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Original subtitles

PIQUET DE GRÈVE

Stop !

Merde !

Revenez !

Hé !

Il y a la trace du rouge à lèvres de Bowie.

Putain !

Le Fantôme de l'Odéon a encore frappé !

Merde ! Arrête la voiture.

Steve, arrête-toi !

Je vais perdre mon apprentissage.

Ils vont nous faire chier

parce qu'on a un meilleur moteur qu'eux.

J'aurais pas dû te laisser m'entraîner.

Vous avez gagné aux paris ?

Monsieur l'agent.

- Descendez du véhicule, monsieur. - OK.

Qu'est-ce que tu fous ?

Vite ! Rattrapez-les !

Tu es complètement taré !

Tu veux pas perdre ton apprentissage ?

Juste après ce virage, on va sauter,

enfiler notre cape d'invisibilité et ficher le camp.

Toi et ta fichue cape d'invisibilité ! Et tu y crois !

Évidemment, toi, ils peuvent te voir, abruti.

Chef, on tente de les coincer par derrière ?

N'oublie pas. Demain, on répète.

PISTE 1 : LA CAPE D'INVISIBILITÉ

Vous voulez dire...

On peut répéter ici autant qu'on veut ?

Oui.

On refait toute l'électricité. Ça va prendre des années.

Merci, papa.

Pensez juste à moi quand vous serez des stars.

Ça marche.

Merci.

Ouais !

Bonne nouvelle, j'ai trouvé un nouveau nom.

On garde pas l'ancien ?

- Moi, j'aime bien "The Strand". - Non, c'est chiant.

- Comme la coupe de Glen. - Ta gueule.

Ladies et gentlemen, je vous propose "The Swankers".

- "The Swankers" ? - Ça fait branleurs.

- Non, c'est décalé. - Pourquoi c'est toi qui choisis ?

- C'est mon groupe. - Tu sais pas chanter.

Je chante mieux que tu ne joues.

Je suis le meilleur musicien.

Et aussi une tapette prétentieuse fan des Beatles,

- et d'autres groupes de losers. - Ouais.

C'est moi qui ai volé le matos.

- Oui, c'est vrai. - Le Fantôme de l'Odéon.

Et... j'ai écrit une chanson.

Toi ?

- Oui. - Fais-nous voir ça.

Enfin, je l'ai pas écrite sur papier.

Ah ! Alors quand tu dis que tu as "écrit une chanson",

- tu veux dire... - Fais pas l'enfoiré, Glen.

Wally, tu te souviens de ce riff qu'on a improvisé

l'autre jour, ça faisait...

Non, je vois pas.

Tu es vraiment débile, mon pauvre Wally !

Glen ?

Tu te souviens des accords ?

Essaie le la.

Comme ça.

- C'est ça. Glen ? - Ré.

OK, joue le ré. Glen ?

Mi, peut-être.

Voilà, c'est ça. Très bien, répète. Faites du bruit.

Un, deux, trois, quatre !

Et le refrain !

Allez !

Ouais !

- C'est bon ! - Et ensuite ?

Je sais pas, il faut que j'écrive le reste des paroles.

C'est un super début.

C'est pas les Beatles, mais bon...

C'est mieux.

C'est nous.

Oh, ferme-la, couillon. Allez, un, deux, trois, quatre !

On commence à trouver notre son,

maintenant, il faut qu'on travaille notre image.

Je propose : costumes ajustés, chemises blanches et cravates fines.

- Comme les Beatles ? - Putain.

Non, comme les Small Faces. On reprend leurs titres.

Oui, c'est une bonne idée.

Non, c'est nul de copier les autres groupes.

Il faut qu'on soit nous-mêmes.

Quoi ? Quatre pauvres gosses de la classe ouvrière

- qui savent pas jouer ? - Oui, les "Fucked Four".

C'est ça.

Quoi ?

Tous ces groupes ringards et prétentieux

avec leurs solos de guitare de 15 minutes ne veulent rien dire.

Nous, on est énervés, on s'ennuie...

On galère pour se payer une pinte.

On est invisibles. Tout le monde se fout de nous.

Vous voyez ? Alors on se fout de tout le monde.

C'est peut-être ça, notre image. Les gars qui s'en foutent.

Alors, pas de costumes ?

Non, rien à foutre des costumes.

Tu crois que je t'ai pas vu ?

