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Original subtitles

Attendez !

Bonjour.

- Aya Dhaoui, pardon pour le retard. - Montez.

- Bonjour Aya. - Salut Mahmoud.

Une place pour Tunis.

Tozeur FM, la meilleure radio du sud.

Tu faisais quoi avant ?

J'étais chauffeur pour touristes,

mais avec la crise, j'ai perdu mon poste.

Je détestais ne rien faire.

Un ami m'a parlé du poste de chauffeur à l'hôtel,

alors me voilà.

C'est partout comme ça, avec la crise,

on licencie à tour de bras, les hôtels ferment.

Nous on a eu de la chance, on a un super directeur.

Même pendant le Covid, on a continué à être payés.

- Bonne journée. - À vous aussi.

Bon travail.

À plus tard.

Bonjour à toutes.

Vous êtes prêtes ?

Écoutez bien, celles qui n'ont pas eu leur emploi du temps,

voici le planning de la semaine.

Radhia : ménage, buanderie et repassage.

Baya : bar, service déjeuner et piscine.

Je la veux nickel cette semaine.

Aya : ménage, service déjeuner et mini-club.

Nesserine : spa, animation et bar.

Souriez, je ne veux plus vous voir tirer la tronche.

Vous avez encore 5 minutes.

Service de chambre.

Bonjour, mes fans chéris, j'espère que vous allez bien.

Alors, en ce qui concerne ma tenue,

et ces boucles que vous avez adorées,

je publie une réponse collective avec tous les détails.

Elles sont où mes fringues ?

Bonjour, madame, je les ai rangées dans le placard.

Je t'ai pas autorisée.

Je vous demande pardon.

Viens là, ma petite.

Merci.

Bon appétit.

Bon appétit.

Bon appétit.

Aya.

J'ai rapporté un peu de ragoût, ça te dit ?

Tu me sauves. J'ai rien apporté avec moi.

J'arrive.

- Bonsoir. - Bonsoir.

Salut.

Apparemment le boss revient demain et veut nous réunir.

Ça présage rien de bon.

Vous n'avez rien entendu, les filles ?

Toi non plus Aya, t'as rien entendu ?

Non.

Tu rentres quand ?

- Bonne nuit. - Bonne nuit.

- Bonsoir. - Bonsoir.

Bonsoir papa.

Salut.

Qu'est-ce que c'est ?

Rien maman. Je me suis offert une veste.

Tu crois que c'est le moment ? Chaque centime compte.

Rassure-toi. J'ai payé le loyer et les factures,

et la veste n'était qu'à 4 dinars à la friperie.

Viens m'aider.

Le chauffeur attend toujours.

S'il te plaît, elles sont comptées.

Tu as du ragoût au frigo.

Non, merci.

La femme du gouverneur me rend folle.

Elle a changé 3 fois le menu. J'ai passé la journée à refaire les courses.

Mets les pétales de rose sur le riz.

Apporte le riz et la pastilla.

Au fait, Mounira m'a appelée.

Elle veut nous présenter son cousin,

tout juste divorcé.

Crois-moi,

c'est un très bon parti.

Mounira m'a dit qu'il était plein aux as.

C'est vrai qu'il est un peu âgé,

mais au moins, il pourra

nous aider.

Parce que je vous aide pas, moi ?

Tu nous aides comme tu peux, bien sûr,

mais regarde-nous, ton père et moi.

À notre âge,

endettés jusqu'au cou.

Donne-lui sa chance, à ce monsieur.

Fais-moi confiance.

Tu ne dis rien, papa ?

Votre décision sera la mienne.

Je vais me coucher.

Penses-y, s'il te plaît, ma fille.

C'est une occasion en or, pour nous tous.

Entendu, maman.

Bonjour à tous.

Bienvenue.

Merci d'être là.

Je vous ai réunis pour vous informer des décisions de la direction à Tunis.

Tout d'abord,

mon contrat de directeur a été reconduit.

Vous allez encore devoir me supporter 2 ans.

Ensuite,

malheureusement,

malgré tous vos efforts,

la direction veut se défaire de certains d'entre vous.

La décision n'a pas été simple.

Croyez-moi.

Après tout, nous sommes une famille

et vous êtes comme des frères et sœurs.

La crise est pire que prévue.

C'est pas notre faute !

Ce n'est pas moi qui décide.

- Vous êtes le directeur. - Un peu de silence.

- Lamia Hadfi. - Qu'est-ce qu'il fait ?

Mahmoud Galoul,

Radhia Gamaoun,

Aya Dhaoui,

Jannet Mbarki,

Imene Galoul,

Chahrazade Ben Amor,

et Sahbi Gabous.

Ceux-là restent.

Les autres sont priés de partir à la fin du mois.

- Quoi ? C'est pas possible ! - Laissez-le finir !

- Qu'a-t-il à nous dire encore ? - Un peu de calme.

Ce que vous faites, c'est ignoble !

C'est un licenciement abusif.

Tu m'as tellement manqué.

2 semaines que j'attends ce moment.

J'ai même pas eu droit à un appel, ni à un message.

Arrête.

C'est vrai pour ton contrat ?

C'est pas le moment, là.

- Si, je veux savoir. - Non, je t'ai dit.

Qu'est-ce que t'as ? Qu'est-ce qu'il y a ?

Je te parle.

Réponds.

Qu'est-ce que tu fous ?

T'es devenue folle ? On va nous voir.

Tu divorceras jamais.

Attends-moi encore.

Ça fait 4 ans, Youssef.

Combien de temps je dois t'attendre encore ?

Je sais plus quoi dire à mes parents !

Toujours la même rengaine.

J'avais rien demandé. C'est toi qui m'as fait des promesses.

Quoi ? Quelles promesses ?

Je t'ai rien promis.

Tu savais dans quoi tu t'embarquais.

Et baisse le ton, on va t'entendre.

Tu m'as promis Tunis,

une nouvelle vie.

T'as oublié ou j'ai rêvé ?

Je ne t'ai pas manqué ?

Tu vas garder ton poste.

T'es pas contente ? On va continuer à se voir.

Contente de quoi exactement ?

Chaque fois que tu pars d'ici, tu m'oublies.

Cette situation t'arrange bien.

Tu rejoins ta femme, peinard,

tu t'amuses.

Puis, tu te ramènes,

tu tires ton coup et tu t'en vas.

Oui, j'ai renouvelé mon contrat,

c'est une énorme opportunité.

Donne-moi encore 2 ans.

C'est rien, 2 ans.

Après, on ira où tu voudras.

Arrête maintenant.

2 ans, ça passe vite. Un peu de patience.

Allô.

J'arrive tout de suite.

C'est le bordel en bas.

Ma chérie, il faut que j'y aille.

Regarde-moi.

Bouge pas, je reviens.

Salut Baya.

Le médecin dont tu m'as parlé,

appelle-le, j'ai changé d'avis.

Je veux reconstruire mon hymen, repartir de zéro.

On se voit demain.

Départ vers Redeyef.

- Bonjour. - Bonjour.

- Aya Dhaoui. - Monte.

Aya Dhaoui.

- Bonjour à tous. - Bonjour.

Mahmoud et Imene Galoul, Radhia Gamaoun.

Mahmoud, Imene Galoul et Radhia Gamaoun.

Bienvenue à bord.

