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[Daniel chuchotant] Berthe.
T'entends ?
On dirait des gens qu'on a jetés à l'eau.
Oh non, au secours, au secours, je me noie !
S'il vous plaît.
Non, mais s'il vous plaît !
Qu'est-ce qu'ils font ?
Ils s'extasient sur les céréales en disant des trucs horribles.
Chelou.
[rire bĂŞte contagieux]
[klaxon]
[Tayac] Homme jaune !
- Y a le facteur. - Homme jaune !
Oui, j'ai entendu, Tayac !
Je viens !
♪ Les jouvencelles vont chercher les lettres ♪
Madame... [il rit doucement]
- Sacrée Berthe ! - Vous êtes encore là ?
Les fantĂ´mes, si vous ĂŞtes encore lĂ ...
Faites-moi signe, savoir si je déjeune tranquille ou pas.
Il essaye de communiquer ?
Vous pensez avoir I'avantage parce que vous ĂŞtes vivant,
mais je me battrai jusqu'au bout pour le cœur d'Alison
- afin de remporter ce duel... Ooh ! - Oh !
- C'est quoi ? - Le grille-pain !
Ah ?
Si c'est un polisson qui vous courtise, je dirai rien Ă votre gourgandin.
IIs ont essayé de communiquer avec moi.
- Comment ? - Avec le toaster.
Non, ça n'a rien à voir avec nous.
Rien du tout.
Non, rien Ă voir avec eux.
En revanche, y a des gens qui cherchent un château
pour un tournage d'un film.
C'est beaucoup d'argent, ça. Non ?
- Du cinéma ? - Ouais.
Oui.
Ça serait génial !
Vous pouvez les manger, ils sont noyés.
Comment ?
On les entend plus geindre.
IIs sont tous morts, les asticots.
Donc, fontaine d'époque.
Et voilĂ la petite merveille.
- Vous voyez ? - Oui.
Il est dans son jus. Classé monument historique, d'ailleurs.
- Ah oui ? - D'accord.
La façade est de la première moitié du XIXe siècle.
Vous serez étonnés d'apprendre
que sa façade date de la première moitié du XIXe siècle.
- Ouah ! - D'accord.
Avant sa refonte, c'était le plus beau château de tout le duché.
Dites-lui que c'était le plus beau château de tout le duché.
- On peut visiter ? - J'ai pas envie.
J'ai pas envie d'être prétentieuse,
mais on dit même que c'était le plus beau château du département.
- Duché. - Département.
- D'accord. - Carrément.
- Du département. - Duché.
Bon.
On visite I'intérieur ?
- Allez. - Allez. Allez, allez...
Vous allez monter des escaliers.
On ne sait toujours pas de quel genre de film il s'agit ?
Peut-ĂŞtre une bonne surprise.
Probablement un film historique.
- Il y en a, des historiques. - Ah oui ?
As-tu vu Le Château aux mille mamelles ?
- HoulĂ ! Non ! Non. - Non ? Enfin...
Les Louveteaux, ils arrivent pas par cigogne, hein ?
Ouais, ouais !
[Alison] VoilĂ !
Et ça, c'est le salon principal.
C'est vraiment un bel endroit.
- Tu vois ? - Ouais.
Que vous dire d'autre sur cette pièce ?
Il y un canapé trois places.
Ah, si ! Henri III a dîné ici.
Quoi ? Un roi a dîné ici ?
Quoi ? Un roi a dîné ici !
Pardon, à chaque fois que je le dis, ça me...
MĂŞme moi, je savais pas.
- J'espère que ça leur a plu. - Faut qu'on soit fermes.
- Je sais. - Pas se faire avoir.
- T'inquiète pas. - Faut faire monter les enchères.
- [productrice] Bon ! - Oui !
On vient de débriefer avec les équipes,
- c'est ce qu'on cherche. - D'accord.
- Cool. - Enfin, si vous voulez bien
nous avoir dans les pattes pendant deux mois.
- Mmm, ça dépend du montant proposé. - Exact.
Ça dépend de ça.
- On a provisionné 3 000 euros. - Quelle radine.
C'est pas...
Faut qu'on réfléchisse un peu.
Ou que vous...
HonnĂŞtement, on pourra pas aller au-delĂ de 3 000 par jour.
