Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
English
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
French
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Italian
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Brazil)
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
...
Je Sens Tu Mens (Sarah McCoy)
---
- C'est pour offrir ?
- Non.
---
Un objet tombe.
---
- Je pleure
De te voir des larmes de joie
---
Ça remplit une rivière
Des larmes de joie
---
Authentique romantique
Sans l'amour
T'es rien
Une chanson magnétique
---
Consomme mon chagrin
Dis-moi, tu mens Je sens, tu mens
Tu veux serment heureux C'est la peur qui t'agite
---
La peur qui file La fausse colère
Ça me ravit Trop belle erreur
---
Le cul par terre La haine au sol
Les bras tendus poussent le plafond
Des tunnels où tu danses
---
En silence, un beau salut
---
Brouhaha léger
---
- Bonjour, Bernadette Beaufils. Je voudrais une clé pour un casier,
s'il vous plaît.
Parloir de 15h.
---
Merci.
C'est marqué ?- Oui.
- Bonjour. Mme Djibran, pour M. Djibran Ardi,
s'il vous plaît.
---
Merci.
- Bonjour.
M. Acratif, s'il vous plaît. - Pour 15h ?
Clavier
Cette fois, vous avez le bon numéro.
---
- C'est à gauche ? - Oui.
- Merci.
Brouhaha léger
---
- BONJOUR. - C'est pour le parloir de 15h.
- Le surveillant va arriver, il faut attendre.
--- Des femmes chuchotent.
--- ---
- Ça va aller.
- Non, ça va pas... Ça va pas aller.
Tous les jours, je pense à lui,
j'arrive pas à dormir, je l'imagine là où il est.
J'imagine qu'il a peut-être faim ou froid,
qu'il a peut-être besoin de nous.
Brouhaha léger
Je l'aime tellement, je l'aime vraiment tellement.
Et je lui en veux, je lui en veux de tout ce qu'il nous fait vivre.
---
- Ma chérie...
---
--- La femme sanglote.
- J'en peux plus.
- Et voilà, c'est votre permis qui vient d'être accordé.
Je vais m'occuper de ce sac, et regardez :
ce code va vous permettre de prendre rendez-vous maintenant.
Vous pouvez le prendre seul en allant sur cette adresse.
Brouhaha léger
- Vous avez déposé votre parloir ?
- Oui, il y a 15 jours.
- Vous l'avez posé pour demain, madame.
- Non, pour aujourd'hui, regardez. 9 novembre, c'est marqué.
- En effet, mais le 9 novembre, c'est demain. On est le 8.
- Comment ça, c'est demain ?
C'est pas possible.
---
Putain, c'est pas vrai.
---
Je me suis trompée, j'ai pas fait attention.
C'est possible, aujourd'hui ?
- Non, il faut venir quand c'est prévu.
- Je peux pas, je me suis organisée avec les enfants,
j'habite à 400 km.
S'il vous plaît, j'ai fait 3h30 de train.
Appelez-moi un responsable.
- Vous êtes pas toute seule. Revenez demain.
- Je peux pas.- Bouge, là.
- Ferme ta gueule, mêle-toi de ton cul.
- Non, mais... Il faut partir.
- Je bouge pas tant que t'as pas appelé un responsable.
- Va falloir partir.- S'il vous plaît !
Écoutez-moi...
- Elle vient de loin, vous pouvez faire une exception.
- Moi aussi, même de plus loin. Tout le monde vient de loin.
- La date, c'est la date.- Ça va mal finir.
- Si vous êtes pas prévue,
y aura pas de visite.
- Il m'a dit que si je lui apporte pas du cyanure,
il se jette par la fenêtre. - Oui, c'est ça.
Vous voulez une suspension de parloir ?
- Je me sens pas bien, là.
J'ai la tête qui tourne.
Appelez les pompiers.
Elle gémit.
Au secours !
Appelez les pompiers !
- Allez, le 15h, on y va.
- S'il vous plaît.
---
- Pas de choses bleues, pas de choses métalliques.
Et à chaque fois, vous inventoriez bien.
- Merci beaucoup.- Avec plaisir.
Elle souffle.
(- Ça va ?)
Deux femmes discutent doucement.
---
- Je suis à l'avance.(- Oui.)
- Ça faisait longtemps. J'ai plus de voiture, maintenant.
(- Ah...)
---
Clameur d'hommes au loin
---
- Nasser !
---
Nasser, je suis venue !
---
T'entends que je suis venue ?
---
- T'es sûr que t'en veux pas ?
- Je suis très attristé par la perte du chat. Achète-toi un autre.
Elle feuillette le livre. Brouhaha léger
---
--- Piano mélancolique
---
- Vous allez à la gare ?
- Oui.
- Je passe devant. Montez.
Montez, je vous le demande.
- Merci.
- Mettez le sac à l'arrière.
- Oui.
C'est un Range Rover 4 ?
- Oui, mon mari allait à la pêche avec.
Petit rire Elle est bien, hein ?
C'était vrai, le cyanure?
Même si c'est pas vrai, c'est vrai.
Ils ont tellement le bourdon.
Allons-y.
Klaxon
*Annonces de gare au loin
---
- Ça va ?- J'ai absolument rien à faire.
Je suis bête, hein.
Vous voulez prendre un verre ? Non.
Tu veux t'amuser ? Ah non, surtout pas.
Pourquoi tu resterais pas ?
On se fait un bon resto.
On l'a bien mérité.
- Non, merci, c'est gentil, mais je peux pas.
J'ai les enfants, c'est impossible.- Ça s'arrange.
- J'aurai plus de train.
- Mais je t'héberge. Je peux.
Pourquoi tu me le demandes pas ?
Et comme ça, tu gardes ton parloir.
C'est bien de faire ce qu'on dit.
On pose nos sacs et on va au restaurant.
Et si tu me tutoyais, ça m'aiderait.
- Mais j'ai fait un risotto.
- Ah, zut !
J'aurais dû vous appeler.
- Je l'ai très bien réussi. - Alors, on mange là ?
Mina, qu'est-ce que t'en penses ?
- Oui.
- Cristina, Mina, une vieille copine.
Elle a loupé son train, alors je l'ai dépannée.
- Bonjour, madame.- Bonjour.
- Venez, Mina.
- Vous êtes de Slovaquie ?
