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La prochaine fois que tu veux 25 g, tu préviens d'abord. C'est clair ?
OK, oui. J'y penserai.
- Il y aura pas de prochaine fois. - Quoi ?
J'arrête.
T'es sûr ? Tu vas faire quoi ? Tu sais faire autre chose ?
- T'oublies mon numéro. C'est clair ? - Ouais.
Je t'appelle la semaine prochaine.
Alex Raphaelson, viens voir.
T'inquiète pas, je suis un ami de ton frère.
Viens, je te dis.
Tu lui diras que je veux lui parler.
C'est important. Mon nom, c'est Claude.
- Tu fais le mort, ou quoi ? - Tu fais le mort.
- Je suis en enfer. Un bisou ? - Non. Lâche-moi.
Pas de bisou, je te dis.
Alex, regarde ce que j'ai trouvé pour toi.
Regarde.
C'est une photo de papy.
Pour maman, tu lui ressemblais.
Prends-la. Je l'ai prise pour toi.
- Alex, il faut que tu me dépannes. - Je t'ai filé 1 000 euros.
Tu te souviens ?
- 1 000 euros, encore. - Je les ai pas.
- Je te rembourse dans une semaine. - Je les ai pas.
Va te faire foutre, Isaac. Tu sais ce que je vis ?
Je te demanderais pas, si j'en avais pas besoin.
Tu veux que je me mette à genoux, c'est ça ?
C'est ça ? Dis-le.
Je suis dans une mauvaise passe, c'est tout.
Je te les rends la semaine prochaine.
Au pire, je te file une montre. J'en ai à 8 000, pièce.
Non. C'est bon.
Prends ça.
J'ai que ça.
Putain ! Tu me sauves la vie, Alex.
- Je peux te faire un bisou ? - Non.
Enfin ! Viens là.
Bonjour, ma tante.
- Ça va ? - Oui. Et toi ?
Nathan, regarde qui est là.
Eh bien, dis donc...
Tu viens ici pour shabbat. Y a rien à bouffer, chez toi ?
T'es bête. Il vient voir son cousin préféré.
N'écoute pas ce schmock.
Allez, viens. Je t'embrasse.
T'as oublié tes cheveux en Israël, toi.
Bon. Tu vas rejoindre les invités.
Et toi, tu viens avec moi. Par ici.
Tu pourrais donner des nouvelles.
Je m'inquiète, pour toi.
Ça va.
Ah bon ?
Moi, je te dis que oui.
Tu réponds jamais, quand je t'appelle.
Et ton frère ?
Il va bien.
Mais je le vois pas trop.
Bon. Allez, va voir ton cousin.
Tu lui as manqué.
- Ça va ? - Oui.
Salut, Gabriel.
- Bonsoir. - Salut.
- Elle savait pas ? - Pas un mot. Depuis mon départ...
- Je pensais pas que tu viendrais. - Moi non plus.
Je te présente Jeanne,
une amie goy qui voulait voir un shabbat chez des mauvais juifs.
- Salut, l'amie goy. - Salut.
- Pardon. - Il est là, ton futur mari ?
Il est parti acheter des cigarettes il y a 4 jours et rien.
- Je m'inquiète ou...? - Oui. C'est beaucoup, 4 jours.
Il y a l'appel du gefilte fish, là, je crois. T'entends ?
- Je l'entends. - Bon. Allez, on y va.
Tu ne comprends rien à l'hébreu ?
- Quand tu dis shalom, oui. - Shabbat shalom.
Tu sais ce que ça veut dire ?
Ça veut dire...
Amen.
Hello. Ça va ?
Bonsoir, tout le monde.
Je suis venu sauver le soldat Nathan.
Il est là.
Bonsoir, ma tante. Ça va ?
Salut, Isaac.
C'est pour toi.
Il est magnifique.
Bonjour, papa.
T'étais où ?
Ben, c'est toi qui avais disparu.
Mais non.
- Ben, si. - Regarde.
Oh, merci.
Je le gâte pas. Je lui avais promis.
C'est vrai. Je le confirme.
Tu veux pas m'embrasser, toi ?
Ça va ?
Oui. Et toi ? Ça me fait plaisir, de te voir.
- Qu'est-ce qui a changé ? - Ça.
Je lève mon verre au fou qui a tenté sa chance dans le pays des fous.
Ça va ?
Oh, merde !
Excusez-moi. C'est mon associé, il faut que je réponde.
Allô ?
Esther se marie, alors ?
Tu croyais qu'elle allait t'attendre ?
Ben, non. Mais enfin, c'est hyper rapide, non ?
Il a dû être convaincant. Avant, c'était pas son genre.
- Et c'était quoi, "son genre" ? - Ben, moi.
