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Viens.
Qu'est-ce qui se passe ?
- Il y a quoi sous le truc blanc ? - Je t'expliquerai plus tard.
Je n'oublierai jamais le jour oĂč Valentin est mort.
On a retrouvé son corps sous le petit pont.
Mais qui avait bien pu vouloir te tuer, Valentin ?
Toi, si secret, déjà si loin, embrouillé dans tes songes.
Tu étais arrivé dans notre vie quelque temps avant ce jour
oĂč, dans le parc, prĂšs du petit pont,
s'était déroulée cette séance de photos
qui avait mis en émoi tout le quartier.
Allez ! Haut les genoux !
Peut-ĂȘtre que tu peux Ă©carter un peu plus la chemise,
c'est une bonne idée.
Une main sur le flingue.
Oui, j'adore ça. Oui.
Un peu plus martial. Ouais.
Ouais. Essaye sur la matraque.
Bonjour, Jane. Toujours pressée. Bonjour, Sergio.
Salut, Aymé.
Dis donc,
la fliquette à moitié à poil, gonflé !
On ne parle que de ça ce matin. C'est une belle fille.
Et elle est vraiment de la police.
Tu sais pour quel magazine ils font les photos ?
Il paraĂźt que c'est pour leur calendrier,
mais ils vont pas pondre que des fliquettes,
si tu vois ce que je veux dire.
Valentin, j'ai posé vos courses sur la chaise.
Vu la tenue, je préfÚre les fliquettes.
Enfin, je dis ça pour moi.
Salut, Valentin.
- On pianote un peu ? - Oui, j'essaie.
TrĂšs vite, tu as pris tes habitudes.
Comme moi, comme nous tous, chez Aymé, notre café épicerie
oĂč tu jouais tes chinoiseries sur le piano dĂ©saccordĂ©,
Ă l'heure oĂč Jane s'approvisionnait en alcool pour la journĂ©e.
Un demi, et j'y vais.
- Attention, Jane. - Ăa va, Jane ?
Pas vraiment.
Alors, Valentin, c'est pour quand cette pendaison de crémaillÚre ?
Je ferai ça aprĂšs les fĂȘtes.
Vous viendrez, Jane ? Si ça vous tente, bien sûr.
- Vous aussi, Sergio. - Bien sûr.
Moi ?
Ăvidemment, vous, le seul homme qui nourrisse tout le quartier.
Tout le monde est invité.
Attendez, Jane, donnez-moi ça. Je vais vous raccompagner.
Tourne.
Allez, on va au parc !
- Noor ! Ăa va ? - Ouais.
Il y a une flic dans le parc qui se fait photographier à moitié à poil.
- Ah bon ? - Foufoune Ă l'air. Ouais, ouais.
Ăa s'est passĂ© comment ?
- Le babysitting ? - Ouais.
Cauchemar. Les enfants infernaux, mal élevés.
Le pÚre, un commercial débile qui me drague à moitié.
Faut vraiment que je trouve autre chose pour gagner des ronds.
Salut, Romain.
Salut, Romain. Ăa va ?
- Je trouve que ça se fait pas. - Mais quoi, c'est marrant.
Qu'est-ce qui se fait pas ?
La fille à moitié à poil, ça le choque.
à moitié à poil ? La chatte à l'air, t'appelles ça à moitié ?
Je suis désolé, ça se fait pas. Tu le ferais, toi ?
Moi, s'il y a de la thune, j'y vais.
- Non, moi, non. - J'espĂšre. Et toi ?
Mais non, elle s'en fout de l'argent. C'est une artiste.
C'est pas ça. Moi, j'ai pas de tabou.
En plus, la main droite sur le sexe, ça porte chance.
Ouais, sur les couilles aussi, il paraĂźt.
Je vois pas le rapport. Bon, allez.
- Tu t'en vas ? - Oui, j'ai des trucs Ă faire.
Bon, salut.
Tu m'embrasses pas ?
Si, c'est possible.
- Ăa va pas ou quoi ? - Quoi ? Je me porte chance.
Vous embĂȘtez pas, Jane, je le porte.
- Laissez. - Merci !
Laissez.
- Bonjour, Jane. - Bonjour, Jane.
Vous vous ĂȘtes levĂ©e tĂŽt ce matin.
Pas vraiment !
Salut, Valentin.
Tu habitais l'immeuble blanc en face de chez moi.
Tes apparitions donnaient lieu
à un ballet de séduction et d'embrassades.
Tu n'avais pas mis longtemps Ă ĂȘtre adoptĂ© par tous les voisins
et surtout les filles du cinquiÚme étage.
Tu restais distant.
Tu étais captivé par les mystÚres de la maison voisine de la mienne,
oĂč vivaient, comment dire, des ombres chinoises.
Jane ! Déjà levée ?
- Bonjour, Roger. - Monsieur Marius.
- Bonjour, les filles. - Bonjour, monsieur CyriĂšs.
- Bonjour. - Bonjour.
J'ai du courrier pour vous, M. Fontaine. C'est votre maman.
Elle a été à la mer et à la montagne. Elle a eu du beau temps.
- Elle pense bien Ă vous. - Merci.
Tu vois bien, regarde.
- Si ça te plaßt pas, tu le fais. - Moi, j'attends.
T'es mou, c'est pas possible !
Tu l'as déjà fait, là !
Vous voulez que je vous aide, Jane ?
Donnez-moi ça.
Au revoir.
- Bon, ratatouille alors ? - Encore ?
- Oui, encore. - C'est bon la ratatouille.
Qui coupe quoi ?
- Moi, je prends les courgettes. - Je prends les aubergines.
- Et moi, je coupe quoi ? - Tu prends le reste.
Putain, je fais n'importe quoi !
- Tiens, tiens, tiens. - Tu sais pourquoi ?
- Non. - Parce que tu es amoureuse.
Dis pas de conneries. Avec Romain, on baise.
On parle pas de Romain. Tu t'es pas vue devant Valentin.
Il est beau ! Il est sublime !
C'est vrai qu'il a du charme. C'est surtout ses yeux.
Oui, il a des beaux yeux.
Il a des yeux magnifiques.
Mais je crois qu'on ne l'intéresse pas du tout.
Clairement, on ne l'intéresse pas.
Valentin Valentin Laisse-toi aimer tranquillement
Valentin Valentin Laisse-moi t'aimer tranquillement
Je ne vois que tes yeux
Bleus...
Tes yeux bleus
Valentin !
Valentin !
C'est ta mĂšre !
Valentin, quel quartier sinistre !
C'est pas un endroit oĂč on vit, c'est un endroit oĂč on meurt.
C'est ça que tu as choisi ?
Maman, arrĂȘte.
Bon, alors... Voyons ça.
J'imaginais plus grand.
Oui, ça t'a quand mĂȘme coĂ»tĂ© une petite fortune.
C'est un peu...
Un peu quoi ?
Il n'y a pas de rangements ?
C'est lĂ oĂč tu comptes mettre tes affaires ?
Sur ce portant, lĂ ? C'est pas possible.
Tu sais, Valentin, j'ai réfléchi.
Maman, je n'aime pas quand tu réfléchis.
Non, j'ai rĂ©flĂ©chi quand mĂȘme.
Tu sais, cette année sabbatique que tu prends,
je ne sais pas, je n'aime pas ça.
