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501
Je savais, je sentais qu 'on me regardait.
Je n 'osais faire un geste.
Rien ne cassait, mais je ne devais pas être beau à voir.
Je m 'essuyais de mon mieux.
Les charges qui pesaient sur moi étaient si lourdes, je les avais aggravées si
nettement, pourquoi ne m 'avaient -on pas fusillé ? Durant l 'attente, dans la
cour, je m 'étais habitué à l 'idée de la mort.
J 'aurais préféré une exécution immédiate.
Le coup frappé par mon voisin ne m 'était d 'aucune aide.
Je crois que j 'ai perdu un instant courage et que j 'ai pleuré.
Je dormais si profondément qu 'au petit jour mes geôliers durent me réveiller.
Lève -toi.
Effectivement, je finis de ne pouvoir me lever et paru accomplir des efforts
inouïs simplement pour m 'asseoir.
Des pieds et des poings, ils me repoussèrent et je me retrouvais seul.
Ma cellule ne mesurait pas trois mètres sur deux.
Le mobilier en était le plus simple, un cadre de bois supportant la paillasse,
deux couvertures.
Au bon rencontrement, près de la porte, un seau hygiénique.
Enfin, c 'est lui dans le mur, une tablette de pierre.
cette tablette que j 'ai réussi à grimper pour atteindre la fenêtre.
Dans la petite cour qui s 'étendait devant moi, trois hommes convenablement
vêtus et rasés se promenaient sans bêtise en surveillance.
Fais attention, je reviens.
Votre nom ? Fontaine. Moi, Thierry.
Peut -on correspondre avec l 'extérieur ? J 'ai un moyen.
Vous savez pourtant combien il fallait m 'aider.
Parce
qu
'un inconnu m 'avait dit j 'ai un moyen de correspondre, déjà pour moi tout
avait changé.
J 'étais parvenu assez rapidement à communiquer avec mon voisin.
Un ouvrier fondeur en bronze, il avait au cours d 'une querelle tué un soldat
allemand. Il attendait d 'un jour à l 'autre qu 'on le fusil, il avait 19 ans.
Avec la ficelle qui m 'avait épaté et mon moussoir, j 'avais confectionné une
sorte de sucre.
Rassurer ma famille, lui donner un espoir que je n 'avais pas.
Oui, mais surtout prévenir mes chefs que le postémetteur dont j 'avais la charge
comprenait au profit des Allemands qui s 'étaient emparés du code.
J 'étais décidé à courir ce risque.
Et quel risque ? Confier mes lettres à un inconnu, c 'était peut -être me
et perdre avec moi leur destinataire.
Aussi, on pouvait nous voir ou faire éruption dans la cour à tout moment.
Il se dirigea vers le bâtiment occupé par les femmes.
le papier trafait d 'une main féminine le mot courage.
Il y avait aussi l 'épingle.
Mon voisin m 'avait enseigné la méthode, mais je ne réussis pas tout d 'abord,
et d 'ailleurs je n 'y croyais guère.
J 'ai pu assouplir mes bras et mes poignets en kilosé. J 'ai eu aussi le
sentiment d 'une victoire.
À titre exceptionnel et même unique, le gardien -chef autorisait Terry à voir sa
fille certains jours.
Je ne le suis que beaucoup plus tard.
J 'étais loin de me douter des dangers qu 'il courait lui -même et qu 'il lui
fait courir.
Rentrer chez elle, les lettres étaient cachetées d 'un brin mis à la boîte.
Pour l 'heure, elles sont parties hier. Elles doivent être arrivées à
destination. Merci, merci.
Maintenant, vous avez fait votre devoir.
Cela vous aidera à dire bon.
Regardez.
Soyez prudents.
Alors, Lieutenant Fontaine.
Tu as digéré ton échec ? Tu vas être franc. À
ta place, moi aussi, j 'aurais sauté de la voiture.
Mais maintenant, tu vas me donner ta parole que tu ne chercheras plus à t
'enfuir.
Je vous la donne.
Quel jeu jouions -nous ? Ils ne me croyaient certes pas.
Quant à moi, j 'étais bien décidé à m 'échapper à la première occasion.
Voulait -il assister au spectacle de la famille sous tension capitaine ?
Les
séjours que je fis à la fenêtre furent de plus en plus lents.
J 'ai pu observer la cour, les murs et le préau de l 'infirmerie.
Inconsciemment, je me préparais.
Je savais qu 'on fusillait dans l 'enceinte même de la prison.
