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UNE FIANCÉE AFGHANE
Vous êtes en forme ?
- Personne ne manque ? - Non.
Je t'avais dit une ampoule à baïonnette !
Je vais la changer, alors.
Regarde bien le modèle.
De toute façon, le courant est coupé !
Prends ça.
Pose-le là.
T'as même pas acheté les aromates !
- Wajma ? - Quoi ?
Dis à maman de venir !
Mamie, viens manger !
Mets-toi là.
- Wajma, apporte de l'eau. - Pourquoi ?
Apporte de l'eau potable.
- T'aurais pu l'apporter, toi ! - C'est ton boulot.
Arrêtez de vous chamailler entre frère et sœur.
Tiens.
- Comment ça va ? - Ça va.
Ta maman est là ?
Oui.
Tu es belle !
Salut Assib.
Tu viens aux combats ?
Bienvenue, Mostafa.
Bonjour Madame, vous allez bien ?
- Ta maman va bien ? - Bien, merci.
Voici le faire-part du mariage de Ramîn.
Vous êtes tous invités.
Viens Mostafa !
Je peux venir avec vous ?
Les combats, c'est pas pour les filles !
- Mostafa ! - J'arrive.
Oui ?
- Tu reviens après ? - Non, je dois y aller.
Mostafa !
Je t'appelle ce soir.
J'arrive !
Tu bosses où en ce moment ?
- Je répare les pots d'échappement. - C'est bien.
Fais attention, Assib !
Pourquoi tu le laisses pas combattre ?
Il dit que mon chien est trop fort.
Sans blague ?
Et pourtant, son chien est plus gros.
Allô ?
Bonjour, ça va ?
Je suis sur le terrain, qu'est-ce que tu veux ?
Le mariage de Ramîn ?
Non. On doit finir le déminage d'ici la fin du mois.
Dis à Assib de rester à la maison à cause des voleurs.
Non, je peux pas venir, faut que je bosse. Salut !
Il fait froid, dehors.
Ça va s'arrêter tout seul.
- Bonjour, ça va ? - Ça va.
- T'étais où ? - Avec des copains.
Quoi de neuf ?
- Qui est-ce ? - C'est moi.
Bonjour, ça va ?
- T'es toujours pas habillée ? - Je t'attendais.
On doit encore aller chez le coiffeur !
- Il est encore tôt. - Dépêche-toi.
Maman, je mets celui-ci ?
Mets ce que tu veux.
Mais dépêche-toi !
- Tu te maquilles ou quoi ? - Je me fais beau.
Tatie nous attend dans la voiture !
Je t'ai attendue, alors tu peux m'attendre !
Maintenant, c'est toi qui es en retard !
Désolé tatie mais maman était en retard.
Quoi ?
Elle s'est pomponnée pendant deux heures.
Elle est veuve mais elle cherche encore à plaire !
Ne me laissez pas du côté des hommes !
Je dirai : "Non, je ne veux pas !" Et vous, vous insisterez !
Dites que c'est le mariage de mon cousin Ramîn !
Quelle lumière, ces salles de mariage.
La fanfare est déjà là.
Attendez tatie, je vous ouvre.
Félicitations !
Je te félicite, cousin !
Merci beaucoup.
- Tu as salué Wajma ? - Oui.
Bonsoir, Madame.
Ma maman.
Vous allez bien ?
Enchantée de vous voir.
Celle que tu vois là...
c'est la cousine de maman.
Ne montre pas du doigt dans la salle des femmes !
Et alors... c'est la famille !
Tu m'aimes ?
Quoi ?
Mostafa, lève-toi !
Tu vas être en retard.
Lève-toi, il faut y aller.
- Salut ! - Comment ça va ?
C'est la note,
et le pourboire de la table du fond.
Passe-moi un plateau.
T'as le nouveau numéro de Wajma ?
Tu peux me l'envoyer par SMS ?
Ne lui dis pas que je te l'ai demandé.
Super.
Je suis heureux que tu sois venue.
- Ta mère est là ? - Non.
- Elle revient pas ? - Non !
J'y vais en premier pour que les voisins ne nous voient pas ensemble.