[Roland] LĂ , c'est bien.
Bon, allez, c'est tout réfléchi.
C'est réfléchi. C'est bon, OK.
Je m'incline, c'est elle qui commande.
Je vous préviens, c'est intrusif, un tournage.
Vous allez peut-ĂŞtre vous sentir pas les bienvenus chez vous.
- Il faut le savoir. - Refusez.
Non !
Comment ça, "non" ?
Non, ça n'arrivera pas. On se sent bien chez nous,
avec ou sans gens. [Alison ricane]
- Non, super. - Super.
On sort d'un chantier avec plein d'ouvriers. On a I'habitude.
Gros chantier, rassurez-moi, c'est rien de structurel ?
- Le plancher d'une chambre... - Rien de structurel.
Parce qu' on doit voir une autre propriété,
mais la famille veut pas nous laisser I'accès à toutes les pièces.
Ah, les relou !
- C'est pas sympa. - Je comprends pas,
- si tu loues, tu loues ! - Oui, si tu loues, tu loues.
- Oui. - D'accord.
Et on sera jamais dans vos pattes, puisqu'on est que deux.
- Pardon ? - On pue du cul ? Oh !
Daniel !
Il a raison. On compte pour du beurre ?
On est encore chez nous. Ils arrivent, ils se croient chez eux...
- [brouhaha énervé] - Chut !
[éternuement forcé]
- Pardon. L'allergie. Oui. - Enfin bref, contrat ?
Contrat... Contrat.
[François] Ah ! J'ai déjà vu ça ici !
Des camions de cinéma !
J'adore le cinéma. J'ai été figurant une fois.
Enfin, c'était dans les années 40.
Les Femmes du lac, de Claude Keller.
Je devais faire le 2, mais je l'ai dénoncé.
Je suis pas fier de tout ce que j'ai fait dans ma vie.
Vous devriez venir tourner ici, y a une belle lumière aujourd'hui.
[♪ musique épique trépidante]
Toute cette vermine... À coup sûr, ça va être le chaos.
- Julie, tu me descends ? - Je descends !
OK, on m'écoute ! La régie,
vous mettez canal 3, la régie. Canal 1, c'est pour la mise en scène.
[♪ musique saxo sensuel]
[inaudible, couvert par le saxophone]
Tout le monde sur le plateau dans sept minutes. Allez, merci.
HoulĂ ! Il est mignon celui-lĂ .
Jolie mâchoire.
Vous avez regardé ce minaud et ses grelots.
Dites donc. Ne soyez pas Berthe, bĂŞte.
Hmm... Je vous ai vu...
Je vais jeter un coup d'œil.
Ce sera notre petit secret !
On est pas censés se retrouver à 50 là -haut !
Ça va aller, t'inquiète.
Le mec du chantier disait que le sol des chambres se fissurait.
Il a aussi dit que le tout-à -I'égout, c'était urgent.
On a besoin de cet argent pour le faire.
Faut juste pas mettre des trucs lourds.
Attention. On doit monter ça à I'étage.
Comment ? Non, pas du tout. Y a des roues.
Et là -haut, c'est gondolé.
Le sol est gondolé.
Mais du coup. nous...
On peut prendre caisse par caisse, par exemple.
Je vous aide ?
C'est bien pour le dos. On prend les trucs légers.
En tout cas, ça, ça reste en bas.
OK. OK...
- Merci. - De rien.
Faut rester fermes. Je reste lĂ au cas oĂą, d'accord ?
[♪ musique hip-hop palpitante]
Oh !
C'est qui ce monsieur ? Il est bien bâti !
- Pierre Jouvel. - Je l'avais pas reconnu.
Quoi ?
C'était ton joker amoureux, non ?
Oh putain, la vieille histoire.
- Tu te souviens de ça ? - Oui.
Et c'était qui, ton joker ?
J'avais dit toi, tu m'avais posé la question en premier.
Oh, trop mignon.
- Bonjour. - Bienvenue.
Ouh !
[petits gémissements de plaisir]
Il a pris un coup de vieux ?
- Oui, un peu. - Un peu beaucoup.
Alison, qu'est-ce qu'un joker amoureux ?
Roland ? Roland ! Vous qui ĂŞtes un connaisseur,
pouvez-vous me dire ce qu'est un joker amoureux ?
