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Approchez -vous du feu, monsieur Schwarzenberg, il fait froid. Merci d
très gentil.
Du champagne ? Merci.
J 'en veux bien aussi.
Pas toi, j 'ai pas envie.
Quelque chose que je n 'ai pas oublié, John.
Tu trouves que je bois trop ? Un peu.
M 'en sors jamais.
C 'est qui, François ? François, c 'est un mec.
C 'est bien, vous savez, qu 'en Autriche, avant la guerre, l
mathématiques était l 'un des meilleurs au monde.
Monsieur Schwarzbach, vous oubliez que j 'étais votre élève et que cette phrase,
vous la répétiez à chaque début de semaine.
Il n 'y avait pas que la psychanalyse. Et vous ajoutiez que c 'est à Vienne que
Gödel a publié son théorème avant de devoir fuir.
Il n 'y a pas de musique.
Et Taubier, c 'est son dernier trou.
Ah oui, bien sûr.
Pour moi, c 'est l 'un des meilleurs.
Après vous, bien sûr.
Même si vos discours... Il est beau ce smoking, tu l 'as acheté où ? Dans une
boutique, au centre.
C 'est joli.
C 'est joli la taille super dessinée comme ça.
Pourtant, c 'est un smoking d 'homme.
Je ne sais pas.
Combien de fois ? C 'est -à -dire que la vitesse avec laquelle M.
Taubier résolvait un problème était absolument extraordinaire.
Nous -mêmes avions du mal à le suivre.
Et vous, les étudiants, vous arriviez à le suivre ? Et ton mari, Léo ? Pas
toujours. Nadia, peut -être, avec plus de facilité que les autres.
C 'est beau, c 'est très bien.
Toi, tu es bien ? Oui, ça avance.
Tu ne vas pas me parler de travail.
Je voulais juste savoir si ça a marché pour toi.
Tu sais, je ne suis pas une très bonne femme d 'affaires. Alors, que ça marche
ou que ça ne marche pas, moi, je n 'en ai rien à foutre.
Entre nous, tu es vraiment à l 'ouest.
Champagne ? Oui, c 'est bien.
Tout en arrière.
Monsieur Schwarz, boire du champagne ? Poste.
Santé.
Pierre,
tu peux aller chercher du pot, s 'il te plaît ?
Par exemple, dire qu 'une formule de nombre de Gödel G1 contient la formule
nombre de Gödel G2 revient plus ou moins avec la méthode de Gödel
G2 étant diviseur de G1. C 'est une propriété arithmétique. Non, on ne va
parler de maths. Ça va ennuyer Pierre.
Non, ça va.
Ça m 'intéresse.
Ça veut dire qu 'il existe des vérités mathématiques qu 'il est impossible de
démontrer ou de nier.
Des faits qui échappent à notre capacité de démonstration.
Quelque chose qui nous échappe, quelque chose qui est à la fois vrai et faux.
Ratinant de savoir qu 'on ne comprendra jamais.
Il existe des vérités qu 'il est impossible de démontrer ou de nier.
C 'est vrai aussi en amour ? Oui, c 'est intéressant mais ça n 'a rien à voir.
Gödel était presque malade mental à la fin de sa vie, non ? Oui, plus ou moins.
Aux Etats -Unis, Einstein s 'occupait beaucoup de Gödel.
J 'ai essayé ma vie de marchand, main dans la main, dans le parc de l
'université de Princeton.
Einstein le voyait presque tous les jours.
Ça apaisait que d 'elle.
La semaine dernière, un mec m 'a dit, je vais t 'apaiser.
J 'étais why not, j 'étais complètement bourré.
Il n 'a rien dit d 'autre. Il était hyper sexy, un peu brutal.
J 'ai quand même le droit de raconter mes histoires. Est -ce que je dois en
de quoi ? Le temps existe -t -il vraiment ?
Alors, il était sec.
Tu vois le genre que j 'aime ? Grand, dangereux, look serial killer, 2 mètres.
Il était intéressant, moi.
Je dois t 'avouer qu 'on n 'a pas parlé de Kierkegaard.
D 'ailleurs, on n 'a pas parlé du tout.
J 'aime bien tes amis.
Oui, j 'ai vu.
C 'est pas la peine d 'être timide.
Tu trouves que je suis trop timide ? Non, je ne suis pas très bien.
Oui, oui, oui. C 'est bon ? Ah non, on ne va pas parler de météo. Vraiment ?
Oui, oui.
13 ans.
3 ans. 3 ans. Oui, oui.
Quand même.
Je voudrais vous dire ce que j 'ai pensé cet après -midi.
Et ce que les jeunes ne comprennent jamais.
C 'est que les mathématiques sont une organisation du monde.
Ranger ma chambre, c 'est faire des mathématiques.
Laver ma salle de bain, c 'est faire des mathématiques.
Sans les mathématiques, je ne serais qu 'un fluide qui ne suffit nulle part.
Je voudrais arriver à exprimer cela parfaitement.
La beauté réside dans l 'ordre.
Les mathématiques sont en fond des sciences qui ont pour objet la quantité
'ordre.
