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Original subtitles

Sous-titrage Société Radio-Canada Voilà, ça te fait trente de dix.

Tu as bien coté les huîtres ?

Bien sûr.

Ça va te régaler.

Embrasse ta mère pour moi !

Ça fait longtemps que je ne l'ai pas vue.

J'ai les chemises.

Même ces petits carreaux ?

Oui, elles étaient toutes prêtes.

Votre courrier.

Je vais leur donner un coup de fer avant de les pendre dans l'armoire.

Comme ça, vous n'aurez pas de démangeaisons.

Les filets de loups, je vous les prépare pour midi ?

Il y en avait ?

Ah oui, ils sont superbes.

Vous en voulez combien ?

Ils sont gros.

Comme vendredi.

Je vous en avais fait trois.

Et vous ne les avez pas finis ?

Mettez les trois quand même.

Avec du riz ?

Du riz pilaf ?

Bien sûr.

Bon, alors je le prépare.

Et vous n'aurez qu'à éteindre le feu.

Ça sonnera.

Je vais mettre le minuteur.

Pas trop épaisse, la panure.

J'aime bien quand c'est juste trempé dans l'œuf.

Comme votre majesté voudra.

C'est pas si difficile que ça.

Non.

Si on fait ce que vous voulez... Bien sûr.

Et les bulots, ils sont où ?

Ben ils sont là.

Et la mayonnaise ?

Ah non.

Vous l'avez trouvé trop haillée.

Alors je vais vous faire une mayonnaise maison.

Pas à l'huile d'olive.

Bien, votre majesté.

Ma chère Maria.

Vous pourriez me signer des chèques d 'avance ?

Je me suis servie du dernier.

Oui, oui, oui.

Et les tickets d'aujourd'hui, je les mets au même endroit.

Oui.

J'ai fait toutes les courses.

Merci ma belle.

Je mets la monnaie dans le compotier.

Il faut que j'y aille.

Et je peux pas rester plus longtemps avec toi.

Sinon je vais me faire engueuler.

Hein ?

J'ai des maîtres moi aussi.

Oui ?

Et nous sortons.

On va en haut de la cannebière.

À la bonne pâtisserie.

D'accord.

Bonne promenade !

Combien il reste sur le compte ?

Il y a plus rien.

Et la carte, elle est bloquée depuis Saint-Athènes.

Comment ça se fait ça ?

Ils ont pas dû me verser la retraite.

Demain, tu vas te renseigner à la caisse.

Bien sûr.

Bon, il faut que j'y aille.

Où tu vas à cette heure ?

J'ai rendez-vous avec Gabi.

Encore ?

Et il a besoin que je l'aide pour sa moto.

Alors maintenant, c'est toutes les semaines ?

Qu'est-ce qu'il se passe, Bruno ?

Sa moto, elle a le même âge que moi, et plus personne

ne sait réparer ses vieilles becans, là, c'est tout.

Tu as recommencé à jouer.

C'est pour ça qu'il a bloqué le compte.

Et je te pose des questions, moi, sur tes huîtres.

Comment tu les perds ?

Maria.

Vous savez, je vous crois qu'en Rayette, elle perd un peu la tête.

Vous croyez ?

Ah oui.

La nuit, elle parle toute seule.

Elle parle à André.

C'est qui André ?

André Paradis.

Elle vous a jamais parlé d'André ?

Non.

Il a été arrêté par les Allemands, en haut de la cannebière.

Il attendait le bus devant la bonne pâtisserie.

C'est pour ça que vous y allez souvent.

Elle pense toujours qu'il va revenir.

C'était des enfants.

Et ils étaient fiancés.

Alors, elle l'attend toute sa vie.

Elle l'a attendue.

Elle lui parle, normalement, toute la nuit.

Mais il ne faut surtout pas la réveiller.

Mais c'est qu'elle s'énerve.

Elle l'engueule, le pauvre.

Vous ne croyez pas que c'est ça, la folie ?

Mais elle n'est pas folle.

Et peut-être qu'elle le voit vraiment.

Peut-être qu'il est revenu, son André, à force de penser à lui.

On dit que les gens avec qui on s 'engueule, c'est ce qu'on aime vraiment.

C'est la dernière fois que je fais cette route jusqu'à Belgrade.

C'est trop dur.

J'en ai assez d'être sans vous.

Tu dis toujours ça.

Cette fois, c'est vrai.

Je vais en parler au chef.

Ça nous fera moins d'argent, mais on pourra faire un deuxième.

Ah ouais ?

Ouais.

On fait tout de suite, si tu veux.

Allo, maman, oui ?

Non, non, tu ne me déranges pas du tout.

Quoi, pardon ?

Oui, il fait ses gammes.

Ouais, oui, mais je t'écoute.

Sors !

Tu me vois ?

Moi, je te vois.

Des jeux de maison, non ?

Tu crois ?

Je ne suis pas sûre.

Comment tu n'es pas sûre ?

Moi, je suis sûre.

J'écoutais la musique tout le temps, j'ai l'habitude.

Je ne te fais pas de soucis pour ton père et moi.

Si je ne peux pas payer 85 euros pour la location d'un piano pour que mon

petit-fils devienne un grand pianiste, ça sert à quoi que je travaille ?

Il est doué, je te dis.

Kevin, ça va ?

Ouais, il est parti, là.

Ah, il est parti ?

Ouais.

Il est courageux, ton mari.

Ah.

Bon, je te rappelle.

Ciao !

Bisous !

Madame ?

Pardon.

Un euro cinquante, s'il vous plaît.

Oh, tiens.

Mon fils.

Où est-ce qu'il t'amène ?

Tiens, voilà ton courrier.

Ben, figure-toi que j'ai été visiter une maison à 100 mètres d'ici.

Voilà, un décès.

Il y a plusieurs héritiers, le notaire m'a chargé de la vente.

Je croyais que t'étais venu pour me dire bonjour.

Bonjour.

Bonjour papa.

Qu'est-ce que tu veux ?

Tu veux prendre l'apéritif ?

Euh... Ben, c'est un peu tôt, là.

Non mais, enfin, oui.

Ben oui, je veux bien.

