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Putain, ils remettent ça à ce connard.
Ils vont encore aboyer toute la nuit.
Hervé ? Hervé, qu 'est -ce que tu fais ? Je l 'avais prévenu.
On va pas encore se retaper une nuit blanche. Calme -toi, Hervé.
Lacombe ! Rentre avec les morts ! J 'ai des soins pour eux ! Je te jure que j
'ai fait ! Lacombe ! Tu m 'entends ?
C 'est un
accident,
j 'ai sursauté, le coup est parti.
Et ce gamin, vous ne l 'aviez jamais vu ? Aucune idée de qui il est, de ce qu
'il faisait là ? Mais non, aucune.
Bah oui, et du coup, vous voulez tirer dessus comme ça ? Logique. J 'ai déjà
que c 'était un accident.
Vous croyez qu 'il va s 'en tirer ? Le commandant va t 'aider ? Oui.
Je peux vous parler ? Bien sûr.
C 'est du petit plomb, aucun organe vital n 'a été touché.
Mais le mot, il va comment ? C 'est pas pour le coup de fusil que je vous ai
appelé. Suivez -moi.
Il est en coma à avancer.
Pas à cause de la blessure par balle, mais du froid et de l 'épuisement.
Il a probablement parcouru quelques kilomètres avant de s 'écrouler dans ce
jardin.
Quelle fille t 'a pris de traverser cette forêt en pleine nuit dans une
pareille ? Maltraitance ? Les radios révèlent des fractures multiples.
Et regardez.
Il est là partout.
Et s 'il devait qu 'il m 'ose ?
Des cicatrices, des brûlures.
Récentes ou pas ? Certaines, oui. D 'autres, quelques semaines.
Je sais pas qui les aimait, mais t 'es en sécurité ici, maintenant.
Autre chose ? Est -ce au prix de l 'hypothermie ? Présence de brûlures sur
bras, éthiomose sur les jambes.
Ah, si.
Il a une prothèse de la hanche. Une prothèse ? Rarissime pour son âge.
Il a forcément un numéro de série sur une prothèse. En effet.
Avec ce numéro, on va pouvoir remonter à son identité.
Oui, commandant, je vous mets sur un parleur.
Alors. Arnaud Cholet, né le 22 octobre 2000 à Antony.
Aucun antécédent de maltraitance signalée.
Par contre, il a un dossier de délinquance épais comme une
Vol, vandalisme, raquettes, menaces, coups et blessures répétés et surtout
nette accélération la dernière année.
Vous êtes sûr qu 'on parle d 'eux -mêmes, là ? Quand on voit son état, il
ressemble plus à une victime qu 'à autre chose. Tu sais comme moi que ce sont
parfois les mêmes.
Les enfants maltraités deviennent des ados maltraitants.
Ouais, les cassés qui deviennent des casseurs, je sais.
Cela dit, il y a de quoi.
Il a perdu sa mère quand il avait 4 ans. Il a été élevé seul par son père qui s
'est remarié en 2012.
Bon, t 'envoies l 'adresse de la famille sur le téléphone de Jonathan, ok ? Ça
vous servirait à rien.
Arnaud a été placé en centre d 'éducation renforcée l 'année dernière.
CER, les jeunes poussent.
Agréé par le ministère de la justice pour accueillir des jeunes en
Non mais arrêtez vos conneries, on sait très bien c 'est quoi les CER.
C 'est les poubelles pour jeunes de la con juste avant la casse -prison.
Ah mais pas toujours.
Certains centres font du bon boulot. Ouais mais celui -là on le connaît pas
Et puis ils ont laissé un souffre -douleur en pleine nature entre la vie
mort. D 'accord.
Euh Jacques... Tu préviens le père et la belle -mère.
Clara, tu trouves tout ce que tu peux trouver sur le CR, OK ? Je vous envoie
tout sur le téléphone de Jonathan.
Merci. Je vous en prie.
Dis -moi, comment il fait pour s 'y retrouver dans ce bordel qu 'il a, là ?
Jonathan a toujours une logique qui nous dépasse. Ça va plus de l 'ordre de la
psychiatrie, non ? Ouais.
J 'adore.
Moi aussi, je l 'aime bien.
Kylian ! Kylian ! Kylian ! Kylian ! Kylian ! Kylian ! Kylian ! Kylian !
Kylian ! Kylian !
Kylian
! S 'il vous plaît, messieurs, c 'est privé ici. Commandant Matéi, lieutenant
Nassib, brigade de la protection des mineurs.
Vous êtes Manu Destrier, responsable du centre ? Oui, pourquoi ? Il vous manque
un joueur ? Vous avez pas remarqué ? Arnaud Chollet.
Ah non, je cherchais pas, il est à l 'hôpital.
Pour répondre à votre question, je n 'avais pas remarqué l 'absence d 'Arnaud
parce que depuis hier, il est en cause d 'orientation.
Avec un petit groupe.
Seul, sans adulte ? Oui.
C 'est une manière de valoriser ceux qui se sont bien comportés, de leur montrer
que je leur fais confiance et de rebooster leur image d 'eux -mêmes.
Là, pour le coup, vous êtes bien planté.
C 'est intéressant, ça.
On vous dit que vous avez un de vos hommes à l 'hôpital et vous, vous ne
demandez même pas comment il va.
Si, bien sûr.
Comment il va ? Il va entre la vie et la mort.
Merci de demander.
