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[♪ hip-hop électro "Rock this party" de Jamie Elder et James Oliver Hutchinson]
[bruits de bricolage à l'étage]
Alison !
Je crois que je peux les voir aussi.
Qui ça ?
Bonjour.
Bonjour.
- Vous me voyez ? - Bah...
Parce que je vous vois.
- Moi aussi. - Dites un truc pour voir.
LĂ , j'ai dit un truc.
- Ah ouais ! - Oui.
C'est génial ! Je vous voyais pas avant !
- Ah oui ? - Bah non !
Vous ĂŞtes ici ?
- Pas ici-ici. Oui. - D'accord, vous êtes d'un autre château.
On est... Oui, on est...
C'est fou parce que les autres je ne les voyais pas.
Quels autres ?
Oui, ma femme ! C'est normal !
Votre femme est lĂ aussi ?
Non, pas que je sache.
Ah, si. Chérie, comment ça va ?
Elle est lĂ ? Elle est oĂą ?
Dites-lui bonjour. Elle, je peux pas la voir.
Je plaisantais, elle est pas lĂ .
Oui, parce que je la vois pas.
Qu'est-ce que vous voyez, lĂ ?
Je ne vois que vous.
Vous me voyez bien ? Clair ?
Je vous ai vu dès le début.
Nab, tu m'as appelée ?
J'entends rien, t'as dit quoi ?
[♪ "Rock the party" continue]
[Nabil rit]
- Je suis trop content. - Moi aussi.
[Nabil et l'inconnu] Wouh-hou ! Hou !
Wouh ! Ha, ha, ha !
- HĂ© ! Oui. - Pardon.
- Bonjour. - Bonjour.
- Bonsoir. - D'accord. Vous ĂŞtes qui ?
Je suis Jacques, je suis le voisin, en fait.
- D'accord, bonjour. - C'est le voisin !
Votre mari... Vous dansez extrĂŞmement bien.
- Merci. - J'ai rarement vu ça.
- Oui. - Un déhanché, et c'était l'osmose !
- Y a un feeling. - Il s'est passé quelque chose.
Et désolé d'être venu comme ça à l'improviste.
Et sans sonner...
- J'ai pas sonné ? - Non.
- Il me semble que si. - Non.
Je me suis permis de rentrer,
un peu précipitamment, car il y a urgence.
Vous avez un gros problème avec le château.
Ouais.
Le gros problème que vous avez...
Oh lĂ lĂ lĂ lĂ !
Allez-y.
Dans le château à côté...
Vous avez les meilleurs voisins du monde ! [les hommes rient]
- C'est nous, De Merais. - Pardon ?
Jacques De Merais.
- C'est notre nom. - OK.
- De Merais. - OK.
Oui.
Voilà . C'est notre nom de famille. On est juste à côté.
On est mitoyens, ça se colle à deux hectares près.
Vous êtes le château qui est là .
L'immense château, trois fois le vôtre, qui vous fait de l'ombre.
On peut pas le changer ou le déplacer, il est trop lourd.
Il y a deux hectares entre nous.
- On vous voit très bien. - Ouais ?
Oui, je regarde par la fenĂŞtre, je vois votre salle de bain.
J'ai regardé une fois. Quand monsieur faisait sa toilette.
C'est une toilette rapide.
Ma femme est ravie qu'on ait de nouveaux voisins.
Elle n'a pas pu venir parce que...
C'est mercredi, et elle a casino.
Elle joue au poker, elle dépense sans compter.
C'est pas une joueuse, une mécène.
Elle dépense, elle donne l'argent.
- C'est l'héritière du château. - D'accord.
Moi, je le savais pas quand je l'ai épousée.
Je l'ai appris qu'après.
Elle me l'avait dit Ă notre rencontre,
mais j'avais complètement zappé l'information, donc...
[silence bucolique]
J'ai pour habitude d'appeler ça un bain de soleil.
- C'est très joli. - Oui, je sais.
