l'�coutais aussi, c'�tait super.

- T'en as ici ? - Arr�te !

Depuis quand tu bosses ici ?

Depuis la naissance de mon a�n�. Six ans.

Avant, j'�tais musicien. Comme Billy, si on veut.

C'est dr�le, je te voyais pas avec des enfants.

Il y a un an, je suis parti et je suis all� chez un copain.

Ces choses-l� arrivent. Un soir, c'est le dernier que tu passes chez toi.

Chez toi, avec ta femme et tes enfants.

Le matin, tu ouvres la porte et tu la refermes.

Et si la maison est vide, �a aide. Ils �taient partis, �a m'a aid�.

- Tu t'es barr� sans rien dire ? - Dire quoi ?

Billy Joel...

Merde, alors !

Tu cherches toujours une piaule ?

C'est le cauchemar quand il faut tout racheter.

Je voulais pas qu'on me refile des vieux trucs, �a me d�becte.

Tu veux me faire crever, tu m'emm�nes � une brocante.

L�, tout est neuf, sans histoire. On boit un coup.

- Non, d'abord la visite. - Oui, on visite.

- Ma chambre. - Aucun int�r�t, y a rien � voir.

- T'as chang� des trucs. �a, c'�tait l� ? - C'est l� depuis une �ternit�.

Ta chambre.

Ma chambre...

Elle te pla�t ? Non ?

Elle est bien, �a va.

Y a pas de place chez Jay ? Il habite une maison.

C'est une piaule au rez-de-chaus�e. Rien � voir avec ici.

Et j'ai pas besoin de loyer d'appoint, moi.

J'en sais rien, moi !

Y a plein de raisons pour que Jay ait besoin de fric.

Il dit rien, mais je m'en doute.

Quand tu quittes ta famille, �a douille.

La maison, les gosses, on est saign�s � blanc.

Tu vis avec quelqu'un ?

- T'es p�d� ? - A ton avis ?

- Tu baises � droite et � gauche ? - Victor, fous-lui la paix, tu veux ?

Jay et moi, on �tait l� comme deux fr�res.

Des vieux jumeaux, voil�.

L'un de nous aurait pu rester sur le bas-c�t�, mais non !

On ne fait qu'un.

Combien de fois �a arrive dans une vie ? Jay et moi, on a pas mal zon�.

Mais on a toujours fait ce qu'on avait envie de faire.

�a fait toute la diff�rence !

On suit nos d�sirs, voil�.

Victor est le monsieur qui sonne un soir � ta porte et te propose le c�ble.

Je peux t'avoir une t�l� � un super prix.

C'est quoi, �a ?

�a me tue.

Tu veux peut-�tre pas d'un locataire.

Victor a besoin de fric et lan d'une piaule.

Qu'est-ce que vous avez � tout compliquer ?

Ou c'est peut-�tre moi qui ai rien compris. On arr�te les frais.

Non, faisons un essai !

D'accord, si �a rend service !

J'ai rien contre.

J'ai ma propre vie, faut rien attendre de moi.

Je fournis la chambre, point.

Le fric sur la table, et c'est bon. Du liquide, pas de ch�que.

Mon fils m'a dit qu'il voulait faire une �cole d'art.

Et moi, quand j'avais 16 ans, je peignais un peu.

Marrant, non ?

C'est pas bon pour toi de rester seul.

D�s qu'il y a un sale plan, c'est pour toi.

Bon Dieu, tu t'entends ?

- Garde tes conseils. Merci d'�tre pass�. - Et arr�te avec tes jumeaux � la con !

Tes conneries de "vieux jumeaux", �a me gonfle.

Bonjour, mon chou !

Bonjour.

Papa !

Une minute.

- Qu'est-ce qu'il y a ? - Regarde.

On a eu un petit accident ?

Tu feras peut-�tre pareil pour moi, un jour.

On va changer tout �a.

C'est bien.

Tu as les yeux � l'envers.

Pourquoi tu dis "� l'envers" ?

Quand je mets la t�te comme �a...

on dirait des sourcils. Ta t�te marche dans les deux sens.

Du c�t� de ta m�re, ils ont de gros cernes.

- Tiens, je les sens. - J'en ai pas !

- �a viendra peut-�tre un jour. - Non, je veux pas.

Attends...

- Quoi ? - Tout va bien.

Qu'est-ce que tu fous l� ? Tire-toi !

J'aurais d� appeler.

Je m'�tais mis en t�te que tu recevais personne.

C'est trop b�te.

C'est bien d'avoir des gens chez soi. J'aimais �a, avant.

Ton copain, lan...

- il est jamais venu. Il t'a rien dit ? - J'en sais rien.

T'as pas quelque chose � me donner ? Je me sens un peu mou.

Je prends plus ces trucs.

T'as ce qu'il te faut ? Je t'installe le c�ble quand tu veux.

T'avais pas dit que t'avais quelqu'un.

- "Je vois personne." - C'est ma proprio.

- Elle est venue voir si tout allait bien. - D'accord, j'ai pig�.

Moi, je pr�f�re avoir aucun contact avec ces gens-l�.

Apr�s, �a vire � l'affectif et tu peux plus rien demander.