Bien sûr. Moi, c'était Samantha Fox,
- une femme très talentueuse. - Très bien.
Ce Pierre Jouvel serait celui d'Alison.
- Qu'est-ce que ça veut dire ? - Une clause dans le contrat du couple.
Une exception à la règle monogame.
Attendez ! Vous me dites que ce saltimbanque
peut appareiller sur les rives vallonnées d'Alison s'il le souhaite ?
Je sais pas, mais il peut la sauter.
On va pouvoir se mettre en place.
- Combien, Carole ? - Deux secondes.
OK, on se dépêche, on y va. On éteint les téléphones.
- Allez, viens. - T'es fou ?
- C'est intéressant, je veux voir. - Tu le verras à la télé !
- T'as aucune curiosité ? - Bah, non.
On y va, le plateau. Un moteur, quand tout le monde sera prĂŞt.
- Je pensais que ça t'intéressait pas. - Non.
C'est au cas oĂą.
On sort bien du champ !
Tout le monde en position de départ. Silence !
Quelle autorité naturelle.
Ce transistor filaire a l'air léger, à la ceinture comme une arme de poing.
- Un talkie-walkie ! - Moteur demandé. Ça tourne !
Ça tourne !
Ah, Alison. Je dois vous parler.
Est-il vrai que ce bélître...
Taisez-vous !
Elle fout quoi, elle, wesh ?
Taisez-vous, tout le monde ! Ça tourne ! Ça commence.
- C'est comme ça qu'on fait ? - Oui.
À peu près ?
OK... Merci. On met un clap ?
- Et action ! - Action !
Action !
[♪ air enjoué au clavecin]
Pardonnez mon retard, ma douce.
C'est cela que vous appelez nos fiançailles ?
Mes affaires m'obligent loin d'ici. Comme vous, je le déplore.
J'aurais aimé que nous puissions nous aimer avant le mariage.
J'aurais aimé vous aimer aussi.
Mais si je ne prends congé, arriverais-je à vous résister ?
[petits gémissements]
- Rodolphe ! - Jeanne.
Oh, Jeanne.
- Allez, embrasse-la. - Monsieur.
- Monsieur. - Enfin, Philibert ?
- Coupez ! - [Tayac] Coupez.
Super. J'adore ce que tu fais,
mais oublie pas que tu es amoureux de Jeanne.
On dirait que tu t'excuses. Mets un peu plus...
[chorus d'agrément des fantômes]
À sa décharge, j'ai envoyé la gomme. Quand je fais ça, je bouffe I'écran.
Une Formule 1.
Je vais redescendre les curseurs, sinon, il va pas exister.
- C'est ton premier tournage ? - Pas du tout.
Ah. C'est plus compliqué.
Et quand je te parle, regarde-moi dans les yeux.
On fait du ping-pong, tu me réponds.
On se renvoie la balle, OK ?
On se met au niveau, sinon ça va être compliqué.
Ouah ! Comment il se la raconte.
Non, il est dans son truc.
C'est le rĂ´le principal. II faut que les autres...
Tu vois, c'est normal.
Non, c'est pas normal. Pourquoi tu le défends ?
- Je le défends pas. - Si.
Il joue mal, il joue mal.
- C'est comme la boxe. Il faut ĂŞtre prĂŞt. - On y va ou on va ĂŞtre en retard.
Allez, moteur.
- [technicien] Attends. - Ah !
J'ai un bruit de radio dans le casque.
On peut trouver d'oĂą vient ce bruit et l'arrĂŞter ?
Oui, je m'en occupe.
J'entends un pigeon aussi.
- Et aussi un pigeon. - [Tayac] Pigeon !
Ça, démerdez-vous.
[Roland] Allez, c'est le grand jour,
on va se régaler aujourd'hui.
Mais non ! Pas du tout...
Allez, quel bonheur...
[course Ă la radio]
Hop hop hop! On entend la radio dans les micros !
Qu'est-ce que vous faites ? C'est important pour moi !
- J'ai parié sur cette course ! - Parié ?
Oui, oui !
Mais vous ĂŞtes mort ! Comment vous voulez parier ?
[ricanement] Très élégant. Merci de remuer le couteau dans la plaie.
J'ai un pari de gentleman entre moi et moi-mĂŞme !