Bâtiment 24, troisième couloir, deuxième étage. OK ?
Bâtiment 24, troisième couloir, deuxième étage...
Je laisserai mon écharpe sur la poignée.
A cause des voisins.
- J'y vais après ? Fais vite. - Je t'attends.
Personne ne t'a vue ?
Viens.
Sois la bienvenue.
Je te sers un petit thé.
C'est mignon, chez vous !
Tu trouves ?
Vous habitez ici depuis longtemps ?
Depuis trois ans, après notre retour d'Iran.
Vous venez de l'acheter ?
Non, mon défunt père l'a acheté avant la guerre.
On l'a récupéré à notre retour d'Iran.
Tu veux visiter ?
- C'est la chambre de qui ? - Celle de ma mère.
Et là-bas, la chambre de mon frère...
Il n'habite plus ici.
Il est où ?
Aux Etats-Unis...
- Tu joues à cache-cache ? - Je regardais.
Il vit aux Etats-Unis.
Comment il s'y est pris ?
Une Américano-Afghane l'a fait venir là-bas.
Et ils se sont mariés ?
Il a de la chance.
Fais gaffe, les voisins vont nous voir.
Tu m'as marché sur le pied !
Mon bras...
Allons boire du thé.
Je suis content de te voir.
Moi aussi.
Quand vas-tu envoyer ta mère me demander en mariage ?
T'es vraiment pressée !
Tu veux pas qu'on se marie ?
Tu as quel âge ?
Je vais avoir 25 ans...
25 ans.
- C'est le moment, non ? - On a 5 ans de différence.
C'est parfait.
C'est mieux quand l'homme est plus âgé.
Oui, chérie.
Ça va ?
Je suis admise à la fac de droit.
Je te jure.
J'ai droit à un cadeau ?
C'est tout ?
Super !
Bravo !
Tu m'embrasses pas ?
Ça ne se fait pas.
Mais tu as réussi !
Tu es géniale.
Bonjour, Monsieur.
Wajma...
- Quoi ? - Tu sais ce dont j'ai envie ?
Quoi ?
Qu'on se fasse plaisir.
Ben quoi ?
Allons faire un câlin !
Je suis amoureux de tes fesses !
Et si on allait à Qargha ?
- C'est pas dangereux ? - Non !
Le monsieur nous a regardés.
Et alors ? Je suis amoureux !
Wajma,
je t'aime.
Crois-moi.
Je ne sais pas mais parfois...
Ce serait chouette de construire une maison sur l'eau.
Non ?
Ce serait bien.
Tu vois trop de films indiens, ma chérie.
T'es con, remonte !
Donne-moi la main.
Non ! Je vais tomber !
Attends !
Comment on remonte ?
C'est combien le kilo d'agneau ?
450 afghanis.
- C'est chauffé à l'intérieur ? - Oui.
Viens,
allons-y !
Ne dis pas que je t'ai emmenée ici.
Asseyons-nous.
Réchauffons-nous !
-Tu me donnes un baiser ? - Assieds-toi bien !
Bon d'accord...
On l'enlève comme ça.
Je vais mettre un morceau de bois.
Passe-moi le tisonnier.
- Ouvre la bouche, chérie. - C'est brûlant.
On aurait pas dû faire ça.
- Quoi ? - On aurait dû attendre.
Coquine.
- Tu viens d'arriver ? - Oui.
Où étais-tu passée ?
J'étais avec des copines.
Pourquoi ton téléphone était éteint ?
Mon téléphone ?
Il a plus de batterie.
Je te l'ai dit des centaines de fois...
Je t'ai appelée mais t'as pas répondu.
La prochaine fois, préviens-moi.
Tu sais que je déteste ça.
- Et tes examens ? - Je suis admise en droit.
- Assib ? - Oui, maman.
- Tu vas où ? - Acheter des graines.
- Reviens vite. - OK.
Fawad, tu veux faire un combat ?
Tu veux un combat ?
Chaque fois tu dis : "Vendredi prochain", et tu te défiles !
Wajma.
Coquine !
- Laisse-moi te mordre la joue. - Non !
- Juste une fois. - Non, je vais avoir une marque !
