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D'après le roman de SHANNON PUFAHL
Merci.
Dis oui.
Lee.
Épouse-moi, Muriel.
Tu devais me répondre avant Noël.
Et Noël est demain.
Je te répondrai.
Là, j'ai besoin d'une douche.
Ce doit être toi.
C'est probable.
Jette-m'en une.
Il doit faire froid.
Je suis Julius.
Je sais.
- Salut. - Bonjour.
Cette maison était à ta mère ?
C'est exact.
Tu as de la chance.
J'aime la campagne.
Une réussite.
Ça passe le temps.
On peut jouer à un vrai jeu.
Lequel ?
Le poker.
Faudra m'apprendre.
Menteuse.
J'y ai joué juste quelques fois.
Ne garde pas de secrets.
Mon frère a déjà joué à ce jeu.
C'est pas un secret.
Lee n'a jamais aimé jouer aux cartes.
Oui, ça ne l'intéresse pas.
Mais peu importe.
Au poker, les cartes ne sont pas que des cartes.
Ce sont des morceaux de temps.
D'accord ?
Celles présentes sur la table,
et celles à venir, tu me suis ?
Leur nombre est limité dans chaque paquet,
ça donne une idée de ce qui a été distribué
et de ce qui va se passer.
On peut pas savoir ce qui a été distribué.
C'est pas parce que tu le vois pas
que tu peux pas le savoir.
Et si la mémoire flanche...
C'est malin.
En fait, un vrai joueur n'a qu'une obligation.
Laquelle ?
Se tenir bien informé.
Attention, Muriel. Il t'aura.
Viens là, petit con.
Les présentations sont faites.
Oui, elle m'a déjà dit tous ses secrets.
T'en fais pas, Muriel.
C'est mon petit frère.
Je m'inquiète pas.
Je te fais visiter.
On l'appelait Hell Fire Valley,
car c'était vraiment l'enfer.
On était à court de munitions,
mais il en restait dans le camion.
Tu l'as déjà racontée.
Il en restait
- dans le camion. - Allez.
Ça tirait dans tous les sens,
et personne n'osait prendre le risque.
Alors on s'est dit : "C'est la fin."
Et tout à coup, je vois un type,
dans ce camion en flammes,
nous jeter des munitions
et tirer les blessés à l'abri.
Ce type, c'était ce grand malade.
Je peux te garantir
que sans lui,
on ne se serait jamais connus.
Ton frère est un héros.
Tu m'étonnes.
Juste une blessure à l'épaule.
C'est ce qu'on dit.
C'est pour ça qu'ils m'ont libéré.
Ils t'ont quoi ?
J'ai été libéré de mes fonctions la semaine dernière.
Il me reste six mois.
Donc toi aussi.
Plus maintenant.
Tu peux toujours tirer, non ?
Tu peux marcher. C'est la guerre.
- Lee. - T'as une indemnité ?
Une pension ?
Non.
On avait un plan, Julius.
Se sortir une rente
et vivre en Californie.
- C'était le plan. - J'ai une idée.
- C'est signé, ça. - Mon idée...
- Il cache... - Écoute-la.
...toujours un truc.
Je veux danser.
J'ai besoin d'une clope.
Alors ?
J'essayais juste d'arrondir les angles.
Alors allons-y.
Il t'estime beaucoup, c'est tout.
Je suis tout ce qu'il a.
À part toi.
Tu as déjà été amoureuse ?
Non.
Pas avant, je veux dire.
Et toi ?
Tu sais quoi ?
Je pense que tu vois clair dans tout ça.
Dans tout quoi ?
Tout.
Tout a de l'importance pour toi.
Tout ce en quoi tenaient
mes compagnons de Corée,
jusqu'à ce qu'on leur explose la cervelle.
Vous me faites une place ?
Faites-moi une place.
Vous savez quoi ?
J'ai les deux personnes que j'aime le plus au monde
juste devant moi.
Ça y est.
Muriel Jane Edwards...
Je te l'ai déjà demandé.
Dieu m'en est témoin.
Et je te le redemande.
Je repars en Corée dans 72 heures.
C'est la veille de Noël.
Allez, Lee, debout.
Tu t'inquiètes pour moi,
mais il m'arrivera rien.
Et si c'est le cas,
Julius s'occupera de toi.
Ne dis pas ça.
Pas vrai, Julius ?
Bien sûr.
Je peux te rendre heureuse.
Alors ?
- Tu le veux ? - Oui.
- Pardon ? - Oui !
On peut le faire.
Quoi ?
San Diego, en Californie.
J'ai des économies.
T'es sérieux ?
C'était le plan, non ?
Bien sûr.
Mais le fais pas juste pour nous.
J'aime le soleil, moi aussi.
Nous trois en Californie.
Ça te va, Muriel ?
Un plan est un plan.
Promets-le, Julius.
Promis.
C'est promis.
