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?.
Here I am fing
the rushing
my
away
I hear the voices I feel the
in
I fight to
Iaking
Tu viens avec moi.
�a va ?
Arr�te.
�a va aller.
Ferme les yeux, �a va passer tout seul.
J'entends plus. �a va ?
Courage.
Just a few minutes.
Hop.
We can free him.
stressant non
p�nible mais �a va
allez un petit verre et �a ira mieux
c�ur
poumon
rein
scrotom est contenu mais excellente
checkup malgr� tes exc�s descrit
philosophique.
He's my Oh, wow. And when you introduced
us, I figured that you were feeling some
kind of detachment, but now I get it. I
read that piece in the New Yorker a
couple years ago and bought your books
on occidentalism. I assign them to my
students who really like them even the
ones who didn't understand.
You know, not everyone in our country
loves you, but I must say I really
enjoyed your essay on the leader
society. They're suffocating us. Thank
you very much. Thank you. Shall we have
a look at the findings? All fine. As we
say, the devil is in the details and
there are no devilish details. Right? No
devilish details. Fab is big on truth.
And I'm big on Dr. Patient
confidentiality.
I've opened the champagne French
join you.
There's a minuscule dark spot between
the liver and
it's inactive. Think of it as a asleep.
Quoi ?
par du biopsie et t�te pousse toujours
la consommation on a des actionnaires
pour te rassurer une IRM dans 6 mois
Ted is good at keeping up the suspense,
but the endings sometimes flat.
Thank you
to my brother. Cheers.
Voil�. C'est termin�.
Allez-y.
Tu as pas froid ?
Tout va bien.
Mais encore
la petite t�che n'a rien d'inqui�tant.
� Boston, on lui a parl� d'une biopsie.
C'est � vous de d�cider. Je vous envoie
tout �a par mail en terme scientifique
un peu barbare.
Oui, j'aime la v�rit� m�me un peu
barbare.
Je vous pr�sente le docteur Augustin
Masset.
Bonjour.
Pr�sentez
confr�re et amis.
Bonjour madame.
Il tenait absolument � faire votre
connaissance.
Je vous attends dans 3 mois pour faire
le point sur votre petite t�che et pour
vous contredire. Le diable n'est pas
dans le d�tail, il est l� o� on le met.
� dans 3 mois, docteur. Merci. Au
revoir. Au revoir.
Notre meilleur sp�cialiste IRM.
Je sais que vous �tiez dans nos murs. Je
j'ai voulu vous conna�tre.
J'ai lu livres. Le fl�o des seigneurs
m'a fait rire.
Les livres vous font rire ?
Non, que le fl�o des seigneurs.
Il y a rien de dr�le.
�a touche ma sp�cialit�.
Votre sp�cialit� ? le la fin de vie, les
soins palliatifs d'accompagnement comme
on dit aujourd'hui.
Il y en a ici
je dirige l'unit� que j'ai cr�� somme
une �quipe de 16 avec un �quipement tout
ce qui plus moderne.
Pas pardon est-ce qu'il y a une
caf�terria ici parce qu'il doit manger
il est �
Oui bien s�r bien s�r. Venez vous �tes
mes invit�s.
Merci.
Alors apr�s le fameux Cl�o des seigneurs
des vous int�ressent
Florence bien l�. Non
non. Bon
oui, le fl�o des seigneurs, vous savez,
il y a un sous-titre vie et fin de vie.
Alors oui, oui, les les soins palliatifs
m'int�ressent de plus en plus.
Oui, merci.
Je je me permets une question
indiscr�te.
Vos patients, vous leur dites toujours
la v�rit�. Vous
connaissez le mot de la camp ? La
v�rit�, je dis toujours, mais toute la
v�rit� est impossible � dire.
Si on vous la demande,
�a d�pend qui la demande et les
circonstances.
Le malade ou � d�faut la famille,
cela s'apprend.
� mes d�buts, lors d'une visite dans une
maison � la lisi�re d'une for�t,
l'�pouse m'attendait.
Mon mari va tr�s mal.
L'h�pital me l'a renvoy�. Crois que �a
va mieux. Ne lui dites rien.
Vraiment ?
Et toi, tu me dirais la m�rit� ?
Oui,
j'aime mieux �a.
Dans le couloir, l'�pouse m'a r�p�t� pas
de connerie. J'ai regard� les examens du
mari. Catastrophe.
J'ai pris son pot.
Son riv �tait comme une pri�re.
Et comme je je le palpais, j'ai entendu
une voix t�n�breuse.
Dites-moi ce qui m'arrive,
docteur. Dites-moi ce qui m'arrive.
Ses yeux disaient plus que c'est moi.
J'ai j'ai fait une ordonnance, le rituel
et je lui dis "�a va,
votre situation est stabilis�e.
Manque de courage,
le dictate de l'�pouse, son regard.
Je l'ai laiss� avec le doute et la peine
psychique pire que la douleur physique.
Et vous continuez � leur mentir.
On a tendance � les rassurer en
poursuivant les traitements mais �a
devient vite de l'acharnement
th�rapeutique.
Et vous en prenant le temps de discuter
avec le patient, vous arrivez � lui dire
la v�rit� ?
Oui, mais il y a des limites. Et les
familles en sent une s�rieuse.
C'est une question personnelle. Et
comment devient ton sp�cialiste des
soins palliatifs ?
C'est un long apprentissage.
Oui, j'imagine.
J'�tais r�fractaire � tout ce qui n'est
pas gu�rison. �a a commenc� avec mon
exp�rience africaine o� j'ai d�couvert
la c�l�bration.
Ah ou
et le respect de la la personne en fin
de vie.
Vous m'excuserez mais je dois rentrer
l�. J'ai mes petits enfants qui vont
arriver pour pr�parer leur boom. Vous
devez y aller.
Non non non non non. Prenez votre temps.
Tu tu finis tes croissants ?
Mais oui, je finir mes croissants.
Plus tard. Non, vous disiez en Afrique,
on c�l�brait les morts.
Les morts et la fin de vie. Et apr�s 15
ans de m�decine g�n�rale, j'ai eu un
choc professionnel et �a a d�termin� mon
choix.
Augustin, elle a un nouveau protocole
prescrit, ne le commentez surtout pas.
Vous �tes un nouveau m�decin ?
Non, je suis un ami. Et toi ? Sa petite
fille anglaise. Elle m'a demand� de
venir.
Ah, c'est toi la seule qui l'a fait
sourire ?
J'aimerais juste la voir gu�rir.
Sidani m'avait demand� de venir la voir
alors que je n'�tais pas son m�decin
traitant.
Je vous trouve en forme et en pleine
tentative d'�vasion.
Augustin,
vous savez ce que j'ai.
Je sais ce que j'ai et nous savons tous
les deux que c'est pas bon du tout.
Vous �tes admirablement suivi parce
qu'il y a Paris de plus �minent et vous
�tes tr�s bien entour�.
�coutez-moi Augustin,
quand je perdrai conscience,
je veux que vous vous occupiez de moi en
ami.
Ne me laissez pas revenir.
Vous �tes suivi par des somit�s. Moi je
je ne suis qu'un
Oui. par tout le banc et l'arri�re banc
des professeurs agr�g�s,
coll�gues de mon gendre.
Il me prom�ne.
�coutez, on me nourrit alors que j'ai
pas faim.
L'autre c�t�, on m'a abruti et je
m'effondre.
Je suis d�sesp�r�.
Ces connards sont croyants, pas touch� �
la vie,
m�me en ruine.
Que vous donnet-il ?
On la nourrissait d'un c�t� et de
l'autre, on lui imposit un cocktail
litique qui acc�l�re le d�part.
Augustin !
Quand je perds connaissance, je veux que
tu t'occupes de moi et que �a aille
vite.
Je n'ai confiance qu'en toi.
Ne me laisse pas revenir.
Que faire ? Je me sentais tenu par les
paroles de cette grande dame.
Est-ce que j'ai contribu� � sa mort par
mes connaissances et incomp�tences ?
Je me le demande encore,
mais mon ami Sidoni est parti comme elle
le souhaitait.
J'avais compris qu'il fallait une
formation pour savoir comment parler et
que faire dans ces cas-l�.
Et maintenant,
�a va mieux. Nous avons toujours des
maladies incurables et les familles
parfois intraitables.
Les familles pensent que tout est
gu�rissable.
Tout le monde pense qu'il y a qu'une
m�decine alors qu'il y en a trois. Il y
en a quatre Augustin avec la r�ducative
en effet mais nous n'en aurons pas ici
malheureusement ou
d'abord la pr�ventive
� laquelle on ne pense jamais
bien ensuite la curative m�decine
triomphante
et enfin la palliative la mal aim�e
la curative c'est une mine d'or pour les
labos
un/ des m�dicaments prescrits n'ont
aucun effet quitter un patient sans
ordonnance laisse une mauvaise imagin
c'est un malade, on a peur, on sait
jamais. Prenez le cas par exemple du
cancer m�tastatique de monsieur Ravier.
