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(musique douce de guitare)
♪ Blue skies smiling at me ♪
♪ Nothing but blue skies do I see ♪
♪ Bluebirds singing a song ♪
♪ Nothing but blues skies from now on ♪
♪ Never saw the sun shining so bright ♪
♪ Never saw things going so right ♪
♪ Noticing the days hurrying by ♪
♪ When you're in love, my how they fly ♪
♪ Blue days, all of them gone ♪
♪ Nothing but blue skies from now on ♪
♪ Blue skies smiling at me ♪
♪ Nothing but blue skies do I see ♪
♪ Blue days all of them gone ♪
♪ Nothing but blue skies from now on ♪♪
(clapotis des vagues)
T'es morte?
De loin, t'avais l'air d'une épave abandonnée.
Cécile.
Cécile!
(musique douce)
(souffle du vent)
(♪♪)
(clapotis des vagues)
T'es tellement belle.
(musique douce)
(pépiements)
(notes intrigantes)
(stridulations)
(La femme fredonne.)
(inspiration profonde)
Respire.
(fredonnement joyeux)
- Cécile, mets-nous de la musique.
Pas une chanson triste, quelque chose d'entraînant.
(musique entraînante)
(rires)
Whoa!
(rires)
Allez encore une fois.
(Il chantonne.)
♪ Quelle drôle d'idée d'en faire une chanson ♪
♪ La plus belle chanson du monde ♪
♪ C'est pas moi qui l'écrirai ♪
♪ La plus belle chanson du monde ♪
♪ Je le sais ♪♪
(arrêt de la musique)
(stridulations)
(pépiements)
Elsa?
- Hum-hum?
- Tu veux que je te fasse la lecture?
Non?
Non, merci.
Pourquoi pas?
- C'est toujours tentant, l'idée de se faire faire la lecture,
mais ça fonctionne jamais. Pas vrai?
J'en sais rien.
- C'est plus agréable pour la personne qui lit à voix haute
que pour celle qui écoute.
Quand un mot est mal prononcé, ça fait toujours bizarre.
(Il rit.)
Y a aucune raison, mais c'est comme ça.
- J'adore qu'on me fasse la lecture.
- Ah oui? - Hum-hum.
Ouais.
Et t'écoutes vraiment,
quand on te fait la lecture?
- Oui, bien sûr. En tout cas, j'essaie.
Mais il ne s'agit pas vraiment d'écouter.
- Raymond, il s'agit toujours d'écouter.
(ouverture de tiroir)
(notes intrigantes)
(déclic d'appareil photo)
(notes intrigantes)
(aiguille de tourne-disque)
(musique douce)
(petits rires)
(♪♪)
Hum...
- Qu'est-ce que vous faites? - On joue au solitaire.
- Vous jouez au solitaire ensemble? - Hum-hum.
- On a toujours joué au solitaire à deux.
- Et pourquoi vous jouez pas à un jeu pour deux?
- Eh bien... je crois que c'est ce qu'on fait.
(♪♪)
(clapotis des vagues)
- J'adore cette heure de la journée.
Avant midi, on dirait que tout est encore possible.
Je pourrais faire n'importe quoi.
Comme cuisiner un repas pour 10 personnes.
- C'est une bonne idée, ça. - Ouais.
Cécile!
Jette-le à l'eau! Allez, tu peux le faire!
(petit rire)
- Elle imagine ce qu'on voit quand on la regarde.
- Qu'est-ce que tu veux dire? - Pour s'entraîner.
S'entraîner à quoi?
- Pour quand elle voudra être vue.
- Je veux pas penser au fait qu'on puisse regarder ma fille.
- Non, j'ai dit être vue, pas regardée.
C'est... un tout autre sentiment.
- Une sorte de pouvoir. - Euh...
- D'un simple coup d'oeil... - Non.
- ...elle pourra bientôt décider... - Non, non, non, non.
- ...qui la remarquera dans une pièce. je t'assure.
- Je préfère ne pas savoir ces choses-là.
Eh bien, tu n'en sauras rien.
- Hum. - Hum.
(clapotis des vagues)
- Quand sa mère est morte, on est devenus très proches, elle et moi.
Plus que je l'aurais jamais cru possible.
- Ça fait combien de temps, déjà?
12 ans, maintenant.
Ou alors, c'est peut-être ma perception
de la proximité qui a changé. Tout a changé, d'ailleurs.
On était soudainement ignorants de tout.
Et on est devenus très doués pour rester ignorants.
On ne faisait que... passer le temps.
- Tous les deux vous êtes très doués pour passer le temps.
Hum?
(stridulations)
(pépiements)
(tintement de carillon)
(souffle du vent)
(stridulations)
(Raymond): On ne sera plus seulement tous les trois.
Anne va venir.
(Elsa): Anne? (Raymond): Anne Larsen?
(Elsa): La designer? (Raymond): Hum-hum.
C'est une vieille amie. (Elsa): Hum.
Hum. Tu n'en parles jamais.
(Raymond): Non?
(notes intrigantes)
Anne a beaucoup de goût.
Elle a toujours des opinions bien tranchées.
- Je parie qu'il n'y pas un seul fauteuil confortable chez elle.
(rires)
Avec des vêtements aussi sublimes,
elle ne peut qu'aimer les fauteuils inconfortables.
Combien de temps elle va rester?
- J'ai hâte au jour où j'aurai de vieux amis.
On s'amusait bien.
C'est fou, ce qu'on pouvait s'amuser tous les trois.
- Elle sourit très peu sur les photos.
- Elle n'a jamais été très encline
à dire ou à montrer ses sentiments, c'est sûr.
Évidemment.
C'est comme ça que les gens se comportent quand ils pensent avoir toutes les réponses.
Alors que c'est clairement, mais alors clairement, un manque de vivacité d'esprit.
Bon, je suis peut-être injuste. Je me sens un peu idiote.
Je la connais même pas.
En même temps je fais tout le temps ça.
Je me laisse complètement dépasser par mon imagination
quand je parle des femmes que j'ai jamais rencontrées.
- Ta mère était l'une des rares personnes qui...
qui savait faire ressortir chez Anne son côté... plus détendu.
Elles avaient un langage secret rien qu'à elles.
Elles s'éclipsaient toujours dans une autre pièce et là,
elles parlaient, pendant des heures.
Je les retrouvais allongées sur un lit couvert de manteaux,
pour échapper aux autres invités.
Et elles étaient follement absorbées l'une par l'autre et moi, je...
j'avoue que j'étais terriblement jaloux.
(Cécile rit.)
Je suis pas fatiguée mais...
...je crois que j'ai envie d'être au lit.
(soupir)
(stridulations)
- Ce sera bien d'être à quatre ici.
- Hum-hum. - Hum?
Tu crois pas?