C'est parti.
Allez.
CALIFORNIE
six mois plus tard
Cher Julius...
Ça ne durera peut-être pas, mais même Lee dit
qu'il y a un truc dans l'air... Un sentiment.
Ce qu'on dit sur la Californie est vrai.
On a eu du travail en un claquement de doigts.
Tu y crois ?
C'est comme ça, ici.
On sait jamais ce qui arrivera.
Tout est possible.
Comme si les chances étaient toujours de notre côté.
On m'a parlé d'un jeu de cartes qui te plairait.
Alors viens, et rends-nous riches.
On en a besoin.
J'espère que ce boulot à Stockton marchera.
Dans l'espoir de te revoir bientôt.
Muriel et Lee.
Rosie, que te dit ton intuition féminine
pour Lone Sailor ?
La piste est mauvaise et il est épuisé.
Je parierais sur Pastoral dans la 6e.
Dix contre un ? Sérieux ?
Cet argent résoudrait bien des problèmes.
Pas vrai, Rosie ?
Question de tripes. Et dans la 3e ?
- Magic Hour. - Magic Hour ?
- Tiens. - Merci, chérie.
De nouvelles maisons.
On peut y réfléchir.
On en a parlé.
On n'a pas les moyens.
Vends ta maison au Kansas.
Ma mère a bossé dur pour l'avoir.
Oui, mais c'était son rêve.
Et ça, c'est le nôtre.
J'ai pas le choix ?
J'y ai grandi.
J'aurais dû me taire.
COURSE 3 CHEVAL - 4
TEMPS RESTANT 15 MIN
COTES 3:1
20 $ sur Pastoral dans la 6e.
Et les voilà.
Othello ralentit alors que Pastoral remonte,
dernière ligne droite.
Pastoral, Lone Sailor et Mother's Helper.
Pastoral et Mother's Helper sont en tête,
Pastoral,
Mother's Helper.
Et voilà la ligne d'arrivée.
Mother's Helper, Pastoral.
Pastoral et Mother's Helper.
C'est Pastoral !
Pastoral l'emporte !
Je voudrais une enveloppe.
Tu devrais aller jouer dans le désert.
Ah oui ? Pourquoi ça ?
C'est ouvert toute la nuit, pas de flics, entrée à 20 $.
Comme en Corée.
Mais que les bons moments.
C'est ma tournée.
- Tu déconnes ? - Assis.
- Y a délit de fuite. - Allez.
T'aimes jouer serré, pas vrai ?
Tu veux un dernier verre ?
Pas ce soir, l'ami.
T'es sûr ?
T'as un peu trop bu, on dirait.
Tu veux t'éclater ?
Pour 20 dollars, pourquoi pas.
D'accord.
Tu fais quoi, là ?
Doucement. Détends-toi.
Lâche-moi.
Là, je suis impressionné.
Jackpot.
Allô ?
C'est toi, Kansas ?
Julius ?
Tu t'attendais à qui ?
Où es-tu ?
Dis-m'en plus sur ce jeu.
J'ai joué aux courses.
- Non. - Si.
Je suis serveuse dans un resto.
Y a plein de turfistes, j'ai pris des notes.
Sérieux ? Tu t'es rappelée ?
Un vrai joueur doit savoir
se tenir bien informé.
C'est un bon plan.
Personne n'a dû te voir venir.
- C'est pour m'amuser. - Fais gaffe.
C'est un truc dont on se lasse jamais.
On espérait que tu viennes.
Tu manques à Lee.
Lee veut surtout notre petite maison.
Où est le problème ?
Et toi ?
C'est ce que tu veux ?
Je...
Je croyais que c'était le plan.
J'ai perdu ma part.
J'ai un moyen de la récupérer, mais...
Je dois faire cavalier seul.
Tu comprends ?
Je ne crois pas, mais...
Tu as une adresse ? J'enverrai du fric
pour ton billet de car.
Tu peux l'envoyer à mon nom,
Western Union, Stockton.
Et ne dis rien à Lee...
Ça sera une surprise.
D'accord, merci.
Au revoir, Nathaniel.
Le voisin qui veille sur la maison de maman.
À Mme Lee Walker,
Western Union, San Diego.
Muriel, désolé.
Changement de plan.
Il y a eu des imprévus.
Je reviens au plus vite.
Souhaite-moi bonne chance. Julius.
Numéro sept...
Gagnant, 11.
Allez. Plus de pari. Plus de paris.
Oui !
Salut, chérie.
OLIVES GARCIA À VENDRE
Imagine... 25 dollars par mois,
à 50 ans, tout ça pourrait être à nous.
Allez.
On sera les premiers.
MAISON TÉMOIN
MODÈLE The Duke
Le promoteur dit
pouvoir nous faire 10 %.
Selon le prospectus, c'est la meilleure.
C'est 2 000 $ le terrain
et quatre ou six de plus pour la construire.