M�tastatique ?
Oui. Il arrive qu'un petit foyer
primitif
et plusieurs foyers secondaires.
C'est sans solution th�rapeutique.
Sans solution th�rapeutique.
Des m�decins qui par peur du reproche,
par l'espoir du si jamais continuent des
traitements d�l�taires pour faire
plaisir aux patients et � leur famille.
Regardez, je j'ai pas de plus de
transfusion depuis hier. J'ai demand�
mais
il a une an�mie, faut le transfuser.
Non mais docteur, vous savez quand m�me
depuis hier. �a sert plus justement.
Faut le transfuser. �a sert plus � rien
transfuser.
�a va aller.
Hier matin, le m�decin de service est
revenu.
Bonjour monsieur Ravier. Ah docteur,
on avait dit qu'on arr�te la
transfusion.
Mais non,
ce m�decin, il a dit que
votre �tat ne l'exige plus, monsieur
Ravier,
mais une derni�re transfusion.
Non, aujourd'hui �a vous apportera plus
d'inconv�nients que de b�n�fices.
Bonjour
mon ch�ri. Oui.
Comment tu te sens ?
Tranquille. Mais pourquoi vous le
retirez ?
Il faut le perfuser.
Votre mari ne la supportera plus madame.
Aujourd'hui, les transfusions sont
devenues inutiles.
Son �tat exige de faire des prises de
sang, surveiller son an�mie et continuer
son traitement. Vous bougez pas,
remettez �a. Il faut continuer � le
perfuser et � l'alimenter m�me s'il n'a
pas faim.
Madame, il y a rien qui passe. Aussitoi
aval�. Mais oui, mais c'est parce qu'il
lui faut des aliments liquides et �a �a
ne d�pend que de vous et de votre
personnel.
Notre personnel, nos soignants font tout
ce qu'ils peuvent pour le confort de
votre mari en essayant de soulager les
douleurs physiques et psychiques. Mais
poursuivre un tel traitement, c'est
compl�tement d�raisonnable.
Je suis raisonnable.
Je veux seulement que mon mari retrouve
son �tat d'avant.
Soyons tous raisonnables. Sachande lui
ferait plus de mal que de bien.
Arr�tez.
Arr�tez,
je veux qu'on arr�te la transfusion.
Je ne peux plus. Si le m�decin ne sait
pas se positionner clairement, les
familles ont tendance � faire poursuivre
les transfusions inutiles mais
rassurantes. Le malade va partir
encombr� avec une surcharge cardiaque.
Excusez-moi.
Si vous avez le temps, je peux vous
faire visiter l'unit�.
Ah mais avec plaisir.
Ouais.
Bonjour.
Ouais. Prenez-moi place s'il vous pla�t.
Alors, je me suis permis d'inviter
Fabrice Toussin.
Bonjour.
Bonjour.
Assistant � notre r�union. Si vous comp
c'estes livres.
Il s'int�resse � ce que nousons.
Je vous promets d'�tre le plus discret
possible. Je ne dirai pas un mot.
On d�marre Dylan.
Allez, on va commencer le staff avec le
dossier de monsieur Saillon. Il veut que
la famille s'en aille avant qu'on
s'occupe de lui. En fait, il a beaucoup
de mal avec certains soins.
Nous rendons l'inacceptable supportable.
Avec l'aide du malade. On pourrait dire
que le palliatif est un antipouvoir,
c'est le malade qui d�cide.
C'est �a. D�finition. Ouais. Ensuite
alors madame Webbert qui du coup �tait
surdos�e en morphine, elle a eu pas mal
de vomissements et vu qu'elle �tait
quand m�me plut�t l� pour une souffrance
psychologique, on a diminu� la morphine
et on a augment� anxolitique et
cortico�de.
Bien.
Du coup, elle a retrouv� son calme. La
communication est bien r�tablie, elle
verbalise ses angoisses, ses peurs.
Ouais, c'est vraiment mieux aussi he
pour la toilette. D'habitude, c'est
hyper compliqu� la mobilisation de la
toilette. On voit qu'elle a un probl�me
par rapport au corps et l�, elle s'est
compl�tement laiss�e aller quoi. C'�tait
bien
Ouais, elle est beaucoup plus souple.
Ouais. Mais par contre moi c'est au
niveau de l'hydratation pour elle. Je me
dis elle refuse de boire, elle a la
bouche tr�s s�che donc je sais pas, on
pourrait peut-�tre lui proposer quelque
chose, des gla�ons. Mais c'est une
d�compresse humide.
Ouais. Voil�. Ou du citron par exemple.
Ah bah alors si elle adore le citron, on
va acheter du citron. Possible �a.
C'est possible. Je vais commander du
citron.
Madame Toutin nous pose des questions
mais sa fille nous interdit de
l'informer de son �tat.
Mais je vais l'appeler demain matin.
Ouais.
Je me permets de rajouter pour madame
Toutin, elle se plaint de douleur depuis
ce matin. Elle est tr�s algique un peu
partout. Donc faut la r��valuer.
Ouais. Et sa fille, elle est vraiment
dans une d�tresse quoi. Je crois qu'elle
fait un petit d�ni. C'est vrai que ce
serait bien de s'inqui�te.
Oui oui, mais je vais la voir.
Monsieur Neveu est revenu dans le
service adress� par un canc�rologue
apr�s une �volution foudroyante. Alors
il est pas en souffrance physique mais
attends Louise. Foudroyante l'�volution
qui n�cessite une prise en charge en
soin p�diatif.
D�sol� de vous avoir interrompu.
Foudroyant c'est c'est lightning en
anglais.
�a se traduit comment ? Dans une maladie
en en jour en semaine en mois ? S�rement
pas en mois. Non,
c'est arriv�, on a des patients qui sont
rentr�s chez eux gu�ris.
Oui, mais �a le m�rite d'exister. Oui,
mais tu peux pas enfin c'est pas comme
�a qu'on se d�finit.
Oui, oui, s'il vous pla�t. S'il vous
pla�t,
excusez-moi juste mais �a d�pend aussi
beaucoup des maladies. Il y a quand m�me
des cancers � d�veloppement inexorable.
Voil�, �a d�pend aussi beaucoup des
patientes et des patients.
Par exemple, madame Duranger, 75 ans
adress� pour une prise en charge
terminale d'un cancer chorectal d'embl�
multim�tastatique et avec une �volution
tr�s rapide qui malheureusement a pu
avoir ni chimioth�rapie ni chirurgie.
Dans ces cas-l�, �a s'�tend jusqu'au
c�ur donc c'est sans espoir.
So palatif, on s'occupe pas que de
cancer.
Et puis par exemple, il y a aussi madame
L�onie
qui est arriv�e ici en situation
qualifi�e terminale. Bah finalement 3
semaines plus tard, elle est encore l�.
Madame
Oui, mais elle se plaint hein. Tu n'es
pas venu la visiter aujourd'hui ?
Ah oui, �a j'ai oubli�. Ben je j'y vais.
Thomas, tu peux m'en passer ? Tu veux
m'accompagner ?
Alors ensuite
pardon alors ? Je vous vois l� tout vous
�tes bien en retard l� aujourd'h un peu
aidez-moi remonter un peu.
Je suis l�.
Oui.
Rendez-vous plus important.
Arr�te. Non non mais je dis pas
ne jouez pas avec moi comme �a.
Alors qu'est-ce que c'est que cette
jolie coupe de cheveux ? C'est Marline
Marline de me faire la m�me chose.
Je crois que c'est un probl�me de nature
de cheveux.
Mais vous me chatouillez avec votre
souffle.
Pardon ?
Et vous, qu'est-ce que vous pensez de
tout �a ?
Non, je demandais au patron des
informations sur l'au-del�.
Je vais partir bient�t
et je ne vois pas bien ce qui m'attend.
Il doit bien y avoir quelque chose quand
m�me. Autrement, ce serait d�sesp�rant.
Rendre l'�me.
Oui, rendre l'�me, je veux bien. Mais
dites-moi � qui ?
Pourquoi voulez-vous rendre quelque
chose qui est � vous ? Un quelqu'un que
vous ne connaissez pas ?
Il n'est pas d'ici lui.
Oui. Non, il est il est philosophe.
Ben, c'est bien ce que je pense aussi,
hein.
Alors, ne la rendez pas.
ce que je fais.
Chaque jour, je gagne un autre jour.