Et Kamel alors ? Jamais malade, jamais absent,

et pourtant, ils l'ont viré.

Pour Kamel, t'as raison.

Il était à 3 mois de la retraite en plus.

Abdelhamid, y a une femme là. Arrête-toi.

- Je m'arrête pas. - S'il te plaît.

Je m'arrête pour personne.

- Je veux pas perdre mon boulot. - Allez.

- J'ai dit non. - Vois ce qu'elle veut, au moins.

S'il te plaît, tu peux m'avancer ? Je vais rater le bus.

J'ai pas le droit de prendre des gens qui sont pas sur ma liste.

Ça fait 3 heures que j'attends, pitié. Aucun bus est passé.

Désolé, je suis nouveau, je veux pas perdre mon job.

Allez, Abdelhamid, laisse-la monter.

Mahmoud, t'en mêle pas. Je veux pas de problèmes.

Ça ira, t'inquiète. Personne en saura rien.

- T'assumes après, hein. - Oui, t'inquiète pas.

Que Dieu éclaire votre chemin et exauce vos rêves.

Aide-moi.

Donne ta main. Donne.

Je vais essayer de l'autre côté.

Aya.

Aya.

J'arrive de l'autre côté, j'arrive.

À l'aide !

Par ici !

L'hôtel vient d'envoyer la liste des passagers.

Mahmoud Galoul, paix à son âme.

Imene Galoul, paix à son âme.

- Radhia Gamaoun, paix à son âme. - Je suis là.

Aya Dhaoui, paix à son âme.

Abdelhamid Mbarki, paix à son âme...

J'ai du mal à y croire, on est tous sous le choc.

Malgré la dégradation des corps calcinés,

le procureur a confirmé l'identité des 7 victimes

qui travaillaient dans le même hôtel.

Paix à leurs âmes et pensées émues à leurs familles.

Nous sommes maintenant devant le Mirage Palace...

50 briques par tête au moins.

L'assurance préconise de payer maintenant

pour éviter un procès.

50 000 chacun.

Jamais ils auraient eu ça de leur vivant.

Depuis leur mort, ils valent de l'or.

La police m'a dit de revenir demain.

J'ai nulle part où dormir, s'il vous plaît.

Je peux même payer d'avance.

Ok pour ce soir, mais demain, il me faut votre déclaration de perte.

- Oui, bien sûr. - 720 dinars pour deux nuits.

Ok.

Merci.

- Ça, c'est pour vous. - Merci, c'est gentil.

Merci de remplir la fiche de sécurité.

Nom : Ben Arfa Prénom : Amira

Bonjour.

J'appelle pour l'annonce.

C'est déjà loué ?

Tant pis.

Merci, au revoir.

Je vous appelle pour le studio. Il est toujours disponible ?

Super. Je peux le voir aujourd'hui ?

On peut éviter une signature légalisée ?

Je peux payer 6 mois de loyer d'avance.

Allô.

Bonjour.

- Bonjour. - Bonjour.

Je viens pour l'annonce.

Amira ? Entre.

Merci.

Le gros bordel là, c'est ma chambre.

Je révise du matin au soir donc pas le temps de ranger.

Ça, c'est le salon,

et ça, la chambre à louer.

Vas-y, entre.

Tu as une armoire ici.

T'as un petit accent, mais je n'arrive pas à savoir d'où.

- De Nabeul. - Ah super, bienvenue.

J'adore Nabeul, c'est vivant.

Seliana, mon bled, c'est mort.

Tu fais quoi dans la vie ? Tu travailles ou tu étudies ?

Je travaillais dans un hôtel,

et là je commence une nouvelle vie à Tunis.

C'est super, bonne chance.

Je dois te poser une question

qui peut paraître indiscrète.

Tu as des gens qui peuvent venir à l'improviste ?

Tes parents, ton fiancé, tes frères ?

J'aime pas beaucoup les visites surprises, tu vois ?

Non, pas de souci.

Je suis orpheline, fille unique et célibataire.

Je suis désolée.

Le bail est à mon nom, inutile de le valider en mairie.

Voilà.

J'aime beaucoup la chambre, je m'y vois bien.

J'ai une seule condition,

je demande 3 mois de caution.

Mon ex-coloc s'est cassée et m'a laissée dans le pétrin.

Aucun souci, je peux payer.

Écoute, j'ai encore 2 visites,

et je te rappelle pour te dire,

pour te donner une réponse.

Je peux payer tout de suite,

même 6 mois au lieu de 3.

Aucun problème.

- C'est très bon. - Merci.

Je t'avais dit que je cuisinais bien.

Alors, continue, pourquoi t'as décidé de venir à Tunis ?

À l'hôtel,

on cumulait plusieurs postes pour un salaire de misère.

Je suis partie pour tenter ma chance ici.

Franchement, bravo. C'est courageux.

C'est ta première fois à Tunis ?

Je suis venue une fois avec mes parents.

Paix à leurs âmes. Ils sont décédés il y a longtemps ?

Excuse-moi.

Je ne voulais pas t'embarrasser.

C'est pas grave.

J'avais 14 ans quand ils sont morts.

Accident de voiture.

Qu'ils reposent en paix.

Tu connais quoi de Tunis ?

- La médina. - Oui.

- Le zoo du Belvédère. - Oui.

On m'a souvent promis de me faire découvrir la ville,

mais ça s'est jamais fait.

Tu es là maintenant.

Et toi ? Ça fait longtemps que tu vis ici ?

Ça fait plus de 6 ans.

Je suis venue pour ma licence, puis mon master

et là je finis mon doctorat.

Hors de question de retourner moisir à Seliana, je reste ici.

Doctorat en quoi ?

C'est-à-dire sciences humaines.

Oui, j'avais compris.

Pardon, c'est mon téléphone.

Il est beau ton tatouage.

Merci, il est vieux.

Écoute,

ça te dit de sortir ?

Ouais.

C'est mieux que le zoo ici, hein ?

Tu m'as pas dit, tu prends du vin ?

Oui, un peu.

Super.

Des amis vont peut-être nous rejoindre, ça ne te dérange pas ?

- Ils sont très sympas. - Pas de problème.

Alors,

dis-moi tout.

Comment tu vas occuper tes journées ? T'as prévu quoi ?

Pour être franche, j'ai rien prévu.

Je veux juste m'amuser. Après, on verra. C'est mes premières vacances.

- C'est vrai ? - Oui.

Alors on trinque.

On dirait que t'as soif !

Santé.

Quoi chérie, t'as un problème ?

Non, pas du tout. T'es belle.

Merci chérie. Toi aussi.

La voilà.

C'est ma nouvelle coloc.

Amira, Khaled.

Rafik.

Enchanté.

- Moi aussi. - Je t'en prie.

- Pardon. - C'est rien.

Ça, c'est à cause du rosé.

Merci.

- Excuse-moi. - Non, c'est rien.

- Bienvenue, mademoiselle. - Merci.

Sacré Rafik, j'en peux plus.

Je dois y aller, j'ai beaucoup de travail demain.

Nous aussi, on attend l'addition et on part.

Quelle addition ? C'est pour nous.

Soyez cools.

On prend un dernier verre chez moi.

Tu vois avec elles.

Non, non. En plus demain, j'ai cours.

Je vais appeler un taxi.

Inutile, je vais vous raccompagner.