Je trouve que tu perds ton temps.
C'est vrai. Tu perds ton temps Ă dilapider l'argent
que t'a laissé la pauvre tante Gloria. Enfin, à ton ùge,
il y a quand mĂȘme des choses plus intelligentes Ă faire.
Tu as quel Ăąge d'ailleurs ?
- Je vais avoir 30 ans. - 30 ans ?
Oui.
Surtout ne dis pas ça. Si on te demande ton ùge, tu dis 23-24.
Pour moi, tu es toujours mon petit garçon.
D'ailleurs, mes amies aussi te voient comme un petit garçon
et elles se font du souci pour ton avenir.
Vous en faites pas pour mon avenir. J'ai assez d'argent.
Mais personne n'a assez d'argent à notre époque.
L'argent s'Ă©vapore. Peut-ĂȘtre que certains en ont assez mais pas toi.
Tu vis dans ta bulle.
D'ailleurs, cet appartement, tu aurais attendu quelques mois,
tu l'aurais eu pour trois fois moins.
Mais non, toi, tu es lĂ , tu planes.
J'ai ton champagne préféré. Tu en veux ?
C'est une bonne idée.
Pourquoi tu m'as raccroché au nez ?
Je t'ai pas raccroché au nez, je suis avec ma mÚre. Je peux pas te parler.
- Je te le rappelle. - J'aime ta voix.
Ă tout Ă l'heure.
C'était qui ? Ta petite amie ?
Tu dis rien, comme d'habitude.
Comme il est mystérieux !
Remarque, avec des yeux pareils, t'as pas besoin de parler.
Tu plais, c'est l'essentiel.
Mais comme il est mignon !
Quel drĂŽle de petit bonhomme tu fais !
Qu'est-ce qui t'arrive, maman ?
Non, mais tu vois, lĂ , je bois mon champagne favori,
je suis avec mon fils adoré. Je suis en pleine forme.
La semaine prochaine, je pars faire une croisiĂšre sur le Nil, etc.,
et pourtant je vais mourir.
Moi aussi, je vais mourir, maman.
Tout le monde. Mais pas tout de suite.
Oui, mais un jour.
Et je me suis tellement attachée à ... à moi.
Au revoir, mon cĆur.
Mon bébé !
- J'aime ton parfum. - Je sais.
Tu me dis ça depuis que t'es enfant. Le parfum de maman.
Bon.
Qu'est-ce qu'elle est belle, votre maman !
Connard !
T'es lĂ ? Tu devais pas plaider aujourd'hui ?
Non. Demain.
Je vais au bureau. Et toi ?
Moi, je vais Ă mon cours de russe.
- TrĂšs bien. Ă ce soir. - Ă ce soir.
J'ai fait des progrĂšs, non ?
C'est quoi le programme du cours aujourd'hui ?
Puisqu'on s'intéresse aux langues vivantes,
tu pourrais me... et me...
C'est pas une nouvelle ?
Non, je crois pas. Je l'ai déjà vue.
Putain, il a l'air trĂšs amoureux.
Elle est canon en plus.
- Enfin, si on aime le genre bourge. - Ouais, ça suffit.
Marius ! T'es prĂȘt ? On va commencer la gym.
Accrochez-vous, les filles !
Allez, les filles.
Tu viens pas ?
Non, il faut que je vous laisse, je vais réviser mes jurisprudences.
- T'en es oĂč ? - Homicides. C'est passionnant.
Tu sais que plus de 80 % des meurtres ne sont jamais résolus ?
Ăa fout les boules.
Plus vite, Marius ! Un, deux, trois, quatre...
- Un, deux, trois... - Six, sept, huit...
Valentin ?
Valentin ?
C'est bon, c'est salé.
Moi aussi, j'ai soif.
T'oublies pas ma clé.
Je la mets dans ton sac.
Bon, ça va pour aujourd'hui.
Pourquoi je suis obligé d'apprendre le solfÚge ?
Si tu aimes la musique, aime-la au point de l'apprendre.
Pour le jazz, ça sert à rien.
Qu'est-ce que t'en sais, couillon ?
Le solfĂšge, c'est comme le code de la route pour la conduite.
Le solfÚge, ça tient en cinq pages.
- Allez, file. Ă vendredi. - Au revoir, M. CyriĂšs.
Viens, Henri IV. Viens dans les bras de maman.
- Marius ! - Je vous dérange ?
Non, pas du tout. On finissait.
Bon, alors Rose, encore combien de séances ?
Ăcoutez, Ă peu prĂšs cinq.
Vous retrouvez vos facultés d'autoguérison, c'est bien.
Oui, je sens les énergies qui circulent à nouveau.
On travaille sur votre énergie vitale
et vous allez voir, ça va aussi libérer votre énergie sexuelle.
Je voulais vous prévenir.
Jamais les Prussiens n'auront les gars de la Sarthe.
Bonjour.
Jamais les Prussiens n'auront les gars de notre canton
Désolé ! Désolé.
- Je suis navré. - Je vais m'en occuper. Pardon.
C'est spectaculaire.
Navré. Navré, navré.
Ă la semaine prochaine.
Je monte sur tes, tu montes sur mes, je monte sur l'un sur l'autre
Je monte sur tes, tu montes sur mes, ça fait des Français
Henri IV, il en a une belle garde-robe !
Vous savez, les petits chiens, faut qu'ils aient chaud.
- Le drapeau anglais ? - C'est un hommage aux Beatles.
Et le plus important, c'est la tisane détoxifiante.
La tisane détoxifiante ?
Je donne la mĂȘme Ă mes patients.
C'est pas dangereux ?
Mais pas du tout, non.
C'est pas la tisane de mon chien que je donne Ă mes patients,
c'est la tisane de mes patients
que je donne Ă mon chien, c'est pas pareil.
Sentez.
Je vous ai apporté des bonbons qui parlent.
- Vous en avez retrouvé ? - Oui.
"Je ne veux désormais collectionner que les moments de bonheur."
Stendhal.
T'as pas oublié de me faire le double de tes clés ?
Je viens maintenant ?
J'ai dit Ă Freddy que j'allais Ă mon cours de russe.
Si tu t'intéresses aux langues vivantes,
je pourrais te lécher, puis je descendrais plus bas,
en passant par toutes sortes d'endroits.
Pour un maniaque, tu pourrais enlever tes chaussures.
J'ai pas les pieds sur le lit.
Tu peux pas mettre autre chose ?
T'es ridicule.
Moi, j'aime bien cette robe.
Ăa te boudine. On voit tous tes seins, tes fesses, tes hanches.
T'as l'air d'une... d'une femme.
Tu voudrais que j'aie l'air de quoi ? D'une sauterelle ?
Je ne sais pas, mais pas de ça.
Claudia ?
Claudia ?
Mais qui ĂȘtes-vous ? Comment ĂȘtes-vous entrĂ© ?
Je m'appelle Freddy.
Nom de Dieu...
Oui, comme vous dites. Invoquez votre dieu,
vous allez en avoir besoin.
Cette clé, je l'ai trouvée dans le sac à main de mon épouse.
Ăcoutez, on peut discuter.
Asseyez-vous et discutons.
Non, je vais pas m'asseoir, j'ai pas envie de discuter.
C'est pas une visite de courtoisie.
Je suis venu pour vous casser la figure,
pour réduire en bouillie votre petite gueule de queutard.