Gr�ce � lui,
plus de douleur, sauf les anxi�t�s.
Mais l� aussi
non, plus rien ne fonctionne,
sauf
c'est quand m�me plaisant de se
r�veiller ici un matin et de pouvoir
discuter.
Nous ne sommes pour rien, L�onie. C'est
votre volont�.
J'ai d�j� gagn� un dimanche
et je compte bien arriver jusqu'au
prochain.
Vous �tes croyante ?
Ouais, le cat�chisme
a tout expliqu�.
La mort n'�tait qu'un mauvais moment �
passer.
Et puis alors apr�s, il y avait le
paradis. H
bah d�sormais il y a manque de
conviction
pour vous. Je sens bien le paradis
un peu monotone
rassurant
confus aussi.
Paradis purgatoire enfer.
La purgatoire l'�glise l'a supprim�.
Alors il y a d'autres options hein de le
bouddhisme par exemple.
Oui. Le nirvan pouvoir banard. Oui. Non
non. L'esprit quitte le corps pour une
nouvelle existence.
humaine, animale,
v�g�tale.
Trop risqu�.
Vous connaissez le bouddhisme ?
Je suis enseign� pendant 3 ans �
l'institut fran�ais de Delie.
Ah, en effet,
mais la m�thode psycho, c'est pas si
mal. Non,
non, passer de mon corps dans un autre.
Oui.
Et qui choisit ?
Ah, �a je ne sais pas. �a n'est pas
pr�cis�.
Alors, pas question.
Autre proposition ?
La transformation en �toile, �a existe ?
La catast�risation ?
Ah oui,
c'est un mythe grec.
Oui.
De la po�sie
pour r�ver.
Et puis il y a l'�ternel retour, pas le
film.
C'est une croyance qui qui revient en
force
la palag�n�sie.
Voil�
encore les Grecs.
Retour � la vie.
D'accord. Mais mais dans un autre corps.
Hakit ne le dit pas mais je lui fais
confiance.
Rien ne se r�p�te.
On va vous laisser les hein.
Mais vous revenez
bien s�r demain.
Vous aussi revenez.
Volonier. Volontiers. Merci.
Maintenant je vais dormir.
Ouais.
avec des r�ves de vie
et pas le paradis de votre
morphine.
et on travaille avec eux vraiment
�troitement pour un projet de grande
envergure he puisque ils veulent bah ils
veulent consacrer une �mission compl�te
� l'occasion de la r��dition du Fl�o des
Seigniors. Et ce qui est super, c'est
qu'il envisagent de de faire un d�bat.
D'accord.
Bon, alors on est en train de travailler
sur le visuel.
Alors, ici, le nom.
Oui.
Et euh je propose ce titre pour
l'�mission.
Les naufrages qui nous guettent et les
utopies qui se r�alisent
ou
vie et fin de vie.
C'est un bon choix la photo, mais pour
le reste, c'est lui qui d�cidera.
Je l'ai appel�, r�pond pas. Il �crit
non. Non, depuis l'hum de Boston, il est
comme devant un obstacle. Je sais pas.
Un obstacle, �a se surmonte en �crivant.
Il a fait une nouvelle IRM ce matin.
Une autre 15 jours apr�s celle de
Boston.
Et alors ?
Et alors ? Rien, rien. Tout va bien. Il
est rest� discut� avec le patron des
soins palliatifs.
Des soins palliatifs.
Je viens d�ner. Tu m'invites ? Mais j'ai
mes petits enfants qui font une booume.
Non non mais viens, viens parce que �a
va lui faire plaisir de te voir. Ah bah
tu vois le voil�, il a pas ses cl�s.
Bon, je t'attends pour le d�ner.
Ouais, je t'apporte quelque chose.
Tu as bonne humeur.
�a va rester longtemp.
Je prends ma douche et je reviens.
Ah oui, ton fr�re a appel�.
Ah oui, rappeler de l�-haut.
Alors c'est IRM ?
Bah c'est � peu pr�s la m�me chose que
vous sauf que notre sp�cialiste ne parle
pas de biopsie.
Faisla quand m�me.
�coute, tu m'as dit que c'�tait vraiment
p�nible. Enfin, je verrai.
Tu as qu'� �crire un livre sur tes
angoisses comme G�rard Nerval, �a te
lib�rera.
Tu es toujours l� ? Bon �coute, va te
faire avec ton hervale hein. Je
t'embrasse. � bient�t.
Tu vas pas faire une fixation avec �a.
�a peut se r�veiller � tout moment.
C'est de �a dont vous avez parl� avec le
docteur ?
Tu penses � quoi l� ? � un livre ou �
autre chose ?
Peut-�tre au deux.
Ne pense qu'au livre.
Eric bien d�ner. Ah,
bonne id�e. Et les enfants ?
Les enfants ils sont en bas. H
je vais les voir
h
tout de suite.
Les enfants, on vous attend.
J'ai ouvert la porte et regarder du
porno.
Tu leur parles ou je leur parle ?
Ben bah oui, mais leurs copains les
boomers. Ah bah non, c'est �ric.
Salut.
Bonjour.
�a va ?
Ouais.
La bomme n'a pas commenc� l�.
Si si en bas mais on sera tranquille. et
regardait du porno � la t�l� on interdit
Tanatos c'est�d montrer des morts on
exhibos dans ses pires expressions. 1000
spectateurs pour Tanatos et ses morts et
des millions pour le porno. C'est une
r�alit� de civilisation pap
justement papi pap�
� la cave.
Regardez les innocent parler aux
enfants. Faut parler avec les enfants.
Parlez-nous parlez-nous
justement justement c'est maintenant que
la boue va commencer.
Non non non, venez ici.
Qu'est-ce que vous regardiez � la t�l� ?
Il y avait un truc d�gueulasse.
On cherchait du rock and roll, Seven
Psalms et on est tomb� l�-dessus.
copains.
Bon, on en parle apr�s. Allez ouvrir �
vos copains par la porte du jardin.
Bon, je suis venu de parler de
l'�mission
� la cuisine. Je vous �coute pendant que
je pr�pare le d�ner.
Sa pr�occupation, c'est que tu changes
d'avis pour l'�mission.
Elle l'a d�j� annonc�, elle en a parl�
autour d'elle.
Elle r�p�te que le fl�o des seigneors
actualis� est une bombe.
Si tu veux du
Non merci, je prends du blanc.
Et qui choisira le public ? Elle. Bon,
tu la connais et des questions que tu
peux les imaginer.
Oui. Puis les si�es sont toujours
pertinentes.
Et
tu pourras parler de tout, du porno si
tu veux ou des soins palliatifs. Tout un
monde insoup�onn�. Ouais, si tu veux,
mais surtout parle de ton livre
actualis� et bien plus percutant qu'il y
a 20 ans. Tu seras s�rement attaqu�.
Comme d'hab, tu peux venir le d�bat.
On pourra faire une plaquette.
Bon, il faut que tu te pr�pares pour la
pol�mique. L'�mission est dans un mois.
Oh l� l� !
Ou l'ambiance du tonner. Bah, on y va.
Eh, allons voir.
Allez, allez.
Qu'est-ce que j'en ai � [�__�] ?
Mais tu y vas, c'est tout. Oh l� l� !
La jeunesse l'pportera toujours sur
canat en cu.
Il s'amuse bien.
Ouais, mais il sautent, il faut que
sauter. C'est pas
Oui, c'est bien. C'est bien. Allez, il
faut sur
C'est le docteur Massi. Je vais inviter
pour le petit d�jeuner.
Enfin, tu aurais pu me pr�venir, tu
aurais pu me dire quelque chose.
Mais c'est son seul jour de repos. Il
apporte les croissantes et ouvre,
j'arrive.
Bonjour.
Bonjour.
Je les �cueill ce matin dans notre
jardin.
Elles sont belles. Merci beaucoup.
Tenez.
Ah, c'est gentil. Entr�z.
Magnifique. Ici,
c'est ma maison de famille. Mon mari a
tout chang� �videmment.
Bonjour.
Bonjour. Comment allez-vous ? Mais tr�s
bien, tr�s bien.
Vous savez, Fabrice est rentr� tr�s
impressionn� apr�s votre rencontre
et particuli�rement par madame L�onie.
Ah bah justement, j'ai la suite de
l'histoire de madame L. Non, non, non,
non, non, pas ici pendant le petit-
d�jeuner. Tiens, tu veux bien mettre �a
dans un vas s'il te pla�t et pr�parer du
caf� ?
Et oui,
il fait du tr�s bon caf�.
Tr�s bon. Ah oui,
�a l�.
Vous disiez madame L�onie ?
