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Original subtitles

WWW.MY-SUBS.CO

{n8}SANDMAN PRÉSENTE MORT : LA VIE À QUEL PRIX !

Chère Sylvie,

quand tu liras ceci,

je serai mort.

ne serai plus là.

Je sais,

tu ne voulais plus trop qu'on se parle,

mais

je ne voulais pas que tu penses que ma mort était liée à toi,

ou à nous.

En réalité, la planète est en train de mourir,

tout comme la démocratie

et bientôt, l'espèce humaine,

qui ne disparaîtra qu'après avoir infligé

les pires dégâts à la planète et à elle-même.

Salut !

Salut.

T'es pas au bureau.

Toi non plus.

Je sèche aujourd'hui. Avec l'aide d'Amelia.

Si tu bosses, Sexton, on va te laisser.

Ou peut-être que tu sortais ?

Dans ce café où tu vas parfois ?

En effet, j'allais sortir.

- Je finis mon e-mail - J'ai lu ton article dans The Guardian.

- Sur la crise climatique. - Ils parlent tous de ça.

Je l'ai trouvé très optimiste.

- Vraiment ? - Vraiment ?

Bon, ben

on va te laisser. Tu nous rejoins ce soir ?

- En fait - C'est ce soir ?

- T'as promis. - Pas de soirée chill ?

On fait que ça !

- T'aimes pas mes amis ? - Moins que toi.

J'ai dit à Jackie qu'on venait tous les trois.

- Jackie comprendra. - Je vais pas annuler !

- Je peux pas vouloir une soirée à deux ? - T'es obsédée !

À qui la faute ?

- On peut pas être seules tout le temps. - C'est pas ce que je dis.

Bonjour, Sylvie.

Salut, Sylvie !

Salut, Sylvie.

C'est moi.

Je sais que tu voulais plus trop qu'on se parle,

mais je voulais que tu saches que ce que je vais faire

n'a rien à voir avec toi.

{n8}LE JOUR DES TRIFFIDES JOHN WYNDHAM

Qui oserait te jeter ?

La vache

ACCÈS INTERDIT

Putain !

Ohé !

Y a quelqu'un ?

Ici !

Tout va bien ?

Mais j'arrive pas à bouger.

Oui, je vois le problème.

Vous pensez que vous pourriez

Aucune idée !

J'ai jamais déplacé de frigo.

Peut-être.

Si je donne un bon

Eh bah !

J'aurais pas cru faire ça aujourd'hui. Venez.

- Merci. - Non !

Désolée. J'ai oublié. C'est mon jour de repos.

Et voilà !

Ça va ?

Que faisiez-vous ici ?

Rien. Je suis tombé.

- Vous cherchez ça ? - Oui, c'est

pour mes allergies.

Vous saignez.

- Venez chez moi. - Pardon ?

Je vis pas loin. Je pourrai soigner votre bras.

Et recoudre votre veste. Mais après, vous vous débrouillez.

Venez !

Je ne me lasse pas de cette belle journée.

Écoutez. Vous entendez ça ?

Quoi ?

- La circulation ? - Oui, c'est ça !

Vous aimez ce bruit ?

On vit à Londres pour ça, non ?

- C'était vos déchets ? - Hein ?

- Dépôt sauvage ? - Non !

C'est illégal. Je ferais jamais ça.

Alors que faisiez-vous ?

Sans indiscrétion.

Je réfléchissais, j'imagine.

À quoi ?

À ce qu'on a fait subir à notre planète pour la transformer en une vraie décharge.

Je sais pas.

Je l'aime bien, moi.

J'habite ici.

Venez, que je vous soigne.

C'est gentil de m'aider.

Ça ne coûte rien de plus que d'être méchante,

et c'est bien plus amusant.

- Merci. - C'est bien mieux.

Vous avez vu les poissons ?

Le grand orange, c'est Slim,

et le petit jaune, c'est Wandsworth.

Je vous présenterais bien, mais j'ignore votre nom.

Désolé.

Sexton Furnival.

Mes parents ont abusé.

J'aime bien.

Sexton Furnival.

Et vous êtes ?

Je suis

très douée en couture.

- Tenez. - Mais c'est vrai !