Non !
Tu m'aimes ou pas ?
- Est-ce que tu m'aimes ? - Non.
- Pousse-toi. - Tu m'aimes ?
- Non. - Tu m'aimes ou pas ?
- Non. - On va voir ça...
Un jour
Un jour
Un jour, rien qu'un jour
Reste auprès de moi
Allô ?
Salut. Tu vas bien ?
Merci, ça va.
Non, je ne suis pas chez moi, je vais chez le médecin.
Je suis au boulot, chérie.
Je t'appelle plus tard.
Pourquoi tu réponds pas ? Allez, décroche !
Oui ?
Pourquoi tu décroches pas ?
Pourquoi je te répondrais ?
T'as vu comment tu t'es comporté ?
Non Mostafa, je t'ai dit que j'allais chez le médecin !
Quoi ? Pourquoi tu y es allée ?
Il m'a fait une prise de sang.
Une prise de sang ?
Il m'a dit que j'étais enceinte !
Attends... Tu es où, là, maintenant ?
Réponds, putain, t'es où ?
Comment je vais annoncer ça à ma famille ?
Pourquoi tu m'as fait ça ?
Pose ça ici.
Mange et tais-toi.
Tiens Wajma, mange.
Mangez, ça va refroidir.
Allez-y !
Wajma, ma chérie,
mange ta soupe.
Salut.
Comment ça va ?
Pourquoi tu dis rien ?
C'est toi qui m'as fait venir, à toi de parler.
Fais pas l'innocent, parle.
Que veux-tu que je te dise ?
Trouve une solution.
Si ça se trouve, l'enfant est de quelqu'un d'autre.
On se connaît depuis peu.
C'est quoi, ce baratin ?
Je ne suis pas con, j'ai 25 ans.
Je sais qu'il se passe quelque chose, normalement,
si la fille est vierge,
et là rien !
Tu es le premier homme de ma vie !
Pourquoi tu ne me crois pas ?
Qu'est-ce que je vais faire ?
Qu'est-ce que je vais dire aux autres ?
Mostafa, ma vie est entre tes mains !
Je suis déshonorée !
Je crains le pire.
Soit tu m'épouses,
soit je me tue.
Je me marierai pas avec une fille qui n'est pas vierge !
- Ça veut dire quoi, ça ? - Ça veut dire...
Ecoute, si tu prétends que ce bébé est de moi,
alors pourquoi il n'y a pas eu de sang, la première fois ?
Tu me prends pour un con ?
Tu as profité de moi.
Tu m'as utilisée ! C'est tout !
- Tu m'as utilisée. - Quelqu'un d'autre t'a utilisée.
Et c'est sur moi que ça retombe !
Mostafa !
Quelle histoire !
- Mais vous étiez amoureux, non ? - Oui, mais...
elle est enceinte...
Elle dit que je suis le père...
J'ai des doutes.
- Elle n'était pas vierge. - Quoi ?
Elle n'avait plus d'hymen.
Il y a des fois où...
certaines filles n'ont pas d'hymen.
Et parfois,
leur hymen est tellement épais...
qu'il ne se déchire
qu'après l'accouchement.
Wajma ?
Ma chérie.
Ma fille chérie.
Dis-moi la vérité.
Ecoute.
Parle-moi.
Dis-moi ce qui s'est vraiment passé.
Qui c'est ?
Pourquoi vous ne vous mariez pas ?
Pourquoi tu ne te maries pas avec lui ?
Il veut pas.
Pourquoi ?
Oui ?
Bonjour.
Ça va ?
Elle a quoi ?
Wajma ?
Comment ça ?
Mamie, pompe un peu d'eau.
Tahera, tu es où ?
Dépêche !
D'accord, viens.
Viens vite.
- Bonjour. - Bonjour Madame, vous allez bien ?
Salut, Tahera.
On va faire un tour !
Prenons un taxi.
Celui-là est libre.
Combien pour Haji Yaqub ?
- 150 afghanis. - 100, ça irait ?
140.
Demande-lui...
si tu peux avorter.
J'ai peur.
Tu as revu Mostafa ?
Pas depuis notre dispute.
Mets-toi là.