- Inutile de te déranger. - Non, j'insiste.

Non vraiment, ça va.

- Arrête de les embarrasser. - Ok.

- On y va, Amira ? - Amira, tu fais quoi ?

C'est pour nous.

- Non, pourquoi ? - Je t'en prie.

Merci.

Très bien.

Sympa la soirée.

Oui, très. On devrait remettre ça.

- Ça m'a coûté cher. - De quoi tu parles ?

- J'ai payé ma dette en prison. - Tu l'avais mérité !

Tu fais toujours ta victime !

- C'est mon argent, tu me dois tout ! - Je te dois rien, c'est mon travail !

Tu sais que hurler ! Frappe-moi, vas-y !

- Dégage, toi ! - J'ai plus peur de toi !

- Calme-toi, Nouri. - Casse-toi d'ici !

- Nouri, arrête ! - Je vais te pourrir la vie !

Je vais te renvoyer en taule, j'ai plus peur de toi !

Tu vas voir.

Lâche-moi !

J'en ai marre de lui, j'en peux plus.

Mais tu saignes. Je suis désolée.

- Je te demande pardon. - C'est rien.

- Suis-moi. - Je te jure, c'est rien.

Je t'en prie, viens à l'intérieur.

- C'est pas nécessaire. - J'insiste.

C'est de ma faute.

Je l'ai quitté et je continue à le subir.

J'oublierai pas ton aide.

Tu viens te servir ici quand tu veux.

Ça va te coûter un peu cher.

J'habite juste en face.

Ah je vois. T'habiterais pas chez Lobna ?

Oui.

Bienvenue dans le quartier alors.

Lobna, je la connais pas trop.

Ça risque de piquer un peu.

Pardon, pardon.

Moi, je connaissais Marwa,

son ex-coloc, une fille adorable.

Elle me gardait ma fille,

Yasmine. J'ai deux filles.

Elle me manque beaucoup, Marwa.

- Hi Lotfi. - Salut.

Hi mummy.

C'est pas fini de parler anglais ?

- Tu m'as manqué. - Toi aussi.

- Dis bonjour à Tata. - Bonjour.

Yasmine, ma benjamine.

- Que Dieu te la garde. - Où est ta sœur ?

She brought me and left.

En arabe, sinon je comprends pas.

- Où est ta sœur ? - Elle est partie.

Partie où ? Comment je fais moi maintenant ?

Je dois vous laisser.

- Au revoir. - Salut.

Merci, Amira et encore désolée.

- Aucun souci, vraiment. - Merci.

Salue Lobna, dis-lui de passer.

- Je peux entrer ? - Oui.

- T'es toute belle. - Merci.

Je t'ai trouvé une robe qui déchire. Toute neuve en plus.

Tu vas les rendre fous ce soir.

Fais vite. J'ai dit à Rafik et Khaled qu'on serait là à 22 heures.

Regarde ça.

Excuse-moi, un appel urgent. Je reviens.

Joyeux anniversaire !

- T'as raison, elle te sourit. - Tu vois.

Franchement mon pote, c'est d'la balle !

Excuse-moi ?

Ton visage m'est familier. On se connaît, non ?

- J'ai rien entendu - On s'est pas déjà vu ?

Non, tu te trompes.

Je suis sûr de te connaître.

Non, on ne se connaît pas.

- Attends. - Me touche pas.

J'peux t'aider ?

- Non, je... - Quoi ?

Dégage d'ici, alors !

Pardon ?

Elle est avec moi, dégage.

Va te faire foutre !

Hamadi !

Besoin de tes potes ?

Bas les pattes, connard !

J'te parle, petite merde !

Monsieur Rafik, on s'en occupe.

Karim !

Karim !

Il se passe quoi ?

Il faut qu'on parte. Maintenant.

- Calme-toi, raconte. - Plus tard, partons.

On peut pas laisser les mecs comme ça.

- C'est le bordel. - Dis-moi ce qu'il s'est passé.

- Je peux pas te dire maintenant. - Calme-toi.

- Rafik, qu'est-ce qu'il y a ? - Ta gueule !

Écoute-moi bien.

Voilà exactement ce que tu vas dire.

Si la police t'interroge, tu dis que le mec t'a agressée.

La police ? Pourquoi ? Non, pas la police !

Si tu veux pas de problèmes,

tu fais ce que je te dis.

Le type t'a agressée, compris ? Et tout ira bien.

- Le reste, je m'en occupe. - Quoi ?

Ferme ta gueule !

Tout le monde dehors ! Dehors !

Toi, dégage de là, allez.

Tout le monde dehors, vite.

Allez sortez.

Dehors.

On veut savoir ce qu'il s'est passé.

- Reculez, reculez ! - Dites-nous au moins ce qu'il y a.

On vous tiendra au courant.

Notre ami Karim a disparu. On était ensemble à l'intérieur.

- Un peu de calme. - Je suis calme !

C'est quoi cette ambulance ?

- Karim portait une chemise bleue. - Reculez, j'ai dit.

Qu'est-ce que tu fais là ? Dégage de mon chemin.

Amira.

Amira.

Amira, je te parle. T'es devenue sourde ?

N'oublie pas ce que Rafik t'a dit. Ok ?

La ferme. Le lieutenant adjoint va vous recevoir.

Lève-toi de là, espèce d'épave.

Allons-y.

Assieds-toi, t'es folle ?

La police va nous interroger.

On aurait dû quitter la boîte.

Calme-toi, on a rien fait.

Allez, debout.

Pas toi.

Ta copine.

Bouge-toi !

Allez.

Mon Dieu, délivre-moi de la tentation.

Installez-vous, chef.

Reste assis. Prends sa déposition.

Donne-moi le PV des vigiles.

Tenez.

Vas-y.

C'est parti.

Carte d'identité.

Je te parle. Carte d'identité.

Je... je ne l'ai pas prise.

Quoi ?

Je... je ne l'ai pas prise.

Je ne l'ai pas...

Parle plus fort.

Je l'ai perdue.

Ah, tu l'as perdue.

Ta déclaration de perte, alors.

Allez !

Qu'est-ce que je fais ici ?

J'y suis pour rien. Je comprends pas.

C'est quoi ton putain de problème ?

Donne-moi ta déclaration.

J'ai pas eu le temps de la faire.

T'as pas eu le temps de la faire,

mais t'as le temps de t'éclater.

Nom, prénom, date et lieu de naissance.

Je répète. Nom, prénom, date et lieu de naissance.

Qu'est-ce qu'il se passe ?

S'il vous plaît, j'ai absolument rien fait.

C'est la première fois que je sors, que ce genre de...

- T'entends, Fethi ? - C'est toutes leur première fois.

Écoute.

Nom et prénom, c'est simple, non ?

Tu t'en souviens plus ?

Réponds à la question.

Je m'appelle...

T'as même oublié ton nom ? Nom, prénom, date et lieu de naissance.

Ça va ?

Qu'est-ce que t'as ?

Les toilettes...

Tu veux aller aux toilettes ?

Elle va nous dégueuler dessus, putain !

Entre.

Ça va mieux, on dirait.

On reprend.

Décline ton identité.

Nom, prénom, date et lieu de naissance.

Aya Dhaoui.

27 mai 1994.

À Tozeur.

Il était temps.

Employée d'hôtel à Tozeur.