Une idée folle me traversait la tête.
Il était là.
Je restais jusqu 'au soir à lui communiquer le chant des bataillonnaires
m 'avait demandé le refrain.
C 'est la seule aide que je peux lui donner.
dans mon cœur.
J 'avais définitivement quitté le rez -de -chaussée pour occuper la cellule
fête au dernier étage.
À droite, personne, la cellule était vide.
À gauche, un voisin, mais qui n 'avait pas fait réponse.
J 'essayais de voir sur leur figure la sorte d 'homme qu 'ils pouvaient être.
Je regardais aussi les murs.
Nous tentons de vider nos seaux et de nous passer un peu d 'eau sur la figure,
nous regagnons nos cellules pour une journée entière.
sans nouvelles, dans une solitude effrayante, nous étions une centaine de
malheureux à temps de notre sort.
Je ne me faisais aucune illusion sur le mien.
À m 'échapper, fuir.
C 'est au hasard et au désœuvrement que je dus ma première chance.
Je restais souvent assis devant ma porte, n 'ayant rien d 'autre à faire
'y promener mes regards.
Elle était faite de deux panneaux de petits planches de chêne maintenus dans
cadres de même épaisseur.
Dans un intervalle entre deux planches, je pouvais voir que le bois d
'assemblage n 'était pas du chêne, mais un bois d 'une autre couleur, être au
public.
Il y avait sûrement un moyen de démonter cette porte.
Pour obtenir une cuillère en fer, l 'étain et l 'aluminium étant trop mous
trop cassants, j 'ai dû attendre plusieurs distributions de soupe.
J 'en fis une sorte de ciseau.
Non, les planches n 'étaient pas assemblées par un système de tenons et
mortaises taillés dans le chêne même, mais par une réglette de bois tendre que
mon outil pourrait attaquer facilement.
Je calculais qu 'il me faudrait quatre ou cinq jours pour venir à bout d 'une
réglette. En coupant, on faisait un éclaté de bois.
Mais comme chaque soir à la même heure, il fallait d 'autres y respirer.
De plus, j 'étais obligé à chaque instant de passer sous la porte un brin
paille de riz arraché au balai de ma cellule.
Si tu me relâches, tu m 'emmènes Dieu sur vous.
Comment, trompant la surveillance, peut -il venir jusqu 'à ma porte ? Je ne le
suis jamais.
Mon voisin du rez -de -chaussée.
Fusil avant -hier.
Le départ de Terry
et la mort de ce camarade que je n 'avais jamais vu.
me laissèrent désemparé.
Je continuais pourtant mon travail, il m 'empêchait de penser.
Il fallait que cette porte s 'ouvre, je n 'avais rien prévu pour après.
C 'est sur un nouveau, le pasteur de l 'hérisse, que se reporta ma confiance,
mon besoin d 'amitié.
Je m 'occupe d 'hier au quai de la Seine, où je ne pense rien d 'important.
Rien ? Je m 'en suis réveillé les trois jours seuls avec ma vie, en tête de
bête. Je n 'ai pas la bise, mais j 'ai un crayon.
C 'est bon.
Vous pouvez vous couper. Vous pouvez vous couper un tas.
Ok.
3 plans, je vais me faire une ouverture suffisante.
En face, à la 108, on s 'était mis à faire le guet, ce qui facilitait
mon travail.
Par contre, le silence de mon voisin m 'inquiétait.
Vous avez peur ? Je savais qu 'il était là, on était sûrs.
à ma porte quand mon voisin m 'obsédait.
Me contenter de mouiller les trous avec des papiers noirs qui se trouvent au
fond.
Il nous jeta un regard éperdu.
Et le soir, à la fenêtre, Blanchet, il s 'appelait Blanchet.
Pour des deux larmes, M. Blanchet ? Des deux larmes à vous ? Pas à moi, à une
juive. Je ne l 'avais jamais vue avant.
Elle me les avait passées le jour où on l 'a prise.
Et comment l 'ont -ils su ? Avec une lettre dans un paquet de linge.
Ils vont vous relâcher ? Que puis -je faire pour vous ? Rien.
Vous pouvez toujours...
Alors, si tu veux, arrête -toi de gratter, tu m 'as fait punir tous les
trois semaines d 'efforts, faisant le moins de bruit que je pouvais, j 'étais
parvenu à se séparer dans le sens de la longueur trois plans.
Mais elle restait fixée au cadre, en haut et en bas, par des tenons contre
lesquels se tordait le manche de ma cuillère.