[gros soupir satisfait]
Si on pouvait sentir cette chaleur naturelle.
Ha ! Ah ah !
[Daniel] Oui, Tayac ?
Quelque chose, quelque chose... Oui.
- Qu'est-ce qu'il a ? - Quelque chose.
[grognements excités]
- Aïe, aïe, aïe. - Ça recommence.
- Un film ? - La Guerre du feu.
- Non, pas Ă chaque fois. - [petits cris de frustration]
Oui, oui.
[cris et bafouillements incompréhensibles]
Un joli nuage ? La lune ?
- Ah ! Oui. - [la comtesse] Ah !
Une éclipse ?
- [grognement exaspéré] - Ah...
[Tayac] Lune ! Fête lune ! Éclipse !
[Daniel] Une éclipse. Tu veux célébrer la lune !
[soupir ravi]
Tayac !
Super en tout cas.
C'était très agréable.
- On a bien dansé. - Plaisir partagé.
- Ah, oui. Merci beaucoup. - Ouais, ouais.
- Bonne journée. - Pareillement.
Ça marche. À bientôt.
Au revoir, Jacques.
Il est très chelou. Je le sens pas du tout, ce mec.
Tu vois le mal partout.
C'est la région. Tu vas te présenter à tes voisins.
C'est normal.
Ah ! Hum...
[petit rire forcé]
- Oh lĂ lĂ ! - Oui, Jacques ?
J'étais venu pour ça. J'ai oublié de vous dire.
Avec Antoinette, l'ancienne propriétaire,
on avait un arrangement au sujet du droit de passage sur notre terrain.
On n'est pas en courant de ça.
Techniquement, quand vous rentrez chez vous, vous passez chez nous.
- Comment ça ? - Je m'explique.
- Cette très belle allée... - Oui.
...se termine sur un tronçon qui fait partie de notre terrain.
Pour l'instant, on n'a rien dit.
Imaginez tous les clients de votre hôtel qui vont faire des allées et venues.
Je suis au courant, tout le monde parle.
"J'y crois pas. C'est nul. Ils y arriveront jamais."
Moi, j'y crois.
- Ah ? - Génial. Faites de la promo.
On croise les doigts pour l'hĂ´tel.
Comment on fait maintenant pour le droit de passage ?
Peut-ĂŞtre Ă l'occasion, je sais pas,
vous viendrez dîner avec votre femme.
Super, 18 h.
- Ah, ce soir donc ? - Oui. Ça marche ?
- D'accord. - J'amène le vin.
Très chelou.
Il vient de s'incruster, mais il ramène le vin. Donc...
C'est vrai, ce truc du droit de passage ?
Ah oui, euh... Oui.
Il a raison. Là , c'est notre chemin, et ça c'est chez lui.
Tu sais ce qu'on va faire ?
On va les recevoir comme des rois et leur faire un vrai dîner de bourgeois.
Un super truc qui va les mettre en 100 % culpabilité.
On va s'en faire des potes et enterrer ce droit de passage.
Super idée. Deux questions.
C'est quoi un dîner de bourgeois ?
C'est quoi un dîner de bourgeois sans argent ?
On va chasser du faisan.
Fais tes lasagnes maison.
Mais c'est du surgelé.
- Ah bon ? - Bah !
Le plat en aluminium, ça t'a pas mis sur la piste ?
Je croyais que c'était pour faire italien.
Trop mignon. Va falloir faire du vrai.
On a du temps. On a quand mĂŞme...
Il est 15h30, on va faire les lasagnes.
Je m'occupe de l'entrée.
OK. Ça, c'est impossible qu'ils soient déçus avec ça.
Ils vont venir avec leur chien ?
Non, pourquoi ?
C'est pas pour le chien ?
Mais pas du tout, c'est des lasagnes.
Tout le monde les trouve délicieuses.
Berthe, tu es en charge de la cuisson, d'accord ?
Tu quittes pas des yeux ce plat et tu me préviens quand c'est cuit ?
Tes yeux. Le plat. Regarde.