Mais qu'est-ce que...
C'est mon épouse.
Si vous approchez encore de ma femme...
La prochaine fois, je vous la fais bouffer.
Valentin !
- Ăa va ? - Ăa va.
- Ăa a pas l'air. - J'attends mon taxi.
- Mais ça va ? - Ouais.
Excusez-moi, je suis désolée.
Non, mais laissez, laissez, c'est rien.
Qu'est-ce que vous avez ? Vous avez plein de sang ! Ăa va ?
Ouais, je suis tombé.
Vous avez dû vous faire sacrément mal. Vous avez rien de cassé ?
Je sais pas, ils vont me le dire Ă l'hĂŽpital.
VoilĂ mon taxi.
Non, mais attendez, je vais vous aider.
Je vous accompagne. Je vais pas vous laisser comme ça.
- Non, je vous remercie. - Allez-y.
Je vous assure, ça va aller.
- Vous ĂȘtes sĂ»r ? - Je prĂ©fĂšre y aller seul.
Bonjour !
- Bonjour, Roger ! - Bonjour, Roger !
- C'est ton immeuble ? - Oui.
- Pourquoi tu l'as peint comme ça ? - Je sais pas.
C'est terrible, sanguinolant.
Mais c'est pas du sang, c'est du rouge.
- On le fait, ce petit Matisse ? - Oui.
Tu sais, Matisse, un jour,
son modÚle préféré s'est fait raser les aisselles.
AprÚs ça, il n'a plus jamais voulu la dessiner.
Je comprends. C'est magnifique, les poils.
Des masses sombres. LĂšve le bras. C'est bien lĂ .
C'est bien.
Décale tes jambes un peu par là .
Ăcarte le bras droit.
Comme ça.
Quoi ? Un entretien d'embauche collectif
pour vendre des tubes de dentifrice ?
Tu peux te les bouffer tes tubes, pauvre connard !
Trop cons ces trous du cul.
Noor, je vais pas pouvoir payer ma part de loyer ce mois-ci.
C'est pas grave, je vais t'avancer encore.
Le voilĂ .
Il a l'air de souffrir.
Je descends les poubelles.
- C'est mon tour. - T'occupe, j'y vais.
Claudia ?
Non, tout va bien.
Je suis sorti faire un tour.
J'arrive.
Sylvia !
T'en mets du temps pour ouvrir. Ăa fait dix minutes
que je sonne. J'allais repartir.
Sylvia, qu'est-ce que tu fous lĂ ?
Je suis ta sĆur et je m'inquiĂšte, figure-toi.
Ton téléphone ne marche pas.
Tu réponds pas aux mails ni aux courriers.
Tu me laisses entrer ?
Jane...
Sylvia...
T'en veux ?
Non.
Jane,
tu vas quand mĂȘme venir passer les petites vacances Ă la maison.
- S'il te plaĂźt, il y aura tout le... - ArrĂȘte,
Sylvia ! Allez, bois.
Un petit coup. Alors fous le camp !
Finis ta petite visite de charité.
T'as autre chose à faire sûrement. Moi aussi. Moi, je vais
me faire plaisir. Plaisir. Plaisir.
Bisous.
- Jane... - Ăa sent peut-ĂȘtre le gin ?
- L'une de vous pourrait pas aller... - Jane.
...chez Aymé m'en chercher une comme ça ?
Non, Jane, on peut pas faire ça.
Non ?
Et pourquoi non ?
Jane...
Elle me fait pitié.
Pourquoi pas lui acheter une bouteille ? Une petite.
Fais comme tu veux, ça me gonfle.
OĂč est-ce que j'ai mis cette foutue clĂ© ?
- Qu'est-ce qui s'est passé ? - Rien.
Comment ça, rien ?
J'ai fait un vol plané.
Dis donc, c'est la loi des séries, là .
Freddy aussi a glissé. Il s'est bien amoché l'épaule d'ailleurs.
Il a rien de cassé ?
Il est incassable, ce mec.
Pas comme toi, mon pauvre chéri. Tu souffres ?
- Excuse-moi. - ArrĂȘte, Claudia, tu me fais mal.
Et puis je suis pas en forme, je préfÚre que tu t'en ailles.
Non, au contraire. J'ai amené plein de bonnes choses.
Tu as besoin que je m'occupe de toi.
Non, mais sérieusement, Claudia.
Et puis imagine que ton mari l'apprenne.
Comment veux-tu qu'il l'apprenne ?
Bon, allez, installe-toi. Je vais te préparer ton chocolat.
Je reviens, mon amour !
ArrĂȘte, Claudia.
T'as vraiment pas l'air dans ton assiette, toi.
Non, pas du tout.
Bon, je reviens demain alors pour voir si tu vas mieux.
Et pour voir aussi si tu as vraiment mal partout.
Regarde mes bleus.
C'est joli, ça ! C'est trÚs sexy.
J'ai rĂȘvĂ© de toi en guerrier blessĂ©.
Je t'en prie.
Attendons quelques jours, aprĂšs les vacances.
Tu devais pas aller Ă la montagne avec ton mari ?
Mais si, justement.
C'est trop long. Long, long, long, long...
- Le chocolat. - Le chocolat peut attendre.
Décontracte-toi, mon chéri. T'es tout noué.
Je m'en vais, je m'en vais.
Je m'en vais, je m'en vais.
- Bonjour, Roger ! - Bonjour !
Merci !
Mon chéri ! Oh mon chéri !
Chine, Japon, Shanghai, encore la Chine,
Afghanistan. Vous y avez vraiment été ?
Oui.
Vous aimez les voyages.
- Pas vous ? - Si, si.
Vous avez Ă©tĂ© oĂč ?
En GrĂšce, une fois.
Depuis, je fais le régime crétois,
mais ça marche pas vraiment.
Vous ĂȘtes trĂšs bien comme ça, Antonia.
- Vous trouvez ? - Oui.
C'est pas ce que mon mari me dit.
Vous avez vraiment été dans tous ces pays ?
Oui.
Vous voyagez seul ?
- Oui, souvent. Je prĂ©fĂšre. - Ăa m'Ă©pate.
Vous, vous fuyez quelque chose.
Vous savez, quoi qu'on fasse, on n'échappe pas à sa destinée.
- Pourquoi vous dites ça ? - Je sais pas.
- Ăa vous dĂ©range la fausse fumĂ©e ? - Non, pas du tout.
- Vous répondez pas ? - Non, je réponds pas.
Ăa me regarde pas.
- C'est beau, ce tissu. - C'est ouzbek.
Vous avez pas chaud ? Il fait une chaleur ici...
- Vous avez terminĂ© ? - Oui. Ăa se voit pas ?
Et les vitres ?
Les vitres, je les fais pas.
Bon.
Je vous laisse ?
Je vous laisse.
Allez, les filles, avec le sourire !
Ăa va, les filles ? Pas trop fatiguĂ©es ?
Claudia ? T'es déjà revenue de vacances ?
Non, non, je fais des courses pour la crémaillÚre demain.
Non, tu peux pas venir, c'est pour les voisins.
Non, tu peux pas m'aider.
Il faut que je te laisse.
- C'est Lys tigré. - Vous dites ?
Lys tigré, je l'appelle comme ça.
Elle a l'exotisme d'un lys. Elle est belle.