Merci.

Vous travaillez dans la mode ?

Que faites-vous, alors ?

Je

sauve des journalistes de dépôts sauvages.

Trois sucres ?

Oui. Comment connaissez-vous mon métier ?

Combien de Sexton Furnival y a-t-il dans le monde ?

Vous me lisez ?

Pendant mes congés.

Vos congés de quoi ?

Vous ne me croiriez pas.

Pourquoi pas ?

Parce que

Je suis la Mort.

Vous êtes la mort ?

Mais vous n'avez rien à craindre. C'est mon jour de repos.

La Mort a un congé ?

Un seul, tous les cent ans.

Juste pour voir ce que ça fait d'être humain.

La Mort vit à Shoreditch ?

Cet endroit, c'est la façon qu'a l'univers de me mettre à l'aise.

Techniquement, je n'ai que quelques heures d'existence.

Bien sûr.

Je ferais mieux

d'y aller.

Merci pour la veste et le thé.

Merci pour tout.

De rien.

À bientôt.

Vraiment ?

Tôt ou tard, je vous vois tous.

Bien sûr.

Salut, mon mignon.

Tu étais avec elle, n'est-ce pas ? Je le sens.

- Debout ! - Je crois qu'il y a un malentendu.

D'après mon expérience,

un tesson coupe suffisamment pour te rendre moins joli,

mon mignon.

Écoutez, si vous voulez de l'argent

Ferme donc ta grande bouche.

Retournes-y,

frappe à sa porte

et dis-lui que c'est toi.

Compris ?

Ohé !

C'est Sexton.

Furnival.

Sexton.

Déjà ! Je ne pensais pas vous revoir si vite.

C'est toi.

Oui, c'est moi.

Entre, mon mignon.

- Laisse-le tranquille, Hettie la Folle. - Sûrement pas.

Il me sert de monnaie d'échange.

J'ai un boulot pour toi.

Très bien.

Quel boulot ?

Assieds-toi, mon mignon.

Je veux que tu retrouves mon âme.

Ton âme ?

- Tu sais où tu l'as perdue ? - Je l'ai pas perdue.

J'ai planqué cette maudite fripouille dans un endroit sûr,

là où personne ne la trouverait,

surtout pas toi.

Si on cache son âme à Mort,

on ne meurt jamais.

Comment la prendre si elle ne la trouve pas ?

Si je résume bien,

tu m'as caché ton âme, et maintenant, tu veux que je la retrouve ?

Tu veux bien ?

J'ai fait tant d'efforts

mais seule, j'y arrive pas.

Tu sais où elle peut être ?

Peut-être dans un œuf de cane,

dans un canard,

dans un puits,

dans un château sur une île entourée d'un lac de feu,

gardé par 100 dragons, chacun plus grand et plus féroce que le précédent.

Ou peut-être pas.

Ça fait longtemps, ma belle.

Et

parfois, je perds un peu la boule.

Très bien.

Je garderai l'œil ouvert.

Sers-toi dans le frigo. Il y a du thé et des biscuits.

Merci, ma belle.

- Vous n'appelez pas la police ? - Pourquoi ?

Une dangereuse cinglée est entrée chez vous !

Vous seriez comme elle si vous perdiez votre âme.

Ça vous dit ? Avec tout ça, j'en ai oublié de manger !

- Non, merci. - Miam.

Bonjour ! Un, s'il vous plaît.

Poulet, agneau ou veggie ?

Veggie.

- Que voulez-vous avec ? - Ce que vous avez.

- Le choix du chef. - Bien. Un pain veggie avec la totale.

Un jour, un moine zen

a commandé la même chose que vous. Vous savez ce qu'il a dit ?

- Faites-moi un avec tout ? - Vous la connaissiez.

Pas moi !

Ça a l'air délicieux. Combien je vous dois ?

Rien. Gardez votre argent.

Quoi ? Non.

Une belle femme, un appétit sain

Je me sens reconnaissant d'être en vie. Bon appétit.

J'ai jamais rien mangé d'aussi bon. Goûtez.

- Non, merci. - Mais si, goûtez !

Je dois pouvoir rentrer chez moi, là.

Comment ça ?