Moi ?

Comment... vous le savez ?

Quoi ?

Chef, vous pouvez venir ?

Entre, Lassad.

Venez, c'est assez urgent.

Continue.

Tu fais quoi à Tunis ?

Tu fais quoi à Tunis si t'habites à Tozeur ?

Moi ?

Ben oui pas moi. Réponds !

- Je suis venue rendre visite à une amie. - Voilà.

Elle habite où ton amie ?

Je te parle.

Fethi.

Tu connais un certain Karim Bougatfa ?

Je te parle.

Karim Bougatfa, tu le connais ?

- Non. - T'en es sûre ?

Des témoins vous ont vus discuter.

Pourquoi lui parler si tu ne le connais pas ?

Elle est défoncée à la vodka, ça pue.

C'est lui qui est venu me parler.

Ses amis affirment que c'est toi qui le draguais.

C'est pas vrai.

C'est lui qui est venu vers moi.

J'allais aux toilettes et il m'a suivie.

Tu as vu les vigiles quand ils l'ont emmené ?

Oui.

Ils étaient combien ?

Peut-être 6, 7.

Combien ? Habillés comment ?

Je sais pas.

Ils étaient 6, je crois.

Je ne sais pas ce qu'ils portaient.

Ils étaient en noir comme tous les vigiles.

Y avait des agents parmi eux ? Des agents de police.

Non.

T'en es sûre ?

Tout va être noté sur le procès-verbal.

Je sais rien de plus.

Je sais juste qu'il a été emmené par les vigiles.

La police est arrivée plus tard.

Moi, j'y suis pour rien.

S'il vous plaît, je veux rentrer.

Laissez-moi partir.

Tu vas bientôt rentrer chez toi.

N'aie pas peur.

C'est qui Rafik Sabbagh pour toi ?

Un ami.

Un ami ?

Ami très proche alors, pour aller en boîte ensemble.

Des témoins affirment que tu as fait signe à Karim

de te rejoindre.

D'autres disent

qu'il t'a manqué de respect

et qu'il t'a agressée.

Je jure que je vous ai tout dit.

C'est lui qui est venu me parler.

Qu'est-ce qu'il lui est arrivé ?

Que s'est-il passé ?

C'est toi qui poses les questions ?

Lève-toi, Fethi, elle va faire le job à notre place.

Et ces témoignages contre toi ?

J'ai rien fait, comment je fais pour le prouver ?

Disons que tu n'as rien fait, que tu n'y es pour rien.

Donne-nous ta version des faits.

- J'étais tranquille à ma table. - Ok.

Je suis partie aux toilettes, il m'a suivie.

Il m'a pris la main de force.

J'ai eu peur, je me suis dégagée.

J'ai voulu fuir, mais il m'a collée.

Puis il m'a touché le...

Il t'a touché quoi ? Le sexe ?

Oui.

Tu confirmes donc qu'il t'a agressée ?

Oui.

Fethi, tape.

"Je, soussignée Aya..."

Aya comment, déjà ?

Aya Ben Ali Ben Hassan Dhaoui.

"Aya Ben Ali Ben Hassan Dhaoui,

déclare par la présente que Karim Bougatfa

m'a agressée verbalement et physiquement.

Il a porté atteinte à mon honneur,

d'où l'intervention des vigiles à ma demande."

Voilà, signe.

Tiens.

Où ?

Vas-y. Tu peux rentrer.

- Vous avez besoin de moi ? - Comment tu t'appelles ?

- Lobna Chtioui. - Non, pas besoin.

- Alors ? - J'ai fait ce qu'on m'a demandé.

Au fait, Aya,

une seconde.

On n'a pas rédigé ta plainte.

- Je veux pas porter plainte. - C'est ton droit.

Je veux pas.

Comme tu veux.

- Tu m'as menti ? - Non, pourquoi ?

Tu t'appelles Aya ou Amira ?

- Je mens pas. - C'est qui, Aya, alors ?

Moi, mais on m'appelle Amira depuis toujours. Partons.

- Tu sais ce qui est arrivé ? - Je m'en fous.

Tu t'en fous ? C'est le bordel sur Facebook.

Reste ici ! C'est lui qui t'a draguée ?

- C'est lui, tu confirmes ? - Oui.

Ce type est mort !

- Quoi ? - Il est mort. Mort !

"Mort suspecte d'un jeune dans une boîte de nuit."

On dit que c'est la police qui l'a tué.

- Mon fils est ici ! - Du calme.

Je veux le voir !

Ne me touchez pas !

Calmez-vous, venez avec moi.

Rendez-moi mon fils !

- On rentre. - Il est mort ?

Comment ça, il est mort ?

Allez !

Ta première fois ? C'est ça, et moi je suis la reine d'Angleterre.

Vas-y, avance.

Les vigiles l'ont tabassé à mort.

Il y avait aussi des policiers en civil.

Ils l'ont roué de coups jusqu'à ce que mort s'en suive.

On ne nous dupera plus et on ne se taira plus.

Karim a été tué !

...je sais pas pourquoi elle répond pas.

Ok, ok.

Amira.

Rafik t'a appelée plusieurs fois. Réponds ou rappelle-le.

- Y a un nouvel article. - Ça dit quoi ?

"Plusieurs sources confirment que le coupable a agressé une fille,

et en tentant de fuir,

il aurait chuté dans des escaliers."

On sait tout ça.

- Pourquoi Rafik m'a dit de mentir ? - Pourquoi ?

Pour t'éviter d'être dans la merde.

Tu crois que la société va t'épargner ?

Une fille qui drague un mec dans une boîte.

- Tranquille. - De quoi tu parles ?

Me prends pas pour une conne ! Je t'ai vue lui sourire.

Écoute,

t'es une fille du bled, célibataire, avec 4 g dans le sang.

Sans Rafik, on te coffrait pour racolage ou prostitution.

T'as bien vu, les amis de Karim t'ont accusée

de l'avoir dragué. Pas vrai ?

On a de la chance que Rafik soit intervenu.

On serait encore chez les flics, sinon.

Entrez.

Salut, Lassad.

Les voici, chef. Personne ne les a vues.

Merci Lassad.

Va rejoindre ta femme.

Bonne nuit ou plutôt bonne journée, je ne sais plus.

- Bonne nuit. - Bonne nuit.

Allô, madame.

Pardon de vous réveiller à nouveau mais il faut que vous veniez.

On a un gros problème.

Ok.

- Bonjour. - Bonjour.

On est dans la merde jusqu'au cou.

Ces bâtards veulent faire croire à une agression sexuelle.

J'ai deux agents qui travaillent au noir dans une boîte,

et qui en plus sont impliqués dans un meurtre.

C'est super.

Que dit le légiste ?

Il n'a pas encore vu le corps.

Tu t'es fait avoir, Fares ?

T'as rien vu venir à l'interrogatoire ?

Ils avaient tous la même version.

Le gosse est mort en tombant.

Quel putain de bordel.

On est sûr qu'il n'a rien fait à la fille ?

Il ne lui a absolument rien fait.

Elle aussi a menti.

Rien dans le PV sur la présence des agents ?

Il avait quel âge ?

À peine 29 ans.

Mon Dieu...

Quel gâchis.

Voilà ce qu'on va faire.

Tu effaces les vidéos, tu t'assures qu'il n'y ait pas de copies.