Oui.
Elle est belle.
Vous les connaissez ?
Celle qui porte des lunettes noires, c'est madame Hou.
C'est sa sĆur ?
Ou sa mĂšre. Allez savoir.
Vous en faites une drĂŽle de tĂȘte.
Lys tigré...
J'ai l'impression de la connaĂźtre depuis toujours.
Elle me rappelle
Singapour, avec ma mĂšre.
Jane !
Rien de cassé, Jane ?
Vous avez vu, cette salope l'a enjambée
comme si c'était une flaque d'eau.
Je doute qu'on trouve de l'eau dans le corps de Jane.
- Quand mĂȘme ! - C'est la compassion asiatique.
C'est le taoïsme : ne te préoccupe pas de ce qui ne dépend pas de toi.
- Ăa va, Jane ? - Tout va bien, tout va bien.
Bonjour.
Nous sommes voisins et j'ai pensé
que vous et votre famille, enfin, si vous acceptiez...
J'habite en face et je fais demain,
on appelle ça une pendaison de crémaillÚre.
- Nous ne pouvons pas ! - Venez.
J'y tiens beaucoup.
Nous ne pouvons pas.
Valentin !
Valentin !
Qu'est-ce qui t'arrive ?
On se voit pas pendant dix jours
et tu me raccroches au nez, c'est pas trĂšs gentil.
- Ăa va ? C'Ă©tait bien ? - Oui.
Vous avez eu de la neige ?
Oui, au-dessus de 2 000, il y en avait, mais j'ai pas beaucoup skié.
J'ai pensé à toi. Et toi, t'as pensé à moi ?
T'as pensé à moi ?
Oui, j'ai pensé à toi.
Je dois filer, mais regarde, j'ai amené plein de petites choses.
Alors, des chaussettes bien chaudes
pour tes pieds qui dépassent toujours du lit,
un bonnet tricoté main par Josiane, une dame de là -bas trÚs gentille.
- Ăcoute, Claudia... - PlutĂŽt pour la nuit.
Pendant ces dix jours, j'ai beaucoup réfléchi et...
Celui-lĂ .
T'es trop chou ! On dirait un petit lutin.
Je t'adore, mais cette situation avec ton mari, c'est plus possible.
Mais enfin, il s'en fout, Freddy !
Je suis sûr qu'il s'en fout pas. Et puis non, c'est pas la question.
C'est sûrement le genre de type
à débarquer chez toi et à tout casser...
sans prévenir. Il faut plus se voir.
- Mais pourquoi faire ? - Mais pour voir si...
- Voir quoi ? - Voir si...
Je suis en retard. Bon, écoute-moi.
Non, on va pas se priver de ça pendant plusieurs mois.
On se voit demain Ă ta fĂȘte. Ă demain. Oh, ton bonnet !
Claudia, c'est pour les voisins, pour les gens de l'immeuble.
Je ferai la maßtresse de maison. à demain, mon chéri.
Ăa va, on t'a remarquĂ©e, tu peux te calmer maintenant.
Non.
- Jamais. - T'as assez bu.
ArrĂȘte !
"Ai-je passé le temps d'aimer ?" La Fontaine.
"Les deux pigeons."
Sans préliminaires.
S'il baise comme il danse.
Il est d'avant l'invention de la caresse.
Il danse comme un manche.
- Qui ça ? - Romain.
Tu me rends folle.
Elle est oĂč ? OĂč est ma femme ?
- Putain, j'y crois pas. - Moi, si.
Poussez-vous ! Il est oĂč ? Il est oĂč cet avorton ?
- Il est oĂč ? - Il est lĂ .
Qu'est-ce que vous faites ici ?
- OĂč est ma femme ? - Dans ma chambre.
Vous ĂȘtes tĂ©moins ! Ce salopard est en train de baiser ma femme !
Putain, ça t'a pas suffi !
Je vais te massacrer.
- Mais d'abord, Claudia. Claudia ! - La touchez pas !
La touchez pas !
T'as entendu ? Fais quelque chose !
C'est pas mes affaires.
Roger, reste pas planté là !
Les histoires de couple, on s'en mĂȘle pas.
LĂąche-moi !
Ălodie !
Y a pas d'eau. Va dans la cuisine !
Il faut lui lever les jambes.
- Noor, de l'eau ! - C'est pas vrai, y a du champagne !
- Roger, ton code ! - Ălodie !
- C'est ça, c'est ça, merci. - Viens là maintenant !
S'il y a une prochaine fois, je le tue !
Allez !
Valentin ?
- Doucement. Doucement, doucement. - C'est le bras ?
- Je crois qu'il m'a cassé le bras. - Assieds-toi.
- Qu'est-ce que tu veux faire ? - Attention, Valentin.
Doucement, doucement.
- Rose ! - Bah d'accord...
On parlait, on discutait.
On discutait.
Vous avez mal ?
- Vous tenez le coup, Valentin ? - Je vous accompagne, Valentin.
Non, ça va aller.
Je range alors.
- Oui. - Vous avez pas froid, monsieur ?
Un peu.
- Sergio ? - Oui.
Vous pouvez me passer mon manteau, s'il vous plaĂźt ?
Désolé, je suis arrivé en retard.
Si j'avais été là , ça se serait pas passé comme ça.
Tu crois pas que ça suffit là ?
- Viens, on rentre. - Vas-y, moi, je ren...
AĂŻe ! Tu me fais mal !
Viens, je te dis !
ArrĂȘte !
T'es complĂštement malade !
Puis d'abord, c'est de ta faute si je te trompe !
Tu t'occupes jamais de moi !
Et va pas pleurnicher chez les flics.
C'est l'avocat qui parle.
Salaud...
Tu t'es cassé l'épaule ? Mais écoute,
mais comment est-ce que tu te débrouilles ?
Moi, je ne me suis jamais rien cassé de ma vie. Je veux dire, ni foulé.
C'est trĂšs handicapant.
Mais comment tu vas faire ? Mais lĂ , je pars.
Tu pars aujourd'hui ?
Mais oui, mon chéri. Je te l'avais dit que c'était aujourd'hui.
Je me souvenais plus.
Je prends Emirates Airlines, en passant par DubaĂŻ jusqu'au Caire.
J'aimerais revoir les lampadaires bleus de la gare centrale.
Ensuite, je rejoins Eléonore et on descend jusqu'au Old Cataract.
Tu peux peut-ĂȘtre essayer de me rejoindre ?
Et puis tu me rappelles. Hein ?
Bon, je t'embrasse, mon trésor.
Dites, Ălodie. Les gens d'en face, vous les connaissez ?
- Les Chinois ? - Oui.
Ils parlent Ă personne.
Ils vendent des fleurs, je crois. Des orchidées.
C'est pour ça...
C'est pour ça quoi ?
Bah...
La fille aux longs cheveux, trĂšs jolie,
Sergio l'appelle Lys tigré.
Et le lys tigré, c'est une variété de lys
qu'on pourrait prendre pour des orchidées.
Je savais pas.
Et Ă Singapour...
Tenez, regardez, c'est Lys tigré.
Je vous mets du sucre ?
Je vous mets du sucre ?
Oui. Enfin non.
Dis donc... Mais dis donc...
Excusez-moi, j'ai frappé, vous m'avez pas entendu ?
Je cherche Antonia.