- Regarde. - Oui.
T'as fait quoi en entrée ?
Alors, en entrée, le chef vous propose
un ceviche de poisson des mers et son croustillant.
D'accord.
Ça va pas goûter le poisson pané et les chips au vinaigre ?
Mais c'est du colin.
Ah ! Ça, c'est pour le chien.
LĂ , c'est confusant.
- Ah. Je rajoute des chips ? - C'est toi qui vois.
Bel effort avec la présentation de cerfeuil.
Non, ça c'est du sapin. C'est pour l'odeur.
Ah...
[petits cris excités]
Ici, avant château,
faire cérémonie dans grand trou
avec famille Ă moi
pour fĂŞter lune.
Ah oui, bon endroit. Eh oui.
- Je dirige les opérations. - Non.
Je suis le plus qualifié pour les hommages.
Pas sûr qu'ils récitaient des textes sacrés pour célébrer ça.
Si, si. Moi, faire long discours,
beaucoup émotion. [il s'éclaircit la voix]
[d'une petite voix aiguë] Oh, lune.
[silence]
- C'est tout ? - Oui.
Beau, hein ? Pfff ! Moi, inventer.
Je vais diriger les opérations.
[chorus d'acquiescement des autres]
- Allons-y. - [Tayac] Oui.
Vous ĂŞtes prĂŞtes ?
- Ta-ding ! - [la comtesse] Seigneur !
OĂą c'est qu'elle est la robe ?
Ben, lĂ .
C'est un corset long.
Elle a pas de jupon.
Mais, c'est...
- C'est une robe fourreau. - Ah...
Il faut mettre quelque chose par-dessus ?
Non, mais pas toi, Berthe.
Vous voulez crassouiller avec tout le monde.
Mais...
- Vous voulez crassouiller... - Cesse !
Oh !
J'ai ce qu'il vous faut.
[Alison] J'arrive.
J'aurais pas dû vous écouter sur la robe ou la coiffure.
C'est un vêtement élégant, porté par des gens raffinés
lors des banquets, donc approprié. Allez !
Chut !
- Mais il y a personne... - Wouh-ha ! [rires]
Je vous ai eue.
- Ouah ! - Oui, c'est pour vous recevoir.
Hélène, ma femme. Chérie.
- Bonsoir. - Dont je vous ai parlé.
- Oui. - C'est Hélène.
- Voilà . Je suis Hélène, sa femme. - Bonsoir, Alison.
Non, Hélène. Je viens de le dire.
- On l'a dit trois fois. - Oui.
Enfin. Voilà . Une cuvée prestige de la famille.
Vous faites du vin chez les demeurés ? Les De Merais ?
Oui, c'est le nom.
C'est trop gentil. Je sais pas trop quoi dire.
- Partons sur un merci. - [rire nerveux]
Je pourrai dépossoyer la bouteille à cuisine, madame Alison.
Merci, Berthe.
- Oh ! - J'ai oublié que je peux rien toucher !
Oui ! Alors, c'est une tradition familiale.
Je vous avais pas prévenus. Pour célébrer les voisins nouveaux,
on casse une bouteille. On fait : "Oh ! Merci, Berthe."
Ah, d'accord. Bon, ben alors...
Merci, Berthe !
[cris de surprise]
C'est la tradition. Je sais pas si je l'ai bien fait.
Vous l'avez super bien fait. Bienvenue chez nous.
Ils sont lĂ les voisins !
C'est lui dont je te parlais.
- Désolé, j'étais au téléphone. - Charisme de fou.
Oui, je t'expliquerai.
Enchanté, Nabil.
Ah, lĂ , lĂ , lĂ .
Très gominé.
Ma cousine aussi est une gothique.
- Claudia. - ...dine
Dine, quoi ?
Je vous déshabille ? Débarrasse ? Je vous emmène ?
Allez.
Cette robe n'est pas gothique. Elle est du XVIIIe.
- Excusez-moi ? - Oui.
Je voulais vous dire que...