Ah bon, tu m'as vu ?

Ma vieille cape d'invisibilité ne fait plus son effet.

Remets-les,

ou je t'explose la tête.

- Les Yankees jouent au cricket ? - Je joue pas. Remets-les.

- T'es nouvelle ? Je suis Steve. - Remets-les.

C'est pour mon groupe. Pour mon groupe.

Viv a dit que je pouvais prendre ce que je voulais.

Ah bon ?

C'est ce que j'avais compris. Tu te rappelles pas ?

C'est toi, le sale gosse qui essaie de piquer des trucs.

On dirait que ta cape d'invisibilité est un peu pourrie.

Ici, chez Sex, on n'appelle pas les flics.

On a notre manière de gérer les truands.

Tu as volé quoi ?

J'avais compris que je pouvais emprunter des trucs

pour les porter sur scène.

Notre groupe va exploser.

Vous jouez où ?

On est en train de répéter, mais on sera bientôt sur scène.

Qui sont vos influences ?

Roxy Music, Mott The Hoople, Bowie. Bowie est une légende.

Tu as entendu parler du type qui est monté sur scène

et a volé du matos après le concert

à l'Hammersmith Odeon ? C'était moi.

Il y avait encore la trace du rouge à lèvres de Bowie sur un micro.

Selon moi, le vol, c'est le summum de la flatterie.

On devrait être flattés, Viv.

- Pourquoi tu as volé ça ? - C'est cool.

Pourquoi tu le trouves cool ?

C'est un pantalon. Jusque-là, c'est normal.

Mais il est style bondage,

comme une camisole pour un malade psychiatrique.

Et ça, c'est pas normal. Un peu comme la société.

Mets-le.

D'accord.

En fait, tout le monde fait comme si tout était normal.

Comme le Rule Britannia et tout le bordel,

mais la vérité, c'est que tout se casse la gueule.

Et nous, pauvres minables qui n'avons rien,

on est censés se tenir là, fermer nos gueules,

et chanter God Save the Queen. C'est complètement débile.

Tu connais ta taille.

C'est important quand tu piques...

enfin, quand tu empruntes...

Comment s'appelle ton groupe ?

- Les Swankers. - Comme "branleurs" ?

Les Swankers. C'est décalé.

- Tu es queer ? - Non.

Une fois dans le train, j'ai filé 50 pence à un mec pour me sucer.

Je sortais de la prison pour mineurs.

Dégage !

Je déprimais un peu de rentrer à la maison.

Tu es un produit de l'oppression de l'État, c'est ça ?

Quoi ?

"Prison pour mineurs".

Tu habites où ?

Ici et là. Je squatte chez des amis.

Les voyous comme toi, ça m'excite.

C'est arrivé juste une fois dans le train.

Je veux pas te baiser.

Je veux que tu baises la société.

Quoi ?

Viv et moi, on veut démarrer une révolution inspirée

de l'authenticité brute des gosses comme toi, oubliés par la société.

Ce que Malcolm essaie de dire, avec l'arrogance qui le caractérise,

c'est que tu es le bienvenu ici,

quand tu veux. Et si tu veux porter un truc...

tu n'as qu'à demander.

Si je te chope à nouveau en train de me voler,

je t'arrache les couilles. Compris ?

Oui, compris.

Elle dit qu'on peut emprunter des fringues. J'ai rien volé.

Tu déconnes !

Non. Malcolm va nous manager.

Il a vraiment dit ça ?

Pas exactement, mais il veut que je l'inspire.

- Que tu l'inspires ? - Oui, pour sa révolution.

- Sa révolution ? - Oui.

Alors il va pas nous manager ?

Pas tout de suite, mais il le fera. Je vais le convaincre.

Salut, ma chérie.

Ça va ? Ça fait un bail.

Hé, Bubby !

Tu as des cachetons ?

Tu sais ce qui t'attend si tu sors de cette maison.

Maman !

Maman ?

- Calme-toi, Mary. - Maman.

- Repars te coucher. - Qu'est-ce qui ne va pas ? Maman ?

Irene ! Appelle le docteur, je crois qu'elle perd le bébé !

- Maman ! - Sors de là !

- N'énerve pas Ron. - Qu'as-tu fait à ma mère ?

Qu'est-ce que j'ai fait ?

C'est toi qui l'as fait.