Les vidéos qui sont sur le net ont déjà assez foutu la merde comme ça.

Pour les images de la boîte, prétexte une défaillance technique

et efface toute la semaine.

Fais pression sur le gérant.

S'il ne cède pas, menace-le de lui retirer sa licence d'alcool.

Il cédera.

Donc,

on s'en tient à la version officielle.

Le gosse a agressé la fille, lui a porté atteinte,

elle a appelé les vigiles.

Il a voulu s'enfuir, il est tombé, il est mort.

Je vais faire un communiqué pour calmer l'opinion.

Quant à nos deux agents, qu'ils disparaissent de la circulation

le temps pour nous d'étouffer cette affaire.

Il y a mort d'homme, cette fois, et nos agents sont impliqués.

C'est de ma faute peut-être ?

Je leur ai demandé de travailler au noir ?

Je vais pas me mettre dans la merde à 3 ans de la retraite.

J'ai encore mes filles à charge, moi ! J'ai rien demandé !

Si ces images sortent, on sera pendus en place publique,

tous, du plus haut gradé au simple agent.

Je n'ai pas d'autre solution.

Tout ça pour des cons qui ont commis un crime

à visage découvert en plus !

Fares,

moi je m'occupe du légiste,

toi des vidéos.

Ok ?

On fait quoi de Rafik Sabbagh ?

Rafik Sabbagh est intouchable.

Va me nettoyer ce putain de bordel !

Et ne laisse plus personne te baiser.

Communiqué de la police sur la mort de Karim Bougatfa

Comment croire la police

alors que les vidéos montrent que mon fils a été tabassé ?

Je veux la vérité.

C'est mon droit de savoir ce qu'il s'est passé.

Mon fils, un harceleur ?

Ils mentent.

Mon fils est innocent.

La police ment.

Je cherche un prof particulier depuis que Marwa est partie.

J'ai pas compris.

Marwa, l'ex-coloc de Lobna.

Tu as passé une sale nuit on dirait.

Lotfi !

Lotfi !

- Tu fais quoi dans la vie ? - J'étais dans le tourisme.

Mon Dieu.

Vous avez encore plus morflé que nous.

Tu as le sucre, ici. J'arrive.

Chaque fois que j'ai besoin d'aide, il disparaît.

Écoute, si tu cherches du boulot, tu es la bienvenue.

Merci, je vais y réfléchir.

Bonne journée.

Au revoir.

Entrez.

Le dossier que vous m'avez promis de signer.

T'es sérieux, Fares ? Tu crois que c'est le moment ?

Le pays est en ébullition,

et toi tu veux rouvrir l'affaire de ton frère ?

Je t'ai promis de le signer, mais là, c'est pas le moment.

Ah, j'ai oublié de te dire,

pour l'affaire Karim, convoque la petite traînée, le témoin.

Il faut qu'elle confirme ses accusations contre lui.

Fais-lui peur, qu'elle signe un engagement sur l'honneur.

Sans elle, notre dossier ne tient pas. Ok ?

Entendu.

- Bonjour. - Salut.

- Tu vas où, si tôt ? - Travailler à la boulangerie.

La boulangerie ? T'es sérieuse ?

C'est provisoire, histoire de m'occuper.

Mais c'est ringard.

Pourquoi tu t'entêtes ? Appelle Rafik, il te trouvera mieux.

Il faut que j'y aille.

Pétris bien la pâte !

Regarde,

tu passes le pinceau puis tu mets la poudre d'amandes.

Si je comprends bien, tu as fui Nabeul.

Je n'avais pas le choix.

Tout ça à cause de Youssef ?

Entre autres, et pour l'argent aussi.

Bravo, j'aurais pas pu.

Tu peux répondre, vas-y.

Merci.

Oui.

Non, là, je travaille.

Ok, cet après-midi.

Au revoir.

Tu peux entrer.

Je te présente Mme Kallel, la cheffe de brigade.

Bonjour.

Tu peux t'asseoir.

Assieds-toi.

On voudrait que tu signes ce document.

Un engagement sur l'honneur, où tu déclares

que tu n'as subi aucune pression et que tu ne te dédiras pas.

Facebook est en feu depuis l'affaire Karim.

La police l'aurait tabassé, tué.

Je ne vois pas comment, il n'y avait pas de flics présents.

Regarde-moi ma fille, je te parle.

Il est de notre devoir de rétablir la vérité.

Nous sommes sans cesse calomniés.

Je n'ai rien vu.

Je ne sais même pas ce qu'il lui est arrivé.

Ce n'est pas une accusation.

C'est normal que tu aies peur.

Une jeune femme comme toi,

toute belle et fraîche, pleine de vie.

Tu n'aspires qu'à une chose : t'amuser,

pas te retrouver au centre d'une affaire criminelle.

Ça aurait pu arriver à ma fille.

En voulant fuir les vigiles, Karim est bêtement tombé.

Il en est mort.

Son heure avait sonné.

Un banal accident qui aurait pu nous arriver à tous.

Maintenant, il est lavé de tout péché,

mais il n'aurait pas dû t'agresser.

N'oublie pas Aya, que tu as signé le procès-verbal.

Tu as bien vu les ignominies qui circulent.

Tu pourrais devenir la prochaine cible si tu changes ta version.

On crierait alors au faux témoignage,

qui par ailleurs est un crime passible de 5 ans de prison.

Signe, ma fille.

Tu vas rétablir la vérité sur les accusations contre la police.

Signe.

Allez, il faut que j'y aille.

Alors ?

On rédige ta plainte ?

Je te rappelle que tu peux porter plainte pour attouchements.

Je veux rentrer.

Je peux rentrer ?

On n'a pas encore fini.

Lève-toi.

Pour aller où ?

Viens. Tu verras.

Je t'en prie.

Vas-y.

S'il te plaît.

- Je peux savoir où on va ? - Tu vas le savoir. N'aie pas peur.

Avance.

Ça fait partie de la procédure. Entre.

C'est lui qui t'a agressée ?

Regarde-le.

C'est lui qui a porté atteinte à ton honneur ?

Regarde-le bien. Avance.

Avance pour mieux voir.

Viens.

C'est bien lui ?

Regarde-le.

Quoi ? Parle.

Oui.

Tu es sûre de toi ?

Je veux rentrer.

Excusez-moi.

Pardon.

Amira,

arrête de faire la gueule.

Allez, s'il te plaît !

- Je vais rentrer. - Quoi ?

J'aurais pas dû venir.

Hors de question que tu rentres. Attends.

Ouvre la bouche.

- Pourquoi ? - Ouvre !

- C'est quoi ? - Allez !

Mais c'est quoi ?

Ça va te faire tout oublier. Rendez-vous dans 15 minutes.

Allez, lève-toi et danse.

Amira, tu es réveillée ?

Bonjour, ma belle,

ça va mieux ?

Tu m'as fait peur, hier soir.

Pourquoi ?

Je me souviens de rien.

Tant mieux pour toi.

T'as vrillé.

T'as convoqué tous les morts.

- Tu étais en vrac. - Quels morts ?

J'ai dit quoi ?

Au début, tu parlais à Karim, puis à tes parents,

que des flammes te rongeaient...

Un bad trip quoi.

J'ai dit quoi d'autre ?

T'es partie en vrille.