Ma coloc et sa copine m'ont chassé pour pouvoir

Faire l'amour ?

Vous êtes gentil.

J'ignore si elles ont déjà fini.

- C'est tout frais ? - Environ trois semaines.

Ça pourrait durer longtemps.

- Taxi ! - Vous faites quoi ?

J'ai une liste de choses à faire ici.

Comme quoi ?

Comme aller à l'opéra

ou au BFI.

Boire un chai chez Dishoom, aussi.

Et aller à une fête. Peut-être à une after.

Et après, je veux goûter un brunch anglais au café Régence.

Et je dois retrouver l'âme de Hettie la Folle.

Alors ?

Compliqué en une semaine, alors en une soirée

Défi accepté !

Allons-y !

- Pourquoi ? - Parce que je vous connais pas.

Et si vous ne montez pas, ça n'arrivera jamais.

Une adresse ?

Sexton, où voulez-vous aller ?

À la maison.

Où est-ce ?

Il ne peut pas, ses colocs font l'amour.

- Sympa ! - Oui.

Où voulez-vous aller, alors ?

J'en ai aucune idée.

- Le propre de la condition humaine. - Où nous emmèneriez-vous ?

Moi ?

Le premier lieu qui vous vient.

J'aime les espaces verts.

Je vous emmène dans un parc ?

Ça a l'air parfait.

Montez.

Et l'opéra, alors ? Et Dishoom ?

On ira aussi.

Mon grand frère dirait : certaines destinations sont inévitables.

Après vous.

J'ai une question, je peux ?

C'est personnel ?

Très.

Très bien. Allez-y, demandez.

Pourquoi la vie vaut-elle la peine d'être vécue ?

Eh bien

Ma sœur, Maggie,

dirait "pour les hommes".

Mais pour moi,

c'est pour la fin de mon service.

Quand le soleil se lève

et que j'ai Londres pour moi seule.

Le temps d'un instant,

tout,

absolument tout semble possible.

J'adore.

Et pour toi, Sexton ?

La vie vaut la peine d'être vécue

Quand ta coloc a fini son affaire et que tu rentres chez toi.

- J'étais sérieuse. - Ma réponse l'est aussi.

Vous méritez de sortir ce soir.

Voilà une sage réflexion.

Qu'avez-vous en tête ?

L'Undercut Club est au bout de la rue.

L'Undercut Club ?

- Vous connaissez ? - Non, hélas.

C'est mieux comme ça, croyez-moi.

Tu y es déjà allé ?

Mon ex me traînait à leurs soirées "Années 80".

Et "Années 2000".

Mais pas aux "Années 90" ?

C'est sympa ?

- Si tu aimes ça. - Si tu aimes quoi, t'amuser ?

Non, la foule, les boissons hors de prix

et les cyberpunks drogués tout droit sortis d'un mauvais film.

Tu m'as donné envie d'y aller.

- Tu m'as convaincue. - Ça vous dirait ?

J'adorerais, mais je dois bosser. Je vous y dépose, alors ?

S'il vous plaît.

Je vous dois combien ?

Rien. La course est pour moi.

C'est vrai ?

Merci.

Remercie-la, Sexton.

Merci. Mais

Un problème ?

Les chauffeurs de taxi londoniens offrent rarement la course

aux heures de pointe.

Oui, je sais. Mais elle a quelque chose

Je l'aime bien.

Mais si ça vous embête tant que ça, ça fera 60 livres.

- Bon - Merci !

Tu sembles avoir un don pour ne jamais rien payer.

- Ça fait quoi de vivre à l'œil ? - Personne ne vit à l'œil.

Surtout pas moi.

J'ai 20 livres et deux pence. Ça suffit pour nous faire entrer ?

Je te ferai entrer,

mais sans moi.

Pourquoi ?

Peur de croiser Sylvie ?

Sylvie ?

Ton ex.

Comment connais-tu son prénom ?

Parce que je connais tout le monde. C'est mon boulot, rappelle-toi.

Mais j'ignore pourquoi tu ne viens pas.

Parce que ce n'est pas comme ça que je m'amuse.

- Je ne côtoie pas ces gens. - Sexton !

Toi, ici ?