- C'est la première fois qu'un Français reconnaît.
D'habitude, ils disent Polonaise,
Géorgienne, Roumaine, Italienne.
Les Français mettent tout ça dans le même sac.
- Je connais parce que ma patronne a le même accent.
- Ah bon ?- Oui.
- Quel boulot ?- Pressing.
- Ah.
- Hop là.
Une fois, elle avait ramené une spécialité, c'était trop bon.
- Oui.- Les galettes de pommes de terre.
Cristina prononce le nom slovaque.
C'est ça. C'était trop bon.- Oui, mais c'est un peu gras.
---
- Bon appétit.- Merci.
- J'aimerais trouver un boulot dans le coin.
Si jamais vous entendez... Enfin, pardon, si jamais
t'entends parler de quelqu'un qui cherche...
Pour le ménage, les enfants, personnes âgées...
Je prends tout.- Je vais demander à mes amis.
- Je te laisserai mon numéro.- D'accord.
- Je vous vois demain ?- Elle refuse mon hospitalité.
- Vous êtes aussi à la prison ? Vous tenez le coup ?
- Alors là, on ne saurait mieux dire. C'est très juste.
C'est comme si on avait 2 maisons. On a de la chance.
Cristina rit.- Je m'en vais
avant que ça dégénère.
- Merci, c'est très bon.- Bonsoir, Cristina. Merci.
- Bonsoir.
Porte d'entrée Elle soupire.
- C'est épuisant de mentir. C'est trop de travail.
- Comment ça ?
- Ben...
Quand on sait que ton mari est en prison,
on ose pas te demander pourquoi.
Par gentillesse,
par peur.
Alors, je prends les devants.
Je leur dis "Demandez-moi ce qu'il a fait".
"Mais demandez-moi ce qu'il a fait.
"Allez-y.
"Demandez-moi ce qu'il a fait."
Bah vas-y, demande-moi.
- Demande-toi quoi ?- Bah, ce qu'il a fait.
Mina rit légèrement.
- Et il a fait quoi ?
- Voilà, merci.
Alors, il était dans un séminaire de médecins à Arcachon,
parce que mon mari, il est neurologue.
Il est neurologue du rachis. Tu sais ce que c'est ?
- Non.- C'est ça. C'est là.
Moi, je sais, parce que...
Elle crie.
J'étais danseuse.
Elle traîne le mot.
Alors, il sortait du conseil d'administration
bourré comme un médecin en séminaire,
et il voulait rentrer la nuit,
et il débouche sur la dune du Pilat et...
Et il fauche 2 piétons, 2 femmes. Une mère et sa fille.
La fille, paralysée à vie. La mère, tuée sur le coup.
Et...
Il s'est pas arrêté.
- Délit de fuite en plus, ça prend cher.
- Bah, il a pris six ans.- Six ans, c'est tout ?
- Six ans, pour lui, c'était beaucoup.
Il était pas préparé.
Et toi, qu'est-ce qu'il a fait ?
- Bijouterie.
Elle rit.- Il a fait bijoutier ?
- J'aurais préféré.
---
- À la France.
- OK.
- Parfois, je veux chanter la Marseillaise.
- Arrête, c'est nul.
- Non, c'est pas nul.
- Mais si.
- Je trouve pas.
- Putain, c'est pas vrai, j'ai oublié le dessin.
(Fait chier.)
Elle souffle.
- Ça va mieux, on dirait.- Ouais, nickel.
Je me suis payé un 5 étoiles avec un spa.
(Putain.)
---
- Madame Mazia.
- Pardon.- Pardon.
- Pardon.
- Madame Hirti. - Oui.
- Bonjour.
- Bonjour.- Passez sous le portique.
- Bonjour. - Bonjour.
*Annonce dans haut-parleurs
- Madame Melvita.
- Merci.
---
Une porte s'ouvre.
Des pas approchent.
Fracas du train
---
--- Musique entraînante
------
---
- Y a pas 500 grammes, là.- Comment tu sais ? Tu l'as pesé ?
- 500 grammes, c'est l'avant-bras.- Ça va. Attends.
Je vais te faire ça. Tiens, prends ça.
Tiens. - Nickel.
Chef.- 2 euros.
- Salade-tomates-oignons, complet, avec oignons frits.
C'est bon ? Et sans frites.- Par carte.
- On n'a pas la machine.- Comment ça ?
- Y a une tirette, là-bas.
À la Caisse d'épargne, à côté. Tu vas à droite.
- Les bons comptes font les bons amis.
- Ça va, ça a été ?
Conversation au loin
---
Merci.
À la douche. - Déjà ?
- Oui.
Allez.
Tu mets pas trop chaud, l'eau.- Moi, j'adore chaud.
- C'est moi qui commence. - Non, c'est moi.
Les enfants se chamaillent.
---
Un bébé pleure au loin.
---
Fracas- Putain !
- Bonjour. Ça va, vous allez bien ?
(accent slovaque) - Une revenante.
C'est merveilleux. Bonjour, Mina.
- Vous êtes toute belle, aujourd'hui.
Musique douce
---
---*Sonnerie de téléphone
------
---
Allô ?
*- Allô, Mina, ça va ? C'est Alma, ta copine bourgeoise.
- Non, ça va pas trop.
- T'es négative, je désapprouve. Je t'ai trouvé un boulot.
- Je te crois pas. *- Mais si.
À la clinique de Christopher, mon mari.
- Pour faire assistante ?
*- Euh, non,
quand même, t'as pas fait médecine.
Ah, pardon, tu plaisantes. Elle rit.
Tu plaisantes pas souvent, faut dire.
---
- Mais t'es sûre ?
*- Oui ! T'as vu, c'est pas la place qui manque.
Tu viens, c'est tout.
- OK, bah... On se rappelle ?
Merci, je t'embrasse.
---
On entre.
Ça va ? Y a un problème ?
- Bah, j'y crois pas.
Anne-Lise vient de me le dire, là. Et j'y crois pas.
Tu m'aurais rien dit.
Tu t'en vas ?
Tu me quittes ?
Sans rien dire à personne.
Tu penses qu'à ta gueule.- Oui, c'est ça.
C'est toi qui te tapes 5h d'aller-retour par semaine ?
Anne-Lise, te filer mon appart,
c'est penser qu'à ma gueule ?- Ça m'inquiète, justement.