- Tout Ă l'heure, on a eu une connexion. - Moi aussi.
Quand vous ĂŞtes parti, j'avais l'impression qu'un ami partait.
- Mais non ! - Je vous jure. [il rit]
- Mais non ! - Ouais.
- J'adore cette couleur. - C'est vrai ?
J'avais un camping-car exactement comme ça.
- C'est sublime. - Ah, oui ? Merci.
Alors, euh...
Je suis pas mal seul dans notre gigantesque château.
Deux, trois fois la taille... Je vous l'ai dit déjà ?
Oui, vous l'avez déjà dit.
J'ai toujours rêvé de faire un club. Mais un club tout seul...
De quoi ?
Un gentlemen's club. Les gentlemen associés. Ensemble.
- Nous deux. - Le club des gentlemen.
Cadeau. Cadeau de bienvenue au gentlemen's club.
Merci. Fallait pas. C'est quoi ?
- J'ai rien pour votre femme. - Des cigares ?
Non.
Ah, non ? C'est difficile Ă fumer.
[il imite un fumeur]
Non, c'est des talkies.
Oui. J'avais vu, oui.
Regardez, je suis de la maison. [il rit]
Parce qu'on est juste à côté. À deux hectares. Je vous vois.
- Je vous l'ai dit ? - Oui.
Maintenant, on peut se parler.
- Génial, avec plaisir. - Oui.
Je voulais savoir...
- Vu qu'on fait partie du mĂŞme club... - Oui.
Entre adhérents, y a des arrangements ?
- Ouais ? - Je sais pas, droit de passage...
OĂą est-ce qu'on pose les manteaux ? C'est juste que...
C'est pas le bon moment. Donc, le manteau...
Et ma spécialité,
œuf solidifié sur sa sauce écrue
onctueusement revisitée et sa tombée de carottes.
Vous pouviez pas mieux tomber. J'adore les œufs durs.
Pique-niquer à table, c'est une première.
Mon mari et moi, on en a marre ! On a envie de bazarder les us et coutumes.
- On aime bien ĂŞtre Ă la bonne franquette. - Franquette.
Exactement.
En revanche, le ceviche a l'air excellent.
Hmm...
- C'est du colin. Si. - Non ?
Comment vous êtes-vous rencontrés ?
- À la fête foraine. - À un dîner mondain.
En fait, c'était un dîner festif.
- Oui, d'un ami milliardaire. - Forain.
Forain pakistanais qui a sa propre fĂŞte foraine.
- C'est original. - Oh !
[bips de détecteur de fumée]
Tout simplement, la cuisine qui m'appelle. Je m'éclipse.
Je vais vite chercher de quoi subvenir aux besoins de ce banquet.
- D'accord. Très bien. - Bon appétit !
Hep hep hep ! La rencontre !
La rencontre ! On adore les histoires de rencontre.
Alors, euh...
[l'alarme s'arrĂŞte]
Ah !
Oh ! Berthe !
T'as pas vu que c'était en train de cramer ?
Je pensais que ça grillotait délicieusement.
Grillotait délicieusement ? Sérieusement, tu mangerais ça, toi ?
J'ai pas boulotaillé depuis 600 ans, donc oui.
Tomates concassées.
[Berthe] Ah oui. Deux fois oui, hein.
Voilà , ça c'est bien, ça donnera un petit goût caramel aux tomates.
- Ça fait envie. - Dès que ça frémit, tu me préviens.
- C'est clair ? Allez, ça fera l'affaire. - Oui, madame Alison.
Quand ça quoi ?
En jet privé,
on atterrissait directement sur sa piste personnelle de mon ami,
- milliardaire pakistanais. - [exclamations admiratives]
- On avait monté une affaire ensemble. - Dans quel domaine ?
Je faisais des nouilles instantanées.
- J'adore ça. - J'ai fait affaire avec lui,
après, quand on s'est chamaillés, j'ai dit :
"Je te laisse mes parts, l'amitié est plus importante, bye."