Ce qui est bien quand on fait des mathématiques si on n 'a pas besoin
'en parler pour en faire.
On fait de l 'ordre sans utiliser les mots, n 'est -ce pas ? Au fond, les
c 'est déjà le désordre.
Gloria, plus fort.
Pour synthèse, je vais conseiller à Nadia de passer un semestre à Vienne.
Là, il n 'y en a plus.
Mais elle n 'est jamais partie.
Je ne vois pas pourquoi ici on m 'appelle du jour, monsieur.
Avec plaisir, jeune monsieur.
Merci.
Oui, merci.
T 'as grandi depuis la dernière fois, t 'as quel âge ? 17 ans.
Tu me passes une cigarette, s 'il te plaît ? Du champagne, du champagne !
mais tranquille !
Alors,
on m 'a dit donc.
On peut pas les briser ?
... ... ... ...
... ... ...
A ce soir.
Bonne journée, Pierre.
Ciao.
Tu m 'attends là, je fais des cigarettes.
On me lâche plus vite ? Ouais.
C 'est très beau.
C 'est une façon.
Non, non, tu verras.
Tu sens ? Il y a une cave à vin, là.
Tu les connais ? Oui, quand j 'étais étudiante, j 'arrosais leurs plantes. C
'est à peu près l 'activité que j 'étesse le plus au monde.
La dame, elle me laissait sur une feuille les doses exactes que je devais
pour chaque plante. Je les arrosais avec un doseur.
Moi, j 'aimais bien remarquer cette précision -là.
Mais le premier truc qu 'elle m 'a dit, c 'est surtout pas ma sorte, c 'est son
canapé en cuir blanc.
Regarde s 'il est toujours là.
Canapé blanc.
Il y a quelque chose ? Non.
Si, regarde.
Ah si, il y a un canapé blanc. Il est toujours.
Attends, défend -moi, il a peut -être peur.
Et alors ? Et alors, j 'ai pétiné son canapé.
Qu 'est -ce que t 'as fait hier soir ? J 'ai fait la folle avec John.
Il est allé en boîte.
J 'ai négrosé.
Quoi ? En tout cas, qu 'est -ce qui danse bien, c 'est d 'avoir un lien.
Bien.
Travaille bien, parce que t 'es en or.
Viens.
Les gens marchent n 'importe comment.
Ils n 'ont pas le bon rythme.
Ou pas.
Ils marchent trop lentement.
Garde -lui, ralentis sa femme, elle voudrait marcher plus vite et il se
derrière sans raison.
Peut -être qu 'il vient me faire pipi, je vais lui demander.
C 'est vrai que non.
Ils ne vont pas comprendre.
Vous êtes perdu.
Je n 'aime pas les gens qui n 'ont pas le sens de l 'orientation. Moi non plus.
Il serait nombreux.
Qu 'est -ce que tu as ? J 'ai un trouble dans le... Montre.
Je vois rien.
Qu 'est -ce que t 'as pour Edith ? Je m 'étonne aussi.
Oui, il faut que je rentre, il faut que j 'aille travailler.
Tu peux venir avec toi ? Non, j 'ai du travail.
Ouais, c 'est moi.
J 'arrive dans trois minutes.
À tout de suite.
Walter, vous lui achetez un appartement ici, mais il n 'a pas fait.
Pourquoi ? J 'ai pas envie d 'en parler.
Viens, on accélère.
Ah oui, c 'est une clope.
C 'est parti le plus bel endroit du monde.
Tu penses ? J 'en suis certaine.
Walter t 'aimait beaucoup quand t 'étais petit.
Tous les vendredis, il venait te chercher pour aller au cinéma. Moi, je
de vous récupérer à la sortie.
Pour rien au monde, il aurait raté son démon.
Ouais.
Tu m 'as jamais vraiment dit pourquoi vous vous êtes quitté ? Je sais pas
Sûrement parce que je pouvais pas rester éternellement avec la même personne.
Surtout toi qui as fini si on prit chien.
La vraie tristesse, c 'est de ne plus rien sentir.
Même plus me souvenir des sentiments que j 'ai eus pour lui.
Il te manque ?
Non, t 'es là.
Ouais.
On va où ? Tu dois rentrer.
Tiens, tu fais quoi là ? Tu entres ?
Non, je dois faire un truc.
Il n 'y a aucun fil avec nous.
J 'y vais.
À demain.
Oui, c 'est moi.
Oui.
Dans 30 minutes.
C 'est vraiment le programme, on ne va plus au parc.
Samir, il m 'a prêté son MSS.
C 'est qui Samir ? Je ne sais pas.
Sous -titrage ST'
501
C 'est quoi ?
Merci. Il te va bien ? Tiens.
Il t 'est arrivé que M.
Schwarzberg menaçait en plein milieu d 'une démonstration, ce n 'était pas la
fin.
C 'est pas une blague, mais on riait quand même.
Ils étaient des fenêtres arrêtées subitement, ça, par ces mathématiques.
Une réussite incontrôlable.