Genre quand le chauffage p�te ou...

C'est immense, ton truc.

T'es tout seul l�-dedans ?

Y a un truc que ta proprio fait bien, � part te foutre l'angoisse ?

T'as vu ta tronche ?

Bon, deux jours.

Tu peux rester deux jours. Mais pas plus.

Les gens ont des t�tes bien � eux. Chacun s'en d�gotte une particuli�re.

Ils sont tous diff�rents,

mais demain, tu me fous dans le m�me wagon

et je suis incapable d'en reconna�tre un. �a m'a caus� pas mal d'emmerdes.

Je te vois vendredi ?

Tu veux pas que je vienne ?

- Comment a �t� ta journ�e ? - Rien de particulier.

Tu as les billets ?

C'est par l�, au sous-sol.

Tu ne dois pas trop attendre de Laura.

Tu dis �a parce qu'elle est � nous et qu'on l'aime.

- On oublie qu'elle est infirme. - Ne dis pas infirme.

- Je n'admets pas qu'on dise �a. - Mais elle l'est.

- Et ce n'est pas tout. - Que veux-tu dire ?

Laura est diff�rente des autres filles.

- C'est tout � son avantage. - Pas tout � fait.

Pour les autres, elle est timide et vit dans un monde � elle.

Les gens de l'ext�rieur la trouvent bizarre.

- Ne dis pas "bizarre". - Mais elle l'est.

Je n'encouragerai pas ces b�tises.

Ressaisis-toi en attendant qu'ils arrivent.

Tom a oubli� ses cl�s, tu iras leur ouvrir.

- Maman, tu iras ouvrir. - J'ai � faire en cuisine.

Je t'en prie ! Ne m'oblige pas � y aller !

Voil� ton fr�re et M. O'Connor. Va ouvrir, ch�rie.

Maman, va ouvrir, je t'en supplie.

Peux-tu m'expliquer...

J'arrive ! Une seconde !

Comment peux-tu avoir peur d'aller ouvrir ?

Laura Wingfield, va ouvrir cette porte.

Oui, maman.

Laura, voici Jim.

Jim, voici ma soeur Laura.

Je savais pas que tu avais une soeur.

�a vous a plu ?

Le th��tre, c'est pas trop mon truc. C'est pas grand, hein ?

C'est un groupe d'acteurs.

Chacun choisit une pi�ce...

- �a reprend quand ? - Dans 15 minutes.

Une Guinness.

- Et vous ? - Je prendrai un coca, merci.

- Un coca ? - Oui, je bosse ce soir.

- Et toi ? - Un coca aussi.

- Et des chips ? - �a va, merci.

- Deux cocas. - Maman �tait super bien, non ?

- Tu as dit quoi ? - Maman �tait super bien, ce soir.

Il viendrait tous les soirs s'il pouvait.

Moi, j'ai peur qu'elle oublie son texte ou qu'elle tr�buche.

J'observe les gens pour voir si �a leur pla�t.

Mais lui, il est captiv�. Tu adores, pas vrai ?

On y retourne. Deuxi�me partie.

Vous aimez Tennessee Williams ?

Je dois rompre, je sais pas comment.

Putain !

C'est quoi, le contexte, cette fois ?

Une fille qui vient, on baise, elle repart.

Sans que je lui demande de revenir. Oui, je l'ai invit�e une fois comme �a...

- T'en penses quoi ? - C'est fou, non ?

Tu proposes un truc et elles prennent le pli.

Mais c'est pas p�nible.

Enfin si, �a l'est.

Je crois que je trouve �a...

Lourd. Maintenant, pas avant.

Tout d'un coup, �a p�se des tonnes.

Maintenant, ce putain de truc du mercredi,

c'est comme si on se le devait. �a va pas du tout.

Elle comprendra.

Les gens comprennent.

Tu ferais comment, toi ?

Je reste moi-m�me et �a p�te tout seul.

T'imagines le d�sespoir de cette femme ?

Le mercredi de deux � quatre. Ne vouloir que �a ?

En quoi elle serait plus d�sesp�r�e que toi ?

Pourquoi ?

Tu lui as rien demand�, et elle non plus.

Pourtant tu ouvres la porte, et voil�.

O� est le d�sespoir ?

On tombe rarement sur quelqu'un qui veut les m�mes choses.

Tu lui apportes peut-�tre beaucoup sans le savoir.

- T'en sais quoi ? Tu la connais pas. - Je l'imagine.

Je suis s�r que tu lui donnes beaucoup.

J'ai du mal � croire qu'elle veut la m�me chose.

Et j'ai pas l'impression d'�tre avec elle.

- Qu'est-ce qu'elle dit de tout �a ? - Je sais pas, on parle pas.

Victor ?

Regarde, ton cirage est sec.

Tu devrais m�me pas �tre l�. C'est toujours pareil.

- J'avais dit 2 jours ! - Je pars demain.

On est mercredi, tu peux pas rester le mercredi.

O.K., �a va ! Suffisait de le dire.

Laisse tomber �a.

S'il y avait un probl�me, tu me le dirais ?

- T'es pas au pub ? - Si j'y vais, je picole.