- Un logement social, ça se lâche pas comme ça.
- Et Nasser, il est au courant que tu déménages ?
Tu peux pas partir comme ça en douce.
- Je pars pas en douce.
Je vais voir si ça peut le faire de taffer à Bordeaux.
- Oui, c'est ça. - Oui, c'est ça, oui.
Une dame riche m'héberge et m'a trouvé un taf.
- Tout le monde me baise, là.
Vous avez un plan pour les montres.
- Les montres ?
De quoi tu parles ?
- T'es pas claire.
- Moi, je suis pas claire ?
T'y étais comme moi, au procès. Y a plus de montres.
Elles sont perdues.- À la prison,
un jeune qui va sortir a parlé des montres. Je m'inquiète.
Si tu me dis qu'il y a pas de montres alors qu'il y en a,
alors que j'ai tout perdu, je m'inquiète.
- T'es tombé sur la tête ou quoi ?
Idir avait les montres.
Soit y en a plus, soit c'est les flics qui les ont,
où on les aurait trouvées sur son cadavre.
- Ho ! Tu parles
de la mort de mon frère, là.
T'as pas le droit, toi.
- OK, c'est bon. Excuse-moi.
Mais y a pas de montres.
Elles sont parties, les montres. C'est fini.
- Vous me faites un plan, hein ? Nasser et toi.
- Mais n'importe quoi.
Nasser a pris pour tout le monde, fous-lui la paix.
- Il a pris, mais il est pas mort !
Et là, tu t'en vas !
Hein ?
Nasser avait qu'à mourir, je l'emmerderais pas.
Tu vas lui dire !- Les enfants dorment. Crie pas.
Tu veux faire quoi, là ?
Tu veux faire peur avec ta tristesse, c'est ça ?
Tu vois pas que t'es juste fou ?- Ferme ta gueule.
Où il a mis les montres ?
Où il a mis les montres ?
- Viens, Yacine, c'est rien.
- T'as vu ?
Elle, c'est mon amie et je l'aime.
- Ça va ?
- Pardon, Mina.
Tu sais comment il est avec son frère.
Anne-Lise sort.
*Alarme de jeu
---
Bruits secs
--- - Oh, zut !
C'est cassé. Allez, hop.
*Tirs et explosion
---
- Julien,
arrête.
Non, Julien, arrête !
Mais arrête !
---
Est-ce que c'est ta Switch ?
Alma crie.
Le ballon se dégonfle.- Zut, flûte, merde.
Bon, allez, finito, les écrans, basta.
Julien, je vais t'apprendre quelque chose.
Combien de temps a mis le ballon à se dégonfler ?
Parce que le temps, ça se mesure, Julien.
Les secondes, ça se mesure, les minutes aussi,
mais les minutes sont trop grandes. Le ballon va beaucoup plus vite.
Elle sait ça, ta sœur, parce qu'elle est grande.
On va sortir, non ? Ça sort,
les enfants.
- Oui, avec des chaussures, c'est mieux.
- C'est vrai.
Julien, fais attention en descendant du canapé.
- Il est pas débile.- J'ai pas dit ça.
Mais les accidents domestiques, ça arrive.
Hein, mon grand ?
On va y aller.
Je l'aime pas, ce rehausseur. Vous venez ?
Sirène au loin
---
Alors, vous allez m'attendre ici.
Vous jouez, d'accord ?
Le grand, tu me les surveilles. Je compte sur toi, hein ?
Et je vous ramène maman pour sa pause.
- Mais je viens avec toi.
- Non, non, non, non.
- J'ai le vertige, c'est comme ça.
- Vous êtes sages.
Vous bougez pas d'ici. Hein ?
- Alma.
Alma.
C'est pas souvent, mais quel plaisir !
- Ah, Nelly ! Je suis venue faire une visite à ma petite protégée.
Ça se passe bien ?
- Très bien.
Comment il va ?
- Mal, mais c'est gentil de demander.
- L'important,
c'est que tu t'occupes de toi.- Je m'envoie en l'air comme toi ?
- C'est pas seulement ce que je voulais dire.
- C'est ce que tu voulais dire aussi.
- T'es un peu chiante.
- Oui, je suis chiante. Je profite des circonstances.
Mais t'es pas allée l'emmerder en taule, j'ai beaucoup apprécié.
Brouhaha des machines
---
- Qu'est-ce que tu fais là ? Ils sont où ?
- T'inquiète, ils sont au coin enfants.
Y a quelqu'un qui les surveille.
- C'est pas une bonne idée.
T'aurais pas dû venir.
- C'est pas faux.
Pourquoi je suis venue ?
---
On était pas motivé par le parc,
alors on est passé te voir.- Oui, mais quand même,
tu devrais pas rester.
- T'as raison, j'aurais pas dû venir.
---
Je sais plus comment on sort.
---
Hou !
Toutes ces blouses blanches, ça fait beaucoup.
---
Bon, j'y vais.
À plus tard.- À plus tard.
---
Musique mystérieuse
---
---*Sonnerie de téléphone
------
---
Arrête, Yacine. Arrête.
---
Je suis au travail, je peux pas parler.
---
Qu'est-ce que tu racontes, là ? J'abandonne rien du tout.
---
Tu sais que je l'ai pas eu encore, le parloir. Stop.
C'est bon, je dois raccrocher.
---
Des pas approchent.
C'est quoi ce bazar, là ?
Descends.- Ah, Mina, ça va ?
Ça va ? On s'est bien amusés, je crois.
Ils ont fait les bandits,
on a volé une béquille pour péter les ballons.
- Il est joli ?
- Il est beau, ma chérie. Allez, à la douche.
- Non.- Quoi ?
- Noor !- Qu'est-ce que tu fais ?
Donne, ça porte malheur.
Lâche, on joue pas avec ça.
Allez, à la douche, là !
Y a pas de non.
Vous voulez finir comme le renard et les mouches ?
Allez, debout.
Je rigole pas, il est tard.
- On s'en tape.- T'as dit quoi, là ?
Attention, on dit pas "On s'en tape".
- Attention, on dit "On ne s'en tape pas".
Bon, Noor et Julien, venez.
- Allez.
- On y va ? Julien ?
Non !- Pose ça, donne.
Elle écoute rien. Donne.
Alma rit. - Tu lâches.