Elle s'est r�veill�e � 5h du matin, a
demand� � un infirmi�re de pr�venir sa
famille, de venir � 7h, pas plus tard
parce qu'elle allait partir.
Ils sont l� madames,
installez-vous.
Merci,
je vous en prie.
Les ont pris le train, elles seront l� �
8h10.
Tr�s bien.
Allez, installez-vous.
Madame L�onie est partie � 8h28.
Les malades qui ont domin� leur peur de
la mort sentent souvent leur fin
arriver.
Il vous arrive de penser � la mort
plut�t � ce qui pr�c�de.
Je suis convaincu que les patients
savent plus sur leur �tat par notre
comportement que par nos propos souvent
�dulcor�s.
Merci.
Personne ne veut croire r�ellement � sa
propre mort et tout le monde en a une
peur visc�rale. C'est �crit situation
d'hyst�rie. Il nous reste l'art de
comment l'aborder et comment apprendre �
ne pas en avoir peur.
Je vous �coute et je me demande s'il y a
pas un livre � �crire.
Non non, un livre sur les mourants, �a
c'est du voyeurisme.
Non, il y a de l'id�e mais alors �a
ferait fuir.
Un livre sur la fin de vie
avec l'exp�rience d'un praticien
et la r�flexion d'un philosophe.
Vous �tiez int�ress� par les mensonges
qui entourent les patients et et les
lieux communs des politiques sur le
sujet et sur le nombre pitoyable des
unit�s dans son palliatif.
Oui, oui, oui, bien s�r. Oui, mais je
sais pas. Comment traiter la mort fait
quotidien et normal quand le mot normal
� c�t� du mot mort fait peur ?
C'est une id�e. L'opposition, mensonge
et normalit�.
Oui, il faudrait traiter pour sortir de
l'anecdote, il faudrait traiter la
relation du m�decin � son patient en fin
de vie et du patient en fin de vie � son
mal. Un livre, �a peut �tre un moyen de
faire comprendre
et de se lib�rer.
Je vais vous raconter l'histoire d'une
jeune femme et de ses m�decins.
Vous permettez ?
Qu'est-ce que tu fais ?
J'enregistre
maintenant.
Oui,
je te dis que c'est une phase positive.
J'ai juste besoin de changer d'air.
Alors, pr�pare ce bateau et on l'a fait
cette vir�e.
Mais pas au large du cabotage avec ta
copine, m�me si tu veux.
Attends, je te laisse. Il y a mon
m�decin qui vient d'arriver. Ouais, je
te rappelle. Ouais, c'est mon fr�re.
�a fait des ann�es qu'il m'a promis une
grande vir�e Marseille Naple � la voile.
Mais pardon,
je pense qu'il va falloir attendre pour
la virer.
Qu'est-ce qu'il y a encore ?
J'ai eu les r�sultats de la prise de
sang et il y a une chute importante des
globules rouges.
Il vous faut du repos.
On va annuler la chimie
quoi. Mais c'est pas possible. Mais
pourquoi ?
Pour le moment, on annule.
Il vous faut du repos.
On va vous hospitaliser pr�s de Paris
pour vous retaper.
D�s que vous aurez repris des forces, on
parlera de la chimio.
Tu as pas un autre truc ?
Et celle-ci, vous aimez ? Non mais plus
fort.
Waouh ! Magnifique ! Regarde comment
c'est beau.
Attends,
ralentis, ralentis.
Euh non mais il y a une erreur hein.
C'est pas ici que vous deviez me
d�poser.
Euh c'est ma coll�gue qui m'a donn�
l'information.
Il pas d'erreur.
Bonjour mademoiselle carr�.
Bienvenue, on vous attendait.
Et ben pas moi. C'est qui le chef ici ?
Vous inqui�tez pas, le m�decin
mais je veux le voir imm�diatement. Il y
a une erreur, une tr�s grave erreur.
OK, d'accord. OK. Tu tu pr�viens le chef
?
Venez, je vais vous accompagner. Venez
avec moi.
On va prendre l'ascenseur � droite.
Vous inqui�tez pas, �a va aller. On va
aller voir le m�decin. OK.
Oui oui tr�s bien tr�s bien merci
c'est vous le chef ?
On m'a dit que vous n'�tes pas contente.
Vous savez ici c'est une une unit�
adapt�e � votre votre clen
ici.
On va en parler.
Assyez-vous l�.
Non,
j'ai rien � faire ici. C'est une erreur.
J'ai besoin d'un lieu de repos.
Il faut que je retrouve des forces pour
la chiaot parce qu'elle a encore �t�
repouss�e
� cause de de la chute de mes globules
rouges.
Il faut que je r�cup�re.
J'ai des projets importants avec mon
fr�re.
Il a accept� de me revoir apr�s apr�s
mes ann�es de gal�re et et on on va
faire une vir�e en mer. Enfin, la vir�e
qui m'avait promis, c'est pour mes 20
ans.
J'en ai 31 et je veux surtout pas rater
�a. Attention,
attention.
Venez.
Allez,
vous serez mieux sur le lit.
Attention.
J'en ai rien � [�__�] de vos soins
palliatifs et de votre unit� sp�ciale.
Je sais pas ce que je fous ici.
Qui se trompe ? Vous ou mon m�decin qui
me suit depuis tr�s longtemps ?
Vous savez, j'ai j'ai ce courriel de
votre canc�rologue.
Que fait-on ?
Est-ce que vous voulez que je vous
informe de la r�alit� ? qui n'est pas
simple.
Votre cancer du sein
est entr� dans une phase tr�s agressive.
Il progresse inexorablement
avec des m�tastases malgr� toutes les
chimiotos.
Je vais m'occuper de vous. On va
s'occuper de vous.
Les m�decins sont des salots.
Ils m'ont vol� ma mort.
J'avais tellement de choses � faire.
Le canc�rologue de L�a avait pr�venu son
fr�re qui � son tour n'avait pas os� lui
dire la v�rit�.
Il avait promis une vir�e en mer.
Et comment finit l'histoire de L�a au
soins palliatifs ?
L�a est morte dans les bras de son fr�re
en �coutant leur chanson pr�f�r�e. Oui.
Mais nous n'avons pas que des trag�dies
comme celle de L�a.
J'ai re�u �a.
Des hu�tres. Une note d'espoir
pas encore.
Merde encore.
Qu'est-ce qu'on fait ?
Je sais pas.
Qu'est-ce que vous attendez ? Prenez-la
dans mes bras.
Vous allez vous lever puis mettre le
bras sur mon �paule.
Une bigouen venant de Bretagne pour voir
son fils. Elle a eu un accident
cardiaque. Examen, on a d�couvert un
cancer de l'usophage tr�s avanc� et les
urgences nous l'ont adress�.
On a remis ma m�re � l'h�pital pour qu'
aille.
Son fils patiser a quitt� son travail.
S'est pr�cipit� � l'h�pital.
La Bigouen re�oit son fils avec joie en
s'excusant d'avoir cette m�chante
maladie.
�a va ?
Et toi ? �a va ?
Je veux rentrer � l' que tu dis, manger
des hu�res fines de clair et boire un
bon petit verre de faim blanc.
Le docteur dit que tu peux pas bouger
des ici avec du vin blanc. Les suitres
de Paris n'ont aucun go�t.
Je veux rentrer.
Commence alors pour le fils une longue
course d'obstacle.
De toute fa�on, votre m�re, elle est
mourante.
Elle n'est plus transportable.
L'autoris� sera un assassinat.
Non mais �coutez, �a c'est pas possible.
Je vous ai d�j� dit, elle veut pas
rester ici. Il y a sans doute un petit
truc � faire, une solution, je sais pas
moi.
Le fils retourne dans la chambre de sa
m�re o� je me trouvais.
et me raconte son d�sarrois.
Il me donne pas l'autorisation.
Il dit que l'�tat de ma m�re enfin que
ma m�re serait tr�s bien ici.
Voyez le juriste de l'h�pital et
demandez-lui que faut-il faire pour
avoir une sortie contre un ab m�dical.
Docteur,
je vous promets que je ne vais pas
mourir avant d'arriver � l'ud.
Mais bien s�r madame.
Vous signez cette demande et votre m�re
aussi.
Merci. Elle en est capable. Ah oui
ouioui compl�tement oui.
Faites une lettre au m�decin du service
pour sortie contravie m�dical
sans litt�rature
ni hu�re ni vin blanc.
Vous ne venez pas encore me parler des
hu�res fines de clair et de vin blanc ?
Non non j'ai command� une ambulance.
S'il arrive quelque chose � votre m�re,
ce sera de votre responsabilit�.
Merci. Bon retour madame
au revoir madame le BC. Vous allez nous
manquer.
Merci. Merci pour tout. Merci � tous.
