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Ce film inspiré du récit de Alain Roger, mais basé sur des événements réels, est
l 'histoire d 'une fêlure.
Les premiers signes de cette fêlure se manifestèrent un jour de novembre à l
'hôpital général du Puy.
Eh bien, vous voyez, mademoiselle Armengo, tout s 'est très bien passé.
Aujourd 'hui, un avortement, c 'est à peine plus grave qu 'une extraction
dentaire.
Physiquement, en tout cas.
Vous pouvez rentrer chez vous dès cet après -midi.
Votre ami vient vous chercher ? Non.
On n 'est pas au courant.
J 'ai préféré ne rien lui dire.
Oui, bien sûr.
Vous savez, c 'est une petite ville, ici.
On n 'a pas grand -chose à faire.
Alors on parle.
Je me suis laissé dire que vous receviez beaucoup d 'hommes chez vous.
Et mariés.
À l 'avenir, prenez vos précautions.
Vous voulez qu 'on vous appelle un taxi ? Oui, je veux bien.
Allô ?
Bonjour, ma petite Nicole. Ça va mieux, votre grippe ? Oui, oui.
Dites -moi, pour l 'affaire Muller, vous savez, j 'ai réfléchi et je crois que
finalement, je préfère plaider moi -même.
Quoi ? Mais ce n 'est pas possible.
Ça fait deux mois que je prépare ce dossier.
Vous m 'aviez promis cette fois -ci.
Il y a trop d 'intérêt en jeu, ma petite Nicole. Vous connaissez Muller. Il ne
comprendrait pas que je ne plaide pas moi -même.
Mais l 'autre jour, il était d 'accord, Muller. On a revu tout le dossier
ensemble.
Ne rendez pas les choses plus difficiles.
Je suis pourtant sûr que vous comprendriez la situation et que vous...
comprendrais quoi ? Que ça fait cinq ans que vous me menez en bateau en me
laissant plaider avec des affaires minables ! Mais enfin, Nicole !
Merci, mon chéri, d 'être venu si vite.
T 'es folle de m 'appeler au bureau.
T 'as des ennuis ? Je te dérange, là ? Tu
sens bon.
Tu travailles pas aujourd 'hui ? Comme tu veux.
Tu sens rien ? C 'est la Nicole.
T 'as deviné.
T 'es vraiment sûre ? Tout à fait.
C 'est pas possible.
Tu me fais l 'amour.
Pas maintenant.
Mais t 'en avais envie en entrant.
Excuse -moi, mais plus maintenant.
Tu me sers à boire ?
Je voudrais garder le bébé.
Je ne te demande rien, tu sais.
Je gagne ma vie.
Nicole, ne nous emballons pas.
Mais qui s 'emballe, mon chéri ? Mais toi, tu t 'emballes, je vois bien.
Écoute, réfléchissons calmement.
Examinons la situation.
Tu me connais.
Tu sais combien j 'aimerais... Il y a une solution.
Tu crois ? Je vois bien que le bébé t 'embête.
Mais non.
Oui. Mais non, c 'est pour toi.
C 'est à toi seul que je pense, ma chérie.
Je connais une adresse.
Pour que ce soit fait dans les meilleures conditions.
Seulement, c 'est en Suisse, alors forcément, c 'est un petit peu cher.
Combien ? 5 000 francs avec le voyage.
Ne t 'inquiète pas.
Où tu vas ? Je vais trouver l 'argent.
Mais je pourrais demander une avance à mon patron.
Votre avis soit au courant. On aura des questions.
Je m 'en charge.
Tu auras l 'argent ce soir.
Tu m 'embrasses pas ? Si, si.
A tout à l 'heure.
C 'est pas de soucis.
Je me charge de tout.
Allô, bonjour madame, les magasins Rénault ?
Je sais bien qu 'il ne faut pas m 'appeler en disant comme ça, c 'est
dangereux. Fallait que je te parle. J 'ai très peu de temps, elle a la gueule,
tu comprends.
Oh écoute, c 'est pour le moment.
Tu sens rien ? Nicole, t 'en es sûre ? Comment c 'est possible ?
Je
suis venu aussi vite que j 'ai pu.
Tu prends le verre ? C 'est gentil, ma chérie, mais je suis très pressé. J 'ai
le procureur à dîner ce soir.
Tu vois, tu peux compter sans moi.
Merci, mon chéri. Je t 'en prie.
Je regrette de ne pas pouvoir t 'accompagner, mais ce week -end,
tombe très mal.
Je comprends, Bernard.
Allez -y.
Maître Asselin, la somme que j 'emporte n 'est qu 'une petite indemnité pour les
cinq ans d 'exploitation que j 'ai subis chez vous.
N 'essayez pas de me poursuivre.
Vos méthodes pour échapper au fisc passionneraient certainement l
'administration.
Bonjour, madame.
Monsieur, c 'est pour une coupe.
Désolé, madame, nous ne faisons que les hommes.
Oui, justement, c 'est une coupe de garçons, je voudrais.
Monsieur, je vais vous donner la 22.
C 'est au deuxième étage. Je vais vous montrer.
Je vous laisse porter vos bagages.
Vous êtes plus jeune que moi.
Je vais te faire le toboggan sauteur.
On est un gros sportif comme toi, non ? Viens mon chou,
je te fais voir mon petit soleil.
Tu veux boire ? Oui.
Alors ? Trop peu.
150 ? C 'est un peu cher pour moi. Ah oui ? Ah, bon, dis donc. C
'est combien ? 150.
Tu viens
? Combien ? Pour
toi, 150.
Et pour les autres ? Pour les autres ? T 'es marrant, toi.
Bon, pour toi, ce sera 130.
C 'est pas marrant.
Vous vous appelez comment ? Myriam.
C 'est joli.
Alors, tu viens ?
700
balles pour la chambre.
Tu peux laisser ton manteau ici, si tu veux.
Aujourd 'hui, mon lapin, c 'est 50 plus.
Alors, ça fait... 1 ,40.
Tu n 'as pas de monnaie ?
Mais pour le petit supplément, je te guire.
T 'as un problème de mise en route ? C 'est rien.
Tu veux que je te suce ou que je te branle ? Non, non.
Je préfère vous regarder, vous êtes...
Très belle avec votre tatouage là sur le ventre.
C 'est quoi ? Un oiseau de paradis ? Qui es -tu alors ? T 'es un drôle de
client.
Cliente.
Qu 'est -ce que tu racontes ? Tu te fous de moi ? Je m 'habille en homme.
Mais je suis une femme.
Je m 'en parle bien, je suis mon amie.
Quoi alors ? Tu te déguises souvent ? Depuis une semaine.
Et tu veux voir les filles ? Parce que je te préviens, moi, je veux voir les
filles. Non, je ne suis pas lesbienne.
C 'est la première fois que je fais ça. Je ne sais pas ce qui m 'a pris.
Aujourd 'hui, c 'est mon anniversaire.
Quoi ?
Allez, reprends tes sous.
Ben non, il n 'y a pas de raison.