Faudra plus mélanger alcool et drogue.

- Qu'est-ce que j'ai dit d'autre ? - Rien.

T'as fait un mauvais trip, c'est tout.

Tu ne tenais plus debout, alors on est parties.

J'ai pas dit autre chose ?

Non.

Maintenant, il faut boire beaucoup d'eau.

Ma tête va exploser !

C'est quoi cet accent ?

C'est drôle.

Mon sac, il me faut de l'aspirine.

Tu l'as mis où ?

C'est toi qui l'as.

Non, je l'ai pas.

Hier j'ai pris ton téléphone, mais j'ai pas vu de sac.

T'es sérieuse ?

Oui.

- On va le trouver. - Il est où ?

On va le trouver. Calme-toi.

Il est où mon sac ?

Je connais un serveur là-bas, je vais l'appeler.

Salut Amine, c'est Lobna.

- Dis-moi qu'ils l'ont trouvé. - Non.

- Il y a tout mon argent dedans ! - On va s'arranger.

On va trouver une solution.

Ne pleure pas. Tu n'es pas seule, Amira.

On va trouver une solution.

Ne t'en fais pas.

Qu'est-ce que tu as ?

T'as pas l'air en forme. Laisse tomber ça. Dis-moi.

Non, rien.

Dis-moi ce que tu as.

J'ai besoin d'un service.

Bien sûr, dis-moi.

Je sais que je viens de commencer,

mais j'aurais besoin d'une avance sur mon salaire.

J'ai perdu mon sac hier.

Tu l'as perdu où ?

Dans un taxi.

T'as pu voir le numéro du taxi ? Tu l'as appelé ?

J'ai été au poste.

Ils m'ont dit de...

revenir.

Ne t'inquiète pas.

Je te dépanne tout à l'heure. Ok ?

- Merci. - 2 plateaux, s'il vous plaît.

Ça vient.

Je prends celui-là et toi l'autre.

Ok ? Ça va aller.

- Je suis là. - Merci.

Allez, prends le plateau.

Prends-le délicatement.

Délicatement, j'ai dit.

Bonjour.

Amira ?

Ça va ?

Qu'est-ce qui te prend ?

Tu le connais cet homme ?

Oui.

Et alors ?

C'est un chauffeur de bus.

Oui, la station est à côté.

Il est de Tozeur, il connaît Youssef.

Tozeur ?

C'est quoi le rapport avec Tozeur ?

Youssef est de Tozeur, enfin, de Nabeul.

- Je comprends rien. - C'est une longue histoire.

Je ne veux pas que ce type me voie. Il va le dire à Youssef.

Il est parti et impossible qu'il t'ait vue.

- Tu es sûre qu'il est parti ? - Oui, certaine.

J'arrive avec le plateau.

Non, laisse.

Je vais le prendre.

J'ai suivi tes conseils finalement.

Ça te va bien.

Tu regardes encore les vidéos ?

Il est mort, c'est fini.

Tu n'y es pour rien.

T'es sûre, tu veux pas sortir ?

Non, merci.

Ok pour ce soir, mais samedi sans faute, on sort.

On voit Rafik et Khaled.

Tu as une dette envers lui.

Ciao.

J'assume les conséquences de mes propos.

Les policiers mentent

et ce n'est pas nouveau.

Ils nous refusent même l'accès

au rapport du légiste.

Mon fils a été assassiné par la police.

Zied Talbi 28 juillet 1977 - 7 décembre 2004

Alors, on bouge ?

- La réservation est à quelle heure ? - 22 h.

Faut y aller alors.

Allez-y, on vous rejoint avec Amira.

À tout'.

Détends-toi et respire.

Souris un peu.

Amira, ça te va beaucoup mieux qu'Aya.

Je peux te poser une question ?

Vas-y.

Il est mort comment, Karim ?

T'as pas entendu le rapport du légiste ?

Après la raclée qu'il s'est pris,

ce bâtard a voulu fuir.

Il s'est tellement chié dessus qu'il est tombé dans les escaliers.

C'est la conclusion du légiste.

Pourquoi m'obliger à mentir alors ?

Si tu n'avais pas menti,

on enquêterait encore sur toi.

Ce n'est pas mieux comme ça ? Tu t'en es tirée.

L'affaire est quasiment classée.

Le pays est sans pitié,

surtout pour une fille comme toi.

T'aurais été accusée de racolage,

de prostitution ou d'atteinte aux bonnes mœurs.

Lobna m'a dit que tu avais besoin d'argent.

- Non, merci. - Arrête.

Merci, je te rembourserai.

Arrête avec ça.

Qui a parlé de remboursement ?

Je vais aller voir la vue.

Maintenant ?

Oui, maintenant.

Nabeul est réputée pour la gentillesse de ses habitants.

Je ne sais pas ce qu'il en est de Tozeur.

Je crois que tu as une idée, non ?

On part rejoindre les autres ?

Aya, on ne va pas se mentir.

Tu sais et je sais que Karim ne t'a rien fait.

Mais les flics ne le savent pas.

- C'est mieux comme ça, non ? - Rejoignons les autres, s'il te plaît.

Parce que s'ils découvrent

que Karim ne t'a rien fait,

ils voudront savoir pourquoi tu as menti,

et reprendre l'enquête.

Tu veux que l'enquête soit relancée ?

Alors baisse ta culotte.

Je te parle. Baisse ta culotte.

Vas-y.

Qu'est-ce que tu as ?

Bouge ton cul un peu.

Laisse-toi faire.

Casse-toi.

Je ne veux plus sortir.

Amira, t'es rentrée ?

Je t'ai appelée plein de fois.

Je me suis inquiétée. Ça va ?

Amira, qu'est-ce qui se passe ?

Pourquoi tu m'ignores ?

Je sais,

je sais très bien

que les premières fois c'est pas génial.

Tu vas t'habituer.

En plus Rafik, il est super, il a de l'expérience.

Il comprend les femmes.

Tu as beaucoup de chance, tu sais ?

Quoi ?

Oui.

Beaucoup de femmes rêveraient d'être à ta place.

Allez,

n'en fais pas tout un drame.

Je t'ai arrangé le coup avec lui.

Tu peux garder l'argent,

mais la prochaine fois, tu assures, ok ?

Tu m'as vendue, Lobna ?

Qu'est-ce que tu dis ?

Rafik te paie pour baiser des filles ?

Tu divagues grave.

Je préfère aller dormir.

Reviens ici.

Le voilà son argent,

s'il croyait m'acheter avec.

Écoute-moi bien,

je suis pas ta pute pour que tu me jettes de l'argent !

Bien sûr,

tu es la pute de Khaled.

Tu changes,

c'est bien.

Ta langue s'est déliée.

Elle est où la petite fille apeurée, toute timide ?

Tout ça, c'est de ma faute.

Je t'ai donné l'occasion de devenir quelqu'un,

sale petite ingrate.

Tu peux tout garder pour toi.

- J'ai tout compris maintenant. - Éclaire-moi, tiens.

J'ai compris pourquoi Marwa est partie.

Quoi ?

Tu as voulu la marchander, comme moi ?

Je comprends les sacs, les fringues,

les soirées, les chaussures.

T'es une maquerelle, en fait.

Si tu parles de Marwa

encore une fois,

je te casse la gueule !

