All language subtitles for Sexygenaires (2023)

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Original subtitles

Ah.

C'est le service.

- Bienvenue. - On voudrait la suite avec terrasse.

Elle est en travaux.

C'est dommage.

- Au revoir. - Au revoir.

Je vais le prendre.

Impec.

J'ai mis 23 000, le carbu est à changer.

Bon d'accord, OK. Merci.

- Y a le compte ? - Bien sûr.

- Au revoir. - Salut.

Bonjour, M. Mermoz.

Bonjour, Antoine.

Bonjour.

À partir de 7h. Les petits-déjeuners seront à faire.

Isabelle.

- Un instant. - Les Hollandais sont pas arrivés ?

Non, mais votre fils, oui. Ils ont commencé à déjeuner.

Pardon, je vous écoute.

Mmh, la bonne crevette.

Tu me le dirais si vous aviez des problèmes ?

Moi, oui. En revanche, ton père, tu le connais...

- Dis-moi. - On s'en sort pas.

Travaux, Covid, re-Covid...

Bzzzz... Tic !

- Salut, Michel. Ça va ? - Ça va, ça va.

Un peu sous l'eau, mais tout va bien.

Assieds-toi.

J'ai des trucs à régler, je reviens vite.

On nous attend en cuisine.

- La banque, ça a été ? - À ton avis ?

- Allez, dis-moi. - À nos âges, ils prêtent plus.

Comment on va faire ? J'ai reçu le rapport de la CDSA.

Chaque merde en son temps.

S'il vous plaît.

Alors, euh...

Tout d'abord, je tiens à m'excuser.

Je sais que vous avez tous des familles,

que vous êtes inquiets.

Je vais faire taire les rumeurs. L'hôtel n'est pas à vendre.

Et pour les salaires,

ce sera en liquide, ce mois.

- Jean-Claude. - Oui ?

C'est quoi, cette connerie ?

C'est la commission, on doit se remettre aux normes.

Mais pourquoi ?

- Gomez ! - Quoi, Gomez ?

La hotte sur le désenfumage !

- Quel con ! - Et on lui doit de l'argent !

T'as pensé au doudou ?

Vous faites quoi ?

Notre taxi est là.

Mais vous venez d'arriver, enfin !

- On n'a pas eu le temps de se voir. - Je sais.

Je suis désolé.

T'en fais pas, on t'en veut pas. On comprend.

Bon, ben...

Au revoir, Michel. Merci.

- Tu viendras nous voir à Madrid. - C'est pas la porte à côté.

Deux heures d'avion, t'exagères.

Oui.

Pas besoin d'argent pour la maison ?

Non, c'est bon. La banque nous a prêté.

On a eu de la chance, c'est gentil.

Allez.

Allez. Ouais.

Au revoir, mon grand.

À bientôt.

À Madrid.

Sans cuisine, on est morts.

C'est un hôtel ici, avant d'être un restaurant.

On tiendra le temps des travaux.

Comment tu vas payer les travaux ?

Tu vas vendre ton vélo ?

- Tu cherches quoi ? - Les factures de Gomez.

- Pourquoi ? - Pour l'appeler.

Avec ce qu'on lui doit déjà ?

Michel.

Rencontre les mecs d'Eurotel.

Recommence pas !

Pose tes conditions. Vends avec le personnel.

Et je fais quoi après ?

Fais comme moi, la retraite.

Tu bosses encore.

Non, je t'aide, c'est pas pareil.

Et d'où j'ai l'âge de la retraite ?

On a le même âge.

Jean-Claude ?

C'est Michel.

Ah, Michel !

Écoute, j'ai besoin d'argent.

Tu sais, je roule pas sur l'or.

- Je sais, mais avec la brasserie... - Quoi, la brasserie ?

Je pourrais vendre mes parts.

C'est pas si simple.

J'ai plus le choix, Denis.

Je m'en sors plus.

Mais je comprends, Michel.

Là, tu veux vendre tes parts. À qui tu vas les vendre ?

Moi, je peux pas les acheter.

Denis.

Il y a deux mois, j'aurais accepté.

Là, j'ai un problème de trésorerie.

J'ai investi, on refait la salle du premier.

Ça me coûte cher.

Oui, tu peux compter sur moi. Évidemment ! Mais pas là.

Là, ça tombe mal. Ben oui.

La 8, là ! Ils attendent la sole, vous dormez ?

Bien colorés, les champignons.

Très colorés. Écoute,

c'est pas le moment, voilà.

C'est quand, le moment ?

Je sais pas. Les œufs meurette, c'est pour qui ?

Je suis vraiment pas aidé.

On se rappelle. Je te rappelle. D'accord ?

On en reparle.

C'est du Bourgogne pour les œufs meurette. Du Bourgogne.

C'est formidable. Formidable.

C'est qui, lui ?

Je sais pas.

Oh, putain.

Il manquait plus que ça.

On a de la marge. Ton train est dans une heure.

Ils ont vendu la baraque.

30 ans qu'elle est vide...

Bon, on va pas non plus y passer la journée.

Est-ce que tu as... tu as vu qui c'était ?

Oui, oui, oui. Ah bah oui.

Elle est toujours...

Enfin, elle a pas changé.

- Dingue, hein ? - Oui.

Ils ne vendent pas, elle rentre en France.

Fred supporte pas le coin.

- Elle l'a quitté. - Ah bon ?

Il était de l'autre côté.

J'ai peur que ça touche, là-haut.

Faudrait la soulever, en fait.

Tu choisis jamais ton moment.

Je suis en plein coup de feu.

Te fous pas de moi, il est 16h.

J'ai une brasserie, pas un resto de quartier.

C'est le service continu.

Ça s'appelle plus "Aux deux amis" surtout.

Quoi ? On y va !

Deux blanquettes, un plat du jour.

C'est italien, la blanquette ? T'es sûr ?

Italien ?