J 'ai pris votre temps.
Aide -moi, tout le temps.
Pour une fois qu 'on rigole, ça alors.
Tu fais quoi dans la vie ? Avocate.
Avocate ? T 'es vraiment humeurante, toi.
Bon, c 'est pas tout ça.
Faut que j 'y retourne.
Je ne sais même pas ton prénom.
Nicole. Je veux qu 'il y ait un anniversaire, Nicole.
J 'aimerais bien vous revoir.
Je ne sais pas, on pourrait dîner ensemble un soir.
À l 'heure qu 'il vous conviendra, je ne voudrais pas vous déranger dans votre
travail.
Je ne sais pas, vous avez sûrement un ami. Je n 'ai personne.
Ça te surprend ? J 'ai une trompe à liberté, moi.
Bon.
D 'accord.
Bonsoir.
Et d 'où elle sort, celle -là ? Ben quoi ? Tu ne l 'as pas reconnue ? C 'est le
monsieur du 22.
C 'est moi.
Mais dis -moi.
Je ne t 'aurais jamais reconnue.
T 'es jolie.
Marcel, Henri Carano -Jones, double.
C 'est sympa, il dit, hein ? Vous venez souvent ? Oui.
Ah, mais toujours en dehors du travail.
C 'est un de mes clients réguliers qui m 'a amenée.
Il est journaliste à la télé.
Alors forcément, il connaît tout le monde.
Vous avez bien travaillé aujourd 'hui ? Pas terrible.
Tu sais, ça devient de plus en plus dur.
Entre les sidas, les types chauds, les clients hésitent maintenant.
Et puis, il y a la négresse.
Une négresse ? Oui.
Et puis, un an, il y a plein la rue.
Elles ont descendu le tarif à 100 balles. Tu te rends compte ?
Tu ne m 'as pas dit l 'autre jour.
Pourquoi tu t 'habilles un homme ? Pour qu 'on me foute la paix.
Tu y allais bien ? Non, je vous ai dit que non. Au contraire, j 'aime bien les
hommes.
Mais c 'est surtout avant et après qui m 'ennuient.
J 'ai toujours bien aimé ça me déguiser, moi.
Tu aurais dû être actrice alors, au lieu d 'avocate.
Actrice, avocate, c 'est un peu pareil. On se déguise pour tromper les gens.
Mais un avocat...
Il ne trompe pas toujours les gens, quand même.
Ça, ça dépend.
Ça te plaît, à toi, de tromper les gens ? Oui.
Disons qu 'un beau jour, j 'en ai eu marre d 'être trompée, alors j 'ai voulu
tromper moi aussi.
Tromper qui ? Tout le monde.
Je crois que je vais bien dormir ce soir.
Ben voilà.
Et là ? Chez moi, c 'est au premier.
C 'est pas grand, mais c 'est à moi.
Bon.
Après tout, je te pourrai faire un homme.
Confidence pour confidence, moi aussi.
Ciao.
Ouvrez ma clé, s 'il vous plaît.
Elle l 'a dit, lui ? Écoutez, on ne veut pas d 'histoire.
Vous devriez trouver autre chose. Je crois que ça serait mieux pour tout le
monde.
Elle ne comprend pas.
Elle ne comprend pas.
Ça rentre habillé en homme, ça sort habillé en femme, et ça ne comprend pas.
Vous partez ou on appelle la police ? Voilà votre clé.
On ne m 'a pas apporté mon petit déjeuner au lit depuis longtemps.
Moi, je me l 'apporte tout le jour.
Sinon, je ne peux pas commencer ma journée.
Du lait ? Ah oui.
Avant d 'aller tapiner, il faut se remettre les idées en place.
Et tu penses à quoi ? Rien de spécial.
Je rêve.
Je rêve que je m 'achète une maison au bord de la mer.
Ou un bistrot.
Mais j 'ai la main trouée.
Je ne sais pas si t 'aurais fermé les doigts sur l 'argent du client qui l 'a
déjà dépensé.
Et toi ? À quoi tu penses le matin ? À rien.
Je déteste me lever, ma vie est bête.
Je prends un café noir, je vais bosser, c 'est tout.
Tu me reprochais de me déguiser avec ta perruque.
Mais je ne me déguise pas.
C 'est ma tenue de travail.
Aujourd 'hui, je vais me mettre à la recherche d 'un studio.
T 'as de province, toi.
Ça se voit ? Tu sais ce que ça veut dire, chercher un studio à Paris ? C
pas bien ici ? Tu peux rester tant que tu veux ? Oui.
Mais tu ne peux jamais être tranquille, franchie.
Moi, je le trouve plutôt pas mal.
Elle est libre, la chambre d 'amateur ? Oui.
Nico veut voir comment je travaille.
Normal, non ? Oui, mais tu sais que la patronne n 'aime pas beaucoup ça.
C 'est du manque à gagner pour elle.
Tiens, pour ton manque à gagner.
Pardon, monsieur.
Tu comprends ? L 'aimateur, il regarde, et puis il se proche tout seul.
C 'est tout bénef pour la patronne.
De là, tu verras tout.
Combien ? 150, mon lapin.
Tous les deux ? 150 chacun.
Et l 'un après l 'autre.
On ne sait pas jamais, mon copain et moi.
Moi, je peux fournir pour tous les deux.
250.
Ça vous va ? Je pense.
D 'accord.
Mais c 'est vraiment parce que j 'ai envie de toi.
Allez, venez.
Je vais vous gâter tous les deux.
Viens. Ça va tarder.
C 'est combien pour brouter ? Pour toi, 250, mon lapin.
D 'accord.
Mais moi, j 'aime brouter longtemps.
Lentement, c 'est plus cher, mon lapin.
Je pourrais décharger sur ton tatouage ? 300.
Pourquoi c 'est plus cher ? Parce que tu me plais trop.
Viens, on va s 'amuser tous les deux.
Tu me fais du bien.
Tu aimes ça, hein ? Oui, oui, oui.
Vas -y, mon lapin.
Encore ? Oui.
Là ? Oui.
Là ? C 'est bien.
Oui.
Là ? Oui.
Je suis désolé, mais il faut que j 'y aille. J 'ai un rendez -vous au cabinet.
Ils placent Beauvois avec le ministre. C 'est comme tous les jours du midi. Plus
ils arrivent en retard, moins ils peuvent attendre.
Je suis vraiment désolé.
Voilà.
Tu l 'aimes, ma queue ? N 'en parle pas.
Je suis folle.
Et quand je ne suis pas là,
tu pentes ma queue ? Si tu veux que je pente ta queue quand tu n 'es pas là,
forcément, ce sera plus cher, mon lapin.
Reviens vite, mon lapin.
Tu me manques déjà.
À
bientôt.
Alors, ça t 'a plu ? T 'as excité ? Pas vraiment, non.
Moi, je trouvais ça plutôt drôle.
Ben, toi, alors.
On voit bien que c 'est pas toi qui t 'as fait tripoter toute la soirée.