C'est rien, vu la situation.
Quelle situation ?
Ça peut aller vite.
On tirera quelques milliers de la maison de ta mère.
On devait faire ça avec ton frère.
Pourquoi tu veux l'attendre ?
Tu le vois quelque part ?
Tu sais ce qu'il a dit ?
Que j'ai bien fait de t'épouser,
car t'as besoin
qu'on te dise quoi faire.
Muriel.
Muriel.
Arrête-toi là.
Pourquoi ?
Je veux des olives.
Des olives ?
Oui.
Bien sûr.
Entrez !
À l'arrière.
Vous êtes perdue ?
Non, mais j'ai vu la pancarte. Les olives.
C'étaient les Garcia,
les voisins, avant qu'ils ne démolissent.
Mais j'en ai un peu.
Vous cherchez un terrain ?
Oui.
C'est le moment.
C'était très joli
ce que vous jouiez à la guitare.
Pas une guitare.
Donnez.
J'en ai jamais mangé.
Il y a un noyau.
J'en fais quoi ?
Vous vivez seule ?
On peut vous acheter des œufs ?
Ils sont de ce matin.
Combien on vous doit ?
Je vends pas d'olives.
C'est pas les miennes.
On surpayera vos œufs, dans ce cas.
J'ai de l'argent, Lee.
Merci.
C'est ça.
Je conduis ?
ŒUFS À VENDRE
Vas-y.
Tu as raison.
Allons-y.
Prenons la maison.
Quoi ?
Tu la veux vraiment ?
J'ai une question.
Le travail que vous faites ici, les gars...
Y a des postes à pourvoir ?
Débutant, bien sûr.
Qu'as-tu à offrir ?
Je sais comment et pourquoi les gens trichent.
Tu es toi-même un tricheur ?
Je sais comment les gens font,
car je l'ai fait. Je préfère être honnête.
Mais c'est pas le genre d'endroit
qu'on devrait voler,
et je préfère rester du bon côté.
On t'a vu jouer. T'as l'air réglo.
On aime ça.
Il n'y a qu'au black jack
où le joueur peut battre la banque.
Ça attire donc beaucoup de tricheurs.
- Pas vrai ? - Si.
Surveillance ?
Si tu vois un truc, dis-le.
On prendra le relais.
On a des miroirs sans tain au plafond.
On les voit, mais pas eux.
Monte là-haut.
Repère les spécialistes.
Bien joué.
C'est malin.
Tu es nouveau ?
- Oui ? - Oui.
Henry.
Julius.
Première fois ?
Oui.
Qu'en penses-tu ?
C'est instructif.
Mais il y a un risque
à en savoir trop.
Peut-être bien.
Dacodac.
À plus tard.
J'attendrai les positions demain.
Je mettrai l'argent de Roustabout
sur Flood, dans la 7e.
Quoi ? Flood est trop jeune.
Il s'agite pour rien.
À 6 contre 1, ce cheval est un loup
déguisé en agneau.
Ça me rappelle quelqu'un.
Tu regardes ma cicatrice ?
Désolé.
Pourquoi ?
T'y es pour rien.
Il fait 40 degrés aujourd'hui.
Demain aussi.
La chaleur me convient.
Ça va ?
Allez, viens là.
Allez.
Allez.
Debout.
Tu rentres déjà ?
J'en avais l'intention.
Je te dois un verre.
C'est quoi, une arnaque ?
Y a pas d'arnaque.
- Je veux te montrer un truc. - Quoi ?
L'Amérique.
Merci.
C'est un cocktail atomique.
C'est pas une bonne idée.
Pourquoi ?
Quand les patrons nous verront,
ils penseront qu'on a un plan.
On est à Vegas.
Et alors ?
On a tous un plan.
- Cinq ! - Sinon,
- on serait pas là. - Quatre, trois,
deux, un !
Ils les testent une fois par mois à la base.
On est aux premières loges.
Tu vois, je te l'avais dit.
L'Amérique.
Tu fais quoi ?
Je te l'ai dit.
- T'es sûr ? - Oui.
Passe-moi une clope.
T'as du feu ?
T'aimes les blagues ?
Je suis sûr que si.
Dégage d'ici.
Oui, chef.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Tu fais quoi ?
Non, je...
- 200 $ sur Roustabout. - Entendu.
Sayonara à l'extérieur,
Roustabout à l'intérieur.
Roustabout et Sayonara.
C'est Roustabout qui l'emporte !
Madame ?
Mettez tout sur Flood, dans la 7e.
Tout, madame ?
Oui.
Pardon, cette chaise est disponible ?
Oui.
La foule me fait transpirer.
Quel est le vôtre ?
Flood.
Non. Moi aussi.
On est courageuses, non ?
- Six contre un. - J'aime son allure,
pas vous ?
Oui.
Beaucoup.