Faire éclater la partie du cadre qui les maintenait, et pour cela me procurer
une autre pilière afin d 'exercer une pression suffisante.
La boue ? J 'ai caché.
Non.
C 'est vrai que le pire n 'a pas changé.
Non ! Pas parler !
cadré de la table, mais sur une surface plus grande que vous n 'avez prévue.
Je peux remettre le morceau en place et le faire tenir.
Pour lutter, lutter contre les murs, lutter contre moi, lutter contre l
'emporte.
Vous aussi, M. Blanchet, il faut lutter et espérer.
Espérer de quoi ? De rentrer chez vous, d 'être libre.
Libre ? Je n 'ai pas.
Un ami ? Je n 'ai pas d 'ami.
Alors luttez quand même, luttez pour tous ceux qui sont ici.
On puisse l 'arrêter si on ne regarde que soi.
C 'est ce que tu dois.
Je vous regarde, M. Blanchet, ça me donne courage.
Moi, le vrai courage, c 'est de me tuer.
J 'ai essayé, j 'avais fait une bouche avec mon lapin, je pouvais tomber.
Alors ? J 'ai entendu frapper au milieu.
C 'était moins horrible, pourquoi ne l 'avez -vous pas répondu ?
J 'avais surtout à craindre qu 'on ouvrît ou ne fermât brusquement ma
Heureusement, c 'était à moi de la manœuvrer.
Sa femme l 'a dénoncé, trahi.
Il y a quelque chose qui arrive.
Il y a rien.
William,
vous n 'aurez pas fait un repos de cette femme.
Il n 'a pas de vie.
De justesse.
En arrivant à la culture de la fille.
Et maintenant, c 'est un autre homme.
Sur ce visage, il n 'y a plus de place pour la N .I .M.
Il s 'appelle Orsini.
Parlez -moi d 'acteur.
J 'ai l 'idée que vous êtes au courant de même.
Un mois de travail patient et ma porte fulgurante.
Ce qui me prenait beaucoup de temps, c 'était la mise en place et le
A l 'intérieur, aucune ronde, aucune garde.
C 'était pas une chose, bien sûr, qui payait bien le coup de monde.
J 'avais aussi un but.
Qu 'est -ce que c 'est ? C 'est moi, c 'est le 207.
Pas possible.
Tenez bon, s 'il le faut, demain, je reviendrai vous voir.
C 'est une surprise, mais c 'est plaisir.
Cette nuit -là, je m 'endormis moins malheureux.
C 'était toi, mon colère, mon petit bonhomme.
C 'était moi.
Je vais partir. Comment vas -tu faire ? Je vous jure, je n 'en ai pas la moindre
idée.
Le gardien -chef et le sergent dormaient au premier étage.
J 'envisageais tout ce qui était faisable et même ce qui n 'était pas.
Si j 'affaubis mes plans, je n 'arriverai à rien.
Lisez et brillez, Dieu vous sauvera.
Il nous sauvera si nous y mettons le dos.
Vous ne criez jamais.
Prenez soin de vous -même.
Fais attention ! Si à 10 heures je ne suis pas dans le couloir,
à 10 heures j 'étais sous la verrière.
Le plan de sortie du bâtiment et la façon de démontrer vos portes.
J 'ai pu pardonner, mais n 'oubliez pas.
J 'y pense, mais c 'est comme si c 'était arrivé à un mot.
J 'y pense.
Mise maître de corde, une corde capable de supporter un homme, voilà ce qu 'il
me fallait.
Le brillage du talim fournit une quarantaine de mètres de fils de fer
solide.
Le premier morceau de corde, je l 'ai fabriqué à l 'aide du traversin.
Le coup de crin qu 'il contenait passa dans la paillasse.
Je l 'obtiens, je la plie en quatre, rabattant les bords vers l 'intérieur
d 'éviter les fils à charge.
Avec un fil
de fer enroulé dans le sens opposé, je peux garder la torsion primitive.
Demain, je te dirai si nous devons nous séparer ou rester ensemble.
C 'est tout ma part.
Le problème, c 'est compliqué.
Écoute, c 'est pourtant un moyen.
Il y en a un autre.
Et le ?
Pendant la promenade avec le corps des autres.
Il ne le dit pas.
Il attend qu 'elle s 'est passée.
Sur le toit du lavaboule, il grimpe par la gouttière et peut y rester caché.
Son plan n 'est pas bon.
