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1 Dans le système judiciaire, les citoyens sont représentés...
par deux organismes d'égale importance.
La Police, qui enquête sur les crimes...
et le Ministère Public, qui poursuit les contrevenants.
Voici leurs histoires.
T'en as vraiment rien à cirer !
C'est pas plus important pour toi qu'une nouvelle paire de godasses.
Et alors, elle est de la famille.
Tu penses que j'en discuterais avec ma soeur ?
- Sally est thérapeute. - Le problème n'est pas son égo.
T'es puéril.
Vous avez entendu Howard ce matin ?
Il en a mis un paquet sur une pauvre fille.
T'occupe !
Attention !
Hé, qu'est-ce que vous fichez ?
- Allez, allez, reculez. - Mikey.
Ouais. Rien vu, rien entendu.
Huit millions de gens et on meurt tout seul.
- C'est la manchette du matin ? - Un type embrasse la 10e avenue.
Le baiser de la mort.
C'est pas le couteau qui lui a fait ça à la figure.
Il devait venir de ce pont.
Voyons voir ce qu'on a.
Et le gagnant est... James Vogel.
Le conseiller Vogel.
16e circonscription. C'est loin de chez lui.
20, 40, 60, 80...
83 thunes et une collection de cartes de crédit.
- Trop occupé pour le voler. - Un électeur mécontent ?
Ou un contribuable qui n'en avait pas pour son argent.
Drôle de façon de quitter ses fonctions.
Vogel était à une soirée...
de charité de la Fondation des New-yorkaises au Club démocratique.
Le portier l'a vu partir, seul, peu après 22 h 30.
Cinq minutes après, c'était le grand plongeon.
Et si quelqu'un a vu le coup, ils ne sont pas restés pour nous en parler.
Le mot est donné, un témoin se présentera peut-être.
Et il me poussera peut-être des ailes et j'apprendrai à voler.
J'étais à une conférence l'année dernière avec Vogel.
Sécurité des écoles, délinquance, ce genre de chose.
Beaucoup de blabla, mais pas Vogel.
Ce type était un des bons.
Il arrive que les bons marchent là où il ne faut pas.
Sa famille est dans la politique depuis longtemps.
Il y a certainement de mauvais perdants.
Je veux des résultats pour celui-là.
En plus des blessures dues à la chute et à la voiture...
la victime a des blessures infligées sur la partie frontale du corps.
Quelqu'un devait vraiment lui en vouloir.
Quelle que soit la raison, ça ne fait plus grande différence.
Nous avons une plaie dorsale au quadrant supérieur droit.
Un coup vers le haut.
La lame a pénétré l'abdomen sous la cage thoracique...
elle a touché le rein et sectionné la veine rénale.
Deux battements de coeur et c'est la fin.
- Hémorragie interne sans douleur. - La marque d'un professionnel.
BUREAU DE JAMES VOGEL 266 AVENUE FLATBUSH LUNDI 17 FÉVRIER
Jim s'occupait d'alphabétisation, droits des locataires...
pas vraiment des sujets délicats.
Je connais quelques propriétaires qui ne seraient pas de cet avis.
Il a construit des ponts, pas des murs.
J'ai dirigé son bureau pendant huit ans.
Il n'y a pas un seul ennemi qu'il n'a pas convaincu.
Et ses amis ? Il avait des faveurs à rendre ?
Il n'était pas comme ça. Il n'était pas pour ces arrangements.
- Était-il ambitieux ? - Jusqu'à un certain point, oui.
Mais il ne devait rien à personne.
Ils avaient peut-être la mémoire courte.
Il y a deux crédits à son compte de dépôt.
L'un date d'il y a huit mois, l'autre, trois mois.
Il y en a pour 50 000.
- Il a gagné au Loto ? - Je ne sais pas d'où ça venait.
Bon, nous avons le numéro de la banque.
Si ce sont des chèques, nous irons au compte émetteur.
Je pense que, d'où qu'ils viennent, le Loto aurait mieux valu.
Je lui ai prêté l'argent.
Un père se laisse persuader.
Chez nous, on ne fait pas de chèques en blanc.
Il m'a demandé et j'ai donné.
S'il avait voulu que je sache pourquoi, il me l'aurait dit.
A-t-il parlé à votre femme ?
Judith est morte il y a six ans.
Il aurait pu se confier à quelqu'un d'autre, une amie peut-être ?
James ne se confiait pas.
Je ne vois pas le rapport entre son argent et sa mort.
Une ordure a dû le braquer.
Nous ne pensons pas que le mobile était le vol.
Vous cherchez un mobile ?
Pourquoi pas sans raison aucune ?
C'est à la mode ces jours-ci.
Quelqu'un n'aimait peut-être pas sa tête.
Ma famille s'est démenée pour améliorer la vie dans cette ville.
Et voilà comment on nous remercie.
Vogel n'était pas exactement un radin.
Il faisait des retraits tous les deux vendredis.
5 000 par mois en cash.
Sauf ces dernières semaines.
Plein d'argent en banque, mais aucun retrait.
S'il casquait pour quelque chose, il a changé d'avis.
L'a laissé au clou, à la banque des éclopés ?