Et c'est parti.
Flood et Lost at Sea.
Lost at Sea prend la tête
suivi de près par Flood.
Lost at Sea et Flood.
Ils arrivent.
Flood et Lost at Sea.
Flood fait une accélération.
C'est Flood !
Flood l'emporte !
Te voilà.
Comment on s'en sort ?
Chéri.
- On a gagné. - Excellent.
Au revoir.
Au revoir.
12 000 $.
Soyez prudente.
Oui.
Ne te vante pas.
Je ne parierais jamais sur un loser.
Un jour, je le tuerai dans son sommeil.
Alors...
Tu es censé être où ?
À San Diego.
Avec mon frère.
On avait prévu ça à l'étranger.
Mais il veut surtout me surveiller.
Et pourquoi t'y es pas ?
On a jamais vraiment eu le sens de la famille.
Maman est morte quand j'étais petit,
et mon père a perdu la boule.
Puis on a déménagé, d'un endroit à l'autre.
Chez les tantes, les oncles...
Mon frère a besoin de ça.
De murs, de fenêtres, d'une maison,
d'une femme qui l'attend.
Et toi ?
C'était pas une mauvaise idée ?
On fait tous des erreurs.
T'étais où ?
- Il s'est passé un truc. - Quoi donc ?
J'ai appelé le resto.
- T'y étais pas. - Lee.
C'est pas la campagne, ici.
Tu peux pas traîner ainsi.
N'importe quoi pourrait t'arriver.
Tu comprends ? C'est quoi ?
- On a réussi. - Tu as vendu la maison ?
3 000 $ ?
3 000 $ ?
Oh, mon Dieu !
J'ai jamais vu autant d'argent.
Muriel...
Je sais.
Cette maison était tout ce qu'il te restait.
Je comprends.
Poste restante, Las Vegas, Nevada.
À Julius Walker.
Cher Julius,
je n'ai pas de nouvelles.
Tu as dû réussir et nous oublier.
On s'est acheté une maison.
Voici notre nouvelle adresse.
Allez.
Viens nous voir.
Muriel.
Allô ?
Bon sang, Julius.
Muriel. C'est mon frère.
Content de te savoir en vie.
Alors, dis-moi tout.
On a enfin vendu au Kansas.
On a une petite maison.
Tu m'apprends rien.
Muriel m'a écrit.
C'est vrai ?
J'arrive pas à croire
qu'elle a vendu sa maison.
À vrai dire, j'en savais rien.
Elle a tout fait toute seule, ça m'a surpris.
Attends. Je vais te la passer.
Ne quitte pas.
Muriel, c'est toi ?
C'est cette fille qui a besoin
qu'on lui dise quoi faire.
Arrête, je voulais pas dire ça.
Mais tu l'as dit.
Tu sais pourquoi.
Gare à ce que tu dis.
Un conseil.
Ne dépense pas tout d'un coup.
Comme pour un billet de car ?
Si je dis que tu me manques,
tu ne me croiras pas, pas vrai ?
Tu lui as écrit ?
Il va venir ?
Je crois pas.
Mon frère est...
Il n'est pas qui tu crois.
C'est-à-dire ?
Le monde de Julius
est différent, c'est tout.
C'est pas le nôtre.
J'aime mon frère, je l'aimerai toujours.
Mais il a certains goûts.
Tu me suis ?
Il n'est pas comme nous.
Partenaires.
- C'est nouveau. - Oui.
Instructif.
- Que se passe-t-il ? - Table dix.
Ça mérite une récompense.
Pour votre diligence.
T'as déjà pensé à donner des tuyaux
à ces joueurs ?
J'y pense souvent.
Réfléchis.
On gagnerait plus avec eux.
Ne chie pas là où tu manges.
On est dans un endroit où on peut s'enrichir
avec l'argent des autres,
apprendre des trucs de triche et voir des bombes exploser.
C'est le genre d'endroit où tout est flou.
Si tu dis qu'il n'y a pas de différence
entre tricher et ne pas tricher, tu es fou.
Mais tu as des proches.
- Juste mon frère et sa femme. - Ça suffit.
Ils doivent t'aimer et se demander où tu es.
Je te suis pas.
Ils te connaissent.
Ils me connaissent pas.
Ils en savent plus sur toi que quiconque sur moi.
Je suis mort depuis 100 ans.
Demande à mon père.
C'est dommage pour toi, non ?
- Ça l'est. - Henry.
Tu as vu ce qu'ils ont fait à ces mecs.
Ce qu'on a est bien, pourquoi tout gâcher ?
T'as rien vu de bien.
Et tu crois à ça ?
Tu pars maintenant ?
On s'est bien amusés.
Oui.
Comme toujours.
C'est tout ce que tu veux, je crois.
Pas vrai ?
À plus tard.
En mémoire de Gerald McKinley
Y a toujours un con qui dira
qu'il a pas souffert.