Et ton moment d'intimité avec Amelia ?

On s'est disputées. T'as pas eu mon message ?

Mon portable est mort.

Disputées ?

Pardon, t'es une amie de Sexton ?

- Je suis - Didi.

Billie, voici Didi. Didi, je te présente ma coloc, Billie.

Enchantée.

Et vous vous êtes rencontrés

Arrête. Pas comme ça.

- Dans un dépôt sauvage. - Ça, c'est crédible.

Pourquoi cette dispute avec Amelia ?

À cause du sexe. Ma copine m'accuse d'être accro.

- Tu l'es ? - Quoi ?

Elle dit que je veux tout le temps être seule avec elle,

et que je veux jamais voir ses amis.

Ils m'attendent tous à l'intérieur.

Elle sera trop contente de te voir !

- Elle me pardonnera. - Je reste pas.

Il a peur de croiser Sylvie.

- Il en meurt d'envie. - Pas du tout !

Elle est là ?

Si tu veux le savoir

Amelia connaît le videur. C'est gratos.

Tu entends ça ?

Allez, Sexton ! C'est mon jour de chance.

Et le tien.

Je suis là.

Et je suis pas seule.

- Tu es venu ! - Salut.

Salut.

T'as vu ? Sympa, non ?

On sort tous ensemble, en soirée.

Voici l'amie de Sexton, Didi.

Je te présente Amelia et Jackie.

Vous êtes superbes.

Ces gants sont incroyables.

Merci. Ils sont vintage.

Sexton, tu collectionnes des trucs vintage, non ?

Vraiment ? Tu collectionnes quoi ?

Livres, machines à écrire

- Jouets. - Jouets ?

Fusées, voitures de course

J'ai une modeste collection de jouets.

C'est dommage.

Bon, il est temps de boire un coup. Je paie la première tournée.

- Je viens avec toi. - Non, reste. J'y vais.

Sexton a l'air malheureux.

Sexton est malheureux.

Je peux même pas blâmer Sylvie.

Il a une vue assez sombre du monde en ce moment.

Comment lui en vouloir, quand on voit ce qui se passe ?

Beaucoup pensent comme lui.

Mais pas toi.

Avant, si.

Plus depuis Amelia.

Elle résout pas tout, c'est juste une personne.

Mais

parfois, il suffit d'une personne pour que tout ait l'air plus doux.

Je trouve les gens merveilleux.

Ils n'ont pas d'égal.

Tu cherches quelqu'un ?

Sylvie est là ?

Où ?

Non, c'était une question. Désolée.

Qui est Sylvie ?

- Son ex. - Une amie.

Si tu as su rester ami avec ton ex, ça en dit long sur vous deux.

Je doute qu'elle me voie comme un ami.

Pourquoi ? Tu l'as quittée ?

Désolée.

Je vais les aider au bar.

On se retrouve là-bas.

Je suis contente que tu sois venu.

Et désolée. Billie n'avait pas à te dire de partir.

Elle avait tous les droits, pour être seule avec toi.

Tout ce qu'elle veut, c'est baiser.

Amelia, je la connais depuis la fac.

Le sexe ne l'a jamais intéressée avant de te rencontrer.

- Elle t'a dit de me dire ça ? - Ne lui dis pas ou je suis mort.

Je t'ai pris un gin tonic, ça te va ?

- On n'est plus fâchées ? - Sexton m'a éclairée.

- Je vous dois combien ? - La maison offre.

Vous êtes très aimable.

Avec les amies de Sexton.

- Salut, Theo. - Sexton.

Et tu es ?

C'est mon amie, Didi.

Theo est le

manager du club ?

DJ résident, organisateur de soirées, et votre hôte ce soir.

Theo est un ami de Sylvie.

Je vois. Merci, Theo.

Merci, Theo.

Merci.

Sexton,

ton amie Didi,

tu la connais bien ?

Je l'ai rencontrée aujourd'hui.

Tu ramènes une fille que tu connais depuis aujourd'hui ?

Ça ne te ressemble pas, Sexton.

Tu ne me connais pas, Theo.

Sylvie me dit des choses.

Rien de méchant, t'inquiète. Juste qu'elle aime s'amuser et pas toi.