- C'est pas une solution. - Oui, c'est pas une solution.

Vous venez revoir la pi�ce ? L'autre soir, ils ont �t� super.

Vous revenez, c'est bien la preuve.

Et vous n'�tes pas un fana de th��tre, hein ?

Vous bossez ici ?

On dirait, mais non.

J'ai oubli� ce qui se passait.

- Quoi ? - Dans la pi�ce.

Les gens parlent pas apr�s. Ils voient la pi�ce et ils se cassent.

Elle, �a l'attriste. Alors je reste l�, et je lui raconte ce qu'ils disent.

Il faudrait s'en foutre.

Ma femme passe bien en g�n�ral.

Les gens l'aiment beaucoup, en principe.

�a d�pend des r�les, bien s�r. Ma femme joue l�.

- Elle fait la fille, Amanda... - Laura.

Oui, Laura, je sais plus. Je vous ai d�j� dit �a.

Quel con.

Je peux pas vraiment dire si quelqu'un est bon ou mauvais dans une pi�ce.

Les gens, ils ont un avis sur tout.

C'est vraiment int�ressant.

Je les �coute, � l'entracte,

et je pose des questions.

Et je me sens pas couillon de le faire.

Tout le monde se fout que je sois l� ou pas.

Ils savent pas qui vous �tes.

Je veux dire, ceux de la troupe, ils sont habitu�s � me voir.

Je leur donne des coups de main. Tout baigne, quoi.

Laura, ma ch�rie, la porte !

C'est ton fr�re et M. O'Connor.

- Fais-les entrer, veux-tu ? - Maman, va ouvrir !

Vous �tes bien, l�.

Oui, et pour plusieurs raisons.

Etre avec elle, bien s�r, parce que sa passion pourrait la couper de nous.

C'est vrai, non ?

Quand on aime quelque chose, on fait une croix sur le reste.

- Absolument. - Je veux pas qu'on tombe dans ce pi�ge.

Alors, Claire et moi, on a d�cid� de faire une croix sur rien.

- Moi, c'est Andy. - Jay.

Elle s'appelle Claire ?

- Qui ? - Ta femme.

Je t'avais pas dit ?

Je parle, je parle, et j'oublie le plus important.

�a doit pas �tre courant d'�tre toujours l� comme tu le fais.

Si je faisais ce m�tier, j'aimerais avoir des avis.

Y a peut-�tre que moi que �a rend triste. �a doit venir de mon job.

Je suis chauffeur de taxi.

Il y a la course � faire, mais j'ai l'impression

de faire mon boulot qu'� moiti� si on parle pas.

Une partie ? Spectacle � tous les �tages.

C'est �a qui est bien ici.

Et toi, t'es mari� ?

Quand on est avec quelqu'un, tout au d�but, on s'offre des trucs.

Sans rien demander.

Apr�s, on ne fait que r�clamer.

La diff�rence avec elle, c'est qu'elle te demande rien.

T'as rien appris ? Tu me fous les jetons.

T'as rien appris en partant de chez toi ?

Peut-�tre qu'il faudrait sortir qu'avec des gens �quilibr�s.

Y a qu'un dingue pour vouloir �a. Les plaies ouvertes, c'est pas mon truc.

C'est pas mon genre.

Elle voit quelqu'un d'autre.

- Toi pas ? - Moi ? Non.

Cette femme, c'est tout ce que j'ai.

- Tu vas o� ? - J'ai vu un mec pas mal.

Je me tire, si tu veux bien.

Joan !

Joan... Claire.

- Ta tourn�e s'est bien pass�e ? - Oui. Comme une tourn�e.

Une tourn�e, voil� ce qu'il me faudrait. Un truc qui me fouette les sangs.

Que �a bouge.

- J'ai pas l'air d'une pute, dis ? - Une pute ? Non, c'est pas �a, une pute.

J'avais un autre casting ce matin.

C'est tr�s sombre chez moi et j'ai tendance �...

Claire Nicholls ?

- Tu donnes des cours ? - Oui, pour des amateurs. jour.

- Quand ? - Mardi et vendredi.

- Le vendredi, c'est � 3 h. - Je viendrai un vendredi.

La premi�re fois, je t'ai trouv� un peu m�prisant.

L'air de chier sur les gens. Mais c'est ton air, quoi.

Mais certains jours... on a tellement des vies de cons.

Prends ma femme.

C'est bien, son th��tre et tout �a, mais elle fait trop de choses.

Mais bon...

Je r�fl�chissais l'autre jour et je me disais:

quand deux personnes sont tr�s attach�es l'une � l'autre,

qu'est-ce qui peut venir tout foutre en l'air ? A ton avis ?

Des gens qui s'aiment d'amour, ou des potes ?

Qui s'aiment d'amour. Ou, pourquoi pas, des amants.

Toi, par exemple.

Qu'est-ce qui foutrait ton mariage en l'air ?

Moi, je travaille dans un bar en attendant de trouver autre chose

depuis six, sept ans maintenant.

Au d�but, c'�tait du provisoire, et me voil� coinc� l�-bas comme un con.

Si je suis honn�te avec moi, la seule fois o� j'ai os� un truc,

c'est quand je suis parti de chez moi.