Tiens, prenez son poids comme si de rien n 'était, mais nous on pensait qu 'à la
fenêtre.
C 'est pas la mise en scène, évitez vraiment.
Vous doutez de quoi ? Des mathématiques.
Ça, il ne me l 'a jamais avoué.
Un grand professeur.
Qu 'est -ce qui s 'est passé ? Rien.
C 'est là ? Oui, moyen. Hein ? Hein ?
Oui, mieux.
C 'est là ?
Tiens,
c 'est là.
Au plus haut du vide.
Très bon choix, Pierre. Tu sais de plus en plus ce qui me va.
C 'est trop joli.
C 'est chanel.
Non, chanel.
C 'est dit, c 'est un Laurent.
Je suis désolée, je ne peux pas t 'amener au dîner de Schwartzberg.
Quelle heure il est ? Je devrais y aller.
Ok, j 'ai compris.
J 'y vais.
À demain.
T 'as bien dormi ? Oui, et toi ? J 'ai eu tard.
Qu 'est -ce que tu fais aujourd 'hui ? Maman !
Comme tous les samedis, je vois Nadia.
Tu viens, Clara, on va s 'allier.
Ouais, c 'est Pierre.
J 'arrive d 'en entendre.
À tout de suite.
Tu préfères pas passer du temps avec des amis que plutôt toujours avec ta tante
? Pierre ?
Ici,
la Garonne est très large, 520 mètres.
Sa profondeur est de 13 mètres.
Elle coule sur un état d 'élevage sans consistance.
Sans qu 'elle se remanie par les courants de marée.
On va où ? Je ne sais rien.
Bonjour Nadia.
Qu 'est -ce que je vous sers ? Un verre de minéral.
Qu 'est -ce que je vous sers ? Non, pas un verre de minéral, un verre de
bourrée.
Moi, je vais prendre par ailleurs.
C 'est sûr ? Si tu veux.
Alors, deux verres de bourrée, s 'il te plaît.
C 'est quoi, monsieur, là -bas ? T 'appelles Nicolas ? Quoi ? Non, pas
Je suis
professeur
de linguistique.
On parle quatre langues, mais je crois que tes amis te veulent un petit peu
embrouiller.
Un jour, devant les étudiants, il rentre dans l 'amphithéâtre et il se met à
parler anglais, comme ça, pendant 20 minutes.
J 'ai raison.
Il a fallu que les étudiants l 'arrêtent et lui rappellent qu 'il parlait
anglais.
C 'est ce qu 'il faisait, mais il savait plus comment.
Il allait vraiment donner un cours de linguistique, mais pas dans la bonne
langue.
Tu comprends ce que je veux dire ? Et lui, là -bas, il a une tête de tueur
? Oui, il s 'appelle Serge.
59 ans, après -retraite, la chose n 'a pas fait.
Pourquoi ? Regarde -le.
Très beau quand il travaillait.
Il faisait déjà beaucoup, mais il faisait très beau.
Il faisait quoi ? Je ne sais pas vraiment, mais en plein air.
L 'idéal pour lui qui n 'a pas fait tout son temps à boire le week -end à l
'intérieur.
Tu me sers un mot de verre ? Tu veux une pâtisserie ? Non, merci.
Walter ne m 'a jamais trahi, lui.
Je sais.
Les parents de John habitent dans une très grande villa avec sauna et piscine.
Un peu comme celle que je t 'ai montrée cet après -midi.
Un après -midi, le week -end, Walter et moi avons fait l 'amour dans ces saunas.
John et Alexandra, qui c 'est ma copine, qui est installée maintenant à Florent,
ils étaient dans le salon. Ils se saoulaient, eux, en buvant du martini.
Et nous, on se saoulait en buvant du vin blanc.
Il faisait très chaud, évidemment, dans le sauna. On était un peu ivres, on ne
se connaissait pas très bien.
Mais Walter était beau, très beau.
Il avait un très fort mais très doux accent allemand.
Et là, d 'un seul coup quelconque, j 'ai renversé la bouteille de vin blanc dans
le sauna.
Ça sentait mauvais, mais c 'était bien.
Tu comprends ? Il y avait du vin partout sur nos corps, le vin qui se vaporise,
et là, il m 'a dit qu 'il m 'aimait.
On était tous les deux dans le sauna, dans la maison des parents de John, et
il m 'a dit qu 'il m 'aime.
Mon ennemi, il bande, et pendant que j 'étais sur lui, il propose de venir en
vacances dans le petit village de ses parents en Autriche. Alors j 'ai
et j 'ai dit oui.
C 'était beau, la montagne, n 'est -ce pas ? Mais tu m 'as toujours dit que t
'étais le mieux parti.
Oui, t 'as raison.
T 'as raison.
On ferme.
Monsieur, ce vin blanc est imbuvable. C 'est dégueulasse de votre part de nous
servir une piquette pareille.
Tu m 'as dit vin blanc ? Oui. C 'est des bains, pas du tout ? Pas du tout.
Bien joué ou non ? Non, ça va.
Ok.
Ouais, c 'est bon.
T 'as passé une bonne journée ? Pas tout à fait.