Qu'est-ce que vous voulez Ă Antonia ?
Comme elle travaille plus chez moi, j'aurais besoin de ma clé.
- Ta clé ? - Ma clé.
Oui.
Merci.
- Bonjour, Valentin ! - Bonjour.
Comme vous me l'avez proposé,
je vous ai apporté la liste des courses.
Merci.
Mais vous ĂȘtes sĂ»re que je vais pas dĂ©ranger ?
On est en train de faire une dégustation.
Noor a ramené des bouteilles de la cave de son pÚre.
Le brun, c'est Ulysse, et le blond, c'est...
Enfin bref, je sais plus.
C'est ma belle-mÚre préférée.
Bonjour.
Bonjour.
C'est un bon Bourgogne, c'est un Nuits-Saint-Georges.
- Qu'est-ce que vous croyez ? - C'est pas pour moi.
Pourquoi ?
Je suis du bordelais. Je suis né à Libourne,
en plein milieu des vignes.
- C'est pas sectaire. - Moi, je préfÚre le vin.
- Tiens, goûte ça, Valentin. - Merci.
Je vais vous enlever le rouge.
VoilĂ .
Ah oui, on voulait vous donner un toucher du bois.
C'est Noor qui fait ça, c'est pour porter chance. On en a toutes.
Je le mets toujours dans mon sac, surtout pendant les examens.
Ce que je fais en général, c'est que je le touche trois fois.
Pour le ménage, je vous passe la clé de chez moi.
Ah oui, merci.
Et je voulais vous remercier pour tout ce que vous faites pour moi.
Mais c'est normal, ça me fait plaisir.
C'est Noor qui fait ça ?
Oui. Vous avez vu, c'est moi, avec des bigoudis.
- On va vous faire poser ! - Non, non, non.
Si, si, si. Noor ! On va le faire poser !
- Non. - Si !
Il y a quelque chose qui va pas ?
Aymé est fermé.
Vous pouvez pas aller jusqu'au supermarché
me prendre deux bouteilles de vodka et deux de gin ?
Non, c'est pas sérieux.
Je te donne ma carte.
Pour retirer de l'argent.
Je vais avoir besoin de votre code.
Oui, c'est le 2744.
2744.
Deux bouteilles de gin et deux... Fais vite.
Respirez.
Jane ?
T'en as mis du temps.
Merci.
Mais enfin, je peux compter sur toi.
- Je ferme votre porte. - Oui.
Bonsoir, Jane.
Vous voulez pas goûter un Singapore Sling ?
Aymé, un autre pour moi, s'il vous plaßt.
Lys tigré...
Son visage m'en a rappelé un autre.
J'étais assis à la terrasse du Raffles,
dans un fauteuil de rotin, à cÎté de ma mÚre, à Singapour.
Et elle avait commandé le cocktail légendaire du Long Bar de l'hÎtel,
le Singapore Sling.
Triple sec, cointreau,
gin, liqueur de cerise,
et Angostura.
C'est le directeur du Raffles qui lui apporte en personne.
"Un autre pour mon fils."
"Ă son Ăąge, un gentleman doit dĂ©jĂ ĂȘtre alcoolique."
Et elle versa quelques gouttes d'opium
d'une fiole qu'elle tira de son sac.
"Il doit aussi ĂȘtre initiĂ© Ă l'opium.
"C'est une question d'éducation."
C'est alors que je l'ai vue passer,
comme une apparition.
Une jeune Chinoise.
Son visage était aussi pur
et aussi harmonieux que celui de Lys tigré aujourd'hui.
Nos regards se sont croisés.
Je l'ai jamais revue.
J'ai appris qu'elle s'était noyée.
J'avais écrit une chanson pour elle.
Je pourrais demander Ă Noor.
Elle me la jouerait.
Oui, elle nous la chanterait.
Jane, vous m'écoutez ?
Sergio ?
Vous verrez rien. Les volets sont toujours fermés.
Vous voulez boire un verre ?
Mais vous avez cherché à savoir pourquoi ils se cachent comme ça ?
Quand on a servi 18 ans dans la Légion,
on a appris Ă ne pas se mĂȘler des affaires des autres.
Et si elle était prisonniÚre ou si c'était une esclave ?
Comment il s'emballe...
Mais...
Vous ĂȘtes sĂ»r qu'on ne peut rien faire ?
Ăa, tu peux toujours la prendre d'assaut.
Ăa va ĂȘtre du rĂȘve.
Mais bon, vous pouvez peut-ĂȘtre y arriver.
Les Chinois disent :
"Les chambre closes n'arrĂȘtent pas ceux qui se jouent des murs."
- Vous parlez chinois ? - J'ai voyagé.
Il fait chaud ici, hein ?
C'est vrai qu'il fait chaud chez vous.
C'est depuis l'arrivée des Chinois.
Oui, leur baraque, c'est une véritable serre.
Regardez-moi ça.
Alors on dit qu'ils font pousser des orchidées rares.
Moi, l'humiditĂ©, ça me dĂ©range pas. Ăa me rappelle la Guyane.
C'est ma femme qui aurait été contente.
Il n'y avait jamais assez de chauffage pour elle.
Je l'ai perdue il y a deux ans. J'ai eu du mal Ă m'y faire,
mais on finit par oublier.
Ăa dĂ©pend.
Ăa dĂ©pend.
Lys tigré, vous la voyez souvent ?
Non, pas vraiment.
Je crois qu'elle est malheureuse.
Je la vois... Je l'ai vue pleurer souvent.
- C'est vous. - Je vais faire les courses.
Ăa vous ennuierait de rĂ©pondre et de dire que je suis pas lĂ ?
Si vous en avez marre, pourquoi vous lui dites pas carrément ?
Je lui ai déjà dit. Sûrement pas assez clairement.
- Et vous, avec votre fiancé ? - C'est pas mon fiancé.
On les a fait encadrer. Ils vous plaisent ?
Beaucoup.
Vous préférez lequel ?
Les deux.
C'est gentil.
Il y a Noor qui fait un concert chez Aymé.
- Vous voulez pas venir ? - Pourquoi pas.
Il est froid. Je vous en refais un ?
Si vous voulez.
Valentin, oĂč t'Ă©tais passĂ© ?
Mon chéri.
Tu m'as tellement manqué. Je t'ai cherché partout.
Je t'ai appelé des dizaines de fois.
Pas lĂ . Viens. Viens, sortons.
Il va juste falloir ĂȘtre trĂšs prudent maintenant.
T'es folle. Ătre prudent, ça suffit pas.
On est surveillés, il faut plus se voir.
- Du tout. - Non, mais tu m'as trop manqué.
J'osais pas venir parce que j'avais peur de ce fou. Mais maintenant,
c'est décidé, je divorce et on ne se quitte plus.
Attends, Claudia, on peut nous voir.
Mais calme-toi, calme- toi ! Freddy plaide Ă Lyon jusqu'Ă demain.
Excusez-moi, j'arrive un peu trop tĂŽt.
Non, non, restez. Viens, Claudia.
C'est qui, elle ?
- C'est la nouvelle femme de ménage. - Pourquoi elle a ta clé ?
C'est pas elle qui était au bistrot avec toi tout à l'heure ?
Oui.
Valentin, tu es sûr qu'elle est femme de ménage ?
Enfin, Claudia...
Et elle fait le ménage à cette heure-ci ?