- Je suis parti sans rien. - Vous avez perdu beaucoup ?
- Une fortune. - Oui.
Mais le plus important, c'est que j'ai rencontré l'amour.
Et là , comme je dis souvent, ça a été instantané.
Oh ! [rires]
- Quel bon mot ! - Ah, oui !
[calme nocturne]
En parlant de coup de foudre, comment vous vous ĂŞtes connus ?
- Boh ! - Oui ! Alors, allez !
Alors nous, c'était il y a 20 ans déjà , hein ?
Elle était magnifique.
Impossible, vous avez l'air si jeunes.
Moi, j'ai pas bougé.
- Oui. À cette époque... - [hurlement de Tayac]
Pas comme un conte de fées...
[♪ tambours]
[♪ chant rituel incompréhensible]
...puisque je suis tombée malade.
- D'accord. - Je leur avais dit de ne pas le faire.
Ils n'ont rien voulu savoir. Désolée pour la cacophonie.
[♪ le chant rituel continue de plus belle]
[conversation inaudible couverte par le vacarme des fantĂ´mes]
- En plus, oui. C'est vrai. - Et c'est vrai qu'à l'époque...
[♪ le chant rituel s'intensifie]
Et on n'a pas pu avoir d'enfant.
- Trop mignon. - Alors qu'on en voulait, hein ?
C'est vrai.
Voilà , j'ai même pensé m'ôter la vie.
En tout cas, c'est vraiment un conte de fées.
C'est pas une histoire d'amour, c'est un conte de fées. Oui.
Vous avez des enfants ?
[vacarme assourdissant]
Merveilleux !
- Chérie ! Tu as pas ton... - J'ai pas entendu combien...
Elle a un problème d'audition.
Oui, je suis équipée et ça module sans me...
[vacarme infernal]
Là , je vous entends de très loin.
- [criant] On n'a pas d'enfant ! - LĂ , je vous entends.
- Oui. - D'accord.
Emmène ton ami pour lui montrer ta collection de vinyles,
parce qu'il aime énormément la musique et la danse.
[criant] J'adore ça.
Auriez-vous l'amabilité de m'indiquer les commodités ?
- Pas sûr qu'on ait ça. - Pas de toilettes ?
Pas des petites commodes. Des toilettes.
Si, les toilettes, c'est au premier étage. [il rit]
Il vous rejoint, je vous le rends tout de suite.
[criant] Prenez votre temps !
[vacarme]
C'était pas un conte de fées ?
- Non. - J'entends rien, ils sont...
[♪ le chant couvre la conversation]
Ils sont lĂ ?
Ils font une sorte de danse de la joie.
J'entends rien, je comprends rien.
Je vais rattraper le coup.
[♪ Georges chante très fort]
- On a créé un club de gentlemen. - Rien entendu, mais tu gères.
- Je l'ai dans la poche. - OK.
- OK ? - OK, chéri.
[en colère] OK !
Je sais pas ce que vous faites mais vous arrĂŞtez tout de suite.
Parce que ce dîner est très important ce soir.
C'est compris ?
Nous faire cérémonie, lune très spéciale.
Moi aussi, soirée très spéciale.
Et moi, pas laisser vous tout foutre en l'air.
Alors vous arrĂŞtez, c'est clair ?
Allez faire ça ailleurs.
Non, pas ailleurs, non.
Vous arrĂŞtez.
Vous ignorez l'importance de cette cérémonie pour Tayac.
Il mérite un minimum de respect.
On est chez nous. Alors c'est Ă vous de partir.
Mais vous plaisantez ?
C'est ma maison, vous ĂŞtes ici chez moi.
Non, c'est chez moi ici.
Enfin, c'est chez nous ici. On ne partira pas.
- Mais moi non plus. - Oh !
LĂ , je vais partir faire quelque chose Ă faire,
mais je vais revenir.
[Tayac, tout bas] Oh...
VoilĂ ce qu'on peut faire avec un peu de charisme.
Il faut montrer parfois un peu...
