Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Czech
Danish
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Italian
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Portuguese (Brazil)
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
Oui, pourquoi pas, ça prend combien de temps à peu près ?
Accusée, veuillez s 'il vous plaît décliner vos noms, prénoms, dates et
naissance, profession et lieu de résidence.
Sophie Parlier, née le 3 novembre 1980 à Poitiers.
Je suis co -gérante d 'un restaurant et j 'habite 7 Place Belfont.
Je vais maintenant procéder à la lecture de l 'ordonnance de mise en accusation.
Le mardi 23 mars 2019, à 17h45, les services de police du commissariat
requis par Mme Malevich, samedi, suite à un coup de feu tiré par Mme Parlier
-Sophie Nessirven sur M.
Marsac -Vincent dans la librairie de celui -ci.
Constat est également fait que Mme Parlier -Sophie, affichant un état d
'hébétude, n 'a opposé aucune résistance aux forces d 'autorité qui l 'ont
emmené aux fins d 'interrogatoire.
Madame, vous comparaissez donc pour tentative d 'assassinat sur la personne
M. Vincent Marsac, au moyen d 'une arme à feu, crime passible de la réclusion
criminelle à perpétuité.
Souhaitez -vous ajouter quelque chose, Madame ?
Je ne voulais pas le tuer.
Je voulais juste qu 'il arrête.
Arrêter quoi ?
Arrêtez de détruire ma vie.
Ma famille.
Bon, nous allons commencer par l 'examen des faits.
Madame Parlier, vous avez déclaré avoir fait la connaissance de M.
Vincent Marsac il y a deux ans et demi. Dans quelles circonstances ? Il venait d
'ouvrir une librairie en face du restaurant que je tenais avec mon
Très vite, c 'est devenu un habituel.
Nous avons un vin 100 % naturel avec une pointe de café, ça vous va ? Oui, je
vous fais ça.
C 'est
bien passé ? Oui, très bien.
Le café est offert par la maison.
Merci la maison.
Vous êtes rayonnante aujourd 'hui.
À l 'amour.
Le
libraire.
Un sourire de Botticelli. Je préfère encore le vôtre.
Je crois que c 'est clair.
Vous avez oublié ça la dernière fois ? C 'était pas un oubli.
C 'est vrai que ça m 'a troublée.
Je rappelle à la cour que l 'accusé était marié à ce moment -là.
On était séparés depuis six mois.
C 'était un moment difficile, douloureux. Je cherchais pas une
On faisait tout pour préserver les enfants.
Ah, donc c 'est pour préserver votre fils que vous vous êtes servie de lui
séduire mon client ? Je pense pas avoir fait ça.
Franchement, la flemme d 'y aller.
Allez, on est là pour deux minutes, mon chou.
Ah, d 'ailleurs, mon chou, tu me t 'appelais honte, là.
Pardon, M. Benjamin Parlier. Et plus jamais je vous appellerai mon chou.
Bonne lecture.
Merci. Bonne journée.
Bonne journée.
Pardon.
Bonjour. Bonjour.
Bonjour. Salut, mon fils.
Salut.
La commande de Babette.
La commande de Babette.
Alors... Et toi, quel genre de livre t 'intéresse ?
Moi, je n 'aime pas lire. Enfin, sauf les mangas.
Ah, il y a des chefs -d 'oeuvre dans les mangas.
Merci. Tu connais Pinjo ? Oui, un peu.
C 'est ce qu 'il y a de plus en grand pleur.
Vous avez deux minutes ? Oui, oui.
Viens voir, je cherche celui -là.
Viens.
Voilà.
Moi, je préférais faire ça avant, mais... Ah oui ? Oui.
Ah non, le couvertel, t 'as vu la fin ? Ouais, ouais, c 'est pas mal, mais
attends, je vais te proposer un autre truc aussi.
C 'est pas une BD, c 'est un auteur anglais qui s 'appelle Edgar Poe.
Force -toi encore au début. Au final, c 'est vraiment une tuerie.
Ils se sont tous inspirés de ça, en fait, pour écrire les mangas.
Ok, trop bien. J 'adore les poils à remplir.
C 'est top.
Trop bien.
C 'est quoi ? La lettre volée.
Edgar Poe.
Ça a l 'air cool.
Il paraît que c 'est l 'entête du polar.
Non, mais laissez ces cadeaux de la maison. Ah non, sûrement pas.
19 euros.
Tu me diras ce que t 'en penses ? Yes, ça marche.
Tu viens quand tu veux, si t 'as envie de lire des mangas.
C 'est cool, merci.
De rien.
À bientôt.
Bonsoir. Bonsoir.
Est -ce que ce serait abusé de vous demander un verre de vin ? D 'accord,
pas longtemps parce que j 'allais fermer.
Merci.
Blanc ou rouge ? Euh, blanc, s 'il vous plaît.
Merci.
Vous allez me laisser boire tout seul ?
C 'est étrange, parfois on passe la journée à voir du monde et le soir on se
sent seul comme un chien.
Ça vous arrive aussi ? Pas vraiment, non.
J 'ai mes enfants, ma famille, mes amis.
Ah, les amis, oui.
Mais vous allez vous en faire, mes amis.
Bon, allez.
Je vais vous laisser fermer.
Dès que je l 'ai vue, j 'ai su que ce serait ma femme.
Et on aura quand même vécu sept ans de bonheur.
Qu 'est -ce qui s 'est passé ? Elle a eu un accident ? Non, elle a attrapé une
sale maladie.
Le syndrome de Guillain -Barré.
Ça s 'attaque à vos nerfs et ça vous paralyse.
Du coup, j 'ai engagé une infirmière.
J 'ai arrêté mon boulot et je ne l 'ai plus quitté.
Mais le trou noir, en fait, il est arrivé après sa mort.
Le fait de reprendre mon travail, de me lever tous les matins, c 'était...
Je vous raconte ma vie, là.
Vous devez mourir de sommeil, non ? C 'était quoi votre job avant ? J 'étais
dans la haute finance.
J 'ai gagné beaucoup d 'argent, je suis devenu très con.
J 'étais devenu un vrai requin, en fait.
Et vous ? Vous avez toujours été serveuse ? Ah non, non, non.
Avant,
j 'étais responsable administratif.
Je ne vous imaginais pas du tout responsable administratif.
Je me savais que mon père.
Quand Babette m 'a proposé de m 'asseoir, j 'ai foncé.
J 'avais besoin d 'air, de vie, de changement surtout.
Je comprends.
Et vous, pourquoi une librairie ? Parce que c 'est une hérésie financière.
Et puis j 'aime les livres.
J 'aime les partager.
Et puis quand on tombe sur un gamin comme votre fils, c 'est cadeau.
Là, je lui ai passé Martin Eden.
544 pages, écrit petit.
C 'est elle un peu forme.
C 'est un chouette membre de votre fils.
Peut -être l 'heure d 'aller se coucher.
Est -ce que vous aimez danser ?
... ... ...
Je suis pas riche.
Tu es magnifique.
Non,
j 'aime pas mes soins. Arrête.
Moi, je les aime, tes soins.
On se revoit quand ? Je sais pas.
Je sais pas, il nous en a un peu de temps.
Je suis en plein divorce, je t 'ai dit.
Ça se passe pas bien.
Tu connais un divorce qui se passe bien, toi.
Non, c 'est dur.
Surtout pour lui, parce que c 'est moi qui ai décidé de rompre.
Pourquoi ?
18 ans de couple.
Je crois qu 'on était devenus plutôt amis.
On a deux enfants qui me mordent. J 'ai pas envie de mettre une bombe là
-dedans.
Bien sûr, je comprends.
Mais est -ce que ça doit nous empêcher de vivre ?
Regarde -nous deux. Si personne ne sait,
on fait de mal à personne.
Et puis des nuits d 'amour clandestines.
C 'est romantique, non ? C 'est excitant.
Madame Parlier, vous dites avoir rompu votre liaison avec M.
Marsac au bout de quatre mois. Pour quelle raison ? C 'était le jour des 17
de Benji.