T 'as envie que je te rappelle ? Ouais, moi aussi, je suis fatigué, mais je peux
pas dormir.
Non, j 'ai rien à dire de spécial.
Bonne nuit.
Excuse -moi d 'avoir appelé un peu tard.
Je peux t 'appeler demain ?
T 'es allé au parc cet après -midi ? Bon ok, je t 'appelle demain alors.
Bonne nuit.
Après le lycée, j 'étais avec des amis.
Bon ok, ouais.
Bonne nuit Nadia.
Hier, j 'étais dans un bar avec des amis.
C 'était moyen drôle.
Le mec jouait au billard et les filles parlaient de mec.
Des amis ? Ouais, en plus ou moins.
Hier après -midi, ta mère m 'a appelée.
Elle m 'a demandé de moins te voir.
T 'es encore un enfant, il fallait que je te laisse tranquille.
Je pense pas que je te fasse du mal.
Tu peux voir d 'autres amis, non ? Elle m 'a aussi parlé d 'une cure dans les
Pyrénées.
À vrai dire, ça m 'a touché, cette nouvelle cure.
Elle abandonne jamais ta mère, elle est trop forte.
Je voudrais que j 'y aille, mais elle ne peut pas me forcer.
Peut -être qu 'elle ne me supporte plus.
Elle t 'aime beaucoup.
Ce qui était alors qu 'on s 'aime, tu connais pas encore ça toi Pierre ? Qu
-ce que tu veux dire ? C 'est qu 'on chie.
Tu vas pas partir non ? T 'as pas besoin de cuire.
Non bien sûr, j 'ai trop de travail pour partir en vacances.
Je peux venir avec toi ce soir ? Si tu veux mais dis pas ta mère.
Qu 'est -ce qu 'il y a ? Je suis content d 'être là avec toi.
Tu sers quoi ? Un verre de vin blanc.
Et toi ? Un Campari. Un Campari.
Ils sont mal polis ici, mais ça fait partie de leur charme.
Voilà, ma belle.
Je te présente Samir, un très bon ami à moi.
Merci pour les verres.
C 'est un plaisir, Nadia.
Bonsoir. Bonjour.
Je peux me prêter un peu d 'argent ?
Tu peux aller t 'asseoir ailleurs.
Tu me présentes le jeune homme ? Tu nous laisses s 'il te plaît, on se verra
plus tard.
Tu me présentes... Tu nous laisses s 'il te plaît, on se verra plus tard.
J 'aime bien quand t 'es sévère comme ça.
Il est ridicule, non ? J 'ai promis à ta mère.
Qu 'est -ce que t 'as promis ?
Ils sont dangereux, ces gens.
Il est dans les mathématiques aussi ? Non.
Mais il n 'a pas l 'air très dangereux.
Si, extrêmement.
Je l 'aime et je le hais.
Je le méprise et je le respecte.
Il me fait rire, il me fait honte, il est ridicule.
Il m 'écoute, mais il m 'entend pas.
Ça a l 'air de rien, mais je t 'assure que c 'est beaucoup.
Tu crois que j 'exagère comme ça en me méfiant autant des gens ? Au contraire,
je me méfie jamais assez.
Et on se rend compte de l 'incroyable injustice et l 'inhumanité de l
quand on pose une mesure.
Avec Samir, j 'arrive jamais à poser une mesure.
Oui, c 'est exactement ça.
Peut -être que je devrais moins le voir, mais il est toujours là où je suis.
Un soir, je lui ai dit qu 'il était possible d 'éprouver un plaisir
la vue d 'un raisonnement mathématique.
Que les mathématiques, elles étaient belles et insignifiantes à la fois.
Et pour s 'en persuader, il suffit de comparer le décalage entre la
contemplation des vérités et le traitement qu 'on fait aux ouvriers de
Airbus.
Mais il n 'a pas compris.
Toi, tu m 'entends, mais tu ne m 'écoutes pas.
Tu sens, mais tu ne me comprends pas non plus.
C 'est la puberté, le drame est dans la tête.
Un mot après l 'autre.
Aujourd 'hui, aujourd 'hui, aujourd 'hui, demain, demain. Voilà ce que
les gens paresseux.
Des gens, hier, hier, aujourd 'hui, demain, demain soir, après -demain.
Des gens, des gens paresseux, n 'est -ce pas ? Les hommes sages, les hommes pas
sages. Fini, fin, n 'est -ce pas ? Isaïe se dépêche. Les dimanches après -midi
vont se promener. Les promenades du dimanche après -midi, c 'est ce que nous
faisons aussi, Pierre, n 'est -ce pas ? On leur fout des coups de pied.
La cravache s 'abat sur l 'objet.
Elle est belle, la cravache, tu vois, Pierre.
Comme les gens ici même se cravachent, ils pensent qu 'ils se parlent, mais au
fond, ils se cravachent, n 'est -ce pas ? Ils se cravachent sur les bouches.
Ça, c 'est parler.
Les gens, les bouches pleines de gens, n 'est -ce pas, Pierre ? Je place un mot
après l 'autre, un coup de cravache après l 'autre.