Déshydratation, hypothermie, plusieurs plaies anciennes sur le corps et
accessoirement une balle dans l 'épaule. Pardon ? Et les autres mômes de la
virée ? Il faudrait peut -être penser à les rapatrier, non ? Ils sont où, ils
sont combien ? Quatre. Mais ça va être compliqué, j 'ai aucun moyen de les
joindre. Pas de téléphone, rien ? C 'est ce qu 'on appelle un challenge d
'autonomie. Ils n 'ont que le strict nécessaire.
Les marques sur le corps d 'Arnaud, les coups, les brûlures, vous étiez au
courant ? Non.
Évidemment. Sinon j 'aurais réagi.
Arnaud était quelqu 'un de très perturbé. Il extériorisait tout le temps
-être par de la violence.
Je pensais que cette page était tournée. Vous pensiez.
Mais votre travail, c 'est de vous en assurer, pas de penser.
Vous avez vu les effectifs que j 'ai ? Théoriquement, c 'est un éducateur pour
deux mômes.
Raison de plus, peut -être, pour pas les envoyer tout seuls comme ça dans la
nature, non ? Je l 'ai fait parce que je crois en ce type de défi.
Écoutez, on est là pour ces ados, pour leur redonner un cadre, des repères.
C 'est tellement vrai que...
Ça en a peut -être même poussé un à se barrer.
On est censés être dans le même camp, commandant.
Je comprends pas vos remarques déplacées.
Il vend moi une feuille de route, un parcours préétabli, non ? Oui.
Bien sûr.
Je veux la voir, s 'il vous plaît.
Allez.
Il est parti où ?
Ne t 'inquiète pas, il est tout le temps là.
Encore une minute.
Ils vous font faire ça souvent ici ? Ouais, quand il y a des embrouilles.
Et Arnaud Cholet ? Il avait des embrouilles avec qui ? Pourquoi avec ?
-ce qui lui est arrivé Arnaud ? Tu t 'inquiètes pour lui, t 'es tes pote, c
ça ? Non, vite fait quoi.
Dis -moi vite fait.
Il a dit ou il a fait quelque chose ? Tu n 'y allais pas ces derniers temps, non
? Il avait des ennuis ici ? Des ennuis ? Pourquoi ?
Je vois pas qu 'on est chez Mickey, ici.
Chez Mickey, ça peut me faire rire.
Dis -moi plutôt.
Destrier, là, le directeur.
Ça parle Destrier ou c 'est un emmerdeux ? Comment dans ma théie, vous jouez à
quoi, là ? Ah ben, tiens, quand on parle de Mickey... Je fais du sport.
Ça tiendra pas longtemps.
T 'es sûr que t 'as rien à me dire ? Rien.
Tu es Destrier ? Ouais.
On pourrait voir la chambre d 'Arnaud ? Si vous y tenez.
Top, c 'est fini ! Eh, tout le monde rentre ! On se dépêche !
C
'est bon, ils sont partis, là ? Vous n 'allez pas me la faire à moi,
Oui, c 'est bon.
J 'étais sur les épaules, quand même. Oui, c 'est ça. Ça tire, ça tire, là.
Dépêche.
Vous n 'en avez pas.
C 'est bon, on sort.
Comment c 'est possible ? Qu 'est -ce qui lui est arrivé ? C 'est ce qu 'on
essaie de comprendre, madame Chalet.
Dites -moi, votre beau -fils, quand il rentrait chez vous le week -end, ça se
passait comment ? La plupart du temps, il rentrait pas.
Il était consigné au centre.
Sinon, il restait dans sa chambre à faire la gueule. C 'est toi, là ? Mais
'est ton petit frère ? Oui.
Il y a des photos d 'Arnaud aussi ? Non.
Tu peux me dessiner Arnaud, alors ? Oui.
J 'ai essayé de faire au mieux.
Pendant toute une année, je vous jure.
Au début, j 'étais contente. Je me disais que ça allait être super d 'avoir
Arnaud comme un grand frère pour Maëlys et Stan.
Mais ça n 'a pas été du tout. Ça a été un enfer.
À l 'école, il se battait souvent avec ses camarades. Il revenait blessé.
Toujours très nerveux.
On pouvait rien lui dire. Il montait tout de suite dans les tours.
À la maison, il en faisait qu 'à sa tête. Et puis moi, j 'ai fini par
les bras.
Mais vous savez, c 'est toujours difficile pour un ado de se retrouver
nouvelle famille.
Surtout après avoir vécu aussi longtemps seule avec son père.
Je sais.
Et j 'ai tout fait.
Tout ce que je pouvais pour lui offrir une place. Mais je n 'ai pas réussi.
Il a même essayé de me menacer physiquement.
Il fallait qu 'on fasse quoi de plus ? Qu 'on se sépare pour lui faire plaisir
À un moment, c 'était lui ou nous.
Et son père n 'aidait pas ? Ben si, il essayait.
Sauf qu 'il est rarement là, à la maison, avec son métier.
Votre mari a été prévenu. Il est au travail.
Il est difficilement journée, mais je lui ai laissé un message.
J 'avais peur.
Peur pour moi.
Pour les enfants, ce centre, ça a été notre seule solution, quoi, la seule.
Je comprends.
Putain, le bordel.
C 'est toi qui dis ça ? T 'es un avis de connaisseur, hein ? Je croyais que dans
les TER, l 'ordre était de mise.
C 'est le cas.
Mais il faut savoir leur laisser des zones de liberté.
Ma méthode, c 'est de restaurer la confiance pour que les baumes s
'épanouissent. Bon, avec vos soi -disant méthodes d 'épanouissement, il y a
Arnaud qui est dans le coma, là. Arnaud, ça faisait un an qu 'il était là.
