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Vous serez parfait.
Travail sept jours sur sept de 8 h Ă 19 h.
800 euros, uniforme et repas exclus.
Chèques-repas à rendre le lendemain.
Oui, ça me va.
De toute façon, ils ne font que retarder les gens à l'épicerie.
Tu as dit cinq minutes !
Il pleure encore.
Tiens, prends-le.
- Tout va bien. - Tiens.
Son biberon et son porte-bébé.
Merci !
Pardon, j'étais pressé et je ne savais pas à qui le laisser.
Mais vous avez bien une compagne qui peut s'en occuper ?
Non. Sa mère n'est pas là parce que…
Sa mère s'est enfuie.
Mais j'ai vraiment besoin de ce travail.
J'ai les services sociaux sur le dos.
Il n'a que moi. Mais il est calme.
Je l'emmène au travail parfois et il reste assis calmement.
Vous voyez ? Oups ! Regardez.
Au suivant !
Espérons que Tonton ait eu plus de succès.
Vito, réponds !
C'est lui. Faites que ce soit positif.
- C'est ton frère. Le beau. - On en a besoin. Oui ?
Vito, c'est urgent ! Viens sur la place au bout du tunnel.
- Enfoiré ! Si je t'attrape… - Ils sont balèzes.
- Tu es mort ! - Excusez-moi !
Vito ! Par ici !
Ils arrivent ! Dépêche-toi !
Au revoir !
- Salut, Napoleone ! - Oui, c'est ça.
Ne me juge pas, Vito. Pas de ma faute s'ils sont bĂŞtes.
D'avoir acheté un portable et de se retrouver avec du savon ?
Tu dois arrĂŞter ces arnaques.
Ă€ moi de me plaindre.
Et voilĂ , loulou.
Allez, descends.
VoilĂ .
Prends Napoleone.
- Va une seconde avec Tonton. - Et voilĂ .
- Je t'ai dit… - Juste une seconde.
On dirait que tu tiens un sac Ă patates.
- Prends-le. - Non.
- Je ne sais pas faire. - Viens ici.
Il me déteste, je n'y peux rien.
Tu dois créer des liens. Comment compter sur toi, sinon ?
Oui, mais on doit partager la charge.
Je ne peux pas tout faire.
- On partage. - Oui.
Je mets les valises sur le toit.
Anna, Peppe !
Vous faites quoi ? Vous déménagez ?
Vito, ils nous ont fait une super offre.
La moitié de ce qu'on a payé.
C'est nul, ça.
Ă€ nous aussi, mais on a dit non.
Pourquoi vous restez ?
D'abord, les cafards, puis les fuites.
La mairie dit que ça pourrait s'effondrer.
Eh bien, que dire ? Bonne chance.
Bonne chance, Anna et Peppe !
Salut, Anna et Peppe.
Vous avez plus besoin de chance que nous.
Merci.
Elle me stresse.
Elle porte la poisse. Hein, loulou ?
La fuite a empiré.
Le parapluie.
Le gars de la mairie est lĂ .
Encore !
- Bonjour, monsieur. - Bonjour.
Ne vous inquiétez pas. Cette fissure a toujours été là .
Et personne ne semble daigner la réparer.
Au revoir. Bonne journée !
Allez, loulou.
Il y a encore Luigino au deuxième étage.
Donc, tout va bien.
Tout va bien ?
- Et voilĂ . - On est Ă la maison.
- Les mecs. - Luigino.
Vous pouvez prendre Gennarino ? Il ne peut pas venir avec moi.
On va le mettre oĂą ?
Attends. Tu déménages aussi ?
Pourquoi vous restez ici ?
Il y a trop de problèmes.
Luigino, on a grandi ici. On reste.
Parfait.
Ne comptons pas sur Tonton, il pourrait se fatiguer.
Ça sonne.
Vas-y, toi. Je suis allongé.
Tu peux ouvrir la porte quand mĂŞme, non ?
- Prends ton temps. - Oui.
C'est qui ?
- Bonjour. - Bonjour.
- C'est qui ? - Pour Antonello.
C'est qui ?
- Le facteur ! - Dis-le, alors !
Encore ?
Bon sang.
C'est quoi ?
Une amende. Je la payerai.
Mais on t'a retiré le permis.
J'en reçois plein.
Fais voir.
Tiens, loulou. Mets ça.
- Tu comprends ce qui est écrit ? - Quoi ?
L'appart va être mis aux enchères. Tu as fait quoi ?
Pourquoi tout est toujours ma faute ?
Enfin…
Dis-moi pourquoi.
Je vais m'allonger un peu, d'accord ?
Écoute-moi, imbécile.
Les tribunaux ne font pas ça sans raison.
Tu as un truc Ă me dire ?
Te dire quoi ?
Regarde si c'est la mĂŞme chose.
Tu n'as rien ouvert ?
J'avais trop peur.
Tu avais peur ?
Oui.
Voyons de qui tu devrais avoir peur.
"Société De Leonardi."
C'est qui, ceux-lĂ ?
- Tu leur dois 50 000 balles ! - Bien sûr.
Tu comprends la mise aux enchères ?
SAISIE
"Dettes contractées auprès de la société De Leonardi" ?
J'ai foutu quoi ?
Ă€ toi de me le dire ! Tu as foutu quoi ?
Je ne sais pas, Vito.
Je ne les connais pas.
Il leur fallait une couverture.
Des gens qui sont déjà propriétaires
pour ne pas paraître louches.
Ton frère et moi, on se faisait 500 euros par mois.
Je ne savais pas que donner un nom était risqué.
Depuis quand ce n'est pas risqué ?
- Eh bien… - Ce n'est pas sans risque ?
Bien sûr que non, Salvatore.
Je ne savais pas.
On doit parler Ă De Leonardi.
Comment ?
Et expliquer votre coup de génie.
J'ai fait ce que je pouvais.
J'ai prévenu de votre venue,
mais le DAF et M. De Leonardi sont sortis.
- Il n'y a que sa fille. - Super.
Vous pourrez la voir dans six semaines.
- Six ? - On doit lui parler maintenant.
Non, elle est à cran. Ses cheveux sont attachés.
En six mois, elle ne les a jamais lâchés.
Donc, elle est en pétard depuis six mois.
Elle doit juste être stressée.
On parle de salariés ici.
Je viens au bureau même avec 38 de fièvre
et personne ne sait envoyer un e-mail ?
Vous ĂŞtes cinq !
Vous aviez huit heures
et personne n'a été foutu de le faire !
- Elle est un peu stressée. - Un peu.
Je veux ces documents sur mon bureau demain matin !
C'est elle.
- On avait compris. - La photo…
- Allez ! - On va oĂą ?
- Ses cheveux sont attachés. - Et donc ?
On doit lui parler. Allez !
- On va perdre notre appart. - Mais ses cheveux…
Oui.
Vous l'aviez oublié.
Merci. Je suis désolé.
- C'est à cause de toi. - C'est gentil de…
Ce n'est pas le moment ! On y va. Pardon.
C'est sa voiture ! Cours !
On nous a volé le scooter !
Il est lĂ -bas.
On lui expliquera quand elle s'arrĂŞtera.
Ils verront le bébé et stopperont les enchères.
Ça va aller, Napoleone. On va s'en sortir.
Par lĂ . Ne les perds pas !
Allons-y.
Les voilĂ .
Par lĂ , madame.
FONDATION DE LEONARDI GALA DE CHARITÉ
Une petite photo ?
- Mate-moi cet endroit. - Bonsoir.
Regarde, ils nous prennent en photo.
- Regarde. - Elle est lĂ -bas.
Pardon. Attention. Bébé à bord.
Excusez-moi.
Bonsoir.
- Bonsoir. - Vos noms ?
- Sorrentino. - … tino.
- Non, pas lĂ . - Non ?
- Regardez bien. - Vous n'ĂŞtes pas dessus.
- Pardon, on a menti. - Allez…
On doit parler à De Leonardi. Ça ira vite.
- Vous devez partir. - Ça ira vite.
- Sur le côté, merci. - Ça ira…
- Pas ce soir. - S'il vous plaît.