Je ne me rends pas toujours compte que la suite ne mène nulle part et s
'effondre soudainement.
Toi, accompagne.
C 'est bon, allez, c 'est bon.
Je vais monter avec toi.
... ... ... ...
Ça va Nadia ? Ouais, très bien, pourquoi ? Je demande, c 'est tout.
T 'as une bizarre façon de demander.
Je m 'inquiète un peu pour toi.
C 'est chiant.
Je préférais que tu la voies moins souvent.
T 'en penses quoi ? Je sais ce qui te plaît chez elle, mais je pense que son
originalité est un leurre.
J 'ai compris ça il y a longtemps.
Je téléphone de temps en temps, mais je la vois plus.
J 'ai pris mes distances.
Ça sert à rien de la voir.
Ça l 'aide pas, tu comprends ? Arrête.
Nadia n 'a pas de problème.
Je compatis avec tous ceux qui ont peur.
Moi -même, j 'ai souvent peur.
Quand j 'ai peur, je deviens furieuse contre moi -même.
Et ça, c 'est très dangereux d 'être furieux contre soi -même.
Celle -là, t 'aimes bien ?
Non, je la trouve moche.
On va où, toi ? Tu verras.
Je me change pas, j 'y vais comme ça.
Sous -titrage ST'
501
Mr Driver !
Je ne sais pas, vraiment.
Excusez -moi.
Vous pouvez nous ramener ? Non.
Excusez -moi.
Vous pouvez nous ramener ?
Les taxis sont là -bas.
C 'est fait ? Oui.
Vas -y Julien, tu peux y aller.
C 'est vrai.
Mais qu 'est -ce qui s 'est passé, Nadia ? C 'est arrivé hier soir ? Oui.
J 'aurais dû... Ça va, Pierre.
Tu peux me dire ce qui s 'est passé ? Viens, je suis tombée, c 'est tout.
J 'imagine que vous avez passé la soirée ensemble ? Non, pas vraiment.
Pierre m 'a raccompagnée, il est monté, il est reparti, voilà, j 'ai ouvert le
crâne bêtement.
Vas -y, ta mère t 'attend.
Tu ne connaissais pas ce chemin ? J 'espère que si.
Peut -être que ça fait encore mal ? Non, ça va.
T
'es
arrivé en retard ? Je m 'excuse.
Je dois rentrer, tu passes ? Non, tu pars.
Tu t 'appelles comment ? Pierre.
Tu descends où ? Au plateau du palais.
Moi, je m 'appelle Fabrice.
T 'as quel âge ? 26 ans.
Tu veux mon numéro ? Ouais, pourquoi pas.
Tu fais quoi samedi ? Ben rien.
Ouais,
ok.
Merci. C 'est un numéro.
Je descends là.
À samedi ? Ok, ben d 'accord. 14h ? Ouais. Vas -y pas aller. Vas -y pas
Ciao.
On va au café, là ? Ouais, ouais, ouais. Toi, tu m 'attends deux secondes, je
passe le coup de fil. Ok, d 'accord.
Ouais, Nadia, c 'est moi.
Qu 'est -ce que tu dis ? Il faut que je vienne aussi ? Bah si, je devais aller
avec des potes, là.
On y vient à quelle heure ?
Ok, j 'arrive.
Victor, allez sur moi, je dois faire un autre truc.
Ok, d 'accord.
Je vous
présente,
Pierre Samir.
Nous nous sommes déjà rencontrés.
Ah bon ? Oui. Je ne me souviens pas.
Viens, assieds -toi là.
Tu veux que je t 'aide ? T 'as encore mal ? À l 'occasion, j 'ai fait du
j 'ai passé l 'aspirateur, j 'ai fait des vitres, mais je n 'ai pas fait les
courses, donc j 'ai commandé des pizzas, ça va ? Très bien.
Ne t 'inquiète pas, c 'est très bien.
Je vais te faire du vin.
Avec plaisir.
Seigneur, tu peux venir ?
Voilà,
les
jeunes.
A bientôt, merci.
Elles sont bonnes, ces pizzas, non ? Elles sont pas bonnes, mais vous êtes
bien élevées, c 'est tout.
La mienne, elle est dégueulasse, celle au poivron vert.
La mienne, elle est bien endroit.
Et qui les a choisies ? Moi.
Je pensais bien faire, j 'ai pas réussi.
On s 'en fout.
Pas tout à fait, j 'en ai un, mais j 'ai arrêté. Plus, j 'ai l 'air d 'être
élevé, mieux choisi.
Sérieux ? Non.
Il suffit, j 'en veux pas. Oui, c 'est sûr.
Samir peut être terrible défunt.
Ah oui.
En tout cas, vous avez une super belle façon de servir eux.
Votre couvert ? Non, je t 'en prie, c 'est juste toi.
C 'est bon.
Mais il est très raffiné. Quand j 'étais enfant, pendant les réunions de Samir,
il déguisait avec les vêtements de sa mère.
Vous déguisiez en quoi ? En modeste de l 'air, en général.