Il a voulu forcer les choses.
Je lui ai dit que ce n 'était pas possible.
C 'est là que j 'ai découvert un tout autre visage.
Je l 'ai fait avec un aral orange, il adore ça.
Et mon père amène sa tarte au citron.
Il y aura son parrain aussi.
Les bougies, les cadeaux, le rituel, quoi.
Je pourrais apporter le champagne.
Ben quoi ? Ce serait l 'occasion d 'officialiser.
Sophie.
Ça fait quatre mois qu 'on est ensemble.
C 'est encore un peu trop tôt.
Et puis ce soir, c 'est la soirée de Benji.
Ce serait brutal pour lui.
Il a invité son père, en plus.
Je comprends pas.
Vous êtes séparés.
T 'as le droit de refaire ta vie, non ? C 'est pas une raison pour l 'humilier.
Devant toute la famille, en plus.
C 'est une sorte de respect.
J 'aimerais pas qu 'on me fasse un truc comme ça.
Sophie, il faut que tu me dises la vérité.
Ça t 'arrange de jouer sur les deux tableaux, c 'est ça ? Comment ça ?
vous mettez autant de temps à divorcer ? Et cette robe -là, c 'est pour lui
que tu la mets, c 'est ça ? Peut -être pour le parrain de Benji ?
C 'est un tonge.
C 'est mon ami d 'enfance.
Tu l 'as vu dix fois au resto.
C 'est le seul à qui j 'ai parlé de nous deux, d 'ailleurs.
Me dis pas que t 'es jaloux.
Je dis simplement que si ton amour pour moi est sincère, si nous deux, ça compte
vraiment, prouve -le -moi ce soir.
C 'est ce que tu veux me faire.
C 'est du chantage.
Prends ça comme tu veux.
Depuis le début, je t 'ai dit que j 'avais cette priorité.
Et t 'étais d 'accord.
Oui, mais maintenant...
Il faut que ça change.
Ok.
Vaut mieux qu 'on arrête de parler de ça.
Tu vas où, là ? Attends, laisse -moi passer.
Tu veux me quitter, c 'est ça ? Je crois que c 'est toi qui décide.
Oubliez ça.
Je ne sais pas ce qui m 'a pris.
Dis -moi que tu me pardonnes.
Tu m 'as fait peur.
J 'ai pas imaginé te perdre.
Moi non plus.
Si j 'arrive à 20 heures, ça te va ? Tu plaisantes, là
? Vincent, je t 'ai dit non, pas ce soir.
Oui, je t 'ai déjà expliqué, Vincent.
Mais je ne suis pas assez bien pour toi, c 'est ça ? Je te dis, ce n 'est pas le
bon moment ce soir, d 'accord ? Tu peux comprendre ça ? Tu aurais dû me taire.
J 'aurais dû sonner à la porte.
Et là, la tête qu 'il aurait faite ton mari, ton gros balourd de kiné en EHPAD.
Ça suffit, patron.
Défine où c 'est terminé.
Réfléchis bien.
Réfléchis bien.
Je te donne trois heures.
Toute la journée, il m 'a harcelée de textos, d 'injures et de menaces.
Je me suis régalée.
Tu es fatiguée, ma fille.
On va lui faire d 'autres dos, maintenant.
Non, non, non.
Ne t 'inquiète pas, j 'y vais.
Je vais lui raconter une histoire.
Au revoir.
Bonne nuit.
Bonne nuit.
Au revoir, chérie.
Alors, comme ça, t 'as failli pas venir à mon anniversaire ? Ah oui.
Je leur ai dit que c 'était hors de question de rater l 'anniversaire de mon
petit -fillelle adorée. Et encore moins, le Marseille PSG de samedi. Voilà, bon
anniversaire. Mais non.
Ah, carrément. Oh, je t 'entends, c 'est le meilleur que t 'as l 'heure.
Ah ouais, ça, on a vu, ouais.
Par contre, j 'ai des boulasses parce que demain matin, je prends l 'avion
Dakar. Donc, peut -être que ton père pourrait se dévouer pour t 'accompagner.
Hein, Mario ?
Mais le grand -père est prêt à tous les sacrifices.
Pour se dévouer, il n 'y a pas de problème. Tu pourrais pas couper ton
téléphone ? C 'est l 'anniversaire de ton fils.
C 'est marqué, je crois.
J 'y vais, ne bougez pas.
T 'attends quelqu 'un ? Hey,
regardez !
Il l 'a déposé devant la porte.
Ce mec est trop sympa.
On peut savoir qu 'il est trop sympa ? Vincent, le libraire.
Le libraire.
Comment il sait que c 'est ton anniversaire ? Merde, merde, merde.
C 'est quoi qu 'il t 'a offert ? L 'histoire du manga.
Tu vas apprendre le japonais, toi, carrément. Un peu, ouais.
Je suis jaloux, Vincent.
Ah !
Allez, 3, 2, 1.
Ouais !
Oui
? C 'est qui ? C 'est un tonge.
C 'est super que tu sois venu.
Viens, rentre. Non, non, c 'est mon taxi qui va dedans.
J 'ai juste fait un petit détour parce qu 'il fallait que je te parle.
OK.
Je sais pas ce qui t 'arrive, mais franchement, le truc que j 'ai reçu, c
'est... Je vais être franc, c 'est choquant, quoi.
De quoi tu parles ? Le truc sur ta page, la vidéo.
Mais qui est la vidéo ? Mais tu sais bien, ça...
Attends, c
'est quoi, ça ? C 'est toi.
T 'as rien à me dire, là ?
Je t 'appellerai.
Veuillez laisser un message au rappel des possibles.
Mario, c 'est moi.
Si tu refais une vidéo qui a l 'air de venir de... de mon compte ou de ma page,
c 'est une saloperie, d 'accord ? J 'ai été piratée, alors surtout ne la regarde
pas.
Tu me promets ? Oh, putain.
Bon, dis -moi, ma chérie, je ne sais pas ce que tu nous as envoyé sur Internet,
mais pour un peu, t 'en perds passé l 'ordinateur par la fenêtre.
Tu seras gentil de me rappeler, s 'il te plaît.
C 'est quoi, ça ? Bonjour, Sophie.
À qui d 'autre envoyer ces vidéos ? Tu as bien dormi ? À qui d 'autre, bordel ?
Tu peux m 'expliquer ? T 'as bien fait ce que je t 'ai demandé, maman ? Mais
oui, oui, j 'ai pas regardé. Par contre, il me dit de bloquer, mais j 'ai pas
trouvé la poubelle.
Bon, il est où ? Il veut pas te voir.
Papa ? Papa,
je suis désolée.
Je suis tellement désolée que t 'aies vu ça.
C 'est pas moi qui ai envoyé cette vidéo, papa.
Je m 'étais fait avoir.
Regarde -moi, s 'il te plaît.
Papa, réponds -moi.
Papa, dis quelque chose.
Papa, s 'il te plaît ! Bon,
je vais te montrer comment bloquer une route en ordinateur. Attends, attends,
attends. De quoi il s 'agit ? Ton père veut rien me dire. Comment tu veux que
t 'aide si je... C 'est une vidéo de moi en train de m 'envoyer en l 'air, ça te
va ?
Salut, ma chérie. Maman.
Bonjour, Prisca.
On pourra faire des côtiers de jambon -chromage ce soir ? Prisca aussi, c 'est
ton plat préféré. D 'accord, donne -moi ton cartable.
Ça s 'est bien passé, la journée ? Oui. Prisca ? Prisca.
Viens, désolée, les filles, la soirée pyjama est annulée. D 'accord ? Mais
pourquoi ? Mais maman, t 'avais promis ! Oui, et ben maintenant, c 'est non.
Y a des exploits qu 'on se serait bien passé de voir, Julien et moi. Je te
laisse expliquer ça à ta gamine.
Mais qu 'est -ce que je veux, maman ?
Qu 'est -ce que j 'ai fait ? Rien, chérie, rien.