- Qu'est-ce que tu fais d'Elsa?
Elsa aime bien la compagnie.
Tu sais que t'es énervant?
- Pourquoi est-ce que tu m'en veux?
- Je suis étonnée qu'Anne ait eu envie de venir.
Tu l'as invitée quand?
- On a échangé quelques messages.
Ça se passe comme ça, parfois.
On échange tout un après-midi et puis plus rien pendant des mois.
Ouais, tu comprendras plus tard, dans quelques années.
Faire son petit bagage et rendre visite à un vieil ami sur la côte,
c'est... spectaculaire.
Ça fait du bien d'avoir besoin de très peu de choses et de se réveiller ailleurs.
- Spectaculaire? - Hum.
C'est un drôle de mot.
Tu trouves?
- Est-ce que t'es nerveux?
Nerveux? Pourquoi?
Laisse tomber.
- Non. Dis-moi, je veux savoir.
Allez, dis-moi.
C'est pas important.
Oh, non.
J'ai fichu toutes les vacances en l'air en invitant Anne?
Tu crois qu'on devrait faire nos valises et rentrer à Paris?
T'as peut-être raison. C'était une idée épouvantable.
On n'a qu'à se sauver.
On pourrait s'échapper, durant la nuit, comme des voleurs?
- (petit rire) - Ça sert à rien de discuter avec toi.
Ma vieille complice.
Qu'est-ce que je ferais sans toi, dis-moi?
(clapotis des vagues)
(déclics d'appareil photo)
Combien de photos de la lune t'as prises avec ce téléphone?
(petit rire)
(vrombissement de moteur)
(musique douce de piano)
(pépiements)
(Cyril): Un arbre de Noël?
(Cécile): Ouais.
(Cyril): Hum... L'Italie?
(Cécile): C'est une girafe.
Je sais pas pourquoi j'ai dit ça.
Je dessinais rien en particulier.
(Cyril rit.)
Je vais en faire un facile.
(Cyril): Ah, ça c'est mon nom.
(Cécile): Hum-hum.
Hum... Tu vas trop vite, recommence.
Hum... Ton nom?
Mon deuxième prénom.
C'est quoi?
(clapotis au loin)
(coups de klaxon)
(notes intrigantes)
(musique douce de piano)
Tu sens bon.
T'es venue de Paris en voiture?
- J'ai mis presque six heures. Il est trop tôt?
En train, c'est trois heures.
- Eh bien, parfois on a besoin de six heures.
(petit rire)
Une fille que j'aime bien à l'atelier
m'a fait une liste de lecture pour la route, ça t'intéresse?
Vous avez une sacrée chance tous les deux.
Avoir tout ça rien que pour vous.
(Cécile rit.)
Elsa Mackenberg?
Il l'a invitée ici?
Ils se fréquentent depuis combien de temps?
La dernière fois que j'ai vu Elsa,
elle se roulait par terre chez Sophie.
C'était une fête pour quelqu'un, je sais plus qui.
Elle jouait avec les deux enfants de Sophie.
Hum.
Elle semblait à la fois dans son élément et pas vraiment à sa place.
Elle avait enlevé ses chaussures.
On a tous l'air vulnérables en chaussettes.
Même Elsa?
- Raymond a toujours été impulsif.
- Je vais te laisser défaire tes bagages et te reposer.
Ils seront bientôt de retour.
Merci.
(pas qui s'éloignent)
(tintement)
(souffle du vent)
(clapotis des vagues)
(pépiements)
(stridulations)
(pop!)
(Raymond, au loin): C'est ce qu'on dit quand on est timide.
(rires)
(Elsa, au loin): T'es incroyable.
- J'ai vu l'une de vos créations dans Le Monde.
Ça irait très bien à Cécile.
- Bien sûr. Elle peut porter n'importe quoi.
On parlait justement de toi.
- Viens. Assieds-toi, prends un verre.
- J'ai cru que tu t'étais endormie pour la nuit,
jusqu'à demain matin.
(petit rire)
Euh... Je devrais me changer?
Non, t'es très bien.
(musique douce sur le tourne-disque)
- Santé. - Santé.
(petits rires)
- Je le trouve... - Tu trouves Charles Webb charmant.
(rires)
- C'est un idiot. - Oh, non, je t'en prie!
- Mais c'est vrai. Charles Webb est quelqu'un de...
- De quoi? - De déplacé.
Déplacé? Oh, Seigneur!
Et moi, j'adore ce type,
je travaille avec lui depuis des années. (Anne): Hum.
- C'est un homme d'affaires, pas du tout ton genre, c'est tout.
- Un homme d'affaires? - Hum-hum.
- En quelle année est-ce que tu vis? - OK.
L'art et le commerce, ça va, je connais la chanson!
Je la connais aussi.
- Eh ben voilà, c'est seulement un homme simple, c'est pas grave.
(rire)
Je ressens un malaise en présence d'adultes
- qui ne se connaissent pas. - Hum.
Je me souviens que vous vous disputiez souvent
tous les deux, à l'époque. À quel sujet, au juste?
(respiration tendue)
Regardez-la. (rire)
Il te met vraiment à fleur de peau, pas vrai?
Tu sais, je suis pris de court par cette fièvre soudaine chez toi.
(rire) Tu es toute rouge. C'est impressionnant.
(Elsa): Je peux la voir?
Merci.
(Cécile): Moi, je trouve Charles très drôle.
(Raymond): Tu vois?
- Il connaît rien à l'art, il a aucune idée...
de ce qui se passe dans le monde.
On s'en fiche. Et il est vulgaire.
Tout le monde le sait. Mais les gens vulgaires sont plus amusants.
(Elsa): Exactement.
(rires)
(musique douce)
(Elsa): Je pourrais m'endormir ici, à table, avec vous tous.
Y a quelque chose de réconfortant
dans cette atmosphère juste assez animée.
Comme dans les familles bruyantes.
- D'où vient votre famille, Elsa?
Oh, de Grèce, de... d'Italie,
du pays basque, de la côte basque, en fait.
De Biarritz, euh, d'Espagne,
d'Algérie, euh...
d'une petite île dont j'oublie le nom,
et d'une région qui s'appelle la Kabylie, d'Argentine,
de Belgique, du nord de la France. D'Égypte.
- Euh-- - Vous êtes combien dans ta famille, Elsa?
(rires)
Qu'elle te porte chance.
C'est ce que ma mère dirait.
- T'auras trop chaud demain matin si tu fermes pas les rideaux.
Le soleil tape fort de ce côté.
- Je me lève très tôt. Il fera encore frais.
- Tu penses à elle, n'est-ce pas?
Ça se voit sur ton visage.
(écoulement d'eau)
Je peux te poser une question?
Qui a connu Raymond la première, ma mère ou toi?