T'es mari� ? J'avais bien ressenti du chagrin chez toi.

Quand tu penses � des trucs comme �a, tu les gardes pour toi.

Quand �a chie vraiment, on garde �a pour soi.

- A qui t'en as parl� ? - A des copains.

- A un seul, en fait. - C'est �a qui est moche.

Quand tu fais �a, tu fais du mal. Oui, merde, c'est vrai.

C'est le genre de truc qui me fout en l'air.

Mais quand t'es dans ton truc, tu vois rien.

C'est qu'une fois dehors que j'ai vu combien j'�tais malheureux.

Jusqu'o� j'�tais tomb�. Assez bas, en fait.

Parce qu'apr�s tout, Andy, c'est tellement facile de rester, non ?

C'est ce qu'on fait tous, non ? Et toi ?

- Comment �a a commenc� entre vous ? - Avec qui ?

Tu veux dire avec ma femme ? Qu'est-ce qui se passe, l� ?

C'est notre histoire. J'ai une grande gueule, d'accord.

Mais �a, m�me lui il le sait pas.

�a va, bonhomme ? Bois quelque chose.

Sors pas. Mets-le sur ma note.

- �a va, Luke ? - Oui, merci.

Oui ? C'est bien.

Que dirais-tu d'une m�re qui baise en douce r�guli�rement

et qui rentre chez elle le soir, l'air de rien ?

Qui retrouve sa famille...

Tout �a avec un putain de don pour la dissimulation.

Comment, apr�s avoir bais� toute la journ�e avec un autre,

peut-elle me retrouver le soir, moi, Jay, son mari, sa famille,

- comme s'il s'�tait rien pass� ? - Tu veux que je te donne mon avis ?

- Oui. - Vraiment ?

J'aimerais bien.

Je dirais...

Je sais pas... Je dirais qu'il y a plein de types comme toi.

Mais �a t'aide pas.

Parce qu'elle doit rentrer, non ? Le soir.

Embrasser les enfants, se servir un verre,

en servir un � l'autre cr�tin au bout de la table.

Et commenter sa journ�e. "Un peu fatigante, ch�ri."

Tu m'�tonnes !

"Mais une vraie bonne journ�e."

Apr�s s'�tre fait tringler toute la journ�e par un type

qui par-dessus le march�, lui dit pas un mot.

Joue, bordel !

Ou tu continues avec Jay et je me tire !

Et tu sais quoi ?

C'est l� qu'elle m'a regard� avec le plus d'attention.

Susan, ma femme.

Elle rentrait chaque soir et me d�vorait des yeux.

Tu te fais du mal.

Forc�ment, elle comparait quand elle rentrait. Et en fait,

elle est l�, � tes c�t�s, et plus heureuse que jamais.

Tu m'�coutes ?

T'en dis quoi ?

Que tant qu'elle rentre tous les soirs, c'est pas grave.

Ah oui ?

�a m'�tonne pas que tu dises �a, et je t'en veux pas.

Tant qu'on n'a pas v�cu un truc pareil, on se sent � l'abri.

Oui, c'est �a.

Et quand �a arrive, on n'est m�me pas surpris.

Pas vrai ?

Tu veux dire...

que si on reste, c'est parce qu'on veut pas voir la v�rit� ?

Merde, j'y vais. Je vais me coucher. Salut.

Ta femme sort avec un con ou quoi ?

Il disait pas un mot, non ?

T'es si �nerv� quand t'en parles qu'on dirait que c'est toi qui as �t� plaqu�.

Le mariage...

est une chose magnifique.

C'est une guerre, une bataille, un voyage terrible, mais...

c'est une raison de vivre.

- Tu disais que tu savais pas jouer. - L'�coute pas, c'est pas vrai.

Jay joue pas mal du tout.

- Tu vas te remettre... - Je me suis remis.

- Je m'inqui�te pas. - Je me suis remis.

Je t'ai pas dit ? Il y a une femme que je vois le mercredi.

Et on baise.

C'est mieux que rien. Et elle aime �a.

C'est un super coup.

T'es pas du genre � y accorder de l'importance, mais pour moi, �a compte.

- Tu la vois quand d�j� ? - Le mercredi.

C'est un bon jour pour moi. Je bosse bien le mercredi.

Mais le samedi, j'ai envie de me pendre.

Qui te dit que le cul, �a compte pas pour moi ?

Parce que j'en parle pas ?

- Elle a un mari, t'as dit ? - J'ai pas dit �a.

J'en sais rien. Bonne question.

Une autre partie ?

Y a pas de spectacle ce soir, on est tous les deux.

Pas de spectacle ?

Non, je faisais que passer.

- Elle joue dans autre chose ? - Non, t'y es pas du tout.

Ce soir, elle donne ses putains de cours de th��tre dans sa banlieue de merde.

Tu voulais pas que je t'aide � faire un truc ?

Oui, exact.

Tu m'accompagnerais pas � ma mutuelle ?

Mais on peut aussi bien rester ici.

- Tu vas o� ? - J'ai des trucs � faire.

Il est que 2 h !

Je vais pas rester l� comme un couillon.

Il est pas 2 h, il est moins dix.