10 jours plus tard, nous avons re�u
cette carte postale. Voulez-vous la
montrer ? Pouvez la lire.
Mes lunettes,
cher docteur Masset,
elle a pu manger ses hu�tres fines de
clair num�ro 3 avec un verre de
briscadet avant de nous quitter. Merci
pour tout et � tous.
�loin son fils.
La fin dont chacun r�ve. En effet,
c'est �a partir sans marchant d'espoir,
sans grimper au ciel,
avec des soignants qui connaissent l'art
d'�couter
et accoucher la mort sans douleur.
Disons
pour traiter au mieux ce qui n'a ni
traitement ni gu�rison.
Je suis navr�, c'est une urgence.
Mais c'est pas votre jour de repos.
En th�orie, c'est un patient qui me
r�clame avec force.
Venez, �a peut vous int�resser
� volontiers. Oui.
Et pour assister � tout ?
Oui, j'ai gard� sa blouse blanche.
Vas-y.
Il vous attend. Il devient agressif, il
refuse de parler � Thomas.
Oui, la phase terminale entra�ne souvent
des changements de caract�re.
Il a quand m�me des p�riodes d'absence.
Il arr�te pas de r�p�ter euh "Je
traverse un d�sert glac�".
C'est Fran�ois Moria qui disait �a avant
sa fin.
Thomas est aupr�s de lui mais en fait
c'est comme s'il n'existait pas. On a
pr�venu la famille.
Bonjour monsieur Broquet.
Vous passez quand ? �a vous chante ?
gentil sur rien fourbe comme vos
assistants.
Doucement
hypocrite m�me sourire perfide.
Calmez-vous monsieur Calmez-vous qui
m'embrouille qui me gave de bit pour
m'endormir et et pour vous laisser
tranquille.
Calmez-vous �a va aller
fourb
et vous ?
Et vous ?
�a suffit maintenant. Monsieur Brquet,
vous allez vous faire On va vous
coucher.
Allez, venez doucement,
doucement.
Voil�, on y est presque.
Tout va bien.
Allez, asseyez-vous.
Allez,
vous assir.
�a va, vous �tes bien install� l� ?
Vous n'avez pas mal ?
Calmez-vous un petit va
Je me force � �tre poli.
Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?
s�par� de mon chien. Alors �a m'�nerve,
je suis d�pendant pour tout. C'est
humiliant.
Terminer sa vie comme �a. Oh l� l� l�,
�a me d�sole.
Je comprends que vous soyez f�ch�.
Est-ce que je peux vous poser des
questions ou c'est vous ? Monsieur
Moquet,
vous commencez.
Qu'est-ce que vous savez de votre
maladie ? que j'ai un cancer avanc� et
qu'on me refuse la chibia. Seul moyen
pour m'en sortir.
Voulez que je vous informe de la r�alit�
?
Oui, monsieur. Seulement, j'ai aussi
peur de la r�ponse. Voulez-vous, je
je vous pr�cise l'avanc�e de votre
maladie ou j'en a votre �pouse ?
Non, non, vous laz.
Je vous poursuivrai
pour assassinat.
C'est moi que �a concerne.
Mais j'ai peur. Voulez-vous remettre
cette discussion � plus tard ?
Allez-y docteur. De toute fa�on, c'est
de pas
Allez-y.
Votre maladie a �volu� malgr� tous les
traitements. Votre pneumologue vous
avait propos� d'autres traitements,
n'est-ce pas ?
Peut-�tre, je sais plus.
Il me parlait,
il regardait ses pieds.
Il m'avait donn� de [�__�] �a moi.
Puis il m'a envoy� chez vous.
Vous
vous vous �tes sp�cialiste aussi. Ben
non, je suis l� pour apprendre et
comprendre.
Votre maladie. Vous pensez qu'on peut la
guerre ? Je pense pas chimia
mais vous savez ce sont ce sont des
traitements lourds avec des effets
ind�sirables. Je vais dormir maintenant
in
m'a apport� Hugo.
Je vais �tre fol
c'est son chien
lui �a lui fait plaisir. Merci.
�a va ? Je vais te l'amener, t'inqui�te
pas. Regarde, il y a ta s�ur qui est l�.
Ouis.
Ah, vous voil�.
Bonjour.
Bonjour. Vas-y.
Bonjour.
Docteur. Est-ce qu'on nourrit
suffisamment mon mari parce que dans 15
jours, il va recommencer une chimie.
J'ai trouv� sur internet un nouveau
traitement am�ricain tr�s prometteur et
je suis en contact avec les inventeurs.
On m'a aussi recommand� d'autres
th�rapeutique, la copure, la
sophrologie, l'aromoth�rapie, toutes
approuv�es. Je me demande qu'est-ce
qu'il fait ici.
�a �a peut �tre compl�mentaire. Je veux
qu'il soit nourri � des heures
r�guli�res et on doit le r�hospitaliser
en canc�rologie jusqu'� la chimio. Il
n'a rien � faire ici.
Arr�tez de discuter.
Docteur, s'il vous pla�t, il faut que
vous m'expliquiez quoi docteur ? Je
voudrais vraiment mais j'ai besoin de
savoir qu'est-ce qui se passe exactement
avec mon mari
juste � droite madame
assez je prie
madame votre mari tr�s affaibli
et l'�volution de sa maladie l'�puise
il n'a pas faim
Faux.
S'il ne mange pas, il ne pourrait pas
s'en sortir.
Les infirmiers m'en ont parl�, il ne
mangent que pour vous faire plaisir. Il
ne retient rien.
Il vous l'aurez hospitalis� en
canc�rologie.
Ici, il ne pourra pas s'en sortir.
Vous en serez responsable.
Madame, vous devez �tre courageuse. Le
temps de votre mari n'appartient qu'�
lui.
Il ne vous le dira pas car il vous
prot�ge,
mais vous devez vous pr�parer � son
d�part.
Non,
il peut pas partir,
il peut pas me laisser.
Vous voulez qu'il parte ? Son �tat de
sant� nous laissa penser que son d�part
est proche.
Peut-�tre pourriez-vous euh accepter la
situation et l'autoriser � partir.
Mais comment vous pouvez dire une chose
pareille ? Mais c'est monstrueux.
Mais je vous d�teste.
Allez,
moi je suis d�sol� de avoir entra�n�
dans des histoires impossibles.
Et maintenant,
je vais je vais la recevoir, �couter sa
col�re,
tenter � nouveau de lui expliquer la
situation si elle veut bien sans la
brever de faux espoirs
qu'elle n'a pas l'air d'avoir
d'ailleurs.
C'est toute l'ambivalence.
J'esp�re qu'elle va retrouver un peu de
s�r�nit�. Vous pensez r�ussir ?
C'est une situation
inhumaine pour tous les deux.
� m�diter.
Bon, venez, on va voir le mari. Je crois
je vais vous laisser. Auguste,
ils sont en train d'arriver.
Ils choisiront des churs pour me mettre
en difficult�. C'est l'usage. Ce sera
mieux qu'une �mission � to et un
g�ographique qui vient avec Ellisabeth
ou deux trois autres.
Entrez, entrez.
Oh l� l�, on est tremp�.
Bonjour Florence. Bonjour
Florence.
Oui, je vais bien.
�milie, mon assistant, producteur, le
m�chant de l'histoire.
Allez,
�a va bien ?
Oui. Nous �t en train de parler de vous.
Nous essayons de deviner qui seront vos
invit�s.
Choisis selon leur appartenance, leur
religion et leurs �crits surtout en
Fabrice.
Ils seront combien ? Bah comme
d'habitude 5 si
un to rigolo teigneux. Alors ceux qui
ont �crit sur votre livre � sa sortie
sont � la retraite ou au cimeti�re.
Il n'y aura que des gens qui te
respectent m�me si tous ne t'aiment pas.
Et le titre de l'�mission ?
Le fl�o des seigneors, c'est abstrait.
Le fl�o des vieillards vulgaires. Les
deux sont une bombe. Le
fl�o des seigneurs correspond � la
r�alit�. Pire qu'il y a 20 ans. C'est le
contenu qui compte par l'emballage.
Appelez-la vieillissement et fin de vie.
Euh, soir�e est tr�s sexy. Parlons du
contenu, on verra apr�s pour le titre.
Ce tableau est nouveau.
Bien vu. Viens t'asseoir.
L'accroissement des gens �g�s, la fin de
vie, les th�mes de ton premier livre
sont plus exacerb�.
Parlons de l'explosion du nombre de
vieux
et ses cons�quences dans le livre s'est
�voqu� avec un r�alisme qualifi� par
�milie ici pr�sente de brutal.