- Colonel ! - Je vous écoute.
Si je vous mettais à la télé quelque chose de plus excitant que des tanks ?
[murmures intéressés]
[comtesse] Quel est cet objet ?
[brouhaha général] Qu'est-ce qu'on fait alors ?
Ça marche pas ou quoi ?
- Ça arrive. - [Auguste] Alison ?
- [Georges] C'est quoi, ce miroir ? - [Daniel] Une révélation !
[exclamation générale émerveillée]
La vache, la qualité !
Nous allons devoir regarder ces gens assis sur le même canapé.
Est-ce vraiment intéressant ? J'en doute.
Évidemment que c'est intéressant. C'est Friends.
C'est une super comédie, une série.
Y a plein d'épisodes.
- Friends, ça veut dire amis en anglais. - [les autres] Chut !
Amusez-vous bien et ne sortez surtout pas de cette pièce.
C'est clair ?
Qui est cette jeune femme ?
Rachel. Contente qu'elle te plaise.
Bonsoir, Rachel.
[petits cris tristes]
Nous faire cérémonie ? Non ?
La lune ?
Ah oui ?
Ça frémit.
Madame Alison ?
Ça frémit, là .
Là , ça frémit plus.
Ça, c'est White Chocolate.
Hip Hop and Dance.
Pas très connu mais c'était un carton dans les années 90.
J'aime bien. Ça marche bien.
- Ça prend, hein ? - Ouais, pas mal.
Ouais.
C'est terrible, allez danse !
Danse ! Ouh !
Oh lĂ lĂ !
Ouais. Oh lĂ lĂ !
Oui. C'est terrible ce son !
- Je me disais un truc ! - Ouais ?
Vu qu'on est dans le mĂŞme club,
on s'embĂŞte plus avec des droits de passage.
Vous avez complètement raison. Grave !
Mais c'est pour l'assurance.
Peut-ĂŞtre que si on signe un petit contrat avec une somme symbolique.
Comme le un euro symbolique ?
- Ouais, je pensais plutĂ´t Ă cinquante. - Cinquante ?
- Ça marche. - OK, c'est parti.
La chance, c'est que j'ai le petit contrat avenant.
- Ah ouais ? - HĂ© !
Le White Chocolate, tu veux voir un stylo ?
Il est lĂ . Et voilĂ , il n'y a plus qu'Ă signer.
- Il signe ! - Yeah !
Il a signé, parfait. Qu'est-ce que c'est, 50 000 balles ?
Quoi ?
Cinquante mille, avec moi ! 50 000 !
J'entends rien ! 50 000 !
- On a un petit problème. - Qu'est-ce qui se passe ?
Au sujet de l'accès.
Ils proposent de le céder à 50 000 balles.
- Il est complètement fou. - [riant] Ouais...
Sauf que j'ai signé !
- Pourquoi ? - Je sais pas, il m'a fait danser.
- Il t'a fait chanter ! - Non, danser.
Non, l'expression c'est "chanter."
- Mais il m'a fait danser. - Physiquement ?
- Ouais. - Quelle ordure. T'adores ça.
En plus, il a dit 50, il a pas dit mille.
[soupir dégoûté]
T'étais censé rattraper le coup. T'as foutu quoi ?
Le plat est encore noir.
[soupir incrédule]
Il cache bien son jeu, j'ai rien vu. Il m'a bluffé.
Putain...
Nabil...
Je t'aime. Je sais ce qu'on va faire.
[silence embarrassé]
Je vous ressers ?
- N'abusons pas. Ça ira. - Houlà , merci.
- Chéri ? Non ? - Non, merci.
Je suis ravie que vous ayez trouvé un accord.
On n'est pas à 50 000 euros près.
Il avait pas dit mille.
- Comment ? - Hein ?
- Vous avez l'air fâché, là . - Non, pourquoi ?
Vous avez pas dit que vous adoriez les jeux d'argent ?
- Oui, attention. - J'ai une proposition.
Si on se faisait pas un petit poker ?