C'est une étudiante, ça dépend de ses heures de cours.
Calme-toi.
- On y va ? - Non, on n'y va pas.
Je suis pas venue pour rien, quand mĂȘme.
Fais-moi ce petit plaisir.
On en Ă©tait oĂč dĂ©jĂ ?
Non, pas maintenant.
- Mais si, prends-moi, on s'en fout. - Elle peut arriver.
Mais qu'est-ce qu'on s'en fout de cette nana !
Mais non, elle va nous entendre.
- Allez... - Mais non.
Allez. T'es pas drĂŽle.
Mais non... Elle est juste lĂ .
Ferme la porte au moins.
Mais va la fermer, la porte.
Allez, Ă moi.
T'es con, tu m'as fait peur.
- Qu'est-ce que c'est que ça ? - Je l'ai trouvé dans la rue.
Il était seul, il était triste. Comme moi.
Je travaille pour Valentin Fontaine, je remplace Antonia.
- Comment ça ? - Il faut bien que je travaille.
Et nous, on se voit quand alors ?
On verra. Je sais pas, je t'appelle.
Merci.
- Tu vas le garder ? - Bien sûr que je vais le garder.
Salut.
ArrĂȘte, on va nous voir !
Et alors ?
Alors j'aime pas ça, c'est tout.
- Depuis quand ? - Depuis.
OK. Ciao.
Ciao.
Je suis venu vous inviter Ă boire un verre,
quand vous voudrez.
Non, non, non. Non. Vous homme bien ?
Oui, enfin, j'espĂšre.
Veux passeport, demain, viens chez vous, s'il vous plaĂźt.
- Jane, ça ne va pas ? - Jane !
Jane, c'est Rose. Ouvrez !
- Jane ! - C'est la crise.
Ouvrez la porte, Jane !
- Qu'est-ce qui se passe ? - C'est Jane.
Défoncez la porte !
Vous faites pas mal.
Ăcartez-vous. Ăcartez-vous.
Attention, Jane !
Jane, Jane...
Calme... Calme... Calme...
Tout va bien.
Il faut appeler le SAMU.
C'est la derniĂšre fois que nous avons vu Jane vivante.
On a appris le lendemain, que dans la nuit,
elle avait bu toute la pharmacie de l'hĂŽpital
et qu'elle s'était endormie,
comme elle avait toujours rĂȘvĂ© de s'endormir, pour l'Ă©ternitĂ©.
Sylvia ! Sylvia !
Je veux passeport ! Passeport ! J'ai photo !
- Mais je ne sais pas votre nom. - Liu Mei.
Liu Mei ? Valentin.
Valentin, je dois partir, j'ai peur.
- Vous ĂȘtes en danger ? - M'aider ?
- Restez avec moi. - Peux pas.
Je vais vous aider, mais un passeport, c'est difficile.
Il faut se revoir. On peut se retrouver demain ? OĂč ?
- Petit pont. J'attends. - Quelle heure ?
Six heures ?
D'accord, on partira ensemble
et je vous emmĂšnerai dans un endroit oĂč vous n'aurez plus peur. D'accord ?
Demain, petit pont.
T'as menti tout ce temps, connard ?
- Menteur ! - Ăa suffit.
Sale menteur !
Depuis combien de temps tu la vois ?
Tu vois dans quelle situation elle est !
- Je te vomis ! - Tu te calmes.
- Je te vomis ! - Claudia...
- Tu entends ? - Claudia...
T'es qu'un sale hypocrite !
Claudia...
Sale type !
Mais qu'est-ce que tu crois, mon petit Valentin ?
Que tu vas te débarrasser de moi comme ça ?
"Allez, ouste, c'est fini, dégage, du balai, dégage, barre-toi ?"
T'es complÚtement inconsciente. T'as oublié ce qui s'est passé,
ce qu'il t'a fait et ce qu'il m'a fait.
Je tiens Ă ma peau, moi. C'est tout bĂȘte, mais j'y tiens plus qu'Ă toi.
Mais qu'est-ce qui te prend, Claudia ?
Mais qu'est-ce que tu fais ? ArrĂȘte !
ArrĂȘte !
- Tiens, dans ta gueule ! - Mais ça va pas !
Tu as jusqu'Ă ce soir pour changer d'avis !
Sinon voilĂ ce que je vais dire Ă Freddy,
que tu me harcÚles, que tu as cherché à me violer !
VoilĂ ce que tu m'as fait ! Violeur !
ArrĂȘte !
Tu peux lui raconter ce que tu veux, il te croira pas.
Il sait bien qu'on peut pas violer une nympho comme toi.
Tu le regretteras, enfoiré !
Pauvre type...
Si je te le dis. Elle est partie à moitié à poil.
- Non, mais tu l'as vue ? - Mais oui, je l'ai vue.
- Moi, Valentin, ça m'étonne. - Moi non plus, j'y crois pas.
Valentin, il est comme les autres.
Les gens sont jamais ce qu'ils paraissent ĂȘtre.
DerriÚre la façade...
DerriÚre la façade, quoi ?
On est surpris de ce qu'on trouve.
D'oĂč elle la sort, sa fourrure ?
- Tu crois que c'est une vraie ? - Oui, c'est une vraie.
Il y a souvent des secrets inavouables.
C'est-Ă -dire ?
Hello ! Hello !
Je peux vous aider ?
Attendez !
Revenez !
Putain, une forĂȘt de cannabis !
Alors, Sergio, on prend l'air ?
Nous, avec Henri IV, on a fait une bonne balade. Hein, Henri IV ?
Allez, bonne nuit.
HĂ© ! Vous, lĂ -bas !
Ăa fait des jours que je vous observe, espĂšce de dĂ©goĂ»tant !
Ăa vous plaĂźt, les petites filles ? Ăa vous plaĂźt ? Ăa vous plaĂźt ?
Non, mais vous l'avez vu, celui-lĂ !
Non.
Ăa va pas lĂ !
Tire-toi !
Rose, qu'est-ce qui vous arrive ?
Je viens d'assister à quelque chose de trÚs pénible.
Je peux entrer ?
C'est affreux.
Non, je ne suis pas lĂ !
Ăa demande confirmation.
Les gens voient des terroristes et des pédophiles partout.
- Alors on fait rien ? - Je vais l'avoir Ă l'Ćil.
Ne vous inquiĂ©tez pas. Ăa va comme ça ?
Non, ça va pas.
Je supporte pas d'avoir une mauvaise idée des gens.
Cet immeuble, il était...
Il était tellement chargé de bonnes ondes, et maintenant...
Je supporte pas.
Les bonnes ondes, elles viennent de vous.
Tenez.
Vous ĂȘtes gentil.
Vous ĂȘtes vraiment mignon, Marius. Vraiment.
Je crois que je vous aime.
"Acquisition de la nationalité française par mariage.
"Ătat civil du demandeur."
Liu Mei.
Liu Mei.
Vous pouvez arrĂȘter de me tourner autour ? C'est exaspĂ©rant.
Pardon.
Mon sac de voyage, je le retrouve plus.
Vous l'avez mis ailleurs ?
- Lequel ? - Le petit vert.
- Celui-ci ? - Oui, merci. Vous avez terminé ?
Pas tout Ă fait.
Terminez, je vais en profiter pour retirer l'argent que je vous dois.