Par contre, sa copine, là.
Si elle se retourne là, je lui plais.
Elle se retourne pas, là.
Regarde-moi.
Putain ! Enfoiré, va.
Je comprends pas, ça.
On paie sa clope, ou quoi ?
Alors, qu'est-ce que tu fais, en ce moment ?
Je me débrouille.
- Et toi ? C'était bien, l'armée ? - Pourquoi t'en parles ? C'est fini.
Tu vas faire quoi, là ?
- T'es curieux. - Allez, crache, Nathan.
Avec 2 mecs du régiment, on ouvre un resto à Tel-Aviv,
dans un atelier qu'on retape.
Tu vois La Mezzanine, à Odéon ?
C'est un genre de lieu comme ça.
Tu bouffes jusqu'à 23 h, minuit.
Après, tu danses.
On va cartonner, là-bas.
Tu veux pas me mettre dans ta valise ?
Quoi ?
Quand tu pars, tu me mets dans ta valise ?
Les gars, vous avez pas un petit truc à fumer, là ?
Non.
- J'ai rien. - Et toi ?
- Non, il faut que j'y aille. - Déjà ?
- Qu'est-ce qu'il a ? - Je sais pas.
Alex, attends.
- Il faut que je te parle. - Non.
Tu sais pas ce que je vais dire. Tu penses que je veux de l'argent ?
Non seulement je t'en demande pas, mais je t'en rends.
- Tu m'écoutes ? - Oui.
Tu te souviens de la pharmacienne, Rebecca, à Convention ?
J'ai eu une petite histoire avec elle.
Elle s'imagine que je vais quitter Anaëlle.
J'ai trop parlé. Elle menace de tout lui raconter.
- Et...? - Va la voir et dis-lui
que je quitterai ni ma femme, ni mon fils.
C'est n'importe quoi.
- Je les quitterai pas. - T'entends ce que tu me dis ?
Ça te coûte quoi ? Si c'est toi qui lui dis, elle t'écoutera.
- C'est pas ma vie. - Je sais, mais...
Lâche-moi, lâche-moi.
Qu'est-ce que ça peut te...
Isaac ? Je te cherchais.
J'arrive.
- Mais tu dors jamais, toi ? - Toi non plus.
Fais pas de bruit. Ma mère dort.
- Va à gauche. - Dans ta chambre ?
- Ça va ? - Ça va.
T'en tires, une tronche.
Je pensais à ce que tu disais sur le resto, Israël et...
Je me disais...
C'est peut-être un truc pour moi, quoi.
Je pourrais t'aider. Je sais pas.
Je m'y connais bien. Je voulais ouvrir un resto.
Oui. Je sais.
Je me disais que ça me ferait du bien.
Partir, ça me ferait du bien.
Quand je suis parti, tu t'es foutu de moi.
Tu disais que c'était "un pays de merde".
- Et là, maintenant, ça t'intéresse ? - Ouais.
Mais tu crois quoi ?
Que les choses arrivent comme ça, sans rien faire ?
Qu'il suffit de trouver quelqu'un de sympa qui t'aide
et que tout s'arrange ?
Mais tu rêves...
Je sais pas si je peux te faire confiance.
Et puis mes associés...
ils sont coriaces.
Dis-leur que je le suis aussi.
Mais il te faudrait de la thune, Alex.
Combien ?
Là, chacun met 15 000 euros dans l'affaire.
Si je leur dis que tu es associé,
il me faut le maximum là, avant mon départ.
Et tu dois faire ton alyah, aussi.
OK.
Quoi, "OK" ?
- Tu sais ce que c'est ? - Oui.
Ça te prend comme une envie de pisser ?
Si tu veux. Oui.
J'y crois pas.
Tu dis ça comme ça.
Mais bon. Réfléchis bien.
Là-bas, c'est autre chose.
Ça va. Je sais, papa.
- Tu parles un peu hébreu ? - Ouais.
Si je te dis...
Si je te dis, par exemple...
Tu vois ce que je veux dire ?
Tu parles pas hébreu, quoi.
Tu t'es foutu de ma gueule ? Si. Putain !
Tu veux voir où c'est ?
Ouais.
Ça, c'est Tel-Aviv.
Et le resto, il est... Tu vois le port ?
C'est juste là, entre cette plage et cet immeuble.
Là.
Il faut que je me grouille. Un client m'attend à Roissy.
Qu'est-ce qu'il y a ? Pourquoi c'était si pressé ?
- J'ai besoin de 15 000 euros. - Quand même...
Il y a qu'avec la coke.
- Oui. Je sais. - D'accord.
Pourquoi t'as besoin d'autant ?
Mon cousin a un plan en Israël.
Au pays des petites crêpes sur la tête ?