Si tu restes et qu'on sonne, r�ponds pas.

On sonnera pas, mais r�ponds pas.

Ce truc que tu vas faire, on peut pas �tre � deux ?

Tu partais...

T'es pas pass�e mercredi ?

- J'�tais pas l�. - Tant mieux. J'ai pas pu.

- On avait rien dit, non ? - Oui... Non. C'est vrai.

On y va ?

Quoi ?

Pas comme �a. Une capote.

Gideon !

- Dave ! - Tracy !

Je suis l�. Allons-y. Je suis l�. Je suis pr�te.

C'est pas se toucher, �a ! Elle me laisse pas la toucher.

C'est se tripoter, �a.

- Continuez. - C'est pas une sc�ne d'amour.

On est en retard. On nous a livr� le canap�-lit.

- Et vous l'avez test� ? - Concentrez-vous sur la sc�ne, allez.

Ne pars pas.

Je peux t'embrasser ?

Ma petite Betty.

Pourquoi "petite" ? Et je ne suis pas Betty.

Ma petite Betty.

Regarde-moi dans les yeux.

Je vois des petits points dor�s dans tes yeux.

- Donne-moi un baiser. - Toi, donne-moi un baiser.

Pourquoi je me fais chier ?

J'en sais rien.

On a Betty, raide comme un balai, et Dave, arrogant comme toujours.

Vous �tes ridicules. �a ne tient pas debout.

C'est pas une sc�ne d'amour.

Ils se connaissent depuis longtemps. Selon moi, il y a d�j� eu "contact".

Non, c'est la premi�re fois, alors il est maladroit.

- T'es mal tomb�e. - Ils sont bien !

Je m'y prends peut-�tre mal.

Je suis tellement dans mon truc que j'ai l'impression d'�tre seul.

Parfois, on est tellement pris, qu'on voit m�me pas l'autre.

Peut-�tre.

- Vous me suivez ? - Continuez.

Continuez.

Il faut que je te parle.

Pas ici, en t�te � t�te.

Tu peux venir ?

Moi aussi, je veux te parler.

J'ai envie de t'embrasser. De longs baisers.

De tendres baisers.

O� ?

Sur tes l�vres, sur ton corps.

Non, o� veux-tu que je vienne ?

Chez moi.

Viens chez moi.

Quand ?

On arr�te, �a ne marche pas. Aux suivants.

La semaine derni�re, quand on a improvis�, tu as dit que c'�tait bien.

J'�tais pr�t � la baiser. Je l'aime.

- Je sais une chose... - Vous ne savez rien !

Ce que je sais, c'est que tu es cens� faire en sorte

que Betty trouve un pr�texte pour sortir et traverser tout Londres pour te voir !

C'est ce que je faisais, non ?

- Qui a dit que c'�tait si loin ? - Personne, mais �a l'est !

Forc�ment !

Je suis ravie. Je pensais abandonner le th��tre.

Je me disais que j'�tais nulle, que jamais je gagnerais ma vie.

Mais de voir ces deux-l�, des gens si simples... Ils sont extraordinaires.

J'ai oubli� un truc. Faut que j'y retourne.

�a va ?

Je viens de perdre quelqu'un.

Quelqu'un de proche ?

�a a �t� soudain ?

Je suis d�sol�e.

Mon petit doigt part sur le c�t�. L'autre aussi.

Comme si chaque main avait sa propre vie, en quelque sorte.

Tu sais quoi ?

Je trouve que tu as �t� infecte avec Dave et moi.

Mais faut pas regretter.

Quand on me tourmente comme �a, c'est la fin de tout pour moi, mais bon.

Tu sais, Claire, ce que j'admire en toi,

c'est que tu es capable de te mettre � dos tout le groupe. Alors l�, chapeau.

- C'est pas facile d'�tre odieux. - Ne me parle pas, Betty.

- On ne comprend rien quand tu parles. - Mais t'es vraiment bonne.

Parce que j'en ai fait des cours de th��tre. Mais le tien...

On ne va pas rester l� comme �a,

alors que je ne comprends pas un mot de ce que tu dis !

Bien. Excuse-moi.

Je t'emb�te.

Tu n'apprends rien, Betty. Moi non plus.

Mais on se d�courage pas facilement.

Regarde, j'ai beau �tre odieuse, tu reviens.

Je suis mauvaise, mais je continue � auditionner

pour des r�les qu'on me donne pas.

Quand on n'est pas dou�e, il reste �a.

On s'applique, on d��oit personne,

on fait ses mardis, ses mercredis, on bricole par-ci, par-l�...

- Tu bricoles pas avec nous. - Non, juste avec moi.

Allez, Vic.

Qu'est-ce que vous foutez l� ?

D'o� vous sortez ? Vous vous faites chier, c'est �a ?

On n'est pas l� pour toi, mais pour l'ambiance.

- Vous me foutez la honte ! - Au t�l�phone, �a avait l'air super.

Tu choisis tes endroits de mieux en mieux !

Il est 3 h du mat, je vis ma vie et je t'emmerde !

Embarquez-le, il a voulu me casser la gueule.

- Viens, tu vas choper la cr�ve. - Je suis jamais malade.