Le lendemain, je ne puis parler à Orsini qu 'on emmenait à l 'interrogatoire.
Alors, il faut rester tranquille.
Je renonce. Ils vont y venir.
Oui.
Parlez. Parlez.
Ils ont perdu contact.
Et vous étiez ? Ils ne comprenaient rien.
Tiens bon Orsini, fonds mentaux.
Ma corde a cassé au second mur.
Donc on décroche une frontière.
Quel crochet ? Comment ? Avec quoi ? Le cadre de ta lanterne.
Pourquoi ? Deux désespoirs ? Trois désespoirs d 'une vie nouvelle.
Une vie nouvelle ? C 'est peut -être ça que vous voulez dire, Patrice.
Si un homme n 'est né de nouveau, ça ne vous intéresse pas ? Ce sont des paroles
à Nicodème.
Nicodème lui dit, comment un homme peut -il naître quand il est vieux ? Comment
peut -il rentrer dans le sein de sa mère et naître ?
Et j 'ai répondu, ne t 'étonne pas que je t 'ai dit, il faut que vous nous fiez
de nouveau.
Le vent souffle où il veut et tu en entends le bruit, mais tu ne sais d 'où
vient ni où il va.
Vous l 'écoutez ? Je t 'écoute.
Tu es sûr ?
Sûr. J 'ai le droit d 'être sûr ici de quelque chose.
le tout dans la fosse.
La terrasse de notre bâtiment ainsi que les murs d 'enfer devaient avoir le même
rebord.
Il me fallait attendre. J 'approchais du but.
La moindre erreur pouvait m 'être fatale.
C 'est là.
Je vois, je vois.
Je savais qu 'il était dangereux de descendre dans le chemin de ronde et d
'escalader le deuxième mur. Mes forces avaient diminué.
Je tends une corde entre les deux murs et je passe en singe, suspendu par les
mains et les pieds.
Mais pour ça, il te faut deux crochets.
Trois en tout, tu les as ? Je les aurai.
Il a fallu qu 'Orsini rate pour que tu réussisses.
C 'est extraordinaire.
Pas trop bien.
Si, c 'est extraordinaire, c 'est que c 'est vous, monsieur Blanchet.
Le
troisième
crochet, je vais le fabriquer avec les deux barres les plus courtes.
Il n 'avait rien à envier aux deux autres, ni pour la forme, ni pour la
solidité.
Les essais prouvaient que les contractions ne pouvaient entamer les
lignes.
Je viens de voir fusiller trois de nos camarades parce qu 'ils avaient fait
sortir des lettres.
Et je suis chargé de vous dire que quiconque fera sortir des lettres subira
même sort.
Ceux qui ont un crayon peuvent le rendre ce soir à l 'heure de la soupe.
A partir de demain, on fouillera les cellules et quiconque sera trouvé en
possession d 'un crayon sera immédiatement collé au mur et fusillé.
Tout le monde a compris ?
Le lendemain, l 'idée d 'une fouille me paralysait.
qui me sauva, peut -être.
Et quelle ressource.
Tant pis, il m 'est fallu.
Je fis des tresses comme j 'avais vu ma mère faire avec les cheveux de mes
soeurs.
C 'est avec de la ficelle que je fais les ligatures.
Cette corde destinée à être lancée du premier mur d 'enfer sur le mur
devait être souplée à ma chaîne.
Le fil de fer n 'est pas contenu.
D 'ailleurs, j 'avais épuisé mon stock.
Avec la couverture comme passe à blancher, j 'avais de quoi acheter l
corde.
Nous ne sortions plus maintenant que par petits groupes d 'une quinzaine.
La prison se remplissait, il n 'était pas rare de voir deux prisonniers par
cellule.
apparaissait ou disparaissait.
Ils m 'ont mis avec le bas de terre.
C 'est un bon copain de l 'eau.
Il doit nous arriver, il arrivera.
Mais il peut.
Il peut.
Vous ne croyez plus qu 'il a traîné trop longtemps.
Réunis, moi.
Tu penses trop, tu suis nul.
Moi ? Il te faut vraiment quelqu 'un.
J 'attends une réponse.
Qui ? En face de la 110.
Il leur tient tête, il a du camp.
Au moins, elle est moins forte.
Ah,
ou un piège.
Vous voulez vraiment partir ? Alors n 'attendez pas trop.
Nous, vous me suivriez.
Si je pouvais changer mon corps.
Nous nous trouvons.
Dans une autre vie peut -être.
Dans cette vie où nous sommes, il faut nous...