C 'est crevant, tu sais, leur singerie.
Bon, assez travaillé pour aujourd 'hui. J 'en ai marre. J 'arrête.
Tiens, tranquille. C 'est pour ça que Nick, c 'est mon ami maintenant.
Bonsoir.
La langouste des bouchons.
C 'est beau.
Je crois que tu lui as beaucoup plu à Jackie.
Tu parles ? Si, si.
Je l 'ai bien vu tout à l 'heure dans l 'escalier. Tu l 'as vraiment tapé dans l
'œil.
J 'espère que tu ne vas pas me faire d 'infidélité avec elle au moins.
Remarque que tu n 'auras pas intérêt parce qu 'il gagne beaucoup moins que
Il y a deux soirs.
Elle ne fait même pas la moitié.
Oui, mais pas longtemps.
Tu pourrais gagner beaucoup plus si tu t 'organisais un petit peu mieux, toi.
Comment ça ? Change tes méthodes de travail.
Tu passes beaucoup trop de temps au bistrot entre deux pâtes.
Sans compter tout le fric que tu laisses.
Tu exagères un peu, hein ? Non, et puis il faut revoir tes tarifs.
Toi, tu fais les prix à la gueule du client. C 'est complètement incohérent.
C 'est unique, en fait. Toutes comme ça.
Justement.
Baisse le tarif de base de la pâte à 120 francs au lieu de 150.
Mais par contre...
Tu augmentes tes suppléments.
Profite plus de ton tatouage, par exemple.
Propose à tes clients des spécialités, des trucs qu 'on ne leur a jamais fait.
En plus, ça, ça permettra de soutenir la clientèle.
Les copines, elles vont être un peu furieuses.
Ça, on s 'en fout.
Prends exemple sur les négresses ou le taligné sur tes copines qui pensent qu
'elles picolent, comme tu dis.
Oui, c 'est vrai.
Eh oui, tout augmente.
Tu sais, j 'ai suivi tes conseils.
Ça a drôlement marché.
T 'as fait combien ? 1 800 francs.
Regarde.
Tu vois, quand tu veux.
Bon, je suis à ton bistrot, moi.
Bon, j 'ai encore un peu de vieux épongé, après je te rejoins. D 'accord ?
'accord.
Vous connaissez l 'histoire de la cacahuète qui voulait se faire
aussi grosse qu 'une girafe ? Non, c 'est quoi ? C 'est une histoire que m 'a
racontée l 'autre jour le vieux mazière.
Alors un petit café comme d 'habitude pour monsieur ? Monsieur comment ?
Monsieur tout beau, très bien.
Je crois que Myriam est avec lui.
Salmanteuse. J 'avais 60 000 francs sur moi et maintenant, il n 'y a plus rien.
Vous voulez dire cet enfant ? C 'est ça, monsieur, cet enfant.
Il était là, dans la poche de ma veste.
Rends -lui son argent.
Je n 'ai pas son argent.
Rends -lui son argent.
Tout.
Oh, merde.
En tout cas, il me doit 200 francs.
Joli trim -pip, moi.
Aujourd 'hui, pour monsieur, ce sera gratuit.
Avec nos excuses, monsieur.
Merci, monsieur.
Tu m 'en veux pour tout à l 'heure ? Pas du tout, non.
Tu sais, c 'était seulement pour gagner plus.
Pour nous deux ? Pas comme ça.
C 'est idiot, inutile et dangereux.
Tu as raison.
Comme toujours.
J 'ai une de ces envies.
Tu me retiens depuis qu 'on a quitté l 'hôtel.
Pendant cette heure -là, tu me sers un verre ? Juste toi ? Si tu buvais moins,
tu pisserais moins.
Tu as un amour.
Elle est bien fraîche.
Encore ? Tu l 'as mise au frigo ? J 'oublie toujours de la faire.
T 'as soif ? Oui.
Ben oui.
Allez, bois.
Allez, bois.
Avale. C 'est pour te saouler en douce tout à l 'heure que tu voulais voler le
vieux. Eh ben, bois maintenant.
Allez, avale.
Je te préviens que tout ce que tu dégages, je te le ferai.
Allez, avale. Il va tout boire, Myriam.
Tu es un très fort.
et qu 'elle arrivait.
Qu 'est -ce que tu lis aujourd 'hui ? Mémoire d 'un vieux dégueulasse. Ça doit
être marrant, ça.
Tous les matins, je me regarde à poil dans la glace et je me dis, mon vieux
Buck, si ta bite était aussi belle que tes couilles, tu serais vraiment le mec
le plus heureux de la Terre.
Ça a l 'air vraiment chouette.
Tu veux le poitras que tu auras fini ? J 'adore les bouquins, c 'est vrai.
Albert, je peux...
sans être tombée sur toi, Myriam.
C 'est vrai ? T 'as une bonne influence sur elle.
Elle vaut presque plus.
Alors forcément, elle travaille deux fois plus.
C 'est marrant, parce qu 'avant, je faisais pratiquement deux fois plus de
de gueule, et maintenant, c 'est le concours.
Des fois, je me dis... C 'est un mec comme toi qu 'il faudrait que...
Je vous dérange pas trop, au moins ?
Si on ne peut plus discuter, maintenant...
Regarde.
2005.
Tu es contente ? Oui, je suis surtout contente que tu boives moins, toi.
J 'ai une surprise pour toi.
Joyeux anniversaire, joyeux anniversaire, joyeux anniversaire,
Myriam. Joyeux anniversaire.
Souffle.
Bravo, bravo.
Ça fait des années qu 'on m 'a pas souhaité mon anniversaire.
Comment tu as su ? L 'autre jour au bistrot, t 'as dit à Jackie, mardi j
30 ans.
On est mardi, tu as 30 ans, bon anniversaire.
Je lui ai menti à Jackie.
Aujourd 'hui, j 'ai eu 33 ans.
L 'âge du Christ ? Mais raison de plus.
Tiens. Qu 'est -ce que c 'est ? Ben, regarde.
Améria, mon amie.
Toi aussi, tu vas me faire un cadeau, d 'accord ? Mais quoi ? J 'ai rien prévu
en moi.
Ton tatouage.
Mon tatouage.
Je voudrais le prendre en photo.
Comme ça, j 'aurais l 'impression qu 'il est un petit peu à moi.
Je vais te mettre là -bas.
Souriez.
Parfait.
Ça tombe vraiment mal.
Je voulais te dire.
Quoi ? Ma mère est malade.
Elle voudrait que j 'aille quelques jours avec elle pour la soigner.
Tu pars quand ? Demain.
Mais cette nuit, je peux lui téléphoner pour lui dire que je ne peux pas.
Tiens, je croyais qu 'elle n 'avait pas le téléphone.
Oui, mais il y a une voisine qui lui fait le message.
Et ton travail ?
C 'est -à -dire que je les ai déjà prévenus que je risquais de partir pour
ou trois jours.
Alors ? Remarque, si tu veux, tu peux revenir.
Je t 'apporterai à maman.