T'as de la force.- Ça me fait pas rire.
- Tiens.- Merci.
- Allez, on y go, les enfants.
On va prendre une douche, Julien ? Une petite douche ?
Une douche ou un bain ?*Sonnerie de téléphone
---
Elle soupire.
---
Laisse, Mina, y a Cristina pour ça.- C'est rien.
- Ils veulent un bisou.
Ils ont de l'énergie, tu devrais être fière.
- Je le suis.
- Si vous aviez les moyens de nous faciliter un peu la vie
en accédant à notre demande, nous sommes preneuses.
- Oui, ce serait vraiment gentil de nous faciliter.
- On l'espère très fort.
- Intégrer les enfants en cours d'année,
c'est pas si simple.
Cris et jeux d'enfants au loin
---
- Ce que Mina ne vous dit pas,
c'est que son mari est en prison pour délit de fuite.
Et à sa sortie, elle ne souhaite pas refaire sa vie avec lui.
Elle ne supporte plus cette insécurité.
C'est bien ça, Mina, non ?
- Oui, oui.
- Tu disais que c'était pas une vie pour les enfants.
Et pour toi non plus, d'ailleurs.- Moi, ça va encore.
- Oui, mais c'est pas facile.- Oui, c'est pas facile du tout.
- Mais il faut savoir aussi
qu'il y a plusieurs raisons au traumatisme de Mina,
car au moment de l'accident,
la femme qui était sur le siège passager
était en fait une maîtresse...
C'est un peu trivial de dire ça comme ça.
Mais elle était la maîtresse
du mari de Mina, voilà, donc...
C'est un grand coureur,
le mari de Mina.
Je suis désolée de dire ces choses douloureuses,
mais je pense que madame appréciera notre transparence.
- Oui, j'apprécie.
Il faudra une attestation de domiciliation.
- Elle est domiciliée
dans le quartier, chez moi.
- Vous êtes... Vous êtes en couple.
- Ah, non, on n'est pas en couple.
Nous cohabitons. Voilà, la maison est grande.
Et une affaire réglée.- Franchement, respect.
- Au revoir.- Comment tu l'as embobinée.
- T'as vu ça ?- Tiens, ta veste.
Elle est un peu serrée.
- Merci beaucoup.
- Vous dormez, maintenant. - Tu laisses ouvert ?
- Oui, je laisse ouvert. Allez, on dort.
(Les enfants se chamaillent.)
- C'est la perfection qui pardonne pas.
Quand je dansais, j'étais pas là et il me trompait pas.
J'étais juste un tutu blanc au milieu du rang, mais pour lui,
j'étais une étoile.
Musique curieuse
Quand j'ai arrêté, je me suis beaucoup occupé de lui.
Un peu de moi aussi.
Et après...Elle souffle.
C'était n'importe quoi. Il était de moins en moins là.
Un jour, j'en ai eu marre.
Je l'ai quitté.
---
J'aurais jamais dû arrêter de danser.
---
Puis il a réussi à me convaincre de revenir
et il m'a acheté ce grand tableau.
---
Je suis la femme de sa vie.
---
Tu vois qui c'est ? Tu connais ?
---
C'est Barychnikov.
Tu connais pas Micha ?
- Pas du tout, non.- Non ?
On avait été le voir à Copenhague avec Christopher.
---
La perfection.
---
C'est un autre monde, un homme qui danse.
---Elle rit légèrement.
---
En tout cas, ça, c'est mon tableau à moi
pour se faire pardonner celles qu'il s'envoyait.
Quand je te dis "Profite",
"Accepte",
moi, j'ai pris le tableau.
---
Elle soupire.
Ils gémissent légèrement.
---
(- T'as pas envie ?)
Ils sont essoufflés.
Pourquoi t'as mis un jean ?
- Quand je suis partie ce matin,
j'ai mis un jean pour pouvoir te parler.
(Mais j'ai envie de l'enlever.)
(- Putain.)
Putain, mais...
Pourquoi tu parles jamais ?
Pourquoi t'es toujours embrouillée comme ça ?
Je voudrais que tu me dises des trucs.
- Quels trucs ?
- Que tu m'aimes, que tu te fais chier, que t'es en colère.
Des trucs normaux, qu'on dit dehors.
- On les disait, dehors ?
- T'as rencontré quelqu'un ?- J'ai que ça à faire.
- On échange ? Tu veux prendre ma place ? Parle, alors !
- C'est quoi le problème avec les montres ?
- De quoi ?
- Yacine est venu me voir.
Il m'a parlé des montres.
Je pensais que tout ça, c'est fini.
- Ben oui.
- Eh ben, tu le connais. Tu sais qu'il est pas stable.
J'ai rien à voir avec ça.
- Y en a plus, des montres ! T'étais au procès.
Les petits ici jouent aux braqueurs.
Les montres, c'est le hit de la revente.
Mais c'est du vent, du n'importe quoi, du radio prison !
Yacine, il deuil son frère.
Moi, je pense tous les jours à Idir, t'entends ?
Tous les jours, je pleure Idir quand je pense pas à toi.
C'est toi, Idir, Idir, toi.
Même les petits, je sais pas à quoi ils ressemblent.
Pourquoi ça le prend d'un coup, là ?
Qu'il te lâche, qu'il me respecte.
- Peut-être parce que je suis partie.
- Qu'est-ce que tu dis ? T'es partie pour aller où ?
- T'inquiète pas, je gère.
J'arrivais plus à Narbonne, c'était trop loin.
J'ai trouvé un job, on s'est organisé avec les enfants.
- Mais t'es où ?
- Chez une codétenue. Elle m'héberge, elle a de la place.
- Tu t'installes chez les gens ?
- Mais ça va, c'est une femme et elle est fiable, gentille.
Ça existe encore, les gens comme ça.
Regarde.
Aujourd'hui, j'ai pas oublié.
- Ça me fait mal que tu sois toute seule à gérer.
(- Ça va.)
Je mettrai une jupe la prochaine fois.
On toque.
On entre.
Tintement de clés
- Allez.
Brouhaha léger
---
- T'en dis quoi, gardien ?
Y a pas moyen de trouver un lit ?
---
- Je t'ai mis une crêpe. J'ai des restes.
J'avais des invités.
C'était marrant.