Qu'est-ce que tu vas y faire ?
C'est "des kippas", le nom.
Alors, quoi ?
- Tu m'abandonnes ? - Non. Pourquoi tu dis ça ?
Il sera content, le cousin, que tu deales pour aller en Israël.
On me fait la morale,
et après, on veut s'y mettre ?
- Tu peux m'aider ? J'arrive pas... - Oui. Bouge pas.
Mon cousin n'en saura rien.
Je fais ça parce que je suis speed. C'est tout.
Après, j'arrête le deal.
Bouge pas.
- Merci. - Là. T'es beau.
Et ton frère, il sait que tu pars ?
Moins il en sait, mieux je me porte.
De toute façon, il porte malheur.
- Toi, tu portes bonheur ? - Exactement.
Je te propose pas de te déposer. Vas-y en Mobylette.
Désolé, j'ai pas le temps. Tu m'appelles ce soir ?
Oui. Je t'appelle.
Bonjour, madame. Je cherche la mosquée.
- Je me suis perdu. - Salut, Alex.
- Ça va ? - Oui. Et toi ?
On n'a pas eu le temps de se voir, chez Aline.
- Ben, ça va. - Ça va ?
Et qu'est-ce que tu fais là ?
J'ai besoin de toi.
La dernière fois que tu l'as dit, tu m'as quittée.
Je dois apprendre l'hébreu.
- C'est vrai, tu vas en Israël ? - Oui.
Toi, tu vas en Israël ?
Avec Nathan.
Mais tu sais qu'en Israël, il y a que des Juifs ?
Ah bon ?
- T'as beaucoup de copains juifs ? - Pas trop.
Les Juifs, s'ils sont nombreux, peuvent être chiants.
Regarde nos familles. Surtout la tienne.
Arrête.
- T'es allée 15 fois en Israël. - J'ai jamais pensé y vivre.
Ben moi, oui.
Tu veux bien ?
Non. Je vois pas pourquoi je ferais ça.
- T'es une sainte. - Ne blasphème pas.
Samedi. 8 h.
"8 h."
Du matin, crétin !
Il faut que j'y retourne.
Merci.
C'est bon. Vous pouvez y aller.
- Bonjour. - Bonjour.
Écartez les bras, s'il vous plaît.
Pouvez-vous me citer des fêtes juives, s'il vous plaît ?
- "Des fêtes juives" ? - Oui. Allez-y.
Il y a Pessah, Hanoukka, shabbat...
C'est bon. Allez-y. Passez dans le portique.
- Au revoir. - Merci.
Venez avec moi, s'il vous plaît. Bonjour.
Je m'appelle David Meyer, et je suis votre shalliah.
Je suis français, israélien. Je suis à Paris pour 2, 3 ans,
pour vous aider à faire votre alyah.
C'est aussi la volonté d'Israël, vous vous en doutez.
Il faut rejoindre ce pays, le pays de tous les Juifs.
Ce n'est pas un hasard, si vous voulez changer de vie.
Ce n'est pas un hasard, si vous voulez rejoindre ce pays.
Regardez ce portrait de Théodor Herzl.
Sa grande invention, c'est le sionisme.
Pour lui, c'était le moyen de lutter contre l'antisémitisme
et la meilleure façon que le peuple juif prenne son destin en main.
C'est pas une belle idée ?
N'imaginez pas que ce soit une chose facile, la Terre promise.
Quitter votre confort français pour Israël,
pays qui peut être en guerre à tout instant
- certains diront "constamment" - est une chose importante,
un acte déterminant.
Gardez cela en tête, à chaque étape de vos démarches.
- Tout le monde a bien compris ? - Oui.
Bien. On passe aux questions.
Je vais vous distribuer un programme.
Ensuite, on commencera.
- Tenez. - Merci.
- Vous êtes nerveux ? - Non.
C'est un entretien. Vous inquiétez pas.
Vous y êtes pas encore.
Vous connaissez bien Israël ?
J'y suis allé 1 fois, enfant.
Pourquoi ?
C'est rare, d'avoir un candidat qui connaît mal Israël.
Ça change quelque chose ?
En effet, ça change rien.
Pourquoi vous voulez y partir, alors ?
Je peux avoir un travail dans un restaurant.
Je dois m'occuper des travaux.
C'est une chance, pour moi.
Vous partez sans préparatifs ?
Je veux être sûr que je ferai pas le service militaire.
Les avantages et pas les inconvénients. C'est ça ?
- Vous avez quel âge ? - 27 ans.
Vous ferez pas l'armée.
Mais si une guerre éclate,
vous pourrez être appelé comme réserviste. Compris ?
Il faut que je fasse quoi ?