C 'est pas vrai ? Venez avec moi.
Montrez -moi ce que vous aimez comme robe.
J 'aime beaucoup celle -là.
Celle -là, j 'aime moins.
Moi, ce que je préfère, ce sont les noms.
Chanel, Dior, Banshee, Ongaro.
Je ne les confonds pas.
C 'est bien, il y en avait beaucoup plus la dernière fois.
Ils ont disparu ? Pas.
Celle -là lui va super bien.
Oui, c 'est vrai.
C 'est parce qu 'il faudrait que votre temps...
Est -ce que t 'es belle comme ça ?
Tu l 'aimes ? J 'ai choisi pour toi.
Il est bon, tu l 'as acheté où ? Chez Max.
Vous allez parler de quoi dans ma chambre ? De tes robes.
Il en manque pas mal.
Les robes, c 'est encore des mathématiques.
Et toi, tu parlais à qui ? Je dis toute seule, je parlais à mon mère.
Tu t 'aimes une pâte à pizza ? Non.
J 'aime bien les jumeaux si c 'est mes pâtes le ventre.
Pourquoi tu t 'aimes une pâte à pizza ? Ça va pas s 'annuler.
Qu 'est -ce que tu veux dire ? Je ne supporte pas que tu m 'ordonnes quoi que
soit. Alors tu fermes ta gueule sinon tu finiras la rue tout seul comme un con.
Ne parle pas comme ça.
Je ne te parle pas comme ça, je suis une femme indépendante et personne n 'a le
droit de me dire quel mot j 'ai le droit éventuellement d 'utiliser.
Tu aurais dû m 'inviter sur un débat au lieu de m 'en aller, il y a des trucs à
dire.
Tu veux terminer ma pizza ? Non merci, ça ira.
Elles te vont vraiment bien ces chaussures, tu sais.
Merci.
Tu te déguises souvent ? Non, jamais.
Tu fais quoi dans la vie ? Je suis à la retraite.
Tu vas
où
? Je rentre chez moi.
Je vois un ami.
Oui, Nadia.
Dans un parc, je ne sais pas.
Ok, dans un parc.
Pourquoi tu as mis tellement de temps ? Je fais des courses pour toi.
De toute façon, j 'ai quelque chose à me dire.
C 'est peut
-être pour ça qu 'on se voit moins quand on est presque tous.
Nadia, tu veux quoi ? Rien.
Rien ? Non.
Une vodka fraîche pour le jeune, s 'il te plaît.
C 'est très bien qu 'on parte à Florence voir Alexandre, hein ? C 'est très bien
? On se
rend de plus en plus au John Crawford.
Qui John Crawford ? Une actrice morte depuis longtemps qui avait la plus belle
démarche du monde.
Viens danser avec moi.
Vous aimez tant tous les deux.
C 'est un propre nom ce soir.
Les gens dansent bien.
C 'est bien les gens bouger.
Bon, est -ce que tu trouves qu 'ils dansent bien ce soir ?
Je te présente Fabrice.
Et maintenant, mesdames et messieurs, s 'il vous plaît, bienvenue à Jordan
Crawford.
I can show you I never, I never had a doubt.
You were my gasoline.
White wine and sleeping pills.
Sous -titrage ST'
501
C 'était parfait sur deux toits.
Vous m 'avez dit quoi ? Je préfère l 'autre côté.
Je vais dormir chez toi.
Tu veux pas rester encore un peu ? Non, mais reste si tu veux.
Voilà.
Au revoir.
Qu 'est -ce que c 'est ?
Vous en faites des oeuvres.
Tu ne veux pas dormir avec moi ?
Qu 'est -ce que tu fais cet après -midi ? Tu vois Nadia ? Non.
Je vois un ami.
Un peu pas.
Un peu pas.
On va marcher ? Non, j 'ai pas envie.
Je me dis même que tu m 'as pas appelé.
Tu veux une banane ? Non.
T 'es venu me chercher pour dire quelque chose ? Non, juste comme ça.
Si t 'as quelque chose à dire, vas -y, dis -le.
Mais non, y 'a rien. C 'est toi qui m 'as demandé de venir.
Oui, ça fait dix jours que t 'as pas appelé.
T 'as rien à me dire ? Non, j 'avais rien à te dire.
T 'as rien à me dire ? Non, je voulais juste faire un tour avec toi.
Et tout ça, ça me stresse.
Qu 'est -ce que tu comprends ? Qu 'est -ce que tu comprends ? Tu réfléchis
vraiment.
Qu 'est -ce qui me stresse ? Tu réfléchis assez fort chez toi.
Bon, qu 'est -ce que tu veux dire, là ? Juste que je comprends pourquoi tu es
ici.
C 'est pas ? Rien. Ça va pas ? Rien, je sais pas ce que ça représente.
Déjà tellement de choses, elle me représente. Tourne la tête ! T 'as pas
chose à faire que de te promener avec moi ? T 'as pas d 'autres gens à voir ?
Qu 'est -ce que tu dis ? Ça
va
? Ça
dérange.