Alors, vous allez prendre vos petites mains de vivante
et rallumer cette radio !
Non, Roland.
Mais attendez,
vous pourriez parier pour moi. Mais oui !
Vous n'avez pas d'argent, moi non plus, c'est impossible.
Justement, vous avez des problèmes d'argent,
vous pourriez garder mes gains.
Et vous acheter une jolie petite robe croustillante,
culotte échancrée, rouge à lèvres rouge...
Ça va pas ? Je vous dérange pas ?
Pardon. Que se passe-t-il ?
Qu'est-ce qu'on disait ?
Je vous demande de ne pas toucher cette radio.
Merci.
[gémissement d'effort]
Oh, non ! Non...
Alison, pensez à la petite culotte ! À la petite robe...
J'ai parié Foxtrot, dans la 5e à 10 contre un.
Quelle bonne idée, être au plus proche de l'action !
Je suis excité comme un petit écureuil !
Oui, moi aussi.
- Il est tellement... - Oui.
[la comtesse] Tellement...
Oui, il est... grand.
Le problème de son est réglé ?
On a réglé l'histoire de radio ?
- Ah bah... - Oui.
C'est bon ! J'ai retrouvé la radio.
Merci. On y retourne, on se met pas plus en retard.
Positions de départ.
Très bon rappel à l'ordre. Tout le monde en place !
- Vas-y, donne l'action. - Ouais. Moteur.
- Moteur. - Et... action.
Action !
C'est ça que vous appelez nos fiançailles ?
Elle est possédée ? Elle l'a déjà dit.
- C'est normal, Berthe ! - Silence !
J'aurais aimé que nous puissions nous aimer avant le mariage.
J'aurais aimé vous aimer aussi.
- Oui. - Mais si je prenais congé,
arriverais-je à vous résister ?
[Berthe] Allez ! Oui !
- [comtesse] Il met la langue ? - [Daniel] Oui !
Mais si je...
Mais si je prenais congé, pourrais-je vous résister ?
Ah...
Bon, coupez !
- Coupez ! - Qu'est-ce qui se passe ?
Y a des gens qui bougent, je peux pas bosser.
C'est chiant !
On a ce qu'il faut.
On a fini ?
- C'est bon. - Coupure déjeuner !
On reprend cet après-midi, scène de sexe, équipe réduite.
Coupure déjeuner et on fera du sexe en équipe réduite.
On fait comme il dit.
- Je vais dans ma loge. - OK.
Un texte dans la loge de Pierre.
- Oui Berthe, de la crassouillerie. - Je sais pas si je pourrai assister à ça.
Je suis vraiment désolée.
Je vous ai déconcentré.
J'ai gueulé pour qu'on aille manger.
- Non ! - Je leur montre c'est qui le patron.
Mais c'est hallucinant, j'ai rien vu.
- Vous jouez super bien. - C'est mon métier.
Oui.
Je me suis pas encore introduit, si ?
Non, mais... faites.
- Pierre Jouvel. - Oui, je sais.
Alison, Alison Cardinet, c'est moi qui ai le château.
Je peux vous dire que vous étiez éblouissant dans le rôle du chirurgien ?
Dans À cœur ouvert.
Je vous en prie, je vous écoute.
Vous étiez vraiment éblouissant dans le rôle du chirurgien,
dans À cœur ouvert.
Vous faites super bien l'aveugle,
et aussi le chirurgien, enfin le chirurgien aveugle.
C'est un rôle qui m'a bouleversé.
Trois semaine dans une chambre d'hôtel, dans l'obscurité.
- Ça devait être chiant pour aller au bar. - Impressionnant.
Nabil.
- J'ai flirté avec la folie. - Carrément ?
- Je vais te dire un truc. - Tutoiement, direct ?
La nourriture n'a plus la mĂŞme saveur. Les odeurs n'ont plus la mĂŞme douceur.
Et mon rapport aux femmes... Les sensations sont décuplées.
Touche-moi la main.
- Bingo, chair de poule. - Oh, ouah !
- Pas flagrant. - Alison ?
- Oui ? - On a besoin de vous.
Désolée, c'était super intéressant.
- Le plaisir était pour moi, Alizée. - Son. Alison.
On t'attend, on t'a appelée.
Super, ta femme.