Il progressait.
Et son pote de chambre, c 'est qui ? Kylian Delporte.
La grande gueule que vous avez vue en bas.
Il s 'entendait bien avec lui ? J 'avais eu le problème sérieux avec eux.
Vous m 'entendez ? Ouais.
Eh, il y en a pour un petit paquet d 'argent, là.
C 'est pas des allumettes.
Intéressant.
Tu m 'expliques ? D 'un côté, j 'ai Arnaud, ton pote, couvert de coups et
blessures, 14 ans, 40 kilos tout mouillé.
Et de l 'autre côté, j 'ai toi.
Costaud, bagarreur.
Partageons la même pioule qu 'Arnaud.
Ben ouais.
Quand on s 'est emmerdé, on se salue d 'être sauté à la gorge à coups de lames.
Ouais, t 'as raison, je suis con.
Vous étiez potes, très bien.
Vous battiez avec qui, alors ? Avec personne.
Personne ne le faisait chier, c 'est tout.
T 'as pas l 'air de comprendre la situation, Kylian.
Si tu m 'en dis pas plus, tu vas être accusé de raquettes et d 'agressions
physiques sur ton copain de pioule. Tu comprends ça ? Vous avez que d 'hommes.
Tu sais que tu vas repasser devant un juge et que là c 'est plus un CER mais
CEF, centre d 'éducation fermé. Et je peux te promettre que c 'est pas du tout
la même limonade. T 'entends ça ? T 'es sorti là, tes potes, tes parents, tu
peux faire une croix dessus, tu comprends ? Ça me fera les vacances.
Kylian, si tu m 'aides pas, je vais pas pouvoir t 'aider là.
Ok, t 'as gagné.
On va arrêter de perdre du temps, toi.
C 'est fini ? T 'as quel âge, là, 17 ? 16.
Si on tape sur une expérience de vie de 78, ça veut dire qu 'il t 'en reste 62.
Deux solutions.
La première, tu les bousilles.
La seconde, t 'essayes d 'en faire quelque chose de bien. Enfin, t
Tu es moins mieux que ça, là.
Attendez.
Pour les lames de rasoir et le flanc.
Scarification ? Tu te fais ça tout seul, c 'est ça ? Et apparemment, ça date pas
d 'hier.
C 'est quoi le plaisir ? Le défi, la douleur ? Vous vouliez le savoir,
maintenant vous savez.
Ok.
Et Arnaud ? T 'as une idée pour ses blessures, ses fractures ? C 'est pas
aussi, c 'est votre question.
Il était comment ici ?
Ça va, il était cool.
Sauf quand il revenait de week -end chez lui.
C 'est pour ça qu 'il préférait se faire consigner.
Pour éviter de se taper ses parents.
Ces coups, ces blessures, tu crois que ça peut venir à ses parents ? C 'est
le flic, pas moi.
T 'as plus de putain ! Regarde là que je te crève ! C 'est le père d 'Arnaud, je
parais. Vous pouvez se chialer. Calmez -vous, police ! Calmez -vous, on est là
pour discuter tranquillement et pour savoir ce qui est arrivé à votre fils.
Calmez -vous ! Qu 'est -ce qu 'il s 'est arrivé à mon fils ? Ce gros nain, ça !
Il n 'a pas se protégé, maintenant il crève ! Calmez -vous ! Foutez cette
là ! Je ne peux pas vous parler, vous ! Toi, tu ne vous parles pas ! On t
'entend ? Lâchez ça ! Lâchez -moi ! Calmez -vous ! Je comprends totalement
douleur. Lâchez -moi ! Mais pour qu 'on puisse parler, il faut être calme !
Calme ! Ok ?
C 'est bon, là, je suis calme.
Ça va, là, c 'est moi.
N 'obligez pas à passer les menottes devant les gosses.
Allez, tout va bien, on retourne à cette occupation. Allez, allez.
Dis -vous, fils de pute.
Vous allez nous suivre à la BPM.
Allez, ça suffit, c 'est bon.
C 'est bon, là.
Je sais que je ne devrais pas m 'emporter comme ça.
Ça m 'a débordé, c 'est plus fort que moi.
Ça vous a débordé ? Et avec Arnaud aussi, ça vous débordait ? Quand il vous
tenait tête, par exemple, ou qu 'il était ingérable ? Ça m 'arrivait de l
'engueuler, mais... Vous le frappiez ? Pardon ? Jamais ! Jamais j 'ai touché un
cheveu de mon fils, vous comprenez ça ? Je vous ai terminé de m 'accuser, hein ?
On vous accuse de rien.
Je cherche juste à comprendre pourquoi votre fils ressemble à un punching ball
et ce qu 'il fuyait quand on l 'a retrouvé.
Il était au centre quand il s 'est barré, non ?
Tout vient de là, je vous le dis, moi. Tout vient de là.
Je vais porter plainte contre cette saloperie de CEA, contre ce connard d
'éducateur qui les laisse partir sans rien. On n 'a pas le droit de faire ça.
faut être fou, non ? Avec ce qu 'on a, n 'importe quel avocat, même débutant,
démontrera que Destrier n 'a commis aucune faute caractérisée.
On n 'aurait jamais dû laisser Arnaud là -bas.
Le laisser là -bas ? Pourquoi il n 'était pas là -bas sur l 'ordonnance du
?
Arnaud ! Arnaud ! Quoi encore ? Tu vas où, là ? Tu prends des affaires, tu te
barres comme ça ? T 'as l 'école demain, je te signale. Non, je suis un pote.