Pourquoi tu me dis ça ?

Je suis devant, mon con.

T'es à Paris ? T'es où, là ?

Chez Gino.

- C'est quoi, cette embrouille ? - T'inquiète. Je t'expliquerai.

Tu notes ? Je te donne l'adresse.

Qu'est-ce qu'il a encore foutu ?

Denis ?

Denis ?

Denis ?

Je suis là.

Ah.

Ah, Michel !

Ça fait combien de temps ?

Ben, 6 mois.

À mon avis, beaucoup plus.

On s'en fout. On n'a pas changé.

On est toujours les mêmes.

Michel.

Mon Michel.

Ça fait plaisir de te voir.

Ah !

Ah ! Allez, rentre.

Merci, Johanna.

Alors, comment tu me trouves ?

- Changé. - En mieux alors.

On avait dit quoi pour les chaussures ?

On est plutôt sur les Mephisto.

Ben, va pour les Mephisto alors.

Je suis devenu un autre homme.

Au début,

ça a été dur, il a fallu me faire ma place dans un milieu violent.

Ouais, bon, ça va.

Je récupère quand mes 40 000 ?

40 000 ?

Oui, mes parts.

Je les récupère quand ?

Quoi ?

Tu t'es fait plus ?

Non. Plus, non. On peut pas dire...

On peut pas dire ça. Ce serait te mentir.

Posez ça.

- Merci, Johanna. - Bon.

T'as déposé le bilan quand ?

Oh ! C'est loin, ça !

Quand ?

Y a 2 ans.

Et les 10 000 que je t'ai lâchés l'an dernier ?

T'en as fait quoi ?

J'ai payé les dettes. Et l'avocat du divorce.

Corinne, en se barrant, elle m'a tout pris.

J'avais des parts dans ton mariage ? Non.

Tu peux pas comprendre. La tienne t'a tout laissé.

Elle est morte !

J'ai pas eu cette chance.

T'as dit quoi ?

Denis ?

On est prêts, on vous attend.

Ben voilà. Les affaires m'appellent. Allez, viens.

OK, avec les dents.

Respire un peu, tu respires pas assez.

Bouge pas. Non, enlève.

Enlève les dents.

Tiens-toi droit, on voit ton bide.

Voilà. T'as le truc !

C'est super. On est hyper contents.

- Je connais le boulot. - Tais-toi.

Tais-toi, c'est super.

Impeccable, non ? Là, ça claque, Denis.

Donne-moi plus.

Comme ça, c'est bien. Ouais, super.

Garde pas ton sourire.

Un peu moins.

Là, super.

Sois un peu plus digne.

Fier, alors.

- C'est qui le beau gosse, là-bas ? - Qui ? Le mec, là ?

Attends.

- Y a une présence. - Tu rigoles ?

Voilà !

C'est bien.

T'as vu les yeux ?

Mets-toi...

Non, c'est nul. Redresse-toi.

C'est pas assez. Refais-moi un beau sourire.

Ne fais pas Fernandel non plus.

T'es mannequin, alors ?

- Non, je suis acteur. - Ah ouais ?

Je joue un rôle.

Le grabataire qui peut pas monter l'escalier, faut l'incarner.

Et pourquoi ils prennent pas un vrai grabataire ?

Un vieux qui peut plus arquer, ça fait pas rêver. Alors que moi...

Oui, toi, tu fais rêver.

Ben oui.

Tu te magnes, Denis ?

Ça va. J'arrive.

Merci, Johanna.

- Bonsoir. - Bonsoir.

Manon Veber, agence Face.

Vous posez ?

Je pose ?

Comme modèle.

Ouh là, non.

Non, j'accompagne le cascadeur.

C'est dommage. Vous devriez essayer.

Manon, ton taxi est là.

J'arrive.

Les "sexygénaires", c'est très tendance.

Vous êtes dedans.

Ah bon ? Bah...

Tant mieux.

Appelez-moi.

- Ça va ? Je te dérange pas trop ? - Hein ?

Le dos tourné, tu tapes dans ma gamelle ?

De quoi tu parles ?

Hé, tu loges où ?

- Chez toi, j'espérais. - Je vous dépose ?

Non, merci.

On est juste à côté.

Denis.

Viens voir.

C'est ton pote, lui ?

Lui ? Non, je le connais pas. Il me colle depuis tout à l'heure.

D'accord. Un type que j'avais booké demain m'a lâchée.

Moi, je suis dispo demain. Je le remplace.

C'est pas pour toi.

C'est pas pour moi ? C'est quoi ?

C'est les implants capillaires ?

Non, un médicament.

C'est ma spécialité.

Je te joue n'importe quelle maladie.

- C'est quoi le brief ? - Mais Denis...

Quoi ?

Parkinson ? Cancer du sein ?

Ça existe chez les hommes.

Ils cherchent un profil plus...

Plus quoi ?

Plus phase terminale ?

Plus athlétique.

Ah ouais, là...

Forcément. Pour demain, je suis battu.

- Compliqué. - C'est juste.

- En plus, la salle va fermer. - Oui.

Tu peux me le convaincre ?

- C'est payé combien ? - 8 000.

Ah, quand même.

Je te promets rien, c'est pas son genre. Il a jamais fait ça.

Et il a un train demain.

Je croyais que tu le connaissais pas.

L'instinct.

Le resto, c'était beaucoup d'emmerdes.

J'étais limite en burn-out.

Je te jure, je suis plus tranquille.

Pourquoi tu m'as rien dit ?

J'allais pas t'emmerder avec mes problèmes.

Avec les miens, t'aurais pu.

C'est le Covid qui nous a flingués !

Denis, il y a trois ans, il y avait pas le Covid.

- Officiellement. - C'est ça.

Prends-moi pour un con.

C'est le business, il y a toujours un risque.

Et alors avec toi, c'est double risque.

Comme de vendre des glaces sur la plage en hiver.