Ces gens ne connaissaient pas Gerald.
S'il y a quelqu'un qui souffrait, c'était lui.
Les flics ont balancé sa photo dans le journal.
Pas étonnant qu'il se soit suicidé.
"Comportement obscène" ?
Pourquoi les flics l'ont arrêté ?
Il était aux chiottes du Chester
- avec un autre mec. - Au Chester ?
Oui, le bar gay près des quais.
Je me demande ce que ce bar
va devenir.
C'est pas la première descente.
Et pas la dernière.
Tous ces mecs ont dû partir à la nage.
T'imagines ?
HÔTEL CHESTER CHAMBRES 1,50 $
- Où est l'autre type ? - Tu m'as eu, mon pote.
Chère Muriel,
j'ai vu une fille
qui te ressemblait.
Mais elle m'a souri, et j'ai su que c'était pas toi.
Je pense généralement avoir fait le bon choix
en venant ici, mais parfois, j'en doute.
Comme on dit, ici, tout le monde a une idée en tête.
Voilà.
Il faut jouer les cartes qu'on a.
Mais Lee et toi, vous avez tout.
Comme prévu.
J'espère que ta chance déteindra sur moi.
Pardonne-moi, si tu le peux.
Julius.
...ce que vous voulez entendre, mais personne
n'y changera rien.
Salut.
Je lui disais que je fais signer une pétition.
- Ah bon ? - Oui.
Le comté exproprie
pour faire une autoroute
sur nos terres.
Cette autoroute
est une bonne chose pour tous.
Ma famille vit ici depuis 60 ans.
Mais vous en aurez un bon prix.
C'est à sa famille, Lee.
T'as bien vendu la ferme de ta mère, non ?
C'est différent.
Tu as su voir l'avenir.
C'est pareil, ici.
Je vous laisse petit-déjeuner.
Sandra.
Je vais signer. Je veux le faire.
Vous êtes proprio ?
Oui, en partie.
Elle est à votre nom ?
Au nom de mon mari.
Donc vous ne l'êtes pas.
Ça sera pas valable.
Ce que vous jouiez l'autre fois, si c'était pas une guitare,
c'était quoi ?
Une bandurria.
Bandurria. C'est de l'espagnol ?
Ça me plaît.
J'ai d'autres œufs.
T'étais où ?
J'ai dit être malade.
J'ai eu de la chance.
Tu t'inquiètes pour moi ?
Non, mais ça fait beaucoup de fric.
Je peux me débrouiller.
C'était dans tes céréales ?
Je l'ai gagné au lancer à Tijuana.
Je sors jamais sans.
Pourquoi tu fais ça ?
T'as pas à chercher d'autres partenaires.
Je suis là, moi. Tu le sais.
Je t'ai ici, dans cette chambre, mais nulle part ailleurs.
Donc on bosse
et on couche ensemble, c'est tout ?
Tu piges pas.
Toi et moi, c'est la seule chose
qu'on peut faire ensemble.
Juste sous leur nez.
On peut faire autre chose. On peut changer.
Non, toi, tu peux changer.
On n'est pas pareils.
Regarde-toi.
Regarde-moi.
Les gens comme moi, si on veut un truc, on le prend.
Pas le choix.
Alors faisons ça intelligemment.
On joue hors de la ville.
On se fait discrets,
que des parties privées. Voilà.
Tu n'as rien à faire...
À part gagner.
Arrête.
Allez.
On dirait un rêve.
C'est peut-être ça.
Cher Julius,
les maisons poussent autour de nous.
Bientôt, nous serons encerclés.
Je prends 50 cents pour déjeuner.
Grosse journée.
Tu fais quoi ?
Honnêtement, je ne te vois pas ici.
Tu ne respirerais plus.
Lee dit que tu as soif de voyage et que tu reviendras.
À plus tard.
Mais je préfère oublier nos projets.
Au revoir.
Je t'espère heureux, où que tu sois.
Muriel.
Un stinger, merci.
C'est une drôle d'histoire.
Je reviens.
Tu m'as pas oubliée ?
Combien ?
Comment va la chance ?
J'ai tout arrêté.
Comme ça ?
Je me le suis promis.
Quel genre de promesse ?
À trop croire en la chance,
elle finit par nous posséder.
On a tous un truc.
Ou quelqu'un.
Moi, c'est Gail.
Linda.
Enchantée, Linda.
Tu es au courant ?
Ce pauvre chien russe est mort.
Dans l'espace.
C'est triste.
Ils avaient parié.
À 20 contre 1 qu'il irait en orbite.
À 100 contre 1 qu'il reviendrait.
Et combien pour sa mort ?
Cette cote intéressait personne.
Les gens parient sur n'importe quoi.
Les possibilités sont infinies.
Infinies.
C'est drôle.
Je ne vois jamais personne.
Taisez-vous tous.