Prends d 'abord à tes crochets et à tes cornes, et en toi, du doute.
De nul sait se dessiner.
J 'ai terminé le lieu de mon fontaine.
L 'espionnage dont vous vous êtes rendu coupable et l 'attentat que vous avez
préparé sont finis de mort.
Pas conséquent.
C 'est à la prison qu 'on me ramenait.
Je vis un tragédie.
J 'ai dû rire d 'un rire nerveux qui me soulage.
Et pourtant, un peu plus tard, encore une fois, j 'ai eu à l 'année un
de misère.
Vécu moitié en soldat français, moitié en soldat allemand, il était une saleté
repusante.
Il paraissait 16 ans à peine.
C 'est seulement...
Français, comment t 'appelles -tu ? Jost, François Jost.
Était -ce un mouton qu 'on m 'envoyait ? Espérait -on qu 'ébranlé par le verdict
de tout à l 'heure, je parlerais ?
Ils
m 'ont pris, ramené et condamné comme
déserteur.
Tu me crois ?
Oui. Je me croyais et en même temps j 'éprouvais un affreux malaise.
Si ce n 'était pas pour la France, pourquoi est -ce que je me serais engagé
alors ? La France est ton pantalon qui a été molteur.
Tout ce qu 'il t 'en reste.
Est -ce que je savais ? Il fallait savoir.
Je n 'avais pas terminé ma peine comme un mouche main de fer.
J 'empêchais les voyageurs français de monter dans les voitures. Les voitures ?
Réservées à leurs troupes, gardées de wagons. C 'est comme ça que j 'ai
il y a trois jours.
Tiens -toi devant la porte, si tu te souviendras, demande une paillasse
supplémentaire.
Sa demande fut exaucée, il obtint même une couverture.
Vous étiez deux, vous aviez bu. On ne faisait pas de mal, on essayait mon
on tirait en l 'air.
Vous ne diriez pas qu 'en l 'air.
Ce policier était français ? Oui.
Et tu l 'as vu tomber ? J 'ai pu, on s 'est mis à courir, c 'est ce qu 'il ne
fallait pas faire.
Un quart d 'heure plus tard, on était en cellule à Saint -Paul.
Moi, ils sont venus me chercher.
Pourquoi ? Les noms.
Et toi, raconte.
Maintenant, il faut se taire.
La coïncidence de son arrivée avec la notification de ma peine m 'avait
Avec du temps à perdre, il allait falloir choisir où en évoquer avec moi
supprimer.
Lorsqu 'à le plus lourd de mes crochets frais, l 'air médical.
Mais tout en trois secondes, on aurait le courant.
Merci d 'avoir regardé.
Tu es ici parce que tu as fait sauter un pont.
Je peux te jurer. Remarque, ça m 'aurait bien plu, moi, ce travail.
Ce travail ? Mais j 'ose.
Pour faire sauter un pont, ils sont bien gardés. On le pète sa vie, quelquefois.
Il ne faut pas être un froussard non lâche.
Je ne suis pas un froussard, pas lâche.
Et on ne sert pas de maître.
Tu as choisi de porter cet uniforme ? Je n 'ai rien choisi.
C 'est ma veste qui te gêne.
Inutile, ça ne changera rien.
T 'inquiète pas.
Bah reste dans ta saleté et garde tes poux.
Je parie t 'en ai couvert.
Qu 'est -ce que ça a à me t 'aider ? C 'est vrai ?
Il
fallait que tu viennes.
Il ne reste plus un.
C 'est à moi que tu le demandes ? Très longtemps.
Des semaines, des mois.
Un an, deux ans peut -être.
Et si ce coup ? Quelques jours seulement.
Ça dépendra des services que tu peux leur rendre.
Quels services ? Prends garde, Jost.
La guerre finira un jour et ils la perdront. Ils ne perdront pas la guerre
Et ils partiront.
Ils sont de mauvais anges et ils te laisseront seul dans ton pays.
Sans personne pour te défendre.
Qu 'est -ce que je prends à mon âge ? Pas de pitié pour ton âge.
Réfléchis bien.
Réfléchir à quoi ? De toute façon, il est trop tard.
Trop tard ? Tu crois à la science ? J 'y croyais. Ça ne m 'a pas réussi.
C 'est peut -être toi qui as tout gâché.
Pourquoi es -tu parti de chez toi ? Une idée pour faire quelque chose.
Ton père, qu 'est -ce qu 'il en a dit ? Mon père ne s 'en fichait.