Dans un 1er temps, il vous faut un certificat de judaïcité.
Ils vous diront quoi faire, au consistoire.
Après, remplissez le formulaire et revenez me voir.
Une dernière chose, M. Raphaelson...
Vous n'avez pas de casier ?
Non.
Si c'est le cas, dites-le.
J'ai vu un homme qui m'avait caché ses antécédents judiciaires.
Il a pris l'avion, et à Ben-Gourion, retour à la maison.
Il pourra peut-être pas repartir.
J'ai pas de casier.
- Ça va ? - Bien, ou quoi ?
- Ça va ? - Ça va, ou quoi ?
- T'es là pour Paulo ? - Ouais.
Alex, un pote.
"Un pote" ?
- Vas-y. - Allez, c'est parti.
Vas-y, vas-y.
Tu me fais penser à un mec qu'on appelait David Cochon.
Il dealait avec moi, quand on vendait dans la rue.
Quand on a vendu du shit, il venait chaque jour.
Tous les jours, il me demandait s'il pouvait vendre sur le terrain.
"Moi aussi, je veux croquer dans la pomme, les gars."
On l'envoyait chier. On voulait pas d'un Juif sur le terrain.
Un jour, il a acheté son bédo seul et il est venu le vendre chez nous.
Chaque jour, on pétait ses dents. Il revenait toujours.
Pendant 1 mois, comme ça.
Au bout d'1 mois, on a vu qu'il était déterminé. Il lâchait pas l'affaire.
On l'a laissé vendre.
C'est ce jour-là qu'on l'a appelé David Cochon, non ?
Je sais plus pourquoi. Je crois que ce con mangeait du porc.
Tu voulais 40, c'est ça ?
- 40, Mathias, hein ? - Comme d'hab.
Merci.
Je peux goûter, ou pas ?
Je cherche...
Où y a-t-il ?
Comment j'arrive à...?
Quel autobus va à...?
Conduisez-moi à..., s'il vous plaît.
Où est-il possible d'acheter ?
Va te faire foutre !
Écoute, il a des problèmes avec sa copine, Anaëlle.
Il a besoin de temps. En fait, il veut sauver son couple.
Il pouvait pas me le dire lui-même ?
C'était plus simple, si tu le voyais pas.
Pour moins te faire souffrir.
Tu sais ce qu'on faisait aux porteurs de mauvaises nouvelles,
dans l'Antiquité ?
On les brûlait. Toi et ton frère, vous êtes des lâches.
Je vous ferai une réputation.
Il m'a menti. Il disait qu'il m'emmènerait en week-end à Venise.
Où sont les gondoles ?
Après, qu'il quitterait Anaëlle, c'est lui qui disait ça.
Il m'avait même écrit des poèmes. Jamais un type
ne m'avait écrit de poèmes.
C'est triste, mais il faut plus que tu l'appelles.
Fais ça et il rappliquera.
- Ça va aller ? - Casse-toi.
Oublie-le. C'est pas un bon plan.
Il écrit des poèmes ? Fuis, barre-toi.
Jeanne ? Jeanne.
- Tu me reconnais ? - Oui. Bien sûr.
Ça avait pas l'air d'être le bon moment pour vous déranger.
Si, Si. Au contraire, c'est parfait.
Non. C'est pas ce que tu crois.
Je crois ce que je vois. Tu faisais pleurer une fille, non ?
Cette fille, je la connais pas. C'est à cause de mon frère.
Tu prendrais un café avec moi ?
J'aime pas spécialement le café.
Mais tu prendrais un café avec moi ?
Les gens comme toi boivent des cafés, non ?
C'est quoi, "les gens comme moi" ?
Les étudiants. T'es étudiante, non ?
Je prendrai une bière, si ça te dérange pas.
Tu connais Esther ?
On s'est rencontrées aux Langues O. Je fais du japonais.
Ça va te servir à quoi, ça ?
À ouvrir un restaurant de sushis.
À être traductrice.
Tu sais qu'Esther est mon ex ?
"Ex" quoi ? Exceptionnelle ?
Non. Exaspérante.
Et depuis, tu fais quoi ?
Depuis ?
Je fais des affaires. Je vais ouvrir un restaurant en Israël.
- Quand ? - Pourquoi tu veux savoir ça ?
J'ai pas besoin de savoir.
Merci.
Merci.
J'aime les garçons maladroits. Ça m'émeut.
Ça t'émeut ?
En tout cas, toi, tu m'émeus.
J'avais vu que t'étais belle, mais là...
Il y avait peut-être pas assez de lumière.
Peut-être que je vois rien.
C'est possible aussi.
Je dois répondre. 2 minutes. J'arrive.
Attends. Je te rappelle.