Toujours en train de l'inquiéter, de créer des problèmes.

On va perdre le bon bébé et il nous restera que toi, vaurien.

Tu n'es qu'un bon à rien, petit merdeux.

C'est ta faute si ta pauvre mère est à l'hôpital.

C'est quoi, ce bordel ? Tu es là pour tout piquer ?

Merde ! Chrissie, attends. Putain.

Écoute, je...

Putain.

Je fais un truc inspirant avec Viv et Malcolm,

comme ils ont dit hier. Désolé, c'était déjà cassé.

Je traîne juste, je les inspire,

ils veulent que je baise la société.

Ah ouais.

Je prends deux sucres.

Tu veux écouter quoi ?

Surprends-moi.

Alors, t'es surprise ?

À moitié.

La première fois que j'ai entendu ce titre,

c'était à la fête foraine à Battersea, j'avais 13 ans.

J'en croyais pas mes oreilles.

Je suis resté là deux heures à attendre qu'elle repasse.

Ça m'a totalement bouleversé.

Peut-être que ce vieil Otis était un peu comme moi.

Assis sur le dock, à rêver de m'échapper dans un monde meilleur.

C'est touchant.

Il y avait aussi Jimmy Hendrix, Purple Haze.

J'aime bien quand la guitare fait...

Toi, c'était les Anglais, non ? C'est pour ça que tu es à Londres ?

C'est quoi ? T'écris quoi ?

- J'ai un mec. - Super.

- C'est qui ? - Nick.

C'est un journaliste de musique connu.

Ah, Nick Kent. C'est un naze.

Il se prend pour Keith Richards.

Pour l'héroïne, il a tout bon. Pour la musique, pas vraiment.

La jalousie, c'est tellement attirant.

Je suis pas du genre jaloux. Avec moi, c'est purement sexuel.

Dès qu'il y a des sentiments, je me lasse.

Ça te rend populaire.

Exactement. Et les tiens, alors ?

- Tu parles beaucoup. - Je t'ai dit les miens.

Allez.

Entre auteurs aspirants...

Je savais pas que tu écrivais un roman.

Très bien, monsieur je-sais-tout.

- Bowie. - Je le savais.

Un Anglais. La tournée Spider ?

À Cleveland, dans l'Ohio. C'était Starman sur scène avec...

Mick Ronson, qui jouait de sa Les Paul.

Son pantalon en satin argent... Ça a changé ma vie pour toujours.

- Il est bon, Ronson. - Et Bowie...

Je l'ai raccompagné, dans la voiture de ma mère.

Bowie ?

- Oui. - Bowie ?

Oui.

Sérieux... Comment ?

C'était dans l'Ohio.

Tu as vraiment volé son matos ?

Et il y avait du rouge sur le micro ?

Je parie qu'il y avait des traces de rouge sur son micro à Cleveland.

Je sais pas.

Je n'ai jamais vu son micro.

Viv est en train de flipper. Le nouveau tailleur a foiré.

Tu sais conduire ?

Ils sont à nos trousses.

Appuie sur le champignon. On va les semer.

Plus vite ! Va plus vite !

Ding-dong !

Je déteste conduire...

Je n'ai pas eu de père pour m'apprendre.

Moi non plus. J'ai appris sur les chantiers.

- Alors tu as eu un vrai job ? - Pas vraiment.

Enfoiré !

Après, je suis passé aux mobylettes.

Viens là !

Je préfère les voitures.

Je les laissais quand j'avais plus d'essence. Et j'en volais une autre.

Et on t'arrête jamais ?

J'ai compris que pour les gens, un gosse comme moi n'existe pas.

Et comme je n'existe pas, on ne me voit pas.

Tu vois, j'enfile ma cape d'invisibilité.

J'allais dans les magasins de jouets, les grands magasins, partout.

Je prenais ce que je voulais et je filais.

Tu es un petit anarchiste !

Ouais.

On a besoin de mecs comme toi pour emmerder l'establishment

et bien secouer tous ces cons !

Ouais, carrément. C'est ce qu'on fait avec le groupe.

On est des agitateurs.

Un instant, les gars. J'ai une idée lumineuse.

Toi et Viv, venez à nos répétitions.

Vous devriez faire notre promo, nous manager.

Que penses-tu de la république de Weimar pour la collection ?

Cool.

C'est juste là. Arrête-toi là, sur la droite.