Octobre, c'est pas l'hiver.

Il a quand même beaucoup plu.

Michel. On avait 15 ans !

Deux métros, un bus, c'est à côté.

Demain, si tu veux, je te mets sur un gros shooting bien payé.

Mais je vais manger dans ta gamelle.

Faut bien que je te rembourse.

Payé combien ?

- 5 000. - Ah, quand même ?

Eh ouais, mon pote. C'est ça, l'amitié.

Tiens, rentre.

- Fais comme chez toi. - Ah ouais...

Chez moi, ce serait rangé.

- Je te le fais pas dire, un ado. - Laura !

T'es de plus en plus belle.

Et toi, toujours aussi gentil.

Tu deviens quoi ?

Dernière année, interne à Bichat.

Ce que j'adore avec les slims, c'est les enlever.

Tu pourrais faire une machine de temps en temps.

Je sais pas comment la faire marcher.

Comme les autres. Un ado, je te dis.

C'est chez toi ?

Le temps que je me retourne.

Tiens, pendant que tu te retournes,

moi, je file.

Tu dînes pas avec nous ?

Non, je suis de garde. Demain, avec plaisir.

Comment on va faire ?

Tu lui expliques pour la machine ?

Elle a beaucoup de gardes.

Je crois plutôt qu'elle a un mec.

Au fait, papa.

Quand tu finis ma crème de nuit, tu m'en rachètes.

Mannequin ? Denis ?

Enfin, acteur plutôt.

Ben, c'est...

- Il vend du rêve. - Il doit pas le vendre cher.

Oui.

C'est pas avec 5 000 balles qu'on va s'en sortir.

On a le devis de Gomez pour la hotte. Il faut percer partout, ça va chiffrer.

En attendant, je peux pas rouvrir les cuisines.

C'est combien, le devis ?

Eh, dis donc.

Les photos, on peut pas se faire plus ?

Non. 5 000, c'est 5 000. On renégocie pas, c'est un milieu carré.

Non, je voulais dire en faire d'autres.

C'est-à-dire ?

Des pubs, comme toi.

Mais attends. C'est un métier, mon pote. Ça s'improvise pas.

Et dis-moi,

c'est quoi, un "sexygénaire" ?

Ah ! Tiens !

Oh ! La beauté, la classe du type !

65 ans, le mec.

Ces mecs-là, avant, ils étaient commerçants,

retraités, chômeurs...

- Maintenant, ils sont blindés. - Ah oui ?

Lui est passé par la case bistouri, mais t'as vu le corps ?

Musclé. Non, mais regarde ces pecs.

Vieux et sexy. C'est ça, l'avenir,

mon pote.

C'est peut-être pas le tien.

Laisse, je vais t'aider.

Ah ! J'attends une réponse pour un casting important.

Ah oui ?

Ah, non.

C'est ma copine.

Elle veut que je la rejoigne.

Ce soir.

T'as quelqu'un ?

Ouais. Enfin... Pas vraiment.

L'engagement... Moi, tout ça, c'est fini.

Et puis, eh !

Qui dit que demain je serai pas à New York pour un shooting ?

Qui dit ?

Bah oui, qui dit !

- Tu vas être bien ici. - Ouais.

Nickel.

Tu savais que Fred et Sylvie étaient séparés ?

Non ?

Ça alors ! Pauvre Sylvie !

Bon, elle devait plus être fraîche.

- C'est elle qui s'est tirée. - Non ?

- Ouais. - Pauvre Fredo !

Mais ça m'étonne pas.

Les gonzesses doutent plus de rien.

À 60 balais, elles mentent sur leur âge et se déguisent en djeun's.

- Des mythos. - Des mythos.

Je prends la salle de bains, je vais faire mes soins.

Allez, bonne nuit, vieux.

C'est ton soin ?

Ben oui.

Pousse-toi.

T'as pas de chambre ?

Ben non.

C'est mon oreiller cervicales.

- C'est ça ? - Oui.

Pousse-toi.

- Tu éteins la lumière ? - Ouais.

Ah, mon ami.

Voilà.

Ouais.

On n'est pas à un enterrement.

C'est pas le produit.

OK.

Manuella, super. Mais euh...

- Son nom ? - Michel.

Michel, souriez.

Stop, ça va pas.

On va travailler le sourire.

C'est votre première fois.

Ravie d'être votre 1re fois.

Alors, le sourire. Y a une technique imparable,

la technique des doigts.

On va essayer avec deux doigts. Voilà.

Faites comme moi.

Prenez deux doigts.

Vous écartez.

Très bien. Lâchez vos doigts, gardez le sourire.

- Trop. - Attends.

- D'accord. - On essaie avec deux doigts.

OK.

Maintenant, avec un doigt.

Lâchez votre sourire.

Reprenez un seul doigt.

Faites la même chose. Un seul doigt. Lâchez.

- Mieux. - Super.

Très bien.

Ah ben, il est beau.

Très beau.

Magnifique.

Denis a raison. Un doigt, ça suffit.

Voilà, c'est super.

Quel pro ! Michel, c'est magnifique !

Quelle belle première fois !

Vous avez fait ça toute votre vie.

Tenez. J'avais pas votre adresse.

C'est chez moi, son adresse.

On avait dit en cash.

8 000 en cash, ça s'est jamais vu.

Demain, je vous essaie sur du luxe.

- Génial ! - Non, pas toi, Denis.

Ils en ont marre, ils cherchent du neuf.

Ils me connaissent pas.

Lorsqu'on reste actif,

sportif,

entre amis ou en famille,

on ne veut pas de stress inutile.

Libre toute la journée,

je suis serein en Tranquility.

Tranquility, ma protection absorbante en toute discrétion.

Tu comprends, maintenant ?

Non, Manon, excuse-moi. Tu me parles de luxe.

Y a que ça.

Y a du Ralph Lauren, du Burberry, des Weston...