C'est quoi, ces manières ?
- Belle initiative. - Merci.
Mais c'est l'œuvre de ma fille, Marina.
En plus de diriger la fondation, elle excelle dans l'entreprise.
Elle a un projet d'hĂ´tel.
C'est plus qu'un bâtiment, c'est une expérience.
C'est la première étape d'un grand plan
sur toute une région, non ?
C'est l'ambition, oui.
Mais sans M. Spagnoli,
ce ne serait qu'un projet Ă l'ordinateur.
Non, je ne m'occupe que de la paperasse.
Ces deux-lĂ me remplaceront, me feront un petit-enfant
et Ă moi la retraite.
- Je le croirai quand je le verrai. - Oui.
- On vous laisse. - À plus tard.
- Je vous en prie. - Bonsoir.
- Bonsoir. - Bonsoir.
Tout le monde peut rentrer sauf nous.
Ça ne m'étonne pas avec ces lunettes de cambrioleur.
"Cambrioleur."
On fait quoi ?
J'ai une idée. Allez, viens avec moi.
Tu veux lui parler ? Suis-moi.
Ne refais pas de scène, alors.
- Messieurs. - Bonsoir.
- C'est mon frère. - D'accord.
- Je suis avec lui. - Allez. Salut.
Et voilĂ !
Entre.
Antoné, mate-moi ça.
C'est un mariage ou quoi ?
Bon sang, mate-moi tout ça.
Non, mais regarde.
Prends Napoleone une seconde.
- Je sais pas faire. - Ça ira.
- J'y vais. - Il va pleurer.
Mais non, il va se calmer. Sérieux, comment tu le tiens ?
- Allons… - Regarde ce que Tonton a trouvé !
Le manège.
- Attention. - Le manège ! Regarde !
Elle est là , Antoné.
Antoné.
Antoné !
- Quoi ? - Viens ici.
- Elle est si élégante. - Magnifique.
- Et elle aime les pauvres. - Quel cirque.
Regarde, l'enfant indien, les trucs…
- J'y vais. - Lui dire quoi ?
- "Mme De Leonardi, on nous a escroqués." - Oui.
- "C'est pas votre faute." - Non.
- En espérant faire pitié. - Oui. On est bon à ça.
Vas-y ! Allez ! Quoi ?
Napoleone…
Merde, Napoleone !
Napoleone !
Napoleone !
Pardon ! Napoleo…
C'est bon. Merci.
Mon père ne fait que de parler de l'hôtel.
Pardon. Excusez-moi.
On n'a même pas encore signé avec les investisseurs.
Il nous l'a confié pour nous tester, non ?
Montrons-lui qu'il peut gentiment partir.
Pardon.
Mais c'est un gala de charité.
Il pourrait parler d'autre chose.
Excusez-moi.
Rien ?
Marina, concentrons-nous sur notre but.
Allez, on se concentre.
- On se concentre. - Napoleone !
Antoné !
Excusez-moi.
Excusez-moi. Pardon.
Loulou, tu fais quoi, là ? Papa t'a trouvé.
- Mon Dieu ! - Papa t'a trouvé !
- Je te quitte plus. - Il y a un bébé ?
- Merci. - Il était là !
Bonsoir, madame…
Quel bouffon je suis !
Pardon, madame.
Je cause que des ennuis.
J'ai honte. Vous êtes blessée ?
Non.
Qu'est-ce que tu as fait ? Viens ici !
Désolée. Non, tout va bien.
C'est taché, madame ?
- C'est bon ? - Oui.
Ce n'est rien.
- Tu as fait quoi encore ? - Moi ? Rien.
Ces gens sont des enfoirés.
Ils ne nous voient pas. On ne peut pas les approcher.
Donc, on les laisse tout nous prendre ?
Je vais au boulot.
Moi, j'ai toujours gagné le peu que j'ai.
Règle ce problème, Antoné.
Tu l'as créé, tu le règles. Compris ?
Retournes-y et parle-lui !
Allez.
On va s'allonger un peu. Comme ça, papa pourra travailler.
Tu aimes ton lit ? Et voilĂ .
Voilà . C'est bien. Regarde ce que Papa a trouvé.
Regarde-moi ça. Traviata ou Rigoletto ?
Rigoletto. Tu es trop chou, loulou.
Je l'ai débloqué !
Mate-moi ce pognon.
Ça me dégoûte, bon sang.
De la charité.
De la charité…
J'ai une solution ! Je suis un génie !
Salut, Vito.
- Tu es seul ? Je dérange ? - Pourquoi t'es là ?
Alors…
C'est à qui, ça ?
Ne t'énerve pas.
C'est Ă la fille De Leonardi.
- Pourquoi tu l'as pris ? - Je n'ai pas pu m'empĂŞcher.
T'empĂŞcher d'ĂŞtre un idiot !
Quel crétin.
Tu lui rends tout de suite, s'il te plaît.
Et si je disais que ma fondation souhaitait faire des dons ?
Et moi, que tu es bourré ?
Elle a écrit ça le 26 février à 17h45.
J'ai passé la soirée à fouiner.
- Tu voulais une solution. - Oui.
J'en ai une.
Elle donne 10 000 euros par an Ă un refuge pour chiens.
Pour se donner bonne conscience.
Comme elle est riche, tu vois ?
Donc, il nous faudrait aussi un don bien généreux de sa part.
Mais pour qu'elle nous donne le pognon,
on doit gagner sa confiance.
Sa confiance. Bien sûr.
Tu sais qu'on a plus le droit Ă l'erreur ?
Elle peut le localiser. Va le lui rendre !
J'ai désactivé le GPS et tout sauvegardé.
Écoute. Elle vient de rentrer de Londres.
Mais elle bosse trop pour avoir des amis.
C'est lĂ que tu entres en jeu.
Elle n'a pas d'amis, mais un petit copain.
Le petit copain.
Federico Spagnoli, né à Naples en 1991.
Bras droit de son père.
Si tu voyais les messages.
Ça parle que boulot, chiant à crever.
- Vito. - Oui ?
On sait tout d'elle.
Vit chez Papa. Veut acheter avec Federico.
Lever Ă 6 h. Yoga deux fois par semaine.
Folle de Mengoni.
On l'utilisera pour se rapprocher d'elle.
Elle aura confiance et nous donnera ce qu'on doit.
- Antonello… - Ne dis pas ça.
C'est ton nom. Je dis quoi ?
On m'appelle comme ça au tribunal.
Appelle-moi "Antoné"
ou "AntĂł"
ou mĂŞme "Lello".
Non, pas ça.
Personne ne prendrait un Lello au sérieux.
Lello,
c'est un plan foireux.
Vito.
Vito.
- Vito ! - Hein ?
Bonjour. Un café ?
- Un café ? - Oui.
Il va refroidir.
- Mardi, la riche… - Encore ?
Elle va visiter un appart. Ce sera l'occase de la rencontrer.
J'ai dit non !
J'ai arrêté les femmes depuis que cette conne est partie.
- Ça a sonné ? - Il est quelle heure ?
Qui a sonné ?
Les services sociaux ! Prends-le !
- Je dois le prendre ? - Habille-le bien.
Super, il est réveillé. J'arrive !
Désolé, c'est le bazar. La femme de ménage vient bientôt.
- Un ! - Entrez.
Entrez. Par ici.
Deux !
On fait des exercices psychomoteurs.
Ça l'aide.
Napoleone, loulou.
Bonjour.
Bonjour.
C'est pour ça qu'il fait ça.
La psychomotricité aide à …
C'est théâtral. Ça booste la créativité.
Oui, ça donne une compréhension…
- Plus grande. - De la vie.
Et une personnalité.
- Ça lui apprend à dire non. - Et à se connaître.
Exactement.
Et le travail ?
Alors ? Tu as trouvé mieux ?
Eh bien, je cherche. Je fais de mon mieux.
La garde exclusive n'est pas rien.
Il veut s'en occuper. C'est bien, non ?
Avec l'autre qui est repartie en Norvège.
Il a besoin de perspectives, de stabilité.
Un boulot Ă mi-temps ou au noir ne le garantit pas.