Je ne vois pas comment, ce type était un moine.
Il payait ses factures sur son salaire.
Il payait ses cartes de crédit fidèlement chaque mois.
Il était peut-être fana de sport.
Les books collectent en cash, pas en macchabées.
"Mullen's", à SoHo.
Des factures chaque semaine.
La Mondaine n'est pas allée chez eux il y a un an ?
Vos collègues de la Mondaine ont fait erreur.
Les gens ne viennent ici que pour être bien.
- Vogel était un habitué ? - Ça ne regarde personne.
Sauf la police, M. Drotos.
- Il était presque mûr, de toutes façons. - Comment ça ?
Ces dernières semaines, James parlait de changer de vie.
- De faire le grand saut. - Le grand saut ?
Il voulait sortir du placard.
Il se demandait comment gérer ça.
Il se faisait des soucis pour sa famille.
Il n'aurait jamais pensé que ça lui coûterait la vie.
Selon vous, c'était une attaque contre sa sexualité ?
L'année dernière, dans celles qui ont été enregistrées...
30, 40 raclées ?
Rester dans le placard, c'est pas une question de fierté.
C'est parfois une question de vie ou de mort.
Vous avez dit qu'il allait sortir du placard.
Quelqu'un allait s'en charger pour lui.
Sortir, c'est quelque chose de spécial.
James a eu un appel d'eux la semaine dernière. Ils préparaient un article.
Je suis navré de ce qui est arrivé à James Vogel.
Et encore plus qu'il n'ai pas parlé quand il était encore en vie.
Vous vouliez le faire pour lui, M. Barclay ?
Sortir est un acte de légitime défense, Inspecteur.
Nous sommes en guerre, et le nombre fait la force.
Avec qui êtes-vous en guerre ?
James Vogel aurait pu être un modèle.
Vous ne pensez pas que ça aurait dû être sa décision ?
Je ne l'ai pas cherché, mais quand ça atterrit sur mon bureau...
je ne peux pas le négliger.
Êtes-vous sûr que l'information est valable ?
Il y a des documents, des lettres écrites par Vogel.
Ça vous ennuie de nous montrer ces lettres ?
Si je dirigeais une bibliothèque, peut-être.
Celui qui vous a donné ces lettres essayait peut-être de le faire chanter.
J'aimerais vous croire, mais la réponse est non.
Je dois protéger mes sources.
Nous reviendrons avec un mandat d'amener et vous serez embarqué.
Vous croupirez dans une cellule jusqu'à ce qu'on ait ces lettres.
Alors, il vaut mieux que j'emporte ma brosse à dents.
Quand vous aurez votre mandat, dites-le moi.
APPARTEMENT DE JAMES VOGEL 419 GARFIELD PLACE VENDREDI 21 FÉVRIER
Je rencontrais ses collègues de temps en temps, c'est tout.
James est parti quand il avait 18 ans.
J'ai perdu ses amis de vue depuis longtemps.
Ses amis proches, en parlait-il ?
Il y avait une fille ou deux à Columbia.
M. Vogel, plus vous coopérerez avec nous, plus ce sera facile pour vous.
Que voulez-vous dire ?
Nous connaissons déjà les préférences sexuelles de votre fils.
Savez-vous depuis combien d'années nous entendons ces rumeurs ?
Quand vous êtes dans la politique, tout le monde vous attaque.
Vous pensez qu'il n'était pas gay ?
Bien sûr que non.
Ces pédés de Greenwich Village auraient été ravis...
de dire que James était l'un des leurs.
M. Vogel, je ne sais pas si vous étiez proche de votre fils...
mais notre information est valable.
J'en suis certain, des sources politiques sûres.
Nous pensons aussi que votre fils était l'objet d'un chantage.
- Les 50 000 $. - Et alors ?
Nous avons du mal à croire que vous lui avez donné...
cette somme sans poser de questions.
- J'avais confiance en lui. - N'étiez-vous pas inquiet ?
J'ai pensé qu'il avait un problème à régler.
- Vous ne lui avez pas demandé de détails ? - Il avait 41 ans.
Je respectais sa vie privée.
Ou peut-être, vous ne vouliez pas savoir.
Votre fils a-t-il mentionné un certain Harold ?
Non.
Destinataire "James V", signé "Harold".
Des lettres datant d'un an et demi.
Il ne s'agit pas de lettres d'affaires.
- Regarde la boîte postale, Ossining. - Prison d'État.
Le correspondent de votre fils y séjourne depuis longtemps.
Harold Dwyer a fait six ans pour vol au premier degré et agression.
Il a été libéré il y a deux semaines.
Comme hobbies, il avait la fraude postale, la contrefaçon, le recel.
En 1983, Dwyer s'est fait passer pour un agent de police...
et a volé deux Porsche dans une fourrière.
Quel cran !
Les conditions de base du chantage et du meurtre.
Y a-t-il quelque chose dans les lettres qu'il a écrites à Vogel ?
Rien qui puisse l'empêcher de dormir.
Il était peut-être un des projets de réadaptation de Vogel.
Vous croyez que M. Dwyer se considèrerait comme "un projet" ?