- Oui, c'est un grand oui. - Oui.
Je vais chercher la mallette.
Non ! On fait un Quems, c'est mieux.
Non. Elle a dit poker. On fait un poker.
- Poker. - C'est poker.
- Allez, poker. - C'est parti.
Les invités sont rois.
[éclats de rire]
- Finalement, c'est captivant. - Oui.
Roland, je vais avoir besoin de vous tout de suite.
- Chut ! - Comment ça, chut ? C'est important.
J'ai pas le temps.
Pour une fois que je vous demande un truc.
Madame Alison, je peux arrĂŞter de regarder le four ?
[éclats de rire]
Y a plus rien dans le four, on a déjà tout mangé.
Ah oui.
[éclats de rire]
Bah quoi ? J'ai dit une bĂŞtise ?
[Daniel] Oui !
[rire général et applaudissements]
- Ah, c'est... - Ah...
- Berthe ? - Oui.
Je peux compter sur toi ?
Vous pouvez toujours compter sur moi, madame Alison.
[exclamations attendries]
- Alors ? - Quelle est la mise ?
Ladies and gentlemen ?
- 25 000, par personne. - Ah !
Quitte ou double sur le droit de passage ? Vous vouliez mettre plus ?
C'est pour vous, parce que sinon, vous nous devrez 100 000.
- Ça ne me fait pas peur. - Oh, allez...
Ce serait pas mieux un petit truc plus convivial, un Quems ?
Va pour 25 000.
Allez.
- Je suis. - Je me couche.
Oh ? Bah alors ?
Bon, et moi... Alors, alors...
- Alors, oui. - Laissez-moi réfléchir.
Et, euh... Y a comme une personne,
qui porte une autre personne, mais qui a la tĂŞte l'envers.
Il y a un chiffre, comme la forme d'une miche de pain.
Elle est posée sur le côté avec un bâton qui est dedans,
et y a les jolies couleurs. comme une belle fleur. C'est...
Euh... Elle a pas compris ?
Sans rancune, j'espère.
Vous nous réglez comment ? En virement, en chèque, en cash ?
Comme vous voulez. Bonne soirée !
Bonne soirée.
Je vous raccompagne.
Très aimable. À tout de suite.
Super le poker, super. Parfait.
Alison, on a terminé la première cassette,
ça serait super de nous mettre la deuxième. On est tenus par...
Vous avez rêvé ou quoi ? C'est mort.
- Vous m'avez pas aidée, c'est terminé. - Attendez.
Si je vous aide à récupérer les 100 barres, on a la suite ?
- Ça veut dire quoi ? - Au poker,
il faut avoir une carte dans la manche.
Ça peut m'intéresser. Nabil !
- Quoi ? - Retiens-les !
- Pourquoi ? - Je t'expliquerai.
- Retiens-les ! - Comment ?
Fais-leur des blagues, vite, va les chercher.
OĂą voulez-vous en venir ?
Je la connais bien, la petite Hélène De Merais.
On l'appelle la reine de cœur.
Au casino, elle se couche pas qu'Ă la river.
- Vous voyez ? - Pas du tout.
Elle dit Ă son mari qu'elle va jouer et elle se tape le patron.
- Jacques, Hélène ! - Oh...
- J'ai complètement oublié... - Oui ?
...de vous raconter une blague juste pour vous.
C'est trop gentil !
- Ouais. - Demain ?
Non, j'insiste parce que je sais que vous aimez rigoler.
- C'est vrai. - Je vous la raconte, elle est courte.
Je l'ai très bien connu, le Roger.
Il avait du mal à résister à une belle paire de huit.
Oui, je vois.
Donc, c'est un Français, un Belge et un Portoricain.
Hop, hop, hop ! On la connaît.
C'est pas la mĂŞme !
Je vois de laquelle vous parlez, mais celle-lĂ est plus drĂ´le.
Son mari, le Jacques, c'est pareil.
Parlez-lui de la table de Cassandre, oĂą il avait ses habitudes.