D'accord.

Je me demande pas comment ça va.

T'as l'air d'aller bien.

Je vais bien.

Je vais bien.

Je m'ennuie un peu.

Alors, est-ce que t'as réfléchi à ce dont je t'ai parlé la dernière fois ?

J'ai réfléchi, j'ai réfléchi.

Je fais que ça.

J'ai le temps.

Tu sais, au prix actuel du marché, si tu vendais ici,

tu pourrais avoir un petit appartement près de chez moi.

On se verrait plus souvent.

C'est trop grand pour toi ici.

Depuis que t'es en fauteuil roulant, tu te sers plus du tout de l'étage.

Pourquoi tu me mens ?

Je te mens pas.

Tu es pas venu pour visiter une soi-disant

maison de quelqu'un qui serait soi-disant mort.

Tu es venu pour essayer de me convaincre encore une fois de vendre ma maison.

Alors, mon fils, soyons clairs.

Je sais très bien que tu n'as pas très envie et qu'on se voit plus souvent.

Ça m'attriste, mais c'est comme ça.

Tu t'imagines que j'ai tué ta mère parce que je l'ai quittée.

T'es sûr de ça ?

Et tu te lèveras jamais ça de la tête, mon pauvre petit.

Alors, je vais te dire une bonne fois pour toutes.

Si je peux t'aider, je t'aiderai.

Mais je vais rester ici.

Là où je suis né et où je vais mourir.

Après, je ferai ce que tu voudras.

Là où je serai, ça ne m'intéressera plus.

Et ta femme, ça va ?

Ça va, ouais.

Et les affaires ?

Ça t'intéresse ?

Ouais, ouais, ouais.

Tu veux un autre verre ?

Non merci, ça suffit là.

Alors.

Et la prochaine fois.

Tu peux venir quand tu veux, je suis là, ça bouge pas.

C 'est quoi ?

La question d'un piano.

Pour éditer le chèque.

Bah, il ne vit plus ensemble, mais il la voit toujours alors.

Ça me rend dingue.

Il a bousillé la vie de ma mère et la mienne.

Et à son âge, il continue à l'entretenir et à tout lui payer.

Mais t'es sûre que ce piano, c'est pour elle ?

Évidemment.

Pour qui veux-tu que ce soit ?

Je t'ai déjà dit, elle était prof de musique.

Chérie.

Oui ?

Faut que tu décroches de cette histoire avec ton père.

Ma soeur m'a encore apporté les habits de son fils.

Il est absolument un cousin.

Une cousine.

C'est joli, non ?

Très joli.

Faut qu'on fasse un enfant avant que mon neveu passe son bac.

Il pourrait vendre.

On rembourserait notre crédit.

Va savoir s'il l'a pas déjà hypothéqué sa maison.

Et nous, on n'aura jamais rien, tu verras.

Ok.

Ça te dérange ?

Si je reste un peu...

Viens.

Viens.

Là, mamie, assieds-toi là.

Je veux jouer rien que pour toi.

On a leo.

On a leo.

On a leo.

Et on a leo.

everybody, à l'autre.

On a leo.

Bravo.

Il joue de mieux en mieux.

C'est sûr, il va l'avoir, son concours.

Arrête de dire ça.

Je veux pas qu'il soit déçu.

Tu sais, tous les autres élèves, ils prennent en plus

des cours particuliers, alors faut pas trop rêver.

Les cours, c'est 70 euros de l'heure, donc on pourra jamais se payer ça.

Je sais.

Je sais.

Bon, à samedi.

À samedi.

Au revoir.

Maria.

Oui ?

Vous en avez pas un peu marre de faire le ménage chez tous ces vieux ?

Non, ça me fait plaisir de rendre service.

D'aider les autres.

Sinon, qu'est-ce que je ferais ?

Vous leur montreriez comment faire.

Je saurais pas leur expliquer.

Je suis pas instituteur, moi.

Bon.

Faut que j'y aille, j'ai déjà pointé.

Cinq minutes.

Cinq minutes.

Parce qu'après, si je pointe à rentrer chez Mme

Calbiac, ils vont me reprendre une heure quand même.

Je l'avais mauvaise.

Je suis tellement seul.

Mais pourquoi vous voyez pas plus souvent votre fils ?

Quand je me suis séparé de sa mère, il m'en a tellement voulu.

Elle est morte pas très longtemps après d 'un

cancer et il croit toujours que c'est de ma faute.

Oui.

Peut-être pas tort.

Qui peut savoir ?

Et vous, vous entendez bien avec votre fille ?

Oui.

Elle a son caractère.

Mais surtout, il y a mon petit-fils.

Je l'aime plus que tout.

C'est le sourire de ma vie.

Il joue de mieux en mieux au piano.

Il prépare un grand concours.

Ça, le piano, c'est magnifique.

C'est le roi des instruments.

Vous savez que c'est celui qui a le plus de notes.

Et il est passionné.

Depuis qu'il est bébé, je lui fais écouter de la musique sans arrêt.

Et c'est moi qui l'a emmené au conservatoire.

Et maintenant, il vit plus que pour ça.

Et moi aussi.

C'est bien.

Et ce conte de Gabi avec sa moto, non ?

Tu as vu l'heure qu'il est ?

Tu as recommencé à jouer ?

Tu crois que je vais longtemps continuer à travailler comme ça ?

Ne te plaît pas.

Tu as la chance de travailler.

Regarde-moi à mon âge.

Qui me propose du travail ?

Personne.

À part Gabi.

Qu'est-ce que je peux faire ?

Je ne sais pas.

Tu passes la vitesse supérieure.

Qu'est-ce que tu peux prendre ?

Mais tu penses à Nicolas des fois ?

Au niveau où il est, il a besoin de cours particuliers.

C 'est absolument nécessaire.

Alors, un chèque pour la location de piano, il ne s'en aperçoit pas, ça passe.

Mais un deuxième pour les cours particuliers, c'est risqué.

Mais tu es folle.

Non, tu n'es pas folle, tu es obsédé.

On peut vivre sans jouer du piano.

Ben, sans voyager.

Sans partir en vacances.