- Oui. - On note vos efforts.
Être propriétaire, c'est important pour obtenir la garde.
Et vous le resterez, non ?
Évidemment, pour toujours.
Pas vrai, Antoné ?
- C'est à nous ! - À nous.
La première audience est dans un mois.
Le juge ne veut pas de mauvaise nouvelle.
- Non. - D'accord.
Merci, madame.
Je connais le chemin.
La riche va visiter quand l'appart ?
Mardi.
Donne-moi la première.
C'est beaucoup trop. J'aime bien, mais c'est beaucoup trop.
Les manches sont trop courtes.
Ça fait trop BCBG.
- Alors ? Trop tape-à -l'œil ? - Cache ton tatouage.
- Bien, mais… - Couvre-le. C'est vulgaire.
- Ne hurle pas. - C'est trop "street".
- Peppino di Capri. - Pire que l'autre.
COMMENT NOUS AIDER
"OGM Ă but non lucratif."
- Tu as écrit "OGM" ? - C'est correct.
Tu dois passer pour un riche avec une touche de…
Tu porterais ça ?
- Oui. - Moi, non.
- Mets-moi à côté. - Là ?
À côté de lui. Tous les trois.
MARDI 14 H VISITE APPART PLACE DES MARTYRS
Organismes majeurs ?
Emergency, Unicef, WWF, Médecins Sans Frontières, Greenpeace.
Bien joué !
Incroyable !
Quand change-t-on la couche ?
Quand ça pue.
- Quand je sens de la merde ? - Bien.
"Tout le monde mène un combat dont vous ne savez rien."
- "Soyez gentil." - C'est écrit sur sa tasse.
C'est Pluto.
Mais non ! Platon !
C'est pareil. Pluto, Platon.
La citation de Mandela ?
"Je crois en ceux qui osent ĂŞtre eux."
C'était Mengoni !
Mengoni, Mandela, Pluto… Je suis plus.
Tu dois réviser !
Non ! VoilĂ .
Carlo ?
Carlo ?
- Tu es Carlo ! Regarde-moi ! - Pourquoi tu cries ?
Tu ne me regardes pas !
Et pourquoi pas Vito ?
C'était son chien qui s'est fait écraser.
- Tu veux y être associé ? - Et lui rappeler la mort ?
Mauvaise idée.
L'idée de l'ascenseur en panne, c'est nul.
- Tiens. - Il doit aller chez le pédiatre.
Je l'emmènerai. Mais fais-moi confiance.
L'ascenseur est un endroit magique.
Vous vivrez la même chose. Ça vous rapprochera, tu comprends ?
Elle trouvera ça drôle.
- "On est coincés !" - "Quelle chaleur !"
Vous arrêtez vos conneries ? "Chaleur… "
Sérieusement, ça brisera la glace. Non ?
Tu lui parleras de notre ONG et du projet.
Mais tu dois ĂŞtre relax.
Je suis Carlo.
- Je suis Carlo. - VoilĂ .
Ça va être un désastre.
- Ils sont là . - Ça va aller.
Tout ira bien. Je m'occupe du petit. Oui.
Pardon, c'est urgent. Vous pouvez me tenir le bébé ?
Je reviens vite. Je dois juste…
Bien sûr, il se calme avec les inconnus.
- AllĂ´ ? - Oui ?
- M. Spagnoli ? - Qui est-ce ?
Michelangelo Caputo,
capitaine des pompiers de Naples.
Qu'y a-t-il ?
Il faut évacuer, madame. Allez.
J'arrive. C'étaient les pompiers.
Il y a une fuite de gaz chez moi.
Vas-y. Je te rejoindrai après. Et Marà ?
Casier judiciaire, habitabilité,
DPE, travaux avant et après 2011
et l'éclairage.
- L'éclairage. - Oui. Salut.
Il est parti. On y va.
L'ascenseur, s'il vous plaît !
Merci.
Oui.
Non, je disais,
le puits doit ĂŞtre fini dans un mois.
Sinon, les gens vont mourir de soif. Oui.
Exactement.
Notre fondation a couvert tous les frais.
L'ascenseur…
Je crois que l'ascenseur, c'est celui-ci !
Je n'y crois pas.
Ne vous en faites pas. Ça ira.
Quoi ?
Que se passe-t-il ?
Je ne sais pas. Il se remettra sûrement vite en marche.
Rien du tout.
- Vous avez du réseau ? - Pardon ?
- Du réseau ? - Laissez-moi vérifier.
Non, je n'en ai pas.
Comment ça ? Vous étiez au téléphone.
J'en avais avant, mais plus maintenant.
Il y a quelqu'un ?
Ă€ l'aide !
- Autant faire connaissance. Carlo… - Ne parlez pas. On a besoin d'oxygène.
Bref, je suis sûr que…
- Ne touchez Ă rien ! - Seigneur.
Je suis claustrophobe.
Donc, taisez-vous. Ne respirez pas.
Je vais essayer de me détendre.
D'accord.
Désolé, mais comment ne pas respirer ?
C'est absurde.
Vous savez, je cours toujours partout.
Je n'arrĂŞte jamais.
À être si absorbés par nous-mêmes, on ne voit plus les autres.
Des moments pareils devraient arriver plus souvent…
- Je fais une crise d'angoisse. - Quoi ?
- Une crise d'angoisse ! - Doucement.
Je suis calme, non ?
Car même si on meurt aujourd'hui, mes bonnes actions me mèneront au paradis.
Bénévolat, œuvres caritatives, tout ça.
D'ailleurs, puis-je…
Ferme-la, putain !
Je ne comprends pas.
Tu savais tout d'elle sauf qu'elle est claustrophobe ?
Comment le savoir ?
On saurait que tu flippes devant les vieilles en robes Ă fleurs ?
Franchement !
Et c'est moi, l'idiot ? Elle ne mord pas !
Mais elle est sortie de nulle part.
Je n'y comprends toujours rien.
Explique-moi. Je veux juste…
Tu n'as pas réussi à lui montrer le site ?
Le site ? Tu piges rien. Elle a essayé de m'étrangler !
J'ai travaillé dur dessus. Tu pourrais être reconnaissant !
C'est un désastre et on a l'air d'idiots.
Vito ! Ne te décourage pas. On trouvera un moyen !
Antoné ?
Oui ?
Tu es sûr qu'elles sont fausses ?
Mes yeux piquent.
Je ne sais pas. Peut-ĂŞtre.
Tu es bĂŞte ? C'est dangereux.
Elle a les cheveux lâchés là .
Et lĂ .
Tu vois ? Tu adores !
- Maman… - Vito !
- Oui ? - Viens.
Elle a les cheveux lâchés.
Elle ne peut qu'ĂŞtre heureuse dans cette baraque.
Ce n'est pas la maison.
Elle est normalement toujours Ă cran.
- Elle fait quoi lĂ ? - Elle cuisine.
C'est ça ! Et ici ! Et là !
Et je fais du lait. Donc ?
Elle doit adorer cuisiner. Tu vois ?
Elle regarde Master Chef pour s'endormir.
Si Federico lui propose d'aller au restau,
elle le bombarde de smileys.
Elle aime manger. Et donc ?
Je l'appâte avec du pain comme un pigeon ?
Non.
- Qu'as-tu de plus que les autres ? - Une peur de tout.
Ça aussi, oui.
Mais je pensais au restaurant.
Je suis la pire des merdes lĂ -bas.
- Elle ne le sait pas. - Oui.
Et donc ?
Arrête ça ! Pourquoi tu bouffes les trucs du petit ?
Tu fais quelle taille ?
Respirez profondément, tendez la langue et levez la tête.
C'est bon.
Oups ! Et voilĂ .
Tout ça pour ne même pas la voler !
Et voilĂ . Oui.
- Police municipale. Je vous écoute. - Allô ? Bonsoir.
Désolé de déranger.
Mon devoir civique m'oblige
à signaler une voiture sur une place réservée aux PMR.
C'est illégal de suivre les gens.
C'est peut-ĂŞtre toi qui me suis.
Tu fais quoi ?
N'interromps pas le cours comme ça.