Laissez-moi sortir, s'il vous plaît.
- C'est combien, déjà ? - 150.
Lætitia, c'est toi ?
Salut.
Il faut que j'y retourne. Je dois bosser. Non, non.
Bonne soirée.
Raconte-moi ce que tu as fait hier. Prends ton temps. Articule bien.
Hier...
- Tu te souviens pas d'hier ? - Si, si.
Je me suis levé, j'ai fumé une clope en lisant le journal...
Dis-le en hébreu, idiot.
Je sais juste dire "fumer une cigarette".
Ben, dis-le.
L'heure ? Quelle heure il était ?
Je sais plus comment on dit les heures, moi.
Non, non. Essaie de te souvenir.
12.
Et l'heure...
Après, j'avais rendez-vous avec un pote.
Tu vas pas être contente.
Mathias ?
Tu vois toujours ce con ?
C'est mon meilleur pote.
- Dis-le en hébreu. - Je sais pas comment.
Il m'a pas laissé tomber.
Tu l'as jamais aimé.
Et "exigeante" ?
T'es la fille la plus tovanit du monde.
Je suis exigeante avec ceux que j'aime.
Tu te souviens de rien, en fait.
Je te donne le cahier de mes élèves de CP, pour t'entraîner.
- Alors, tu vas te marier ? - Je vais me marier.
À la synagogue, avec le rabbin Hazan, chez tes parents ?
Chez ses parents.
- Je le connais ? - Non. Je crois pas.
En fait, personne le connaît.
- C'est l'Homme invisible. - C'est un agent du Mossad.
Du Mossad.
Je le voyais avec un gros bide, dans l'import-export.
T'es con.
Il est tout maigrichon et enseigne la biologie.
Ça, c'est fascinant.
Mais si tu mets une perruque, je casse tout.
Ça t'ira pas du tout.
Je mettrai pas de perruque. J'épouse pas un barbu.
N'importe quoi.
Mais si tu vas en Israël, tu vas voir plein de filles en perruque,
avec des petits collants en nylon par 50 degrés...
À Tel-Aviv, pas tant que ça.
Si tu dois te battre, tu le feras ?
S'il y a la guerre, tu répondras à l'appel ?
- Non. - Attends-moi 2 secondes.
Tu tueras des gens, des Palestiniens, s'il le faut ?
- Pour ta patrie ? - Je t'ai dit non.
Je suis trop vieux pour le service militaire. Je le ferai pas.
Et je voterai à gauche. Voilà.
Rassure-toi comme tu veux.
Et puis je comprends pas. On était d'accord, non ?
Quand on les voyait tous partir,
on se disait que notre vie était ici, qu'on était juifs, mais parisiens.
Qu'on n'avait rien à foutre là-bas.
Si tu veux partir, pars. Mais va au Canada ou en Australie.
Je kiffe pas trop les kangourous.
Je sais pas pourquoi ça m'énerve autant.
Et au pire moment : tout le monde rentre, et toi, tu pars.
Peut-être que ce pays est foireux, comme moi.
T'avais tout pour réussir, Alex.
C'est vrai. T'aurais pu tout faire.
Et là, t'es un dealer. Tu pars en Israël.
Je deale plus.
Mais, Esther, tu t'es vue, toi ?
T'es prof d'hébreu dans notre école, t'épouses un Juif,
t'as jamais bougé d'ici.
De quoi tu t'es libérée ? Dis-moi.
Franchement.
Je suis très heureuse, avec lui.
Bien.
- Bonjour, monsieur. - Bonjour.
- Vous voulez bien me suivre ? - Oui.
- En quoi puis-je vous aider ? - Je dois voir un rabbin.
Il y en a plusieurs, ici.
Celui qui s'occupe des certificats de judaïcité.
Vous êtes candidat pour l'alyah ?
Voyez le rabbin Schulman. Il sera là la semaine prochaine.
Vous êtes pressé ?
En fait, j'ai pas la ketouba de mes parents.
Il suffit de prouver qu'ils sont juifs
avec leur livret de famille, par exemple.
Si leur nom est juif, ça ira.
C'est tout ? Il faut juste que leur nom soit juif ?
Si vous voulez faire plus compliqué, on peut.
Non, non.
C'est quoi, leur nom de famille ?
Katz et Raphaelson.
Alors, oui. Là, ça devrait marcher.
Ça toque à la porte.
Et après, tu dis...
- Pardon, je suis en retard. - Non. C'est rien.
J'ai gardé des cartons de ta mère avec plein de bordel.
Viens.
Je suis sûr que le livret est là.
Écoute, je te laisse fouiller.
- Je l'ai trouvé. - Une chance que je l'aie.
Il me sert à rien, depuis la mort de ta mère.