(Anne): C'est un peu flou.
J'ai un souvenir de lui après une fête,
il parlait et tout le monde était captivé.
Il portait un col roulé.
(Cécile rit.)
(Cécile): Et toi, il te captivait?
(Anne): Il ne restait jamais tranquille.
Ta mère trouvait ça séduisant.
(Cécile): Et toi?
(Anne): Hum. Bonne nuit, Cécile.
(stridulations)
(pépiements)
(fredonnement)
Bonjour, Elsa.
Bonjour.
Tu as bien dormi?
Non, pas très bien en fait.
- Tu me donnais pas l'impression d'avoir des problèmes de sommeil.
- Attends, je te fais de la place.
Quelle section tu veux lire?
- Tu veux une tranche de pain? Pour partir du bon pied?
(pépiements)
Bonjour!
Salut toi.
Bien dormi?
Ah, je suis... affamé.
- Tu peux me passer le thé? - Hum-hum.
(clapotis des vagues)
Tu la trouves belle, Elsa?
Elsa? Pourquoi?
- Je suis sûre que tu la trouves belle.
OK. Je sais pas pourquoi tu fais ça,
mais tu te fais du mal.
Oui, c'est vrai, objectivement, elle est belle, oui.
(Elle rit.)
- C'est normal, elle est danseuse.
Évidemment qu'elle est belle.
- T'es vraiment déroutante. T'es... t'es à la fois intrépide et prudente.
Ce qui veut dire, généralement, que le côté intrépide n'est pas naturel.
(clapotis des vagues)
Anne est arrivée hier soir.
C'est qui, Anne?
Anne Larsen.
C'était une amie de ma mère. Et de Raymond, aussi.
Une très vieille amie.
J'ai soudain l'impression que l'été est fini.
- C'est vraiment une obsession pour toi,
les choses qui se terminent.
Hé, je crois que je sais ce qu'il te faut.
Jusqu'où t'es déjà allée?
On va sortir tous les deux. On ira très loin.
Les choses deviennent moins intenses quand on voit du paysage...
de tous les côtés, où qu'on regarde.
Je sais pas.
Ça me semble... assez intense, ça aussi.
(petit rire)
(musique douce de piano)
(clapotis des vagues)
(Raymond): Bonjour.
Voilà, là on sera bien.
Qui vient se baigner avec moi?
Je te rejoins.
- Cécile, je voulais te demander.
Tu as réussi tes examens?
Hum. Pas vraiment.
- Tu vas les reprendre à l'automne, alors?
Combien de reprises tu dois faire?
Ah...
Ça va aller.
(petit rire)
- Ça veut dire quoi: « Ça va aller »?
- C'est pas grave. Pourquoi on parle de ça?
- Comment tu comptes réussir en octobre? La chance?
- On sous-estime toujours la chance,
j'ai jamais compris pourquoi.
Moi je la trouve plutôt... plutôt fiable.
Très impressionnant.
T'as réussi à la fâcher en un rien de temps.
Elle va s'en remettre.
- Pourquoi est-ce qu'elle devrait gâcher son été à étudier?
- Comment veux-tu qu'elle découvre ce qui la passionne?
(en riant): De quoi tu parles?
Toi-même, tu n'y crois pas.
(clapotis des vagues)
(Elsa): L'eau est bonne, vous devriez y aller.
- Quand j'aurai fini ce chapitre.
- Anne adore les systèmes de récompense.
(notes intrigantes)
(notes intrigantes)
(Anne): Cécile, avant que tu sortes.
(Cécile): Tu dessines encore à la main?
(Anne): Pas vraiment.
Viens t'asseoir.
Je veux ton avis.
(pépiements)
Comment tu trouves cette robe?
Ce sont des roses?
Oui.
Non?
Ça m'étonne, c'est tout.
- T'as quelque chose contre les roses?
- Celle-là est vraiment magnifique.
Je l'adore.
- Je me rappelle pas l'avoir dessinée.
- Elle donne une impression... - De liberté.
...d'insouciance.
Je compte sur ce genre de moments
sinon le travail devient très ennuyeux.
Assommant.
Dès que les choses commencent à être forcées,
je remets tout en question.
Parfois je pense que le but ultime,
c'est d'avoir de moins en moins de certitudes.
Si je crée de la clarté ou du sens,
je perds tout intérêt.
Il doit toujours y avoir un troisième aspect.
- Qu'est-ce que tu veux dire?
- Eh bien, je sais pas comment l'expliquer.
Ça disparaît toujours avant que j'arrive à le saisir.
C'est un peu comme... comme ce moment où le soleil affleure.
Juste avant qu'il se lève.
Mais en fait, c'est pas ça non plus, c'est...
...c'est plus puissant que tout ce que j'ai jamais ressenti,
même l'amour.
- Parfois, je suis effrayée par mes propres pensées.
- Et celle-ci?
- Elle me rappelle les graines de pissenlit.
- Les graines de pissenlit sont un miracle de design.
Ce sont des petits parachutes qui s'envolent de manière à former un vortex.
Comme ça, ils restent dans les airs
le plus longtemps possible.
Ils peuvent parcourir des distances remarquables.
Ils sont conçus pour s'autodétruire à l'atterrissage.
(musique douce sur le tourne-disque)
La partie est finie, on dirait.
(Elsa): Tu jouais pas aux cartes, toi?
Retourne, retourne jouer aux cartes.
(paroles indistinctes de Raymond)
(rire d'Elsa)
(stridulations)
(roulement de voiture sur gravier)
(arrêt du moteur)
(claquement de portière)
(Raymond): Assez fascinant.
(Elsa): Merci Raymond.
(Raymond): C'était la dernière fois que tu conduisais la voiture.
Tu la conduiras plus jamais. (Elsa rit.)
(Elsa): Tu sais que c'était pas la dernière.
(Raymond): T'as failli nous envoyer dans un arbre!
C'était dangereux.
(fracas)
Chut!
(rire d'Elsa)
(Elsa): J'y peux rien.
Approche.
Attends, attends une seconde.
(inspiration profonde)
(Raymond): On partageait un cercle d'amis.
En fait, je dirais plutôt... qu'on se partageait l'un l'autre.
(Anne): Personne n'a envie d'entendre ça. On parle trop du passé.
Mais tout le monde veut entendre ça.
Cyril, dis-moi, je t'ennuie? (rires)
Cécile?
(Cyril): Qu'est-ce qu'elle fait, Elsa?
- Euh... - Son amie est en ville.
- Elle a parlé de billets de spectacle.
- Ouais, elles sont sorties manger et après,
elle va peut-être la ramener à la villa.
J'aime bien rencontrer des gens du monde d'Elsa.
- J'arrive jamais à savoir ce qu'ils font dans la vie. C'est assez fascinant.