Mario,
qu 'est -ce que tu fais là ? Je vais chercher les gosses.
Qu 'est -ce qu 'il y a ici ? T 'as regardé cette vidéo ? Ouais, super.
Non, non, non, je t 'ai dit que j 'ai été piégée, d 'accord ? J 'ai tué pour
rien. Et moi, j 'ai fait tuer à mon avocat les exploits de la mère de
Le but, après, tu verras. En attendant, j 'embarque les enfants.
Manon Belzy, vous préparez vos affaires. Non, non, tu ne peux pas faire ça. C
'est ma semaine, d 'accord ? Je vais me gêner, ouais.
Manon, prépare tes affaires, on y va. Non, je t 'interdis de faire ça, d
? Arrêtez ! Tu sors de là.
Tu dégages. Ok, j 'appelle le juge.
Bizarre, dis -moi.
Juste avec des potes.
Écoute... Si t 'as été sur les réseaux, je... Pourquoi tu me fliques maintenant
? Non, mais si tu as été... Arrête, tu me saoules !
Tu veux me dire quelque chose ? Rien !
Je me suis embrouillé avec Damien, c 'est tout.
Voilà.
Je me suis dit qu 'il avait épargné Benji parce qu 'il avait de l 'affection
pour lui.
Bien, nous devions entendre l 'expert médical en fin de journée. J 'apprends
'il est requis pour une urgence.
Et puisqu 'il est actuellement dans nos murs, j 'appelle à témoigner le
professeur Dubot. Je proteste, madame la présidente. Je n 'ai pas le choix,
maître.
Nous vous écoutons, professeur.
Monsieur Marsac a été atteint d 'une balle qui a sectionné la moelle
au niveau des lombaires hautes. La paralysie des membres inférieurs
divers troubles, notamment dans la région sphinctérienne et urinaire, avec
impact conséquent sur la fonction génitosexuelle. Absence d 'élection
perte de sensibilité et bien évidemment des douleurs chroniques.
Des questions ? Tout a été dit, Madame la Présidente.
La Cour vous remercie, Professeur.
Bien, revenons au déroulé des faits.
Madame Parlier, suite à l 'envoi de cette vidéo, vous avez porté plainte
M. Marsac. Pourquoi avoir attendu trois jours ? Parce que j 'avais honte.
Je me sentais sale, coupable.
J 'arrivais plus à sortir de chez moi.
Bien.
Et ça, c 'est la vidéo que votre amant a envoyée à vos amis sous votre nom.
Je ne sais pas comment il l 'a eue.
Et comment il a eu les coordonnées de mes proches non plus.
D 'accord.
Bon, écoutez -moi, Madame... Madame... Parlier. Madame Parlier, voilà, je vais
être franc.
La première réaction, c 'est de se dire que c 'est vous -même qui avez posté
cette vidéo et que maintenant, vous regrettez. Je vous ai dit que je ne
pas qu 'il m 'ait filmée.
Le souci, c 'est que vous accusez un homme qui n 'apparaît même pas sur les
images. Je sais avec qui j 'ai couché, moi. Bien sûr, ça c 'est votre parole.
Moi, tout ce que je peux vous dire, c 'est que... Ben, allez.
Passez au -dessous.
Non.
Non, je veux porter plainte.
Bien. Bien, comme vous voulez, sous votre droit.
Mais bon, elle sera vite enterrée.
Comment ça, enterrée ? Ben oui.
S 'il fallait coffrer tous ceux qui balancent leur libido sur le net, la
de la population sera en prison.
Vous n 'écoutez pas ce que je vous dis, en fait.
J 'ai été piégée.
Je ne savais pas qu 'on me filmait. Comment je dois vous le dire, ça ? Cette
situation, je ne l 'ai pas choisie, moi, monsieur.
Je n 'ai pas donné mon accord pour qu 'on me balance cette saloperie.
Je ne partirai pas tant que je n 'aurai pas porté plainte.
Aujourd 'hui, presque tout le monde a entendu parler du revenge porn, mais il
a deux ans, je ne savais même pas que ça existait.
Dans le cas de Mme Parlier, cette cybercriminalité est aggravée par une
usurpation d 'identité puisque l 'individu s 'est fait passer pour elle
ses envois.
Vous êtes quand même allé interroger M. Marsac.
Oui, sans résultat. J 'avais demandé une commission régatoire pour saisir son
ordinateur. Je ne l 'ai pas obtenu.
Pour quel motif ? On n 'était pas en mesure de prouver son identité.
Étant donné que l 'individu opérait via des adresses IP qui transitent par l
'étranger, l 'identifier aurait nécessité des moyens humains et
la police n 'a pas.
Des questions, Maître Boulati ?
Lieutenant, vous avez demandé à visiter la chambre de mon client, n 'est -ce pas
? Oui.
Peut -on savoir ce qui vous contrariait ?
La
décoration de la chambre ne correspondait pas au peu qu 'on voyait
vidéo. Merci, lieutenant.
Monsieur Marsac, je vous repose la question.
Avez -vous modifié l 'agencement de votre chambre à l 'époque des faits ?
madame la présidente.
Je n 'avais aucune raison de le faire.
Cette femme ment, je serais incapable de commettre les actes dont elle m
'accuse.
Elle souffre de mythomanie.
Sa souffrance est réelle puisqu 'elle croit tout ce qu 'elle invente.
Donc, si je comprends bien, vous sous -entendez que ma cliente aurait filmé
-même ses vidéos et les aurait envoyées à ses proches dans le seul but de vous
nuire.
Peu de décence, M. Marsac.
L 'audience est suspendue.
Reprise à 14h.
Allez, grouille, tu es trop tard.
Je m 'en fous.
Moi aussi, je veux voir mon professeur. C 'est pas juste toi qui as le droit et
pas moi.
Tu sais, c 'est pas marrant de la voir là.
En plus, si tu venais, tu pourrais même pas lui faire un bisou.
C 'est interdit.
Dis, Benji.
Ouais ? C 'est quoi exactement le viol ? C 'est parce qu 'à l 'école, ils ont
dit qu 'on a violé l 'image de maman.
Ça veut dire quoi exactement ? Eh ben, imagine que sans te demander la
permission,
je prends une petite toit toute nue et je l 'envoie à tous tes potes. Je viole
ton image.
Mais c 'est dégueulasse ! Je l 'ai pas fait, Manon.
C 'est pour t 'expliquer ce que le livret a fait à maman.
En pire.
J 'aimerais revenir, si vous le permettez, sur les incohérences du récit
'accusé.
D 'abord, ces textos de menaces ou d 'insultes que vous avez soi -disant
comment se fait -il qu 'on n 'en ait jamais retrouvé aucune trace dans votre
téléphone ? J 'ai tout effacé.
C 'est vrai que j 'aurais dû faire des captures d 'écran, mais j 'y ai pas
pensé.
J 'étais en panique.
Il fallait que je change de numéro et surtout que je réinitialise mon
C 'était le seul moyen de supprimer le mouchard qu 'il avait mis dedans.
Excusez -moi, j 'ai pas entendu.
Supprimer le quoi ? Le mouchard.
A l 'évidence, madame, vous regardez trop les experts Miami.
Non, mais c 'est au contraire parfaitement cohérent.
Le logiciel espion dont s 'est servi M. Marsac lui a donné accès à tout le
contenu du téléphone de Sophie Parlier.
Ses mails, ses textos, ses mots de passe et bien sûr ses contacts.
Il a largement eu le temps de les enregistrer.
Madame Parlier, s 'il vous plaît, creusons justement ce point fondamental.
Comment expliquez -vous que la police ait déclaré n 'avoir trouvé aucun
espion dans votre téléphone ? Parce qu 'ils sont indétectables quand on n 'est
pas spécialiste. Pourtant, vous, vous l 'avez découvert.
Non, c 'est lui qui me l 'a dit.
Non, ça m 'arrange pas, Babette.
Je te la porte demain, d 'accord ? Je ferme et je passe chez Mario.
Ok, bisous.