Elles sont curieuses.
Vous vous souvenez de lui ? C'est Alex, mon fils.
Vous l'avez vu, mais vous étiez très petites.
- Vous pouvez dire bonjour. - Bonjour.
Vous mettez la table ?
Tu restes manger ? On n'aura pas assez, mais...
Non, non. Je peux pas.
Je vais partir en Israël.
Ah bon ?
Mais tu connais ?
Non.
Tu y feras quoi ?
Je travaillerai avec Nathan.
Tu vas travailler ? Ça te fera pas de mal.
Et ton frère ?
Il va réussir à se passer de toi ? Comment il va faire ?
- Il sait pas. - Ah, bien sûr. "Il sait pas."
S'il savait, il t'en empêcherait.
Il pense que tu lui dois tout, de toute façon.
À l'époque, il disait qu'il était comme ton véritable père, non ?
Tu veux de ses nouvelles ?
Non.
Et de Gabriel ?
- Comment il va ? - Il est en CM2,
il travaille bien. - C'est bien.
Tu as besoin d'autre chose ?
5 000 euros. T'as pas ?
Bon. Ben, j'ai les mains prises. Je te raccompagne pas.
Bon voyage, si je te revois pas.
Et donne de tes nouvelles.
Ciao !
C'est qui ?
Jeanne. Je suis en avance, mais j'étais à côté.
- Tu ouvres ? - J'arrive.
J'arrive.
- OK. - Eh bien...
Ça va ?
Ça va.
Alors, c'est ça, ta grotte ?
- Je peux ? - Vas-y.
- Tu deales ? - Quoi ?
Tu deales. Je sais.
Non. Je deale pas.
C'est pas grave, tu sais. J'aime que tu essaies de le cacher.
Mais je deale pas.
- C'est toi, ça ? - Ouais.
"Kit de conversation. Hébreu."
- Mais c'est sérieux ? - Oui.
"En Israël, un bonheur et une sérénité retrouvés.
"En Israël, un voyage réussi, le bonheur pour la vie.
"3 étapes pour obtenir son certificat de judaïcité." Alors ?
Quoi ?
T'es juif ? C'est validé ?
J'y travaille.
T'as de la famille, en Israël ?
- Mon cousin. - Et...?
Et c'est tout.
Tu vois, je pars un peu à l'aventure.
"Remise du billet aller simple."
- Ils donnent pas de retour ? - Non.
- Qu'est-ce que tu croyais ? - Je croyais rien.
Mais tu pars, quoi.
Attends, attends.
Tu vas chercher Dieu, en Israël ?
Non.
J'y vais parce que...
personne ne me demande de rester.
Même mon père, il me demande pas.
Il s'en fout, en fait.
Et si moi, je te le demande ?
Reste.
Vas-y. Pique-lui.
Il a jamais été doué, au foot.
Isaac !
T'as vu qui est là ? Viens, on va leur dire.
Ben, t'es venu.
- Et accompagné. - Je vous présente Jeanne.
- Bonjour. - Bonjour, Jeanne.
On a une nouvelle à vous annoncer. J'ai demandé Anaëlle en mariage.
- Vous voulez savoir comment ? - Non.
Je me suis mis à genoux.
Je lui ai offert une bague.
J'ai dit : "Anaëlle, je t'aime. Je veux que tu sois ma femme."
Tu sais quoi ? Elle a dit oui.
Montre-leur la bague. Ils nous croient pas.
Tu seras notre témoin ?
Tu feras un beau témoin.
- Venez, on va boire du champagne. - Viens.
Vous en revoulez ?
Avec plaisir.
Merci.
Ça fait longtemps que vous êtes avec lui ?
Quel curieux !
Non. Les amours de mon frère sont assez mystérieuses, pour moi.
En fait, je sais pas si, techniquement, on est ensemble.
S'il vous amène ici, c'est que c'est sérieux.
Il aime pas trop me montrer.
Pourquoi ? Vous êtes irrésistible ?
Je suis plutôt la honte de la famille.
Le vilain petit canard.
C'est bon signe, montrer le vilain petit canard ?
Pourquoi pas ?
Je crois que j'ai aucune chance de le retenir.
- Enfin, de toute façon, il part. - Où il part ?
En Israël.
À Tel-Aviv.
Vous saviez pas ?
Et vous, vous partez pas ?
Pourquoi ?
Je m'inquiéterais pas trop.
Il est velléitaire. Il fait jamais ce qu'il dit.
Vous verrez. Il partira pas.
Dites-leur qu'ils m'attendent. Non. Qu'ils m'attendent pas.
- Il te fallait quoi, exactement ? - 40.
Ça marche bien, pour toi, là.
Ça va.
T'as vu mes boucles ?