Pas ton genre d'amusement.

Je trempe pas là-dedans.

Vraiment ?

Donc, tu gagnes juste du fric en encourageant les autres à le faire.

Sylvie sera ravie d'apprendre que tu as quelqu'un.

- Je ne sors pas avec Didi. - Dans ce cas

Et ta copine, alors ?

Natalie ?

- Vous n'êtes plus - Si.

Mais elle vit sa vie

et moi la mienne.

Et ça semble nous réussir.

J'adore cet endroit.

Félicitations.

Tout va bien ?

Pardon, je

J'admirais ton ânkh.

C'est égyptien, non ?

Ça symbolise la mort.

C'est tout l'inverse.

- L'immortalité. - Ah, oui.

C'est ce que cherchaient les pharaons.

Certains l'ont eue.

D'autres étaient sensés.

L'immortalité, c'est surfait.

J'en suis pas si sûr.

Si on est immortel, on peut tout faire.

On n'a peur de rien.

Ni de personne.

Pas besoin d'être immortel pour ça.

Sexton t'a dit que c'était un grand magasin ?

- Ce club ? - Oui.

Draps de lit, meubles de jardin, jouets pour enfants.

Tout est stocké à l'étage, pour des fêtes privées.

Tu veux que je te fasse visiter ?

Peut-être un peu plus tard.

Tu veux danser ?

J'aimerais bien, mais

- Je suis venue avec Sexton - Et lui ne danse pas.

Du moins, pas d'après Sylvie.

On y va ?

C'est parti !

Tu fais quoi ?

Elle t'aime bien.

Elle aime tout le monde.

J'arrive pas à savoir si elle était sérieuse,

mais elle m'a dit

Elle se prend pour la Mort.

Quoi ?

Elle pense être l'incarnation vivante de la Mort.

Elle t'a dit ça ?

Demande-lui, elle te le dira. Elle s'en cache pas.

Je pourrais bien.

Ça la sauverait de Theo.

- Danse avec nous. - Non.

D'après Sylvie, je danse pas.

Prouve-lui le contraire.

Tu ne vas pas danser ?

Non, ça a jamais été mon truc.

Il faut s'entraîner.

Je crois que je m'y prends mal.

Personne ici ne semble remarquer ni se préoccuper

de la fin du monde.

Ou c'est ce qui les a conduits ici.

Ça me donne envie de baisser les bras.

T'es pas sérieux.

Tu as sûrement raison.

Je peux proposer un autre point de vue ?

Pour me remonter le moral ?

- Du tout. L'inverse, plutôt. - Alors je t'en prie.

J'avais une amie

qui était victime d'abus

par son père et quelques amis de son père.

- Mon Dieu. - Oui.

Son père racontait qu'elle aimait chasser et pêcher

pour justifier de l'emmener en week-end avec ses amis.

C'était un grand avocat, et l'un de ses amis était inspecteur de police.

Elle ne pouvait pas en parler.

Un jour, elle a pris l'un des couteaux de chasse de son père,

s'est enfermée dans les toilettes

et a commencé à s'automutiler.

Je sais.

Désolée.

Si je te raconte ça, c'est parce qu'à son réveil à l'hôpital,

même avec ses bras couverts de bandages

et son père assis là, terrifié à l'idée qu'elle parle,

elle était heureuse d'être en vie.

Alors,

d'après Theo, cet endroit était un grand magasin.

Il nous propose une visite !

C'est à nous qu'il la propose,

ou à toi ?

À moi. Mais je vous invite.

Tu sais, il a une petite amie, Natalie.

Allez-y tous les deux. La piste m'attend.

Viens, Theo nous attend.

Theo n'est pas un type bien.

Sexton, tu crois vraiment que les gens sont forcément bons ou mauvais ?

Je suis journaliste, je le sais !

- Et des rumeurs circulent. - Lesquelles ?

Prête pour la visite ?

Ça te dérange si Sexton vient ?

Pas du tout.

Suivez-moi.

Eh bah

On dirait un débarras.

- Tu organises des soirées privées ici ? - Oui

En ce moment même.

- Theo, rends-le-lui ! - Recule.

Ce n'est pas une arme, c'est un symbole.