Sans manger de foie gras.

Sans boire de champagne.

Oui, on peut se balader au milieu de toutes ces tentations.

Sans jamais y toucher.

Moi, j'appelle ça la torture.

Je vais me coucher.

Si ça ne te dérange pas, tu peux sortir la poubelle.

Je peux, je peux.

Oui, je peux.

Il y a plein de choses que je ne peux plus faire.

Mais ça, je peux.

Vous voulez que je fasse manger Cornelius ?

Quelle heure il est ?

Dix-sept heures.

Non, c'est trop tôt.

Je lui donnerai plus tard.

Bon, je peux y aller ?

Ça va aller ?

Oui, allez-y vite.

Maria.

Quoi ?

Vous vous en occuperez de Cornelius ?

Après ?

Après quoi ?

Parce qu'ils ne vont pas m'autoriser à le garder à l'asile.

Il est venu ce matin.

Qui ?

Le monsieur de l'asile.

Mais on ne met pas les gens à l'asile comme ça.

C'est qui ce monsieur ?

C'est le monsieur du bas.

Il a dit que je ne pouvais plus rester ici.

Celui qui est venu pour le chauffe-eau.

Le monsieur du syndicat.

Ah, le syndic.

Voilà, c'est ça.

Quel salopard.

Mais je vais aller lui parler.

Mais s'il y avait quelque chose de nouveau, on m'aurait avertie au travail.

J'ai reçu mon planning pour le semestre prochain, vous êtes inscrite.

Mais si jamais...

Vous vous en occuperez de Cornelius ?

Parce qu'il est vieux, vous savez, lui aussi.

Bien sûr.

Bien sûr.

Il faut que j'y aille.

On a été obligés d'écrire à tous nos clients.

On a été vandalisés.

Un dégât des eaux monstrueux.

Les instruments n'ont pas trop souffert.

C 'est le plus important.

Suivez-moi.

On vit dans une époque étrange, hein ?

Venez.

Je vous laisse vous installer ici.

Hop.

On va regarder ça tout de suite.

Alors, votre père a fait un chèque de dépôt de garantie de 1000 euros pour un

piano droit de concours le 20 décembre dernier.

Et regardez.

Simplement, s'il peut le refaire.

Vraiment, c'est juste pour remettre les choses dans l'ordre.

Les dépôts de garantie ne sont jamais encaissés.

Puis, les paiements avec votre père sont honorés.

Donc, tout est à jour avec lui.

D'accord.

Il est un peu âgé.

J'ai l'habitude de s'occuper de ses affaires.

Est-ce que vous pouvez me dire pour qui il est où, ce piano ?

Oui, bien sûr.

Tout à fait.

On perd un peu la tête.

Alors, pour le modèle, ça sera le Heisenberg.

C'est le même que celui-ci, mais en noir.

Oui.

Et l'adresse de livraison, c'est...

Alors...

Oui, donc... Alistak.

Madame Jennifer Jourdain.

Voilà.

On se traverse Fenouil.

Ce devrait être...

Jennifer Jourdain.

L'outil de repas ?

Quel prénom ridicule.

Elle vit à l'estak.

Juste à côté de chez lui.

Pourquoi ils ne vivent plus ensemble ?

Elle doit être vieille.

Elle avait quel âge quand il est parti avec elle ?

J'en sais rien.

Qu'une idée.

J'aimerais enfin la voir.

Tu ne l'as jamais vue ?

Même de loin ?

Ben non.

Jamais.

Mais...

Ça te servirait à quoi ?

À lui dire le mal qu'elle m'a fait.

Je voudrais qu'elle sache comment on a souffert, ma mère et moi.

Je ne suis pas sûre que ça te fasse du bien.

Arrête de penser à ça.

On va s'en sortir.

On n'a pas besoin de lui.

Viens.

Viens.

Ah, bonsoir, M.

Sarmadjan.

Oui.

Merci de me rappeler.

C'est la grand-mère de Nicolas.

J'ai décidé de lui payer ses cours de piano avec vous.

Ben, ça me fait plaisir.

Ah, il joue bien, mais... je suis sûre qu'avec vous, il va progresser.

Alors...

Si vous pouviez me donner votre adresse, comme ça, tous les premiers du mois,

je vous enverrai un chèque à votre nom.

350 euros, c'est ça ?

J'ai une bonne nouvelle.

J'ai appelé son professeur de piano au conservatoire.

Tiens, c'est l'adresse.

Il est d'accord pour lui donner des cours particuliers.

Un par semaine jusqu'au concours.

Super !

Ça s'arrose !

Et tu le payes comment ?

T'inquiète pas, je me débrouille.

Tu te débrouilles ?

J'ai pris du travail en plus.

Alors tu l'appelles pour caler les rendez-vous.

C'est au 135 de l'avenue du Prado.

Renaud et moi, on se débrouillera pour l 'accompagner.

Ça aussi, je peux le faire.

Mes jours de repos, je pourrais moi aussi l'amener.

Ça va te faire des heures en plus, non ?

T'inquiète pas, je te dis.

Elle a raison, pourquoi tu t'inquiètes ?

Tu t'inquiètes toujours de tout.

Bon, on a trop bu, on va y aller, non ?

Où on a trop bu ?

Moi, j'ai pas trop bu, merde.

Ça fait quinze jours que je bois pas, quinze mille bornes sans boire une goutte.

C'est pas deux, trois verres qui... je me détends.

Merci, Maria, pour ce que tu fais.

Merci pour tout.

Mais non.

C'est ma joie, ça.

Oui, madame Kalbiak.

Oui.

Je viens.

Oui, je viens.

Calmez-vous.

Elle est trop gentille.

Ouais.

Elle est payée en heures suple, hein ?

Bien sûr que là, tu parles, ça fait avoir à chaque fois.

Mon fils, ta grand-mère est une sainte femme.

Oui.

T'as de la chance.

Tu le sais ?

Oui.

Qu'est-ce qu'il arrive là ?

Oh, j'ai peur, j'ai peur.

Il ne faut pas.

J'ai peur, j'ai peur.

Mais je suis là.

Je ne peux pas rester toute seule.