Non, ça sort de question, tu sors beaucoup trop. Rentre à la maison d
'il te plaît. Pas ma maison.
Arnaud, t 'es un chat ! Un sac, on te fout ton pension, tu comprends ? On
plus, là. Vas -y, fais -le, de toute façon, je m 'en fous. Elle me gonfle, ta
femme et ses enfants. Je veux plus rester ici.
Tu parles pas comme ça, t 'entends ? Je parle comme je veux.
Regarde -moi, tu parles pas comme ça, j 'ai dit.
Va te faire foutre.
Il a jamais accepté la mort de sa mère, c 'est ça ?
Il avait 4 ans quand c 'est arrivé.
Il ne l 'a quasiment pas connu, mais... C 'est vrai, ça l 'a marqué.
Et moi, pendant toutes les années, je faisais ce que je pouvais pour lui,
Mais je n 'étais pas toujours là à cause du boulot.
Il s 'accrochait à moi, et moi... Je n 'ai pas toujours su répondre.
Toute cette histoire, c 'est au fond un drame mal géré.
Ce gamin qui s 'est jamais remis de la mort de sa mère et qui a totalement
vrillé l 'adolescence.
Les conneries, la violence.
Sans doute, on se fait le moyen d 'appeler au secours.
Bon, ok, on est d 'accord, mais en ce qui nous concerne, le problème, c 'est
son passé. C 'est son éducateur. C 'est lui qu 'il faut choper, salopard, je
vous dis.
Oh putain, je suis convaincu de dire l 'ombre.
Ça lui fait quoi ? Rien de plus que d 'habitude.
Qui la arrive aujourd 'hui ? Je ne sais pas.
Tu voulais me voir, Michel ? Oui, je viens d 'avoir un coup de fil de la
gendarmerie. Les compagnons de bivouac de ton môme viennent les retrouver.
Ça, ils souffrent.
Ils ont mis le temps, dis -moi.
J 'adore quand tu me parles sur ce ton.
Tu ferais un excellent commissaire. C 'est sûr.
Qui peut plus, c 'est faire le moins.
Commissaire, commissaire, rien, c 'est ça ? Exactement.
Eh bien, tu vas te marrer. Tiens, regarde.
D 'après tes indications, on aurait dû les retrouver par là.
Ouais. En fait, on les a retrouvés ici.
Tu te fous de ma gueule ? Non.
Bon, il y a deux solutions.
Soit ils ont le pire sens de l 'orientation de l 'histoire du camping.
C 'est peu probable.
Soit ils ont pas eu la bonne carte.
Je t 'en prie.
Jonathan. Tu creuses plus sur des friés.
Historique, précédent, passif, je vais tout savoir sur lui. Ok.
Clara, tu viens avec moi.
Un peu de féminité dans ce monde d 'ados testostérone, ça peut aider.
Vous voulez pas que je mette une jupe non plus ? Ah, t 'as des jupes, toi ?
Jeanne, t 'es toujours en contact avec le chef du service du CHU ? Oui,
? Ce serait bien que les parents chôlés puissent voir leur fils.
Ok. Merci.
Je suis désolée.
J 'aurais pas dû te pousser à le placer, je... Non.
Non, c 'est moi qui l 'ai abandonné.
Tiens bon, mon grand.
Tiens bon.
Je suis là maintenant, tu m 'entends ? Je suis là.
Je serai toujours là.
Qu 'est -ce qui s 'est passé avec Arnaud ? Pourquoi il est parti à moitié à poil
? Tu nous accuses de quoi ? On peut détendre, on parle l 'un après l 'autre,
'accord ? Avec ça, vous deviez traverser la forêt, rien d 'autre ?
Eh, les garçons, surtout, vous bousculez pas pour répondre là, cool ? Ouais.
Ouais.
Je vous écoute.
On sait pas ce qui est arrivé à Arnaud.
Ça faisait chier de faire cette virée, comme à nous tous.
Je pensais que c 'était une récompense pour votre bonne conduite. Une
? Putain, ce salaud.
Je savais pas qu 'on se tutoyait, toi et moi. C 'est formidable.
Quoi ? Mais ça, c 'est pas interdit ? Dans le GPS, on pouvait rien faire.
T 'es obligé pour te repérer. Vous avez pas de réseau ? Vous allez dire ça à l
'éduc ? Arnaud, il est parti sans ses fringues.
Il vous a laissé son sac.
Pardonnez -le -moi.
Merci et merci de votre coopération.
Allô, Mlle Marjorie Delalande ? Kylian, tu te
concentres un peu ? Quoi ? La feuille de route que vous m 'avez donnée n 'est
pas du tout la même que celle des enfants. Pas étonnant qu 'ils soient
Allez, tout le monde dehors.
Eric, tu les accompagnes, s 'il te plaît.
Bon, les gars, on y va.
Allez.
C 'est exactement la même carte.
Échelle moins précise, deux fois moins d 'indications, balisage approximatif, la
même ? Non, je crois pas.
Je les ai laissés faire eux -mêmes le traçage de la carte à partir des
indications que je leur avais données.
S 'ils ont choisi une autre échelle, s 'ils n 'ont pas tout indiqué ou si des
données se sont effacées, c 'est pas ma faute.
Et vous, vous vérifiez jamais ? Entre moi et moi, c 'est un contrat de
confiance. Si ça passe mon temps à les fliquer, ça tient plus.