Viens nous voir répéter.

Je te garantis que tu seras pas déçu.

Weimar, c'est peut-être un peu... snob.

OK, je viendrai.

Maintenant, viens m'aider avec ce tailleur.

- On ferme. - Malcolm va manager le groupe.

Ah oui, les Branleurs.

Il vient nous voir répéter demain soir.

Tu veux me sucer avant que les groupies se jettent sur moi ?

Je passe mon tour.

Je peux te faire un cunni. Je suis pour l'égalité des opportunités.

C'est très généreux de ta part.

Non.

Comme tu veux.

Je parie que tu chantes. Je suis sûr que tu as du talent.

Tu dis des conneries, Jonesy.

Voilà, c'est ça. Tu es une coriace,

mais quand tu m'appelles "Jonesy", il y a comme de la magie dans l'air.

- Va te faire foutre. - J'ai tort ?

Je vais pas chanter pour toi.

Je promets de ne plus jamais te demander de me sucer.

C'est un bon argument.

Peut-être qu'un groupe cherche une chanteuse.

Enfin, si tu sais chanter.

Imagine : tu es sur scène avec Bowie

à Cleveland, dans l'Ohio.

- Seulement si tu fais Bowie. - Je connais pas les paroles.

Fais pas le timide.

- J'aime bien t'écouter. - Tu as perdu ta langue.

Égalité des opportunités, Jonesy.

Chrissie ?

Nick ! Merde, j'ai oublié de fermer la porte. J'arrive !

Merde !

Tu essaies une robe en caoutchouc ? Montre.

Attends, j'arrive.

Salut.

Salut.

Tout va bien ?

Oui. Allez, on y va.

Salut, Nick. Comment ça va ?

Salut.

Tu travailles ici maintenant ?

Non, je sais pas compter. Malcolm manage le groupe.

Quel groupe ?

- Les Swankers. - Les Branleurs ?

Les Swankers. C'est décalé.

Et...

Je l'aidais à préparer leurs looks de scène.

Tu as un avenir dans la mode si ça ne marche pas dans la musique.

Faut qu'on y aille.

OK.

Pas toi. Nick et moi.

OK, on se voit aux répétitions demain soir.

Tu devrais venir, Nick.

Faut que tu voies nos débuts avant qu'on explose.

Oui.

- Les Swankers. - Peut-être.

La pénurie de patates a des conséquences inattendues.

La production de frites a chuté.

Les prix se sont envolés au fish and chips du coin...

Tu travailles tôt demain. Je lui dis d'arrêter ?

Sois gentille avec lui.

Vous voulez récupérer votre chambre ?

Il se fait tard.

Malcolm McLaren vient nous voir répéter demain.

Fantastique.

Encore un quart d'heure ?

- Je vais prévenir papa. - Merci, maman.

...mais ils ne s'en plaignent pas.

Qu'est-ce que tu penses de Steve ?

C'est un type très abîmé.

Alors, c'est pas mal.

Oui.

Il a une manière de penser très originale.

J'envisage de prendre son groupe sous mon aile.

Malcolm, après ce qui s'est passé avec les New York Dolls ?

Les New York Dolls se prennent pour des génies.

Tu as voulu les habiller en communistes chinois, chéri.

Ça ne collait ni avec leur musique ni avec leur origine ethnique.

Je suis en train de créer une révolution.

Je ne cherche pas des musiciens, mais des saboteurs, des assassins,

je cherche des troupes de choc.

C'est exactement ce qu'incarne Steve.

Il n'a aucune autre raison de vivre.

Ouvre ! Allez, Ron, connard ! Ouvre cette putain de porte.

- Il y en a qui travaillent le matin. - Alors ne verrouille pas.

Ah bon ? Alors je prends le risque de me faire cambrioler

pour que tu viennes ici comme à l'hôtel ?

Les seuls trucs à voler ici sont à moi.

C'est parce que tu es un petit con de voleur.

Tu peux pas travailler comme un gosse normal ?

- Et finir comme toi ? - Bon à rien.

Tu fais quoi... des anneaux en caoutchouc, c'est ça ?

- Du boulot honnête. - Honnête ?

Tu rentres à la maison dégueulasse et puant

comme un chien battu. C'est pathétique.

Steve !

Excuse-toi auprès de Ron.

Non, non. Tu vas t'excuser.