C'est pour ça que c'est ma femme.
On a une mauvaise communication.
- Je trouve pas. - Si.
- Pas très beau. - T'as le même.
C'est du maquillage. [il ricane]
- Bah, bon appétit. - Mmm hmm.
- Bon ap'. - Mmm hmm.
[grognements frustrés]
Vitamines !
Oh ! Oh ! Oh ! Oh !
[radio] Alex, t'es oĂą ? On t'attend sur le plateau.
- J'arrive. - Dépêche-toi.
- J'arrive. - OK.
Ah ! Sandwich !
[sanglots]
Ce joker amoureux n'a aucun sens.
- Je m'en fous de ce gars ! - Ah oui ?
Ça veut pas dire que je vous aime.
Aurélie !
Aurélie !
- Alison. - Vous pouvez me rendre un service ?
- Avec plaisir. - M'aider à répéter mon texte.
Je sais pas si je sais faire...
Une scène bouleversante, j'évite de la répéter avec les partenaires.
J'envoie beaucoup, vous comprenez ? C'est la tempĂŞte.
[mauvaise imitation de tempĂŞte]
Ça les chamboule à chaque fois, niveau émotion, vous voyez ?
- J'ai pas arrêté de penser à vous. - Ah bon ?
Oh ! Euh...
Déjà , vous pouvez me tutoyer. Enfin, tu peux me tutoyer.
C'est le texte.
Oui, bien sûr. Pardon.
Ça y est, j'y suis.
J'ai pas arrêté de penser à vous. Ne reniez pas vos désirs.
- Je ne les renie pas. - Mon amour...
Oh...
Je vais vous embrasser, puis vous déshabiller.
Certainement pas.
- Et ensuite... - Ne la touchez pas.
- Je vais vous tuer de mes mains ! - Ah !
Pardon. C'est la scène...
C'est particulier. Je comprends ce que vous disiez.
Ça envoie.
- Vous n'avez pas fait de théâtre ? - Non.
- Vierge comme une pomme tombée du nid. - Ah...
Ceci étant dit, vous me faites remarquer,
- le texte n'est pas bon. - Très mauvais.
Je vais partir en impro. C'est lĂ que je suis le meilleur.
Vous savez ce qu'on va faire ce midi ?
- On va manger ensemble. - Alors... Carrément ! Super.
- Juste toi et moi. - Et moi aussi.
Ça va aller ?
Oui, si la cantine est bonne, ça devrait être chouette.
Elle est très bonne.
- La cantine. - La cantine, oui.
[rire forcé d'Alison]
- [Berthe] Nom de Dieu. - [Daniel] Eh oui.
Pourquoi qu'ils sont coinçotés dans la petite fenêtre ?
Ils sont pas coinçotés dans la petite fenêtre.
Ils ont été enregistrés sur des vidéocassettes.
Des VHS. Que je n'ai pas encore vues passer, d'ailleurs.
- Pourquoi ils sont tout petits ? - Non, c'est le chef opérateur
qui décide avec sa caméra. Il utilise différentes focales.
Une focale plus courte, il va ĂŞtre loin, une plus longue...
- Ou le contraire, je ne sais pas. - ArrĂŞte.
- Ah. - J'aime pas tes histoires.
OK.
Vous ĂŞtes curieuse. [il rit]
Vous avez réveillé un sentiment
qui dormait en moi depuis tellement longtemps.
- La tristesse. - Oh, bah non...
D'apparence, je suis un roc.
On me dit : "Quelle posture, quel homme, quel physique."
Mais à l'intérieur, y a un petit nounours qui dort.
Mmm hmm.
Qui a envie de se faire câliner. [il rit]
[brouhaha de conversations]
Nabil, c'est libre, si tu veux.
Ça fait longtemps que tu fais ce métier ?
Depuis que je suis né. C'est inné.
Je peux juste te demander le sel ?
Merci, c'est cool.
Un petit peu de poivre ? Il est à côté de toi.
Merci.
Ça m'est tombé dessus comme ça...
Un morceau de pain, et j'arrĂŞte de t'embĂŞter.
[il soupire et toussote]
C'est beau, chez vous.
- Hein ? - C'est beau, c'est grand.
Ouais, c'est beau.
Combien de mètres carrés ?