Pourquoi tu passes chez Mario ? Pour te faire sauter ? C 'est ça
? Je ne comprends pas.
Mais je sais tout.
Je t 'ai écouté.
Tu m 'espionnes, c 'est ça ? Pourquoi ? Pourquoi tu me fais ça ? Pourquoi tu me
fais ça ? J 'ai envie de t 'embrasser.
Rache -moi. J 'ai envie de t 'embrasser.
Embrasse -moi.
Embrasse -moi.
Pouvez -vous prouver vos allégations, madame ? Y a -t -il des témoins de la
scène ? Non, parce que l 'accusé a tout inventé.
Les soi -disant textos de menaces, la couleur des murs de la chambre.
D 'ailleurs, c 'est très pratique, non ? Un logiciel espion pour nous faire
avaler n 'importe quoi.
Maître, je peux emprunter votre téléphone portable ? Madame la
J 'en ai juste pour une minute.
Sept.
Madame la greffière, auriez -vous l 'obligence d 'appeler maître Boulati ?
Allez
-y maître, décrochez, dites bonjour.
Madame la présidente, c 'est du grand n 'importe quoi. D 'ailleurs, vous voulez
en venir où ? Nulle part maître, nulle part.
Madame la présidente, c 'est du grand n 'importe quoi. D 'ailleurs, vous voulez
en venir où ?
Je vous espionne, maître.
Avec votre consentement.
Je vous écoute en direct et j 'ai accès à toutes vos données.
Allez -y, cherchez le logiciel.
Vous ne le trouverez pas. La police non plus, d 'ailleurs.
Je vous le garantis.
Très joli coup, maître.
Mais votre démonstration ne prouve en rien que c 'est mon client qui a
l 'accusé.
D 'ailleurs, depuis le début, l 'accusé incrimine mon client sans la moindre
preuve. Et si ? Si l 'accusé avait multiplié les amants ?
Au vu des images, elle a un appétit certain pour la chose.
À ce stade, j 'aimerais que les jurés puissent visionner la pièce numéro 1423
dossier, s 'il vous plaît. Je proteste, madame la présidente.
Je ne vois vraiment pas ce que cela apporterait au dossier, hormis infliger
cliente une épreuve supplémentaire.
J 'autorise la projection.
Huissier, veuillez procéder, s 'il vous plaît.
Madame Parlier.
Je ne sais pas combien de personnes ont vu ça sur Internet.
On prie pour que ça s 'arrête, mais ça continue à circuler encore et encore.
Je vous demande juste d 'imaginer ce que j 'ai pu ressentir.
Ainsi que mes proches.
Mes enfants.
Mon père ne s 'en est jamais remis.
J 'étais celle -ci unique.
Il n 'a pas supporté.
Il n 'arrivait même pas à prononcer mon nom.
Ni même à me regarder.
Il est mort pendant ma détention.
On n 'aura jamais réussi à se reparler.
Alors quand madame l 'avocate dit que celui qui a fait ça aurait pu être n
'importe qui... Moi je vous dis que non.
Tu dessines plus ? J 'ai plus envie d
'aller à l 'école.
Depuis le procès...
Tout le monde dit que maman c 'est une assassin.
Et une pute.
Tu sais quoi ? Tu vas me les présenter tes copains et puis moi je vais leur
expliquer la vie.
Ça me fait honte.
Madame,
vous avez déclaré avoir été filmée à votre insu lors de vos débats. Vous
confirmez ? Oui.
Madame la Présidente, peut -on montrer à l 'accusé, au juré, le scellé numéro
1387, s 'il vous plaît ?
Vous confirmez que c 'est bien vous ? Oui, oui, mais... Merci.
Les jurés apprécieront.
Merci.
Les images ont été retrouvées dans le portable de mon client.
Ça n 'a rien à voir avec les vidéos pornos.
T 'étais un jeu entre nous.
Elle est comment ? Satinée ? A dentelle ? T 'es
complètement fou, hein ? Je bosse, moi, monsieur.
C 'est toi qui m 'en fous, attends.
Allez, s 'il te plaît, je veux la voir.
Je t 'en supplie.
Qu 'est -ce que vous a dit ma cliente ? C 'était un jeu érotique.
Et alors ? On n 'a plus le droit de faire ce qu 'on veut dans l 'intimité
maintenant ? Mesdames et messieurs, on touche ici au cœur du sujet.
Quel est le sujet ? Le consentement.
Même si Madame Parlier avait accepté que son partenaire filme leur débat, ce qui
n 'est absolument pas le cas, est -ce que ça l 'autorisait, lui, à les
sans son accord ? Absolument pas.
Accord ou pas, maître, pouvez -vous nous expliquer comment l 'accusé a pu ne pas
se rendre compte ?
Qu 'elle était filmée.
Sous plusieurs angles, qui plus est.
Excellente remarque, maître.
Figurez -vous que je me suis posé la même question.
Je suis donc allé dans une grande enseigne d 'électroménager et j 'y ai
courses.
Caméra espion, 24 euros.
Avec micro intégré. C 'est un radio réveil.
Et comme j 'aime varier les angles, j 'ai aussi acquis ce stylo à 29 euros.
La caméra est juste ici.
Vous voyez ? Il y en a pour tous les goûts.
Discrétion garantie.
Tout ceci pour dire, mesdames et messieurs les jurés, que n 'importe qui
'hui peut être filmé à son insu. Vous, moi, tout le monde.
Merci, maître, pour ce débat très éclairant.
J 'aimerais maintenant revenir au déroulé des faits. Madame Parlier, s 'il
plaît. Lors de l 'instruction, vous avez déclaré que M.
Marsac a franchi, je cite, un cran dans l 'ignominie. À quel moment ?
C 'était après que j 'ai porté plainte contre lui.
C 'est quoi ça ?
Le libraire ? Mais tu m 'as rien dit.
Non mais c 'est ça pour toi l 'amitié ? Merde alors.
Je comprends pourquoi il met plus les pieds ici.
Est -ce que c 'est ça ton problème ? C 'est ça que tu retiens ? Tu veux que je
me barre comme ça il pourra revenir ? Non mais vous Sophia, il redescend un
C 'est qu 'une vidéo de cul, tout le monde fait ça.
Non, non, non, non, non, non.
Toi peut -être mais pas moi.
Pas bon à bordel.
Je pense que cette saloperie de vidéo est en train de faire le tour du
Mais comment je fais pour sortir, moi ? Tout le monde me connaît ici.
Ne te laisse pas faire, attaque, tête haute, va porter plainte. Merci, c 'est
que j 'ai fait.
Regarde ce que c 'est ma value.
Pute du quartier.
Bonjour.
C 'est bien passé ? Oui, ça va.
Maman, j 'ai faim.
D 'accord, allez à la boulangerie, d 'accord ?
Oh,
il y a Benji ! Ciao.
Benji ? Qu
'est -ce que tu fais là ? T 'es pas censé être en cours ?
Pourquoi tu parlais avec lui ? Qu 'est -ce que ça peut te foutre ? Je t
'interdis de remettre les pieds dans cette librairie, d 'accord ? Vincent, c
'est mon pote.
Alors t 'es interdit, tu vois.
Pourquoi il est méchant avec toi, Benji ? Je sais pas.
Sûrement la crise d 'adolescence.
Moi, je te promets que je la ferai pas, la crise.
Salut.
Manon est prête ? Écoute, Mario, je...
Je sais que t 'es choquée, moi aussi je le suis.
Mais ce serait bien qu 'on parle tous les deux, non ? Manon, je t 'attends.
Au fait, tu vas te convoquer chez le juge.
Je vais demander la garde exclusive.
Ma chérie. Papa.
Maman.
À la semaine prochaine.
C 'est donc une nouvelle vidéo qui a été envoyée sur mon lieu de travail sans
mon consentement via un nouveau profil.
Attendez, votre profil, vous l 'aviez bien supprimé, non ? Oui, mais ça ne
à rien.
N 'importe qui peut créer un compte à mon nom.