Arrête !

Parle-moi encore sur ce ton...

Arrête ! Arrête !

- Excuse-toi. - Rien à foutre.

Ou tu quittes cette maison pour toujours.

Merci de me rendre la décision si facile.

Tu as enfin ce que tu as toujours voulu. Ma mère, juste pour toi.

Ohé !

Merde.

- Viens ici. - Rattrape-le !

Il essaie de s'échapper.

PRISON POUR MINEURS ASHFORD

Allez, avance !

De la chair fraîche !

- Tu vas crever, petit con ! - Tu vas la fermer ?

Allez, sale connard.

Tu es à moi !

Vas-y !

Allez, mon poulet !

Tu as trouvé ça où ? Sale petit voleur.

Ta mère rentre à la maison ce soir.

Je te préviens : si tu lui racontes tes histoires débiles,

elle te virera de la maison, et t'enverra directement

à l'orphelinat où tu as ta place.

Parce qu'elle serait plus heureuse sans toi,

et tu le sais, pas vrai ? Tu m'entends ?

Tu savais que Steve Jones s'était fait pincer ?

Quoi ?

Il paraît qu'il va en prendre pour quelques années.

Ce type est incroyable.

Il volerait jusqu'à sa pierre tombale s'il pouvait...

Il paraît qu'il a même volé le manteau de Keith Richards.

Au moins, il lui a pas volé sa musique.

Quoi ?

Rien.

Qu'est-ce que tu penses de cette intro ?

Oui. C'est du Keith tout craché.

Vol avec effraction. Larcin.

Résistance à l'arrestation. Agression de policiers.

Vous vous êtes bien illustré dans le crime, M. Jones.

- Oui. - Votre Honneur.

- Quoi ? - Votre Honneur.

Oui, votre Honneur.

Que plaidez-vous dans cette affaire, votre plus grave à ce jour ?

Coupable, votre Honneur.

Au nom de la société, nous devons nous assurer que vous vous réformiez.

Cela implique une punition. Avant de rendre mon verdict,

y a-t-il quelqu'un qui puisse plaider en votre faveur ?

Parents, professeurs,

juges de caractère ?

Non, votre Honneur.

- Je ne suis qu'un bon à rien... - Pardon, je suis en retard.

Qui êtes-vous ?

Malcolm McLaren, votre Honneur. Je suis l'employeur de M. Jones.

Je croyais que votre client était au chômage, M. Wentworth.

J'ai eu peu de temps sur ce dossier.

Pas du tout. M. Jones est notre employé le plus prometteur.

Prometteur ? À quel titre exactement ?

À tous les titres.

Cela me semble difficile à croire.

C'était mon cas aussi, au début, votre Honneur.

Voyez-vous, M. Jones a grandi dans un milieu très pauvre,

il a été contraint de quitter l'école très jeune

pour s'occuper de sa mère souffrante, s'est écarté du droit chemin

et a sombré dans les bas-fonds de la société.

Mais aujourd'hui, il est devenu un modèle de réhabilitation

grâce aux efforts et à l'influence de gens comme il faut.

Et dans quel domaine travaillez-vous, monsieur...

McLaren, votre Honneur. Avec ma famille, je suis à la tête

de la société de mode pour femmes Vivienne Westwood.

Vous avez entendu parler de nous ? Nous avons plusieurs boutiques.

Je n'en ai jamais entendu parler.

Venant d'un monsieur, ce n'est pas étonnant, votre Honneur.

Mais je suis certain que les dames de votre famille

ont entendu parler de nous.

Compte tenu de la gravité des faits,

je crains que vos pouvoirs de réhabilitation aient échoué.

C'est ma faute, votre Honneur.

J'étais en voyage d'affaires à Paris quand c'est arrivé,

et la seule figure paternelle qu'a jamais eue ce pauvre M. Jones

était son grand-oncle Dicky.

Il a fait la guerre en tant que pilote.

Son avion a été abattu en Belgique.

Il en a perdu sa jambe et il est mort la nuit suivant l'attaque.

- Qui est mort ? - Oncle Dicky.

Et M. Jones n'a donc eu personne

avec un minimum de sens moral pour le soutenir

dans cette période de deuil. Alors, il a rejoint sa bande

et s'est mis à boire sans doute excessivement, ce qui l'a conduit

à commettre ce terrible crime, mais...