---
Ils ont fait l'AG, ça s'est bien passé.
---
Tu leur manques, tu sais.
---
- Ils se passent très bien de moi,
comme tout le monde.
- T'es con.- Oui,
je suis bien con.
---
- Y a que toi qui le penses.
---
Tu signes là ?
- Le problème, c'est que
c'est essentiellement moi que j'entends penser.
- Hm.
Là.
---
Merci.
---
- Ça passe pas.
- T'en veux pas ?
T'aimes pas ?
---
- C'est dégueulasse.
---
- Elle est sèche ?
Petit rire
C'est pas moi qui l'ai faite.
Il pouffe.
Brouhaha léger
---
- Bon.
---
- Ça va, madame Lund ?- Oui, ça va.
---
Elle renifle.
---
- Bon, ça marche pas, il faut attendre. Ça bug.
Allô ? Ouais, au secours. Tout est bloqué.
J'y comprends rien.
Ouais.
Sinon, vous pouvez vous inscrire sur Internet.
Ou alors, faut attendre, ça va bien marcher à un moment.
- Ah non, on attend.
On attend un peu, comme ça, c'est fait.
J'ai pas le temps de procrastiner, moi.
Rires
- Il sort le pot, le regarde dans tous les sens.
Et puis avec sa gueule enfarinée, il me fait...
"C'est quoi, ça ?"
C'est des rillettes du Mans, M. le gardien.
"Pas gardien, surveillant !
"Ça passe pas, on peut mettre des choses dedans."
Des choses ?
Quelles choses, M. le gardien-surveillant ?
"Des choses. Et c'est surveillant, tout court."
Regardez, si j'y mets ma main, on sent rien.
Mettez-y la main. "Ça veut rien dire."
Vous préférez
des rillettes transparentes, M. le surveillant ?
"Je préfère rien du tout." Bon, d'accord.
Mais prenez-les pour vous, elles vont se perdre.
"Et si elles sont empoisonnées ? Il se passera quoi ?"
Vous serez mort, et on sera tous très tristes.
- Ça va bien, le show !
On est pas à la télé.
- J'y suis pour rien si ton mec est interdit de parloir.
Te trompe pas d'ennemi.- Laisse mon mec.
Et ferme ta gueule, ça changera.
- Ils ont annulé votre parloir ?
- Regarde ailleurs, toi.
- C'est dur, quand on n'attend que ça
depuis 15 jours.
- Arrête tes conneries.
Ça va pas t'arriver.
- Qu'est-ce que tu racontes ?
Son mec, ça fait 3 ans. Elle a fait 1 000 visites.
- 103 visites.
- Voilà. 103, 123,
133, 143, c'est bon, ça suffit, ça va ?
C'est assez ? Tu connais sa vie, t'es voyante ?
- Laisse tomber, elle a la rage.- Moi, j'ai la rage ?
Oui, j'ai la rage.
Elle s'éloigne.
Elle sort.
Alarme de voiture
---
- Excusez-moi, excusez-moi.
Je suis très en retard, mais ça roule mal.
Pardon, pardon.- Il est très bien, ce petit.
Rassurez la maman.- Vous faites un métier magnifique.
Mais c'est très mal indiqué. C'est où, la primaire ?
- Là derrière. Contournez le bâtiment.
- Ah, de l'autre côté.
Merci.- Au revoir.
Et le sac.- Ah, le sac, pardon.
Tu viens, Julien ?- Au revoir.
Guitare désaccordée
- Et là, regarde...
- Non, oh la la, hé.
Hé, doucement, doucement.
- C'est le... Comment ça s'appelle ?
C'est le HDMI qu'il faut trouver.
- HDMI 2.- Oh la la.
---
Peut-être c'est celui-là.
--- Alma gémit.
C'est bon, là, ça marche ?- Non.
Ah, c'est bon.- Génial.
--- Téléphone
- Allez, pose la guitare. Dépêche-toi.
Dites merci à Alma.- MERCI.
---
- Allô ?
Pierre ? Ça fait plaisir de t'entendre.
*Musique douce
---
*Musique animée- Hop, c'est parti.
--- *Crissements de pneus
Allez.- Ah...
---
- Attention, elle va tomber.
--- *Fracas
Attention, attention.
---
- Et hop.
---
Tombez, tombez.
---
- Christopher va être libéré.
C'est juste une question de temps.- C'est génial.
---
- Non, c'est moi.
- Oui, c'est génial.
---
J'arrive pas à y croire.
- Et là, appuie sur...
---
- Tout ça à cause d'une mutation, si je comprends bien.
---
La femme du frère de la nouvelle juge
a été opérée d'une tumeur par Christopher.
Forcément, il y a une certaine reconnaissance.
- Mais c'est super.
---
- C'est super.
---
- Je suis devant le château.
- C'est l'avantage du neurochirurgien.
Plein de gens te doivent la vie.
---
- Vous voulez changer de jeu ?
Ou pas ?- Non.
---
- C'est sympa de voir du monde ici.
C'est cool.- Viens à la voiture.
---
Brouhaha des machines
---
- Y a quelqu'un qui t'attend au débarquement.
---
- OK, merci. - De rien.
---
- Qu'est-ce que tu veux ?
---
Faut pas venir ici.
---
- Je suis venu voir ta nouvelle vie.
---
J'appelle, tu réponds pas.
---
Alors ?
---
- Il a rien à dire, Nasser.- Ah...
Y a plus de montres, alors ?
---
Le monde est dur, Mina. L'oublie pas et m'oublie pas.
---
--- Musique douce
------
---
- Je sais ce qu'il nous faut.
RAF.
R-A-F, comme les avions anglais.
---
Royal Air Force.
---
R-A-F comme "Rien À Foutre".
---
On part en virée.
---
On oublie la prison.
On peste que contre nous-mêmes.
- Et l'école ?- L'école, on s'en fout !
Je préviens la directrice, pas de problème.
L'école, c'est important, mais nous aussi.
On a besoin d'air.
---
Hou !
Les enfants jouent.
---
--- Alma soupire.
Si on s'emplafonnait,
on pourrait dire que c'est la faute de Christopher.
- Y a des enfants à l'arrière.
Les enfants jouent.
---
- Allez, allez, dépêchez !
Allez, grand, vas-y.
Allez, venez, rentrez.
On va être trempé, là.