Je ne t'avais jamais vu avant
et je t'ai vu deux fois cette semaine.
Tu es nul au yoga, donc tu n'es pas lĂ par hasard.
C'est peut-ĂŞtre le destin. Non ?
Une force mystérieuse qui fait que les gens se rencontrent.
Certains l'appellent "Dieu", d'autres "destin" et certains…
On appelle ça du "harcèlement".
Fais attention Ă ce que tu dis.
Tu crois que je voulais te revoir
après l'épisode de l'ascenseur ?
Je te rappelle que…
Écoute, je rentre de dix ans à l'étranger.
Je ne dors plus Ă cause de mes projets caritatifs
donc je viens me relaxer en faisant du yoga, d'accord ?
Je changerai de studio s'il le faut.
- Oui, super. - Oui, super.
Quelle chieuse.
"Soyez gentil. Un combat… "
À vrai dire…
Non ! Tu sais, tout le monde
mène un combat dont tu ne sais rien.
Sois gentille.
Je ne me suis pas garée là , alors ramenez ma voiture tout de suite !
Mais…
Ils sont complètement tarés.
- Incroyable. - Ça va ?
Non ! Ils ont pris ma voiture et ils ne me la rendront que demain.
Que ne feraient-ils pas pour de l'argent ?
Pourquoi tout va mal quand tu es lĂ ?
Tu me portes la poisse ?
C'est le karma pour m'avoir maltraité.
Tu appelles la police ?
Non, un taxi.
Bonne chance.
Un taxi Ă Naples Ă cette heure.
Ne quittez pas. Votre appel est transféré…
Je te ramène ?
Un étranger ne me ramène pas.
C'est quoi, un étranger ?
Un ami que tu n'as jamais rencontré.
Attends, tu ne parles que par citations ?
Je te ramène ou non ?
S'il y a un problème, tu pourras m'étrangler à nouveau.
Un opérateur vous répondra bientôt.
Après avoir fait du bénévolat au Sénégal,
je suis allé au Ghana, puis en Gambie.
Je ne suis revenu Ă Naples que pour mes examens de sciences po.
Où as-tu étudié ?
Quoi ?
J'ai dit : "Où as-tu étudié ?".
Ă€ Londres et Ă Berkeley.
Berkeley, super !
Mais Naples me manquait.
- Pourquoi tu es partie ? - Mon père avait insisté, donc voilà .
On travaille ensemble. Tu connais la société De Leonardi ?
Non.
C'est connu ?
Quand mĂŞme, oui.
Ça ne me dit rien.
Attends, on fait un détour ?
Je dois juste passer Ă mon restaurant.
Caritas vient chercher Ă manger.
Mais je dois rentrer !
Tu veux faire attendre Caritas ?
Tu me passes les aubergines ?
- Elles ont l'air bonnes. - Évidemment.
Je ne donne rien de périmé.
- La pauvreté n'est pas un crime. - Bien sûr que non !
Je fais aussi du bénévolat.
Ah oui ?
Tu t'en sors ?
Merci, Carlo. Tu es un ange ! Que ferait-on sans toi ?
Il faut partager quand on en a les moyens.
Merci.
Allez, je file.
Mademoiselle.
Un instant.
Salvatore.
Déconne pas. Tu les ramènes après, hein ?
- Je les ai comptés. - Aie un peu foi en moi.
De la foi…
C'est quoi, ça ?
C'est de la foi, ça ?
C'est plus fort que moi.
Je fais quoi avec ça ? Reprends-le.
- Merci, Carlo ! - De rien.
Et voilĂ .
Ah oui, je voulais te montrer un truc.
Voici Amidi et Katou.
ONG EAU ET ESPOIR
C'est moi avec eux.
Ils sont mignons, hein ?
J'y ai laissé mon cœur.
On ignore Ă quel point on est chanceux.
MĂŞme si on donnait juste une petite partie de ce qu'on a,
ça nous ferait quoi ?
Pour eux, ça résout pas mal de problèmes.
- Pas vrai ? - Oui, c'est super.
Mais tu peux me ramener ?
- Allez ! - Bien sûr.
Marina ! Attends !
Je meurs de faim, pas toi ?
On mange un bout ?
- Non, Carlo. Je dois rentrer. - Un truc rapide.
Tu me demandes et ignores ma réponse !
- Elle était prévisible. - Pardon ?
Étant donné ta réaction plus tôt,
tu ne dois jamais rien faire de spontané.
Ton alarme est sûrement déjà programmée,
tes vacances d'été déjà réservées
et tes dîners en amoureux déjà planifiés.
J'ai tort ?
Tu sais que j'ai un copain ?
Je le sais…
Eh bien, parce que…
les gens comme toi valorisent l'amour et le travail.
Vous devez chercher un appart.
Comment ça, "les gens comme moi" ?
Je ne suis pas si prévisible.
- Ah non ? - Non.
Donc ce n'est pas trop osé de te demander de cuisiner des pâtes ?
Dans ce cas, je choisis les pâtes.
C'est ça qu'on veut.
LE PLAN MARCHE MAIS ELLE FAIT DE L'AUBERGINE
"Elle fait de l'aubergine… "
JE N'AIME PAS ÇA
Tu les manges, Papa !
Tu les manges, ça ne te tuera pas.
On doit tout faire ?
TU VEUX CES 50 000 EUROS ? MANGE-LES !
- Tu crois que… - Oui ?
Ce serait bon avec du vin blanc ?
Eh bien, tu sais…
Allez, expérimentons !
Quand j'étais petite, avec Maman,
on adorait tester de nouveaux plats.
On avait un livre de recettes comme ça.
Vraiment ?
Elle devrait goûter cette recette.
Elle est morte.
- Désolé, je ne savais pas. - Viens ici.
Goûte ça.
Ça a l'air bon.
On devrait le mettre sur le menu !
- C'est si bon ? - Juré. C'est délicieux.
Tu sais quoi ? Attends ici.
Fais-moi voir. Et voilĂ .
Parfaite comme ça.
RESTAURANT LE VAISSEAU
Pourquoi tu n'as rien dit pour sa mère ?
Je suis passé pour un con.
Ça t'aurait adouci.
On doit ĂŞtre des ninjas impitoyables,
sans scrupules.
Quels ninjas impitoyables, Antoné ?
On ne peut pas lui parler.
J'allais lui parler de l'ONG, mais elle s'est levée et s'est enfuie.
Comme toi quand tu vois la police.
Hein ? Je m'enfuis pas !
ArrĂŞte tes conneries. Viens ici !
Ă€ quoi tu joues ?
Tu es bĂŞte ?
Mais tu avais raison.
- Pour la cuisine. - Oui.
Elle était presque sympa en cuisinant.
Même les spaghettis qu'elle a faits…
Elle a improvisé, mais c'était bon.
- Eh bien… - Inexplicable.
De quoi tu parles ? On n'organise pas de dégustation.
Je dois lui demander au bon moment.
Les gens heureux sont impulsifs.
- Elle est libre mercredi ? - Pourquoi ?
Le restaurant est fermé le mercredi.
Un certain Carlo vous demande.
Il a appelé trois fois. Je vous le passe ?
Oui, transférez-moi l'appel.
Francesco ?
- Enlève ces cloisons. - Bien sûr.
- AllĂ´ ? - Marina, c'est Carlo.
Désolé de te déranger au travail.
Tu veux quoi ? T'excuser d'avoir appelé ?
Non, j'étais juste poli.
J'organise un événement caritatif au restaurant mercredi.
Et tes spaghettis d'hier étaient si bons.
J'aurais aimé que tu cuisines.
Non, Carlo. Je…
Je n'ai jamais cuisiné pour autant.
Et je n'ai pas le temps.
Marina, je suis foutu.
Mon chef s'est cassé le bras.
Les deux bras ! C'est presque un légume.
C'est tragique.
C'est exceptionnel.
Tu te souviens de mon projet ?
L'eau en Gambie ?
Ils arrêteront tout si on ne récolte pas plus d'argent.
Eh bien, c'est vrai que ce serait sympa…
Mais…
Merci.