Je vous donne ma parole, votre Honneur,

que si vous donnez à ce jeune idiot une seconde chance,

j'en ferai ma mission personnelle

de lui faire réaliser son véritable potentiel

pour qu'il devienne un membre exceptionnel de la société.

- Tu es un génie. - Vite, avant qu'il change d'avis.

Personne n'avait jamais rien fait de tel pour moi.

Je ne crois pas que je le ferais pour mon propre fils.

Mais que pouvais-je faire pour te faire jouer ton premier concert ?

Concert ?

Oui. C'est le job du manager, non ? D'organiser des concerts.

Tu nous as même pas vu jouer.

C'est un détail. Toi, tu as l'authenticité.

Un esprit de kamikaze.

Mais on oublie le nom "Swankers", c'est nul.

- Maintenant, c'est Kutie Jones. - Kutie Jones ?

Oui, c'est toi. Et ses Sex Pistols.

C'est quand, ce concert ?

Merde, une contravention. Ce soir.

Ce soir ?

Oui. Il y a un problème ?

Tu sais que je viens juste de sortir de taule ?

On est des hors-la-loi.

Ah bon ?

Oui. Et ce soir, on va changer le monde.

- Tu es partant ? - Évidemment.

Bien. Tu peux conduire. J'ai failli me tuer en venant ici.

Il paraît que vous cherchez un chanteur.

Tu arrives juste, hein ?

De justesse. Il est parti comme un voleur !

- Vous avez une bière pour moi ? - Le voilà ! Salut, chéri.

- Merci, Viv. - Chrissie, amène le tee-shirt.

- On t'a fait une nouvelle cape. - J'en avais besoin.

On pensait que tu pourrais porter ça ce soir.

C'est notre déclaration de guerre. En haut, il y a écrit :

"Tu te réveilleras un matin en sachant de quel côté du lit

tu étais couché."

Et de ce côté, il y a toute la culture morte

qu'on déteste, comme la bouffe synthétique, Max Bygraves,

le chef de la police métropolitaine, Andy Warhol, etc.

Et de l'autre côté, il y a ce qu'on adore :

l'aide juridique quand on y a droit, Bob Marley, Jimi Hendrix, Sam Cooke,

Mohamed Ali, et juste là, Kutie Jones et ses Sex Pistols.

On est en bonne compagnie.

Tu es le leader de nos troupes de choc. Ça va enfin changer.

Tu le sens ?

Oh oui.

Carrément.

Nick vient aussi. Il va écrire un papier sur vous.

Super.

Il est temps que je retrouve le groupe.

Oui, c'est bien. Rejoue ta dernière corde.

Allez !

Qui a un cachet ?

- Tu devrais peut-être pas. - Calme-toi, mamie.

OK.

Qu'est-ce qu'on joue ce soir ?

Alors...

On démarre avec "Lazy Sod".

La préférée de tout le monde.

- Allez. - Un, deux, trois et quatre !

Ouais.

Qu'est-ce qu'il fout ?

Joue un truc...

C'est bien. Ne t'arrête pas, petit bon à rien.

Voilà enfin un truc que tu sais faire.

Voilà. Ne t'arrête pas. Bon à rien.

T'arrête pas.

Va plus vite. Plus vite. Voilà.

- C'est quoi, ton problème, bordel ? - Dégage.

Non.

- Dégage. - Non, je vais pas dégager.

Ça fait un bail que tu ne parles

que du groupe, du groupe et encore du groupe. C'est ça.

Il y a une batterie dans la chambre de mes parents à cause de toi.

- Ah bon ? - Et tu craches dessus.

Tu fous tout en l'air, comme ça.

Oui, je suis pas assez bon.

Aucun de nous n'est assez bon, mais on s'améliore.

- Je serai jamais assez bon... - Pour le chant ou...

C'est facile pour toi, hein ?

Tu es intelligent, tu as ton apprentissage,

et tes parents qui supportent une batterie

dans leur putain de chambre parce qu'ils...

parce que...

Je suis drôle.

Je baise plein de nanas.

Et je fais le dur.

Mais quand je suis sur scène...

je n'ai nulle part où me cacher.

Ça me rappelle que je ne suis qu'un minable qui ne sert à rien.

Steve.

Steve.

JE DÉTESTE PINK FLOYD

Salut !

Sous-titres : Flavie Bordes

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