Les fliquer, les protéger ? Pourquoi ils n 'avaient rien à manger ? Pourquoi ils
n 'avaient pas de couverture de survie, pas de trousse d 'urgence ? Pourquoi pas
de l 'antimoustique et des fusées de détresse aussi ? Ils sont partis faire
balade en forêt à 20 km de Paris. C 'était pas un trek en Amazonie.
Et si vous les aviez pas interrompus ? Si je les avais pas interrompus ? Y en
aurait combien dans le coma, là ? Vous êtes là pour savoir ce qui est arrivé à
Arnaud pour m 'emmerder sur la façon de gérer le centre ? Eh, regardez -moi
bien.
Je peux être multitâche.
Commandant ? Ouais ? Ça, c 'est le sac à dos d 'Arnaud. Et j 'ai trouvé ça à l
'intérieur. Qu 'est -ce que c 'est ? 5 000 euros en cash.
Ah.
Des explications ? Ah non, laissez -moi deviner.
J 'avais oublié. Pas d 'explications, monsieur.
Vous en savez rien ? Emmène ça à la scientifique qui enlève les empreintes
le sac plastique. Ça marche.
À plus tard.
Au revoir. Au revoir.
Jeanne, je peux te parler deux secondes ? C 'est vite fait.
Avant d 'être en charge d 'infirmière, d 'extrayer, il s 'est toujours occupé d
'attentation de mômes. Genre, colo de vacances, pas mal en Bretagne.
Mais il a la vocation. Oui, comme tu dis.
Mais regarde -moi avant.
Oh ! À chaque fois qu 'un journal local pose un papier sur lui, il se met
toujours en avant de gros bâtard.
Oh, tu te calmes. Qu 'est -ce qui t 'arrive là ? Pourquoi t 'es remonté
contre lui ? Désolé, je ne suis pas remonté. C 'est juste que j 'ai fait mon
travail, j 'ai trouvé quelques trucs.
Attends, je dois te mettre autre chose.
Entre 2004 et 2006, il dit... Il disparaît totalement de la circulation.
À ton avis, pourquoi ? Il faisait quoi ? Il était où ? Je planquais.
Tentait de se faire oublier.
Suite à la mort de mon petit frère dont il avait la garde.
Ouais, c 'était ça.
Mon petit frère.
Benoît.
Il avait 12 ans.
À l 'époque, on vivait à Ploubalanek.
Et on partait souvent en colo dans le coin.
Un été, Benoît a fait un stage de voile à Trébordun, dans un petit yacht club
qui accueillait des camps de scouts.
Et ils ont fait un jour une sortie en mer, mais la météo était vraiment
méchante.
Les marins rentrent tous au port, mais Desti avait décidé de maintenir la
sortie. À cette époque, il était chef chez les scouts, mais il était déjà en
mode « vous êtes des hommes et pas des mouviettes ». Le soir, la météo a encore
empiré. Et les enfants ne rentraient pas.
Quand il a décidé d 'appeler les secours, c 'était trop tard.
Sur les six gamins partis, il y avait un mort.
Benoît, le petit frère de Marjorie.
Il n 'y a pas eu de condamnation, pas de poursuite ? Marjorie a déposé Plante,
mais ça n 'a rien donné.
Les familles ont pris la défense de Destrier.
Il était soutenu par la paroisse.
Pour tout, c 'était la faute à Patchon.
Ou la volonté de Dieu ? Même vos parents ? Surtout mes parents.
Pour eux, c 'était sans doute la seule façon d 'accepter ou de ne pas devenir
fou de douleur. Vous êtes retrouvée seule contre tous.
Je ne peux pas imaginer.
J 'étais mineure. Et comme mes parents ne me soutenaient pas, les flics ont
lâché l 'affaire. Mais quand j 'étais majeure, j 'ai voulu faire rouvrir le
dossier.
Mais mes parents m 'ont tournée le dos.
On ne se parle plus.
C 'était il y a dix ans.
Maintenant, j 'habite entre la Bretagne et Paris.
Je sais même pas où ils sont.
Vous inquiétez pas, vous êtes toutes seules.
Entre ce qui est arrivé à votre frère et ce qui est en train d 'arriver à
Arnaud, on peut plus parler de présidence.
C 'est pas si simple.
L 'affaire a abouti à un non -lieu, on peut pas rouvrir un dossier comme ça.
Attendez, commandant, vous pouvez pas dire ça, là, c 'est dégueulasse.
Destrier a tué mon frère.
On a un autre enfant qui est entre la vie et la mort. Vous pouvez pas le
en liberté ?
Jonathan, tu nous craques le portable que Clara a récupéré.
Merci. Et tu nous trouves des infos sur Kylian Delporte, le copain de chambre d
'Arnaud. Ok. Vous pensez à quoi ? Marjorie Delalande nous a dit que
était très dur avec les enfants. Il suffirait que les ados du CER parlent
que détruire tombe.
J 'ai un message de la scientifique. Ils ont trouvé deux jeux d 'empreintes sur
le sac plastique contenant l 'argent.
Ok, super.
Tu vas à l 'hôpital récupérer les empreintes d 'Arnaud. Ok.
Je n 'arrive toujours pas à comprendre comment un gamin de 14 ans en pension se
retrouve avec 5000 euros sur lui.
Bill, raquettes, prostitution et j 'en passe.
Non, pas pour 5000 euros. Et puis en plus, ça n 'explique pas qu 'il est en
grosse coupure.
Jonathan, je m 'envoie les infos dès que tu les assures qu 'il y en a.