Restez avec moi.

Mais oui, je rêve.

J'ai trop peur.

Allez, vous couchez.

Où il est ?

Où il est, Cornelius ?

Il doit être... Il doit être quelque part.

Il s'est caché.

Lui aussi, il a peur.

Il doit être quelque part.

Il a peur.

Mais c'est rien.

Vous allez coucher.

Tous les deux.

On a peur.

Calmez-vous.

Vous allez vous endormir tranquillement.

Je reste là.

Vous voulez un verre d'eau ?

Non, merci.

Allez, couchez-vous.

Vous allez vous endormir tranquillement.

C'est rien.

Il va s'arrêter, cet orage.

Il va s'arrêter.

Mais je suis là.

Je ne pars pas.

Je reste avec vous.

Hein ?

Je reste là.

Mais je reste là.

Ça va mieux déjà.

Ça finira pour s'arrêter.

Alors, c'est très beau ce que tu as fait au début.

Mais est-ce que tu peux chanter plus ?

Tu vois, c'est si bémol.

Ré, si, sol, frais, sol, lo.

Vas-y.

Oui.

Là, tu lises le si, mi bémol.

Frais, sol, mi.

Le sens-tu ?

Je pense qu'il y a une demi-cadence.

C'était très élégant ce que tu as fait.

Mais reprends-moi ça.

Tu

dis que là, du coup, tu accentues les notes aiguës.

Puisqu'il y a un sfordando sur le dos.

Refais.

L'inverse, l'inverse.

Tu accentues les notes aiguës.

Oui.

Alors, j'aimerais bien écouter la main gauche ici, si tu veux bien.

Quel est le doigt le plus fort ici ?

Le pouce.

Oui.

Et c'est ce qu'on entend le plus.

Alors que Beethoven voudrait qu'on entende cette mélodie médiane, tu vois.

Sol, sol, la, sol.

Il faut que tu écoutes ça.

Vas-y, essaye.

Arrondis le pouce, un peu sur le bord.

Oui.

On articule encore plus et rajoute la main droite

maintenant qu'on entende cette espèce d'écho.

Tu vois, ça fait ça.

Regarde.

Tu vois ?

Oui.

Alors ?

J'adore, c'est trop bien.

Pas trop vite, hein.

Tu m'avais dit que tu ne partirais plus.

Bientôt.

Bon, champion, on t'attrape.

T'as vu, on est bien là, hein ?

Ouais.

Toute la famille et tout.

Ouais.

Vous êtes avec moi tout le temps.

Ouais.

Allez, Nico, on y va.

Allez, c'est parti.

Fais-moi un bisou.

Allez, file.

Un jour, je pourrais dormir avec toi dans le camion.

Je t'emmènerai, promis.

Aux prochaines vacances ?

Pendant les vacances, le piano continue.

Tu veux que ta grand-mère m'étrame.

Après les concours, tu pourrais y aller.

Super.

Tu viens ?

Ouais, j'arrive.

Allez.

Bonne route.

Ciao, papa.

Bonne route.

Ciao.

Allez.

Tu arrives ?

Ouais, j'arrive.

J'arrive.

Et votre petit-fils, le piano, il progresse ?

Oui, oui.

Ça va.

Mais il travaille beaucoup.

En plus du conservatoire et du collège, il

prend des cours particuliers à venu du Prado.

C 'est loin.

Ça le fatigue.

Mais il est courageux.

Ça doit être de famille quand je vous vois travailler.

Vous savez, souvent, je rêve de lui.

Je le vois en smoking tout seul sur une scène avec un piano immense.

Et le public qui l'applaudit, qui l 'applaudit sans fin.

Et puis après, je pense tout à fait à autre chose.

Je vois ma mère plier en cadre qui ramasse des patates ou vous, qui vous mettez à

courir sans difficulté, qui vous tenait debout devant vos élèves.

Et je me demande pourquoi je pense à ça, puisque

je réfléchissais tout à fait à autre chose.

Des situations qui n'ont aucun rapport entre elles s'enchaînent avec aucune logique.

Et je me dis que si je ne m'en rendais pas compte, je serais folle.

Parce que c'est ça, la folie.

Et... Je me dis aussi...

qu'il y a des moments où on peut tous être faux.

Qu'on peut tous devenir faux.

Et ça, monsieur Moreau, vous le savez, vous...

Mais vous, ce sont des idées que vous avez eues

sans les avoir apprises de quelqu'un d 'autre.

Et ça, c'est la preuve d'une grande intelligence, ma chère Maria.

Vous moquez pas de moi.

Je vous aime.

Enfin, je vous aurais tellement aimé plus tôt.

Je vous ai blessé, pardon.

Non.

Mais j'ai pas envie de penser à ce que ma vie n'a pas été.

C'est trop dur.

Un mardi.

Oui, Mise, on a rien.

Il doit combien, là?

Pas beaucoup.

Maria, laisse tomber.

Non, je ne laisse pas tomber.

Combien il perd aujourd'hui?

120.

C'est bon, Maria.

Fous-nous la paix.

Voilà.

C'est ce que j'ai gagné cette semaine.

Tu peux encore perdre 45 euros.

C'est ce que je vais gagner cet après-midi.

Bonjour.

Madame Jourdan?

Oui, c'est moi.

Bonjour.

Vous êtes Madame Jennifer Jourdan?

Oui.

Qu'est-ce qui se passe, monsieur?

Vous êtes prof de musique?

Ah non, non, pas du tout.

C'est mon fils qui joue.

C'est pas un élève.

C'est... Enfin, j'aurais bien aimé être professeur de musique, mais non,

je suis caissière.

Caissière?

Oui, caissière.

Pourquoi?

Vous connaissez Monsieur Moreau?

Monsieur... Non, ça me dit rien.

Pourquoi?

Enfin, c'est qui?

C'est mon père.

Et pourquoi je connaitrais votre père?

Enfin, vous êtes un peu rigolo, Monsieur.

Excusez-moi, c'est votre mère qui est professeur de musique?

Non plus.

Excusez-moi Monsieur, je comprends pas trop ce que vous voulez là.