APPARTEMENT DE HAROLD DWYER 144, 48E RUE - MERCREDI 26 FÉVRIER
Le vol à la tire, ça vaut pas mal d'années.
Les échecs et la télé, ça va bien un temps.
On cherche des trucs à faire.
- Des correspondants par exemple ? - Des correspondants.
Comment avez-vous rencontré James Vogel ?
J'ai mis une annonce dans "The Advocate". Il m'a envoyé une lettre.
Nous avons commencé à correspondre.
Une correspondance banale ?
Des conversations, comme deux mecs assis à un bar.
Vous sembliez parler d'autre chose que des derniers ragots.
C'était un peu plus poussé.
Qui a eu l'idée de prendre cette direction, vous ?
Je me sentais seul. Ça vous pose un problème ?
Ça me pose un problème quand on devient avide.
- De quoi parlez-vous ? - L'argent de Vogel achète votre silence.
Allons donc...
Je ne connaissais même pas son nom de famille.
Vous connaissiez son adresse. Vous saviez qu'il était vulnérable.
Ça ne prend pas longtemps à un type futé comme vous pour tout piger.
Si futé que je le fais casquer...
pour vivre dans ce taudis.
Il m'a dit qu'il m'aiderait à me remettre sur pied.
Je serais assez stupide pour le faire chanter ?
Tu jouais à "Action, Vérité" quand t'étais gosse ?
Les enjeux montent jusqu'à ce que quelqu'un ouvre sa grande gueule.
La version pour adultes commence par une petite annonce.
Vogel mord. Dwyer joue avec jusqu'à ce qu'il le tienne.
Et le piège se referme.
Tu penses que Vogel a été le seul à se faire harponner ?
Si je me souviens bien...
les prisons gardent des traces de la correspondance des prisonniers.
À part sa famille et son avocat...
Harold Dwyer correspondait avec plusieurs personnes.
- Avez-vous inspecté son courrier ? - Juste pour la contrebande.
Et les lettres qu'il envoyait ? Avez-vous examiné leur contenu ?
Si je les ai lues ?
Les prisonniers doivent nous donner leurs lettres non cachetées, pour inspection.
Nous ne lisons pas chaque mot qu'ils écrivent.
Mais vous avez une liste des personnes à qui il écrivait ?
C'est la règle, comme pour ses visiteurs et ses appels.
Nous ferons des copies de tout ce que vous avez.
Harold Dwyer était un prisonnier modèle.
Il a même donné quelques cours de préparation au bac.
Je ne pensais pas qu'il aurait des ennuis si vite.
Oui, quel choc.
Six correspondants, tous des hommes, tous vivant près de New York.
J'ai vu son annonce dans "The Advocate". Il m'a fait pitié.
Chaque détenu a une histoire triste.
J'étais curieux.
Les lettres de Dwyer étaient très habiles.
Pas du tout ce que j'attendais d'un détenu.
C'est en étant habile qu'il s'y est retrouvé.
Je me suis dit qu'au moins ce n'était pas un assassin.
Vous lui avez donc écrit.
Et il s'est mis à m'envoyer ces... lettres glauques.
Il voulait que je réponde. C'était pas mon truc. J'ai arrêté d'écrire.
C'est tout ?
Quelques semaines plus tard, je reçois un appel chez moi.
Pas de nom, il a juste dit qu'il était un ami de Dwyer.
J'ai pensé que cela pouvait être lui, mais...
- Il appelait en PCV ? - Je ne... c'est important ?
Les détenus ne peuvent appeler qu'en PCV.
Non, je suis sûr que non.
Qu'est-ce que cette personne vous a dit d'autre ?
Il m'a dit qu'il avait les lettres que j'avais écrites à Dwyer.
- Vous a-t-il menacé ? - Pas directement.
Il était rusé, rusé et arrogant.
Il voulait de l'argent, 5 000 $ par mois.
Il a dit qu'il enverrait quelqu'un pour le prendre.
- Vous avez donc accepté de le payer ? - Quoi ? Je lui ai dit d'aller se faire voir.
- Même s'il avait vos lettres ? - Eh, j'suis gay.
S'il veut que ça se sache, ça m'est égal !
Mais cela ne prendra que quelques minutes.
Ouais... merci.
Oui, monsieur, je comprends votre situation.
Si vous pouviez m'aider, je... allô ?
M. Harris, et ça fait six.
Trois de ces types sont mariés. Ils doivent aimer le chantage.
On ne montre pas du doigt pour la même raison qu'on paie.
On pourrait pousser les maîtres chanteurs à se montrer du doigt.
Nous savons que Dwyer avait quelqu'un au dehors qui l'aidait.
J'aurais aimé lui parler avant sa sortie de taule.
- Téléphones ou visiteurs ? - Téléphones.
On ne peut pas dire que Dwyer ne s'est pas démené.
Il appelait sa femme à Binghamton tous les dimanches soir.
Et deux fois par mois, il recevait la visite d'une Lisa Torres.
Je me demande qui recevait des fleurs pour la Saint Valentin.
N'oublie pas son avocat. Dwyer le voyait une fois par semaine.
Il était déjà en prison.