Les flics sont là.
Ouvrez !
Entrez.
Que puis-je pour vous ?
- Qu'y a-t-il ? - Rien.
J'ai cette enveloppe pour...
Merci, monsieur.
Tout va bien.
Je ne peux pas rester plus.
Moi non plus.
C'est nouveau pour toi.
C'est une chance, en fait.
Tu verras.
On n'est qu'à un cheveu de tout perdre.
Constamment.
Oui.
Je...
Je cherche Sandra.
Tu cherches un club de lecture ?
Le mot de passe est ton auteur préféré.
J'ai l'impression que c'est Willa Cather.
On lit beaucoup, ici.
Mon Dieu.
- Allez. - Quoi ?
Allez.
Pas de chaussures ?
Par ici, Mme Walker.
Je cherchais un endroit calme.
Quoi ?
Je cherche un endroit calme.
Comme ça ?
C'est comme ça ?
Quoi ?
Ta vie.
Tu as un peu bu.
Ne te moque pas.
Pourquoi tu cherches le calme ?
Je suis pas sûre.
J'avais des doutes.
Tu es sûre, maintenant ?
Non.
Tu n'as pas peur d'être seule, si ?
Toi non plus.
Pourquoi tu dis ça ?
Car tu es là.
Viens. Suis-moi.
J'espère te revoir.
Bon...
Bonne nuit.
L'Homme à la carabine.
Si on faisait un gros coup, où irais-tu ?
Je n'y ai jamais pensé.
Il faut toujours un plan de sortie.
Sûrement San Diego.
Ton frère est là-bas ?
C'est mieux au Mexique.
Pour les marins et les hommes mariés
venant de Californie.
Ils sont tous mariés.
Bref.
Pourquoi s'acheter une maison à San Diego
quand on peut bâtir un palace à Tijuana ?
Si tu fais un gros coup...
Si on fait un gros coup...
- "On". - Alors ?
Je suis ouvert aux idées.
Comme quoi ?
Prendre 5 $ par jour aux ménagères d'El Paso ?
Tu as une idée ?
Facile.
Aucune règle ne nous interdit de jouer là-bas.
Et notre casino a les meilleures cotes.
On peut se faire un max en 10 petits coups.
T'es fou ?
On nous paie pour éviter ça.
À la minute où tu t'assois,
tu seras grillé.
Non.
Pas si t'es à l'étage.
Et que tu dis rien.
Tu comprends pas ?
On est bien, ici.
Très bien.
J'ai été au Kansas, à L.A. et en Corée.
Là-bas, j'ai joué au voleur,
et au pédé, tout seul.
Pour la première fois de ma vie,
je vois plus loin que le bout de la rue.
Tu sais pourquoi ?
Pourquoi ?
Je suis avec toi.
Les choses ont changé, non ?
N'est-ce pas ?
T'es quelque chose.
- N'est-ce pas ? - Tu le sais, non ?
N'est-ce pas ?
- N'est-ce pas ? - Tu le sais.
Non ?
Je vais t'épuiser.
Tu le sais ?
Un jour, tu diras oui.
Oui.
Oui, peut-être.
Tu es fou.
Ça va ?
Comme ça ?
Ouvre les yeux.
Montre-moi tes yeux.
Ça devient une habitude.
Oui.
C'est quoi, ça ?
Ma mère adorait ces chansons.
Ah oui ?
Pas celle-ci, mais le genre.
- Tant que ça swingue. - Une vraie danseuse.
Elle rendait folles les autres femmes.
Raconte-moi ça.
Ma mère a été la première femme
à avoir une voiture dans le comté de Marshall.
La première à avoir un diplôme.
Et la première femme à divorcer.
Sans lien, j'imagine.
J'aurais aimé connaître ta mère.
Tu as déjà été amoureuse ?
Oui, une fois, à L.A.,
avant de revenir m'occuper de mon père.
Elle a cru que j'abandonnerais cet endroit à sa mort,
mais je suis toujours là, et pas elle.
Et toi ? Lee ?
Oui. J'aime Lee.
Mais tu parles d'un autre personne ?
Je ne sais pas.
J'ai vécu quelque chose
dont on ne m'avait jamais parlé.
Ça n'a jamais eu de sens.
Ça n'en a pas plus.
On a passé 24 heures face à face,
et c'est tout.
Ça peut suffire.
C'est étrange.
Dès qu'il est apparu,
j'ai pu respirer à nouveau.
Il ?
Vous êtes beaucoup, Mme Walker.
JE NE POUVAIS PAS ATTENDRE
Merde.
Merde.
Henry.
Non.
Non.
Treize... noir, impair.
Non, Henry.
On dirait un sept.
Henry.
Non.
Non.
Putain !
Pourquoi t'as pas signalé ce Latino ?
Car vous bossez ensemble partout en ville.
T'es complice. Pas vrai, le Latino ?