Habillée en homme ou en femme ? Comme tu veux.
Ben voyons.
Tu vois, on avait le temps. Oui.
Tu seras là ce soir ? Je te téléphonerai.
De chez la voisine ? Oui.
Alors, monsieur Nick, toujours pas de nouvelles de Myriam ? Elle est toujours
chez sa mère.
Il paraît qu 'elle va de plus en plus mal.
Nick ! Tu te rends compte ? Elle ne s 'appelait même pas Myriam.
Solange, Solange de Pech, qu 'elle s 'appelait, domiciliée, c 'est sa mère à
Corbeil.
17 coups de couteau et un sein découpé au rasoir.
Et en plus, il paraît qu 'elle était enceinte.
Ah les salauds !
de vie, mais c 'est de la vraie.
C 'est Myriam, là, sur la photo ? Oui, c 'est ma seule ange, à sa communion.
C 'est mignonne, hein ? Très mignonne, oui.
Et là aussi, c 'est elle ? Aussi, à 16 ans, quand on est revenus d 'Italie.
Le connaissiez, ma seule ange ?
Moi, pas du tout, non. Je suis avocate.
Ah, elle en a connu des avocats, chaque fois qu 'elle a eu un ennui.
Excusez -moi, madame Depeche, mais je voudrais vous poser une dernière
Vous saviez que Solange était enceinte ? Non.
Mais remarquez, ça m 'étonne qu 'à peine.
Parce qu 'il paraît que ces derniers temps, elle avait un ami.
Ni qu 'elle m 'a même dit qu 'il s 'appelait.
Vous l 'avez dit à la police ? Non.
Et...
Elle vous a parlé de lui, de Nick ? Qu 'il était pas comme les autres.
Qu 'elle l 'aimait.
Pas pour coucher, mais elle l 'aimait vraiment.
Tenez, pour vous aider.
Merci.
Des fois, je me dis qu 'elle a eu bien raison de faire la pute. Mais c 'est l
'ange. Comme ça, elle aura eu quelques années de bonne.
Sinon, elle aurait été comme moi.
femme de ménage.
Au revoir.
Bonjour. Que souhaitez -vous ? C 'est pas
mal, votre sujet, là.
Ça, ça se fait traditionnellement soit autour de l 'aréole du sein, soit autour
du nombril.
Non, mais mon ami l 'a sur le ventre.
Dans ce cas, si votre ami l 'a sur le ventre, alors... Alors, à dire enfin que
si un jour vous souhaitez le loter, que vous ayez des regrets, ça laisserait
forcément une cicatrice.
Non, il n 'y aura pas de regrets.
Dans ce cas, c 'est parti.
Bien, nous y allons, Miss.
Allez.
J 'ai rien.
Ah, oui.
Excusez -moi, je vous avais pris pour une amie.
C 'est pas correct comme vous lui ressemblez.
Et laquelle est la mieux ? Moi ou ton amie ?
Pourquoi
tu veux que je t 'appelle Bernard ?
Parce que tous les salauds s 'appellent Bernard.
Nicole est très belle ce soir.
Montre -moi encore comme t 'es belle, Nicole.
Ah oui.
Et Nicole a très envie ce soir.
Oui. Oui, j 'ai très envie.
T 'aimes ça, hein ? T 'aimes ça, salope.
Oui, Myriam. Qu 'est -ce que tu viens de dire ? Dis -moi, Bernard, excuse -moi.
Tu ne changeras jamais.
Tu es toujours en train de t 'excuser.
Mon chéri, tu m 'as tellement manqué.
Toi aussi, tu m 'as manqué.
Mais tu sais bien qu 'il ne faut pas m 'appeler au magasin.
Rembourse -moi, mon amour.
J 'aime pas ta bouche.
J 'ai jamais aimé aucune bouche.
Même la bouche de ma femme me dégoûte.
Mais Bernard, écoute... J 'ai jamais trouvé aucune bouche à aimer !
Nous dînons chez les amis.
Nous rentrons très tard.
Ça vous ennuierait pas trop de garder les enfants ? J 'ai pas confiance avec
baby -sitters.
Et puis les petits vous adorent. Bien, madame.
Ah ! J 'ai oublié.
C 'est mignon.
Toi aussi.
Un gros dodo.
T 'as oublié pas de me réveiller le matin pour l 'école ? Non, j 'oublie
Non, je te réveille aussi.
Vous êtes adorables, ma petite Solange.
Je ne sais pas comment vous y prenez avec mes petits monstres, mais je n 'ai
jamais vu leur chambre aussi bien rangée.
Comment je voulais vous demander ? Oui, madame.
Vous avez sans doute quelqu 'un dans votre vie.
Non, madame.
Personne. Tant mieux.
Enfin, je voulais dire... Tenez.
C 'est pour vous remercier pour tout ce que vous faites. Non, il ne faut pas...
Non, en plus, j 'en porte jamais.
Je vous en prie, Solange, pour me faire plaisir.
Je peux vous les mettre ? Non, d 'abord, je voudrais arranger vos cheveux.
Venez.
Mais... Mais vous ferez ça après.
Voilà,
vous pouvez ouvrir les yeux.
Vous êtes belle, ma Solange.
Ben non, pleurez pas.
Vous allez gâcher tout mon travail.
Je crois qu 'il vaut mieux que je m 'en aille.
T 'as demain ?
Je sais pas.
Le docteur, c 'est l 'autre porte. De toute façon, il ne reçoit pas le matin,
uniquement l 'après -midi et sur rendez -vous. C 'est marqué sur la plaque.
Je ne viens pas consulter.
C 'est vous ? On va rentrer vite, sinon l 'épicéde en face va s 'imaginer que je
reçois un amant. Il parle tellement, celui -là.
Et ça vous déplairait tellement d 'avoir un amant ?
Vous ne m 'aviez pas reconnue ? Non.
Remets -moi dans ta chambre.
Qu 'est -ce que tu fais ? Je vais à la cuisine.
Mais t 'es folle.
Pourquoi ? Je suis payée pour travailler, non ? Tu te rends pas compte
toi, j 'ai jamais aimé personne.
Pourquoi tu dis ça ? Parce que c 'est vrai.
Je crois que je t 'ai aimée dès la première fois.
Quand je t 'ai vue.
Si belle.
Si fragile.
Je vais partir, Anne -Marie.
Mais tu ne peux pas me laisser maintenant.
Qu 'est -ce que je vais faire, moi ? Par avec moi.
Et mes enfants, mon mari ? Tu crois que je peux les abandonner comme ça ? Viens
avec moi, je voudrais te montrer quelque chose.
Mais qu 'est -ce que tu fais ? Tu sais bien qu 'il a horreur qu 'on rentre dans
son bureau.
Dis -moi, t 'as jamais trompé ton mari, toi ? Bien sûr que non.
Pourquoi ? Tu trouves ça ridicule ? Non, non.
Non, disons qu 'il a moins de scrupules que toi.
Mais c 'est Odile, son assistante à l 'hôpital.