(rires)
- Eh bien, on ne peut pas compter sur ces deux-là
- pour nous divertir. - Non?
- Les jeunes de votre génération,
vous ne savez plus raconter de bonnes histoires.
J'ai échoué avec toi sur ce plan, Cyril.
Tu n'es pas doué du tout pour... faire monter la tension.
C'est sans énergie.
- Sans suspense, hein? - J'ai rien dit moi.
Mais non, je te taquine.
En tout cas, tu sais chanter.
C'est très important de savoir chanter juste.
Ça démontre qu'on peut atteindre un certain calme,
respirer et écouter.
- Est-ce qu'il chante pour toi, Cécile? - Maman!
- (rires gênés) - Elle est adorable.
- Oui, mais tu la gênes. - Oh!
- Tout ce que je disais, c'est que... - Et c'est reparti!
- ...les souvenirs sont un moyen pour ton père
de ramener la conversation à lui.
- C'est ça. Ce dont j'aime parler, c'est de moi.
Moi dans le passé et moi en général.
Et de... de quoi d'autre?
- Des siestes d'après-midi. - Des siestes! Oui! Bien sûr, avec cette chaleur.
(petits rires)
- Je fais souvent de terribles cauchemars,
mais seulement quand je fais une sieste. Jamais la nuit.
- Vous savez, cette espèce de paralysie... du sommeil?
Anne a ce problème.
Elle peut pas bouger les jambes.
- Si Anne est d'accord, je...
j'aimerais en savoir plus.
J'adore que les gens me racontent leur passé.
- Eh bien, la vie suivait son cours.
Je me souviens qu'on s'asseyait parfois par terre dans la cuisine,
tous les trois. (Raymond rit.)
On était inséparables. Matin, midi et soir.
On était à Paris, à New York.
Ta mère était au magazine.
Moi, je créais, je cousais des pièces ici et là.
Je faisais des jupes avec des hauts,
des hauts avec des jupes. (petit rire)
Je dépensais toutes mes économies.
On ne mangeait pas, c'était la disette. (rire)
On était... passionnés par la mode.
D'une certaine manière, je ne suis plus la même qu'à l'époque.
Même si c'est toujours mon monde.
- C'est étrange, n'est-ce pas?
Comme nos plus grandes passions peuvent devenir tout notre monde
et tout à coup, sans qu'on l'ait vu venir...
...notre monde n'est plus vraiment une vie. (Cécile): Hum.
- Cyril, tu peux me montrer les créations d'Anne, s'il te plaît?
- Oui! - Non.
- Attendez. - Allez!
Merci.
Oh! C'est magnifique.
Vous aimez les femmes, Anne.
C'est la vôtre?
Oui.
(Nathalie): Oh!
(rire de Nathalie)
- Qu'est-ce qu'il y a?
- Je... je viens de me rappeler mon rêve de la nuit passée.
- Oh, mais il faut nous le raconter.
Ça me fait rire parce que...
il y avait une femme que je ne connaissais pas dans mon rêve.
Maintenant, je... je suis sûre que c'était vous.
- Hum. Je me disais bien que je vous connaissais.
(rire de Nathalie)
(Raymond): Et alors, qu'est-ce qu'elle faisait?
Je ne saurais dire, vous...
vous savez comment c'est dans les rêves.
La personne mystère se révèle un petit peu,
mais jamais assez clairement pour qu'on comprenne ses désirs.
(petit rire)
(♪ Look at the Boy ♪ de Jean Plum)
(exclamations joyeuses)
(♪♪)
- Hop, hop, hop! - Allez hop! Fini la danse!
♪ If you were mine ♪
♪ It would make my life much better ♪♪
(petit rire)
(Cyril continue de chanter.)
(fredonnement)
(♪♪)
(petits rires)
(♪♪)
- Qu'est-ce que c'est? - Je partage mon gâteau d'anniversaire avec vous.
- Quoi? Attendez, attendez. C'est votre anniversaire?
- Oui. C'était hier. - Oh! On savait pas!
Vous n'avez rien dit.
- Tenez. - Merci.
Merci.
- Attendez. Vous devez faire un voeu.
- Prête? Un... - Oui.
- ...deux, trois. - Allez!
(rires)
À Nathalie.
(Anne): Joyeux anniversaire, Nathalie.
- Merci. - Joyeux anniversaire.
Joyeux anniversaire, maman.
Merci, chéri.
- Hum. C'est toujours meilleur le lendemain.
(pépiements)
(fredonnement)
(Raymond): Dis-moi quelque chose.
(Anne): J'ai beaucoup dessiné.
Plus que d'habitude.
(Raymond): Hum.
Tu crois que vous pourriez être amies, elle et toi?
(Anne): Avec Elsa?
(Raymond): Non?
(Anne): C'est difficile à expliquer.
C'est si agréable d'être en contact étroit
avec une femme qui semble totalement à l'aise.
(Raymond): Comme une muse.
(Anne): C'est plus que ça.
(Raymond): Je comprends.
(Anne): Vraiment?
(Raymond): Chez les femmes comme toi,
et aussi comme Elsa, j'imagine...
...la mémoire des hommes n'est jamais aussi claire et détaillée,
et incandescente que votre mémoire des autres femmes.
(Anne): Tu as lu ça dans un livre?
(Raymond): Je crois que tu sais très bien où j'ai appris ça.
(Anne): C'est bizarre, non? D'aimer quelqu'un.
(Raymond): Hum.
(Anne): C'est comme si... ça nous éloignait du monde.
(Il rit.)
Raymond. (Raymond): Hum?
(Anne): Je peux tenir à ma solitude et quand même aimer énormément.
Je suis très douée pour faire les deux en même temps.
(clapotis des vagues)
(notes intrigantes)
(pépiements)
(halètement)
- Anne! - Oh!
J'avais pas réalisé
que la plage était un endroit intime.
T'es pas obligé de partir.
- Évite de passer la journée dans un maillot mouillé.
(clapotis des vagues)
(pépiements)
(pas qui approchent)
(pas qui s'éloignent)
(soupir)
Tu poses pas de questions?
- C'est Cyril, j'imagine. - Hum.
- Je m'en suis rendu compte aussi, chez Nathalie.
Ils se sont beaucoup rapprochés.
J'ai entièrement confiance en Cécile.
Et en lui?
Hum!
Cyril ne m'inquiète pas, il est tout maigre.
Comme un garçon d'un été qui semble déjà loin.
- C'est pas facile pour elle, que tu lui fasses confiance à ce point.
- Tu parles comme quelqu'un de...
merveilleusement vieux jeu.
Même si c'est pas ton intention.
Qu... qu'est-ce qui se passe exactement?
- C'est pas parce que tu lui donnes tout cet espace
qu'elle restera près de toi.