M�me la bi�re, �a me so�le plus.

"T'as qu'� rentrer", qu'il me fait l'autre cr�tin.

Je lui ai rien fait, moi.

- Pourquoi il me dit �a ? - On se fout de ta gueule !

Avec ton froc qui tombe et ton cul � l'air ! Regarde-toi, bordel !

Quand t'es mort pour Jay, il te le dit m�me pas.

Il continue � te sourire l'air de rien, et il se tire. C'est un faux jeton.

On peut �tre profiteur, ingrat, mais faut assumer.

De quoi vous pouvez bien vous parler ?

Tu connais quoi de la vie ? T'as d�j� v�cu avec quelqu'un ?

Ma vie va bien. D�gage.

Jay garde tout secret.

Il me dit m�me plus avec qui il baise.

Tu te plains toujours, mais Jay va plus mal que toi.

Toi, tu fais plein de trucs.

T'arrives � t'en sortir.

Jay, lui, il se rend malade. Il sait peut-�tre pas aimer.

- �a lui est peut-�tre jamais arriv�. - Pourquoi tu dis �a ?

Pauvre connard !

Allez vous faire foutre.

Je crois que j'ai la maladie d'Alzheimer.

Je d�conne pas.

Touche ici.

C'est quoi ?

Regarde, celle de gauche te mate.

C'est mieux que baiser ta proprio.

A la fac, j'ai connu un chanteur vraiment chouette. Son groupe aussi �tait bon.

Ils n'ont pas cartonn�, mais il y avait vraiment un truc, une base.

Il fallait qu'ils virent leur guitariste. Le genre � tout critiquer.

Un ego pas possible.

Ils l'ont vir� et l�, il est batteur.

C'est chez toi, ici ?

Avant j'habitais avec une copine, mais on s'est brouill�es.

Je trouve �a dur parce que c'�tait ma meilleure amie.

L'autre fille, je l'aime bien, mais c'est pas pareil.

�a prend du temps pour conna�tre bien les gens, non ?

Nous deux, on deviendra peut-�tre de bons amis aussi.

J'aime bien cet endroit, c'est moi qui l'ai d�cor�.

Quand on le voit, on apprend des trucs sur moi.

On regarde les murs, mes objets et on voit un peu de moi.

Viens.

Approche.

Danse avec moi.

D�sol�.

Excuse-moi.

C'est ferm�.

T'es qu'un vieux con.

Qu'y a-t-il dans le poulet ?

Reprends-en.

- Tu n'aimes pas la peau ? - Non, merci.

- Tu veux vraiment rien ? - Non.

�a faisait un moment qu'on s'�tait pas vus.

Je te les ai rapport�es.

On est mercredi, non ?

Elle est jolie ?

C'est qui ?

Tu la connais pas.

- Tu comptes faire quoi ? - M'occuper de moi.

Faut bien que quelqu'un le fasse.

O.K., les enfants.

Au revoir.

Je suis le plus fort !

Tout va bien ?

Et toi ?

�a va, Jay ? On se fait un billard, apr�s ?

Bonne 2e partie.

Vous verrez, c'est plus dr�le que la premi�re.

Elle est plus courte, vous pourrez boire apr�s.

Salut, Jay.

Sympa de te voir. Tu deviens un habitu�.

- Tu verras, la 2e partie est bien. - Je termine ma clope dehors.

Je reviens.

Tu la crains, la 2e partie, pas vrai ?

Regardez, je fais une grande ombre quand je m'�tire.

Elle va jusqu'au plafond.

- Il ne pleut plus. D'o� vient la musique ? - Du Paradise, le dancing d'en face.

Si on dansait ?

Ou votre carnet de bal est complet ?

Toutes vos danses sont retenues. Je vais arranger �a.

- Une valse ! - Je ne sais pas danser.

Ne soyez pas timide.

Tendez un peu le bras.

Laissez-vous guider.

D�tendez-vous. Allez.

- C'est mieux. - Ah bon ?

Mon Dieu !

- On a but� contre quoi ? - La table.

- Quelque chose est tomb� ? - Pas le petit cheval cornu, j'esp�re ?

- Cass� ? - Non, il est comme les autres.

- Il a perdu sa... - Corne.

- C'est peut-�tre un mal pour un bien. - Vous ne me pardonnerez jamais.

C'�tait votre pr�f�r� ?

Viens.

On sera pas trop de deux.

Je veux que tu connaisses ma femme.

Allez, entre.

Voici Claire, ma femme.

La grande actrice que tu sais.

Jay est passionn� de th��tre.

M�me s'il a presque rien vu.

- Rien vu ? - Il part � l'entracte.

Toujours ? Vous n'avez pas l'air d'�tre un agent.

Vous �tes donc pass� pour voir si on allait bien ?

Dommage, je suis mieux dans la 2e partie.

Jay est un grand fan de Tennessee Williams.

Je peux pas en dire autant.

Ses femmes sont si hyst�riques.

Je t'ai parl� de Jay.

Il a quitt� sa femme et la hait. Je suis s�r de t'en avoir parl�.

Il voit une femme une fois par semaine.

Et il ne fait pas que la voir...