Et faites attention au matériel.
Tout le monde est là ?
- On trinque ?
- Merci.
- À Christopher.
- Cheers.
- Qui tué une piétonne
parce que sa maîtresse s'occupait de lui.
Une pipe et boum !
Non, mais je m'excuse de dire ça comme ça.
Mais ton mec te trompe avec tout ce qui bouge.
- C'est peut-être la colère qui me fait tenir.
Ou le sens de l'humour, aussi.
Il baise tout ce qui passe et m'offre des affiches.
C'est spécial, non ?
Toi aussi, t'en avales, des couleuvres.
- Non, c'est pas comparable.
Plus t'en prends dans la gueule, plus tu fais ta bonne humeur.
Je vois bien que ton mec, t'en peux plus, tu l'aimes plus.
Ça se voit.
C'est pas une vie, ça.
- Bonjour, mesdames.
- Bonjour. - Excusez-moi, mais c'est dingue
de faire les plages avec ce temps-là, non ?
- Et vous ?
- Je suis moniteur de paintball, là. Fred, pour vous servir.
- BONJOUR.
- Je m'appelle Alma. Elle, c'est Mina, ma petite sœur.
- D'accord.- Ça se voit, non ?
- Oui, y a quelque chose.- On nous le dit souvent.
Alma pouffe.
- Et les beaux-frères, ils sont pas là ?
- Comment ça, les beaux-frères ?
- Vos maris, les beaux-frères de chacune.
- Pourquoi on serait mariées ?
Vous me le tenez ?- Avec plaisir.
Merci.- Voilà.
- Tenez.- Merci.
À la vôtre.- À la vôtre.
Musique tendre
---
- Ça va?- Ouais.
*Notification
(Noor) - Je vais me débrouiller.
---
- Je vais chercher les affaires.---
- Pourquoi je peux pas rester habillée ?
- Parce que toi, t'es grande. Allez, mets ton pyjama.
Dépêche-toi.
---
Musique mystérieuse
---
---On entre.
---
- Noor s'est fait harceler devant l'école.
- C'est-à-dire ?
- On lui a tiré les cheveux, pris son cartable.
J'ai cru qu'ils avaient pissé dessus,
mais je crois pas, en fait.
- Ils ont quel âge ?- Je sais pas, le même âge qu'elle.
Tu t'en fous ?
- Non, j'irai voir la maîtresse.
Tu veux un œuf ?- Non, merci.
Ça a été ?
Le boulot, ça a été ? C'était l'inventaire annuel ?
- Non. Nettoyage des cuves.
Ouais, ça va, c'est fait.
- J'allais souvent à la clinique, j'ai jamais été aux cuves.
- T'as pas eu besoin d'aller à la blanchisserie.
- Une cuve, c'est moche. Peut-être pas,
mais je regarde pas ce qui est moche.
Ta chaise, c'est celle que Christopher préférait pour son café.
Profites-en pendant que tu peux. Il est toujours dessus.
Je la regarde jamais de face.
De profil, ça passe.
Mina soupire légèrement.
Tu dis rien ? Tu penses à quoi ?
- Je vais chercher un appartement à Bordeaux.
- Tu rigoles ?
Comme si on manquait de place.
Qu'est-ce qu'elle est moche, cette chaise !
Je l'ai jamais aimée.
J'ai jamais compris ses choix.
Pourquoi cette chaise ?
Il a le sens des investissements, mais pas des barreaux de chaise.
Pluie
---
Qu'est-ce qui fait qu'on fait les bons choix ?
---
Le petit tableau dans ta chambre est tout chou,
mais celui à côté avec la dame à un œil, je l'ai toujours détesté.
Pourtant, bon choix.
Il valait 9 000 et il en vaut 4 fois plus.
La culbute.
L'autre, il est passé de 25 à 90
et le troisième dans l'escalier,
de 9 à 19.
---
Trop fort, Christopher, hein ?
---
Il fait dans la quantité, il diversifie.
Il est sûr de gagner.
---
Il a fait ça partout avec tout le monde.
---
Il amasse, il fait des réserves.
J'ai plus de place dans le dressing tellement il en cache.
---
Est-ce que tu crois
---
qu'on fait
des erreurs ou des choix, dans la vie ?
---
- On fait ce qu'on peut.
---
Alma rit.
Pluie
---
Qu'est-ce que... Aïe !
---
Alma gémit.
Pluie
---
Arrête.
- T'aimes pas qu'on te touche, hein ?
Hm ?
---
---
- 400 bornes aller-retour. Tu me dois un plein.
- Nasser peut pas me dire où sont les montres.
- Ou il veut pas.- On s'en fout.
L'important, c'est que tu récupères ton argent. Viens.
Regarde.
Y a qu'à prendre.
L'art est le meilleur investissement.
Tu vois que c'est un peintre qui vaut cher.
- Et les caméras ? - Il est dans la maison.
Tu veux le voir ?- Non, non.
- Tiens, regarde.
Regarde.
Regarde, je te dis.
Tu vois ?
C'est le même peintre.
Le proprio est un connard avec sa femme
puis lui déchire des affiches.
Je te ferai un plan.
Tu le prends et tu nous fous la paix.
Faudra un camion de déménagement.
Il faut que ce soit demain, on a parloir.
Y a que ce jour-là qu'elle sort.
- C'est bien. T'es une sacrée stratège, t'as pensé à tout.
T'as juste oublié que les flics vont aller sur toi.
Une Arabe
avec un mari en taule qui emménage avant le cambriolage,
c'est écrit que c'est elle.
- Elle appellera pas les flics.- Tu connais mal les proprios.
- Elle les appellera pas.
Je veux juste que tu nous laisses.
S'il te plaît.- Hé.
C'est pas comme ça que ça va se passer.
Tu vas me guider, comme ça, tout le monde est mouillé.
- Je peux pas, j'ai parloir avec elle.
Ce serait pas crédible.- Tu te démerdes.
Je prends tes gosses avec les tableaux ?
Peut-être que tu veux me piéger. C'est ça que tu veux ?
- Non.
- C'est ça que tu veux ?- Non.
C'est un vrai plan, c'est facile.
Il est dans l'entrée, tu le prends, tu te casses.
- T'as qu'à faire des gâteaux.- Non, ils refusent.
Ils ont peur qu'on y glisse un poignard.