- Essaie d'avoir tort de temps à autre.
Comme ça, on se sent moins seul.
(ouverture de porte)
(Elsa, au loin): Ouais, ouais, je suis restée un peu, mais pas longtemps.
(rire d'Elsa)
(pépiements)
(léger grésillement)
(♪ Come Softly to Me ♪ de The Roches)
♪ Come softly darling ♪
♪ Come to me, stay ♪
♪ You're my obsession ♪
♪ Forever and a day ♪
♪ I want, want you to know ♪
♪ I love, I love you so ♪
♪ Please hold, hold me so tight ♪
♪ All through, all through the night ♪
♪ Speak softly darling ♪
♪ Hear what I say ♪
♪ I love you always ♪
♪ Always, always ♪
♪ I've waited, waited so long ♪
♪ For your kisses and your love ♪
♪ Please come, come to me ♪
♪ From up, from up above ♪
♪ I want, want you to know ♪
♪ I love, I love you so ♪
♪ I need, need you so much ♪
♪ Wanna feel your warm touch ♪♪
(rires)
(musique au loin)
Oh. Je...
Non?
Oui. Vraiment, oui.
- (tintement) - Merci.
Le rouge est un succès.
Tiens.
Tu lui ressembles tellement.
(petit rire de Cécile)
Il y a toujours cette petite voix dans ma tête qui dit:
« Redresse les épaules. »
- T'as de la chance si elle ne dit que ça.
Laide.
Sans éclat.
Ennuyeuse.
Trop sérieuse.
Inélégante.
Regarde-moi ces mains de paysanne.
C'est affreux.
Tu es sûre?
J'aime bien tes mains.
Les veines apparentes, c'est trop beau.
(toc-toc!)
(musique émouvante de violon)
(♪♪)
(rumeur de conversations)
(musique dansante sur haut-parleurs)
(rires)
Vous vous amusez bien?
- On allait vous rejoindre dans une minute.
Elsa te cherche.
Y a un gars qui..
Un gars qui...?
Qui lui fait la conversation.
(en riant): Évidemment.
Euh... Écoute, Anne et moi, on doit parler.
On s'est dit qu'on serait mieux ici pour ce soir.
C'est trop bruyant là-dedans.
Alors on a décidé de s'asseoir dans ma voiture pour parler un moment.
Hum?
- En fait, je me sens pas assez en forme pour ça.
- Tu te sens pas bien? Depuis quand?
- Tu veux bien dire à Elsa que j'ai dû ramener Anne à la maison s'il te plaît?
- Pourquoi est-ce que tu vas pas lui dire toi-même?
Vous me prenez pour une idiote?
Depuis le jour où t'es arrivée ici.
Je l'ai dit à Cyril. Je le savais.
- Qu'est-ce que Cyril a à voir là-dedans?
Moi. Il a à voir avec moi.
Comme toi, aussi. Avant qu'elle arrive chez nous.
(stridulations)
C'était pas planifié, Cécile.
- C'est pas la première fois que t'agis en égoïste.
Sans te soucier une seconde des autres.
En quoi c'est différent aujourd'hui?
- Nous nous connaissons depuis très longtemps.
On a une histoire.
Une vraie histoire.
- Franchement, c'est vraiment gênant.
Cécile!
On peut en parler, s'il te plaît? Tu peux revenir?
(musique mélancolique)
Ça va?
Il reviendra pas.
Tu l'as pas trouvé?
(paroles inaudibles)
(♪♪)
(pépiements)
- Comment vous pouvez en être sûrs?
Comment vous pouvez décider de vous marier du jour au lendemain?
- On ne veut plus perdre de temps, c'est tout.
(clapotis des vagues)
- Hier soir, Elsa m'a dit qu'elle passerait chercher ses affaires,
au cas où tu te demandais. Si jamais ça t'intéresse.
- Je voudrais pas que tu croies qu'on se préoccupe pas des sentiments d'Elsa.
(pépiements)
(soupir)
Je vais chercher les verres.
Merci.
(pépiements)
Tu me terrifies.
(musique douce de piano)
(pépiements)
(♪♪)
- « Au moment de commencer, le temps manqua
et il fut impossible de poser la moindre question,
si bien que tout cela demeura mystérieux
et que, pour tout dire, je ne fus pas du tout rassuré. »
Ça me donne la chair de poule.
(rire)
- Oh! - C'est vrai.
« Juste avant mon départ, la vieille dame monta à ma chambre
et déclara sur un ton parfaitement hystérique... »
(♪♪)
« Et déclara sur un ton parfaitement hystérique... »
(souffle du vent)
(clapotis des vagues)
(musique douce de piano)
(♪♪)
(clapotis des vagues)
(stridulations)
(pas qui approchent)
Je me suis permis d'entrer.
Quoi?
(rires)
Ils sont pas à la maison.
(petit rire)
J'adore tes chaussures. Et ton sac.
Et tes cheveux.
Je me sens sportive.
Ça te va bien.
Tu crois que je me connais assez pour avoir les cheveux courts?
(musique douce en arrière-plan)
Oh, ça je vais le garder.
- Est-ce que tu lui en veux?
- C'est important de voir les choses venir, Cécile.
Tout le monde te dira toujours d'être présente,
d'être dans le moment.
Mais j'y ai jamais vraiment cru.
Je préfère voir les choses venir.
Je vois ce que tu veux dire.
Quand je rencontre quelqu'un pour la première fois,
je sais tout de suite si cette personne aura
une place importante dans ma vie.
Est-ce que ça fait de moi une voyante?
Y a une énergie autour de toi.
T'es si éveillée aux moindres détails.
Tu me manques ici.
Elle m'oblige à étudier pendant tout l'été.
Et elle veut pas que je voie Cyril,
comme si ça la regardait.
- Tu comptes beaucoup pour elle. Elle t'aime.
Elle croit que je suis perdue.
Tout le monde est perdu à ses yeux.
- Et toi? - Hum?
T'es perdue?
- J'en sais rien, c'est pas une question que je me pose.
Je saurais même pas de quelle façon me poser la question.
Ils vont se marier.
Si vite?
À Paris.
- Elle est très organisée, même dans ses affaires de coeur.
L'organisation, c'est... quelque chose de très émotif pour certaines femmes.
Je sais pas.
Quoi?
- Si c'est ce que Raymond veut vraiment.
- Raymond ne fait rien qu'il n'ait pas envie de faire.
Il l'aime, tu sais. Et elle l'aime aussi.
Ils ont leur passé, et le passé est toujours très puissant.
Le passé, c'est conventionnel.
(Elsa rit.)
Je sais que Raymond est pas heureux. Il se sent seul.
- Tu sais, parfois, l'amour, je veux dire, le vrai amour,
ça paraît très solitaire.