Je ne peux pas.
Vraiment. Désolée.
Il te faut quelqu'un d'autre.
Je te connais peu,
mais tu as l'air d'être toujours pressée.
Mon papy me disait toujours :
"Les meilleures choses dans ma vie sont arrivées par hasard."
Je t'ai vue deux fois
et tu es toujours Ă cran.
Pas Ă cran, mais un peu tendue.
Mais en cuisinant hier,
tu étais détendue, même avec l'odeur de l'ail.
Ă€ un moment, tu as mĂŞme souri.
Ces jours-ci, un sourire n'est pas rien.
Tout Ă coup, tu pourrais
te retrouver en soins intensifs
et regretter d'avoir dit non ces fois-lĂ .
Pardon, Marina ?
Écoute, Carlo.
Je dois y aller, d'accord ?
Alors bonne chance.
Au revoir.
C'était quoi, ça ?
C'était qui, au téléphone ?
Personne.
Quelqu'un veut que je cuisine pour une œuvre caritative.
Un gars qui dirige une association.
Et donc ?
J'ai refusé.
Non. D'accord.
- Mais… - Marina !
On doit se concentrer sur l'hĂ´tel.
Je travaille dessus mĂŞme la nuit.
Et ce n'est pas grave,
mais ne perds pas ton temps à jouer à Master Chef édition caritative.
Allez !
On se concentre !
Excusez-moi.
Ça vient d'arriver.
TU AS OUBLIÉ ÇA CARLO
Maman, on peut la réutiliser demain.
Comme ça, Papa prendra encore trois kilos.
Allez. Ça suffit, Maman.
Ça sent bon !
Trop bon !
Je ne peux pas dormir. Et toi ?
On dort avec les yeux ouverts ?
Il y a des animaux, je crois, qui dorment avec les yeux ouverts.
Les chevaux.
De quoi tu parles ? Ils dorment debout.
- Quoi ? - Regarde.
- Non ! - Regarde ça.
ALORS TU M'AIDES POUR LE MENU
- Non ! - Elle a dit oui !
Tu es un génie international !
- International ! - Elle a dit oui !
Elle a dit oui !
Non !
Le budget…
Je ne peux pas tout porter !
ENTRÉE PLAT PRINCIPAL
Regarde la bouteille.
- Regarde. - C'est la mĂŞme que l'autre.
Elle est presque vide. Allez, on la finit.
Je t'en prie.
Tu es complètement folle.
Marina.
Bon sang. Je n'y crois pas.
Une sérénade, super.
Non.
Je n'en ai jamais vu.
Marina !
Marina !
Un verre pour vous.
J'ai laissé la voiture en plan. Tu comprends ?
Non, merci. Ça ira.
- C'est du champagne ! - Merci.
Pourquoi tu es toujours stressé ?
Moi, stressé ?
Mais oui.
- Tu sais quoi ? - Quoi ?
Tu es un peu chiant parfois.
Oui.
- Bois ! - Je bois. Toi, non.
- Pardon. Tu t'es cognée ? - Oui.
Dis donc. Il est petit, ton appartement.
Il y avait une marche.
- Elle est oĂą ta chambre, Marina ? - Au bout, Ă droite.
- Tu sais… - Ne crie pas.
Ça va barder si mon père te voit.
Faisons en sorte que ça n'arrive pas.
Un, deux, trois.
Très bien. Voilà .
Allez, on enlève ça.
Et mes chaussures.
Et tes chaussures. Bien sûr.
Et de une,
et de deux.
On se parle demain, d'accord ?
Carlo !
Tu m'as appelé ?
Ça va ?
- Je voulais te dire… - Oui ?
Je me suis bien amusée.
Bonne nuit.
Ă€ demain, d'accord ?
- Carlo ? - Quoi ?
Putain !
Marina ? Vous l'avez vue ?
Bonjour.
Écoute, on doit juste finir ça
et on fera une pause après, d'accord ?
D'accord.
On peut les faire au gratin.
En miroir.
Je veux dire,
les plafonds.
Les plafonds de l'hĂ´tel.
- On peut les faire… - En miroir.
Je prends un café. J'étais debout jusqu'à …
jusqu'Ă tard
Ă bosser sur le projet.
Marina, qu'est-ce qu'il se passe ?
Rien. Je suis juste fatiguée.
Je peux faire quelque chose ?
Je suis lĂ pour toi, tu le sais ?
Oui.
Oui, je le sais.
Dis, je me disais.
Pourquoi on ne sortirait pas ce soir ?
Dîner, tous les deux ?
Détente totale.
On pourrait regarder des annonces et prendre de l'avance.
Je dois finir le rendu ce soir.
- Sinon, on sera à la traîne. - Mais…
On devrait sûrement arrêter les recherches d'appart.
- Non ! - Pour l'instant.
Pour économiser notre énergie.
Tu dis toujours ça.
On se concentre !
Pas de poisson, pas de repas demain.
Je pensais qu'on l'achèterait, pas qu'on le pêcherait.
- Ah oui ? - Oui.
C'est mieux, non ?
Passe-moi la corde.
Mais c'est le type de Caritas ?
Si c'est le type de Car…
Non, c'est Mirko. Son frère jumeau.
Je suis Mirko.
- Et je ne supporte pas les pauvres. - Super. La corde.
- Mirko passe la corde. - La corde !
- Au revoir, Mirko. Merci. - On va se faire arrĂŞter.
Pourquoi il a dit ça ?
Il rigole. C'est un gros blagueur.
Tu ne veux pas conduire ?
Tu es cinglé ?
C'est facile. C'est le large.
Le capitaine du Titanic avait dit pareil.
Allez, Capitaine. J'ai lâché. À toi.
On change la couche ! Ouais !
Allez, calme-toi.
Calme-toi un peu. Tu pleures depuis deux heures.
Comme ça, on pourrait se reposer.
Allez !
Tu es brûlant.
Bon sang, tu es une fournaise.
Je fais quoi ?
Attends. Vas-y. Prends ça.
Passe-moi la bouée.
Tu y arrives ? Allez.
Super.
Et maintenant ? On fait quoi ?
Plus rien. On attend.
C'est vrai, tu n'as pas l'habitude.
C'est ton frère. Le beau. Vito, réponds !
Comment je vais me débarrasser de l'odeur du poisson ?
Les pĂŞcheurs utilisent l'eau de mer.
L'eau de mer ?
Marina !
Il lui manque une case.
Marina !
Tu es cinglée ?
On se les gèle !
Lave-toi. Tu pues aussi !
- Je pue ? - Oui !
Non !
Bon, tu es prĂŞte Ă rentrer ?
Je ne suis pas trop d'humeur Ă travailler.
Ah, non ?
On ne rentre pas, alors.
Tu es la patronne. Tu décides de tout.
Ce n'est pas si simple.
- Je peux te dire un truc ? - Oui.
Parfois, on dirait que tu subis la vie
au lieu de la vivre.
On ne décide pas toujours de tout.
Ah, non ?
Dégage avec ton chien ! J'ai un bébé !
Ça va aller ?
Bien sûr que ça va aller.
- Je le mets oĂą ? - LĂ .
Vit… C'est quoi son nom, déjà ?
Carlo !
Antonello !
- Que fais-tu ici ? - Je t'ai appelé 200 fois !
J'étais en mer. Tu as appelé ? Tu as pris le bébé ?
- C'est une urgence. - Pourquoi ?
Il a 37,2 de fièvre.
- 37,2 ? - Oui.
- Pourquoi ? - Je sais pas.
Il a une dent qui pousse. C'est normal d'avoir de la fièvre.
Comment je le saurais ? Cette dent n'était pas là avant.
Non. Passe-moi ce mouchoir.
Pourquoi tu ne me l'as pas dit ?
"Tonton, je fais mes dents" ?
- Il aurait pu me le dire. - Ne me ridiculise pas.
Surprise ! Nous voilĂ .
Salut.
Salut.
Antonello. Regarde.
Quand il fait ses dents,
tu prends un morceau de glace
et tu le mets sur la dent qui…
Tu comprends ? C'est normal qu'il ait de la fièvre.