Les épicatures, elles viennent quand elles n 'intéressent plus personne et qu
'elles ne veulent plus rien dire. Tu me fous de me dire ? Excuse -moi, j 'ai
besoin de toi.
Tu bois à cause de toi ? Comment tu peux dire ça ? Excuse -moi.
J 'ai les résultats de votre biopsie de foie qui confirment un peu ce qu 'on
craignait et ce dont j 'avais commencé à vous parler.
La biopsie montre que votre foie est sévèrement atteint et qu 'en fait, vous
avez une cirrhose.
Et c 'est d 'autant plus grave que vous avez déjà remis du sang.
Si vous continuez à boire, c 'est grave parce que la cirrhose est mortelle.
Par contre, si vous réussissez à vous suivre, c 'est -à -dire à arrêter de
de façon définitive, vous pouvez continuer à vivre en ayant une vie quasi
normale.
Je sais, c 'est plus facile à dire qu 'à faire.
Vous buvez toujours quotidiennement ? Je peux pas dire que je bois pas, je fais
que ça.
Comme vos analyses sont très perturbées, on va faire d 'autres prises de temps
pour compléter un petit peu votre bilan hépatique.
Ça met du temps ? La journée.
Vous voulez contacter quelqu 'un ? Non.
Tu peux réfléchir ? Je vous en prie.
Tu peux la réfléchir dans celle d 'attendre ?
Prenez votre temps.
Je suis là, je ne bouge pas.
Viens, on marche.
Il fait froid.
Je peux pas, j 'ai mal.
T 'es allée voir quelqu 'un ? Non.
Je comprends pas comment des enfants supportent d 'être avec autant d
Nadia, j 'ai quelque chose à te dire.
Il va falloir que tu te prennes en main.
Oui, je sais.
Le chaos a tout envahi, c 'est glissé là dans le cerveau, c 'est un constat
terrible.
T 'es une femme alcoolique ? J 'ai envie de partir loin.
Dans une région plus aérée et moins plane.
Ce parc est affreux.
Tu veux partir où ? En Autriche, ta mère a trouvé une cure.
Je vais la faire pour toi.
Non.
Je te rendrai visite.
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Nadia ? Tu viens m 'aider ?
Tu vois cette montagne ? Ça permet qu 'une mine à 1523 mètres.
Je suis là 2007.
Je suis là 2023.
Tu connais leurs noms ? Oui.
Zorbenstein, Hax, Schneeberg.
J 'ai acheté une carte.
Tu vas bien ? Ça se voit.
C 'est le plus bel endroit du monde.
T 'as l 'air fort.
En forme.
Tu parles comme ta mère, en forme.
Oui, depuis que t 'es partie, je parle comme maman.
Toi aussi, t 'as l 'air en forme.
Tu te promènes souvent ici ? Ne me regarde pas comme ça, je me sens moins
maintenant.
Viens, on va faire un tour.
On ne peut pas sortir du domaine.
Je comprends, mais je veux t 'aller me balader.
Comme tu peux le remarquer, ils ont une manière très différente d 'organiser
leur parc.
Ça doit être à cause de leurs sapins. Les sapins autrichiens sont très
différents des sapins français.
Oui, je vois.
Viens, on marche moins vite.
Tu vois ce trou -là ? C 'est facile, paraît qu 'il s 'enfuie, il ne suffit
'avoir un gros cul.
Tu entends ? Je ne sais pas.
Bon, moi j 'ai un petit cul.
Viens.
Je présente le directeur, il parle français.
Je présente mon neveu, Pierre. Il a resté quelques jours avec nous.
Quelle bonne nouvelle.
Bienvenue. C 'est toujours bien d 'avoir de la visite.
Quel est encore votre prénom ? Pierre.
Alors ?
Inge,
je présente mon neveu, Pierre.
Bonjour, Pierre.
Bonjour, bienvenue à Saint -Marie. Bonjour.
J 'adore le point d 'air.
Je vais présenter Pierre, mon ami.
Il a un bon visage.
C 'est bien de voir quelqu 'un qui vient de l 'extérieur.
Bonjour, Pierre.
Bonjour, Pierre.
Il a un très bon visage.
Oui, il est très intelligent.
Il comprend tout rapidement.
C 'est la deuxième fois qu 'il vient à l 'Australie.
L 'Australie.
Tu l 'apprécie comme une ancienne.
Tu viens d 'Australie ? Oui.
On devrait y aller, ne pas -t -on ? Oui, on doit y aller.
Qu 'est -ce qu 'il y a ? Qu 'est -ce qu 'il y a ? Qu 'est -ce qu 'il y a ?
ça te plaît ici, t 'es bien installé ? ouais super
Tu sais, j 'ai croisé John.
Arrête, ça ne m 'intéresse pas.
Je suis désolée, Pierre, je n 'ai pas envie d 'en parler.
Je comprends.
Ici, je respire.
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T 'as l 'air, c 'est bien.
J 'adore l 'Autriche pour ça, tout le monde est toujours à l 'heure, donc on n
'a plus le temps de boire.
T 'as raison, c 'est une bonne méthode.