Je sais pas pourquoi, mais c'est comme ça.
- Il avait l'air heureux avec toi.
Hum. Justement.
Il est très séduisant quand il est heureux.
Qu'est-ce que tu essaies de dire?
Hum?
- Je sais pas, mais tu veux bien m'aider?
(musique intrigante de piano)
Je... je sais que tu vas trouver ça fou,
mais... je crois qu'on pourrait faire quelque chose. Toutes les deux.
- Quoi? - Fais-moi confiance.
J'ai besoin de ton aide. On peut peut-être demander à Cyril aussi.
Il serait prêt à m'aider.
Tu pourrais revenir et tout serait parfait comme avant.
(musique douce)
(clapotis des vagues)
(souffle du vent)
(tintement de vaisselle)
(stridulations)
Elle t'a demandé de me parler, c'est ça?
Pourquoi tu dis ça?
- Parce que ton silence est différent.
Je suis pas dans le coup.
J'arrêterai pas de le voir.
- C'est ce que tu crois qu'Anne voudrait?
Je me trompe?
Si c'est ce qu'elle veut, est-ce que c'est ce que tu veux toi aussi?
C'est comme ça que ça va se passer maintenant? (Il rit.)
- Il faudrait vraiment que tu passes plus de temps avec elle.
Je connais Anne depuis assez longtemps pour savoir
quand elle dit exactement le contraire de ce qu'elle pense.
Elle se met en travers de son propre chemin.
- C'est moi qui suis dans son chemin.
Dis-le.
Toi aussi tu crois que je devrais arrêter de voir Cyril?
Cécile.
Ma chérie.
Tu as beau tout essayer pour m'y pousser,
mais il n'est pas question que je te dicte ce que tu dois faire
ni... ce que tu ne dois pas faire.
D'accord.
D'accord quoi?
(soupir)
(stridulations)
(pas dans le sable)
(Nathalie): Y a une plage de sable?
(Elsa): C'est loin, mais on y va quelquefois quand il fait beau.
(Cyril): Qu'est-ce qui se passe?
- Pourquoi le mariage est un truc permanent pour certains,
alors que pour d'autres c'est tout le contraire?
Quand je vais me marier, je veux pas avoir l'impression que c'est permanent.
Hum.
Elsa t'a dit de quoi on a parlé?
- Cécile, tout ce qui m'intéresse, c'est si on peut être ensemble.
(stridulations)
Parfois j'aimerais que ce soit pour toujours.
Et toi?
- Tu sais que t'as l'air plus jeune quand tu dis « pour toujours »?
(en riant): S'il te plaît, fais pas ça.
Quoi, ça?
Ce que tu fais quand tu sais pas quoi dire.
Alors, tu... tu deviens méchante.
- Je serai à l'endroit que je t'ai montré.
OK.
(pépiements)
(clapotis des vagues)
(notes intrigantes)
(Raymond): Cécile!
(musique intrigante)
- Viens, on va par là. J'ai besoin d'ombre.
(pépiements)
- Ça va? - Hum-hum.
(♪♪)
(musique dramatique douce)
(stridulations)
- Ça, c'était très, très bizarre.
Ouais, je sais.
Pour moi aussi.
Pense à Anne.
- Ouais. Seulement Anne. Seulement Anne.
(grondement de tonnerre)
(musique douce de piano)
(cris de mouettes)
(rumeur de conversations)
Ça te trouble pas?
Elle et Cyril.
(Cécile): Hum-hum.
- Tu réagis si bien à tout ça, comment ça se fait?
J'essaie de pas trop y penser.
Et ça fonctionne?
À quoi tu penses quand t'essaies
de ne pas penser à quelque chose?
- Question-piège. (Il rit.)
Hum...
J'achète des choses qui... qui me vont pas vraiment.
Comme quoi?
- J'ai des tas de rouges à lèvres
- que j'ai portés qu'une seule fois. - J'adore.
Et toi?
Eh bien, comme tu vois.
(petit rire)
Très égoïstement, j'aimerais bien que tu sois un peu plus...
(grognements)
(rires)
- T'es juste impatient parce qu'on est sortis acheter des légumes.
Ouais.
(cloches d'église au loin)
(souffle du vent)
(clapotis des vagues)
(musique douce de piano)
(ouverture de porte)
(fermeture de porte)
(♪♪)
(Cyril): OK, répète après moi. Prête?
(Cécile): Non. (Cyril): Non?
(rires)
(Cyril): ♪ My name is Cécile ♪
(Cécile rit.)
(Cécile): ♪ My name is Cécile ♪
(Cyril): Ouais.
♪ My life is not ideal ♪
(Cécile): ♪ My life is not ideal ♪
(Cyril): ♪ But my style is real ♪
(Cécile): ♪ But my style is real ♪
(Cyril): ♪ And I never kneel ♪
(Cécile): ♪ And I never... ♪ Quoi?
(Cyril): Kneel. ♪ And I never... ♪
(Cécile): ♪ And I never... ♪ (Cyril): Kneel.
(Cécile): Kneel. (Cyril): Celle-là est très importante.
(Cécile): ♪ And I never kneel ♪ (Cyril): Ouais.
(Cécile): ♪ And I... ♪
(Cyril): ♪ And I never kneel ♪
(Cécile): ♪ And I never kneel ♪
(Cyril): ♪ And I never kneel ♪
(Cécile): ♪ And I never kneel ♪
(Cyril): ♪ Like Cyril ♪
(Cécile): ♪ Like Cyril ♪♪
(Cyril rit.)
(stridulations)
(pas qui approchent)
(toc-toc!)
(clapotis des vagues)
(pépiements)
(pépiements)
Cécile!
Oui?
(Anne se racle la gorge.)
- Je suis désolée pour les livres,
c'était peut-être un peu hostile.
- On dirait que tu commences à être désespérée.
Je te demande pardon?
- Pourquoi tu te soucies autant de moi?
Ce regard que tu as.
T'as l'air de croire qu'il ne t'est jamais rien arrivé de bon.
(Cécile part.)
(stridulations)
(conversation indistincte au loin)
(musique jazz douce)
(fermeture de porte)
(grincement du plancher)
(Elle retire ses chaussures.)
(fermeture éclair)
(stridulations)
(inspiration brusque)
Salut.
Chut...
(respirations haletantes)
(respirations haletantes)
(respirations haletantes)
(respiration saccadée)
(gémissement)
(clapotis des vagues)
(stridulations)
(pas qui approchent)
(grattement d'allumette)
(crépitement)
(pépiements)
(clapotis des vagues)
(musique douce de piano)
- Je sais qu'il y a eu des tensions.
Mais je voulais te dire, en privé et en bonne et due forme...
...que je suis vraiment impatiente
de te connaître mieux.
J'aime Raymond de tout mon coeur.