- Ou de la drogue.
- La drogue, c'est les avocats. Ça arrondit leurs fins de mois.
- Je suis sûre que c'est vrai.
- Un jour, une gardienne a trouvé des photos
dans la culotte d'une fille.
- Des photos ? Rires
- Oui !
Des photos, des photos, des photos...
Des photos d'elle à poil.
- Pour son homme ?
- Non, pour un gardien.
Enfin, elle espérait que ce soit un gardien qui les trouve.
- Complètement tordue.
- Non, romantique.- Il faut savoir une chose.
Alma imagine ça, car elle fantasme sur un gardien.
- L'uniforme, ça fait effet.- Moi,
je crois qu'il y a une symétrie parfaite
entre le fantasme de l'uniforme chez la femme
et le fantasme de l'univers... De l'uniforme en blouse...
Elle balbutie.
- T'es en pleine forme, Alma.
- Oui, j'ai juste une petite insolation...
Avec le cheese-cake, ça va aller.
- Voilà, le gâteau préféré de Christopher.
- Ah, notre cher Danois. - Norvégien !
Air doux Bavardages
--- ---
- Quoi ?
--- ---
- Bonsoir.
--- ---
- Ah, enfin !
La voilà.
T'étais où ? J'ai appelé la clinique.
- J'avais une course à faire.
- Tu m'as pas demandé la voiture ?
- J'y ai pas pensé.
- Alors, Mina, je te présente mes amis.
Emmanuelle, ma meilleure amie. Daniel, son mari.
Jean-Paul, l'associé de Christopher, grand mandarin et néanmoins
saxophoniste à ses heures.
Eugénie, un nom ancien, une femme moderne.
Delphine,
qui se cache là-bas.- Bonsoir.
- Florence, ma cousine. Anne,
ma copine de conservatoire.
Et last but not least, Pierre...
- Mon mari.- Le mari de Delphine.
Mon avocat et non moins ami.
Et moi, je vous présente Mina.
- Enchanté.
- Enchantée.
- Vous remplacez Cristina ?
- Ah non, t'y es pas du tout. Elle rit.
Non, non.
Mina, c'est ma codétenue.
Elle habite ici et c'est mon amie.
- Pardon, la gaffe. Je suis désolé.
Pardon.
Bienvenue, chère Mina.
- C'est à Pierre qu'on doit cette fête.
C'est lui, le héros du jour.
Christopher sort dans un mois, c'est officiel.
Saxophone
Et parfaitement définitif.
- BRAVO.- Pierre est un immense avocat.
C'est la Rolls des avocats.- J'y suis pour rien.
On a eu la chance de tomber sur un juge honnête.
--- Rires
C'est rare, mais ça existe.- Parfois, il vaut mieux
une Punto, comme avocat.
- C'est vrai.- Les Rolls,
ça peut irriter un juge honnête.
- Le secret, c'est de rester humble.
--- Rires légers
Voilà. Oh, regardez-moi ces merveilles.
Bruit attendri
- Y a des gosses ?
- Voilà, tu les as réveillés. - Vous faites quoi ?
- On dirait un livre de Gérard de Nerval.
- Tu sais que c'était le 1e orientaliste de terrain.
- Qu'est-ce que vous êtes beaux !
Qu'est-ce qu'ils sont beaux, ils sont charmants.
- Vous voulez mesurer leur crâne ?
- Ben oui, non, je sais pas. J'ai trop bu,
mais pardon.
Pardon Nina, mais... - Mina.
- Mina.
- Hm, il est bon, le vin.
Cher et bon comme les bons avocats.
Allez, venez, les enfants.
Hasta luego.
Ils s'éloignent.
---
Bavardages et rires au loin
---
Ça va ?
- Ça va.
- C'est pas la peine de venir me chercher tout à l'heure.
Ils ont annulé mon parloir.
- Ah bon, pourquoi ?
- Je sais pas, ils ont rien voulu dire.
Je suis dégoûtée.
- Dégoûtée ou soulagée ?
- Les deux.
- Salut.
Brouhaha des machines
---
Oh...
Elle renifle.
Les enfants jouent.
---
- Merci.- Cristina s'est mariée à Piranha ?
- Pourquoi les poissons mangent les enfants ?
- C'est à Tirana, et les poissons mangent pas les enfants.
C'est dans les dessins animés.
*Musique animée
Petite surprise.- MERCI.
- Bisous.
Et vous les enlevez pas.
---
Allez.
Hop.
---
Et hop.
- MERCI.- Restez tranquilles.
--- Les enfants bavardent.
--- ---
Tonalité
---
Elle souffle.
Tonalité de marche arrière
---
Musique de suspense
---
- C'est bon ?
- Allez.Bruit sourd
---
- Attention, le lustre.
Là, là.
---
---*Musique animée
------
---
- Allez, c'est par là.
---
Viens.
---
- Et si elle revient pas ?
Elle gémit.
---
Yacine s'éloigne.
---
--- Elle soupire.
Porte d'entrée
Elle soupire.
- Puis on va cohabiter, tu sais.
J'ai une coloc, maintenant.
Brouhaha léger
Elle s'appelle Mina.
---
Je l'ai rencontrée au parloir. Peut-être tu connais son mari ?
Il s'appelle Nasser, tu vois ?
Nasser Hirti.
---
Tu m'entends ?
- Il peut avoir envie de sacquer
une grosse pointure.
Un avocat cher et en vue, ça peut nuire.
En général, il vaut mieux faire profil bas.
- T'es négatif.
---
On a gagné, Pierre me l'a dit.- Si le juge
est lié, même lointainement, au jugé,
ça s'appelle un conflit intérêt, non ?
Ça va se retourner contre moi.
- Comme avocat, il vaut mieux avoir une Punto qu'une Rolls ?
- Oui.
Apprendre à faire profil bas.
- Comme dirait Mina, pourquoi les riches prennent la Rolls ?
- C'est qui, Mina ?
---
Tant que je serai pas dehors, je serai dedans.
---
- J'ai du mal à croire que tu seras bientôt dans mon lit.
Enfin, dans notre lit.
---
- As-tu retrouvé un nouveau chat ?
---
- On a toujours été ensemble, je t'ai toujours soutenu.
---
Je sais que tu m'aimes.
---
J'ai envie de toi.Elle rit.