T 'as l 'air, c 'est bien, madame.
Garçon, garçon.
Non, il n 'y a pas de serveur ici. On est obligé de nous servir soi -même,
à l 'école.
Do you want me to go ? I go.
What do you want to eat ? Moi, je voudrais un truc typiquement triché. De
façon, il n 'y a rien d 'autre.
Salad for me and schnitzel for him, please.
And what do you drink ? Water, of course.
Oh, with water.
Vous êtes vraiment obligé de manger tous les jours à 18h30 ? Oui.
Qu 'est -ce que tu as fait cet après -midi ? J 'ai visité l 'église.
You like it?
It's good.
You want to taste?
No, thank you.
You want my salad?
You don't eat?
Je m 'en fous, j 'ai pas faim.
Your
cooking
is very good. Don't you think so?
Nadia l 'hate.
Nous sommes loin de Viena ? Non, pas vraiment.
Et quel est le nom de ce lieu ? C 'est Marins.
C 'est un lieu très célèbre.
C 'est comme Deauville, mais sans le casino.
Les princes d 'Apsburg passaient des week -ends ici avec leurs soeurs.
Tu dors ? Mais non, machin.
Je voudrais te demander quelque chose, Pierre.
Je voudrais aller me promener dans les environs.
Moi aussi.
Et maintenant, il faut que tu dormes.
Je vais le promener un petit dimanche après -midi.
Ferme les yeux et essaie de dormir.
C 'est trop chaud, Nico.
On va aller faire une grande promenade.
On va aller voir la montagne.
Ça a l 'air d 'être un super endroit ici pour les balades.
Vous savez, Pierre, une cure, c 'est une relation de confiance entre le médecin
et le malade.
Mais si vous amenez Nadia à l 'extérieur, vous devenez responsable d
Qu 'est -ce qu 'est la responsabilité ? Être responsable veut dire
soutenir celui qui ne peut se soutenir lui -même.
Puisque Nadia dénie, comme tout alcoolique, et n 'acceptait pas sa
L 'autre, en l 'occurrence vous, celui qui sait, doit la conduire, l 'aider à
choisir ou à choisir à sa place.
Vous savez que votre tante a une cirrhose et qu 'elle ne doit donc pas
seule goutte d 'alcool. Vous le savez ?
Vous savez encore une question ?
Vous avez bien compris.
Quatre.
Cinq.
Six.
Sept.
Huit.
Neuf.
Dix.
Onze.
Douze.
Je compte toujours, mais ça n 'a rien à voir avec des mathématiques.
Hier soir, je pensais que c 'était étrange d 'avoir arrêté de travailler.
Pour moi, les mathématiques étaient ma plus grande voie.
J 'ai fait des mathématiques en pensant que c 'était une manière d 'ordonner le
chaos.
Que le chaos n 'était qu 'une apparence.
Et que des structures se cachaient derrière.
Il y avait encore beaucoup de choses à faire.
J 'étais heureuse de que de l 'intégrer, mais je ne l 'ai pas fait.
Pas que je sois feignante, mais je n 'arrivais plus à me concentrer.
Tout était en désordre.
Chez moi, quand j 'avais une idée, je me précipitais à mon bureau.
Mais devant la feuille, l 'idée avait disparu.
Où était passée l 'idée ? Elle était là, elle avait disparu.
C 'est une bonne idée, pourtant j 'en suis certaine.
Ce qui est difficile, c 'est de tenir une pensée, de pouvoir l 'exprimer
clairement.
Parler, parler, parler.
Il faut dire quelque chose de consistant pour être entendu.
Je ne m 'écruse de rien, mais j 'abuse de tout.
Parce que je possède une mémoire atroce et que je n 'ai rien à transmettre.
Voilà, servir à rien, servir à rien.
Des fois, on range sa chambre, on épouse sa baignoire, on donne des vêtements au
secours populaire, mais ça n 'est pas servir à quelque chose.
Il y a un moment où on ne peut plus ranger, où le désordre est permanent.
Et je trouve plus les mots pour dire ça.
Et les mathématiques sont d 'aucun secours.
Inutiles.
Totalement inutiles.
Gödel est inutile.
Lacan et Lorde sont inutiles.
Je me suis souvent demandé mais qu 'est -ce que j 'offre à Pierre pour qu 'il
soit d 'un tel appui ? Il est trop tard maintenant pour dire je t 'aime.
Pour moi il est trop tard, il n 'y a plus les mots.
La bouche ne veut plus, il y a trop de désordre.
Je ne veux plus, je veux que ça se termine et je veux que ça s 'arrête.
Que veux -tu arrêter Nadia ? Je veux arrêter la vie.
Je veux que ça se vide, je veux que ça se termine.
T 'es prête ? Pourquoi ? On va se promener.
Ouais.
Il n 'y a personne.
On va par là.
T 'es sûr ? Nous on n 'a jamais aimé les gens qui n 'ont pas le centre d
'orientation.
Je voudrais un Coca -Cola, s 'il vous plaît.
Je vais partir d 'ici pour passer du vieux métro.
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Amen.
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