Ce que je veux, c'est savoir pourquoi mon père louce piano pour vous.

Mais c'est pas votre père qui louce piano.

Ah ouais?

Et le loyer, c'est lui qui paye aussi?

Et quoi d'autre?

Bon, écoutez, je comprends pas du tout ce que vous voulez là.

Qu'est-ce que vous lui faites à mon père pour prendre son argent?

Laissez-moi tranquille, s'il vous plaît.

Ouais bah, vous pouvez me faire confiance, je vais pas vous laisser tranquille.

Ca va pas se passer comme vous croyez.

On va se revoir, Madame Jourdan.

On va se revoir très vite.

Et ce sera au tribunal.

Je prends 20 euros pour les courses.

C'est le syndic qui aimerait que vous partiez.

Comme ça, il pourrait louer plus cher, ce voleur.

Mais je l'ai remis à sa place.

Il vous embêtera plus.

Les gens se cachent des choses les uns aux autres.

Dix blancs à l'un et noirs à l'autre.

Et puis d'un coup, ça vous tombe dessus comme la foudre.

Mais ne vous inquiétez pas comme ça.

J'emmène Cornelius, elle vous fera prendre l'air.

Il l'amène pas trop loin.

Oh!

Il lui fait faire le tour du pâté de maison.

Et si c'est ouvert, je vais vous prendre des figues?

Ouais.

Avec de la glace à la vanille.

Si c'est ouvert.

Allez viens Cornelius.

Bonjour ma fille, ça va?

C'est qui Monsieur Moreau?

C'est un monsieur dont je m'occupe.

Pourquoi?

Un monsieur dont tu t'occupes.

T'as recommencé comme avant.

Mais qu'est-ce que tu racontes ma fille?

Son fils sort de chez moi, c'est l'argent de son père qui paye le piano.

Non.

Tu peux pas t'en empêcher, c'est plus fort que toi.

T 'es vraiment tarée en fait.

Non.

C'est pour le petit.

Je vais me débrouiller.

Non, tu débrouilles pas.

T'arrêtes avec ce mot.

Tu fais plus rien, t'arrêtes tes conneries.

Allo?

Oh, c'est toi Laurent.

Je suis content de te voir.

Mon papa, soyons très clair, je vais pas tourner autour du pont.

Pourquoi tu loues un piano depuis six mois?

Qu'est-ce que tu racontes?

T'avais besoin de chair fraîche pour t 'exciter.

La prof de musique a vieilli, elle aussi?

Je comprends pas de quoi tu parles.

La prof de musique, comme tu dis, elle est morte il y a bien longtemps.

Et depuis, je vis seul.

Tu peux m'expliquer?

Jourdan.

Jennifer Jourdan.

Ça te dit rien?

Rien du tout.

T'es sûr?

Oui, je suis sûr.

Tu connais pas son nom.

Évidemment.

Tu connais pas son nom.

Comment tu l'appelles quand elle te suce la bite?

Hein?

Ma petite pute chérie?

Comment oses-tu me parler comme ça?

Qu'est-ce que tu lui donnes, à part le piano?

Évidemment, dans ton état, t'es obligé de payer maintenant.

Alors vas-y, ça te coûte combien une jeune pute?

Mais tu crois que je fais venir des putes ici?

C'est au forfait, ou à la carte, ou je sais pas, tu la payes à l'heure?

Et la prime, c'est l'allocation du piano pour son fils?

Je crois que je perds la boule, que je suis sénile?

Qu'est-ce que tu veux?

Tu veux contrôler mes comptes?

Tu veux me mettre sous tutelle, c'est ça?

Je veux plus te voir ici.

Va-t'en.

Je comprends pas ce que tu racontes.

J'ai jamais loué de piano, moi.

C'est toi qui as fait le chèque de caution.

Et c'est toi qui fais les paiements tous les mois.

La vérité, la seule vérité, c'est que t'es un pauvre type.

Un vieux dégueulasse.

Mais merde, elle est aussi à moi, cette maison.

C'est aussi l'argent de ma mère qui est investie là-dedans.

Mais arrête!

Arrête avec ta mère!

Ta mère, ton père, sa maîtresse.

Et cette pute, Manon?

C'est pas possible de se rendre malade comme ça.

C'est moi qui vais craquer, là.

Je m'en fous.

Je m'en fous de ces histoires préhistoriques.

Ça va pas si mal pour nous, là.

Non?

C'est où il habite, le fils Moro?

Non, je sais pas.

Je sais qu'il a une agence immobilière vers le vieux port.

Je sais pas comment je vais faire, mais je vais tout rembourser.

On va le rendre, le piano.

Pourquoi tu me fais ça?

Le concours a lieu dans quelques temps.

Il me reste quelques semaines à payer.

Mais qu'est-ce que t'as dans la tête?

T'as déjà pensé aux familles de ces vieux?

Peut-être qu'ils ont besoin d'un piano aussi.

Imagine s'ils portent plainte, maman, tu vas te faire virer.

On a déjà évité le pire il y a trois ans.

Quand t'as volé le collier, t'avais promis que t'arrêterais.

Pourquoi tu recommences?

Pourquoi t'abuses de la faiblesse des vieux comme ça?

Oui, mais avec le concours, il aurait une au bout.

Arrête!

Arrête!

J'en peux plus!

Arrête tout!

Stop!

Tu t'arrêtes maintenant!

Oui, tout à fait.

Oui, mais il n'y a pas d'inquiétude à avoir de ce côté-là.

De toute façon, c'est moi qui ai le mandat prioritaire sur ce bien.

Donc, il n'y a pas de...

Voilà.

Oui, exactement.

Je transmets votre proposition à mon client et je vous rappelle dans la foulée.

Je vous remercie beaucoup.

Au revoir.

Bonjour.

Je vous demande de ne pas porter plainte.

On remboursera tout à votre père.

Tenez.

C'est ce que j'ai retiré à la caisse d 'épargne ce matin.

250 euros.

Cornelette?

C'est ma mère qui s'occupe de votre père qui lui a volé d'échecs.

Elle a commencé à travailler chez des personnes âgées quand son usine a fermé.