Ahie est trop sensible, pas brutal mais
rugueux de v�rit� comme la r�alit�.
Alors, il faudra trouver les mots,
Fabrice, pour faire comprendre aux
spectateurs ce vaste accroissement des
gens �g�s et ses cons�quences. Encore
une fois, tu en �voques trois dans leur
brutalit� ou rugosit�.
� l'�poque de J�sus-Christ, l'esp�rance
de vie �tait de 35 ans, au Moyen-�ge de
45 ans. Aujourd'hui, elle est 80 ans
pour les hommes, 85 pour les femmes.
Dans 25 ans, elle sera de 90 ans. Les
cons�quences sont �conomiques, sociales
et par-dessus tout affectives.
Et il faudra dire pendant l'�mission,
comme tu l'�cris dans ton livre, que
c'est vieux. Non
non, je dis pas les vieux, je dis ces
gens �g�s.
Dire que ces gens �g�s ne produisent
rien, consomment peu et co�tent cher,
mais
c'est la r�alit� sociale. Ils seront
plus nombreux que les moins de 20 ans.
Bient�t, nous aurons plus de 250000
centenaires en France.
On vous demandera que faire de ce
tsunami de vieillard que vous nous
annoncez. Votre qualification de tsunami
est inexacte et vulgaire. Elle identifie
mon analyse � la critique et � la
rigolade. Il y a plus de 14 millions de
personnes �g�es en France, la majorit�
indispensable � la soci�t�. Tenez, je
vais vous donner un livre.
Vous y d�couvrirez le r�le insoup�onn�
de ces vieillards pour l'�quilibre du
pays.
John aime parfois les exc�s.
Les exc�s �lectrise les t�l�spectateurs
et �a fait de l'audience et de bonnes
�missions.
D'ici 20 � 25 ans, il y aura plus de 4
millions de personnes qui ne seront plus
autonomes et qui m�riteront une fin de
vie digne.
C'est le propos de notre sp�cial Fl�o
des Seigneurs de rappeler aux politiques
qu'il faut une fin de vie digne pour
tous. C'est pas � moi de dire �a.
Une fin de vie digne alors que d�j� des
millions de personnes en France n'auront
pas une vie d�cente avant d'arriver �
cette fin de vie digne qui nous
promettent depuis toujours.
Oui, mais la question reste, vous
proposez quoi ? Les solutions, �a c'est
ni mon r�le, ni ma responsabilit�. Moi,
je suis observateur. J'observe et je
rapporte. H
l'esprit de l'�mission c'est la
discussion mais aussi la pol�mique.
Bien entendu.
Disons qu'un invit� vous agresse.
Ah ! 200000 incurables en France et
seulement 2000 ont acc�s aux soins
palliatifs. Et vous ne protestez pas
contre les carences de ces gouvernements
successifs ? Un autre encore dira : "Que
proposez-vous pour les vieux � 100 %
d�pendant ?" Et �a peut continuer.
Vous aurez aussi l'intellectuel
respectable. Le grand �crivain, monsieur
Welbeck Michel pense qu'interrompre
l'agonie est un crime de civilisation.
Que lui r�pondez-vous ?
Je vous demande pas de r�ponse, mais je
vous pr�viens de ce qui vous attend.
C'est bon, John, il a l'habitude.
Excusez-moi, pardon.
C'est Augustin, tu peux voir ce qu'il
veut ?
Oui, c'est Florence. Il y a des
sentiments humains et des forces d'amour
que toutes ces personnes sembent
ignorer.
Oui, il m'en a parl�, je vous le passe.
Excusez-moi.
Oui, Augustin.
Si vite ?
Comment ? Et madame Broquet ?
Attendez Augustin,
attendez, je suis en r�union. Mais je
pense que l'histoire de monsieur et
madame Broquet va int�resser toutes ces
personnes. Alors, je vais brancher la
cam�ra sur l'ordi, hein. Restez avec
nous. Voil�, vous allez voir, c'est
l'histoire de la femme d'amour.
Le m�decin que vous allez voir � l'�cran
s'appelle Augustin Masset et il dirige
une unit� de soins palliatifs. Alors
cette femme, madame Broquet, s'�tait
r�volt�e contre le compte-rendu m�dical
et j'avais assist� � ce drame. Voil�
Augustin, vous �tes avec nous. Vous
pouvez mettre le le t�l�phone �
l'horizontal.
OK,
comme �a c'est mieux.
C'est bien. C'est parfait.
Bonjour. Bonjour tout le monde.
Bonjour docteur.
Alors euh
madame Broquet est revenue avec G son
chien en me pr�sentant ses excuses. Et �
toi aussi d'ailleurs Fabrice.
Elle s'est assise au bord du lit
et d'une voix apais�e.
Tu as �t� tr�s courageux.
Maintenant tu peux partir quand tu veux.
Je serai forte.
Je continuerai tes maquettes.
Notre petitfils s'appellera comme tu le
souhaites.
David Combo�.
Faut pas que tu t'inqui�tes.
Monsieur Brequet a voulu voir toute sa
famille.
Regarde, tout le monde est l�.
� 20h. Toute la famille �tait l� r�unie.
� 21h, il a voulu rester seul avec ses
tes enfants et ses petits enfants.
Il a demand� � tout le monde de partir
avec Hugo, le chien, pour rester seul
avec sa femme.
Tu te souviens de Sivill ? Hm.
Tu te souviens que j'avais pas envie d'y
aller ?
Tu as insist�. J'�tais tellement
heureuse.
Tu m'as amen� partout
dans les jardins
� la cath�drale.
Tu m'as montr� de la peinture
magnifique,
de l'or, de l'argent partout.
Tu m'as tout expliqu�.
en d�tail chaque chose.
J'�tais tellement heureuse.
Matin, il est parti
� c�t� de sa femme.
J'aurais voulu �tre avec vous Augusta.
Vous pensez qu'il a d�cid� de partir ?
Sans doute. Il s'est laiss� aller.
Il a v�cu un moment exceptionnel qui
n'allait pas se reproduire.
Voil�.
Au revoir tout le monde.
Merci Augustin.
On s'appelle Fabrice.
Oui.
Au revoir
Fabrice, cet homme est bouleversant.
�trange activit�.
Magnifique activit�. Non pas r�parer les
vivants, mais accompagner ceux qui vont
cesser de l'�tre jusqu'au bout. Il faut
le mettre dans l'�mission. Le philosophe
et le praticien au c�ur de la fin de
vie.
Fin de vie, �a sonne un peu sinistre.
Non
non, c'est pas sinistre. C'est la vie.
La fin de vie, c'est encore la vie.
Pour votre ami, qu'est-ce que la mort ?
Pas le blabla m�dical, hein.
Il pense que le corps porte la mort
comme le fruit, son noyau.
R�ussir sa mort, �a signifie quoi pour
lui ?
Finir dignement, ne pas laisser
souffrir, ne pas abandonner, faire ce
qui fait sens pour le malade.
J'aimerais vraiment qu'on invite le
docteur Masset dans l'�mission. Mais
j'ai justement un projet de livre avec
le docteur Mass� sur la mort,
maladie terminale, comment la vivre et
c'est quoi bien mourir ?
Et bien voil�, la mort et nous on est
tous concern�s, un record d'audience,
le ma�tre de la mort et le philosophe.
Ils savent pas par quoi commencer.
Philosopher, c'est apprendre � mourir.
Foutise. Ce qui s'apprend, c'est comment
aider le vivant � mourir.
Tu as parl� de la mort comme continent �
conqu�rir. Tu voulais dire quoi ? Il y a
eu le continent sexe. Au 20e si�cle,
Freud des consortors, on fait le boulot
en passant des aventures du c�ur au
pulsion des couilles, hein, si on si on
veut. Enfin bref, en passant du
sentiment � la libido, mais au 21e
si�cle, c'est la mort qui a d�couvrir et
� explorer. On est blas� avec les
carnages, les massacres des guerres.
C'est devant l'unit� d'une mort qu'on
est paniqu�.
Augustin, tu vas parler de ton anxi�t�
ou juste du livre et de l'�mission ?
Regarde-moi �a. Qu'est-ce que c'est que
�a ?
Extraordinaire �a.
Bon �coute
euh je t'appelle hein et je continue �
pied. Tout de suite.
Vous devez vous garer au parking.
Mais je reste juste 2 minutes.
C'est un jour sp�cial.
Ah oui, je vois �a.
Un de nos passons est fans d'aron. Les
camarades sont venus le saluer. Le
docteur vous attend. Salut.
Bonjour Jean-Pierre avec tout son club,
les copains de son club.
Enchant�.
Bonjour.
Un bel hommage hein.
Ah oui, spectacle.