- C'est pas pressé. - Si, si, j'y tiens.
Ă tout de suite.
Laurence ?
Attention, mademoiselle.
Ăa sort du mur, mais ça pousse pas.
Ăa pousse pas !
J'arrive !
- Mais qu'est-ce que tu fous lĂ ? - Je suis venu te voir.
Comme tu réponds pas à mes textos, je m'inquiétais.
- Ăa va ? - Oui, ça va. Je bosse.
J'ai deux places pour le concert de Hangar ce soir.
- Je me disais... - Ce soir, je bosse.
Je peux pas. C'est trĂšs gentil, mais je peux vraiment pas.
ArrĂȘte.
Tu travailles trop, voilĂ ce qu'il y a.
Calme-toi. On va aller à ce concert, ça te changera les idées.
Non, je peux pas, je dois finir de bosser.
Et puis j'ai mes partiels à réviser.
- ArrĂȘte avec tes partiels. - Bonjour.
Salut.
- Tenez. - Merci.
Ăa va ? Vous allez l'air un peu... Vous vous ĂȘtes disputĂ©s ?
Non, ça va.
J'ai terminé, j'y vais.
Je vais m'absenter quelque temps
alors c'est pas la peine de venir demain.
Vous partez pour combien de temps ?
Je sais pas encore. Bon, au revoir. Je vous embrasse.
Allez, les filles !
Regardez, il y a Roger !
Allez, les filles !
DĂ©pĂȘchez-vous !
Lou ? Lou, tu viens ?
Qu'est-ce qu'il y a ?
- Vous allez tout droit. - Qu'est-ce qu'il y a ?
- Tout droit. - Qu'est-ce qui se passe ?
Madame !
- Il a eu un malaise ? - Les filles !
Madame ! Madame !
Il bouge pas !
Allez, les filles, on rentre.
Viens. Allez.
DĂ©pĂȘchez-vous, je vous dis !
C'est pas un spectacle. Allez ! On avance !
- Bonjour. - Bonjour.
Ce qu'elle fait Ă part coucher,
aucune idée.
C'est une chaudasse mariée en plus. Et un jaloux.
Il est venu le jour de la pendaison de crémaillÚre de M. Fontaine.
Il l'a pas mal amochĂ©. MĂȘme qu'il lui a dit qu'il voulait le tuer.
Le tuer ? Vous ĂȘtes certaine ?
Oui.
Vous pouvez demander, tous les gens de l'immeuble sont témoins.
En mĂȘme temps, il l'a un peu cherchĂ©, M. Fontaine.
C'était un peu un coureur.
Il vous a fait des avances ?
Mais j'ai pas voulu.
Alors il s'est débarrassé de moi
et il a demandé à une des gamines du cinquiÚme
de venir l'aider et de lui faire le ménage.
Enfin... le ménage...
Mademoiselle.
Vous aviez une liaison avec M. Fontaine ?
On était trÚs proches.
Qui est-ce qui fait ces dessins ?
C'est moi.
Et maintenant, c'est cette salope qui l'a tué.
Vous parlez de sa maĂźtresse ?
Quand il l'a virée, elle était folle.
Elle l'a menacé, elle l'a griffé.
Elle a dit qu'elle allait le tuer.
Attends, Ălodie, elle a pas dit ça.
Elle a dit qu'il le regretterait.
- C'est pareil. - Ălodie...
Pas tout Ă fait, mademoiselle.
Il faut faire attention Ă ce que vous dites.
Un meurtre, c'est grave.
C'est une accusation sérieuse.
- Vous serez convoquée. - Je vous raccompagne.
Pourquoi tu racontes n'importe quoi ?
T'as jamais eu d'histoire avec lui, tu délires !
Avec Valentin, c'Ă©tait peut-ĂȘtre pas physique, mais on Ă©tait trĂšs proches.
Mais vous pétez vraiment un plomb toutes les deux !
Entre toi qui voles la vieille et toi qui mens,
moi, je trouve d'autres collocs !
Tu déconnes, Noor, tu fais pas ça ?
Oui, je déconne, mais si ça continue, je le fais vraiment.
Non, mais vous allez pas commencer lĂ , alors que Valentin...
Valentin est mort, alors arrĂȘte de nous bassiner maintenant !
Vous ĂȘtes vraiment... Vous me dĂ©goĂ»tez.
Claudia, va ouvrir !
Tu peux pas y aller, toi ?
- Maßtre Frédéric Livorno ? - Oui, c'est moi.
Police. On a quelques questions Ă vous poser.
Vous ĂȘtes comme ça dans la police maintenant ?
- Oui, on est comme ça. - Entrez.
Fontaine, Valentin Fontaine, ce nom vous dit quelque chose ?
- Vous en avez entendu parler ? - Oui.
C'est au sujet du meurtre de Valentin Fontaine.
Que faisiez-vous avant-hier entre 18 et 22 heures ?
J'étais occupé.
C'est-Ă -dire ?
Vous voulez quoi ? Que je vous dise
que j'étais occupé à trucider une merde
du nom de Valentin Fontaine ?
TrĂšs bien, je vous le dis.
Mme Livorno. Asseyez-vous.
Nous ne plaisantons pas, Maßtre. Devant témoins,
vous vous ĂȘtes introduit chez la victime
et vous lui avez fracturé le bras.
Vous l'avez menacé de mort.
- C'est exact. - Pour quelle raison ?
Il baisait ma femme.
Je n'emploie pas ce langage devant tout le monde, mais dans la police,
vous avez l'habitude.
Bon, ça suffit. Vous allez nous suivre.
- Vous ĂȘtes sĂ»r ? - Oui.
- Certain. - Vous aussi, madame. Habillez-vous.
Pourquoi moi ? J'ai rien Ă voir lĂ -dedans.
Tu étais la maßtresse de la victime, chérie.
Ăa fait de toi une Ă©pouse d'assassin idĂ©ale.
Peut-ĂȘtre mĂȘme une complice.
Il est fou, j'ai rien à voir avec ça.
Lui non plus d'ailleurs, il n'Ă©tait mĂȘme pas en ville...
Vous vous expliquerez au commissariat.
Tu t'expliqueras au commissariat.
- Prénom ? - Frédéric.
Frédéric.
Alors récapitulons.
Vous avez reconnu devant nous avoir assassiné de sang-froid
M. Valentin Fontaine dans un jardin public.
Si vous le dites.
- Non, non, ce n'est pas "si vous..." - MaĂźtre Livorno.
- J'arrive pas Ă le croire. - Chouvanet.
Pour des raisons qui m'échappent
et qui n'appartiennent qu'Ă lui, MaĂźtre Livorno,
réguliÚrement, s'adonne à la provocation.
Vous pouvez arrĂȘter ça.
Au moment des faits, de 14 h à 23 h, il était aux assises de Dijon.
Plaidoirie remarquable, m'a-t-on dit,
oĂč vous avez obtenu la relaxe de votre client
qui avait commis un crime passionnel avec erreur sur la victime.
- Enfin, si j'ai bien compris. - C'est exact.
Bravo. Allez, levez-vous.
Il ne pouvait pas ĂȘtre au parc au moment du crime, madame.
Monsieur.
Freddy, tu déconnes.
Tu connais ma devise depuis le lycée. J'aggrave mon cas.
T'es plus au bahut Ă faire des blagues. T'es infantile.