Six ans, c'est pas un peu tard pour faire appel ?
Alors pourquoi tous ces coups de fil ?
L'architecte a dit que le type au téléphone était rusé et arrogant.
L'avocat, rusé et arrogant ?
BUREAU DE PETER COLSON 332, 45E RUE - MARDI 3 MARS
M. Dwyer a des problèmes judiciaires depuis 15 ans.
Cela me prend beaucoup de temps.
Ossining est à une heure et demie. Vous n'utilisez jamais le téléphone ?
Vous pensez que mes notes sont trop salées ?
- Vous avez déjà parlé à un Jay Lingard ? - Non, je n'ai jamais entendu parler de lui.
Il est architecte. C'était un des correspondants de Dwyer en prison.
Désolé, je ne vois pas le rapport.
Et James Vogel, je suis sûr que vous avez entendu parler de lui.
Vogel ? Le conseiller qui a été agressé ?
Ou ce qu'on voudrait nous faire croire.
Et vous pensez que mon client est impliqué ?
Il a échangé des lettres avec M. Vogel.
Quelle coïncidence. Je suis sûr que M. Vogel écrivait aussi...
à son député à l'occasion. Il est suspect aussi ?
S'il y a chantage présumé.
Et Dwyer a fait tout ça quand il était en prison ?
Il est sorti depuis moins de deux semaines.
Nous pensons qu'il avait un complice à l'extérieur.
Pas bête.
Vous voulez jouer aux devinettes ? Jouez avec mon avocate.
Elle s'appelle Bowman. Elle est dans l'annuaire.
Vogel payait 5 000 par mois.
Et un jour il s'arrête.
Il ne joue plus. Il hausse le ton.
Dwyer et Colson veulent le faire taire.
Ou ils envoient les lettres au magazine. On commence à parler de Vogel.
Le coup a l'air d'une dérouillée de gay.
Seulement on n'a pas de lien entre Colson et Vogel.
On peut vérifier ses appels, mais je ne pense pas qu'il soit assez bête...
pour appeler de son bureau quelqu'un qu'il fait chanter.
Qu'est-ce que tu regardes ?
La salle du courrier. Lingard a parlé d'un service de messagerie.
Je connais la routine, j'vous parle, M. Colson l'apprend...
et ensuite ? J'viens travailler chez vous ?
Si vous savez tirer, vous avez un boulot.
Ouais ? Vous savez qui je viserais d'abord ?
Bon, on suit les règles, je vous fais convoquer...
vous passez la journée au poste pendant que je remplis des papiers.
Et alors ?
Et alors vous perdez une journée de salaire.
Charmant. Vous traitez vos copines comme ça aussi ?
M. Colson a un service régulier.
Il vient une fois par semaine.
- Pour apporter quoi ? - Des paquets.
Quoi, vous croyez qu'ils sont transparents ?
Ils vont dans son bureau, il signe le reçu.
Quel est le nom du service ?
Bien sûr, il a un compte chez nous.
Trois ou quatre ramassages à peu près tous les deux vendredis.
Des ramassages où ?
Ça dépend. Nord de Manhattan, Brooklyn, New Jersey.
Et chez un James Vogel à Park Slope ?
Ce type Colson... a des ennuis ?
Qu'est-ce que ça peut vous faire ?
Il donne des pourboires, pas comme certains.
Voilà.
Pas de nom sur la commande. Mais on est passés à Park Slope...
toutes les deux semaines jusqu'au mois dernier.
La prochaine fois que vous avez une commande de Colson...
appelez-nous, mais avant de livrer le paquet.
Faut que vous trouviez autre chose. J'ai du travail à faire.
Allons, vous êtes trop occupée pour un seul appel ?
On ira demander un mandat pour chaque paquet qui arrive ici.
C'est pas juste. J'ai déjà coopéré avec vous.
Alors une fois de plus ne vous tuera pas.
BUREAU DE DONALD CRAGEN VENDREDI 6 MARS Officiellement...
le conseiller Vogel a été victime d'une agression dans la rue.
Tout le reste n'est qu'hypothèse, pas de commentaire.
Si on arrête quelqu'un, il y aura des fuites.
À condition qu'elles ne viennent pas de chez nous.
Qu'est-ce qu'on cache, qu'il était gay ?
- Ça vient de la Division ? - Tout droit.
Laissez-moi deviner. Edward Vogel rend une petite visite au chef...
Un appel de cinq minutes.
Il rend service à son fils en ayant honte de lui ?
Où en est-on sur cette affaire ?
Nous avons du nouveau sur une livraison...
Le service de messagerie a appelé ce matin.
Ils ont une livraison pour Colson d'une adresse à Kew Gardens.
Dwyer écrivait à un certain George Harris là-bas.
On attend un appel pour l'heure de livraison.
On a vérifié l'alibi de Dwyer le soir du meurtre.
Il dit qu'il s'est saoulé dans un bouge sur Mulberry.
Le barman l'a vu sortir en titubant à minuit et demi...
mais il ne se souvient pas quand il est arrivé.
Quoi ? Ouais.
Cerreta.
OK, merci.
Le messager sera chez Colson dans 20 minutes.