C'est un emblème. Le tien.

- J'ai le pouvoir de vie et de mort. - Ça ne marche pas comme ça.

J'espère bien que si.

Theo

Hé ! Theo !

Laisse-nous sortir ! Theo !

- À l'aide ! - Personne ne t'entend, Sexton.

Tu lui as dit qui tu étais ?

J'en ai pas eu besoin.

Il m'a invoquée.

Le monde entier est devenu fou ?

Je suis désolée, Sexton.

Tu n'y es pour rien.

Si.

Tu m'as mise en garde, mais j'étais trop sûre de moi.

Je ne voyais rien de grave à ce qu'il m'arrive quelque chose,

puisque ce jour sert à ça.

Mais je n'ai pas songé aux gens que je blessais.

Tu n'as blessé personne.

Et Hettie la Folle ?

On ne retrouvera pas son âme.

Je croyais que tu la ménageais.

Non, pas du tout.

Elle compte sur moi.

Et je n'ai plus que quelques heures.

Avant quoi ?

La fin de mon seul jour de repos par siècle.

Ah, voilà.

Ça n'ouvrira pas la porte, mais ça fracassera le crâne de Theo.

Sexton,

pose ça.

C'est dangereux.

Tu es la Mort, vraiment ?

Je ne tue pas à tout va pour autant.

Ah bon ?

Le libre arbitre, ça existe.

Les gens font des choix.

Ils ne choisissent pas de mourir.

En temps normal.

Il y a la guerre. La famine.

Les maladies.

Je ne dis pas que ce n'est pas douloureux d'être vivant.

Mais

ça ne l'est pas toujours.

Je me trompe ?

C'est même parfois si agréable qu'on oublie

que d'autres souffrent, partout,

tout le temps.

Des gens qui n'ont rien luttent pour leur survie

et celle de leur famille.

C'est incessant. Peu importe ce que je dis, fais ou écris,

tous mes efforts, tout est en vain.

Je n'y arrive pas.

Ce qui m'amène à me dire : "À quoi bon ?",

et donc : "Quel intérêt ?"

Je dois sans cesse me rappeler

que tu n'as jamais été qu'humain.

Tu ne sais donc pas ce que c'est

d'être incapable de ressentir ces choses-là.

Et de ne pas avoir de libre arbitre.

Toi, tu n'en as pas ?

Mes frères et sœurs et moi-même avons des devoirs

que nous accomplissons.

Sauf

le temps d'une journée

tous les cent ans.

La Mort prend un congé ?

Enfermée dans un débarras.

Eh bien

je n'avais qu'à pas prévoir tout ça.

J'avais beaucoup d'attentes.

Et c'est pour ça que c'est impossible

de profiter de la journée telle qu'elle se présente.

Je n'ai toujours pas retenu la leçon.

Quoi ?

Des billes.

Quand Theo reviendra,

il glissera dessus, chutera, mais pas mortellement,

et on filera d'ici.

Tu veux sauver ta vie avec ça ? Ou la mienne ?

Les deux, tant qu'à faire.

Un jour de plus ou de moins

Comment ça ?

Les somnifères.

Dans ta poche.

Je ne te juge pas.

Le libre arbitre existe vraiment.

Et aujourd'hui, tu veux vivre ?

Qu'est-ce que tu fous, putain ?

Ça m'était destiné ?

Où est mon ânkh ?

Au fond de la Tamise.

- Ça fait que dalle. - Pas ce que tu voudrais.

C'est pas grave.

Je te tiens.

- Suis-moi. - Elle n'est pas la Mort.

Il sait, mais n'y croit pas.

Quand bien même, elle te sert à rien. Tu as le pouvoir de tuer.

Je ne veux pas qu'elle tue

mais qu'elle ramène quelqu'un.

Natalie.

Tu me la ramènerais ?

Je ne peux pas.

Elle est morte à cause de moi.

C'est faux.

Natalie a fait une nuit d'excès.

Theo, tu as fait tout ce que tu pouvais pour la sauver.

Y compris m'invoquer.

Personne n'y croira.

On va penser que je l'ai tuée.

Je passerai le reste de ma vie en taule.