Même la casquette, c'est Lacoste.

Mais Denis...

Tu m'avais dit 5 000.

3 000, c'est ma com', c'est normal.

3 000 de com' ?

10 %.

Des gros pourcents alors.

Je suis pas bon en maths, c'est tout.

Je commence à le savoir.

Mais tu me les dois un peu, non ?

Tu la portes, là ?

La Tranquility ? C'est pas trop gênant avec ton slim ?

Tu me soûles. Je prends l'escalier.

Ça va faire bosser mon cardio.

Merci, hein.

Pour demain. Le casting.

Vous croyez que ça peut marcher ?

Ça m'aiderait vraiment, là.

Eh ben... Oui, pourquoi pas. Enfin...

Vous avez le profil, vous sortez de nulle part.

Et puis, je vous trouve très beau.

- Je crois que vous êtes arrivé. - Oui.

Euh... Michel.

- Oui ? - Mettez un costume demain.

Ah.

Ah.

Oui, Jean-Claude.

Bon. T'en es où ? On a encore un arriéré de l'URSSAF.

Et j'ai les fournisseurs sur le dos.

T'inquiète, je rentre bientôt.

Vous vous en sortez avec le traiteur ?

Euh, oui, oui. On varie.

Marocain, chinois... Ce soir, c'est mexicain.

- Y a un Mexicain à Bandol ? - Oui, enfin pas loin.

Je te laisse. Je peux pas te parler.

Ça passe toujours pas.

Prenez sur la mienne.

- C'est bon. - Merci.

La semaine prochaine, c'est japonais.

Alors... Mermoz Michel.

Oui.

- Alors ? - Elle avait raison pour le costard.

Je t'avais dit, fallait t'en acheter un.

J'ai pas les moyens.

On n'était pas loin d'effacer mon ardoise.

Comment ça, "on" ?

Joue pas sur les mots.

Le luxe, c'est mieux payé.

La prochaine fois, je mettrai pas ta veste.

Ces castings, c'est comme les éclipses.

C'est une tous les 10 ans.

- Ouais, Manon. - Alors, ça a marché ?

Ben non, il a merdé.

C'est un métier, ça s'improvise pas.

Bon, tant pis. J'ai un autre casting pour lui, pour des valises.

Oui, mais sinon, je suis dessus.

Si tu veux. Mais coache-moi Michel.

Génial. Génial. Ben je suis d'accord.

- J'appelle Michel ? - Non, je m'en occupe.

C'est encore bon pour toi.

Deux éclipses en une semaine... T'as une chance de cocu.

C'est une expression.

T'es pas bon en expressions.

T'es pas bon en chiffres, en mots... T'es bon en quoi, exactement ?

- En amitié. - Ah oui.

Et en culot. T'es bon en culot.

Et en foutage de gueule aussi.

Sympa.

Moi qui me décarcasse.

Ce coup-là, je suis coach. Va falloir que tu m'écoutes.

- Merci beaucoup. - Au revoir.

Merci.

Ben voilà. Là, t'es classe. Tu es luxe.

- Où tu vas ? - T'as vu comment elles ont maté ?

On leur offre un verre.

Non, on n'a pas le temps.

- C'est pas toi, là ? - Si, c'est moi.

C'est pas pour les grabataires.

C'est pour le "sexygénaire" sportif. Énorme.

- Énorme. - Formidable.

"Sexygénaire"... Ils t'ont rajeuni un peu ?

Non, c'est la tenue, ça. Le lycra.

C'est sûr, le collant te va bien. Ah, ça envoie.

Votre nom ?

Michel Mermoz.

Avancez-vous.

Un peu plus.

Souriez.

Un peu moins.

OK, soulevez la valise.

Merci.

- Votre nom ? - Denis Balu, comédien.

OK, merci.

Suivant !

J'ai même pas soulevé la valise.

Ça te va bien.

Quoi donc ?

La coupe. Le sourcil bien épilé.

- Ça te va bien, quoi. - Ah, c'est gentil.

Je peux te poser une question conne ?

Vas-y.

Tu me donnes quel âge ?

Tu t'y mets aussi ? Déjà que papa,

ça l'obsède. Vous avez l'âge que vous avez !

On a les seins qui tombent, vous, des poches sous les yeux.

T'as pas de seins, comment ils tomberaient ?

- Michel. - Mmh.

- Michel ? - Ouais ?

Allume, j'ai fait une connerie.

Qu'est-ce qu'il y a ?

J'ai mis la crème de jour.

Et alors ?

Alors, il est 23 h.

Oh, mais t'inquiète pas.

Avec la couche que t'as mis, le temps que ça pénètre, il fera jour.

Ah, putain. Ouais ?

Deux jours que je t'appelle.

J'allais te rappeler. C'est pour quoi ?

Les mecs d'Eurotel ont une nouvelle offre.

- Je veux pas en entendre parler. - T'attends quoi ?

De tout perdre ?

- C'est ça que tu veux ? - Je vais trouver une solution.

Laquelle ?

Je peux pas te parler, je bosse.

Tu bosses pas ! Moi, je bosse ! Tu fais quoi ?

- Michel, on va se mettre en place. - Regardez-moi.

C'est quoi, le brief ?

Le mec part en vacances...

- Mer, ski ? - Mer. Il est sur un tapis...

- Méditerranée ? - Pacifique.

- Bora Bora ? - Ouais, voilà. Il est sur un tapis...

Je connais bien, Bora Bora.

J'ai vu un Thalassa sur Bora Bora.

Il est sur un tapis roulant. Dans sa tête, il est en kiff.

Tu vois ?

T'as compris le personnage.

Ben... Je suis sur un tapis roulant, quoi.

T'es pas sur un tapis roulant, t'es au bord de la mer !

Tu aimes la mer, Michel ?

Montre-le-moi dans ton regard !

Tu sens l'air, tourne la valise vers moi.