Comment je pouvais le savoir ?
Eh bien, je suis désolé.
- Continuez… - À plus tard.
Ça va, loulou ?
Tout va bien.
De la fièvre !
C'est mon collègue.
Il garde mon fils.
Il tousse un peu. Ça ne va pas ?
Tu as d'autres surprises ?
C'est certainement la plus importante.
Hein, Napoleone ?
Vraiment, Napoleone ?
Bien sûr. Il lui fallait un nom fort.
Voilà comment mettre la pression dès le plus jeune âge !
Je compatis, Napoleone.
Regarde. C'est quoi ?
Et sa mère ?
Sa mère était jeune.
Elle craquait pour lui.
Mais une fois que ça s'est corsé, elle a paniqué et…
Et voilĂ .
Tu n'as pas paniqué, toi ?
Je me suis chié dessus.
Mais…
Mais ?
C'est grave si tu es en retard au boulot ?
C'est un oui ? Oui ?
Qu'en penses-tu, toi ?
- Il a dit oui. - Oui ?
Oui.
Je me souviens quand j'ai appris pour Napoleone.
Je croyais que c'était infaisable
et que je n'y arriverais pas.
Donc, je suis venu ici.
C'est un lieu apaisant.
Les Sept Œuvres de miséricorde.
Imagine Caravage devant sa toile vierge.
Il devait être terrifié.
Il a dĂ» penser : "Je fais quoi ?
"Et si je gâche tout ?"
Mais il a trouvé le courage…
et petit Ă petit,
il a créé ce chef-d'œuvre.
Au bout du compte, tout dépend de nous.
Pas tout, non.
Mais beaucoup, oui.
Non. Elle ne me répond pas non plus.
Je ne sais pas ce qui lui arrive.
C'est l'hĂ´tel qui la stresse.
D'ailleurs, ça avance ?
Que dire, Vittorio ?
Ă€ merveille.
Une fois ce taudis démoli, on pourra commencer.
Un immeuble vide en plein centre.
Bien joué. Je dois te saluer pour ça.
Enlevez le passage souterrain.
Regarde ce que j'ai.
Ton jouet, mon loulou.
Tiens. Joue.
Vous faisiez quoi ?
On faisait quoi ?
On est allés marcher.
La nuit a été longue.
Clairement.
Tu ne l'aimes pas, j'espère ?
De quoi ? Tu rigoles ?
On doit se tenir au plan.
C'est aujourd'hui, pas de faux pas permis.
C'est comme si l'assassin de Hitler tombait amoureux de lui.
- Quelle comparaison ! - Elle est bonne.
Je prends du café. Je suis fatigué.
Tu as tout sous contrĂ´le, hein ?
Oui, tout roule.
Marina ne remarquera pas que les riches sont au chĂ´mage ?
Elle n'y verra que du feu.
On va utiliser ça. Ça, c'est bon. Il faut finir madame.
Non ! Eugenio ! Enlève ce t-shirt Dior !
Le D est à l'envers ! On dirait une robe sur toi ! Mets ça !
Peppina ! Non ! Je te l'ai dit, pas de boucles.
Les riches ont les bouts ondulés.
Je ne peux pas toutes les faire pareilles.
Les femmes riches sont toutes les mĂŞmes.
Non ! Pas cette veste. Sasà , une veste élégante !
Je m'en charge !
Non, madame, évitons les robes à fleurs.
Vito en a la phobie.
Non ! Pas ce chapeau ! Enlève-le !
On dirait Escobar !
Je t'ai dit d'enlever les lunettes !
L'hôtel que Marina a imaginé saisit l'esprit de la ville
grâce à une forme organique
et Ă sa structure flexible et multifonctionnelle.
- Rassemblez-vous ! - Par ici !
- Écoutez ! - Allez ! On se dépêche !
Allez !
Par ici ! Revoyons le plan.
Alors, à 13 h, le groupe du rez-de-chaussée entre.
Cinq minutes après, le premier étage.
- D'accord ! - Puis le deuxième, et ainsi de suite.
Et très important !
Quoi encore ?
- Pas de dialecte. - Comment ça ?
Ne parlez pas napolitain !
… avec du matériel bio et respectueux de l'environnement.
Et surtout, parlez en silence.
- Comment on parle en silence ? - Comment on fait ?
Faisons ça.
Ne parlez pas du tout. Ce sera mieux.
ON DOIT COMMENCER À PRÉPARER
Marina pourra mieux l'expliquer.
Désolée, je dois y aller.
Mais, Marina ?
M. Spagnoli a travaillé à mes côtés.
Il vous expliquera tout.
Toutes mes excuses.
Alors, M. Spagnoli, continuons.
Allez !
C'est parti !
Et si je rate tout ?
Tu pourras te reconvertir en pĂŞcheur. Allons-y. Vite !
On est lĂ .
Bonjour.
C'est le baby-sitter ?
- Oui, c'est un touche-Ă -tout. - Oui.
Je suis généreux. J'aime me rendre disponible.
J'aime aider les autres.
J'ai entendu de bonnes choses sur vous.
Carlo, ton fils va rester comme ça ?
Oui. Ça ira.
Il sera calme et jouera avec les carottes…
- Oui. - Super. Commençons.
Finis ça. J'ai coupé le pain et les légumes.
- Surveille Napoleone. - Allez.
- Courage, chef. - Le service doit suivre.
Eugenio !
Tu n'es pas chez toi !
Tiens. Ne mets pas tes coudes… Comme ça !
La serviette ici. Surveillez-le.
Tu es sur ton canap' ?
- Bonsoir ! - Luigino !
Silence ! C'est quoi, ces salutations ?
- Je dis juste bonjour. - Assis. Carmen, ici.
- C'est quoi, ce silence ? - Quoi ?
Ils n'aiment pas ?
Non ! Ne crois pas ça. Ils sont juste bien élevés, tu sais ?
Et timides.
Ils sont comme ça. Ils parleront plus tard.
- Tout va bien. - Certains ?
- Oui ! - Bien sûr !
On dirait une morgue ici !
Vous devez parler ! Parlez plus fort.
- Et dire quoi ? - Non ! C'est trop !
Moins par ici et plus par lĂ .
- Antonello. - Pas mon nom !
On revoudrait du mille-feuille décomposé.
"Décomposé" ? Déconstruit ! Et c'est non.
Antonello, s'il te plaît.
- Ne bouge pas. - Merci.
Viens remuer les pâtes.
Je suis là pour ça.
Sens ça.
Bizarre, je ne connais personne.
De quoi, pardon ?
Ce sont souvent les mêmes qui viennent aux événements caritatifs.
Parce qu'ils veulent se faire remarquer.
Ces gens ne m'intéressent pas.
Ici, ce sont des personnes qui aiment faire le bien discrètement.
- C'est prĂŞt. - Pardon !
C'était si bon. On peut en ravoir ?
M. Vitale, on vous l'apportera. Antonello, occupe-toi de monsieur.
Ça arrive, M. Vitale. Pas de souci !
Si bon que ça lui a donné des ailes.
Tu as perdu la tĂŞte ? Tu crois que c'est du libre-service ?
- Privé de dessert. - Non !
Privé de dessert ! Assieds-toi !
- Antonello ? - Oui ?
J'en veux bien, moi.
Il vaut mieux pas. C'est pour toi.
Ils sont magnifiques.
- Ah oui ? - Oui.
Ça leur a plu ?
Bien sûr. Même trop. Hein, loulou ?
Je ne sais pas.
- C'est bizarre. - Quoi ?
Je vais aller faire un tour de salle et voir si ça leur a plu.
Non ! Attends, Marina.
C'est une mauvaise idée. Ce sont des gens pudiques. Allez.
Ça ira. Je serai discrète.
- Marina, j'ai dit non. - Qu'y a-t-il ?
Non, c'est juste que…
Tu as un peu de…
Je veux pas te voir déçue.
Ils montrent peu d'enthousiasme, tu sais.
- Carlo. - Oui ?
Je préfère savoir la vérité.
Silence.
Bonjour.
Bonjour.
Tout va bien, monsieur ?
Allez !