Regarde ce qu 'il a écrit.
Mon Odile, mon idole.
Quel con.
Tu m 'en veux pas trop de t 'avoir montré ces photos ? Au contraire.
Maintenant, je peux partir sans avoir honte.
Maintenant ? Le temps d 'organiser pour les enfants.
Je ne comprends pas, je n 'ai pas vu sortir Christelle et Renaud.
Le docteur Vidal est passé les prendre à l 'heure du déjeuner et il m 'a laissé
une lettre pour vous au cas où vous viendriez.
C 'est parti.
Alors ? Je conduis Renaud et Christelle en l 'issue.
Je ne peux pas tolérer que mes gosses soient eux -mêmes de goulot.
Quel salaud.
Un homme avec lequel j 'ai vécu pendant sept ans, avec qui j 'ai eu deux
enfants.
Quel salaud. Ils sont tous comme ça.
Ils pensent qu 'à leur fric, à leur feu. Et encore quand ils ont envie de se
faire sucer, ils vont voir ailleurs.
Mais comment je vais faire pour retrouver les enfants ? Tu vas demander
séparation de corps en invoquant preuve à l 'appui l 'adultère de ton mari.
Mais comment tu sais tout ça ? Je suis avocate.
Toi, tu es avocate ? Enfin, j 'ai été avocate.
N 'aie pas peur.
Je t 'aimerai, va.
Viens.
Il faut partir maintenant.
Il faut aller où ?
Je sais pas.
N 'importe où.
Dis donc, tu crois que ta soeur sera tellement ravie de nous voir débarquer ?
verras, Christine est une fille formidable.
Elle est prof d 'anglais dans un collège privé de Biarritz.
Elle est drôle, elle t 'intéresse à tout.
Elle te plaira beaucoup ? Elle est mariée ? Non, elle a des aventures.
Mais d 'ailleurs, dans le fond, je crois qu 'elle préfère les filles.
Elle te l 'a dit ? Non, pas vraiment.
C 'est une impression.
Il n 'y a pas si longtemps, ça me choquait même beaucoup.
Et maintenant ? Idiote.
C 'est beau.
Ça me fait tout drôle, tu sais.
Avec mes parents, j 'ai passé tous les étés ici.
Presque jusqu 'à mon mariage.
J 'ai l 'impression d 'être en vacances.
Christine ! Comment ça va ? C 'est bon, je te
lance. Merci, ma soeur.
Ah ben non, vous prenez la grande chambre.
Ah ben non, il n 'y a pas de raison.
J 'ai déjà confus de vous déranger. On ne discute pas. Allez.
Tu vois, t 'as toujours été comme ça. C 'est la grande soeur, elle me traite
comme une petite fille. Normal.
T 'as toujours été la chouchou de la famille.
Bonne nuit, ma douce.
Salut.
Je pourrais vous parler seule à seule, Christine.
Maintenant ? Oui.
Tu peux nous laisser à demain, s 'il te plaît ?
Bon.
Cognac ? Merci.
Quelque chose d 'autre ? Non, non, non.
Vous voulez pas un cigare ? Non, merci, rien.
Je voulais vous remercier pour votre accueil, Christine.
J 'aurais préféré ne pas vous mêler à tout ça, mais votre soeur a insisté pour
qu 'on vienne ici.
Elle vous aime beaucoup, vous savez.
Mais... Qu 'est -ce qu 'elle compte faire ? Divorcer ?
Vous l 'aimez ? Je ne sais pas. Alors pourquoi vous l 'avez prise en charge
?
Il fallait la laisser dans sa beau -venir.
Tout à l 'heure, il flanchera. Elle n 'est pas de taille.
Vous vous trompez.
Vous vous trompez. Même si vous aviez raison, je préfère avoir tort et essayer
pour elle.
Pour moi.
Quoi qu 'il arrive.
Je crois qu 'on va louer une alvéole dans une de
ces ruches, là.
Vous voulez déjà nous quitter ? J 'ai peur que son mari rapplique.
Mais non, parce que je lui ai dit qu 'elle n 'était pas là.
Au soir, rien ne prouve qu 'il vous ait cru.
Puis il est bien capable de rappliquer sans rien dire.
Non, et puis je ne voudrais pas que vous ayez des ennuis à cause de nous.
Je vais la mettre.
Non, non, va -t 'en, je te dis, j 'appelle la police, moi, allez.
Mais pourquoi tu la parlais comme ça ? Parce que l 'argent qu 'elle ramasse n
'est pas pour elle.
Mais comment ça ? Mais il doit y avoir un frère, une soeur ou je ne sais pas
qui a cherché pas loin d 'ici.
Dans 10 minutes, il ne lui restera plus rien de ce qu 'elle a ramassé.
Et si c 'était pour elle, tu lui aurais donné ? Évidemment.
Et si elle donne cet argent à quelqu 'un qu 'elle aime ? S 'en être obligée, ce
n 'est pas ton problème ? Mais l 'amour, ce n 'est pas faire n 'importe quoi.
Mais si, Solange, justement.
L 'amour, c 'est faire n 'importe quoi pour la personne qu 'on aime.
Et c 'est même à ça qu 'on le reconnaît.
Voilà. Au moins, c 'est clair, j 'ai plus rien.
Donc, on n 'a plus un sou.
Mais ma chérie, quand on aime, on ne compte pas.
C 'est bien ça que tu m 'expliquais tout à l 'heure, non ?
S 'il vous plaît.
Alors, beau blond, t 'as toujours envie de rigoler ? Ah ouais, ouais.
T 'as de l 'argent ? Yeah.
Tout ? Ouais.
Oh bah, c't 'heure -ci, pour ce prix -là, c 'est une pipe, ok ? Oh, fuck,
Ouais, allez, monte.
Ben alors, ça te plaît pas ?
Fuc. Quoi ? Fuc
-fuc. Ah non, pas fuc -fuc.
Non, non, j 'ai dit pour ce que là, c 'est juste une pipe.
Non, non.
Oh, mais écoute.
Arrête.
Arrête.
Arrête, arrête.
J 'ai tellement envie d 'être avec les enfants, de les embrasser.
Mais bien sûr que tu me manques, mon chéri.
Je sais, c 'était une folie.
Et les enfants, comment ça se passe ? Qui, Cédric ? C 'est trop mignon.
Et tu savais comme il me manque.
Non, écoute, je te rappelle.
Solange, à ton mari, tu téléphonais, hein ? C 'est arrivé !
Donc il a essayé de me tuer. Mais quel salaud ! Calme -toi.
C 'est bien.
Remarque, j 'aime mieux que ce soit moi.
Si c 'était tombé sur toi, j 'aurais jamais pu me l 'appartenir.
J 'en peux plus, Solange.
Je suis fatiguée.
De quoi ? De moi ? Non.
De tout ça.
Qu 'est -ce qu 'on va faire ?
Ton mari, qu 'est -ce qu 'il en pense ? Allez, fais pas l 'idiote.