Tu vas essayer �a. �a �a devrait aller
normalement. Je pense que c'est la bonne
taille.
Ouais, c'est parfait. Tr�s bien. Alors
maintenant, je vais te montrer un monde
un peu diff�rent. C'est pas l'habitude
de les voir ici. Ils ont m�me tout ce
qu'il faut pour aller ailleurs.
C'est c'est un patient qui nous a �t�
adress� par l'h�pital hier soir avec une
forte zone de ses natifs inop�rance.
La famille peut pas le laisser malgr�
l'apaisement qu'il a trouv� ici.
Notre m�decin de famille prendra le
relais. Il vous suffira de lui indiquer
les prescriptions.
Bien s�r, vous assurez une pr�sence
permanente pour votre mari.
Naturellement,
mon mari sera heureux � la maison,
entour� des siens et de ceux qui
l'aiment.
La famille peut sortir s'il vous pla�t ?
Non, on va rester l�.
OK.
Vous �tes fabri tout �a l'�crivain
pour vous.
Vous �crivez un livre, un reportage
venez avec nous. Ouvrez l'appartement et
transformer en h�pital, c'est beaucoup
mieux qu'ici.
Tu viens ? Oui.
J'aurai plein de choses � vous dire si
vous voulez.
Au revoir. Au revoir. Au revoir.
C'est
tu vas voir, tu vas �tre bien � la
maison. Tout est install�.
Je m'appelle le g�nie.
Il de mon p�re. J'aime bien comme le
g�nie grand.
Balzac
Balsac
votre m�re vous appelle
c'est pas ma m�re c'est ma belle-m�re
� la mort de papa �a �tre rock and roll
10 millions et pas de testament
voulez
je te raconter une belle histoire
voil� j'ai fini
Fabrice ?
Ouais,
�a c'est le tien.
Elle est bien l'anecdote de g�nie, je
trouve.
Ouais, hein. Tragie, com�die, tout ce
qu'il y a de plus humain.
Oui, enfin, les poubelles des �diteurs
en sont pleines. � vous d'en faire
quelque chose.
On en fera un compte philosophique pour
la t�l�.
Voil�, celui-l�
c'est pour Augustin.
Oui.
Ah,
j'ai quelque chose pour toi.
Faudra aller voir les fils d'impatient.
Enfin, ils avaient fui avec leur m�re.
Tiens, toute neuve.
Ce patient veut finir sa vie chez lui
avec sa famille. Ben, on est toujours
mieux chez soi, m�me
Florence a mis sur papier nos
enregistrements.
C'est-toi
pour moi. C'est c'est nouveau donc
passionnant. Mais pour toi
Larochuko a dit le soleil ni la mort ne
se peuvent regarder fixement. Et toi, tu
accompagnes les mourants les yeux dans
les yeux, ce qui est un exploit
permanent.
Pour le livre, il faudrait une m�thode.
Moi, j'ai tout � des questions � poser,
tu vois, voir et �couter. Premi�re
question,
quelle est la meilleure mort ?
�a te pr�occupe d�j� ?
Questionner, c'est un d�but de m�thode.
C'est � toi de te r�pondre.
Est-ce qu'il t'arrive de penser � ta
mort ?
Parfois, mais sans assister.
Oui,
ils sont l�.
Ouais. Ouis,
il faut insister.
Et c'est � toi de te r�pondre.
Bonjour.
Bonjour.
Bonjour.
Bonjour.
Bonjour. Bonjour.
Notre s�ur va avoir un peu de retard.
Elle vous prie de l'excuser.
Tr�s bien.
Je vous en prie. Assiez-vous.
Bien. Euh votre p�re n'est pas toujours
coh�rent, mais il est pr�cis sur un
point. Il veut finir sa vie chez lui
avec sa femme et ses enfants.
Il a dit avec sa femme et ses enfants.
Nous avons visit� le p�re en arrivant
gr�ce � madame
dormait profond�ment.
Votre p�re souffre beaucoup
physiquement, moralement. Thomas
alors sur le plan des douleurs, gr�ce �
une titration � morphine, on a r�ussi �
le soul� avec 120 mg par jour en
socutan�. Mais c'est vrai que c'est
davantage la souffrance psychique qui
pr�domine maintenant. Ces volont�s sont
surprenantes.
Notre m�re l'a quitt� plut�t fuit avec
nous il y a plusieurs ann�es. Quant �
nous n'avons pas cherch� elle.
D�sol� pour le retard. Bonjour.
Bonjour.
Bonjour.
Bonjour. �a va ?
Nous parlions du p�re qui a demand� �
nous voir
sans moi.
Tu m'as demand� de venir me voil�. Mais
s'il s'agit de le revoir d'obs�que ou je
ne sais quoi, c'est sans moi.
Ce qu'on essaie de vous dire, docteur,
c'est que notre m�re a quitt� le p�re.
Il a tout ce qu'on veut savoir c'est ce
que vous attendez de nous.
Nous nous effor�ons de respecter la
volont� de nos patients.
Domicile reste le meilleur endroit pour
finir sa vie. C'est aussi le plus
complexe.
C'est son choix.
C'est pas notre probl�me.
Son �tat exige une pr�sence permanente.
Compte pas sur moi. Mon travail me
laisse pas une minute.
Votre p�re peut b�n�ficier d'une
hospitalisation � domicile.
Des soignantes passent deux fois par
jour. Le portage des repas est assur�,
mais �a n'assure pas une pr�sence
permanente.
D'accord.
Et combien de temps lui reste-t-il ?
Un jour ? Une semaine ? Moins d'un mois.
Sa maladie le fragilise et entra�ne des
pertes d'�quilibre aux cons�quences
probl�matiques.
On pourrait se relayer les weekends.
Est-ce que des professionnels peuvent
assurer le reste de la semaine ?
les payerons possible. Oui, la mise en
place de l'HAD hospitalisation �
domicile consiste en l'installation de
mat�riel m�dical chez le patient puis au
passage d'infirmi�re pour les soins
m�dicaux aussi souvent que n�cessaires
et au passage des pour les
On sentait un un pass� charg� de secrets
impardonnables. M�me la veille de son
tr�pas m�me sa fille l'appelait le p�re
tous ilappelait le p�re jamais notre
p�re ou papa. Oui, il semblait d�signer
la fonction uniquement comme pour nier
toute affection.
Et la raison de la fuite de l'�pouse
avec les enfants
chez nous, nous ne posons jamais ces
questions.
J'y vais.
Sans doute un fait qu'il ne laisse
aucune place au pardon.
C'est notre ami.
Adama
mon ami Adama que nous attendions.
Bonjour
bienvenue
Adama
Florence enchant�
amie d'Augustin de Martine.
Bonjour �milie. Bonjour, je fais partie
d'une d�l�gation du S�n�gal.
Enchant�.
J'ai �chapp� justement pour d�jeuner
avec mes amis de plus de 20 ans, mais
aussi pour d�jeuner avec vos leurs amis.
C'est un grand plaisir pour moi.
Je voulais en profiter pour visiter un
NPAD. Augustin m'a recommand�. J'ai �t�
tr�s bien re�u. Il te respecte beaucoup
l�-bas.
C'est de l'eau.
Oui.
Merci.
Augustin Mass�,
que faites-vous de vos vieux ?
Vous les enfermez dans des bo�tes avec
d'autres vieux qui ne se connaissent ni
d'�ve ni d'Adam en attendant la mort.
Chez moi au village � Baila
est encore un chemin de sagesse et de
transmission.
Ici vous les isolez dans des bo�tes o�
le profit s'est timis� et o� les
actionnaires ont le droit divin.
Cher Adama, c'est vrai. Que faisons-nous
de nos vieux dont plus personne ne veut
? Bon ami Fabrice a �crit un livre sur
ce sujet il y a 20 ans. Il est
r�actualis�, c'est tr�s inqui�tant.
Je vous propose de poursuivre cette
conversation � table. D�jeuner pr�t.
Et vous avez exerc� en Afrique Augustin
?
Un peu avec m�decin du monde et aussi
avec Adama dans son village.
La grande m�decine vous l'avez appris o�
?
Je suis un clinicien un petit m�decin de
campagne. C'est au lit de malade que je
me suis form�. Allez-y. � la fin, on
nous enseignait la m�decine curative, la
mort, je la vivais comme un �chec.
Pendant des ann�es, j'ai fui. Les
infirmi�res me sollicitaient pour entrer
dans la chambre d'amour. Je partais en
courant. Docteur, votre passion vous
r�clame. Je je r�pondais non, je peux
pas. Je suis press�, j'ai un patient �
voir. Elle me disait mais docteur juste
une minute, un petit mot, il a besoin de
vous. Chez nous aussi. Je lui avais
demand� de venir voir une mourante dans
sa case effray�. Il m'avait r�pondu
"Pourquoi la voir si elle est mourante
?" Il ne visitait que des vrais malades.