Allez !
Merveilleux !
C'est Ă ton tour.
Mesdames, messieurs.
J'aimerais vous présenter notre projet d'eau en Gambie,
avant les donations, bien sûr.
Mais tout d'abord, applaudissons Ă nouveau notre chef.
- Merveilleux ! - Bravo !
Merci.
Merci Ă toi.
TU AS OUBLIÉ ÇA CARLO
Allez, on rentre.
Il est tard. Napoleone doit dormir. Hein ?
On se voit Ă la maison. Merci.
- Au revoir. - Au revoir.
C'était incroyable.
Alors ? Ton verdict ?
Oui, super.
Qu'est-ce qui t'arrive ?
Même en faisant tout pour que ça marche
et en faisant bien,
il y a toujours un truc qui cloche.
Et des innocents en feront les frais.
Attends.
Tu n'as pas récolté ce qu'il te fallait ?
Non.
Et donc ?
Tu abandonnes ?
Je ne sais pas quoi faire, Marina.
J'ai tout donné.
Il te manque combien ?
- Les voilĂ . Antonello ! - Bonjour !
Il vaut mieux y aller, Marina.
Oui.
Quelle joie !
Quel bordel.
Je le savais. Elle a dit non ?
C'est oui.
Vraiment ? Oui !
On est des génies !
Des prodiges, Napoleone !
- Elle l'envoie quand ? - Demain matin.
Pourquoi tu es si triste ?
On ne l'acceptera pas. C'est de la folie.
"De la folie" ?
Je ne peux pas lui faire ça. Marina me fait confiance.
- C'est le but. - C'est le but !
On n'a pas le temps pour ça, petit con !
Le juge est au courant. Si on perd l'appart, on perd le petit.
Donne-moi Napoleone. Viens, loulou.
Donne-le-moi.
Il a besoin d'air.
J'ai dit "petit", mais tu es un grand con.
Tu veux la vérité, Antoné ?
On pensait tout savoir de Marina.
Mais on ignorait tout d'elle.
Salut.
J'ai besoin de…
Je dois te parler.
Je dois te parler aussi.
Vito !
Tu ne peux pas encore te laisser entuber !
On a besoin de cet argent, pas elle !
On fait quoi ?
Viens ici.
Viens.
Quand les services sociaux débarqueront,
on sera déjà partis
loin d'ici.
Je redeviens Vito aujourd'hui.
Fini les mascarades.
Tu es qui, putain ?
Prends le petit.
On était dans la merde.
On devait trouver une solution.
Est-ce que tu as…
menti sur tout, Carlo ?
C'est ton nom, au moins ?
Dire que je t'ai fait confiance…
Marina !
Si tu me suis, j'appelle la police.
Comment as-tu pu ĂŞtre si naĂŻve et te laisser arnaquer ?
Par deux vauriens, en plus.
On ne dira rien à ton père, d'accord ?
Et on se concentre sur notre but.
Ce projet dure depuis sept ans.
L'architecture, surtout dans cette ville…
Attention !
Et l'Islande ?
On pourrait ouvrir un kiosque lĂ -bas.
En Islande ?
On se les pèle là -bas.
Tu as raison.
"Tallinn, vols Ă partir de 19,90 euros."
C'est où ça, Tallinn ?
Tu me suis, Vito ?
On s'en fout. On le saura une fois lĂ -bas.
Je le sens bien. Ça sonne bien, Tallinn.
"Tu habites oĂą ?"
"J'ai déménagé à Tallinn."
Tallinn, hein ? Ça a l'air sympa, non ?
J'aime bien. Napoleone, on réserve ?
- Salut ! - Salut.
Tu as vu le cuistot ?
Ils ont acheté l'immeuble pour faire un hôtel cinq étoiles de luxe.
Montre-moi.
Les De Leonardi auraient prévu de le transformer en hôtel
depuis deux ans.
Ils vont le démolir.
C'est enrageant, on devrait se plaindre.
Je t'ai dit de me laisser.
Bravo !
Je viens te féliciter.
Tu voulais notre immeuble,
donc tu nous as tous chassés.
L'invasion de rats.
Les fuites.
Et pour finir, le risque d'effondrement.
Ingénieux.
En deux ans, ils sont tous partis.
Sauf moi et mon frère.
Et tu as fait quoi, alors ?
Dupé Antonello.
Il faut du talent pour faire ça.
Et on n'est pas aussi bons.
Bravo, l'architecte.
Tu viens ?
Non, je n'ai pas fini.
Je t'appellerai.
Permis, documents,
construction…
Ça veut dire quoi "évacué" ?
"Demande de démolition, inspection, mairie de Naples.
"Gestionnaire, Carmine Formisano."
CARMINE FORMISANO MAIRIE DE NAPLES
Tu as foutu quoi, Federico ?
Je n'ai rien volé.
Ils ont vendu, j'ai acheté.
Pour la moitié du prix.
Marina, c'était pour nous. Pour l'entreprise. Pour l'hôtel.
Non, pour empocher l'argent et impressionner mon père.
- Stop ! - Qu'y a-t-il ?
Tu savais que ça ne s'effondrerait pas ?
Comment ça ?
C'est un vrai taudis, ce truc.
Non, c'est toi qui as causé ces problèmes.
Vittorio. Toi, tu comprendras.
C'est le plus gros marché jamais conclu.
Demain, on aura le permis pour le démolir
et y construire notre avenir.
Pourquoi gâcher tant de travail ? On a tout à y gagner.
Non.
On va arrêter ça tout de suite et tu vas tout arranger.
Allô, Giorgio. Une seconde, s'il te plaît.
Si ça s'ébruite, on est tous responsables.
Ce sont vos signatures.
Mon cher Giorgio !
Oui, bien sûr. On est prêts.
Quoi encore ?
Oui, je sais.
On a beau se haĂŻr, on doit s'entraider.
D'après qui ?
Vous voulez sauver l'immeuble ?
Oui.
- Salut. - C'est celui qui déteste les pauvres ?
Je ne les déteste pas. Ils m'ont…
Salvatore, tais-toi. Le bébé dort.
On s'y met ?
Après les fuites et les cafards,
Federico a soudoyé un employé qui a inventé un risque d'effondrement.
Je me souviens de lui.
Il a même fait semblant de mesurer avec ce machin…
D'accord. Assis.
Donc, tout le monde a décidé de partir.
Sauf vous. Et donc, qu'a fait Federico ?
Il s'en est pris au plus…
- Bête. J'ai compris ! - La démolition aura lieu demain.
Federico masquera ça vite avec l'hôtel.
C'est un plan élaboré, je dois dire !
J'ai juste une question.
Tu sais si Federico donne des formations ?
Non, blague à part, le mec est doué.
Elle ne s'est quand même doutée de rien.
C'est pas sa faute.
La pauvre était aveuglée par l'amour.
Ça te dérange qu'il mente mieux que toi ?
Ça suffit.
Rappelez-vous qu'on est dans la grosse merde.
On doit rester solidaires.
- C'est elle. - Lui.
Donc, quelle est ton idée brillante ?
Grâce à vous, j'ai pensé à vérifier son agenda.
Il a reporté une réunion demain à 11 h.
Conclusion ? Il en a une plus importante.
On va le suivre.
Ne t'approche pas trop. Il va te reconnaître.
Me reconnaître ? Tu as vu ta robe ?
Elle a quoi, ma robe ?
Elle est rouge. C'est très discret.
- Hein ? - Allez !
Tu aurais pu tout me dire plus tĂ´t.
On aurait pu s'arranger, mais tu as préféré jouer un rôle.
Contrairement à toi, j'en étais conscient.
Hors du chemin !
Madame, vous devez partir.
Il fait quoi ?
Je sais pas. Je vois rien.
Merde ! Il est lĂ . Viens.
Tu sais, je me disais.
Ce serait super si on pouvait le filmer.
- Mais… - Filmer ?
D'en haut, parce qu'on ne voit rien d'ici.
Compris ?
Bonne idée !
- Tu en dis, de la merde. - MarĂ ! Attends !
- Mais parfois, tu es intelligent. - Hein ? Doucement !