Il faut 30 jours pour le supprimer.
Ok, je crois qu 'on a tout.
J 'imprime.
Si je montre au juge que j 'ai porté plainte, il verra que c 'est pas de ma
faute.
Mais est -ce qu 'il en tiendra compte ? Si on m 'enlève les enfants, je vais
devenir folle.
Calmez -vous, on n 'en est pas encore là, d 'accord ? On va trouver un moyen
le coincer.
L 'idéal, si j 'ose dire, serait de recouper votre témoignage avec celui d
autre victime.
Il a bien dû avoir d 'autres relations depuis le décès de sa femme.
Il vous en aurait pas parlé ? Non, je sais pas.
J 'ai commencé à fouiller dans sa vie.
Il y a forcément une faille et je vais la trouver.
D 'accord.
Je vous promets, je ne lâcherai pas.
Madame Pardier, attendez.
Vous connaissez cette association ? Cibarso.
Les gens qui luttent contre le cyberharcèlement. Allez le voir. Ils
vous aider.
Je tenais bon.
J 'en ai reçu d 'autres.
Bon appétit.
Alors,
vous avez choisi ? Oui.
Quatre plats du jour, avec ma pièce de roule. Très bien. Pourquoi tu m 'as mis
la main au cul, connard ?
Parce que je suis une pute, c 'est ça ? Tu m 'habilles dans une vidéo, tu penses
que tu peux me mêler ? Vas -y, vas -y, tire -toi.
Tu veux que je me mette à poil ? C 'est ça que tu veux ? Vas -y, montre -moi tes
couilles. Vas -y, t 'as peur ? Pourquoi tu ne fais plus rien ? Et toi, pourquoi
tu me regardes comme ça ? Et vous, pourquoi vous me regardez comme ça ? C
mon froc, là.
C 'est ma tournée générale, je suis la pute du quartier. Allez -y, je suis
prête, là.
Mais d 'où, d 'où, d 'où tu crois que tu peux me mettre la main au cul, toi ? D
'où tu crois que tu peux humilier une femme comme ça ? Sophie !
Toi, tu dégages.
Ok, tu dégages ! Vous sortez, vous sortez tous, là !
Tu devrais peut -être te mettre en arrêt maladie.
C 'est pas moi de la soigner.
Oui, mais moi, j 'ai pas envie de te retrouver en hôpital psychiatrique.
Il faut te sauver les mifs, là.
Allez.
À tous les clients qu 'on a perdus.
Mais t 'inquiète pas pour ça. On va pas lui faire le cadeau de couler, en plus
de tout.
Ce pétage de câbles.
Comment tu les exploses.
Ça fait du bien, non ? Tu sais ce qui me ferait du bien ? C 'est qu 'on fout en
taule, ce connard.
J 'ai envie de lui faire bouffer ses couilles, qu 'il s 'y bouffe avec.
Ah ouais, ouais, ouais.
Tu connais le supplice du bambou ? Tu l 'empales à une petite pousse, et la
pousse elle grandit, mais tout doucement, genre 30, 40 centimètres par
là, tu vois, il va jouir sa race.
Ah, bah tiens, quand on parle du loup.
Bah dis donc, il n 'a pas chômé pour te remplacer.
La pauvre, c 'est parce qu 'il attend.
Bah on va lui faire son coming out.
À tort dur.
Peigne au dessus.
J 'ai l
'air
de vider.
T 'aimes bien ? Je me
calme pas, regardez comment ça se
passe. Je suis arrivé ce matin, c 'était comme ça.
Qu 'est -ce qu 'on fait ? Je vous comprends, mais sans preuves, je ne peux
faire. Vous savez très bien où sont les preuves.
C 'est là -bas que ça se passe.
Sandy, m 'allez vite.
30 ans, professeur de lettres classiques, domicilié aux 7 rues du
Nous vous écoutons, madame.
Cette femme avait un seul objectif.
Briser notre couple.
Ça ne suffit pas d 'avoir fait de lui un infirme à vie, il faut qu 'elle
continue à le salir.
C 'est insupportable.
Quand je pense qu 'il est allé jusqu 'à lui écrire en prison qu 'il lui
pardonnait.
Elle a brisé sa vie pour rien.
Et je ne parle pas des projets qu 'on avait.
Il a eu le malheur de tomber sur une jalouse pathologique.
Excusez -moi, je peux vous parler ? Je n 'ai pas le temps.
Attendez, vous êtes la nouvelle compagne du libraire ? Oui, et alors ? Je m
'appelle Sophie et on a une brève liaison. Je suis au courant, quoi ça me
regarde ? Je ne sais pas comment vous dire ça.
Ça va vous paraître très brutal, mais... Mais fiez -vous de lui. Merci.
Écoutez, écoutez -moi, c 'est quelqu 'un de dangereux.
Il peut être violent, voire toxique. Moi, ce que je vois, c 'est qu 'il vous
largué et vous le digérez pas.
Mais ça, il m 'avait prévenu. C 'est ça qu 'il vous a dit. Il vous ment, il vous
manipule. Bonne soirée.
Elle a tout bonnement voulu le tuer quand il a quitté pour une femme,
plus jeune.
Si lui a pu pardonner, moi, jamais.
Madame Alevitch.
Pouvez -vous rappeler à la cour la date de votre rencontre avec M. Marsac, s 'il
vous plaît ? Le 1er février, il y a deux ans et demi.
Le 1er février.
La rupture avec Sophie Parlier a eu lieu le 7 janvier, soit trois semaines
avant.
Donc ma cliente n 'a pas été quittée pour plus jeune qu 'elle.
Et ce serait mesquin de s 'arrêter sur le tout petit mensonge de celui qui
qualifie ma cliente de mythomane.
Non, ce qui est infiniment plus grave, c 'est ce qu 'il a fait après.
Quand il a vu ma cliente mettre en garde Mme Malevitch.
Je crois qu 'on peut parler de représailles, n 'est -ce pas ? T 'es
a reçu ma lettre, maman ? Ça fait dix jours que je l 'ai envoyée, maman.
Il est bloqué, ma pauvre chérie.
Pourtant, Dieu sait si je me tiens à lui dire que c 'est pas ta faute, mais bon,
tu connais ton père.
Quand il se replie sur lui -même... Dégarde -toi.
Il n 'ose même plus aller au conseil municipal.
Qu 'est -ce qu 'il y a ? Faut mieux que tu t 'en ailles, maman.
Certainement pas, avant de savoir ce qui se passe.
C
'est
toi, là ? Ma mise sur un site porno ?
Mon Dieu, mais pour quoi faire ? Mais comment elle a eu mon nouveau numéro
?
Je vais le tuer.
C 'est écrit.
Noir sur blanc.
Pièce numéro 72 494.
Interrogatoire de la mère de l 'accusé.
Témoin de la scène.
Je vais le tuer.
Et que fait l 'accusé ? Elle se procure une arme. D 'où vient cette arme,
madame ? De chez mon père.
Madame la présidente, vous permettez pièce à conviction numéro 38 212.
Lui ici, s 'il vous plaît.
Merci.
Donc vous procurez cette arme pour tuer mon client ? Non, non, non, c 'était
bien avant.
C 'était pour me défendre après que j 'ai été agressée.
Pour vous défendre ? Oui.
Mais si moi, je dois me défendre, Madame, je prends une arme de défense.
Il y en a des dizaines sur le marché en vente libre qui ont l 'avantage de ne
pas être létales.
Vous avez choisi une arme qui tue, Madame.
Et vous avez détruit la vie d 'un innocent.
J 'en conclue, Madame la Présidente, que le crime de tentative de meurtre avec
préméditation est avéré.
Pourquoi vous avez rien dit, hein ? Elle m 'a torpillée, l 'autre, là ! Vous
avez vu la tête des jurés ? Je suis foutue ! Le procès est loin d 'être
Sophie. Faites -moi confiance.
Je vous avais prévenu qu 'elle exploiterait cette histoire d 'armes. Si
dit quoi que ce soit, je vous aurais enfoncé.