C 'est bien lui qui téléphonait quand je suis rentrée tout à l 'heure, non ?
Non, c 'est la Christine que je téléphonais. La Christine.
Alors pourquoi t 'as raccroché dès que tu m 'as entendue ? Mais tu vois pas que
tout le monde est contre nous ? Tes parents, ton mari... Même Christine.
Ils ont tous qu 'une idée, c 'est que tu rentres au bercail.
Tais -toi, tu te fais du mal pour rien.
Non, pas maintenant, je suis fatiguée.
Non, sommeil.
Solange, je m 'en vais.
Je suppose qu 'ils t 'attendent.
Qui ça ? Ta petite famille.
Écoute Solange, je ne vais pas se faire de la peine.
Je t 'aimerai toujours.
Je n 'ai plus rien à faire avec toi.
Eh bien vas -y, retourne dans ta prison.
Je te préviens, ils vont te faire payer ta cavale.
Je sais.
Mais t 'es folle, moi aussi je t 'aime. Tu ne me l 'as jamais dit.
Même quand tu me faisais l 'amour.
C 'est la seule chose que tu me disais jamais.
Mais seule fois.
Solange. Solange, Solange.
Mais arrête de répéter Solange là tout le temps.
Mais qu 'est -ce qu 'il faut que je dise ? Nicole, par exemple ? Salope.
Putain, mais t 'as fouillé dans mes affaires ! Même pas.
Mais ma pauvre.
Et les chèques que tu signes, Nicole Armago ? J 'ai jamais aimé Nicole.
Et puis Solange, c 'est mon deuxième prénom.
Pourquoi tous ces déguisements, ces mensonges ? Tu vois bien que t 'es pas
normale.
Mais Solange !
Vous avez averti qu 'il fallait laisser Anne -Marie dans sa bonbonnière.
Elle y est retournée, c 'est dans l 'ordre des choses.
Ils l 'ont accueillie comment ? Comme si rien ne s 'était jamais passé.
Avec des réflexions du jour, ma chérie, tu es rentrée, c 'est l 'essentiel.
Nous discuterons du reste plus tard.
C 'est pour ce plus tard qu 'elle m 'a demandé de venir passer deux jours au
Trois -Corbés.
Partez quand ?
Demain.
Vous croyez qu 'elle a refait l 'amour avec lui ? Probablement.
La reprise de possession passe obligatoirement par ce type de figure
oui.
Au plus grand soleil.
C 'est dur, vous savez.
De ne jamais être celle qu 'on préfère.
Il m 'a toujours abandonnée.
Bernard.
Les autres.
Aucun ne m 'épousait.
Aucun ne divorçait.
Aucun ne renonçait à quoi que ce soit pour moi.
Et maintenant, Anne -Marie qui me préfère.
Ce connard de Marie.
J 'ai toujours été une femme d 'occasion.
Vous savez comme on dit des bagnoles, quoi. Ça, je sais.
Je connais.
Qu 'est -ce que vous comptez faire, maintenant ? Je sais pas.
En plus, j 'ai même plus d 'endroit où aller. L 'appartement était loué au nom
'Anne -Marie.
Jusqu 'à ce soir.
Vous savez ce qu 'on va faire ? Pendant les deux, trois jours où je serai pas
là, vous allez vous installer chez moi.
Allô ? Allô ? Christine ? C 'est Alain.
Qui ? Alain ! Vous vous rappelez pas ? On s 'était rencontré au printemps de
Bourges. Au printemps de Bourges ! Euh... Je vous entends très mal.
Bonjour Christine, je ne suis pas en avance.
Il y a même des embouteillages pour passer la frontière aérone.
Je ne vous raconte pas.
Laissez -moi vous regarder.
Vous avez quelque chose de changé ? Non, non.
Ne dites rien, je vais trouver.
Les cheveux, c 'est ça ? Vous avez eu raison de les couper, parce que ça vous
beaucoup mieux comme ça.
Vous, vous n 'avez pas changé.
Je suis pris de tranquillité.
Merci.
Pour vous.
Pour moi ? Oui.
Vous rappez ?
C 'est très gentil d 'y avoir pensé.
Je sais bien que vous préférez malheur à Aznavour, mais comme c 'était la seule
chanson qui avait trouvé grâce à vos oreilles...
Ça s 'en va, ça s 'en va l 'amour.
Mais c 'est vous.
Qui vous a fait ça ?
Justine Sattelin.
Mais vous m 'avez pas dit que vous peigniez.
C 'est juste comme ça, pour me détendre après avoir fini de corriger mes copies.
Mais je vous préfère quand même tel que vous êtes.
Mais pour l 'instant, je vous emmène dîner, d 'accord ?
Une autre bouteille, s 'il vous plaît. Oh non, je me saoule, moi.
Mais pensez -vous.
Et puis ça vous rend plus gai.
Parce qu 'à Bourges, je n 'avais pas le souvenir de vous avoir vu rire une seule
fois.
Et votre travail, alors, ça marche comment ? Oh ben, toujours pareil.
Les gosses sont de plus en plus difficiles.
Mais je les aime bien.
Et puis on a vite fait des déclarés anormaux quand on ne les connaît pas.
Je les aime bien souvent.
Ils ont un manque d 'espéré et d 'affection.
Tout le monde a besoin d 'affection.
Même vous ? Même moi, oui.
Parfois.
Vous savez que c 'est drôle de vous découvrir si vrai, si fragile même.
La bourge me faisait l 'effet d 'une martienne.
Mais la martienne, elle est très fatiguée.
Comment ça est tard, vous savez ? Il est minuit et demi.
Il faut encore que je me trouve une chambre d 'hôtel.
Remarquez, vous pouvez venir chez moi, j 'ai deux chambres, vous savez.
Ah non, non, je voudrais pas refuser.
La Vénus de l 'Estugue ? Je ne l 'avais pas vue tout à l 'heure.
Comment vous l 'appelez ? La Vénus de l 'Estugue.
Elle a plus de 20 000 ans.
C 'est qu 'une copie.
Je m 'en doute.
Parce que la vraie se trouve au musée de Saint -Germain -en -Laye.
Elle est superbe.
Elle est superbe, superbe.
Je vais aller préparer votre lit.
Vous croyez que c 'est nécessaire ?
Très belle aussi, Christine.
Et j 'ai envie de vous.
Il ne faut pas.
Pourquoi ? Vous n 'avez pas envie ? Je ne sais pas.
Et qu 'est -ce que c 'est ? Tatoué ?
C 'est un oiseau de paradis.
Je le vois bien.
Mais tu l 'aimes, toi, tatoué ? J 'aurais jamais pensé que... Je sais, ce
sont... D 'habitude, je crois que ce sont les prostituées, mais... Moi, j
envie de voir quelque chose de vraiment à moi.
Comme un oiseau.
Au même endroit.
Mais incarné.
Quelque chose que personne ne pourra me prendre.
Même après ma mort.
Tu es déjà réveillée.
Tu sais qu 'à Bourges, tout le monde disait que tu étais lesbienne.