Regarde dans la salle de bains.
Tiens, mon gars. Fais belek. Cache ça bien.
C'est bon. Je te fais confiance ?
Isaac. Ça va ?
Qu'est-ce que t'as foutu, toi ? Viens.
Oh, putain. Ça pique, ton truc.
T'as pas un truc normal ?
Regarde-moi.
T'étais où ?
À droite, à gauche. Je cherchais du blé.
Et...?
J'ai vu les mecs de Sarcelle qui me sont tombés à 4 dessus.
Ils me feront bien pire, si je rembourse pas là.
Tu dois combien ?
Quatre. Quatre mille.
Je peux pas te les donner. J'en ai besoin.
Pour quoi faire ?
Pour vivre, connard. Je sais pas, moi.
"Pour vivre."
Tu peux m'héberger 3 jours ? Le temps que ça dégonfle.
Je veux pas qu'Anna me voie comme ça.
Et tu lui diras quoi ?
N'importe quoi. Que je suis parti à Bordeaux.
- Tu penses qu'elle te croira ? - Non, mais elle me verra pas.
- T'as vraiment besoin du fric ? - Oui.
Pour faire quoi ?
T'as des projets, c'est ça ?
Des grands projets ?
Monsieur a des grands projets ?
Ah, c'est ça...
Oh, putain !
J'ai envie de me foutre une balle.
Je vais prendre un flingue, je vais me le foutre là, et je vais tirer.
Comme ça, là.
Oui. Anna ?
Oui. C'est moi. Je dois repartir à Bordeaux.
Je vais voir un type qui doit m'acheter 1 lot de montres.
2 jours maximum.
Après, je bouge plus. Promis.
Non, non. Ça va. T'inquiète.
Ouais. Moi aussi, ouais.
Je te rappelle ce soir.
Je peux 2 000, mais je viens avec toi.
Ce sont des ordures. Reste en dehors de ça.
Je file juste mon fric ?
Prends ça, mais je viens avec toi. C'est clair ?
- Qu'est-ce que tu fous ? - Je viens avec toi.
C'est bon. T'es venu.
Qu'est-ce que tu veux de plus ?
Si je reviens pas, viens me chercher dans 10 minutes au 3e.
Tu dors ?
- C'est bon ? - Oui. Merci, hein.
- Tu dis merci, toi ? - Ouais. Pourquoi pas ?
C'est quand ça t'arrange, non ?
Sinon, c'est "File-moi du fric. Je suis dans la merde. Je me marie."
Pour le mariage, je t'ai rien demandé.
Je dois juste m'embrouiller avec ta pharmacienne.
C'est normal. T'es mon petit frère.
Ça te fait rire ?
Tu sais, je voudrais aller sur la tombe de maman.
- Là, maintenant ? - Ouais.
- Tu sais qu'Esther se marie ? - Oui.
- Comment tu le sais ? - On se voit.
C'est-à-dire ?
- Quoi ? - Vous fricotez ?
T'as de ces mots, toi !
- J'aime bien. Tu sais ce que c'est ? - Oui.
- Vous fricotez, oui ou non ? - Non. C'est fini.
T'étais fou d'elle.
Tu te souviens t'être jeté dans la mare de 5 cm en colo ?
- T'étais désespéré. - C'était une tentative de suicide.
Je te crois pas !
T'es romantique, en fait.
Peut-être même plus que moi.
Et Jeanne ?
Quoi, Jeanne ?
Tu l'aimes ?
Qu'est-ce que t'as, avec tes mots, là ?
- C'est simple. - Mais non.
- Je l'aime, je l'aime pas... - Non.
- Elle t'aime. - Ah ?
Ah ouais.
T'es un tombeur, en fait. C'est ça, ton problème.
Je suis pas comme toi.
J'ai connu plus de filles que tu ne crois.
Oui, mais des correctes, pas des masses.
Quoi ? Tu trouves qu'Anaëlle est pas jolie ?
Elle est bien, oui.
- Alors ? - Elle a pas un problème de vue ?
T'es jaloux.
C'est dingue. Je viens de me rendre compte, à cette minute,
que tu étais très jaloux de moi. C'est fou.
Mon fils est beau. Va pas dire le contraire.
Il est très beau.
- Salut, mon gars. Vas-y, rentre. - Ça va ?
Comme d'hab ?
Il y a ton pote Mathias qui est là.
- Mathias est là ? - Ouais. Vas-y, viens.
Ça va, mon pote ?
Ça va ?
Lui, regardez-le bien parce que ce type-là,
c'est mon meilleur pote et je ferais tout pour lui.
Tu le sais, ça ?
Lui, c'est un malin.
C'est un renard, lui.
Si on va en prison, il s'occupera de nos familles.