Et là, pour elle, c 'était l 'autoroute. On passait une heure dessus.
Putain, mais pourquoi personne m 'écoutait avant, hein ? Tentez contre
'est moi qui passe pour une folle, maintenant ! Quand vous avez découvert
vous apparaissiez sur un site pornographique, Qu 'avez -vous ressenti
Une descente aux enfers.
On tape son nom sur Internet et on prend une bombe dans la tête.
Bonjour, c 'est bien sur la métagerie du lieutenant Berman. Merci d 'être un
message.
Salut, lieutenant.
Alors, je sais que je ne suis pas une priorité, mais... tapez mon nom sur
Internet qu 'on rigole un peu.
Manon a oublié son cahier de maths.
Allez, dégage maintenant.
Attends, je peux pas te laisser comme ça.
Oui. Oui, excusez -moi.
Hier, j 'étais en déplacement, mais je suis devant mon ordinateur.
En effet.
Vos noms, adresse, numéro de téléphone.
Alors, c 'est quoi votre solution ? Je vous avais parlé d 'une piste sur
laquelle j 'étais.
J 'ai avancé.
Il y a effectivement une autre victime.
Ah oui ? Oui. Pour le moment, la personne refuse de porter plainte.
falloir me laisser encore un petit peu de temps.
J 'en ai pas du temps, moi.
Donnez -moi son numéro.
Je vais l 'appeler, je vais la convaincre.
Non, ça, je ne peux pas. Je n 'en ai pas le droit.
Mais croyez -moi, je m 'en occupe. Faites -moi confiance.
De votre côté, vous avez contacté l 'association ? Je m 'en fous de bon
samaritain. Bon, Sophie, allez -y.
Vous avez deux enfants qui comptent sur vous.
Allez -y, c 'est un ordre.
Ah oui, je fais le comparatif. Je fais, je compare.
Sophie ? Oui, bonjour.
Je suis Magali.
Le lieutenant m 'a parlé de vous.
Ça te va si on se tutoie ? Qu 'est -ce que vous pouvez faire pour moi ? L
fille a refusé de faire tes plaintes. Elle va peut -être réfléchir.
Il faut lui trouver le courage.
T 'es bien placée pour le savoir.
Toi, tu l 'as eu.
Moi, je te dis bravo.
Et merci.
C 'est tout seul. Ça sert à rien, la preuve. Non, si.
Ça sert à dénoncer.
Regarde la vague MeToo, ça a commencé par une femme qui en a entraîné d
Et à la fin, t 'as toutes ces meufs qui déplacent des montagnes.
Nous aussi, on va hurler.
Jusqu 'à ce que la honte change de camp.
Et crois -moi, on a du coffre.
Et de la rage.
Bon, première chose, est -ce que t 'as un avocat ? J 'en connais pas.
Bon, l 'assaut peut t 'aider pour ça.
On travaille avec Maître Schelko, il est formidable, il connaît la chanson.
Si tu veux, on peut l 'appeler tout de suite.
T 'es prête ? On sort la machine de guerre ? C 'est après le suicide de mon
frère que j 'ai créé l 'association.
Ces cyber -harceleurs courent toujours.
Comme celui de Sophie.
Alors que ce sont des assassins.
C 'est à vous, les hommes de loi, que je le dis.
Le revenge porn, c 'est un crime sexuel à vie.
Si la justice ne bouge pas, quand Sophie sera grand -mère, ses petits -enfants
pourront tomber sur les images que vous avez vues.
La cour entend votre combat, madame, mais pour revenir à Sophie Parlier, qu
'appelez -vous sortir la machine de guerre ? C 'est qu 'à tous les uns,
de fourmi.
Enchantée, Suzanne.
Vous êtes prévenue que vous allez voir votre fille sur des sites pas appris
comme il faut ? Bon, vous savez, ma fille, c 'est ma fille.
Ma fille, c 'est sacré.
Je sais que t 'es pas de sa foute.
Bon, alors, en revanche, moi et les ordinateurs... Non, non, vous allez
'est facile.
Je vous montre.
T 'as bien apporté ta carte d 'identité en PDF ? Ah oui.
Alors... Merci.
Notre job, c 'est éboueur.
Je vous montre. Je vais sur un site.
Première opération, la capture d 'écran. C 'est essentiel. Ça permet de garder
une trace.
Toque sur la touche Screen.
Contrôle N, j 'ouvre un document.
Contrôle V, je colle ma capture.
Ensuite, je cherche le contact de l 'hébergeur.
Ici, en tout petit, là, dans le coin.
Parfois, il se cache. Souvent, c 'est en anglais.
Tu écris pour demander la suppression du pote.
Tu joins la carte d 'identité.
Ça prouve que ce n 'est pas toi qui as mis les images en ligne.
Voilà, et hop, tu envoies.
Ensuite, bien sûr, systématiquement, commissariat, plainte.
Vous voulez essayer ? Oui. Vas -y, chérie. Non, non, non, vas -y, maman.
Vas -y, montre -moi si t 'as compris.
Alors... Ça va comme ça ? C 'est bien ?
Non. On va peut -être se contenter de la capture d 'écran.
Oh ! Qu 'est -ce que c 'est que ça ? Qu 'est -ce que j 'ai fait ? On avait
48 pages de sites à effacer.
Je suis devenue obsessionnelle.
La nuit, le jour, je pensais qu 'il y a effacé, effacé, effacé.
Une vraie toile d 'araignée.
Ça vous rend fou parce que les sites porno téléchargent les vidéos des
On arrive à en supprimer une, et il y en a dix autres qui apparaissent.
Putain, mais il n 'y a plus rien de différent, c 'est le baraque.
Fais -toi des pattes. Il n 'y en a plus.
Eh bien, va en acheter.
Putain, franchement, vous me faites chier.
Attends, Benji, ça va, oui ?
J 'ai fait un cauchemar.
Je peux aller vivre chez papa.
J 'en ai marre de toi, j 'en ai marre de Benji.
Lui, il fait sa racaille et toi, t 'es toujours sur l 'ordinateur.
T 'as raison, chérie.
Ça va bien.
On se passe une journée demain.
Toutes les deux.
Ouais.
On s 'est promenés toute la journée.
Ça fait longtemps qu 'on s 'était pas parlé.
Je l 'avais oublié.
Je les avais tous oubliés.
T 'as pas plus cette journée shopping ? Oh ! J 'adore quand tu souris, maman.
Mon bébé.
T 'as eu raison de me parler seule.
Attends, je cherche mes clés.
Salut,
Sophie.
Alors, on est en retard ? Vous êtes qui ? Qu 'est -ce que vous voulez ? Comment
ça, on est qui ?
On a discuté ce matin sur Free Porn. Tu nous as donné rendez -vous.
Dégagez ou j 'appelle la police.
T 'étais beaucoup moins timide ce matin. Qu 'est -ce qui t 'arrive ? C 'est
vrai, c 'est vrai.
Cours, cours ! Lâchez ma bête ! Lâchez -moi ! Lâchez -moi ! Me touche pas à moi
! On va te faire kiffer. Vous êtes dans les petites brunettes.
Me touche pas à toi ! Ça va m 'arrêter ! Lâchez -la faire, les gars ! Allez,
c 'est bon, lâchez -la faire, les gars ! C 'est bon, elle n 'a pas envie !
Laisse -toi tranquille, tu vois bien qu 'il veut pas.
Vas -y ! Manon
! Pourquoi t 'es pas rentrée ? Tiens, pourquoi t 'es pas rentrée ? Viens.
Ferme la porte.
Qu 'est -ce qu 'il y a ?
On se tient.
Appelle Mario.
Le docteur lui a fait une piqûre.
Elle va dormir jusqu 'à demain.
Je vais vous emmener tous les trois chez moi.
Prends les enfants.
Ne me touche pas.
Je te demande pardon, Sophie.
Je suis là, maintenant.
J 'ai toujours aimé ma femme.
On s 'est connus jeunes.