Mon père, il a beaucoup travaillé au noir.

Il a une pré-retraite ridicule.

Ils s'en sortent pas.

Ils ont fait des tas de crédits pour avoir une belle maison avec une belle piscine.

Ils ont acheté des trucs inutiles.

C'est des pauvres gens.

Ils tirent le diable par la queue.

Ils s'est mis en tête que mon fils, il allait devenir un grand pianiste.

Ils jouent bien, mais...

On dirait que c'est la seule chose qui compte dans sa vie.

Qu'est-ce que je fais là?

...

Monsieur Toulouse?

Oui?

Maria?

Ah.

Tout ce linge...

Ça n'a pas bougé depuis longtemps.

Depuis toujours.

C'est son trousseau.

Pour son mariage avec André.

Qui n'a jamais eu lieu.

Ça n'a jamais servi?

Mais vous vous rendez compte?

Les draps en lin, ils sont neufs.

Et le service de table?

12 couverts.

Et il y en a 4.

Vous pourriez les vendre, ça ferait de l 'argent.

Il y a des gens que ça intéresse?

Mais si jamais elle les cherche.

Vous croyez?

Elle a oublié, non?

Avec le temps?

Non, Maria, non.

Son seul amour, depuis l'école, c'est son André.

Moi... Elle ne m'a jamais aimé.

Non, je ne peux pas dire ça comme ça.

Ça serait méchant.

Elle a toujours été très gentille avec moi.

Mais je vous promets, Maria, que quand nous serons morts, tout ça, ce sera à vous.

Mais vous vous occupez tellement bien de nous.

Monsieur René, vous pourriez pas m'en faire cadeau maintenant?

Elle s'en apercevrait pas, et moi ça m 'arrangerait.

Je peux pas tout vous raconter, mais...

Je suis dans une très mauvaise passe.

Ma mère Maria, je ne peux pas.

Tant qu'elle sera là...

Je ne peux pas.

Tant qu'elle sera là.

Tu vois, il y a des jours où je gagne, moi aussi.

Ça te fait pas rire.

C'est trop tard.

Qu'est-ce qui est trop tard ?

Je sais plus où j'en suis.

Eh ben, tu vois, moi, aujourd'hui, je suis content.

Pourquoi tu es content ?

Pourquoi je suis content ?

Parce que tu ne manges pas d'huîtres.

Tu sais, c'est con, mais je me suis toujours imaginé que

tu couchais avec lui parce qu'il te payait des huîtres.

Mais que tu es bête.

Je peux te demander un truc.

Dis-moi.

J'aimerais que tu arrêtes de travailler chez les hommes qui sont seuls.

C'est vraiment bête, ce que tu dis.

Mais ça me touche beaucoup.

Dis, tu crois qu'il y a encore quelque chose entre nous ?

J'en suis sûre.

Qu'est-ce que tu fais, là ?

Je veux t'aimer.

Là, tout de suite.

Attends.

Attends, attends.

Quoi ?

Je sais

pas si t'as couché avec moi pour pas que je porte plainte.

Mais je m'en fous.

Tu le sauras jamais.

Allô ?

Maman, tu m'entends ?

C'est arrangé, y aura pas de plainte.

Mais tu mets plus les pieds chez Moreau.

Fais-toi remplacer, raconte n'importe quoi.

Tu lui dis que t'es malade, que tu dois travailler moins.

Comment t'y as fait ?

Je me suis débrouillée, moi aussi, comme tu dis.

On va tout rembourser, on arrête tout.

Les cours particuliers, tout ça, on arrête.

C'est terminé.

Ma chère Maria, j'espère que vous n'êtes pas malade.

Je suis inquiet.

Pourquoi vous ne venez plus ?

Faut pas disparaître comme ça.

Rappelez-moi, au moins.

Je sais ce qui s'est passé, ce n'est pas grave.

On va arranger tout ça.

Rappelez-moi.

Vous me manquez.

T'as confiance en moi ?

Voilà.

Doucement.

Doucement.

Ouvre les yeux.

T'as plus envie de moi ?

Tu sais que c'est juste la période où je pourrais tomber enceinte.

On n'a pas essayé le mois dernier.

Qu'est-ce qui t'arrive ?

Je sens bien.

T'as quelque chose qui ne va pas.

Pourquoi tu ne me parles jamais ?

C'est mon père.

Encore cette histoire de piano.

Tu vas devenir fou.

Il donne de l'argent à son auxiliaire de vie.

Sa femme de ménage ?

Oui.

Le piano, c'est pour elle.

Enfin, c'est pour son petit-fils.

Il loue un piano pour son petit-fils.

Il lui donne un chèque tous les mois.

Mais c'est fou.

C'est scandaleux.

C'est de l'abus de faiblesse.

Il devient fou, ton vieux père.

Cette femme, faut l'empêcher de mûrir.

Peut-être qu'elle fait ça chez d'autres vieux.

Qu'est-ce que tu fais ?

Je regarde comment faut faire pour porter plainte.

Mais non.

Arrête.

On ne va pas porter plainte.

C'est son pognon, après tout.

Il fait ce qu'il veut.

Tu ne lui en veux plus.

Je ne te comprends pas.

T'as vu, c'est un cas de pièce, en fait.

Un, deux, trois et quatre.

Oui, il s'était planté.

Bon, c'est bruyant.

Sur le boulevard, c'est bruyant.

Mais sur la rue, ça va.

Mais c'est beau.

Très simple.

Hein ?

Ah, excuse-moi.

Allô ?

Oui ?

Je vous entends mal, là.

Je change de pièce.

Oui ?

Viens chez moi.

Je te veux.

Je te veux maintenant.

J'ai envie de ta queue.

Oui ?

J'ai envie que tu me prennes dans ma cuisine, sur mon carrelage.

Sur le carrelage, oui.

J'ai envie de me mettre sur toi et tu me laisses faire.

Je t'attacherai les mains.

Je t'attacherai les pieds.

Viens.

D'accord, Ben.

Tout ce que vous voudrez.

Viens maintenant.

Viens.

D'accord, monsieur.

Très bien.

Bon, ben, je vous rappelle, hein.