Très bien. OK, la valise. C'est bien. Tiens ta valise.

Poussez-vous !

Regarde-moi.

Michel ?

Michel ? Michel ?

C'est bien de partir, mais t'es parti trop loin, reviens. Oh !

- Ça va ? - Oui.

OK.

Très beau.

Je vous offre un café, mademoiselle ?

Alors tu repars en voyage ?

Non, je vais à New York signer les papiers du divorce.

Ah oui, j'ai appris. Désolé.

Ben pas moi.

T'as refait ta vie ?

Ah non, moi non.

Tu sais, avec l'hôtel, j'ai plus le temps de rien.

Tu fais le mannequin ?

Le cintre, je dirais plutôt.

Mais bon, c'est provisoire.

Tu sais, c'est pas vraiment mon truc.

Pourquoi pas ?

Le costume te va bien.

Ah, t'as pas toujours dit ça.

Tu piquais ceux de mon père, c'était...

- Tu as des petits-enfants ? - Oui.

Une petite-fille, Bianca. Elle a 5 ans.

Je la vois peu, ils vivent en Espagne.

Tu prendras ta retraite un jour.

Tu pourras les voir plus souvent.

C'est pas si simple.

Là, on est dans le baisenville.

- Pas à Bora Bora. - Denis ?

Sylvie, la vache.

Michel m'avait dit, mais...

Dit quoi ?

Ben, enfin, que... Ben...

Non, en fait, t'es encore super belle.

J'ai jamais dit "encore". Bien sûr que t'es belle.

Un instant.

- Ah, Manon. - Michel.

Vous êtes libre ce soir ?

J'ai un autre projet dont j'aimerais vous parler.

Oui, bien sûr.

Je vous écoute.

Oui, du Cristal.

Non, pas de Ruinart.

Oui, du Cristal. Voilà. Merci.

Ben, euh... Manon, mon agent.

Et Sylvie, une amie.

Madame.

Au revoir, mademoiselle.

Je finis dans une heure, tu veux pas qu'on déjeune ?

Non, non, je serai dans l'avion.

Mais une prochaine fois, avec plaisir.

- Ah oui. - Avec plaisir.

Eh ben, tu m'étonnes qu'elle divorce.

T'inquiète pas pour le dîner, ma chérie. Michel sait faire.

Moi aussi, bisous, bisous.

Denis, je peux plus squatter chez toi.

On s'en fout, c'est pas chez moi.

Justement.

La pauvre Laura, on est les uns sur les autres.

Avec la campagne que t'as faite, on va se payer un grand canap'.

Non, parce que...

La production m'a pris un petit hôtel.

C'est mieux, quand même.

Un petit hôtel ? J'ai jamais eu ça, moi.

- Bonjour. - Bonjour.

Vous devez avoir une réservation à Mermoz.

Je regarde.

- Merci. - Mermoz.

Je regrette,

je n'ai rien à ce nom.

- Ah bon ? - Non.

- Alors peut-être, agence Face. - Oui, bien sûr.

On vous attend au bar.

Bonsoir.

J'aurais pas pris ce modèle.

On me l'a donné, j'ai pas osé dire "non".

Vous savez pas dire "non" ?

Euh, non.

Vous venez ?

Michel ?

Michel, c'est Denis. Ouvre.

- Quoi ? - Tu dormais ? Ils sont casse-couilles.

- Ils voulaient pas me donner ta clé. - Je suis pas seul.

Sérieux ? Quel âge ?

Arrête.

C'est énorme.

T'as tout compris, faut coucher pour réussir.

T'apprends à une vitesse, c'est incroyable.

Va falloir que je m'accroche.

Bon, allez.

Mais quoi encore ?

Viens voir.

Je dois te poser une question, ça va m'obséder.

Vas-y.

Je sais que la réponse est "non", mais faut que je te le demande.

- À trois, c'est pas possible ? - Non.

- Pas son style ? - Pas le mien.

Je...

Allez.

Qu'est-ce qui te fait rire ?

J'ai perdu l'habitude.

De quoi ?

D'être client.

Pardon ?

Ah non, d'être client à l'hôtel !

- Ah. - Oui, parce que je tiens un hôtel.

J'ai pas pris de vacances depuis longtemps.

- Ah oui ? - Les dernières, c'était avec ma femme.

Ah ? T'es marié ?

J'étais.

Je suis veuf.

Ah ouais.

Ouais, ça fait longtemps.

Sinon, j'ai chopé le SIDA en 1989.

1989 ? Oh, c'est loin.

Manon.

Excuse-moi.

Pardon, je devais répondre à ce mail.

C'est le projet dont je voulais te parler.

- C'est un plan en or pour toi. - Ah ouais ?

Ton profil a plu à une agence.

Ils veulent que tu rencontres leur client.

Si t'as repéré une maison de campagne, tu vas pouvoir appeler ton notaire.

Tu nous sers une coupe ?

À mon avis, ça va le faire. Ça fait des mois qu'ils cherchent

un jeune sénior pour ce parfum. C'est pas du Saint-Laurent,

c'est même un peu cheap...

Mais y aura une grosse campagne : presse, web, affiches...

- Tu les rencontres demain. - "Un jeune sénior" ?

Ben oui.

Avec la retouche, tu gagnes 10 ans.

Fais pas cette tête.

Tu sais, c'est comme nous avec le maquillage.

Qu'est-ce que tu fais ?

Ça fait 20 ans que j'ai pas dormi avec quelqu'un d'autre. J'y arrive pas.

Excuse-moi.

Denis ?

Pourquoi t'es là ?

Ah, ça y est ? T'es là ?

- Je peux aller prendre ma douche ? - Mais t'es pas bien ?

Comme Laura était pas là, j'ai loué son appart sur Airbnb.

Je comptais dormir avec toi.

- Monsieur. - Tiens.

Signe.

Mais t'en as pris combien ?