Ok. Vous allez où ? Je vais voir la seule personne qui connaissait bien
Il y en a beaucoup qui parlent et qui ne savent pas. Il y en a beaucoup qui
savent et qui ne disent pas.
Pourquoi il fait toujours ça ? Monsieur Chalet ? Bonjour, je suis de l
'Arabaison de la Brigade des mineurs.
Ne vous inquiétez pas, je n 'en ai pas pour longtemps.
Vous vous dites qu 'on est des mauvais parents, n 'est -ce pas ? Qu 'est -ce
vous fait dire ça ? Parce que j 'ai abandonné mon fils, j 'ai baissé les
Écoutez, je suis sûre que ça vous a coûté de le faire.
Je vais donner ma démission.
Je vais trouver un autre boulot ou n 'importe quoi, je m 'en fous.
Et quand il sortira du coma, je serai là.
Je passerai du temps avec lui.
On fera plein de trucs ensemble.
Et il ira mieux.
Oui, c 'est ça, il ira mieux.
On a retrouvé 5000 euros dans le sac d 'Arnaud.
5000 euros ? Oui, 5000 euros.
Est -ce que vous avez une idée d 'où ça pourrait venir ? Non, pas du tout.
On lui donne 30 euros par mois, mais il dépense toujours tout. Il n 'a jamais su
mettre de l 'argent de côté.
Je vais prendre vos empruntes pour vous éliminer de la liste des suspects.
Ça va ?
Votre fils ? Il a de la chance, il vous ressemble pas.
Non, c 'est pas mon fils, non.
Il s 'appelle Benoît.
Il est mort il y a quelques années dans une sortie en mer organisée par devine
qui ? Des triés.
Il a pas de bol, des triés.
On va faire un deal, toi et moi. Moi je coupe et toi tu m 'écoutes, ça te va ?
C 'est pas une question de bol.
Je crois au contraire que... Des striés, ils poussent un peu trop les gamins
ici, tu penses pas ? Tu te tiens à qui me fait penser, Benoît ? À Quentin.
Ton frangin.
Vous avez le même âge, non, quand il est mort ? Vous feriez mieux de la fermer.
Le juge a statué négligence.
Ton père n 'a pas été culpé pour ça.
Quelques heures plus tard, tu essayes de poignarder ton père.
Ton propre père.
Il y a quelque chose qui me dit que je n 'étais pas d 'accord avec le jugement,
je me trompe ? Un connard ! Un alcoolo ! Incapable de s 'occuper de nous ! Tu
vois, on a au moins ça en commun tous les mois.
On ne supporte pas les adultes qui maltraitent les enfants.
Ça nous rend dingue.
Tu sais, il faut que tu m 'en dises plus sur ce qui se passe ici.
J 'ai besoin de savoir, pour Arnaud et pour Quentin, ton frangin.
Pourquoi ? Ça te fera revenir, mon frère ?
Pour les 5000 euros dans le sac à dos d 'Arnaud, ça te parle ?
Non, apparemment, t 'es pas au courant.
Remontez.
Encore vous ?
Petite question, là. Cette photo, là, ça vous paraît ? Évidemment.
Kylian, tu nous laisses.
Attends deux secondes.
Faut que je prenne des empreintes.
Pourquoi ? C 'est du nouveau ? Peut -être.
Peut -être pas.
Merci.
J 'ai besoin de prendre les vôtres aussi.
Qu 'on parle, vous et moi.
C 'est Benoît.
Vous commencez sérieusement à me pomper l 'air, commandant.
Vous voulez qu 'on parle de ce drame, c 'est ça ? Alors venez, j 'ai quelqu 'un
à vous présenter.
Jonathan, t 'as avancé sur le téléphone que j 'ai piqué au copain Nardot ? Non,
j 'ai pas eu le temps, je suis en train de creuser le décès de la lande, là. T
'attends quoi, ça urge, là ? S 'il te plaît, Clara, je fais ce que j 'ai à
faire, je connais mon boulot, fais pas chier.
Qu 'est -ce qu 'il se passe, Jonathan ? Il ne se passe rien, rien. Je suis en
train de bosser là, ça se voit, non ? Tu as un problème avec cette affaire, c
'est ça ? Mais n 'importe quoi, il n 'y a rien.
Tu es un fleur de peau, tu démarres au quart de tour.
Depuis quand tu t 'inquiètes pour moi ? Depuis que tu ne me charries plus.
Depuis ce matin, tu ne me regardes pas.
Tu n 'as pas envie de me parler à
moi, parle à Maté.
Ok, c 'est bon, je le prête.
Ça te va, là ? Reste pas comme ça, c 'est tout.
Prêt ? Question de Lalande, secrétaire général de l 'association.
De Lalande ? Le père de Benoît. Oui, pourquoi ? En quoi puis -je vous
aider ? Le commandant Maté voudrait des renseignements sur l 'accident de
Benoît.
Entrez, commandant.
Je vous laisse.
Vous savez où me trouver.
J 'ai du mal à comprendre.
Votre fils est mort alors qu 'il était sous la responsabilité de Destrier et
vous, au lieu de déposer plainte, vous le soutenez et vous travaillez avec lui.
Parce que ce qu 'on a pu lui reprocher était injuste.
Il avait fait un travail formidable avec Benoît.
Formidable.
Je ne sais pas ce que dit votre fille.
Vous avez parlé à Marjorie ?
Elle était très jeune, très proche de son frère. Ça a été une tragédie.
Et puis c 'est plus facile de désigner un responsable que d 'accepter que ce
sont des choses qui arrivent.
Marjorie a fait une dépression avec ses jours en hôpital psychiatrique.