- Qui a rendez-vous ? - Moi.
- Qui est la patiente ? - Moi.
Mademoiselle, veuillez patienter ici.
Entrez.
Je vous en prie.
Tu as demandé pour l'avortement ?
Ici, c'est impossible.
C'est interdit par la loi.
Il dit que c'est comme un meurtre.
Moi aussi, je me dis que c'est un meurtre.
Comment ôter la vie à quelqu'un qui n'est pas encore né ?
Le plus important, c'est ta vie.
C'est mieux d'avorter. Sinon que vont dire les gens ?
Ici, c'est pas possible.
Il faut aller à l'étranger.
Il faut de l'argent. Mon père n'acceptera jamais.
Je ne sais pas quoi faire.
Je préfèrerais être morte.
Je me suis fait avoir.
Il m'a dit qu'il m'aimait.
Je n'arrive toujours pas à y croire.
Je pensais qu'il m'aimait vraiment.
Je pensais qu'il m'offrirait le monde entier.
- Bonjour, combien pour Qalay-e-Musa ? - 100 afghanis.
- Faites-moi un prix. - Je l'ai fait déjà.
Il n'y avait pas de neige dans le sud.
Mais à partir de Pôle-Charkhi,
il y a eu beaucoup d'accidents.
Les routes sont mauvaises, verglacées.
- Qui est là ? - Ouvre !
- Bonjour, ça va ? - Ça va.
- Où est Wajma ? - Dans la cuisine.
Sors de là, traînée !
Approche !
Ferme-la, toi !
Regarde-moi !
C'est vrai, ce que dit ta mère ?
Tu as sali notre honneur ?
Tu crois que ça se fait, ça ?
Laisse-la.
Pardonne-lui.
Non !
Tu m'as déshonoré.
Pousse-toi !
Arrête, s'il te plaît !
S'il te plaît, assez.
Ne la frappe pas !
Ne la frappe pas !
Oh mon Dieu !
Ne la frappe pas !
Te mêle pas de ça, toi !
Casse-toi !
Tu as souillé notre honneur.
Lâche-la !
J'aurais pas dû.
Je te demande pardon.
Lâche-la.
Dégage !
Pas maman.
Ne la frappe pas.
Pas maman.
Lâche ma fille.
Ne la frappe pas.
Je la laisserai pas vivante !
Il est où Assib, ce bâtard ?
Qu'est-ce qu'il y a ?
Tu penses qu'à tes chiens et tes pigeons !
Je t'avais confié ta sœur.
Je suis au courant de rien.
Tu devais la protéger des mauvais regards !
Je te l'avais dit !
Ne me frappe plus.
S'il te plaît, non !
Donne-moi l'essence...
que je la brûle !
Elle a souillé l'honneur de la famille !
À quoi sert la vie maintenant ?
Va me chercher l'essence !
Tous les jours
je risque ma vie au boulot.
Je désamorce des bombes et des roquettes.
Je vous ai confié mon honneur.
Et vous le piétinez !
Je suis au courant de rien.
Petit con, tu passes ta vie avec tes pigeons et tes chiens.
Je te demande pardon.
Ne la frappe pas.
Poussez-vous, mamie.
Elle a détruit ma vie.
Ne vous mêlez pas de ça.
Je veux toute la vérité !
Elle va te la dire.
Qui t'a fait ça ?
Répnds-moi !
Tu vas me répondre !
Lâche-la.
Tu comprends pas ?
- Lâche-la, enfin. - Dégage !
Pardonne-moi.
- Je t'en prie. - Je vais la tuer !
Je la laisserai pas vivante !
Je vais te tuer.
Fais-la parler...
sinon je lui mets mon couteau sous la gorge
pour la faire parler.
T'as compris ?
- Pardonne-moi ! - Tu m'as compris ?
Pardonne-moi, père.
Notre vie est maudite.
Emmène ton père dans la maison.
Je tuerai celui qui lui a fait ça.
- Debout. - Laisse-moi.
Enferme-la dans la remise !
Mets tes chaussons.
Viens par là. Il a dit dans la remise.
- Assib. - Oui.
Apporte le repas à ton père.