J'm'occupe du mandat pour vous.
M. Colson, avez-vous reçu un paquet de B & C Couriers ?
- Qu'est-ce que ça veut dire ? - C'est celui-là ?
- Le mandat d'abord. - Il arrive.
On attend, ou vous l'ouvrez vous-même ?
Veuillez nous accompagner au poste.
Je réclame à mon client une facture en souffrance...
il me dit d'envoyer un coursier. Je n'ai aucune idée...
Se faire payer en liquide n'est pas illégal.
Tout dépend de la source, Maître.
Nous aimerions vous aider, mais les communications...
avocat-client, y compris les règlements, sont confidentielles.
James Vogel... vous payait aussi en liquide ?
Désolé, secret professionnel.
Sauf si les montants étaient pour les honoraires.
Et pour quelle autre raison m'aurait-il payé ?
Je n'en sais rien. Du chantage peut-être.
Vous n'avez pas suffisamment de preuves pour m'arrêter.
Vous n'en avez pas suffisamment pour m'insulter non plus.
Karla ?
Il a raison. On n'a rien contre lui, même chose pour Dwyer.
Quelqu'un a donné les lettres de Vogel à "Outword Magazine".
Ce ne sera pas du gâteau. L'éditeur invoque le 1 er Amendement. Il se tait.
25 ans pourraient le convaincre.
Tu crois qu'il est impliqué dans l'assassinat ?
Non, mais lui ne le sait pas.
Nous ne vous demandons pas de ne pas publier, M. Barclay.
Nous vous demandons les sources de vos informations.
Je ne vois pas la différence.
Pas de protection de sources, pas de liberté de la presse.
- La Cour suprême... - N'a jamais dit ça.
Et je doute que la présente le fera.
Je ne fais pas seulement valoir mes droits, M. Stone.
La liberté de la presse est un droit public.
Si on se fichait des sources...
Anita Hill serait toujours une prof inconnue en Oklahoma.
Vous risquez la prison, M. Barclay.
Pour outrage. C'est un sacrifice que je suis prêt à faire.
Pas pour outrage, monsieur.
Pour complicité de chantage et d'assassinat.
Vous plaisantez.
Désolé, monsieur, j'ai perdu mon sens de l'humour...
quand j'ai vu les photos de James Vogel.
Je n'ai rien à voir avec ça.
Les lettres en votre possession ont servi à faire chanter M. Vogel.
Au minimum, vous refusez de fournir...
des éléments cruciaux dans une enquête sur un assassinat.
Au maximum, vous êtes complice.
Les principes vous mènent loin, M. Barclay, mais si j'étais vous...
je me demanderais s'ils valent 25 ans de prison ?
Les lettres sont arrivées sur mon bureau anonymement.
- Et vous ne les avez pas vérifiées ? - Je n'ai pas envie d'avoir un procès.
Les experts ont comparé l'écriture de Vogel.
- Je veux ces lettres. - J'ai le choix ?
Si vous voulez éviter d'être inculpé, non, M. Barclay.
Mauvais ?
Suffisamment pour ne pas vouloir qu'elles soient publiées.
Toutes écrites par Vogel ?
- Et toutes écrites à Dwyer à Ossining. - Dwyer était l'instigateur...
il a donné les lettres à Colson, qui s'est chargé du chantage.
Et l'assassinat ?
Vogel en a sans doute eu assez de payer, il a menacé de le balancer.
Le chantage, c'est mince. L'assassinat...
Les lettres à Dwyer, le cash à l'avocat de Dwyer.
Si aucun des payeurs ne parle...
on n'a rien du tout.
Son père, Ed Vogel, a été le premier à me demander de me porter candidat ici.
À cette époque, une parole de lui pesait son poids.
Amenez-moi un témoin.
ARES MAGASIN DE SPORT 1713 BROADWAY - JEUDI 9 AVRIL
Je l'ai déjà dit à la police, j'ai payé une facture en cash. Et alors ?
Alors rien, si cela ne s'était produit qu'une seule fois.
Vous envoyez des paquets à M. Colson tous les 15 jours.
Nous avons parlé à Harold Dwyer, M. Harris.
J'ai été un pro de base-ball pendant près de 11 ans.
Neuf ans chez les grands.
Cette société m'a engagé pour une raison.
Ils ont acheté une image.
Vous voyez...
Je n'étais pas un Bobby Bonilla, M. Stone.
J'ai besoin de cet emploi.
Vous avez payé M. Dwyer et M. Colson pour qu'ils gardent votre secret ?
Je les ai payés pour garder ce que j'ai.
J'ai deux fils.
Ils viennent avec moi chaque année à la fête des anciens joueurs.
Combien l'avez-vous payé ?
Ça devait s'arrêter à 50 000.
- Colson en a redemandé ? - Colson, non, je ne le connais pas.
C'était juste une voix au téléphone...
qui m'a dit que ça allait m'en coûter 25 de plus.
Reconnaîtriez-vous cette voix ?
Pas besoin, j'ai enregistré l'appel.
Vous savez, au cas où quelque chose arriverait.
Je ne dirai absolument rien de tout ça en public.
Nous pouvons vous obliger à comparaître.