Et ta mère ?
Elle m 'a suivi jusqu 'à la gare.
Je l 'ai semé en route et j 'ai réussi à prendre le temps.
Elle devait bien t 'aimer ta mère.
Plus que mes autres frères, plus que ma soeur même.
T 'as une soeur ? Elle était toute petite mais jolie, une beauté.
Ma mère aussi était jolie.
Tu n 'aimerais pas les retrouver ? Oui, mais je ne vois pas comment.
Pourquoi le casque ? Parce que c 'est interdit.
Si on le trouve, on le fusille.
Fusiller pour un crayon ?
La
foule du soir se distribuait sans que j 'aie encore rien dit à vous.
Noir encore serait la nuit suivante.
Demain, demain, il le fallait.
Je ne sais pas.
Je ne sais pas.
Je me réjouis. Je me réjouis.
là, c 'est pas moi qui l 'aurai.
Et si tu l 'avais ? Par exemple, en allant à l 'interrogatoire, que ferais
J 'en profiterais juste après.
Tu crois ? Oui.
Souvent, c 'est plus facile, les deux.
On s 'aime mutuellement.
Et il n 'y a pas qu 'en allant à l 'interrogatoire.
Tu veux dire quoi ? Je veux dire que si tu acceptais de m 'aider,
Nous pourrions peut -être... Sortir d 'ici ? Tu n 'y penses pas ?
Tu les as
regardés, ces murs ? Et ces paroles ? Voyons, Fontaine, résonne.
Tu veux rire ? Je ne ris pas.
Le bâtiment qui va la faire. Tu n 'as pas vu ? Ils auront peut -être des
surprises.
Et crois
-moi,
j 'ai mis de mon côté tous les atouts. Je suis sûr de ces objets que j 'ai
fabriqués. Sûr de moi, sûr de ma France, de la tienne.
Tu ne regretteras pas de m 'avancer.
Je ne suis pas dehors, je me couperai de toi.
Je te ferai profiter de ta liberté, je m 'en jure.
Tu as fait un drôle de travail.
C 'est tentant.
Tant.
J 'ai honte.
Je sais que je suis un peu trop tôt.
Tu vas comprendre.
Je suis libre de dire oui ou non.
Maintenant que tu sais tout.
Maintenant que je sais tout.
Assez. Ne t 'excite pas de crier.
Je n 'ai honte.
Pour qui me prends -tu fontaine ? Alors c 'est oui.
Oui.
Fini ma paillasse dans celle de Joas qui coupait la toile en suivant des
repères.
En moins de deux heures, la corpsue prête à expérimenter la cellule rangée
balayée.
Ne te feras pas.
Je t 'aime.
Adieu mon ami.
avec nos faussures attachées ensemble, un autre avec nos vestes, un troisième
avec la grande corde et son crochet, le quatrième avec la corde souple destinée
aux chemins de ronde.
Les graviers grissaient sous nos pas, nous devons nous arrêter.
Il nous fallut plus de 20 minutes pour atteindre l 'extrémité de la terrasse de
Nantes sur la petite cour.
Je m 'attendais à intervalles réguliers.
Je ne voulais m 'en épliquer la cause.
Il était armé d 'un pistolet mitrailleur.
Je distinguais la grenade pendante à sa ceinture et la baïonnette qui dépassait
du four.
J 'ai entendu sonner minuit.
Il y a une âme.
Leurs gestes étaient pareils.
Ils allaient et venaient le long du mur.
Rarement ils en atteignaient l 'angle. Jamais ils ne le dépassaient.
En descendant sur l 'autre face, je pourrais sans être vu me cacher dans l
'enconnure et attendre le moment propice.
Car cet homme devait disparaître.
ne me paraissait pas sûre.
Je ne pouvais pas désagir.
À deux mains, je comprimais les battements de mon cœur.
S 'était -il assis, allumait -il une cigarette ?
Il était là, tout proche, un mètre de moi.
Il faisait demi -tour.
trois nouvelles qui nous poussurent, mais je ne lui en fis pas la remarque.
le ferait peut -être.
Tout ce que je connaissais du système de garde, c 'était quatre guérites placées
au contre -coin.
Était -elle occupée ou n 'était -elle pas ? Elle ne l 'était pas.
En fait, vous pourriez m 'écrire ce que vous faites maintenant.
J 'en tremblais, moi aussi, peut -être.
C 'est négatif.
Le temps passé, nous pense qu 'il vient.
Si ma mère me voyait...
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