L'amour que j'ai pour lui n'exclura jamais ta mère.
Ni toi non plus.
(clapotis des vagues)
- As-tu déjà fait quelque chose de méchant?
Quelque chose... de totalement cruel?
En le faisant par exprès?
Sans essayer de t'en empêcher?
Ça m'est arrivé.
J'ai fait du mal à des gens que j'aime
à un moment crucial pour eux.
Parfois, je me le rappelle en me promenant quelque part,
et je manque de trébucher,
alors je dois m'arrêter, parce que la honte
d'avoir fait ça revient comme un fantôme.
- Je suis juste fatiguée. - Hum.
C'est Cyril?
Les amours d'été, ça peut t'engloutir.
Ça semble sans limites.
Comme une chanson.
- C'est vrai que c'est comme une chanson.
(ouverture de porte)
(fermeture de porte)
(pas au loin)
- Tu crois qu'elle le voit toujours?
Il est avec Elsa maintenant.
(stridulations)
- Tu détestes quand je m'impatiente à cause d'un vinyle.
(rire)
- L'un des plus grands plaisirs des disques vinyle,
c'est qu'on évite de réfléchir à ce qu'on va mettre ensuite.
Qu'est-ce qu'il y a?
Dis-moi.
- J'allais t'accuser d'essayer de vivre dans le moment présent.
- Où est-ce que tu vas?
Elle t'attend.
(clapotis des vagues)
(cris de joie)
(musique douce)
(stridulations)
(musique intrigante)
C'est une bonne idée, je te le jure.
(Cyril): J'espère que ça marchera.
(Cécile): Ça marche déjà.
(musique intrigante)
D'accord. À ce soir.
Au revoir.
(soupir)
Ce soir. (petit rire)
Au bar du Soleil.
Qui c'était?
Ne me déteste pas.
Charles Webb, on les retrouve là-bas, lui et Frances.
- Sa femme? - Hum-hum.
- Je n'avais pas réalisé jusqu'à maintenant
que j'avais très envie de sortir ce soir.
J'adore ressentir ça.
Et tu ressens quoi?
De l'effervescence.
(musique rythmée)
(♪♪)
(♪♪)
(conversations animées)
- Est-ce que tu comptes dessiner ta propre robe?
- Hum. Je pense peut-être à un tailleur jupe.
- Hum! - Très chic. J'adore.
- Donc, ce sera le 5 octobre? - Hum-hum.
Mais c'est drôlement rapide.
- Eh bien, l'automne à Paris, ça nous semblait idéal.
- Et vous n'avez pas songé à attendre un an?
Pas une seconde.
Pourquoi attendre?
- C'est vrai que c'est romantique de se marier précipitamment.
- Ou alors on fait les choses précipitamment pour préserver le romantisme.
- Hum. Ce sera un mariage intime, rien de compliqué.
Je m'occupe moi-même de tous les détails.
Félicitations!
Etc., etc., etc.
Oh, j'ai failli oublier.
(rire)
- Oh! - Wow.
Je lui ai dit qu'elle était trop grande pour ça.
Ça m'étonnerait.
(Cécile rit.)
Et regarde.
(Raymond): Oh, mon Dieu, mais qu'est-ce que c'est que ça?
(rires)
- C'est... c'est vraiment très mignon. - Oh, c'est joli.
- Celui-là est génial. - Ça vient de ma collection privée.
(Cécile rit.)
Tiens on dirait Elsa.
Elsa Mackenberg.
C'est elle, n'est-ce pas?
Elsa? Je la connais pas.
Mais lui, il ressemble à une statue romaine.
(Charles): Un chérubin.
(Frances): Un très beau et grand chérubin.
- Je m'habillais comme ça avant. - Ah ouais?
Comme lui ou comme elle?
(rires)
- Bon, on va se contenter de parler de ce couple magnifique?
Ou alors on les invite à s'asseoir avec nous?
(Charles): À l'automne à Paris.
À l'automne à Paris. Oh.
À l'automne à Paris.
(tintements de verres)
(stridulations)
(arrêt du moteur)
Ta complice.
Ouais.
Je t'aime, Anne.
(pépiements)
(toc-toc!)
(inspiration brusque)
Entrez.
(ouverture de porte)
- J'ai pensé que t'en aurais besoin.
Comment tu te sens?
(petit rire)
Tu t'es amusée hier soir?
Moi je me suis beaucoup ennuyée.
- Parfois, je confonds l'ennui avec... le chagrin.
Euh, les deux peuvent être très déstabilisants.
Pas pour toi.
Y a jamais rien qui te déstabilise.
Non, ça m'arrive.
Et ça disparaît. Pendant très longtemps.
Tu dois vraiment avoir hâte de revoir tes amis à l'école.
- Je crois que... j'ai très hâte à l'automne.
Au mariage.
(petit rire)
Et au changement de saison.
- C'est plus facile de sortir de la maison avec une veste, non?
(petit rire)
Essaie de te reposer un peu, d'accord?
(fermeture de porte)
(Cyril): Comment j'étais?
(pépiements)
Est-ce que t'étais jalouse?
Oui, je l'étais.
Hum.
(soupir)
Je commence à me détester.
- Hum. Et c'est nouveau ça? (petit rire)
Cette fois c'est différent.
Je sens comme un poison à l'intérieur de moi.
C'est la culpabilité.
Fais pas ça.
N'essaie pas de nommer ce que je ressens.
- Alors pourquoi tu le fais, toi?
Hum.
Parce que j'y pense en ce moment.
Je sais pas trop.
Mais quand j'y pense pas, j'ai l'impression de pas avoir le choix.
Mais tu l'as.
- Tu sais ce que j'aime vraiment pas?
Quand je dis que j'ai pas le choix,
et que quelqu'un insiste pour me dire que je l'ai.
(rire)
Si j'ai pas faim, bien, j'ai pas faim.
Ouais.
Mais quand tu dis que t'as pas faim,
tu finis toujours par manger dans mon assiette.
J'ai un cadeau pour toi.
Non.
Non, non, non.
(rire) Non, non.
(rire)
(raclement de gorge)
(musique douce de guitare)
(Il chante dans une langue étrangère.)
(♪♪)
(♪♪)
(rire)
(clapotis des vagues)
(La chanson continue.)
(♪♪)
- Elle se rend compte qu'elle est amoureuse de lui...
...parce qu'il peut marcher sur le verre sans se blesser.
C'est une espèce de magicien ou... un demi-dieu, quoi.
C'est adorable.
(Il rit.)
Ouais.
(pépiements)
(Il s'éloigne.)
(tintement de sonnette de vélo)
(clapotis des vagues)
(Cécile): « Je viens de voir Raymond, je lui manque, ça se voit. »
« Doucement, tu vas trop vite. »
(notification)
« OK, OK. Il m'a invitée à prendre un verre.