Les danseuses orientales avec leurs médaillons
- qui font gling-gling. - C'est bon, merci.
La deuxième cassette ! Vite !
- LĂ , on est pris par le... - Oui. J'arrive.
C'est un Français, un Belge
- et un Portoricain. - Portoricain.
Je pense déjà à la chute.
- D'accord. - Qui va ĂŞtre hilarante.
- Ça ressemble... - C'est pas la même.
- Le Français va dans un bar. - Le Portoricain ?
Non, le Portoricain, il est au travail.
Ça m'étonnerait.
- Hélène ! Jacques ! - Oh !
Pardon, c'est parce que...
Hélène, je sais que tous les mercredis, vous allez au casino.
Vous croyez que vous pouvez m'emmener ? Ce serait chouette.
Je rĂŞve de rencontrer le patron, Roger.
On dit que c'était un mythe.
Et il y a une femme aussi, mystérieuse, mythique.
Elle joue très bien au poker, la Dame de Cœur.
Mais oui. Bien sûr, Alison, avec plaisir.
Et puis, vous savez quoi ? On oublie cette histoire de dettes.
De quoi ?
On va pas commencer une belle amitié avec des histoires d'argent.
Non, j'ai envie de dire : "Faisons table rase."
- Vous ne nous devez plus rien. - Génial.
Pas de ça entre voisins.
- Merci. - L'amitié, c'est l'amitié.
L'argent, c'est l'argent.
MĂŞme si c'est que 100 000.
Tu décideras quand ce sera ton argent.
C'est pas très gentleman, ça.
Mais je ne veux créer aucune embrouille.
Désolée, mais là , je vais me ranger du côté de Jacques.
Merci. Mais je ne dis pas n'importe quoi, enfin.
On se retrouve demain soir Ă la table de Cassandre.
Je connais pas...
- Quelle table ? - La table de Cassandre.
Je me dis un truc. Annulons cette dette.
- VoilĂ . - On s'en fiche.
VoilĂ . Ouais.
Ciao. C'est annulé. Voilà , je le décide.
- On oublie. - On oublie ! Ouh !
Oui, merci beaucoup.
- Merci beaucoup. - Au revoir.
- Bye. - Allez.
- Ciao. - Bonne soirée. Au revoir.
Comment tu as fait ?
Je viens de négocier un DVD de Friends.
D'accord.
J'ai pas compris. Un DVD de Friends Ă 100 000 balles ?
[♪ musique triste au piano]
Ça va ?
[petit grognement triste]
Qu'est-ce que tu lui trouves Ă la lune ?
Avant vous, lune.
Avant château, lune.
Tout apparaître.
Tout disparaître.
Mais lune, toujours lĂ .
C'est vrai que c'est la seule chose qui est lĂ depuis aussi longtemps que toi.
Seule chose, toujours lĂ .
Depuis, famille, moi...
[soupir satisfait]
Excusez-moi, je tenais à m'excuser de ce qui s'est passé.
C'est inadmissible.
Ça n'a aucune importance, Daniel.
Et ça s'est arrangé.
Je voulais juste vous demander si vous pouviez me rendre un service.
Sans vous commander.
Je ne sais pas comment faire, mais...
- Tu les appelles ? - Ils sont déjà là .
[brouhaha de conversations]
C'était, d'abord et avant tout, un moment de communion.
[Roland] On sent que les auteurs...
S'il vous plaît.
S'il vous plaît, s'il vous plaît. Chut ! S'il vous plaît.
Écoutez, merci d'ĂŞtre tous lĂ
et je vous souhaite un bon voyage.
Vous ĂŞtes prĂŞts ?
[exclamations émerveillées]
Oh, lune !
C'est presque mieux que le vrai ciel, non, Tayac ?
Dieu, ce que c'est beau...
- Aux vieux amis ! - [les autres] Aux vieux amis !
Aux amis. C'est déjà bien.
C'est une belle nuit pour s'aimer, non ?
Non.
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