À moins que

- Theo - Tu m'envoies la rejoindre ?

Non, Theo, écoute

Theo, pose ton arme.

La ferme ! Tu me crois coupable, toi aussi.

- Non, je te jure. Pose ton arme. - Bouge pas !

Theo.

Il s'est blessé.

Il faut l'aider.

Appelle les secours !

S'il te plaît, ramène-la-moi.

Une fois partis, c'est trop tard.

Tu vas m'emmener ?

Pas aujourd'hui.

C'est mon jour de repos.

D'accord. Merci.

Il va s'en sortir, mais il a peut-être une commotion cérébrale. Ils le gardent.

On pourrait aller le voir demain ?

Je ne serai plus là.

C'est vrai.

La Mort n'a qu'un jour de repos.

J'aurais espéré autre chose,

mais j'avais sans doute besoin de ça.

En voilà la preuve.

Ça vous plaît ?

Il est parfait.

Combien ?

Pour vous ?

Donnez-le-lui, on sait comment ça va se finir.

Pour vous,

trente livres.

Trente livres.

C'est de l'argent ?

- À ce prix, du métal, c'est déjà bien. - Et pour celui-ci ?

Vous avez combien ?

Vingt livres et deux pence.

Je prends les livres. Gardez les pence.

Merci.

J'ai passé un très bon moment.

En étant enfermée et tenue en joue ?

Mais ça faisait partie d'un ensemble

et je voulais la totale.

Tiens, d'ailleurs

c'est pour toi.

Je n'ai plus que ça.

Qui sait, ça peut servir.

Et

ça, c'est pour Hettie la Folle.

Merci.

J'ai passé une belle journée.

Le temps passe tellement vite

On se raccroche à chaque seconde.

Et on donnerait tout pour une seconde de plus.

S'il te plaît

Didi !

Elle est morte, mon mignon. Elle est partie.

Tu ne peux plus la ramener.

Elle t'a donné les deux pence ?

Donne-les-moi.

C'est le coût de la vie.

La pauvre.

Elle n'a qu'un jour tous les cent ans

et c'est toujours aussi dur.

Est-ce qu'elle t'a donné autre chose

avant de mourir ?

Te voilà, toi !

Je savais qu'elle la retrouverait.

Mon âme.

C'était Cordelia,

mon bébé.

Je n'étais pas encore Hettie la Folle.

On m'appelait Henrietta.

J'habitais une belle maison.

C'était il y a longtemps.

Fini, tout ça.

Je ferais mieux de te cacher à nouveau.

Si elle était encore ici, elle m'aurait indiqué la meilleure des cachettes.

Mais laisse-lui du temps, mon mignon.

Dans cent ans,

elle reviendra.

Les secours sont arrivés peu après

et l'ont emmenée.

Ils ont pensé à une crise cardiaque, mais

Et si elle avait dit vrai ?

Ce serait bien, non, que la Mort soit une personne,

et pas seulement de la douleur et du vide ?

Quelqu'un d'amical,

qui aime sincèrement les gens,

et qui soit

gentil

et drôle.

Aucune idée.

ET BIENTÔT, L'ESPÈCE HUMAINE

- Salut. - On était de sortie et on a voulu passer.

Sexton va bien ?

Voyez par vous-mêmes.

On était inquiètes et Billie nous a dit que tu n'étais pas rentré hier soir.

Je voulais m'assurer que ça allait après notre discussion.

- Je regrette qu'on n'ait pas pu - Non, t'inquiète.

Il y avait un monde fou.

Tu dois être en train de bosser

Non, je

Une tasse de thé, ça te dit ?

Si tu as le temps.

Lait et sucre ?

Trois sucres.

C'est fini, alors ?

C'était comment ?

C'était formidable.

Il y avait plein de gens.

J'ai pu respirer, manger et danser.

J'aurais juste aimé que ça finisse autrement.

Ça finit toujours. Et c'est pour ça que c'est précieux.

Quand on est en vie, ne serait-ce qu'une journée,

il n'y a qu'une façon de tout arrêter.

J'imagine.

Ça valait le coup ?

J'aurais aimé que ça dure toujours.

Prends ma main.

Sous-titres : Hélène Janin

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