Pour rester ici, faut consommer. C'est des cons.

T'es dingue ?

- C'est le prix d'une chambre ! - J'ai tout mis sur la tienne.

Putain, c'est pas vrai...

Qu'est-ce que ça peut te foutre ? C'est pas ton pognon !

Michel !

Ta valise est mignonne, mais j'en aurais piqué

une plus grande !

Tu sais quoi ? Ça va pas être compliqué.

Prends la valise et rends-nous service, oublie-moi.

Yes. Hello. It's the proprietary.

Yes. Thank you.

Everything good ?

I know, it's not eleven, but...

Listen, I want to take a shower,

if it's possible.

No, now.

Very quick. Very quick.

I am the propriétaire. If I want to take a shower, I take a shower.

J'aime pas te voir comme ça.

- C'est pas ton hôtel. - Ah oui.

Oui, mais c'est mon ami.

C'est meilleur en boîte, il y a moins d'arêtes...

Tu dis quoi ?

Euh... Je dis que c'est bien meilleur frais !

Alors...

Tu veux quel fromage ?

On a du livarot, du brie,

du roquefort...

Il reste du Babybel ?

Du...

Amour ! Il y a plus de Babybel ?

Amour ?

Amour ?

Jean-Claude, c'est Michel.

Je t'ai appelé 3 fois, tu dois bricoler sur le bateau.

Je voulais te dire, je suis désolé pour la dernière fois.

Je sais ce que tu fais pour l'hôtel. Heureusement que t'es là,

je sais pas comment je ferais.

Et sinon, je suis sur un gros coup,

et si ça marche, c'est la fin de nos emmerdes.

Je t'embrasse. Tu me rappelles ?

Merci.

Ouais, mon pote.

Mme Lemaire, directrice générale de la campagne. Michel.

Bonsoir.

Bon, on y va ?

Oui ?

C'est gagné. Ils te trouvent sombre et sexy.

Parfait pour l'image de la marque.

Ça va ?

Comme ça.

Tu veux qu'on aille à l'hôtel ?

Ça te changera les idées.

Vous pouvez m'arrêter là, s'il vous plaît ?

Écoute,

t'es une fille géniale.

T'es belle.

T'es brillante.

Mais t'as rien à faire avec un mec comme moi.

Ah oui. C'est toi qui sais...

J'ai 65 ans.

Tu vois pas le tableau ?

Dommage.

Je t'aimais bien, moi.

- Oui, Denis. - Michel.

C'est terrible. C'est terrible.

Ouais, je sais. Elle m'a appelé.

C'est pas possible. J'y crois pas.

T'es où, là ?

Michel.

Ramène-le. Ça fait 3 heures qu'il chiale.

J'en peux plus, la honte.

Qu'est-ce que tu veux ? C'est normal.

À nos âges, ça secoue.

Et puis, forcément... On se projette.

Tu vas pas t'y mettre non plus ?

Allez, mon vieux.

Eh ouais, pépère.

C'est la vie.

- C'est des choses qui arrivent. - Non, ça arrive pas.

Pas quand on fait attention.

Quand on fait attention à quoi ?

À la pilule.

T'en as rien à foutre de moi.

Ça suffit, maintenant. C'est ma vie, pas la tienne.

T'es enceinte ?

Oui, elle est enceinte.

C'est magnifique.

Félicite-la, tant que t'y es.

C'est ce qui se fait, en général.

Grand-père, c'est merveilleux...

Non, Michel.

Je suis pas prêt.

Grand-père, je peux pas.

Denis.

Oui.

Assieds-toi, faut que je te dise un truc.

Non, ça va.

Je suis bien, debout.

On m'a annoncé que j'allais être un vieillard.

Je peux tout encaisser.

Bon.

Eh ben...

Notre copain Jean-Claude...

"P comme premier dans mon cœur, même si tu es le premier à partir.

A comme tout l'amour du monde, parce que tu vas nous manquer.

P comme poisson, parce qu'on en a beaucoup pêché.

I comme infini, parce que tu es parti pour l'éternité."

Adieu, papi.

Papi, putain.

Il est pas près de m'appeler "papi", ce con.

"Papi", c'est comme "sénior", c'est pour pas faire peur.

Le vrai mot, c'est "vioque".

Putain, ça tangue là-dedans.

Arrête tes conneries.

Ça tangue quand même beaucoup, là.

En plus, j'ai la gerbe. Putain, j'ai la gerbe.

Denis, le mal de mer, c'est en mer.

Tu vas faire comment pour l'hôtel ?

Comme toujours, je vais me débrouiller.

Je me suis toujours débrouillé, non ?

Ouais.

T'as jamais réussi à remplacer maman.

Me fais pas croire que t'y arriveras avec Jean-Claude.

Vas-y, je vous rejoins.

C'est bien que tu sois venue.

C'est normal.

C'était quelqu'un de bien, Jean-Claude.

Ouais.

Tu repars quand ?

C'est à moi de te demander ça, non ?

Je sais pas encore.

Je reste.

Ah bon ?

New York, c'est fini ?

Et ta boîte ?

J'en avais marre de perdre ma vie à la gagner.

Je la laisse aux enfants.

Pourtant, c'était ton rêve, à l'époque.

Il m'en reste pas mal, des rêves.

Isabelle, c'est quoi ces factures ?

Même dans les pires hôtels, on change les draps.

Surveillez TripAdvisor, vous allez voir.

On a dû choper des morbaques.

C'est quoi, cette affaire ?

Y a un problème avec la blanchisserie.

Ah bon ?

Comment ça,

à tour de rôle ?

M. Jean-Claude nous l'a dit.

La blanchisserie vient plus, j'en ai lavé 5 chez moi, Martine aussi.

Mais là, ça suffit pas.

Merci, Élodie.

Je vais payer, putain !

Trop tard ! Y en a marre !

C'était Jean-Claude, il nous a quittés.