- Combien de mètres carrés, là ? - Je sais pas.
- Je dis un hectare. - Oui.
- Pierre disait deux, je disais un. - Non, oui.
Je crois que c'est une larme d'amour.
Tu veux que je te donne mon cœur ?
On a envie de piocher des trucs...
[onomatopées diverses d'arrachement du cœur]
Nabil. Tu m'es très sympathique...
Ça m'embête de te dire ça, mais fais gaffe.
- De quoi ? - Y a danger.
C'est un chaud, le Pierre Jouvel.
Dernier tournage. Alerte Ă l'hĂ´pital, tu l'as vu ?
- Non. - Il est pas bien.
Y avait que des infirmières, il les a toutes mises dans son lit.
MĂŞme technique, il les isole, il les fait rire, et hop...
Et toi, tu fais quoi dans la vie ?
Non non non... Avec Alison, on est pratiquement mariés.
Comme la moitié des infirmières.
Tu veux un peu d'eau ?
- Hein ? - Tu veux un peu d'eau ?
Vous ressemblez à un écureuil.
Vous semblez en mauvaise posture.
- Je sais, c'est une prise d'otage. - Pardon ?
Je sais, j'ai envie de fromage.
Je vous en prends ?
Oui, tout sauf du roquefort. Par rapport aux partenaires.
Bien sûr, je comprends, pas de souci.
Tu peux me passer le...
[Tayac] Oui, comme ça... [il grogne]
Ratatouille ! [grognements excités]
[cris et grognements surexcités]
[tonnerre d'objets pesants]
Merde...
[le vacarme continue à l'étage]
[glissement et craquements]
Ça va, chéri ?
- Ça va, mon cœur ? Tu vas où ? - En haut, voir s'ils ont besoin.
D'accord. C'était bien, à midi ?
- La cantine ? Délicieuse. - T'as mangé quoi ?
Je sais même plus. Tout était bon.
- Vous avez parlé de quoi, avec Pierre ? - Oh, non !
C'est mignon, t'es jaloux ?
Pas du tout, n'importe quoi.
C'est n'importe quoi, l'histoire de joker. J'avais oublié.
Ah ouais, mais il est quand mĂŞme beau gosse.
Eh bah, je trouve pas tant.
Ah ? T'es la seule.
J'entends les meufs : "Il est beau gosse !"
Après, si tu le dis, je l'accepte.
- Je le trouve mĂŞme pas beau. - Mais si.
Ouais, c'est vrai, il est un peu beau gosse.
Non mais c'est une blague...
Attends, c'est une blague ou c'est...
Hep, hep, hep ! Leur chef a été clair, c'est une scène intime.
À part les personnes concernées, personne n'entre.
- On veut savoir comment ça se termine ! - Non, Daniel.
- OĂą est-il ? - LĂ .
Que fait-il ?
Ils font des crassouilleries !
Nous, on peut mĂŞme pas voir !
Ça reste la chambre de mon grand-père.
Non ! Ne traversez pas !
C'est pénétrer, et pénétrer, c'est désobéir.
[exclamations surprises et admiratives]
Je bande. [il saute de tout son poids]
Tu te mets en condition. T'es une boule de talent.
Allez, vas-y, Pierre.
[Pierre] Brrrrrt ! [il souffle]
VoilĂ . OK. Brrrrrt !
Aaah ?
- Qu'est-ce qu'il fait ? - Il se prépare à l'américaine !
[rugissements]
Allez. Brrrrrt ! Allez !
Il a des bras d'athlète.
- Ouh ! - OK... Chhhh...
OK. T'es un mec super, Pierre.
Calme et sincère...
- Vous êtes prêts ? - Position de départ.
C'est bon, allez, moteur.
OK, et action.
Let's go.
[craquements menaçants]
- [course Ă la radio] ...son cavalier... - Allez, Foxtrot.
Allez, voilĂ ...
Allez, vas-y, Foxtrot !
- Allez ! - Allez, mon bonhomme !
- Je vous attendais, mon beau. - Et je vous ai trouvée, ma belle.
- Oh ! - Oh, le beau torse.
- Vas-y ! - Allez, mon poulet...
T'as parié, toi.
Allez, la gomme ! La gomme, Foxtrot.
Allez, on prend la cadence.
Je n'ai cessé de penser à vous.