Tu me lâcheras pas, quand je serai en galère ?
- Tu me lâcheras pas ? - Non. Viens, on va parler.
Attends. Écoute-moi, mon pote.
Il faut que tu m'écoutes, là.
Il faut que tu m'écoutes, là.
T'es mon frère, et moi aussi, je suis ton frère.
On ira ensemble à Rotterdam acheter de la came, se faire plein de fric.
- Non. - Demain soir. Toi et moi.
On va ensemble à Rotterdam.
On charge ça dans le coffre. On fait ça dans la nuit.
C'est ça que tu voulais, non ? Vite et beaucoup.
- C'est pas ça. - Mais si. J'ai tout organisé.
Lucie vient avec nous. 3 étudiants en commerce visitant la Hollande.
Je prends une voiture au garage. T'inquiète. J'ai tout prévu.
Ça marchera pas, Mathias.
La seule ambition de ce type, là,
dans sa putain de vie, c'est ouvrir une crêperie en Israël.
- Casse-toi, petit joueur. - Calme-toi, Mathias.
Allez, casse-toi.
Calme-toi, je te dis.
J'ai la thune.
Tu sais quoi, Isaac ? T'es rien. Rien du tout.
Oh, putain !
Détends-toi. À la douane,
avec ta gueule d'enterrement, on est foutus.
Ça va, toi, Lucie, à l'arrière ? Tranquille ?
- Parle. Qu'est-ce qui se passe ? - Il y a rien. C'est bon. Conduis.
Je me dépêche.
Merci.
Il faut bien que tu m'écoutes, là. J'ai jamais été si sérieux de ma vie.
Je vais rejoindre Lucie à la machine à café.
Je vais y aller vite.
En partant, j'oublierai les clés sur le contact.
Une fois à l'intérieur, je prendrai mon temps.
Je vais peut-être même parler avec elle, négocier 1 baiser.
Ou 2.
Et toi, pendant ce temps-là,
tu vas avaler ta salive...
Tu vas te mettre tes petites claques, comme pour te réveiller...
Tu regarderas la thune. T'as besoin de cet argent.
Ce serait con, de se faire arrêter.
Tu peux pas tout foutre en l'air.
Alors, tu vas mettre le contact...
Tu auras une petite pensée pour ton pote qui est génial.
Et tu reprendras la route pour Paris.
T'as compris ?
Tu peux pas faire ça. Il y a Paulo.
Je dirai que j'ai rien vu venir.
Lucie pourra témoigner, et s'il pète un plomb,
je le rembourserai. Je referai un aller-retour.
Et toi, tu me rembourseras avec ta crêperie casher.
Je peux venir avec vous.
Mais moi, je veux pas.
Je fais ça pour moi, là. Tu comprends ?
J'en ai besoin.
Et toi, il faut que tu quittes Isaac.
Je prends ça. Quand même... pour le retour.
Je peux ?
Tiens.
Ce sont les affaires de mon père.
Des caleçons, chaussettes, un pull, un jean.
- Ce que tu m'avais demandé. - Merci.
- Et tu décolles ce soir, alors ? - Oui.
J'arrive à Tel-Aviv demain à 4 h.
Bon. Ça me laisse le temps de te raconter une histoire.
Ça t'intéresse ?
C'est pour la route.
On va dire que J, c'est moi. Et A, c'est toi.
J aime A.
Mais...
A, il est beaucoup plus compliqué que prévu,
ce qui fait que J, qui adore les complications,
elle l'aime encore plus.
A, de son côté...
- Tu suis, hein ? - Oui.
...est toujours aux prises avec ce qu'on appellera PE,
pour "problème existentiel".
Et ça, ça touche encore plus J.
Même si elle veut pas le montrer.
Il a surtout un frère,
I,
qui lui pourrit la vie.
Et il a aussi une ex, E...
qu'il a beaucoup aimée.
Donc je reprends.
A est encerclé par I, E et PE.
Et J, elle aimerait bien avoir sa place à elle.
Tu vois ?
Elle aimerait bien rompre tous les autres liens,
parce que J est unique.
Et qu'en plus, A le sait.
Le problème, c'est que, comme A
pense que c'est en Israël qu'il va pouvoir trouver la sérénité,
alors l'histoire entre J et A
est impossible.
Moi, je crois que A adore J.
Quand il aura fait quelque chose de bien dans sa vie,
alors il pourra être aimé.
A se repassera les moments où il aura couché avec J
car J est un bon coup, même si elle s'endort très vite.
C'est vrai. J est un très bon coup.
Et J, de son côté,
elle regrettera la bite sans petit chapeau de A.
Shalom.
Adaptation : Nadine Riou-Das pour Eclair Group
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