Bon, je monte.

Bonsoir, tout le monde. Bonsoir, Claire.

- Andy ! - Oui, les chaussures.

A tes souhaits.

Je te retrouve dans une minute.

J'ai pas fini de m'habiller.

Je file. A plus.

Enchant�. Tu prends un verre ?

Je ferme ?

Tu ne disais rien, alors j'ai pens�, une femme qui la boucle � ce point-l�...

Toutes ces choses que je cache, c'est effrayant, non ?

Tu sais quoi ? C'est rassurant. Salement rassurant.

Serments, fid�lit�, entraide, pourquoi t'y aurais coup� ?

Tu aurais �t� la premi�re.

Mais je ne suis pas venu pour �a, tu vois.

A un moment, juste pour que tu comprennes...

A un moment, j'ai pens� que si tu ne voulais que �a,

c'est parce que tu en savais plus long que moi.

Que tu avais trouv� quelque chose, que t'�tais en avance sur moi

et que tu finirais par me le dire.

Que ce qu'il y avait de beau, tu finirais par me le dire.

Mais tu vas continuer � la boucler.

- Qu'est-ce que tu fous avec lui ? - C'est mon mari.

Tu voulais parler.

- Eh bien, voil�, on parle. - C'est pour moi.

Tu es un type malheureux qui a su se remettre.

C'est �a ?

C'est bien. Que dire d'autre ? Je t'aurai revu une derni�re fois.

Sinon, je me serais peut-�tre inqui�t�e comme une conne.

Faut pas que tu sois triste.

Pense � ce que tu vas retrouver.

Ta famille, ton gosse, un mari qui t'aime tant et le th��tre que tu adores.

Tout le monde t'�coute ! Tout le monde. M�me moi.

On se conna�t pas et je t'�coute. Je m'int�resse � toi.

Dans un th��tre � la con qui pue la pisse.

- J'ai plus qu'� fermer ma gueule. - Je ne te voyais pas comme �a.

Pas comme �a ? Tu fais chier � la fin !

Le premier jour, tu as d� �tre surpris que j'aie envie de toi,

que je n'en fasse pas tout un plat. Et que je ne souffre pas de ton silence.

- J'en pensais rien de ton silence. - Tu me voyais pas comme �a ?

Moi, je te voyais pas du tout.

C'est plus simple comme �a, et tout est r�gl�.

J'aime quand �a va vite et qu'on perd pas de temps.

Je reviens.

Maman �tait bien ce soir, hein ?

Elle l'est toujours, non ?

Papa dit qu'elle est in�gale.

Mais il vient que les premiers soirs, il peut pas tellement comparer.

J'aime bien voir les pi�ces plusieurs fois

parce que je comprends pas tout la 1�re fois.

Tu as une copine ? Une fille � l'�cole que tu aimes bien ?

�a se passe comment entre vous ?

Viens, on va y aller.

Dis au revoir.

Et jeudi ? Tu viens, jeudi ?

Quand on est en deuil, il faut faire comme si de rien n'�tait.

C'est la seule solution.

Mais pourquoi tu ne dis pas au type des cours du soir que quelqu'un est mort ?

Tu sais, personne n'est mort.

Vraiment mort.

Si personne n'est mort, alors c'est toi.

Mais si tu sens que tu vas mourir, je pr�f�re �tre avec toi.

Je suis m�me flatt�e d'�tre l�.

Quand je suis morte, personne n'�tait l�.

J'ai d� me d�brouiller toute seule.

Je l'ai fait, mais un peu de compagnie, �a ne fait pas de mal.

Je devrais rentrer, non ?

En principe, si on est s�rieux, il y a un programme le jour de ta mort.

D'abord: rire avec des cons.

On l'a fait hier soir.

Puis: aller dire un truc � quelqu'un.

Un truc bien senti, en bien ou en mal, qu'on n'a jamais dit.

Parce que le jour de ta mort, tu peux tout dire. En principe.

J'ai rencontr� un homme.

Pas comme moi. Je me disperse. Lui, il sait ce qu'il fait.

�a s'est retourn� contre moi. Il a repris tout ce qu'il m'avait donn�.

Je pense que c'est �a qu'il voulait, tout d�molir.

Et �a a march�. Entre nous deux, �a a march�.

C'�tait quoi, le jour de ta mort ?

C'est du pass�.

C'est derri�re moi maintenant.

Rien � en dire...

Dieu merci.

Claire veut laisser tomber les cours.

- �a m'a chamboul�e. - Elle est fatigu�e.

Elle se donne trop, je le lui dis souvent.

Elle met plus de temps � se rendre � ses cours qu'elle en passe � les donner.

C'est pas clair, mais vous m'avez compris.

Il y a rien � faire, Claire est comme �a.

Quand elle a d�cid� de faire du th��tre...

elle �tait plus toute jeune et n'avait jamais fait �a.

Eh bien, elle y est all�e bille en t�te.

Quand on s'est connus, je sortais d'une histoire plut�t p�nible,

et j'�tais pas press� de recommencer. J'avais pas pr�vu �a.

Mais elle m'a vu.

Elle m'a choisi et elle est venue droit sur moi.