- Ben, il a bien fait. - Quoi ?

Bien fait !

Arrête tes conneries.

Ça va ?

Ah merde, putain...

- Allô ? - Oui, c'est Sylvie.

T'es toujours partant pour un déjeuner ?

Un déjeuner ? Bien sûr que ça me ferait plaisir.

Ce midi, tu serais disponible ?

Euh...

- Maintenant ? - Oui.

Je te retrouve à ton hôtel ?

OK.

OK.

- C'est vrai ce qu'on dit ? - Quoi donc ?

Que tu vas vendre ton hôtel ?

- Aïe ! - Pardon, je t'ai fait mal.

C'est rien.

Ça va.

Tu sais ce que tu veux faire après ?

Non, je sais pas.

De la boxe ?

Il est pas trop tard.

Ouais... C'est ridicule, je sais.

Non, non, c'est... c'est rafraîchissant.

Et sexy.

Excusez-nous, le restaurant est fermé.

Les cuisines sont en travaux.

Bon ben... le déjeuner, c'est râpé.

Non, je vais appeler un traiteur.

C'est pas ça. Tu pisses le sang. Il te faut des points.

Ah, merde !

Oh, le con.

Merci, tu m'aides vachement.

- Bouge pas, je t'enlève ça. - Arrête !

On va pas s'asseoir sur une campagne à 100 barres !

Arrête avec ton sécateur. Appelle Laura, plutôt.

- Qui ça ? - Laura.

- Connais pas. - Arrête.

Plutôt crever !

Dis donc. Elle est de garde, là, non ?

C'est plutôt à lui de m'appeler.

Tu le connais. Il ose pas.

Oui, je le connais. Ça a toujours été un gamin,

c'est insupportable.

- Il mérite pas de voir son petit-fils. - Allez...

C'était déjà pas un père...

- Aïe. - Pardon.

Ça va te faire une cicatrice.

C'est un garçon ?

Oui.

Il le sait ?

Non.

Bon, je vous laisse en famille.

Merci.

Tu nous mets dans la merde !

Tu sais combien ça coûte, un shooting comme aujourd'hui ?

Je leur dis quoi ?

- Je vais rattraper le coup. - Rien du tout !

Tu bouges pas d'ici.

Non, là,

c'est impossible. Ils sont repartis pour 3 mois de casting.

Ils prennent des photos pour l'assurance.

Manon.

Euh...

Tu m'en veux ?

C'est toi qui avais raison.

T'es pas vraiment fait pour ça.

Mais y a rien à regretter.

Alors ?

Alors on arrête tout.

Comment ça ?

- Qu'est-ce que tu veux dire ? - C'est fini, terminé...

On rentre chacun chez soi.

T'abandonnes ?

On était à ça !

Tu comprends pas que j'en ai rien à foutre de ces conneries ?

Ces conneries, c'est ma vie. Il me reste que ça.

Oh, eh ! Réveille-toi ! Tu t'es regardé, Denis ?

Tu seras jamais mannequin sénior.

Ah ouais ?

Ta gueule vaut plus que la mienne ?

Moi, au moins, je sais qui je suis.

Ça te ramènera pas ta femme.

Michel.

Michel !

C'est ça, casse-toi.

Si tu crois que j'ai besoin de toi pour ma carrière...

Et puis, des projets, il y en a ! C'est pas ce qui manque !

Demain, j'ai un gros, gros, gros rendez-vous.

Vous n'avez cotisé

à aucune caisse de retraite ?

J'en sais rien, moi.

Je suis restaurateur, pas comptable.

Le nom de votre restaurant ?

"Aux deux amis".

"Aux deux amis".

Ah, voilà.

C'est sûr que 5 mois de cotisations, pour faire les trimestres,

ça va être compliqué. Euh...

On va faire une simulation.

Oui.

97 euros par mois.

Je suis désolée.

Pas autant que moi.

97 balles par mois, vous trouvez ça décent ?

Vous pouvez demander la SPA.

Les animaux ?

L'allocation de solidarité aux personnes âgées.

Ah ouais ? Et pourquoi pas une carte "handicapé" aussi ?

Il y a le parking où vous êtes garés et là, le deuxième parking.

- C'est encore raccordé au désenfumage ? - C'est en cours.

Il y a 60 couverts si on veut pas être serré,

avec le buffet du petit-déjeuner là-bas.

Il y a cartes et clés ?

Les clés, c'est dans l'aile non refaite.

- Là, ça a été refait ? - Oui.

Oui, il y a...

Il y a à peine 10 ans.

C'est la suite avec la double terrasse.

L'exposition ?

- Nord. - Donc sur cour.

Voilà.

Je le prends.

- Il est libre quand ? - Tout de suite.

- Oui ? - Oui.

Et vos avis d'imposition ?

Je paie pas mes impôts en France, on se fait matraquer...

C'est un pied-à-terre ici, deux-trois jours par mois.

J'embêterai pas les voisins.

Vous faites quoi ?

Consulting international.

Ah oui. Chez Young, Young and Young.

Trois frères, grosse boîte canadienne. D'où les salaires en dollars.

Je vous laisse convertir.

Je vais les appeler. C'est plus simple, hein ?

C'est...

Je vous raccompagne ?

Attendez.

C'est plus le même chiffre.

Y a eu l'audit entretemps.

Votre établissement est très endetté, M. Mermoz.

Les investissements pour la rénovation sont importants.

Soyons très clairs. Cette offre, c'est à prendre ou à laisser.

Et pour le personnel ?

Sans garantie.

- Michel ? - Quitte pas.

Excusez-moi.

Il nous fait quoi ?

Il est à l'ouest.

Ou alors, il bluffe.

- Oui, Manon. - Je te dérange ?

Il bluffe, il bluffe.

Il fait semblant d'avoir un appel.

Le client a vu les photos de l'assurance,

ta cicatrice...

- Ils adorent. - Ah ouais ?