Non.
Je bosse pas avec des tapettes.
Regardez-le, il tremble.
Vas-y, cabrón. Vas-y !
C'est vrai, lopette ?
- Casse-toi. - Vous allez lui faire quoi ?
- Casse-toi d'ici. - Henry !
SALON DE SONNY TIJUANA
Bon sang.
Bon sang, Julius.
Regardez-moi ça.
Tu l'as fait.
Le jardin avance bien.
Bon sang.
Même pas une carte pour dire que tu viens ?
Tu peux toujours compter sur moi pour une surprise.
Un van ?
T'as gagné ou perdu un pari ?
T'es du genre à ne pas savoir
quoi faire d'un cheval ?
Bonjour.
Vous aviez dit avoir un ranch.
C'est une maison, pas un ranch.
Bon, nous voilà des cowboys.
Allez, viens là.
Où as-tu trouvé cet animal ?
Un mec a juste voulu
parier son cheval.
Salut.
On a deux chambres.
Celle-ci est à toi.
La chambre d'enfant.
On n'a pas encore fini.
Muriel fait des heures sup au café.
J'en fais aussi autant que je peux.
Mais c'est à nous.
C'est douillet.
Ça a l'air de bien marcher.
Viens, je te montre l'arrière.
Ils l'ont bâtie en deux mois.
T'y crois ?
Rappelle-toi du temps passé
chez l'oncle Jack.
Les meubles brûlés pour se chauffer.
Imagine grandir ici.
Certains soirs,
je regarde cette maison...
Et je vois un endroit pour un enfant.
On n'est plus des enfants.
Je voulais que tu sois là.
C'était possible.
Même pour des gens comme nous.
Mais pas pour moi.
On n'est pas pareils.
Tu crois que je le sais pas ?
Tu crois que je sais pas qui t'es ?
Je te demande pas de changer.
Je veux te protéger.
Je veux te voir.
Je veux juste entendre ta voix.
Je suis là.
Muriel.
- Muriel. - On sort, Muriel.
Prends une veste.
Allez, viens.
Cheval ?
Cheval !
Il va falloir l'attraper.
Même ta femme trouve ce cheval
trop fougueux.
Oui.
Il s'enfuit !
Allez ! En avant la cavalerie !
Alors...
C'est le paradis ?
On peut dire ça.
Ça a été dur de vendre la maison de ta mère ?
Ça l'a été.
T'avais promis de venir.
Tu me pardonnes ?
- J'aurais aimé... - Oui ?
J'aurais aimé que tu viennes
plus tôt.
J'aurais aimé tant de choses.
Comme quoi ?
Je peux te montrer ?
C'est un vrai ?
C'est l'arme d'un certain Henry.
Et...
Il disait : "Peu importe
"qu'il soit vrai ou pas,
"les gens croient qu'il l'est."
Il appartient à un certain Henry ?
Je t'ai parlé d'amour, un jour.
Je ne savais rien de rien.
Je n'en sais guère plus aujourd'hui, mais...
Je suis sûr que c'est l'arme d'Henry.
Et...
Je vais la lui rendre.
Je le retrouverai.
Je ne comprends pas.
Je pense que si.
Sûrement.
Non.
Parfois...
Quelqu'un entre dans notre vie...
Et plus rien n'est pareil.
J'ai besoin d'argent.
Quoi ?
J'en ai besoin pour le trouver.
D'où ta venue.
Tu es là pour ça.
Pour de l'argent.
Arrête ! Arrête de me toucher.
T'allais pas rester.
Lee avait raison.
Ça veut dire quoi ?
Tu es un lâche.
Et un menteur.
Prends ton poney et va-t'en.
Kansas !
Tu as tes secrets, et moi aussi !
Julius.
C'est qu'un rêve.
Rendors-toi.
Il n'est pas loin.
Son pick-up est quasi...
On ne retrouvera pas Julius.
Pas avant qu'il soit à sec.
On trouvera un moyen.
Arrêtez.
Henry !
Henry.
Je suis désolé.
Désolé.
Vous dansez bien, Mme Walker.
Votre mari rentre quand ?
Il travaille tard.
On a plusieurs heures devant nous.
Ah oui ?
Et il sait que je ne suis pas comme ça.
Comme ça ?
Tu m'as comprise.
Comme moi ?
J'adore cette chanson.
Qu'est-ce que tu fais ?
Quoi ?
Je suis réelle.
Ceci est réel.
Mon Dieu, Lee est réel.
Tu comprends ?
Je le sais.
- Vraiment ? - Arrête.
Sandra, on est... On s'amuse, c'est tout.
Je vois. Tu t'amuses.
- T'es en vacances. - Comment ça ?
Tu rentres chez toi, au chaud,
et tu baises ton mari pour être normale.
Puis tu viens me baiser ici
pour te sentir vivante.
Tu savais exactement qui j'étais quand tu m'as fait entrer.