Attention à ne pas renverser.
Vois s'il a besoin d'autre chose.
Ferme la porte derrière moi.
Donne-moi ton téléphone.
Je l'ai pas.
Donne-moi ton téléphone !
Lève-toi.
Debout !
Ton téléphone.
Je l'ai perdu dans la neige.
Tu me mens ?
Regarde-moi.
Tu me mens ?
Ne crie pas !
Les voisins vont t'entendre.
Donne-moi ton téléphone.
Je l'ai pas.
J'ai à te parler.
Viens par là !
Entre.
Voilà.
Tu vas me dire où est ton téléphone.
Espèce de bâtarde !
Ne crie pas !
Assieds-toi !
À qui est ce numéro ?
Qui c'est, Mostafa ?
Mais parle, bordel !
Parle !
Parle au lieu de pleurer !
Parle.
Parle ou je te tue !
À qui est ce numéro ?
À Mostafa.
Quel Mostafa ?
Le cousin de Ramîn.
Celui avec l'accent iranien ?
Celui que je peux pas blairer.
Tu réalises ce que tu as fait ?
Tu peux pleurer ta mort, salope !
Tu me fous la honte !
C'est la pire chose qu'une fille puisse faire à ses parents.
Je n'oublierai jamais, jusqu'à ma mort.
Que Dieu te maudisse !
C'est bon.
Je sais ce qu'il me reste à faire.
Tu t'es comportée n'importe comment.
Je t'ai donné la liberté.
Je t'ai laissé faire des études, et c'est ça le résultat ?
Allez, sors.
Je te parle !
Allez !
Entre.
Elle ne sort pas, compris ?
Démarrez.
Ce monsieur te demande.
Bonjour, Monsieur.
Comment allez-vous ?
Je vous en prie.
Soyez le bienvenu.
Il est avec moi.
Ça faisait longtemps.
Par ici.
Asseyez-vous.
Thé ? Café ?
Je voulais juste te voir une minute.
Installez-vous.
- Non, c'est pas la peine. - Allez-y.
Mettez-vous à l'aise.
Je reviens dans un instant.
- Tu as des ennuis ? - L'heure est grave...
Un petit thé !
Merci.
Vous désirez autre chose ?
Je peux te parler un instant ?
Je suis à vous.
Je vous en prie.
Écoute Mostafa...
La vie de Wajma
et l'honneur de notre famille sont entre tes mains.
J'ai lu les SMS que tu lui as envoyés.
C'est comme ça que j'ai su où tu travaillais.
Je ne sais pas...
Mais...
J'ai rien fait !
Mais je ne vois pas de quoi vous parlez.
Qu'est-ce qui se passe ?
Lâche-moi !
- C'est un restaurant ici. - J'ai deux mots à lui dire.
Réglez vos comptes dehors.
S'il vous plaît.
On va se revoir.
Ta bouche saigne.
Laisse-moi.
Les clients nous regardent.
- Allons à l'intérieur. - Vas-y toi.
- Laisse-moi tranquille ! - Mostafa, reste pas là.
Viens.
Je sais pas...
Fais attention à toi.
Si je n'avais pas été là,
il t'aurait découpé en morceaux.
Tu dois agir...
Si tu ne veux pas d'elle, enfuis-toi !
Mais où ?
N'importe où. Ici, son père va te tuer.
Tu crois ?
Je te préviens, c'est tout.
Pour lui, c'est une question d'honneur.
Il ne te laissera pas vivant.
Allô, bonjour.
Comment allez-vous, monsieur le procureur ?
Merci. Vous m'avez reconnu ?
Oui, c'est ça.
Monsieur le procureur, je voulais vous voir...
- Bonjour. - Bonjour.
Je viens voir le procureur.
Il est écrit dans la loi, article 398,
que si un membre proche de la famille des fauteurs,
les surprend
en train de forniquer,
et qu'il tue l'un des deux ou même les deux amants,
il n'encourt aucune poursuite pour meurtre.
Cependant,
vous ne les avez pas vus de vos propres yeux.
On vous a rapporté les faits. Entendre n'est pas voir.
Vous n'avez en aucun cas le droit de tuer Mostafa.