Elle avait 22 ans, moi, 24.
Et puis, comme dans beaucoup de couples, il y a de l 'illusion.
On a décidé de divorcer.
Essayez d 'être un peu plus précis.
Personne ne décide de briser une famille sans un motif un peu sérieux.
C 'est vous qui avez pris la décision, elle, ensemble ? Elle.
Disons que ça m 'est arrivé de la tromper.
Je la regrettais, mais...
La vérité, c 'est que ma femme n 'avait plus de désir pour moi.
Plus du tout.
De la cruauté de ces images pour vous.
J 'ai été blessé.
J 'ai réagi comme... Enfin, je pensais qu 'à moi.
J 'en voulais beaucoup, vraiment beaucoup.
Et puis, il y a eu l 'agression.
À ce moment -là, vous retombez sur Terre.
Ma petite traumatisée, mon fils qui partait en vrille.
Et Sophie.
On aurait dit qu 'elle était morte à l 'intérieur.
Et vous ? Moi, j 'ai fait ce que j 'ai
pu.
J 'ai pris les enfants et tous les jours, je suis passé voir Sophie.
J 'avais la hantise qu 'elle se fout dans l 'air.
Une obsession.
Qui lui a fait ça ? C 'est qui ce monstre ?
Pourquoi tu veux pas me le dire ?
S 'il te plaît.
J 'ai plein de choses à te dire.
Déjà, t 'as plus à avoir peur.
Tes agresseurs vont passer en comparution immédiate.
Et toute l 'association est derrière toi.
J 'ai vu ta petite Manon hier.
Elle va mieux.
On a parlé, on a pleuré, on a rigolé.
La fille fait un boulot super.
Mario, c 'est un papa génial.
Elle est forte, ta fille.
Elle a son sortir.
Il aura pas ta peau.
Il a fallu dix jours pour qu 'elle arrive à sortir.
Bonjour.
Bonjour.
J 'ai reçu le livre de Benji.
Vous venez prendre un café, non ? Allez, viens. Viens, on y va, ça te fera du
bien. Non, non, non, une autre fois.
Une autre fois.
Merci, une autre fois.
Je soupçonnais tous les hommes de la Terre, sauf un.
Elle n 'a rien lâché.
Elle a été héroïque.
Parce que si j 'avais deviné, je serais dans le box à sa place.
Je serais certain.
Mesdames et messieurs les jurés, ma cliente croyait en la justice.
J 'avais transmis au procureur de la République les 58 plaintes qu 'elle
déposées. Oui, 58.
C 'est énorme.
Elle s 'accrochait à l 'espoir de les voir aboutir. Le cauchemar aurait dû s
'arrêter. Dans les règles.
Dans les règles, maître ? Vous appelez ça dans les règles ? Dois -je vous
rappeler que votre cliente a tiré sur un homme innocent ? Il ne parlait pas d
'innocent, madame.
Il s 'attaquait aussi à notre fils.
Conseil de discipline, menji.
Quand tu as encouru l 'exclusion définitive, qu 'est -ce que tu as fait ?
-moi ce qui s 'est passé.
C 'est à cause de moi que ma mère est là.
Non, Benji.
Commençons par le début, Benjamin.
Quand avez -vous eu connaissance de ces vidéos ? C 'était le même jour que mon
père, mon grand -père, Saint -Onge, mon parrain.
La première fournée, quoi.
Madame Parlier, à aucun moment vous n 'avez eu un doute.
J 'étais dans le déni.
L 'idée que Benji ait vu ces vidéos, ça m 'était insupportable.
De toute façon, c 'est pas moi qui ai reçu la vidéo.
C 'est mon meilleur ami Damien.
Quand je suis rentré, je pouvais même pas la regarder.
Si t 'as été sur les réseaux, je... Pourquoi tu me fliques maintenant ?
tu me saoules ! Je me suis embrouillé avec Damien.
Et pourquoi
vous
n 'avez rien dit ?
Vous ne pouviez pas en parler à votre mère ? D 'un côté, j 'avais la haine
contre elle.
Et en même temps, je voulais la défendre, mais... Au lycée, il me
tous les jours.
Et au bout d 'un moment, j 'en pouvais plus, et c 'est là que j 'ai merdé.
Enfin, je veux dire... Enfin, que j 'ai fait une bêtise.
Quelle bêtise ? Pour détourner l 'attention, j 'ai pris une image sur
et je l 'ai balancée sur les réseaux.
Regarde !
Je ne
pouvais
pas imaginer qu 'un truc assez débile prendrait sa proportion.
Les mecs, ils s 'en foutaient si c 'était vrai ou pas. Mais Lécie, elle le
taillait encore plus.
Sa copine a largué.
Et un jour, on ne l 'a plus vue.
C 'est là qu 'on a appris qu 'il avait tenté de se suicider.
Après, je suis passé à un conseil de discipline, c 'est là qu 'on m 'a viré.
En fait, je me rends compte que ce que j 'ai fait à Damien, c 'est ce qu 'on
faisait à ma mère.
Vous en avez parlé à quelqu 'un ? Ouais.
Aux solettes, j 'ai le temps qu 'ils avaient confiance.
Dis -moi.
Je te jure.
Tu verrais ça, mais t 'as envie de gerber.
Je te jure, c 'est qu 'elle a envoyé un pote à moi, t 'imagines ? Mais il faut l
'enterrer, quoi.
Je comprends.
Il y avait quoi sur cette vidéo ? Vas -y, Benji, lâche.
Ça sortira de ta tête. Je peux pas.
C 'est ma mère, quoi.
Je comprends.
Tu sais, c 'est compliqué, le sexe.
Certaines femmes jouissent de s 'exhiber. Il faut pas juger les
Même si c 'est ceux de ta mère.
Tu comprends ?
Vous dites que M.
Marsac était le seul adulte en qui vous aviez confiance.
Que représentait cette relation pour vous ? Je croyais que c 'était de l
'amitié.
Il me laissait bouquiner des mangas, on dit peut -être plein de choses.
Comme si j 'étais son égal.
Et moi, ça me rendait fier parce que je l 'admirais. En somme, vous l 'avez pris
comme confident.
C 'est tout.
Je ne pouvais pas me douter qu 'il manipulait.
C 'est moi qui lui ai passé le zéro six de ma mère quand elle a dû entendre.
Que ce jeune homme ait été manipulé, cela ne fait aucun doute.
Et tout le monde ici peut comprendre sa douleur.
La question est, qui l 'a manipulé ? Mon client, qui l 'a pris sous son aile,
qui lui a accordé du temps, de l 'attention, ou sa mère, une mythomane ?
qui n 'est pas à court d 'imagination lorsqu 'il s 'agit de se faire passer
la victime.
Peut -être que j 'aurais pensé ça, s 'il n 'était pas arrivé ce qui est arrivé.
À savoir ? Déjà, je l 'ai trouvé les dossiers où ma mère a rangé ses
C 'est là que j 'ai compris que c 'était pas elle qui envoyait la vidéo.
D 'ailleurs, je sais même pas comment j 'ai pu le croire.
Je revois encore sa tête quand je lui dis ça.
C 'est horrible.
La pauvre.
Et tu sais qui lui a fait ça ?
Non. Je te jure que si je le savais, je l 'expose au bâtard.
Je sais à qui je vais demander.
À Quentin, tu sais, mon parent.
Il vient d 'enlever son chantier.
Pourquoi elle le saurait ? C 'est le grand pote de ma mère, elle lui dit
Quoi ? Non, rien.
Je vois bien que tu penses à un truc.
Écoute, c 'est ton parrain, Benji, c 'est délicat, mais ça m 'étonnerait qu
te réponde quoi que ce soit.
Je vois pas pourquoi. Il ferait n 'importe quoi pour ma mère.
Tout ce que je sais, c 'est que l 'amitié entre un homme et une femme, ça
'existe pas.
Tu crois ? Pourtant, je suis sûr que... Tu sais, les quelques fois où je les ai
vus ensemble, ça crève les yeux.