- Ne reniez pas vos désirs. - Non, ne reniez pas vos désirs.
Allez ! Empale-la !
Et la pression ! VoilĂ !
- Oui ! - Allez !
Je suis comme un lion en cage. Un animal sauvage prĂŞt Ă mordre.
[il rugit, Berthe rugit]
C'est le moment ! On accélère !
[tremblements et craquements du plafond]
Et j'avance vers vous Ă pas de loup.
Il est tombé dans le trou de loup !
[elle hurle de joie]
Ouais ! Aaaaah !
Yes ! [rire déjanté]
- [grognements d'effort] - Oh !
Comment ma sœur !
- Au secours ! - Aidez-moi !
- Venez m'aider, je vais tomber ! - Bah, coupez.
- Non, non, non ! - [Pierre] J'ai mal. Rendez-vous utiles.
[réalisateur] Venez.
- Mais qu'est-ce... - Ne bougez plus.
Bougez pas, je vais chercher un esca...
[Pierre] Putain...
- C'est vous, Pierre ? - Hein ?
Allez-y alors, je vous sécurise ! Allez-y !
Ah ! Non !
Allez-y, je vous sécurise !
Bon, d'accord.
[grognement de douleur]
- J'avais pas dit "top" ! - Argh !
Ouais, mais j'ai pas dit "top".
C'est dommage, on a une mauvaise communication.
[Alison] Oh !
Mon Dieu, qu'est-ce qui s'est passé ?
Je viens d'arriver, il était comme ça. Il s'est passé quoi ?
À votre avis ? J'ai raté une porte au ski.
Imbécile ! Ça se voit, non ? J'ai traversé le plafond !
- Putain ! - Ça va ?
Non, ça va pas !
[gémissements de douleur]
J'ai failli crever dans votre château à la con.
J'ai vu la mort.
Elle m'a dit bonjour, je lui ai dit bonjour,
"C'est mon tour ?"
Elle m'a dit : "Non, Pierre Jouvel.
"Vous avez encore beaucoup à accomplir dans ce métier."
Pierre Jouvel n'est pas mort, il est immortel.
Dégage, toi.
Y a pas un technicien dans ce château à la con ?
Fait chier !
T'as vu ça, même la mort veut pas de lui.
Je vais chercher un balai.
- Hou... - Oh, la vache.
Que c'est dommage.
Je croyais que vous vouliez qu'ils partent.
Je dis ça pour vous, il va pas me manquer.
Ils vont pas me manquer. Personne va me manquer.
- Mais attends... - Me touche pas. Fais gaffe.
Fais attention ! Ah, putain.
Il y a des siècles que j'avais pas été traversée ainsi.
Joker amoureux, zéro, Auguste, un.
Et Nabil, un partout. Encore à égalité.
C'était une plaisanterie, le joker amoureux !
- Comme mon mariage. - Il se casse.
T'étais vraiment jaloux, en fait.
- Non ! - T'es content que tout ça arrive.
Ça me fait un peu chier pour les 96 000 euros, mais...
[bip de message]
J'ai une bonne nouvelle, on vient de gagner 100 balles.
- Oui ? - J'ai misé Foxtrot sur la cinquième.
- Ils t'ont aidée ? - J'ai eu un petit tuyau.
C'est ça, le truc ! On l'avait devant les yeux, on l'a pas vu.
De quoi ?
Demande l'almanach de leur époque avec les résultats.
Nous, on va au bistrot, paf, on parie.
Ă€ nous l'oseille, fiesta !
- Chéri. - Oui ?
Tu confonds fantĂ´mes et voyageurs du temps.
[chorus d'agrément des fantômes]
- Rien Ă voir. - Effectivement.
- OK. On est dans la merde. - C'est ça.
Mignon, mais pas très futé.
- [Roland] Manque de culture. - [Georges] Allons-y.
Si on faisait un club cinéma ?
On pourrait s'inventer des histoires.
Ah oui ! Et on pourrait commencer par les scènes de chambrées.
Auguste, tu feras mon damoiseau ?
- Non, pas du tout. - Dommage !
- Ah oui, c'est dommage. - Et un pique-nique
autour de I'arbre, non ? Ça vous dit rien ?
Non ?
Je propose... Pour une fois qu'on était tous ensemble !
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