� la fac, on ne pronon�ait pas le mot
mort, seulement gu�rir. Et quand on ne
pouvait plus gu�rir, le m�decin s'en
allait. Puis un jour, j'ai j'ai eu envie
d'apprendre � �tre pr�sent, � parler
avec loyaut� et me voil� maintenant
responsable de soins palliatifs pour
vous servir quand vous voulez.
Merci. On me dit souvent "Oh le pauvre,
�a doit pas �tre marrant tous les
jours." On vit des moments intenses
mais si fabuleux.
Nous sommes un lieu de vie o� l'on rit
plus souvent qu'on pleure.
Tu fais un beau m�tier, tu rends humain
ce qui ne l'est peut-�tre pas.
On a besoin d'hommes comme toi.
Allez, je vous en prie.
C'est une situation assez inhabituelle.
Dieu de terribles douleurs malgr� la
morphine et d'autres saloperies. On m'a
dit que toi tu peux les arr�ter.
Je vais bien m'occuper de vous.
Bonjour monsieur.
Mon mari.
Docteur
Fabrice tout �a.
Bonjour.
On y va.
Non.
tout seul.
Vous allez �tre bien ici. Vous allez
voir. Tout le monde est tr�s gentil. On
va bien s'occuper de vous.
Une jolie chambre,
une belle vue.
Attention.
Bonjour.
Bonjour.
bien s'en occuper.
Merci.
Pas de morphine,
Dieu ne la supporte pas.
Fais-moi confiance. Tr�s bien.
C'est pas de la morphine.
Mon mari ne sait pas tout.
Tu vas aller au bain th�rapeutique et au
massage et apr�s tu bavarderas avec
notre psychologue.
Mon pier est l�-haut.
On sait dit tout.
Il t'a dit quoi pour ce que tu as ?
Que
ce n'est pas moi du tout. Pas � moi mon
mari.
Tu acceptes de parler avec notre
psychologue
chez lui.
Non, c'est une femme.
J'aime mieux �a.
Tu lui ai demand� de me laisser partir
et toi tu vas m'aider.
Nous en parlerons demain.
Elle pas pass� une aussi bonne nuit
depuis des semaines et des semaines.
Elle veut vous voir au plus vite.
Docteur,
les m�decins nous mentent. Pourquoi ? Je
sais que c'est grave. Et si nous ne
mentons pas, il nous arrive de ne pas
dire toute la v�rit�. Mais je vous
demande toute la v�rit�.
C'est � la patience de la demander.
N'appartient qu'� elle.
a toujours quitt� ses hommes sans jamais
dire � Dieu. Moi, je suis le mari, je
veux savoir, c'est sa derni�re ligne
droite. Votre impression est juste.
Nous allons prendre soin d'elle le mieux
possible
pour un temps qu'on ne conna�t pas.
Il ne savent pas. Non, il n'y a que �a.
Soigne,
bonjour.
Bonjour.
Bonjour.
Bonjour.
Bonjour.
Docteur.
C'est d�licieux.
Tr�s amandes avec chantil.
Il y en a plus.
Assyez-vous.
Vas-y.
Alors, comment �a va ce matin ?
Je vais partir vite.
La douleur revient mais c'est pas ici.
C'est ici que �a travaille.
Insupportable.
Tu as pas un regard de m�decin toi ? Tu
es pas m�decin.
Je suis �crivain. Excusez-moi. J'aurais
d� vous pr�venir.
Tu dois �crire un livre sur mon d�bat au
paradis des o� il n'y a pas de
souffrance.
C'est quoi une belle mort pour toi ?
Dans mon sommeil comme ma m�re.
Mais il faut vivre.
Tu m'as dit que je veux pas souffrir
je peux partir dans mon sommeil.
Quand
c'est toi qui d�cide.
Tu ne diras rien � mon mari.
Je ne veux pas qu'il souffre avant.
Apr�s, il aura le temps.
Alors, on fait comment ? pas ici hein.
Je vais �tre chez moi la caraapane.
Voil�,
on va brancher ces deux sering � ces
deux amb
une contre la douleur.
L'autre pour t'apaiser si tu d�cides.
Je ne vais pas partir
Ne t'inqui�te pas les doses de d�part ne
te feront pas dormir.
Si tu as mal, il s' augmentera la dose.
Quand tu seras dans ta caravane,
quand toi tu auras d�cid�,
Iness augmentera le d�bit de la seringue
avec la pastille rouge
pour te mettre dans un sommeil profond
selon le protocole que j'ai prescrit.
J'ai tout.
Tu vas t'endormir sans douleur,
tranquillement au milieu de tes proches.
Appelle St�phan
et ne pleure pas.
Nous allons emporter hein. Si
pr�parez-vous, nous allons partir.
Nous allons partir. Pr�parez-vous,
amour. Pr�parez-vous. On s'en va.
apr�s.
On s'est pas vu beaucoup.
On chatte la chanson mon amour des
escargots
pour partir.
Les escargots qui vont � l'int�rieur
d'une feuille morte.
Allez, partons.
D'une feuille morte, deux escargots
s'en vont.
Ils ont la coquille
noire
du cr�pe autour des corps.
Il s'enfant
dans les soirs
un tr�s beau soir d'autom
et quand ils arrivent
c'est d�j�
le print temps. Les feux qui �taient
mortes sont toutes ressuscit�.
Et les deux
escargots sont tr�s d�spoint�s.
Mais voil� le soleil, le soleil qui leur
dit prenez prenez la peine la peine de
vous asseoir. Prenez un verre de bi�re
si le c�ur vous en dit. Prenez si �a
vous pla�t l'autocar pour Paris. Il
partira ce soir mod�r� du pays. Mais ne
prenez pas le deuil, c'est moi qui vous
l' dit. �air le plan de l'�il et puis �a
on les dit.
Les histoires de cercueil, c'est trist�
va jolir.
Reprenez vos couleurs, les couleurs de
l'ann�e.
Alors toutes les b�tes, les arbres et
les plantes se mettent � chanter �
chanter � tu�t la vraie chanson vivante,
la chanson de l'�t�.
Et tout le monde de boire, tout le monde
de tranquille. C'est un tr�s joli soir,
un joli soir d'�t�.
Et les deux escargots
s'en retournent
chez eux. Ils s'en vont tr�s aimus. Ils
s'en vont tr�s heureux
comme ils ont beaucoup bu.
Il tue un petit peu, mais l�-haut
dans le ciel la lune
veille
sur
eux.
Il y a une progression de la l�sion.
Lila, vous me faites une copie de �a.
Excusez-moi. �a veut dire quoi une
progression de la l�sion ? Je vous
retrouve dans mon bureau hein. Il faut
que je le vois seul. On en parle
l�-haut. � tout de suite.
Voil�, c'est termin�.
�a va pas trop dur ?
�a va.
Cet enfermement, �a me fait penser �
r�ver et usage la catastrophe. Sa
lecture m'avait secou�. Fascinant.
Augustin est parti et ma femme,
ils nous attendent dans mon bureau.
Dites-moi, toutes ces IRM, vous les
faites par anxi�t� ou pour �crire ? Pour
�crire dans le d�tail comme dans l'usage
de la r�verie.
La vie n'est que d�tail et le diable est
dans les d�tails. Mon anxi�t� aussi.
Je vous atteins dans mon bureau.
Alors, c'est si grave que �a ?
Elle a tout plant� toute seule,
sauf le gazon. C'est du plastique.
C'est si grave que �a ?
Tu m'avais jamais parl� de ces petites
t�ches.
Pitez bien que tu avais une autre
pr�occupation que celle de l'�crivain.
Non, c'est grave que �a ?
Tu lui expliques.
C'est ton domaine Lana.
Augustin dit qu'il faut toujours dire la
v�rit�
� celui qui la demande.
Je ne demande pas, j'exige. Et sans
avant propos rassurant, s'il vous pla�t.
Vous disiez que le diable se niche dans
les d�tails, n'est-ce pas ? Dans mes
anxi�t�s aussi. Oui.
Et bien, pr�parez-vous.
La petite t�che s'est r�veill�. Il faut
traiter �a imm�diatement.
C'est l'heure du combat Fabrice
avec ��onor mais aussi avec Florence,
nous avons un plan de proposer.
Fabrice,
le diable sera dans les d�tails,
mais le plaisir de vivre et le combat
pour survivre aussi.
Regardez,
je vis avec �a depuis 11 ans
et sans inqui�tude particuli�re.
Venez dans mon jardin,
on parlera du futur.
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