Je préfère aller en prison, M. Stone.
Votre fils n'a pas été la seule victime de ce chantage, M. Vogel.
- Nous avons trouvé quelqu'un d'autre. - Il témoignera ?
Il a payé Colson beaucoup d'argent pour garder son secret.
Il n'a pas envie de comparaître maintenant.
En d'autres termes, sans ce témoin, vous n'avez pas de procès ?
Je suis navré.
Et si on fermait la salle d'audience ? Pas de journalistes, pas de photos.
Nous l'assurons de ne pas dévoiler son identité.
Pouvez-vous obtenir l'accord d'un juge ?
En général, non, mais ce témoin a subi le même chantage.
Et après ce qui est arrivé à votre fils...
Nous pouvons faire valoir que sa vie est en danger.
Faites donc arrêter Colson et Dwyer, et espérons que le juge sera d'accord.
Affaire numéro 594 22. Le Peuple contre Peter Colson et Harold Dwyer...
chef d'accusation, homicide volontaire...
et vol au second degré.
- Comment plaident les accusés ? - Non coupable, Votre Honneur.
Non coupable.
La caution recommandée, M. Robinette ?
500 000 chacun.
C'est excessif, Votre Honneur.
Dans cette économie, pourquoi ne pas demander un million ?
Nous ne pouvons pas réunir une telle somme.
C'est l'Amérique, Maître, empruntez.
La caution est de 300 000 chacun.
Demain, 14 h 30. Audience préliminaire avec le juge Strelzik.
En salle close ?
Vous plaisantez, Paul. Je reviens de chez le coiffeur.
CABINET DU JUGE STEVEN STRELZIK MERCREDI 29 AVRIL
Pas de reporters dans la salle d'audience.
Ça m'est égal.
Mais refuser de dire le nom d'un témoin, c'est absurde.
Pas quand il y a risque de représailles. Un homme est déjà mort, Votre Honneur.
Comment préparer mon contre-interrogatoire...
si je ne sais rien du témoin ?
Demain matin, 10 h 30, dans mon cabinet.
Je veux entendre ce que ce témoin a à dire.
Non, M. Stone. Vous m'avez promis l'anonymat total.
Le juge Strelzik devra savoir qui vous êtes.
Pas moyen de faire autrement.
Ce n'est pas le juge que nous craignons. C'est l'avocate de Colson.
Elle sera là, pas vrai ?
Qu'est-ce qui l'empêchera de révéler l'identité de George ?
Une ordonnance de confidentialité. Vous demeurez anonyme.
Voulez-vous continuer à payer jusqu'à la fin de vos jours ?
J'ai répondu à une annonce dans un magazine...
"Prisonnier isolé cherche correspondant".
- Et c'était M. Dwyer ? - Oui.
Au début, c'était juste une correspondance amicale...
sur le sport, les actualités, ce genre de choses.
Que s'est-il passé ensuite ?
Il voulait que je sois...
plus descriptif.
Et vous l'avez fait ?
Oui.
Il était prisonnier, j'ai eu pitié de lui.
C'était une arnaque.
Après une demi-douzaine de lettres...
ils ont commencé à me demander de l'argent...
50 000 sur cinq mois.
Et puis, ils ont voulu plus.
J'ai enregistré ça sur bande.
C'est la bande ?
Oui.
Les personnes qui vous font chanter...
vous ont-elles menacé physiquement ?
Non.
Celui qui vous a contacté pour de l'argent, avait-il un nom ?
Il ne l'a jamais mentionné.
Vous supposiez donc que c'était Peter Colson ?
Votre Honneur, la seule question importante ici...
est de savoir si le témoin est en danger.
Il a dit qu'il n'a même pas été menacé.
En tous les cas, Votre Honneur, ce témoin n'a fourni...
aucun élément concernant mon client.
La voix sur cette bande est clairement identifiable.
Bien, écoutons-la.
Ça suffirait à faire reconnaître le témoin et à le mettre en danger.
- Son nom est-il mentionné sur la bande ? - Non...
mais votre client pourrait se rappeler la conversation.
Pour l'amour du ciel, Ben.
Peter Colson est un membre connu du barreau, pas un animal.
Quelqu'un a tué James Vogel...
et je ne veux pas que ça se reproduise avec quelqu'un d'autre.
J'écouterai la bande seul.
Vous aurez ma décision demain matin.
Fermer une salle d'audience. Félicitations, c'est un miracle.
Pas de quoi en faire un plat.
L'avocate de Colson n'a pas résisté.
Elle ne voulait sans doute pas que la presse se repaisse de son client.
C'est dingue, des avocats se réunissent...
et jettent aux orties le droit à la liberté de la presse.
C'est peut-être le meilleur moyen de protéger le droit à un procès équitable.
Avec Harris comme témoin, on l'embarque au moins pour extorsion.
Si Harris témoigne. Je viens de recevoir ça.
Un bref de prohibition ?
Barclay, l'éditeur de "Outword Magazine".
Il conteste la clôture de la salle d'audience au nom des médias.
- Que vous reste-t-il de la loi du Milieu ? - Pas assez.