Tu me connaissais.
Tu es trop douée.
- Et alors ? - Si c'est juste pour ça,
il y a un bar en ville,
- rempli de femmes... - Arrête.
Ça me fera moins de mal.
- Sandra. - Va-t'en.
S'il te plaît.
- Arrête. - Non.
Je veux que tu partes.
Je ne voulais pas dire ça.
Salut.
Tu devais pas faire deux services ?
Je suis trop lente.
J'étais inutile.
Elle n'avait plus d'œufs ?
C'est ça.
Je n'avais pas réalisé...
Je n'étais pas certain, mais...
Tu lui ressembles.
À Julius.
Parfois, je l'envie.
C'est vrai ?
Oui.
Il vit sans se soucier du lendemain.
Tu me crois comme ça ?
Lee ?
Non, ne dis rien.
Je me souviens de cette fille.
Avec deux hommes.
L'un d'eux était un ami de Julius.
Un gamin du billard.
L'autre était du genre étudiant.
Il bossait au moulin avec son père.
La fille... Elle s'appelait Sally...
Elle passait ses après-midis avec Julius et son ami.
Puis elle allait dîner,
dans une belle robe, avec M. Moulin.
Tout le monde le savait.
Ça le gênait pas,
car elle revenait tous les jours.
J'ai été stupéfait de l'apprendre.
Six mois après...
Sally est venue au billard
pour rompre avec lui.
Et un mois après...
Ses fiançailles étaient annoncées.
Julius était outré.
Je crois qu'il détestait le fait...
Qu'elle choisisse ce qui n'était pas réel.
Ce qui l'ennuyait...
C'est qu'elle n'avait pas choisi l'amour.
Je la connaissais peu.
Alors que dire ?
Julius doit penser que je suis
comme ce mec.
Je cherche un ami.
Grand, maigre.
Balafré sur un bras.
Je l'ai vu dans le coin.
Je connais pas son nom.
Tu sais où il peut être ?
J'ai une vague idée.
Tu peux me mener à lui ?
Est-ce que tu as voulu ça ?
Ou pas du tout ?
Je suis désolée, Lee.
Peu importe.
Peu importent tes excuses.
Elles n'y feront rien.
C'est où, cet endroit ?
TJ est une petite ville.
Je l'ai vu par ici.
Muriel ?
Lee,
tu m'as dit qu'avant de me connaître,
tu ne voyais rien de bon
dans le monde.
Tu es un homme bien.
Tu as un beau rêve.
Je t'ai déçu,
et rien n'y changera.
Mais j'espère que ceci t'aidera.
N'abandonne pas.
Muriel.
Je Reviens Tout de suite
OK, gringo.
Ces mecs vont te plumer.
Vous attendez quelqu'un ?
Oui.
On me doit de l'argent.
- Pédé ! - Allez !
Moi aussi, j'attends.
Ça fait longtemps ?
Oui.
Pareil.
Alors ?
Qu'en dites-vous ?
Premier lapin ?
- Ça arrive souvent à ce jeu. - Ah oui ?
Les gens comme nous ont toujours eu du mal
à se retrouver.
Je ne crois pas.
C'est de votre faute ?
Peut-être.
Quand vous êtes là...
Seule...
Peu importe qui a fait quoi,
ou qui a blessé qui.
Pas vrai ?
C'est le monde entier qui s'y oppose.
Le monde entier.
Eh bien...
Peu importe qui c'est, il rate quelque chose.
Dites-le-lui si vous le voyez.
Promis.
Au revoir.
Chère Muriel,
j'ignore où tu es
et si j'enverrai cette lettre,
mais j'ai tant à te dire.
À notre dernière rencontre,
je pensais qu'on savait déjà
l'un pour l'autre,
même si on ne s'était rien dit.
C'est la veille de Noël, non ?
Désolé de m'être trompé.
Désolé de t'avoir volé et pour tout le reste.
Tout s'est bien fini pour moi,
alors ne t'inquiète pas.
C'est Noël, et j'espère que tu vas bien.
Tout le monde mérite d'être heureux.
Je t'imagine bien dire ça.
On mérite tous une chance.
Même les joueurs, les menteurs et les voleurs.
Joyeux Noël, Muriel.
Julius.
Joan Appelle-moi, S'il te plaît
DONE, PASSONS LE NOUVEL AN DANS LE SUD
Reviens à la maison K.Y.
Chéri, tu nous manques.
RDV À PORTLAND - DANNY
tony, je t'attends Hank
VU LA DERNIÈRE FOIS 4 JANVIER 1956
Désolée, Julius Muriel
JULIUS, JE SUIS DÉSOLÉ MOI aussi
S'IL TE PLAÎT, reviens ET RETROUVE-MOI ICI - HENRY
D'accord.
Allez, on y va.
Sous-titres traduits par : Alexis Anceau
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