Les gens tr�s forts...peuvent faire des choses incompr�hensibles.

Pas vrai ?

Je dois filer.

Merci d'�tre venue.

J'y vais.

On va te ramener.

C'est l� !

Merci. Alors, � mardi.

Betty est sympa, pas vrai ?

Je l'aime bien maintenant.

Je ne partirai pas.

Voil�.

Claire dit � Andy qu'elle va rester avec lui.

Bon.

Je m'inqui�tais pas.

C'est toi qui as trouv� Jay, ou l'inverse ?

Je me fous de tout �a ! Tu sais ce qui est le plus triste ?

Ce qui fait vraiment mal ? C'est que tu seras jamais une actrice !

C'est dur � dire, �a m'amuse pas, mais c'est la v�rit� et il faut l'affronter !

Qu'est-ce que tu leur apportes � tes �l�ves ? Je me le demande.

Ils ont l'air de t'aimer. C'est toujours quelque chose, � d�faut de mieux.

Note que j'ai ma part de responsabilit�.

Parce que j'y ai jamais cru. Pas une seule minute !

Mais j'ai plong� comme un con dans tes fantasmes

de fille qui sait pas quoi faire et qui fait n'importe quoi.

Comme un con � faire le taxi jour apr�s jour !

Et l'autre abruti...

qui se croit super malin...

Tu as un client, l�.

Tu sais quoi ? Je ne suis m�me pas surprise.

Tu te rappelles ta t�te � notre rencontre ?

J'y vois le m�me malheur. T'aimes �a, hein ?

Moins vivant que toi, �a n'existe pas !

Mon histoire avec Jay, c'est une sacr�e chance pour toi.

Un adult�re minable, tout le monde est contre, bien s�r.

Soyez tranquille, Andy se fout de tout, mais il conna�t Londres � fond.

Tu ne sais m�me pas qui je suis.

Tu ne sais m�me pas comment me faire du mal.

Sinon, tu saurais que mon absence de talent,

�a me fait souffrir mais �a ne me tuera pas.

Tu fais jamais cette gueule en d�but de semaine.

Joel !

La m�me chose, s'il te pla�t.

Si tu bossais, t'aurais pas le temps de la voir, ma tronche.

Chouette endroit.

Donne-moi une bi�re.

C'est comme voir une pute, non ?

Ton truc d'une fois par semaine, sans se parler...

Elle t'a quand m�me fait piger qu'elle �tait mari�e.

Histoire que tu t'emballes pas.

Elle a s�rement fait �a avant. T'es s�rement pas le premier.

J'ai arr�t�. Je la vois plus.

J'allais te proposer de la partager.

Mais il y a plus rien � partager.

Une fois par semaine, �a foutrait pas en l'air mon mariage, non ?

Je d�conne.

Je l'aime de plus en plus, plus le temps passe.

Je voulais juste que tu le saches.

- T'as des sacs-poubelles ? - Oui, je t'en descends.

Je me tire, je m'en vais.

OK, salut, Victor.

J'y vais.

Je prends juste ma veste.

Tu as dit un truc qui m'a �chapp� et tu m'en veux ?

Je te connais m�me pas. Comment t'en voudrais-je ?

Qu'est-ce qui m'a �chapp�? Pose-moi des questions.

Pourquoi tu as tout dit � Andy, puisque �a ne comptait pas plus que �a ?

Tout ce cirque pour rien.

C'est peut-�tre votre truc, � vous deux.

Tu lui dis � chaque fois, et voil�.

T'�tais pas quelqu'un � qui on dit de passer,

qui dit oui et qu'on baise. J'aurais d� en penser quoi ?

Je devrais ressembler � qui, pour que �a d�range personne

et pouvoir me r�fugier dans les bras d'un homme parce que j'en ai envie ?

Je n'avais pas eu envie de quelqu'un depuis longtemps.

C'est avec toi que j'ai voulu recommencer.

On dit pas ces choses-l�, non ?

Je sais que tu m'as donn� un truc que j'avais pas demand�,

que personne ne fait �a et que je devrais �tre reconnaissant.

Pourtant, je n'arrive qu'� t'en vouloir.

Que tu sois si attach�e � quelqu'un... �a me d�chire.

Ton attachement me d�chire.

Je suis divorc�, j'ai deux enfants qui s'habituent � mon absence,

je suis ami avec quelques personnes, leur "meilleur ami".

C'est pas rien.

Et je suis aussi "l'homme du mercredi"

pour une femme � qui j'ai jamais rien demand�,

qui s'en contente et pour qui tout va bien.

�a me fout vraiment en l'air.

Tout.

Je ne sais pas ce que je fais ici. Pardon.

Rien ne t'a �chapp�, Claire.

Rien... parce que je n'ai rien dit.

Je savais pas que ce serait comme �a.

Je savais pas que je m'attacherais si fort � toi.

Je pensais que �a passerait.

Reste avec moi.

Tu es revenue, reste.

Reviens.

Reste.

Maintenant.

Reste maintenant.

Non, Jake.

Tu l'as quitt�, lui ?

Excusez-moi, faut que je file.

C'est � jeter, �a ?

Je reviendrai finir �a.

J'y vais.

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