Si vous le tuez, vous serez jugé pour meurtre,
et condamné au minimum à la prison à vie,
au maximum, à la peine de mort.
Vous avez aussi la possibilité d'en référer à la justice,
mais porter plainte vous poserait deux problèmes.
Premièrement, comme il y a eu copulation avant le mariage,
votre fille et Mostafa seraient punis par la loi.
Votre fille irait en prison,
ce qui aurait de fâcheuses conséquences pour elle.
Deuxièmement, si vous portez plainte,
tous vos proches seront au courant.
Votre nom sera sali.
Dans notre société où règne un esprit "arriéré",
cela peut provoquer une sorte de "mort sociale" pour votre fille.
Ce que vous avez de mieux à faire,
c'est de cacher votre fille en province,
le temps qu'elle accouche.
Vous donnerez ensuite l'enfant à un orphelinat.
Oui, entrez.
Bonjour.
Quel plaisir de te voir, bonjour !
Bonjour. Tu vas bien ?
Ça va ?
- Bien, merci. - Et la famille ?
Écoute,
j'ai bien réfléchi suite à ton appel.
Il faut faire un passeport à Wajma.
Il faut qu'elle aille en Inde.
Je connais un médecin à Delhi.
Là-bas, l'avortement n'est pas interdit.
Ici, ça te coûterait au moins 2 000 dollars.
Donne ce numéro à Wajma
et ne perdez pas de temps pour lui faire un passeport.
Si le fœtus grandit trop,
elle peut avoir des complications.
- Qui est là ? - Ouvrez.
Papa !
Bonsoir.
Papa, s'il te plaît, j'ai froid.
- Je lui apporte à manger ? - Non.
- Mais elle a faim. - Non.
Apportez-moi de l'eau pour mes ablutions.
Il y en a dans la bouilloire.
Mamie !
Bonsoir.
Maman !
Ouvre cette porte.
Maman !
- J'ai froid. - Attends.
Attends un peu !
Maman !
Bonsoir.
Maman, ouvre !
Qu'est-ce qu'elle a dit ?
Là-bas, l'avortement n'est pas un crime.
Laisse sortir Wajma. C'est un péché.
S'il te plaît. C'est un être humain.
Ne te mêle pas de ça.
Avec ta soi-disant "liberté", regarde où on en est.
Mamie !
Apporte-moi la bouteille de gaz, j'ai froid.
Au feu !
Plus vite !
Par ici !
Ma pauvre fille...
C'est de ta faute.
Wajma ! Ma chérie.
C'est moi qui t'ai suicidé !
C'est ma faute.
Bonjour. Il est où le passeport ?
Ça n'a pas été simple.
Tu m'avais dit 15 jours, ça fait un mois !
Avant je l'avais en 10 jours, maintenant c'est plus d'un mois.
Surtout pour le visa de l'Inde.
Tiens, tes 500 dollars.
- T'en fais pas. - Allez salut.
J'arrive !
Qui est-ce ?
Qui est-ce ?
- Bonjour. - Bonjour.
Le passeport de Wajma.
Demain, va prendre son billet d'avion.
Ça fait un mois que j'ai pas bossé, si j'y retourne pas, ils vont me virer.
D'accord.
- Tu veux du thé ? - Non.
J'ai dit non !
Wajma ?
Wajma !
Je t'appelle !
Pourquoi tu dis rien ? Wajma !
Ne pleure pas.
Tes larmes n'y changeront rien.
Il faut y aller.
Ne pleure pas.
Pardonne-moi.
- Ça suffit. - On est en retard.
Arrête, s'il te plaît.
Ma chérie.
Tout le monde nous regarde.
Viens, mon enfant.
Arrête de pleurer.
C'est tout...
Allez ! Circulez !
T'es dans l'avion ou dans le terminal ?
T'es au contrôle ?
Que Dieu te garde, ma fille.
- Maman ? - Oui.
Tu vas pas pleurer, promis ?
Ma chérie, je ne pleure pas.
- Tu ne devrais pas pleurer. - C'est bon.
Allez, au revoir.
Que Dieu te garde.
Sous-titrage : L.V.T. - Paris
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