J 'étais agressive parce que j 'étais mal dans ma peau.
On a tous cru que tu couchais avec cette fille.
Laquelle ? Tu vois bien laquelle.
Non, justement, je ne m 'en souviens même pas.
Ne bouge pas.
J 'ai envie de te dessiner comme ça.
Comme tu es maintenant.
Toute nue ? Bien sûr.
Alors, surtout, ne te bouge plus.
Non, non, non.
Reste comme ça.
Alors tu te restes.
Je peux pas, je sais pas nager. C 'est pas vrai.
Je te jure, hein. Deux bras, c 'est ch 'cool.
Je t 'apprendrai. Dans une semaine, tu nageras comme un gros poisson.
Ça m 'étonnerait parce que dans une semaine, je serai à Évry, en train d
'essayer d 'apprendre à lire à des pauvres gosses de 17 -18 ans qui
leurs crayons et mordront leurs voisins.
Je pars quand ? Demain.
J 'ai ma rentrée à préparer, moi.
Toi ? Oui, mais moi, c 'est dans huit jours.
Nous sommes des sages dans l 'enseignement privé.
C 'est joli, hein ? Mais tu ne trouves pas que c 'est un peu choquant ici ? On
devrait peut -être le mettre dans la chambre, non ? Mais pourquoi ? Ce qui
beau n 'est jamais choquant.
Ah non, il est très bien là.
Oui.
Solange ? Oui, c 'est moi, oui. C 'est Christine.
J 'ai une bonne nouvelle, Solange.
Je rentre demain.
Demain.
Oui, bien sûr, je suis contente.
À demain.
Au revoir.
Mauvaise nouvelle ? Non, non.
C 'est juste une amie qui m 'annonce son arrivée pour demain.
Et je n 'ai pas envie de la voir.
Et alors ? Alors je vais la rappeler pour lui dire que je pars demain.
Tu pars demain ?
Avec toi, si tu veux bien de moi.
J 'ai du mal à me faire à l 'idée que tu vas me quitter.
Si ça te gêne, je ne sais pas, tu es peut -être marié après tout. Non, je ne
suis pas marié, mais je suis un peu surpris.
Tu comprends tout ça si rapide.
Je ne pouvais pas imaginer que tu tenais tellement à moi.
Ça se voit, non ? Oui, oui, oui.
Je ne sais pas.
Je veux dire, c 'est... Ivry, c 'est plutôt moche.
Moi, j 'ai qu 'un, deux pièces, pas terrible.
C 'est beaucoup moins bien qu 'ici. Ça n 'a pas de... Il m 'est égal.
800 kilomètres.
Je suis pas mécontent d 'être arrivé.
Tu vois, c 'est là.
Tu fermes pas la porte à clé ? Je suis trop crevé.
C 'était vraiment indispensable de prendre autant de trucs pour deux ou
jours.
Allez.
Je t 'avais prévenu que c 'était pas terrible.
Bon, ça va, bien arrangé. Tu sens qu 'on peut en faire un endroit charme, hein ?
Tu
sais, c 'était pas la peine de le prendre.
Je t 'en ferai d 'autres, des dessins.
Ouais, mais celui -là, c 'est le premier que j 'y tiens, moi.
Je le garderai tout le temps.
Mais regarde, c 'est vachement bien, là, à côté de la fenêtre, hein ? Écoute, à
cette heure -ci, j 'en sais rien.
Tu crois pas que les rangements, ça pourrait être un dommage du cas de main
'as raison, oui.
Bon, qu 'est -ce qu 'on fait ? On va au resto ? Ou alors, je peux aller faire
des courses et puis on mange ici tous les deux ? Écoute, je suis complètement
crevé. Alors, j 'ai envie d 'une chose, tu vois.
C 'est de prendre une douche, me coucher et dormir.
Tu comprends ça ?
Ça fait un changement, non ? Mais t 'as tort de t 'esquinter comme ça.
Où est -ce que je suis dans cet appartement ? Ben, justement.
Maintenant que t 'es propre, t 'auras plus souvent mis de la qualité ici.
J 'ai fait des courses pour le dîner.
T 'es fatigué ? Crevé.
Crevé.
Ah, ils me font chier avec leur connerie.
C 'est à croire que les autres profs ne pensent qu 'aux heures sup.
Par moments, on a vraiment l 'impression qu 'ils se foutent complètement de l
'intérêt des gosses.
Mais où t 'as trouvé ça ? Partout.
Il y en a partout.
Dans la cuisine, dans les toilettes, dans l 'armoire, il y en avait même sur
lit.
C 'est que ça m 'est utile pour mon travail.
Parce que je n 'ai pas les moyens de me payer des modèles, moi, tu comprends ?
Oui, et bien tes modèles, quand elles s 'en vont, on ne voudrait même pas qu
'elles oublient leurs culottes.
C 'est question d 'être tête, mais suivra, mais ce n 'est pas terrible.
Ma mère, j 'ai 45 ans.
J 'étais marié.
Tu ne connais toujours même pas. J 'avais attendu de te rencontrer pour
commencer à vivre, non ? Mais je ne suis pas jalouse, tu sais.
Je me demandais simplement si tu ne me préférerais pas en blonde, avec des gros
nibards. Tu ne fais pas que je me décolore en blonde ? Pour changer.
Pour changer ? Changer ? Mais changer quoi ? Surtout, ne change rien.
Tu es très bien comme tu es.
Ah, en fait, tu as pris ton billet pour Berit ?
Pas encore.
Oui, mais avec la rentrée, il vaut mieux réserver.
Alors, je téléphonerai demain matin.
Non.
Comment ça, non ? Non, je pars plus.
Alors, tu vas te mettre en congé ? Ben, je ne serai pas la première.
Écoute, je te préviens, j 'aurai un retirer au cul.
Quand on a un métier... Il n 'y a pas de métier.
Enfin, qu 'est -ce que tu veux dire ? Je ne suis pas professeur.
Enfin, Christine.
Je ne suis pas Christine.
Mais qu 'est -ce que fait cette histoire ? Je t 'en prie.
C 'est une histoire marrante.
Je ne m 'appelle pas Christine.
Je ne suis jamais allée à Bourges.
Arrête, arrête, arrête. Je comprends que tu sois surpris, mais souviens -toi, tu
me disais toujours que je n 'avais rien à voir avec les Christines que tu avais
connues. Tu sais, la Bourges et la Biarritz.
Alors, à sa peau, alors.
A sa peau.
Vous avez bien foutu de ma gueule.
Non, c 'est pas ça. Christine m 'avait passé sa maison à Biarritz.
Et quand t 'as téléphoné, j 'ai voulu la remplacer pour voir.
Et puis t 'es arrivée, tu m 'as vraiment pris pour elle.
Moi, j 'ai continué.
Mais je suis vraiment tombée amoureuse de toi.
Je sais, j 'aurais dû tout t 'avouer le lendemain matin.
J 'avais peur que tu t 'en ailles. Je me suis dit, s 'il reste, peut -être qu
'il m 'aimera.