Ce type est amoureux de ta mère, mais d 'une manière un peu malsaine, tu vois.
Frustré.
Et va savoir.
Peut -être qu 'après le divorce, il s 'est dit que ce serait son tour.
Un soir, il l 'a fait un peu trop boire et elle, fragilisée, elle a fédé. Non
mais attends, c 'est pas possible, c 'est pas son style.
Si tu savais comme les gens peuvent nous surprendre parfois.
Il est parti quand sur son chantier ? Euh... C 'était le lendemain de mon
anniversaire.
Putain.
T 'as raison, c 'est là qu 'il y a eu la vidéo.
Bon, je peux te le dire maintenant, mais...
Le jour de ton anniversaire, à la brasserie, j 'ai surpris en train d
gestes déplacés sur ta mère.
Putain.
Putain, mais qui est le... Bâtard !
Ah,
salut, Betty. Comment ça va ? Je l 'ai raté.
On s 'est battus et il m 'a mis une raclée.
Et c 'est là qu 'il m 'a dit qui était le vrai coupable.
Merci Benjamin.
Cet épisode pour le Comme ça a eu lieu le jour où votre mère a tiré sur la
partie civile. C 'est bien ça ? Oui.
Madame Parlier, veuillez raconter à la cour ce qui s 'est passé lors de cette
journée cruciale.
Le matin, le lieutenant m 'a appris que sa hiérarchie lui ordonnait d 'arrêter l
'enquête.
Aucune vidéo n 'a été trouvée dans l 'ordinateur de... de Vincent Marsac.
Ça m 'a mis un sacré coup.
Le deuxième coup, je l 'ai pris en allant chez Maître Chalcot.
Vous savez absolument que je vous vois aujourd 'hui.
J 'ai reçu ça ce matin, du procureur de la République.
Il classe la totalité de vos plaintes sans suite.
Infraction insuffisamment caractérisée.
Oui. Il n 'a pas pris le dossier au sérieux et il a dû le parcourir entre
portes, j 'en sais rien.
Désolé, je suis attendu au tribunal.
Sophie. Sophie.
Le libraire lui a fait croire que t 'es moi.
Raconte -lui ce que t 'as voulu me faire, là ! Vas -y ! Si j
'avais pas eu mon cuir, ton fils, ce serait un assassin.
Regarde.
Faut que tu me racontes, Sophie.
Tu me dis ce qui te passe.
Adèle Mario.
Vous comprenez maintenant pourquoi je dis que c 'est à cause de moi que ma
est là ? Et que j 'en crève de la voir en prison ?
Merci
Benjamin.
Je peux dire un truc ? Oui.
Je sais pas trop comment le dire.
Depuis deux ans que ça s 'est passé, j 'ai eu le temps de réfléchir.
Et maintenant je me dis qu 'une femme a le droit de faire l 'amour et d 'aimer
ça et le montrer à tout le monde s 'il le plaît. Il est pas là le crime.
Il est là.
Alors elle fait comment la justice pour juger un accusé quand c 'est d 'abord
lui la victime ?
Si on n 'arrive pas à coincer Marciac, ça va tuer Sophie.
Vous le savez aussi bien que moi.
C 'est ce qui va se passer sans le témoignage de cette deuxième victime.
N 'inquiétez pas.
Je ne peux pas vous donner son nom, je n 'en ai pas le droit.
Des fois, je me demande de quel côté vous êtes.
Permettez, je vais passer un coup de fil.
Allô, Caroline, bonjour, je suis Magali de l 'association Cibarçon. Non, non,
non, je ne veux pas en parler. Attendez, laissez -moi vous expliquer la raison
de mon appel.
C 'est à propos de Vincent Marsac ? C 'est ça.
Oui, si vous suivez le procès dans les médias, vous savez que Sophie et vous
êtes victimes du même prédateur. Je ne veux plus entendre parler de cette
histoire. Caroline, sans votre témoignage... Non, écoutez, madame, j
des années dans la peur jusqu 'à maintenant.
Oui, j 'entends que vous avez peur. Eh bien, je ne veux plus jamais entendre
parler de ça. Si vous parlez, vous n 'aurez plus de raison d 'avoir peur. Ce
sera fini.
La cour vous écoute.
Je vous plaide coupable.
Je demande pardon à Sophie Parier.
Pardon d 'avoir pu, bien involontairement, la laisser croire au
Pardon d 'avoir pas su tuer dans l 'œuf ses espoirs de mariage dès lors que son
divorce serait prononcé.
Cette frustration et peut -être même ce sentiment de trahison expliquent
certainement ses mensonges et son coup de folie.
Bien sûr, aujourd 'hui, je suis diminué physiquement, mais ce que j 'ai gagné n
'a pas de prix.
J 'ai appris ce qu 'est un amour vrai, pur.
Sans dis, sans toi, je n 'aurais jamais trouvé la force de me reconstruire.
De tout mon cœur, j 'exprime ma compassion à Sophie Parlier pour le
'elle a subi et je la supplie de trouver le véritable auteur de cette infamie.
Je veux sortir de cette salle en homme d 'honneur, pas tant pour moi que pour la
femme que j 'aime et qui m 'a tant aidé.
L 'audience est suspendue.
Reprise à 14 heures.
Raccroche pas.
Attends.
Surtout, raccroche pas.
Qu 'est -ce que vous faites là ? Je viens voir Maître Echelko.
Attends, je te le passe.
Oui, allô ? Oui.
Désolé de vous déranger, Madame la Présidente. Il faut absolument que je
parle.
Un témoin de dernière minute s 'est présenté. Comme il est d 'usage, j 'ai
consulté les parties et j 'ai décidé que nous entendrions ce témoin dès
maintenant. En raison de la distance, cette personne va s 'exprimer par
vidéoconférence.
Merci.
Madame, veuillez décliner vos noms, prénoms, âge, profession et domicile.
Je m 'appelle Caroline Brand.
J 'ai 28 ans, je suis infirmière et j 'habite à San José, au Costa Rica.
Qu 'avez -vous à dire, madame ? J 'ai rencontré Vincent Marsac quand il m 'a
engagée pour être infirmière à domicile, enfin soigner sa femme.
Ça fait 4 ans que je vis la même chose que Sophie.
Encore aujourd 'hui, il fait tourner des vidéos de moi.
C 'est un genre de viol collectif sans fin.
Je pensais que...
J 'allais sauver ma peau en partant des milliers de kilomètres de là, mais ça
enlève pas les cauchemars, la honte.
Pour moi, cet homme, c 'est le mal absolu.
C 'est Magali qui m 'a convaincue de parler, et je le fais aussi pour qu 'on
nous prenne enfin au sérieux.
Que la police nous aide, que la justice nous entende.
Donc voilà, maintenant, on est deux.
Sophie, je vois pas... à ton visage.
Je voudrais te remercier d 'avoir parlé.
Il semble que nous ayons un petit problème technique. Madame la
témoignage de dernière minute n 'apporte aucune preuve à l 'affaire qui nous
concerne. Je vous rappelle qu 'une cour d 'assises juge des faits. Or, les faits
parlent d 'eux -mêmes.
Cette femme a essayé d 'assassiner un homme innocent.
Madame la Présidente, les preuves, je les ai.
Approchez, madame, s 'il vous plaît.
La cour vous entend.
Il y a un tiroir fermé à clé dans son bureau.
Ce midi, je l 'ai fracturé.
Dedans, il y a un ordinateur qui contient toutes les vidéos.
Tais -toi ! Celle de Caroline, celle de Sophie et moi.
Il m 'a filmée aussi.
Il y a toutes les preuves sur cette clé.
En conséquence, la Cour et le jury, après avoir délibéré, condamnent Sophie
Parlier à la majorité absolue.
à la peine de cinq années de réclusion criminelle, dont trois avec survie.
La peine ayant été effectuée en détention préventive, Madame Parlier,
libérable dès lors que les formalités de l 'administration pénitentiaire le
permettent.
L 'audience est levée.
Sous -titrage ST' 501
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.