Le côté bad boy, Fight Club, c'est le petit truc qui leur manquait.

Il fait comme s'il allait réfléchir.

Je fais toujours ça avec ma femme.

OK.

Tu vois, c'est déjà fini.

Sourire. Sourire.

Messieurs.

Je vais être clair.

À ces conditions,

l'hôtel n'est plus à vendre.

C'est par là.

Je vous présente votre partenaire de jeu, Gotardo. Voilà.

- Ah ouais. - Il est beau, hein ?

Il a régulièrement des érections,

tu le prends pas pour toi.

- Tiens, viens... Comment il s'appelle ? - Michel.

Michel, viens.

- Vous avez pas chaud ? - Si.

- Si, j'ai chaud. T'as chaud ? - Euh, oui.

Oui, on a tous les deux chaud. On est dans le même corps.

On a très chaud, mais on va pas se plaindre.

D'accord ? Voilà.

Le brief.

T'es dans le désert,

mais un désert

un peu Harcourt, un peu...

chuinté.

Limite...

ambre.

Un désert sépia.

T'as compris ?

Ben ouais.

Je suis dans le désert.

Mais t'es un Touareg. Et les Touaregs, ça transpire pas.

OK.

Non, t'as pas compris. Si tu bois, tu transpires.

D'accord ? Allez, file.

Ben ouais.

OK, super.

Michel, c'est parti ! On y va !

Magnifique !

L'irréel du sublime.

Je veux pas voir une goutte de sueur !

On change de tenue !

Ça rajeunit un peu, ça.

Quoi ?

Magnifique !

Ouah !

C'est mieux comme ça, non ?

- C'est super. On en fait une dernière. - Encore ?

T'as ce qu'il faut, non ?

Oui, oui, c'est bien.

C'est bien.

Si je veux en faire une dernière, pourquoi je le ferais pas ?

C'est pas un modèle de 17 ans, il fait 50 degrés.

Manon,

moi aussi, je suis sous le cagnard,

qu'est-ce qu'il y a ? Tu protèges le cheval ou ton poulain ?

Michel, on s'en fait une dernière ?

Pour moi, pour nous.

Michel ?

Allez, on y va !

Profil droit.

Profil gauche. Non, l'autre gauche ! Tourbillonne !

Souris !

Michel, est-ce que tout va bien ?

Michel ?

Michel ? Michel ?

Ouh là là, Michel !

Tu déconnes là, mon pote.

Jean-Claude ?

Ben oui, c'est moi.

Qu'est-ce que tu fous là ?

C'est à toi qu'il faut demander ça.

Faire le cintre dans le désert.

Franchement, t'as pas d'autres rêves ?

La vie est courte, Michel.

Crois-moi.

Michel ?

Michel ?

Michel ?

Je crois qu'on l'a perdu.

Mais il va où, là ?

- C'est de l'autre côté, les loges. - Putain.

Sylvie ?

T'as plus l'âge d'escalader, Michel.

Et ma chambre n'est plus là-haut.

T'es pas à l'autre bout du monde ?

Je suis revenu vendre l'hôtel.

Tu avais raison.

Perdre sa vie à la gagner...

Surtout quand on n'en a plus besoin, c'est con.

Pas de regret ?

Aucun.

Et ils ont repris le personnel.

Et justement...

Le cuisinier est bon, je le connais bien.

Donc je me disais que peut-être on pourrait...

Je dérange peut-être ?

Pas du tout.

Camille, mon fils.

Ah.

Michel, un ami d'enfance.

- Bonjour. - Bonjour, au revoir. J'ai un avion.

T'as 2 minutes ?

The taxi's here.

You know, they're picky on the time.

Love you.

- Au revoir. - Au revoir.

Ah, il est...

bilingue.

- Tu veux m'inviter à déjeuner ? - Oui.

Tu veux pas entrer ?

OK.

Elle est jolie, cette cicatrice, finalement.

Il paraît.

Mon poto.

Comme t'es beau.

Voilà.

Ça va me faire du bien, ces vacances.

Ouais.

Tu vas voir. Tu vas être bien dans la maison.

Ah oui.

Vous partez combien de temps en Espagne ?

3 semaines.

Ah ouais ? C'est tout ? Pourquoi vous partez pas plus ?

Enfin, la retraite... Faut profiter de la retraite.

T'as pas mis la maison de Sylvie sur Airbnb ?

T'es malade. Jamais je ferais ça.

Si.

- Donc plus, c'est pas possible ? - Non !

- Merci, Isabelle. - Avec plaisir, M. Mermoz.

- Y a 30 ans, c'était nous, les glaces. - 50.

40.

Comme tu veux, Denis.

- Alors fais voir. - Alors voilà. Comment ça marche ?

Attends.

Voilà, je connais là.

Regarde la classe du bonhomme.

C'est ça le futur, mon pote.

C'est ton futur, surtout.

Je l'ai inscrit dans deux agences.

T'en parles pas à Laura, on est sur un gros coup.

Denis.

Attends, t'as vu la beauté du bordel ?

Bon, on va pas tarder. Sylvie nous attend pour l'apéro.

Attends. En plus, elles sont bonnes. Ils doivent se faire des couilles en or.

Imagine si on avait une affaire comme ça.

Je croyais que tu voulais plus travailler.

Je te parle pas de travailler, mais d'investir.

Ah oui, investir. C'est-à-dire qu'en ce moment...

je suis dans un creux, entre deux contrats.

Et avec ma retraite...

Mais c'est un peu grâce à toi, si j'ai pris ma retraite.

Alors ce serait normal que t'en profites.

- Quoi ? Tu veux dire que... - Ben que...

Que j'ai investi pour nous deux.

Regarde.

Et vendre des glaces sur la plage, c'est ton idée.

Ouais.

Oh, putain. C'est pas possible.

C'est pas possible !

Sous-titrage : EVA France ST'501

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