C'est moi qui vous rappelle.

Je t'aime.

Je vais rester avec toi.

Non, c'est pas possible.

Allez.

Tu m'aimes, toi ?

Non, j'aime que ta queue.

Allez.

Allez, s'il te plaît, pars.

Je reste là ?

Non.

Va-t'en.

Je t'appelle ?

Allez, va-t'en, oui.

Demain.

Dans une heure ?

Demain.

Dans une heure.

Passe.

Monsieur Moreau ?

Oui.

Qu'est-ce que vous voulez ?

Bonjour.

Bonjour.

Je suis votre nouvelle auxiliaire de vie.

Je remplace Maria, vous savez ?

Oui.

Mais je ne veux pas, je ne veux pas.

C'est pas contre vous, mais je veux Maria.

Oui, mais je crois qu'elle a un problème familial, elle doit travailler moins.

Il faut aimer ça entrer, il faut que je pique.

C'est juste à droite, là, après la porte.

Sur la droite, là.

Qu'est-ce qu'elle a ?

Elle est malade ?

J'essaie de l'appeler plusieurs fois, elle ne répond jamais.

Ah ben, je ne sais pas, moi.

C'est dommage.

Vous pouvez lui dire de me rappeler ?

Oui.

Oui, oui, je lui ferai sa voix.

Je commence par la cuisine.

Elle a rendu le piano.

Pourquoi elle a rendu le piano ?

Nicolas, il travaille sur son vieux clavier.

Qu'est-ce qu'il lui a appris ?

Elle va partir, Bruno.

Je sens qu'elle va partir.

Gabi !

Oh !

Tu l'as acheté où, ta moto ?

Je n'ai pas payé encore.

Ah ben, elle n'a pas aidé, parce que le moteur, il est fendu.

Il a été rafistolé au Centofer.

Le premier choc qu'il prend, il va s 'ouvrir en deux, ta moto.

Elle n'est pas chère du tout, hein ?

Tu peux même dire qu'elle ouvre en rie, hein ?

Ça va.

Kevin, je vais me voir.

Elle a la patience.

La patience.

Eh oui, il faut être patient.

Attendre.

La mère, elle finira par se calmer.

Reste au port.

Attends que la tempête soit finie.

Je suis amoureux de la fille, de cette femme.

Cette auxiliaire, je vis.

J'ai rencontré sa fille.

Et je suis tombé amoureux d'elle.

Je vais te quitter, Audrey.

Je vais partir avec elle.

Qu'est-ce que tu racontes ?

Laurent ?

Je peux pas l'expliquer.

C'est irrésistible.

Ça m'est tombé dessus d'un seul coup.

Je ne peux pas...

Et je ne veux pas vivre sans elle.

Qu'est-ce qu'elle te fait que je te fais pas ?

Apprends-moi.

Je ferai tout ce qu'elle te fait.

Arrête.

Arrête, arrête.

Audrey, Audrey, arrête.

Reste avec moi, je veux pas que tu me quittes.

Arrête, arrête, ceci !

Arrête, arrête !

Il dit qu'il est tombé fou amoureux de la fille de ta femme de ménage.

La fille de Maria ?

Premier coup d'œil.

J'ai pas resté... sans rien faire, sans me défendre.

Pourquoi tu lui parles pas ?

Parle-lui.

C'est lui qui veut pas me parler.

Dès qu'il vient ici, c'est pour des histoires d'argent.

Et sa mère, c'était la même chose.

Elle voulait toujours que je la dédommage.

Dédommagement de quoi ?

On s'est aimés pour toi.

Trop, peut-être.

On était jamais l'un sans l'autre.

Dès qu'il y a eu une ouverture...

C'est un craqué.

Peut-être ce qui arrive à Laurent.

C'est bien ton fils.

Il y a pas de doute, vous êtes pareil.

Vous êtes les mêmes, vous vous détestez, vous êtes pitoyable.

Laurent... C'est papa.

Appelle-moi, s'il te plaît.

Je... Faut qu'on s'explique.

J'en ai besoin parce que je vieillis et...

J'aimerais tellement te parler.

Tiens, il y a une lettre pour toi.

Tu peux voir ?

Tu l'as ouverte ?

Une lettre du commissariat et j'ai pas pu me retenir.

Et alors ?

Et alors...

Ce que j'attendais est arrivé.

Ça te pandéonier combien de fois, je te l'ai dit ?

Combien de fois ?

Voilà, tu es convoqué lundi à 10h au commissariat.

Fuité, Maria, comment on va faire ?

Hop

!

Allez !

Tu

as perdu encore !

Vas-y, tire, tire !

Allô ?

C'est moi.

Il faut que je te vois.

Je peux pas la cabinet de repos.

Pas avant mardi.

Vas-y !

Moi aussi, j'ai envie de te voir.

T'as un en débattre ou quoi ?

Viens !

Oui.

Allez, plus fort, papa !

Je suis parti de chez moi, Jennifer.

Parce que j'en pouvais plus.

Je supportais plus cette situation.

C'est Maradona.

À Dieu fou.

Va la chercher.

Allez !

Je t'attendrai.

Je patienterai le temps qu'il faudra.

Moi, je suis parti de chez moi pour vivre avec toi.

Je t'ai jamais rien promis, Laurent, tu le sais.

Jamais je les quitterai.

Attends, je te mets en attente.

Y a mon père qui m'appelle.

Allô ?

Jennifer ?

Elle a terminé à convoquer au commissariat.

Quoi ?

Elle s'est fait penser.

Quelqu'un a dû porter plainte.

Allô ?

Je te rappelle.

Tu m'as menti, Laurent.

T'as porté plainte.

Tu m'avais juré que tu ferais pas.

Quoi ?

Attends, attends, attends.

Qu'est-ce que tu racontes là ?

Attends, attends, attends.

Ma mère, elle est convoquée au commissariat.

Mais c'est pas moi.

Je te jure que c'est pas moi.

J'ai rien dit à mon père.

J 'ai rien dit à personne.

Mon fils t'a pensé à mon fils.

Il est pour rien lui, il n'a rien fait.

C'est Audrey.

C'est ma femme, c'est sûr.