- Grimpe ! - Je dois grimper ?
Dépêche-toi ! Ils ne vont pas nous attendre.
Attends une seconde.
Bon sang.
J'y suis presque.
Fais attention !
"Fais attention."
- On voit tout d'ici. - Filme !
- Quoi ? - Filme !
Laisse-moi sortir mon portable.
Salut !
HĂ©, gamin. Tu fais quoi ? Je filme juste un truc.
Ouais, d'accord.
Presque.
Putain de…
Gamin !
Tu me tires dessus ?
Et ta mère ? Tu l'as mangée ?
Attends, je reviens.
- Je vais recharger. - C'est ça.
Alors…
VoilĂ .
- C'est bon. - On doit prévenir mon père.
- Ils échangent de l'argent. - Filme.
Au voleur !
Elle porte une robe Ă fleurs !
- Madame ! - Voleur !
- Oh non, une vieille. - Madame.
- Va-t'en ! - Je ne suis pas un voleur !
- Madame ! - Va-t'en d'ici !
Attention, il va…
Bon Dieu ! Qu'est-ce que j'ai fait ?
Que s'est-il passé ?
Rien. Il y avait un voleur.
J'ai failli le tuer.
- Dans vos rĂŞves. - Ton portable ?
Bon sang. Je l'ai.
Mon Dieu, ça fait mal.
Je t'ai dit de faire attention.
Mes cuisses, mon estomac, mes reins !
Mais ne t'en fais pas.
Attends une seconde.
Tu sais pourquoi je n'ai rien de cassé ? Parce que je porte mon casque.
Qu'est-ce que vous foutez lĂ ?
- J'allais te le demander. - Tu me suis ?
Je voulais admirer ton travail.
Tu nous as tous si bien dupés.
Je croyais qu'on était du même avis.
Quel avis exactement, Federico ?
Tu ne demandes jamais mon avis quand c'est important.
J'ai tort ?
Marina !
Tu n'as jamais su décider de ce qui est bon pour toi.
Sans parler du reste.
C'est vrai.
Mais j'ai commencé et c'est génial.
Bonne continuation.
On se voit au tribunal.
ArrĂŞtez !
Arrêtez ça !
ArrĂŞtez !
Salut, Vito.
- Le père parfait, dis donc. - Si tu le dis.
"Tonton", ça me suffit.
VoilĂ les vĂ´tres.
J'ai la bleue.
La vache !
- Tenez. Ça ira plus vite. - J'ai une tétine dessus !
MarĂ.
On a réussi.
Tu crois que tout est résolu entre nous ?
Tu nous as évité un désastre.
J'ai fait ce qui me semblait juste.
Et je continuerai, Papa.
De Leonardi, c'est toi.
Ce n'est pas moi.
Votre mille-feuille était un vrai délice.
J'en rĂŞve mĂŞme la nuit !
Vous êtes le père du chef ?
Oui…
Je t'expliquerai. Oui, c'est mon père.
- Mes compliments. - Merci.
- Vito. - Oui.
Prends Napoleone. Il veut son papa.
Viens, mon loulou.
- Et voilĂ . - VoilĂ !
Viens voir Papa, fiston.
Un câlin à Tonton pour avoir assuré ?
Viens ici.
Tu te souviens des recettes de Maman ?
Oui, pourquoi ?
Désolé de vous déranger.
Je voulais vous remercier.
Merci, M. De Leonardi.
Merci, MarĂ.
Allez, allons-y.
Allez.
Alors ? On a réussi !
Dire qu'on a dû endurer tout ça
pour ce taudis.
Mais il m'a manqué.
Il m'a manqué.
Il ne m'écoute même pas.
J'ai perdu mon portable. Tu m'appelles ?
Bien sûr.
Vito, réponds ! C'est ton frère. Le beau.
ANTO : MARINA, ÉCOUTE ÇA
Tu veux la vérité, Antoné ?
On pensait tout savoir de Marina.
Mais on ignorait tout d'elle.
Je prendrai pas l'argent.
Mais tout ça en aura valu la peine.
J'aime Marina.
Je l'aime.
J'aime une riche aux habits chics
qui parle cinq langues, mais pas la mienne.
C'est peut-être pour ça.
Malgré ses chemises bien repassées
et les restaus chers, elle est comme moi.
Une vraie cata, mais elle se bat.
Avec une force qui me réveille.
Ça me fait me demander :
"Pourquoi je ne réveille pas la mienne ?"
Marina a su briser ma carapace.
Alors que mĂŞme une bombe n'aurait pas pu.
Mais elle a réussi.
- Combien de temps pour la sauce ? - Dix minutes.
Je viens te rendre ton portable.
Je ne vole pas, moi.
Merci. Elle vient me rendre mon portable.
Tu n'es là que pour ça ?
Non.
Aussi pour critiquer tes goûts de merde.
Tu hais Mengoni.
Tu t'habilles comme un ado.
Et désolée,
mais c'est quoi, cette boucle d'oreille de dealer ?
Sans parler de tes tatouages pourris
qui sont démodés depuis les années 90.
Et tu aimes les films où ça tire partout
et qui n'ont aucun sens.
Si je comprends bien,
tu viens me dire que je te dégoûte ?
Oui.
Mais toi, non.
Ce n'était pas pour le portable.
Vito, il te reste des poivrons farcis ?
Plus que deux !
Je les prends !
Nous, preum's !
Hein ? Je l'ai dit en premier.
Calme-toi !
Vito, envoie des brocolis pour les calmer.
Ces deux-là vont s'entretuer ! Dépêche !
Voilà les pâtes. Tiens.
Alors ?
On est bientĂ´t Ă court de tout.
Il nous reste une parmigiana et une tresse de mozza.
Je t'avais dit d'en acheter plus.
Tu vas te calmer ou je retourne travailler avec Papa.
Les pauvres sont gourmands, tu le sais.
Bon sang, quel radin !
Il ne donne pas de pourboire et il exige une copie de l'addition.
- Tu lui as donné ? - Je suis quoi, un mathématicien ?
On devrait s'organiser mieux.
Ce n'est pas si bĂŞte.
Non, arrĂŞtez. S'organiser de quoi ?
On sert du chaos ici. Un restaurant déconstruit.
Un point c'est tout.
- Je vais le virer. - Je t'en prie.
Virer qui ? Je suis un entrepreneur.
- Un entrepreneur. - Virez-moi ! C'est qui ?
Une lettre pour Antonello Esposito.
C'est qui ?
Le facteur !
Dis-le, alors ! Qu'il est énervant.
Qu'y a-t-il ?
- Une amende. Je la payerai. - Hein ?
- Montre-moi. - Je t'expliquerai.
- Montre-moi ce que ça dit. - Plus tard. Ce sont mes affaires !
Montre-moi !
Regarde !
Tu as la garde exclusive.
Mon Dieu !
Regarde.
- Qu'est-ce que tu dis ? - C'est écrit.
C'est le plus beau jour de ma vie.
Napoleone. On a réussi, loulou !
Tu es content ? Tout est réglé.
Et ça ?
Non, rien.
C'est quoi ?
Je ne sais pas, mais je suis sûr que…
Enfin, je peux tout t'expliquer.
Tu peux m'expliquer ? Voyons.
"Très cher Dr Antonello Esposito… "
Tu es docteur ?
Pas que je sache.
"Nous avons hâte de vous voir à Tokyo, le 25 octobre,
"pour notre conseil d'administration… "
Je vais te tuer.
Voyons le positif.
- Je suis positif. - Oui, reste positif.
- Tu m'énerves ! - Ça fait mal !
Je veux savoir de quoi il s'agit.
- De quoi, Tokyo ? - J'ai des assiettes.
- Tu devrais courir ! - Dis, Vito.
Napoleone et moi adorerions aller Ă Tokyo.
Ah ? Regarde ce que Papa fait Ă Tonton.
- C'est pas moi. - Explique-toi !
Ils m'envoient des lettres. Pas de ma faute !
Antonello, c'est quoi ce bordel ?
Non !
PAS DE MA FAUTE !
Sous-titres : Mélodie Aubrée
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