Je devrais y aller, n'est-ce pas? »
« Je sais pas. »
(Raymond): Hum, j'ai des courses à faire en ville.
(Anne): Allez, dépêche-toi, les magasins vont fermer.
- Tu peux me passer ma liste? - Hum-hum.
(pépiements)
- Du beurre. Je l'ai fini tout à l'heure.
Qu'est-ce qu'il nous faut d'autre?
- Tu sais quoi? Je vais y aller demain. - Hum.
Je vais aller me baigner.
- Ah! Je vais marcher pour digérer.
(Raymond rit.)
(rire)
(clapotis des vagues)
(souffle du vent)
(musique douce)
(stridulations)
(clapotis des vagues)
(stridulations)
(voix indistinctes)
(Raymond): Non, je le redirai pas. (Elsa): Très beau.
Très beau. (Raymond): Hum-hum.
Je comprends pas. (Elsa): Si, tu comprends.
Tu comprends, si je te dis « la petite crique ». (Raymond): Non.
(Elsa): La petite crique où on est allés! (Raymond): Non. S'il te plaît!
(rires)
(respiration tendue)
(musique de tension)
(clapotis des vagues)
(musique dramatique douce)
(pépiements)
(craquement de glaçons)
(claquement de porte)
(pas rapides)
(claquement de portière, démarrage de moteur)
(crissement de gravier)
- Cécile! Reste pas là s'il te plaît!
- Qu'est-ce qui s'est passé? T'en vas pas.
Ça a été bien un moment, pas vrai?
Je peux tout arranger.
Laisse-moi juste une chance de tout arranger.
- Non, je me suis trompée. C'est la plus grande erreur de ma vie.
- Non! Anne, on a besoin de toi. Attends.
(musique dramatique)
(♪♪)
(voix indistinctes)
(♪♪)
(sirènes au loin)
(pas qui approchent)
(musique douce de piano)
(♪♪)
(cloches au loin)
(coups de klaxon au loin)
Bonne fille.
Salut, toi.
Comment ça va?
Je pourrais ne jamais me relever et ce serait absolument parfait.
Je pourrais vivre ici, sur ce carrelage.
Hum.
(soupir)
- S'il te plaît, dis-moi quelque chose.
À quel sujet?
Comme tu veux.
Y a quelque chose qui me remonte dans la gorge.
- Ses câlins étaient à la fois chaleureux et froids.
Ils ne duraient que quelques secondes, mais...
on se sentait retenu très fort.
Hum.
Oui.
- C'est peut-être ça, l'élégance.
Être à la fois chaleureux et froid.
(respiration profonde)
- Mais tu crois qu'elle restera notre secret?
Ou tu trouves ça cruel que je dise ça?
- Je crois que tout me semblera cruel, pendant très longtemps.
- À la mort de ta mère, j'étais effondré.
Parce que j'étais jeune et que tu étais toute petite, et que...
...j'ignorais ce que tu pouvais comprendre.
Probablement beaucoup.
À l'époque, la vie était faite de nouvelles joies, pas d'anciennes.
Et le deuil... le deuil n'y avait pas sa place.
Mais il y a eu une période ensuite
durant laquelle je n'arrivais ni à me remettre,
ni à me souvenir.
Je ne pouvais pas avancer.
J'avais besoin de tout avoir près de moi,
parce que c'était la façon la plus immédiate de vivre, et...
avec Anne, j'étais enfin, après toutes ces années...
...juste bien.
Bien?
Oui.
(inspiration profonde)
Bien.
(petit rire)
J'adorais... entendre sa voix
dans une autre pièce.
Jamais, non, plus jamais je ne présumerai que quelqu'un, ou quelque chose,
m'est complètement acquis.
Pourtant, on le refera.
(musique douce de piano)
(tintement de verre)
(♪♪)
(ruissellement de la pluie)
(musique douce)
(reniflement)
- Vas-y, vas-y, vas-y! Tiens, tiens, tiens.
Ils sont très collants. Dis-moi si elles sont bonnes, je te fais confiance.
(gémissements)
- C'est bon? - Oui, ça va.
- Ah bon, t'es sûre? - C'est pas idéal, mais c'est pas mal.
- Allez. Non, mais tout le monde va être très, très content d'avoir ça, non?
- Oui, oui. - Attention! Tu te brûles pas, tu te brûles pas!
- Ce soir, il te fait sa déclaration.
Il me fait pas de déclaration du tout.
(rire)
- Voilà. - Parfait.
- OK, on met juste la sauce ici. - OK, OK.
Mets plus, plus, plus!
- (musique rythmée) - Il est où, Denis? Goûteur professionnel!
- Première bouchée pour toi, Denis. - Je crois qu'il va aimer, hein.
OK, chéri, c'est à toi.
Hum, la Belle et le Clochard!
(rires)
- C'était beau! - Alors? C'était bon? C'est bon pour vous?
(musique rythmée sur haut-parleurs)
T'es venue!
Rentre, vas-y.
- Hé, ça va toi? - Oh!
C'est par là-bas!
Tu vas bien?
- Ignore-les. Ça va aller.
- Je me suis dit que si j'apportais quelque chose, je serais en retard.
Et j'arrive... en retard et les mains vides.
- Je suis content que tu sois là.
Alors t'en fais pas, c'est... c'est pas grave.
- Euh... - Ta veste?
Ouais, tu peux la mettre là.
- Merci. - De rien.
Je te rejoins dans une seconde.
Prends ton temps.
(conversations entremêlées)
(musique rythmée assourdie)
(soupir)
(femme 1): Elle est allée où? (Denis): Elle est partie ranger son manteau.
(femme 2): Qui? (femme 1): Cécile!
(femme 2): Cécile elle est venue? (Denis): Oui.
(femme 2): Qu'est-ce tu fais à rester à nous parler, là, Denis? Va la voir!
(Denis): Elle est tranquille. (femme 2): Bien, moi, je vais aller la chercher.
(femme 1): Non, mais t'es stressé. (Denis): Moi, je suis stressé?
(femme 1): T'es très mignon. (paroles indistinctes)
T'es pas drôle! (Denis): C'est vous qui êtes pas drôles, là.
(femme 1): Attends, j'adore cette chanson. Venez, on va danser.
(femme 2): Oh, non, j'ai pas trop envie de danser, là.
On va la remettre plus tard, ta chanson. (femme 1): Non, non, non,
oublie ça. Je danse avant la fin de la chanson.
Denis, va la rejoindre.
(Denis): Elle va bientôt sortir.
Quand elle sera prête.
(clapotis des vagues)
(musique douce)
(♪♪)
À LA MÉMOIRE DE RANA BOSE
Sous-titrage: difuze
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