Votre fils est mort ? Arnaud Chollet est en train de suivre le même chemin et
vous, vous croyez à une coïncidence ? Mais Manu travaille avec des dizaines et
des dizaines d 'enfants.
Violents, compliqués, des bombardements.
Il a une méthode bien à lui, de très bons résultats.
Alors oui,
il a eu deux accidents en dix ans. Deux.
Pour combien d 'enfants aidés ? Deux dont votre fils qui est mort.
Deux. Deux de trop.
Deux.
Deux pour l 'instant.
J 'aurais besoin de prendre vos empreintes.
L 'enquête.
C 'est les vidéos qu 'on a retrouvées dans le téléphone du gamin.
Vous allez voir, c 'est surprenant.
Personne ne lui a jamais fait de mal à part lui -même.
Il se fait ça tout seul.
Analgésie. Ce sont les personnes qui ne ressentent pas la douleur physique.
Et personne n 'a jamais rien vu autour de lui.
Les parents, les profs.
On apprend en général aux garçons à serrer les dents quand ils ont mal.
Pour Arnaud, c 'était juste plus facile.
En tout cas, pour l 'instant, on cherche un coupable qui n 'existe pas.
Attendez. Et sale, et sale. Ça, ça compte pas, ça ? Ok, ok. J 'ai toutes
merdes.
Je fais qui ? Je fais qui ? Non, mais c 'est qui ? C 'est qui, là, que je fais ?
C 'est l 'esprit. C 'est vrai, c 'est l 'esprit.
Allez, les gars, entre nous, il y a un contrat de confiance.
Si vous le brisez, il se passe plus rien. Il se passe pas rien. Vous êtes d
'accord ?
Pour moi, 110 ans sur Destrier, c 'est soi -disant méthode d 'épanouissement,
comme il dit si bien. N 'importe quel juge te dira que c 'est juste des gosses
qui caricaturent l 'autorité.
Comment ça ? Donc, en gros, on l 'arrête là ? Non, Destrier est un sale type.
Il prend des récits inconsidérés avec les gosses, il est dangereux.
On n 'a rien contre lui.
On a le témoignage de Marjorie Delalloy et tout ce qui s 'est passé en Bretagne.
Ouais, ça aussi, c 'est une impasse.
Marjorie a multiplié les séjours en hôpital psychiatrique, mais Destrier a
discours concret là -dessus.
Putain, je ne peux pas croire que ce mec va s 'en tirer là -dessus.
Hé, Jonathan ! Non, mais c 'est plus possible, c 'est bon.
Comment il s 'appelait le mec qui a semblé à détruire ?
Julien Dupont, c 'est le genre de mec qui a la carrière de Mac Tyson.
Lui aussi, il était éducateur de foyer.
Et lui non plus, il aimait pas les moviets, c 'est ça ? Tout ce qui l
'intéressait, c 'était les gros dieux, les autres, il les méprisait.
C 'était un pote, un rêveur.
Il passait son temps à écouter sa musique.
Et sa passion, c 'était le dessin.
Pas très viril, tout ça ? Non.
Julien Dupont voulait en faire un vrai mec.
Et d 'humiliation en humiliation, tout ce qu 'il a obtenu, c 'est que le gamin
se jette par la fenêtre.
Triple fracture des côtes et du bassin.
Ça a failli y passer.
Je ne sais pas, personne n 'a reconnu la responsabilité d 'éducateur.
Bah non, c 'est une TS.
C 'est comme ça que ça marche ici, non ? Une tentative de suicide, c 'est la
peau du gamin.
Évidemment. Alors c 'est comme ça la justice ? Hein ? Des pervers qui
l 'habit des gosses.
Et pas vu, pas pris.
Et on est censé accepter ça, nous ? Non.
Non, on n 'est pas censé accepter ça, non.
Mais comment être plus fort que... Comment être plus fort que le mec qui
plus fort que toi ?
Tant plus intelligent.
Mais tu sais, je ne vais pas lâcher.
Il y a encore plein de pistes à creuser.
L 'argent qu 'on a trouvé dans le sac d 'Arnaud, les empreintes.
En tout cas, t 'as eu du bol de tomber sur un bon kiné. Parce que ta hanche,
nickel. On voit rien.
Ouais, mais je suis le con, c 'est pas toi.
C 'est ton meilleur pote.
À l 'époque, on vivait à Ploubalanek.
Bonjour.
Le commandant Matéi m 'a demandé de passer.
Ah oui, c 'est pour une prise d 'emprunte.
Pourquoi ? Vous inquiétez pas, simple formalité pour l 'enquête en cours.
En revanche, je vous fais patienter un tout petit peu.
Vous venez avec moi ? Attends, je te rappelle.
Une prise d 'empreinte et elle l 'a fait attendre.
C 'est une idée de Matéi.
Qu 'est -ce que tu fais là ?
J 'ai été convoqué.
Suite à ton témoignage sur ton frère.
Marjorie, non.
Ok.
On n 'est pas d 'accord sur ce qui arrive à Benoît.
Ça, c 'est une chose, mais tu crois pas qu 'on pourrait quand même se parler,
redevenir une famille ? Je crois pas, non.
J 'en peux plus de tout ça.
J 'ai perdu mon fils dans cette histoire, mais... Je voudrais retrouver
fille.
S 'il te plaît.
Ah bah tiens, on veut la Robocop.
Qu 'est -ce que vous voulez ? On est en balade ? Et t 'as peur de quoi que des
filles appellent les flics ? Allez, monte.