Un jour, ça va mal se passer.
Je serai pas toujours lĂ . Tu te retrouveras mis en examen
pour entrave à la manifestation de la vérité.
Oui, mais lĂ , on en arrive Ă ma seconde devise :
la ligne qu'il ne faut pas dépasser, tu dois toujours la dépasser un peu.
Ils t'ont relùchée ?
Tu t'attendais Ă quoi ?
Il voulait te quitter, tu peux pas le nier.
Tu es une femme jalouse, possessive, passionnée.
Il t'a blessée.
T'es trÚs en beauté.
Ăa te va bien, la garde Ă vue.
Toi aussi.
Merci.
Tu peux pas savoir comme je souffre quand tu t'éloignes de moi.
Mon amour...
Pas trop tĂŽt.
- Chef ? - Oui, quoi ?
Ce sont deux nouveaux témoignages pour l'affaire du pont.
Entrez, mesdames.
C'est pas facile de vous voir ! Bonjour, madame !
J'ai eu affaire Ă un sale bonhomme dans le parc !
Oui ? Bonjour.
Bonjour, madame. Votre mari est lĂ ?
Oui. Qu'est-ce qui se passe ?
Appelez votre mari, s'il vous plaĂźt.
Roger ! Roger !
Monsieur Marion, vous reconnaissez ce portable ?
Vous reconnaissez ce portable ?
C'est pas moi qui l'ai tué, je vous jure.
Il était déjà mort quand je l'ai vu.
Tu l'as vu ? Pourquoi tu m'en as pas parlé ?
Vous avez un ordinateur, M. Marion ?
Bien sûr qu'il a un ordinateur. Il est là .
OĂč est-ce qu'il est, l'ordinateur ?
OĂč est-ce que tu l'as mis ?
- OĂč est-ce que tu l'as mis ? - WC...
- Le mot de passe ? - Pardon ?
Votre mot de passe, M. Marion. Le mot de passe de l'ordinateur.
- Lolita... - Articulez, s'il vous plait.
Lolita.
Lolita, lumiĂšre de ma vie,
feu de mes reins, mon pĂȘcher, mon Ăąme.
Lolita.
Roger ne fut pas condamnĂ© pour ses rĂȘveries de promeneur solitaire.
Et ta mort, Valentin, restait mystérieusement inexpliquée.
L'enquĂȘte avait tournĂ© court.
La police n'avait pas eu l'idée de m'interroger.
En bon taoĂŻste,
je gardais pour moi cette nuit oĂč j'avais mis en fuite
les trafiquants de la maison d'à cÎté
qui, en d'autres temps, auraient peut-ĂȘtre Ă©tĂ© considĂ©rĂ©s
comme d'honnĂȘtes herboristes.
Ăa m'Ă©tonne qu'on vous ait confiĂ© cette enquĂȘte.
Vous avez pas eu des problÚmes avec la hiérarchie
Ă propos de vos photos nue
- pour le calendrier ? - Elle m'emmerde, la hiérarchie.
C'est elle qui me l'a demandé, non ? Faudrait savoir ce qu'ils veulent.
Oui, c'est la hiérarchie. Qu'est-ce que vous voulez ?
Ni la hiérarchie, ni la maréchaussée ne trouvÚrent ton assassin,
Valentin Fontaine.
Et l'affaire fut classée sans suite.
Les herboristes de la maison d'en face
s'étaient évanouis dans la nature.
On n'a jamais revu Lys tigré.
Elle n'aura été qu'une apparition.
Ton rĂȘve, Valentin.
Regarde ce fauteuil.
C'est dingue ce que les gens jettent dans la rue.
Il y en a un deuxiĂšme.
Pas mal, non ?
T'as pensé à prendre des croquettes ?
Oui, j'ai trouvé celles qu'il aime.
On est bien ici, hein ?
Ăa va.
- Tu sais Ă quoi je pense ? - Je crains le pire.
à nous deux, mariés,
allongés sur la plage,
sous les cocotiers, en voyage de noces.
Romain...
Tu vas pas recommencer. On va pas se marier.
Avant de penser Ă me marier, je veux finir mon droit.
De toute façon, t'as vu oĂč on vit ? Dans un taudis oĂč on se pĂšle le cul.
Rien qui marche.
Déjà , c'est pas un taudis.
Ensuite, je vais le racheter, le retaper, ça va ĂȘtre un palais.
Je suis sur un truc là , ça va marcher.
- Fais-moi confiance un peu. - ArrĂȘte, Romain, tu rĂȘves.
Tes combines, j'y crois pas.
C'est pas des combines,
- c'est des affaires. - N'importe quoi.
Je veux trouver un travail. Finir mes études, trouver un travail.
Et arrĂȘte de me parler de mariage, je suis encore en deuil.
Non, mais c'est pas vrai lĂ !
Il va nous pourrir la vie encore longtemps celui-lĂ ?
Putain...
Minou, minou, minou, minou !
Minou ! Petit chat !
Il t'a fait peur, ce con ! T'es oĂč, petit chat ?
Minou !
Minou, minou, minou !
Minou !
Comment t'as fait pour te fourrer lĂ -dedans ?
Minou !
Minou !
Minou, minou ! Viens !
Mais qu'est-ce que c'est que...
Mais qu'est-ce que c'est que ce truc ?
Ălodie !
J'ai ramené le deuxiÚme !
T'es en haut ?
Ălodie, t'es en haut ?
Excuse-moi pour tout à l'heure. Je voulais pas dire ça.
Je me suis un peu énervé.
Qu'est-ce que tu fais, lĂ ?
C'est toi...
Rends-moi ce sac.
C'est toi qui l'as tué. Tu l'as tué.
- Tu l'as tuĂ©. - ArrĂȘte.
C'est toi qui l'as tué !
Je voulais pas le tuer. Il est tombé ce con.
Je voulais seulement lui faire mal.
Donne-moi ce sac !
- Non ! - Donne-moi ce sac !
Romain !
Romain ! Romain !
C'est pas possible !
- Vous avez vu ? - Il faut appeler les secours.
Je l'ai tué, putain.
Pourquoi t'as fait ça ?
- Pourquoi ? - Tu l'aimais.
J'avais peur que tu partes.
Je voulais juste lui faire mal.
Je te crois.
Vous le connaissez ?
Pas vraiment.
Je le connaissais pas vraiment.
T'en refais une oĂč on essaye de moins construire le truc,
un peu plus bordélique.
- C'est quoi, Noor ? - C'est la chanson de Valentin.
La chanson de Valentin.
Je suis ivre mĂšre
Je suis saoul maman
J'ai rien su faire
Que perdre le temps
Je suis ivre mĂšre
Quand le mal me prend
J'ai rien d'autre Ă faire
Que regarder devant
C'est malheureux, Valentin. L'immeuble se vide.
Les immeubles, c'est comme la mer : une vague chasse l'autre.
On y vit, on y meurt.
Et on y tue.
Et on y tue.
Et on oublie tout.
Je suis ivre mĂšre
De tout ce bleu
J'ai rien su faire
Qu'un verre ou deux
Je suis ivre mĂšre
Je suis seul maintenant
J'ai rien d'autre Ă faire
Que suivre le vent
Aime-moi
Je suis dans la mer
Aime-moi
Je suis dans l'eau Ă l'envers
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