Tu vas voir ce qu'elle va faire, la maquerelle !

Dégage de chez moi, casse-toi !

Dehors !

- Dégage ! - Je ne partirai pas !

Rends-moi mon argent !

Quel argent ? Casse-toi !

Je veux ma caution !

Quelle caution ? Va porter plainte chez les flics !

Tu me crois naïve ? T'as une peur bleue des flics,

t'as pas de carte d'identité...

Tu dis que tu viens de Nabeul ? Retournes-y alors !

Toi et ta sale gueule !

Dégage !

Amira.

Qu'est-ce que tu as ?

Qu'est-ce qu'il y a ?

Bon sang, parle.

Qu'est-ce qu'il y a ?

Entre.

Ne reste pas sur le seuil,

entre.

Fais comme chez toi.

Je parle doucement car les filles dorment.

Au cas où tu aurais froid.

Installe-toi et fais comme chez toi.

Si tu veux parler,

je suis là.

Merci.

Je te rapporte un pyjama.

C'est ta vie, tu es libre,

mais je ne veux pas de problème,

encore moins chez moi.

Tu m'as accueillie chez toi, tu m'as fait confiance.

Je ne te trahirai pas.

Donne-moi juste quelques jours.

Je ne resterai pas longtemps, promis.

Ok.

Essaie de dormir.

Les filles vont bientôt te réveiller avec leur boucan.

- Bonne nuit. - Bonne nuit.

Regarde ça Emna.

C'est quoi ce truc ?

Un slip peut-être ?

- C'est à ma taille en tous cas. - Il est à toi alors !

Franchement Mondher, c'est pas top cette fois.

Ça vient de Turquie pourtant.

C'est ça.

C'est de l'arnaque.

Allons prendre un café.

La prochaine fois, appelle-moi quand t'as des lunettes ou du parfum.

Toujours à se plaindre.

Les gars de l'aéroport sont mieux lotis que nous.

Tu vas nous porter la poisse.

Vous pensez que ça irait à ma femme ?

À qui, Fethi ?

Même en se badigeonnant d'huile, jamais elle rentrerait dedans.

Fethi, t'as fait quoi du père de Karim ?

Je l'ai arrêté.

Il a fait un esclandre pour porter plainte contre la fille.

Libère-le. Je veux le voir.

M. l'adjoint, rien pour vous ?

- Non, rien. - Venez jeter un œil.

Grouillez-vous, les mecs.

Fethi, je t'ai trouvé la perle rare.

Voilà ce qui irait à ta femme.

Ça irait parfaitement avec son voile.

Prends-lui ça aussi.

Ta femme est gâtée, Fethi.

Franchement c'est pas sympa.

Te vexe pas, on te taquine.

- Bonjour. - Bonjour.

Écoute, Lobna est venue jeter tes affaires.

Je les ai mises là-bas.

Merci.

Il n'a pas arrêté de sonner.

Avec le rapport du légiste,

l'affaire va être qualifiée de mort accidentelle.

La famille n'y croit pas

et porte plainte pour meurtre.

Leur avocat demande une confrontation avec toi.

Une confrontation ?

Pourquoi ?

Je peux refuser ?

Tu as le droit de refuser,

mais le parquet a retenu la plainte,

et un juge d'instruction a été nommé.

Tu vas donc bientôt recevoir une citation à comparaître.

Non, je refuse.

Tu seras obligée de te présenter. Autant le faire maintenant.

Non,

je ne veux pas.

Je note donc que tu refuses la confrontation ?

Oui.

Tu peux y aller.

Aya ?

Aya ? Une seconde.

- Je veux te parler. - Lâche-moi !

Je veux juste savoir pourquoi tu mens.

- J'ai dit ce que j'avais à dire. - Pourquoi tu mens ?

Pourquoi tu souilles la mémoire de mon fils ? C'est injuste !

- Je n'y suis pour rien. - Ça ne te suffit pas qu'il soit mort ?

Pourquoi tu dis pas la vérité ?

Tu as conscience de ce que tu fais ?

- C'est ta faute si mon fils est mort ! - Laissez-moi passer !

- C'est quoi ce bordel ? - Laissez-moi parler !

Dis que Karim t'a rien fait !

Penses-y, Aya !

Dis-leur que Karim est innocent !

Ça sert à rien.

Réfléchis bien.

- Tu ne vas pas fuir toute ta vie ? - Il le faut.

Ils veulent que je témoigne. Je veux plus mentir.

- Dis la vérité alors. - La vérité ?

Si je change ma version,

j'irai en taule pour faux témoignage.

Si en plus on apprend ma fausse mort, alors je serai pendue.

Pourquoi ?

Ok, donne-moi un peu de temps.

Au revoir.

Qu'est-ce qu'il y a ?

Le policier, l'adjoint de la cheffe...

Il te veut quoi ?

Il veut me voir, mais pas au poste.

Maintenant ?

Non, demain.

C'est pas prudent de sortir maintenant.

Tu devrais le voir avant de te décider.

Peut-être qu'il a de nouveaux éléments.

Temporise un peu.

Salut.

Assieds-toi.

Je préfère rester debout.

Je sais que tu as menti,

et que Karim ne t'a rien fait.

N'aie pas peur, c'est pas une entrevue officielle.

Qu'est-ce qu'on fait ici ?

Je veux savoir pourquoi tu couvres Rafik Sabbagh.

Je ne couvre personne.

Arrête de mentir. Tu mens depuis le début.

- Excuse-moi. - Pourquoi on est ici et pas au poste ?

Comment est mort Karim, d'après toi ?

Il est tombé dans les escaliers.

Regarde.

Ils t'ont donné de l'argent, menacée ?

Ils te menacent ?

Donne-moi des infos si tu veux de l'aide.

- Parle-moi. - Laisse-moi !

Qu'est-ce que tu me veux ? J'ai dit tout ce qu'il fallait dire.

Tu veux me piéger ?

Je ne t'aurais pas montré la vidéo.

Il faut que tu dises la vérité.

Et témoigner contre la police qui veut étouffer un meurtre ?

Tu veux que je change ma version pour me foutre en taule.

Karim ne t'a rien fait.

Le parjure est aussi passible de prison.

Dis-la toi, la vérité.

Je l'aurais fait si je pouvais, mais j'ai les mains liées.

Les vidéos ont été effacées du serveur.

Tu as vu une copie, sans valeur légale.

Mais toi, tu vas être entendue par le juge,

ta parole compte.

Rafik s'est servi de toi pour se sauver,

et la police veut étouffer l'affaire car deux agents sont impliqués.

Tu es la seule à pouvoir leur tenir tête.

Et ma déclaration sur l'honneur ?

Je ne comprends plus rien. Qu'est-ce que tu me veux ?

Il y a 18 ans, mon frère a été fauché

par une conductrice ivre et droguée.

Il est mort sur le coup.

L'oncle de cette femme était ministre sous Ben Ali.

Ils ont trafiqué ses analyses sanguines.

Elle s'en est sortie.

Elle a obtenu un non-lieu.

J'ai eu du mal à l'accepter.

J'étais jeune, je ne comprenais rien à la vie.

J'ai arrêté mes études et j'ai passé le concours de police.

Je voulais le venger.

Pour que l'injustice qu'il a subie ne se reproduise plus.