Et puis, s 'il m 'aime, qu 'est -ce que ça peut faire que je m 'appelle
Christine ou Nicole ? Pourquoi est -ce que tu t 'appelles Nicole ? Nicole
Armago.
On ne va pas tout gâcher pour une histoire de prénom, écoute.
Alors, si tu n 'es pas prof, qu 'est -ce que tu fous ? Je suis avocate. Enfin,
je n 'ai pas exercé depuis quelques mois.
Et tu ? Je me débrouille.
Je vois ça, oui.
Tu ne ferais pas un peu la pute, des fois, toi ? Ah non, Alain, tu n 'as pas
droit de me parler comme ça.
Je vais me gêner.
Depuis deux, trois jours, tu te fous de ma gueule. Et c 'est moi qui ? Non, mais
tu n 'es pas un peu culotté, toi ? Culotté ?
Tu me confondrais pas un peu avec tes putes aux slips sales ? Je suis sûre que
tu touches un peu avec des fois, non ? Mais, cette mémoire, tu sais ce que tu
fais ? Tu prends la porte et tu dégages.
Parce que des conseillers, j 'en ai connu.
Mais qui m 'emmerdent comme toi en trois jours, alors ça jamais.
Alors tu te casses. Casse -toi ! Casse -toi ! Oui.
Je me casse.
Ah oui, elle.
Ah oui, je me casse, comme tu dis.
Comme tu penses pas que des soirs de prénoms n 'est un prétexte, non ? Depuis
deux jours, tu vis plus.
Tu penses qu 'un truc, c 'est que je saute dans mon train et que je m 'en
Et ben voilà, t 'es fait. Je m 'en vais.
De toute façon, il y avait une culotte qui t 'attend au portail.
Une grosse blonde avec des seins de nourrice.
De toute façon, Christine avait raison.
Tu pourras qu 'on te tue.
Fous le camp ! Fous le camp ! Non, laisse ça ! Dis
quelque chose.
Laisse -moi passer ou je hurle.
Tu n 'es plus rien.
Celui que j 'aimais est mort.
Fous le camp, salope ! Fous le camp ! Allez, débarrasse le pochette !
C 'est pas vrai ! C 'est pas...
Entrez.
Vous n 'êtes pas sorti de la journée.
Le patron demande si vous gardez la chambre pour ce soir.
Oui, je la garde, comme vous voudrez.
Allô, je voudrais parler à Alain.
Il n 'est pas rentré.
Qui est à l 'appareil ? C 'est Jeannine. Quelle Jeannine ? Moi, Jeannine.
Jeannine ? La blonde, là ? Ses gros seins avec le sale ? Non,
mais dis -donc, c 'est une plaisanterie qui est à l 'appareil.
Nicole Armingo.
Le cajou, comme vous dites.
Vous ignorez sans doute que j 'étais chez Alain jusqu 'hier soir.
Oh, écoutez, d 'une part, je suis parfaitement au courant. Et ensuite, les
galipettes d 'Alain ne m 'intéressent pas du tout.
Ça fait dix ans qu 'on se connaît avec Alain. Et on a chacun sa liberté.
Vu ?
Bonsoir, je voudrais parler à monsieur Olenichak, s 'il vous plaît. Il est
encore là ? Je ne crois pas, il a déjà terminé ses cours.
Mais c 'est très important.
C 'est une question de vie ou de mort.
Bon, écoutez, je vais voir.
Il est encore là, Olenichak ? Oui, il est à l 'endroit où je te l 'envoie.
Vous avez de la chance, il arrive.
C 'est moi, Alain.
Oh non, non, non.
Je suis enceinte.
Mais nom de Dieu, arrête tes conneries, tu veux ? Non, mais c 'est vrai.
Non, non, je t 'assure, c 'est vrai, je le sens, il est là, il est dans mon
ventre.
Pourquoi tu me laisses mourir ? Et ça recommence.
Écoute, Alain, je t 'ai jamais fait de mal.
Toi, tu m 'as trahi.
Tu m 'as calomnie auprès de ton ami.
Oh, j 'ai pas eu besoin de rajouter, figure -toi.
Elle était là que j 'ai appelé Christine, la vraie.
Elle était là ? Et alors ? Elle savait même pas ton vrai nom.
Ah, tu t 'es bien foutu d 'elle, hein ? Il paraît que tu baisais avec sa sœur,
que tu te déguisais en mec, que tu t 'appinais dans sa bagnole.
T 'as dit ça ?
Sous -titrage
MFP.
Alain ? Mais c 'est toi ? Mais qu 'est -ce que tu fous là, habillée en homme ?
Je viens te chercher, Alain.
Non, mais tu rigoles, non ? Alain, je te pardonne.
Viens. Putain, mais c 'est pas vrai.
Mais t 'as pas encore compris que t 'es complètement cinglé et que tu fais chier
le monde avec tes conneries ? T 'es complètement malade.
Ne fais pas de conneries.
On pourrait discuter calmement dans un bistrot.
À tard, Alain.
Mais lâchez -moi, imbécile ! Mais je vais pas m 'ennuyer !
Gardez -vous, s 'il vous plaît, madame.
Celle -ci par l 'impernéable qui a tiré. C 'était juste à côté, je l 'ai bien
vue. Salaud, à bout porto, il a tiré. Et à vous qui avez tiré ? Je m 'appelle
Nicole Armago, je suis avocate au barreau de Clermont. Vous trouverez ma
dans ma poche. Vous êtes une femme ? Évidemment.
Il est mort ? Allez, cassez -vous.
Vous voulez bien prendre vos cachets, Nicole ? Nicole, ici.
Janine, vous voulez bien prendre vos cachets, Janine ? Oui.
Oui, madame.
Parce que, il faut que je sois guérie, mon mari vient me chercher cet après
-midi.
C 'est Alain. Mon mari, vous le connaissez, le professeur.
C 'est le professeur Olenichak.
Vous le connaissez ? Bien sûr.
Tout le monde ici le connaît, ma petite Janine.
Tout le monde connaît le professeur.
Votre mari.
Allez, prenez vos cachets.
Le blanc.
Le rouge.
Et le marron.
Très bien.
Très bien.
Allez, vois.
Je crois que mes seins sont en train de...
Et mon mari aime les grosses poitrines. Ils sont bêtes.
Ils sont, ils sont bêtes.
Regardez.
Ça me plaît. Ah oui, ils ont poussé. Oui, en effet.
C 'est très belle aujourd 'hui, Jeannine.
C 'est très belle.
Je ne lui aurais pas dit que Nicole était revenue parce qu 'il m 'a empêchée
la tuer.
Ils ne savent pas que c 'est moi qui ai tué Myriam.
Elle est partie chez sa mère.
Je l 'ai poussée dans la scène.
Je l 'avais saoulée.
Elle m 'a mis dans l 'écluse et j 'ai pris sa place.
Je vais faire pareil avec Nicole.
Je vais la tuer.
Merci à tous.
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