Un texte de soutien de 50 pages écrit par Helen Murphy, Esquire.
La Première Dame de la loi sur le 1 er Amendement ?
Barclay doit avoir les poches pleines.
COUR SUPRÊME JEUDI 14 MAI
Le droit à un procès public est garanti par le 6e et le 14e Amendements.
C'est un test d'équilibre, Votre Honneur.
Ce droit, contre le danger que court le témoin.
Et le droit du peuple de savoir.
Le 1 er Amendement aurait-il cessé d'exister, M. Stone ?
Tenir le public informé des faits...
de cette affaire ne peut l'emporter sur les droits d'un...
D'un témoin un peu trop parano ? Allons.
La vie d'une personne est en jeu.
C'est certainement plus important que des devoirs intangibles...
vis-à-vis d'un public qui n'a rien à voir avec cette affaire.
On remanie donc le 1 er Amendement, liberté de la presse...
mais uniquement quand il a trait à la majorité ?
- Votre Honneur... - Nous ne voulons pas que les médias...
soient autorisées à faire entrer une équipe de reporters.
Et pourquoi pas ?
Je me mets à la place de votre témoin, M. Stone...
mais vous aurez du mal...
à priver le public inquisiteur...
de son droit absolu à mettre son nez dans le malheur des autres.
Votre Honneur...
Si votre témoin est en danger, ne le faites pas témoigner.
Désolé, Maître...
mais la liberté hait les procédures secrètes.
Votre client peut me citer, Mme Murphy.
La requête du demandeur est accordée.
L'audience sera ouverte à la presse.
J'ai fait tout ce que j'ai pu...
mais George ne témoignera pas en salle d'audience ouverte.
Je ne peux pas gagner sans lui.
- Il veut voir Colson en liberté ? - Non.
Mais il a le droit d'être un peu égoïste.
Je me mets à sa place.
Et la bande ? Vous pouvez la présenter sans son témoignage.
Sans authentification, elle ne vaut rien.
Il a fait une déclaration sous serment dans le cabinet du juge.
Et il a été interrogé par l'avocat adverse, mais...
Les transcriptions ne mentionnent pas son nom. Sont-elles recevables ?
"Code de procédure, Section 670-10 :
Un témoignage donné suite à un examen conditionnel est recevable...
quand le témoin ne peut comparaître pour raison de mort, maladie...
incapacité, s'il est hors de l'État...
et ne peut se présenter devant le tribunal".
Intéressant.
C'est scandaleux, illicite et préjudiciable.
Crier ne rend pas ça irrecevable, Mme Bowman.
Nous avons demandé au témoin de comparaître, Votre Honneur...
mais il semble qu'il ait déménagé. Adresse inconnue.
Son avocat pense qu'il a quitté l'État.
Et je pense que nous avons là une grosse manipulation.
Vous êtes libre de faire appel.
Autant que j'en juge, les conditions du Code 670 ont été remplies.
Le premier témoignage sous serment est recevable.
REPRÉSENTANT DU MINISTÈRE PUBLIC BENJAMIN STONE - MARDI 2 JUIN
Je vous ai déjà donné 50 000.
Je m'en fous. J'en veux 25 de plus...
ou la porte du placard s'ouvre tout grand.
Le coursier sera là demain à 17 h.
Tout d'abord, il faut que les jurés puissent avaler ça.
Une fois que le juge les aura informés du poids de ces éléments.
Votre client sera inculpé sous plusieurs chefs d'accusation de vol...
et on n'aura pas trop de mal...
à élaborer un argument convaincant d'homicide volontaire.
Vous rêvez.
Si on veut vraiment quelque chose, les rêves se matérialisent.
Voulez-vous prendre ce risque, Maître ?
Que proposez-vous ?
S'il n'était pas au courant de l'assassinat et s'il balance Dwyer...
vol au troisième degré.
C'était Dwyer. Je n'ai jamais voulu tuer ce type.
- Vous avez pris part au chantage. - Dwyer est persuasif.
Je ne savais plus quoi faire.
L'économie allait mal, mes affaires aussi.
J'étais acculé... les traites, la pension alimentaire.
Combien avez-vous touché ?
Six types, 50 000 chacun.
- Vous et Dwyer deviez vous partager ça ? - C'était prévu.
Mon ex a demandé une augmentation de sa pension alimentaire.
J'avais besoin d'argent, je ne pensais pas que Dwyer serait libéré...
avant septembre au moins. J'étais pris de court.
Vous avez donc redemandé de l'argent à Vogel ?
Mais il ne marchait plus. Il en avait assez.
- Et Dwyer s'est occupé de lui ? - Vous êtes complice.
Il me faut plus que votre témoignage pour inculper.
Vous voulez une autre preuve ? Allez parler au vieux.
- Quoi ? - Dwyer lui a rendu visite à domicile.
Il a parlé à Edward Vogel ?
Papa a payé la facture directement.
C'est là que le fiston a vu rouge et a dit qu'il nous dénoncerait.
Ensuite, j'ai lu les faits dans "The Post".
L'enfant de salaud.
- Et vous l'avez cru ? - Pourquoi pas ?
Il a admis son chantage.
Nous avons vérifié vos relevés bancaires.