Allez, t 'as pas le temps.
Vigulaire, sécurité.
Eh, doucement sur la clope.
C 'est qu 'on fout là.
Je te disais que ça te ferait plaisir de revoir ton papa, non ? J 'ai pas envie.
T 'as pas envie ? Elle a trop envie ? Un grand machin comme toi ? Allez, on y
va. Oh, on y va.
C 'est quoi votre idée pour qu 'on se célestrie ? Hein ?
Oh, qu 'est -ce qu 'il fait, ce petit garçon, tout seul dans le couloir, là ?
va ? Comment tu t 'appelles ? Et t 'es tout seul, là ? Non, mais... Allez, s
vous plaît.
On laisse pas un petit Clément tout seul.
Les médecins ont confirmé la maladie.
C 'est Arnaud qui s 'est infligé ses propres blessures.
Vous êtes blanchi pour ce qui m 'est arrivé.
Et vous me faites venir ici pour me dire ça ? Ouais.
Quoi d 'autre ?
C 'est quand on a vu les vidéos sur un téléphone portable des gamins qu 'on a
le déclic.
Vous m 'aviez pas dit que vous l 'aviez pris un téléphone ?
Je suis désolé de vous avoir soupçonné.
C 'est terrible ce qu 'Arnaud a pu se faire tout seul comme ça.
Et que personne n 'ait rien vu en plus.
Alors comme ça, tu te fous de ma gueule.
Tu m 'imites en essayant de me faire passer pour un monstre. Je vois pas de
vous voulez parler. J 'ai vu le film sur le téléphone, cherche pas à nier.
C 'est une blague pour les gosses. Tu te rends malin, c 'est ça ? Tu te rends
compte que tu me décrédites en faisant ça ? Que tu sables tout mon boulot ?
les équilibres que j 'ai mis en place pour vous aider, bande de petits
Je vous laisserai pas tout détruire.
Je peux te broyer en un clin d 'œil, tu le sais, toi ? Je t 'explique, elle a
juste que t 'es violent, vicieux, intenable, que tu voles, que tu casses.
Mais c 'est pas vrai ! Viens là, t 'as pas encore compris ? Ta vie, t 'es pour
moi ! Je fais ce que je veux, je
C 'est moi qu 'on croira ! C 'est moi l 'adulte ! L 'adulte responsable d 'une
petite merde, d 'une racaille, un péché de la société ! Tu stappes tout mon
boulot ? Tous les crimes que j 'ai mis en place pour vous aider, bande de
morveux ! C 'est bon ça, hein ? Encore mieux que des aveux. Vous m 'avez piégé,
manipulé. Ouais, c 'est ça, ouais.
J 'ai joué sur votre terrain. En utilisant un gamin, c 'est dégueulasse.
Magnifique d 'entendre ça dans votre bouche.
La différence entre vous et moi, c 'est que moi, je vais demander sur ma ligne.
Votre vidéo, là, c 'est pas une preuve. Bien au contraire.
Faites -moi confiance, vous n 'êtes pas prêts d 'approcher les gosses de Fito.
Non, laissez.
Le lieutenant Nassib va s 'en occuper.
Allez, baisse la tête.
Allez, baisse la tête.
Merci.
Tu veux te parler ? Tiens.
Votre numéro ? Non, c 'est le numéro de téléphone de ton père.
Il a arrêté de boire depuis deux ans.
Il est suivi, il a un boulot fixe.
Tu fais ce que tu veux, t 'es obligé de rien.
Parfois les ans changent.
C 'est sûr, on ne peut pas excuser la violence.
Même à son père, on peut laisser une chance, non ?
Commandant ? Oui ? On a eu une correspondance pour Éventra et
vous n 'avez pas aimé.
C
'est
fini ?
Il a été arrêté ? Il va être mis en prison ? Ça va dépendre du juge.
En tout cas, il aura du mal à trouver un nouveau boulot en contact avec les
ados.
Ah, merci.
Je vais enfin pouvoir commencer à vivre.
On a ça pour vous.
On l 'a retrouvé dans le sac d 'Arnaud.
Et étrangement, il y a vos empreintes dessus.
C 'est vous qui lui avez donné cet argent, n 'est -ce pas ?
Et alors ? Et alors ? Depuis la mort de votre petit frère, vous surveillez
Destrier guettant le moindre faux pas pour pouvoir l 'attaquer.
Un jour, vous avez suivi Destrier, vous êtes tombé sur les jeunes du sévère, les
jeunes pousses. Vous les avez abordés, vous êtes resté concentré sur
Allanchelet. Je me trompe ? Il se vantait de ses défis dangereux avec ses
Il avait un profil idéal pour monter un plan contre Destrier.
Il n 'avait pas de plan.
Arnaud devait juste aller un petit peu plus loin lors de cette sortie en forêt.
Puis appelez à l 'aide.
Fallait juste qu 'on ouvre une nouvelle enquête sur Destrier et ses méthodes.
Le problème, c 'est que pour venger votre petit frère, vous avez mis la vie
'un autre ado en danger.
Vous allez être déférée à l 'appui judiciaire. Et vous serez inculpée de
danger délibérée de la vie d 'autrui.
est aujourd 'hui dans le coma par votre faute et rien ne dit qu 'un jour il va
se réveiller ? Rien, vous m 'entendez ? Rien ne peut justifier ce que vous avez
fait à ce gosse.
Il est dur, Mathieu.
Moi, j 'aurais peut -être réagi comme elle si j 'avais pas le genre de chiffre
dans les mêmes circonstances.
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