Elle est en train de se venger.

Il faut que je te vois, là.

J'ai besoin de toi.

Ce soir, à 10h, devant la lampe.

Tu fais la standardiste, maintenant ?

C'était qui ?

Personne.

Jennifer, je suis pas si bête que ça.

Je vois bien qu'il y a quelque chose qui va pas.

C'est rien, c'est mon père.

Ton père ?

Ouais.

Il a encore perdu de l'argent.

C'est compliqué, faut que je passe les morts.

Nico !

Tu veux plus me boire ?

Mais non, bien sûr que je veux te voir.

Tu vois la merde dans laquelle je suis ?

J'ai pas mérité ça.

Je sais, je sais.

Voilà, maintenant, vous pouvez rentrer chez vous, mais sans quitter le département.

Et vous serez jugé le 18 novembre prochain, à 9h30.

Merci.

À partir d'aujourd'hui, vous pouvez plus être

en contact avec les personnes impliquées.

Votre employeur est prévenu.

L'enquête se poursuivra d'ici là, pour savoir combien vous avez volé,

à qui, et depuis combien de temps.

Nous allons interroger toutes les personnes chez qui vous avez travaillé.

C'est pas bien ce que j'ai fait.

Mais je me suis toujours occupée d'eux.

Je les aime, je suis très attachée.

C'est comme une famille.

J'avais pas l'impression de les voler.

Je suis tellement bête.

J'aurais dû leur demander, ils m'auraient aidé.

Enfin, je crois.

Je suis désolée.

Bruno ?

Tu veux rentrer dans la partie ?

Non, pas aujourd'hui.

Il y a des jours où t'as pas envie.

C'est nouveau.

Maintenant, tu le sais.

Ce que je sais, moi, c'est que... Tu me dois deux mille euros.

Alors...

Ou tu joues pour te refaire.

Ou tu mets les rangs.

Parce que je te fais crédit, mais si tu joues plus, ça marche pas.

Faut remettre les compteurs à zéro.

Non, là.

Je commencerai à te rembourser à la fin du mois.

Dès que je touche ma pension.

Allez, je rentre celui-là.

Bruno !

Avec tout le pognon que ta femme, elle vole à ces pauvres vieux.

Vous devez avoir de l'argent de côté, non ?

Allez, viens, on

va faire un tour.

J'ai pas envie de sortir.

Ça fait une semaine que t'as pas mis un pied d'or.

Je me sens mieux aussi.

Et tous tes vieux, ils t'ont tous appelé.

Ils doivent être inquiets.

Qu'est-ce qu'on va leur dire ?

Qu'est-ce que tu veux ?

Tu veux manger quelque chose ?

Je te fais quatre pattes.

3,10 euros.

Kevin, qu'est-ce que tu fais là ?

Si tu ne m'aimes plus, je préfère que tu sois heureuse.

Sans moi.

Je ne t'en voudrais jamais.

Et je continuerai à t'aimer.

Comme une amie.

Attends, moi j'ai une pause à 11h.

Vous ne savez pas la dernière ?

Vous ne me croirez jamais.

Maria.

Ils l'ont arrêtée.

Elle a été licenciée, elle va aller en prison.

Et pourquoi ?

Elle a fait des faux chèques.

Je me demande combien de personnes elle a volé comme ça.

C'est terrible, hein ?

Le nombre de gens malhonnêtes autour de nous.

Moi, je ne la connaissais pas beaucoup.

Mais bon, je lui aurais donné le bon Dieu sans confession.

C'est moi qui ai donné de l'argent et qui ai signé ces chèques à cette dame pour qu

'elle puisse aider sa fille et son petit-fils.

Et je suis en possession de toutes mes facultés.

Vous pouvez me poser des questions, me faire faire du calcul mental,

ou je peux vous réciter un poème, si vous voulez.

Tiens, les pauvres gens de Victor Hugo, vous connaissez ?

Non.

C'est un pêcheur qui, après une tempête rentre chez lui, il a vu que sa voisine

était morte de misère en laissant deux orphelins.

Alors il dit à sa femme, nous étions cinq, nous serons sept.

Ouvrons aux deux enfants, nous les mêlerons tous.

Ceux-là nous grimpera le soir sur les genoux.

Ils vivront, ils seront frères et sœurs des cinq autres.

Quand il verra qu'il faut nourrir avec les nôtres, cette petite fille et ce petit

garçon, le bon Dieu nous fera prendre plus de poissons.

Moi je boirai de l'eau, je ferai double tâche.

C'est dit, va les chercher.

Et qu'as-tu ?

Cela te fâche ?

D'ordinaire, tu cours plus vite que ça.

Tiens, dit-elle en ouvrant les rideaux.

Les voilà.

Elle les avait déjà recueillis.

Moi ça...

Ça me fait toujours pleurer toute cette bonté.

Je vous le répète solennement.

Ce sont mes propres chèques.

C'est moi qui les ai signés tous, sans aucune exception.

C'est ma belle fille qui a...

qui a cru bien faire.

Et c'est surtout le mal du temps.

Oui papa, c'est Laurent.

Je voulais te remercier d'avoir fait retirer la plainte.

Tu peux pas savoir à quel point ça me soulage.

Je suis très content que tu m'approuves Laurent.

Tu veux passer ?

Ouais.

Tu peux pas imaginer ce qui m'est arrivé.

Tu me raconteras tout ça.

D'accord.

Je t'embrasse.

On fait un trait de la main.

Oui, allez.

Et votre petit-fils, ce concours ?

Il est arrivé deuxième.

Il a pas été pris.

Il est jeune.

Il a le temps.

Il va continuer.

Maintenant, vous avez trouvé un mécène, il n'y a aucune raison de s'arrêter.

Vous voulez toujours du loup pané ?

Maria, pourquoi croyez-vous que je vous aurais demandé

de revenir s'il n'y avait pas vos filets de loups panés ?

Je vous en ferai mardi.

N'hésitez pas à vous prendre une douzaine d'huîtres, comme d'habitude.

Mais si vous trouvez une perle, vous me la rapportez.

Je vous en ferai mardi.

Merci.

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