Me voilà des années plus tard,

je ne l'ai pas vengé,

je n'ai même pas été capable de rouvrir son dossier.

Je suis devenu comme eux.

Je fais partie du système.

J'aide les criminels à s'en sortir.

Ton sentiment de culpabilité, je le connais.

Tu dois dire la vérité.

Pour toi, pour Karim, pour ton avenir.

Et après ?

Un bon avocat te tirera d'affaire,

et si tu as peur de changer ta version,

il prouvera que tu as subi des pressions.

Fais-moi confiance. Soulage ta conscience.

Tant que tu seras en vie,

la famille de Karim te traquera.

- Bonjour. - Bonjour.

Quand le chauffeur m'a dit avoir vu une fille qui te ressemblait à Tunis,

je ne l'ai pas cru,

mais quand on a reçu ta citation à comparaître, on a compris.

Je devrais être heureuse,

je te vois devant moi, saine et sauve.

Est-ce qu'on méritait ça ?

Je t'ai enterrée de mes propres mains.

Et ce que vous m'avez infligé, ça ne compte pas ?

Félicitations.

Vous devez être contents.

Avec l'argent de l'assurance, vos dettes sont réglées.

Quoi ?

Arrête un peu.

On le sait très bien.

Tu crois qu'on avait le choix ?

On a toujours le choix.

J'aurais pu continuer mes études,

mais vous m'avez obligée à arrêter.

Mes camarades sont devenus médecins, ingénieurs.

Ils voyagent dans le monde entier. Ils profitent de la vie.

Qu'est-ce que j'ai vu de la vie, moi ?

Qu'est-ce que je suis devenue ? Dis-moi, vas-y.

Tu dis rien, papa ? Comme d'hab.

Dis-moi, papa.

Qui s'est endetté en hypothéquant la maison ?

C'est moi, peut-être ?

C'est comme ça que je t'ai appris à parler à ton père ?

- Tu n'as pas honte ? - Arrête, tu veux !

Arrête, vous m'avez détruite.

Mais c'est fini maintenant.

Je n'ai plus rien à donner, plus rien à payer.

Je paie le loyer et les factures depuis que j'ai 14 ans.

14 ans, maman.

T'aurais fait quoi à ma place ?

Dis-moi.

Moi aussi je me suis sacrifiée.

J'ai sacrifié mes bijoux, ma santé,

mon temps, tout.

Non, maman.

T'as fait des sacrifices, moi j'ai fait la boniche à 14 ans.

J'avais encore rien vécu que vous m'avez envoyé récurer la merde.

Vous avez malmené votre unique fille, et voulu la marier

au plus offrant.

C'est vous qui m'avez tuée.

Vous avez fait vos choix.

À moi de faire les miens.

Une seconde, s'il te plaît.

La Aya que vous avez connue est morte.

Aya.

Oui.

- Viens voir vite. - J'arrive.

Viens vite, regarde.

On ne t'oublie pas, Karim !

L'affaire Karim Bougatfa continue de faire des remous en Tunisie

et une instruction est en cours...

Tu vas faire quoi ?

...suite à la plainte pour meurtre.

Une affaire qui suscite la polémique, mais aussi beaucoup d'émoi

sur les réseaux sociaux.

Le jugement est très attendu,

vu sa portée sociale et politique.

Salut.

Salut.

Qu'est-ce que tu ne peux pas dire au téléphone ?

Je ne témoignerai pas.

Quoi ?

T'as entendu. Je témoignerai pas.

La loi t'y oblige. Tu n'as pas le choix.

- C'est quoi ça ? - Mon certificat de décès.

- Comment tu l'as falsifié ? - C'est un vrai.

Je suis morte le 11 octobre

dans un accident entre Tozeur et Tamerza.

Donc, je ne peux pas avoir été présente le soir du drame.

Je ne divague pas. C'est une très longue histoire.

Je me fais passer pour morte.

Mon père attend un coup de fil de ma part

pour aller au poste avec ce certificat.

C'est quoi ce délire ? On t'a vue sur les vidéos et au poste.

Tu as même signé le PV devant moi. Qu'est-ce que tu racontes ?

Je suis officiellement morte.

La fille au poste peut me ressembler,

et on voit jamais mon visage sur les caméras.

N'importe qui peut signer à ma place.

Tu as raison.

Les fichiers n'ont pas été mis à jour.

Même mon frère est toujours vivant.

Tu sais que ton certificat de décès peut engendrer un séisme ?

Oui,

mais je veux surtout que Rafik et ses sbires répondent de leurs actes.

Après, je disparaîtrai. Je n'ai pas d'autres choix.

Tout le pays sera à mes trousses.

Avant de partir, j'ai un dernier truc à faire.

Tu as encore une copie des vidéos ?

Ministère de l'Intérieur,

ministère terroriste !

Ministère de l'Intérieur, ministère terroriste !

Karim, toujours dans nos cœurs !

Justice pour Karim !

C'est pour vous.

Pour Karim

J'ai consulté le registre des disparitions

pour que tu choisisses un profil.

Vous avez à peu près toutes le même âge.

- Tu es sûr qu'il n'y a pas de risque ? - Certain.

La dernière disparition date d'il y a 7 ans.

Plus personne ne les cherche.

La première : Meriem Ben Youssef, née en 92, disparue en 2007.

La 2e : Khadija Lahmar, née en 90

orpheline et disparue depuis la révolution.

La dernière : Aïcha Hammami, née en 93

disparue à Tunis depuis 2012.

Aïcha.

Je veux devenir Aïcha.

À l'attention du ministre de l'Intérieur

Carte d'identité d'Aïcha Hammami

Dossier d'instruction de Zied Talbi

Merci d'avoir monté ce meuble.

Ça fait 3 mois qu'il traînait.

Contente qu'il te plaise.

Tu penseras à moi en le voyant.

Tu vas beaucoup me manquer.

Ne disparais pas.

Le temps que les choses se tassent et on se revoit, promis.

Tu fais attention à toi. Plus de bêtises, ok ?

J'aurais voulu avoir une mère comme toi.

Je n'oublierai jamais ce que tu as fait pour moi.

Fais bien attention à toi.

- Tu vas me manquer. - Toi aussi.

Au revoir.

Asseyez-vous.

Aux vues des dernières pièces ajoutées au dossier

par la famille de la victime,

qui dévoilent des faits contredisant la thèse de l'accident...

Qu'est-ce que ça veut dire ?

Silence !

La cour ordonne d'émettre des mandats d'arrêt contre

M. Rafik Sabbagh,

l'officier de police Hamadi Boudhina,

l'officier de police Chedli Bououn, pour homicide volontaire.

La cour ordonne aussi d'émettre des mandats d'arrêt

contre les cinq vigiles présents au moment des faits

pour complicité.

La cour ordonne de ce fait

l'ouverture d'une enquête indépendante au parlement

afin de comprendre comment le ministère de l'Intérieur

a utilisé l'identité d'une personne décédée

pour discréditer la principale victime de cette affaire.

Il s'agit là d'un précédent gravissime

qui met en doute l'intégrité de la police.

L'audience est levée.

Après la fuite des vidéos sur les réseaux sociaux

prouvant l'implication de la police...

Charges retenues contre les officiers Bououn et Boudhina,

contre les agents de sécurité présents aussi

et Rafik Sabbagh pour meurtre.

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