Vous avez retiré une somme importante la veille de l'assassinat de Jim.
Vous saviez.
Votre témoignage aurait fait entamer le procès il y a trois semaines.
Ne me parlez pas sur ce ton.
Je prends le téléphone, et vous pouvez dire au revoir...
à vos privilèges de supériorité.
Votre fils est mort, monsieur, et vous protégez ses assassins.
C'est mon affaire, M. Stone, et j'entends qu'elle le reste.
Au revoir, messieurs.
Le salaud a fait son possible pour nous stopper.
C'est son fils. Je ne peux pas croire...
Il a payé les honoraires d'Helen Murphy.
Pour que la salle d'audience reste ouverte ? C'est absurde.
Réfléchis, Adam.
Si la presse est dans la salle, George Harris ne témoigne pas.
Sans son témoignage, on n'a pas de procès.
Et personne ne saura jamais que le garçon était gay.
Il préférerait voir Dwyer et Colson en liberté plutôt que son nom terni.
Sûr, nécessité politique.
On ne survit pas aussi longtemps que lui sans garder son panier à linge fermé.
Il va bientôt s'ouvrir. Je l'ai convoqué.
Ça explique pourquoi il m'a téléphoné.
Une convocation ?
Voyons, Adam.
Sans votre témoignage, nous n'avons plus d'affaire.
Je sais comment on gère les affaires de la ville.
Alors, vous savez probablement aussi...
que mon bureau ne rend pas de faveurs personnelles.
Pour personne ?
Il y a 16 ans, j'ai sorti votre nom d'un chapeau.
Arrêtez vos salades. C'est trop tard pour ça.
Ce que vous avez fait n'avait rien à voir avec mon poste...
ou le fait que j'y suis toujours.
Bien.
Un service alors. Pour un ami.
Rappelez les chiens.
J'ai une photo de Jim sur mon bureau... la remise des diplômes à Columbia.
Il est debout, son bras autour de sa mère.
Et il a l'air de n'importe qui.
J'ai passé ma vie à le protéger.
De quoi ?
Votre honte...
a mis le couteau dans la main de Dwyer.
Je n'ai donc aucune raison de ne pas l'embarquer.
Je vous connais depuis 25 ans, Ed.
Alors, je vous dis que si vous ne témoignez pas demain...
vous irez en prison pour outrage.
COUR SUPRÊME - SESSION 49 LUNDI 15 JUIN
M. Vogel, quand avez-vous pris contact pour la première fois avec Harold Dwyer ?
Permission de considérer ce témoin hostile, Votre Honneur ?
Entendu, M. Stone.
N'est-il pas vrai que votre fils vous a emprunté 50 000 $ ?
Je peux soumettre les relevés bancaires comme preuves.
C'était mon fils. Je lui ai prêté de l'argent.
Et vous a-t-il dit pour quelle raison ?
C'est ridicule. Votre Honneur, ce témoin n'a rien à dire.
Nous pouvons considérer cela comme outrage au tribunal.
Aimiez-vous votre fils, M. Vogel ?
Oui...
beaucoup.
Étiez-vous fier de lui ?
Jimmy aurait pu être maire.
Il était intelligent, tout le monde l'aimait bien.
Je pensais qu'il valait mieux ne rien dire.
À propos de quoi ?
Qu'il était homosexuel.
J'aurais payé n'importe quelle somme.
Au début, Jimmy était d'accord. Il voulait que je sois fier.
Je veux dire...
il ne voulait pas que j'aie honte.
Après toutes...
après toutes ces années de souffrance, cela lui était égal.
Il m'a dit que c'était sa vie, pas la mienne.
Quand ils...
ils lui ont demandé plus d'argent, Jimmy a refusé.
Que s'est-il passé ?
Le défendeur, M. Dwyer, est venu me voir.
50 000 ou c'était dans toute la presse.
Et vous l'avez payé ?
Oui.
Comment votre fils a-t-il réagi à ça ?
Il était en colère.
Il a appelé M. Dwyer de mon bureau...
et a dit qu'il préviendrait la police si Dwyer ne rendait pas l'argent.
Et ensuite, qu'a fait M. Dwyer ?
Il a dit qu'il avait passé six ans en prison...
et qu'il n'avait pas l'intention d'y retourner.
Le jour suivant, on a trouvé Jimmy.
COUR SUPRÊME - SESSION 49 MERCREDI 17 JUIN
Accusé, levez-vous.
Pour le premier chef d'accusation, vol au second degré...
quelles sont vos conclusions ?
Coupable.
Pour le second chef d'accusation, homicide volontaire...
quelles sont vos conclusions ?
Coupable.
Au fond, Ed Vogel croit vraiment avoir aimé son fils.
- Tu ne le penses pas ? - On accepte avant d'aimer, non ?
Un fils n'est pas qu'une prolongation de l'ego de son père.
C'est une loi de la nature.
Les fils font l'inimaginable pour faire plaisir à leurs pères.
Mon père voulait que je sois médecin.
J'ai même fait des études en chimie organique.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? - J'ai grandi.
Cette histoire est fictive et ne dépeint aucune affaire réelle.
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