- Arrête, Alma.
Je t'en supplie, arrête.
Arrête.- On va tout réapprendre, d'accord ?
- Arrête !
Brouhaha léger
---
- Hou !
---
Courage.
---
- Humiliation ?
---
- Non, on est plus fort que ça.
---
- Alors, on va s'amuser.
- Ben oui.
---
Même avec les pires humains, c'est possible.
---
- Ouais.
---
- Tu vas remettre ta blouse ?
L'uniforme, ça fait toujours son petit effet.
--- Il pouffe.
Brouhaha léger
---
Elles seront toutes là. La maman, la putain...
---
La sorcière, la bonne sœur...
Même l'infirmière, elle sera là.
- Bah oui.
---
Musique de suspense
---
Cri étouffé
Gémissement
---
---
- Mina !
J'ai eu tellement peur.
Mina tousse.
- J'ai rien pu faire.
Je suis sortie de la douche.
---
- Ils t'ont frappée ?
- Non, juste ça, là.
Je te jure, j'ai rien pu faire.
- Ils ont pris mon tableau.- Quoi ?
Lequel ?- Mon tableau, quoi.
- C'est pas vrai...
Elle crie.- Quoi, je te fais mal ?
Elles sont essoufflées.
- Ils ont rien pris d'autre ?
- Non, je crois pas.
Y en a d'autres qui valent bien plus cher, pourtant.
---
Mina gémit.
(- J'ai la tête qui tourne.)- Les enfants vont bien.
- Oh putain, oui, les enfants. Ils sont où ?
Noor ? Julien ?
Les enfants ?
Mina parle aux enfants.
Ils vont bien. Tu fais quoi ?
- J'appelle les flics, quoi d'autre ?
- Ils ont dit que si on faisait ça, ils nous tueraient.
- Quand on est volé, on porte plainte,
au moins pour les assurances.
- Si t'appelles, ils vont remettre la faute sur moi.
- Mais moi, je suis bien obligée.- Non, on est obligées de rien.
Attends un peu, faut qu'on réfléchisse.
- Ils étaient nombreux ?
- Deux.
- Tu saurais les reconnaître ?- Ils avaient des cagoules.
- Ah, des cagoules, comme dans les films.
Et tu les as pas vus arriver ?
- J'étais sous la douche,
et d'un coup, j'ai senti des mains, et ils m'ont traînée,
et ils m'ont niqué les poignets. Regarde.
- T'as des traces ?
- J'ai mal, là. Aïe.
- Bah non, t'as pas de traces.
C'est dommage, les policiers sauraient
que t'as été agressée.
- Ça veut rien dire, ça. Tu les connais pas.
Ils auraient pu dire que je les ai faites toute seule.
- Je leur dirai que non, ils me croiront.
Moi, j'ai le profil crédible.
Je suis ta meilleure caution, une super couverture.
- C'est sûr, ouais.
- Je peux même mentir, dire que j'ai vu les cambrioleurs.
- Non, on va pas commencer à mentir.
- Y a que toi qui as le droit, alors ?
De mentir.
Y a que toi qui as le droit ?- Qu'est-ce que tu m'embrouilles ?
- Bah, je sais pas.
Je sais pas qui embrouille l'autre.
Mina rit.
---
Ça me chagrine que tu me croies si bête.
Des pas approchent.
---
Allez, ça suffit, la plaisanterie.
- Tu t'en fous, tu l'aimes pas !- Il est à moi !
- Je l'ai fait pour toi.- T'entends ta mère, Noor ?
Elle vole pour rendre service. Elle est sympa.
- Oui.- Je te débarrasse
de cette merde. Tu l'aurais jamais fait.
Vas-y, balance-moi.
Appelle-les, vas-y.
Appelle.
Appelle !Alma grogne.
Cliquetis
- T'as 2 heures. D'ici là, tu dégages. Je veux plus te voir.
---
- Allez-y.
Vas-y.
Sirène au loin
Monte, mon cœur.
---
---
*Sonnerie de téléphone
---
*Mina Hirti, laissez-moi un message.
*Tonalité
- Mina, je tombe sur ton répondeur.
Je t'imagine en fuite dans les forêts du monde.
Mais surtout,
je me plais énormément à imaginer ton air moqueur
de me voir le cul par terre
à me faire rire,
avec l'écho de ma voix dans cette maison vide.
J'écoute en ce moment même ce silence,
d'autant plus fort qu'il succède à une grande rencontre,
Mina.
Et, bien que ça m'emmerde de devoir l'admettre,
parce que tu m'as quand même bien roulée...
C'est toi, l'événement.
Le croque-mort, pour ainsi dire.
L'expérience radicale. Elle rit.
Garde l'auto.
Je me paie le luxe de plus te revoir.
La maison est libre et les poignées de porte chères,
si jamais.
Attention à la piscine pour les enfants.
Faut remettre en route l'alarme de sécurité.
Et magnez-vous le train.
Christopher revient bientôt.
Alma chantonne.
---
C'est une belle histoire
---
Tu dois être bien loin
---
J'ai oublié celui-là.
(Très beau.)
---
Et voilà.
Oh, Mina.
C'est une
Belle histoire
Hou !
Attention.
---
Bonjour, Cristina.
Il me semblait vous avoir entendue entrer.
- Mais il y a un camion dehors.- Oui, c'est un permis B.
---
Cadeau. Tu verras, c'est un placement intéressant.
Mais faut pas être pressé.
- Merci. Merci beaucoup.
Qu'est-ce que je dirai à M. Christopher?
- Que je suis partie m'acheter un camping-car.
---
Elle démarre.
Je Sens Tu Mens (Sarah McCoy)
---
- Asseyez-vous.
---
J'arrive.
---
- Je pleure
De te voir
Des larmes de joie
---
Ça remplit
Une rivière
Des larmes de joie
---
Authentique romantique
Sans l'amour, t'es rien
---
Une chanson magnétique
---
Quel beau va-et-vient
---
Dis-moi, tu mens, Je sens, tu mens
Tu veux serment heureux C'est la peur qui t'agite
---
La peur qui file La fausse colère
Ça me ravit Trop belle erreur
---
Le cul par terre La haine au sol
Les bras tendus poussent le plafond
Des tunnels où tu danses
---
Sous-titrage : Capucine Griot
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.