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Bah non, moi je suis Ă l 'odyssĂ©e lĂ oĂč tu veux que je fasse.
Oh, crever.
Crever.
Attends.
Attends, je te rappelle.
Axelle ? Oh merde.
Au secours, il y a quelqu 'un ?
Mais non, c 'est pas ça. T 'entends ? Non.
Tu vas te mettre au sport ? Quoi ? Non.
Tu en fais dĂ©jĂ ? J 'ai des ressources. Non, mais arrĂȘtez.
ArrĂȘtez de prendre un petit air supĂ©rieur quand tu nous parles.
T 'as fini ta pubertĂ© ? Tu vas peut -ĂȘtre Ă la lutte. Oui. Mais non, t 'es
amoureux. Non, mais c 'est sérieux, là . J 'ai une annonce importante à vous
faire, vraiment. Plus tard, Jules, il est déjà ... Ouf, 9h04, excusez -moi.
La DGSI nous a signalé... On prend.
La DGSI, donc, nous a signalé la vente d 'une arme du TroisiÚme Reich à un
individu de notre secteur. T 'entends DGSI, tu fonces. C 'est juste un
collectionneur, c 'est pas interdit.
Collection d 'objets nazis, il faut ĂȘtre complĂštement parĂ©.
J 'aimerais profiter qu 'on soit tous ensemble pour... Sinon, mort suspecte d
'un coach sportif dans la salle oĂč il travaillait, soi -disant une crise
cardiaque. Ăa, c 'est pour moi.
Et en plus, je viens de me remettre Ă la muscu. Ăa se voit, non ? Iris, Victor ?
Avec sa confiance que j 'ai toujours dit, le sport, c 'est dangereux.
Pauline Riem, vous assurez le backup ? Allez. TrĂšs bien.
Alors, je voulais juste dire un truc. Quoi ? Oui. Je voulais en profiter
pour vous faire une annonce. Enfin, je voulais vous dire, ça me pÚse, c 'est
à dire pour moi. Bon, alors allez -y. J 'ai l 'impression que vous avez commencé
votre phrase avant -hier.
Je ne vais pas demander ma titularisation dans la police.
Je pars Ă la fin de mon contrat dans deux mois.
Tu plaisantes. On va se moquer de qui, nous, maintenant ? C 'est vrai que ça se
fait pas de quitter une équipe.
Pourquoi tu pars ? On est bien ici.
La police, c 'est plus ma vocation.
Je serre Ă rien la preuve, je peux mĂȘme pas en placer une.
Excusez -nous d 'avoir un éventuel néo -nazi et un homicide sur les bras.
Bon, mon petit Jules, pas de décision active, on en reparle.
Allez, tout le monde au travail.
Jules ne peut pas partir.
Ah oui, c 'est triste.
Oui, c 'est trĂšs, trĂšs triste, je sais.
Mais ces deux prédécesseurs n 'étaient pas restés. Donc j 'ai l 'air de quoi,
moi, face à ma hiérarchie. Sans compter qu 'il va falloir recruter, former,
faire de la paperasse. Alors vous faites ce que vous voulez. Un numéro de
claquette s 'il le faut. Mais Jules doit demander sa titularisation. C 'est
clair ? Jules doit demander sa titularisation. TrĂšs bien.
On est une team.
Allez.
C 'est triste que Jules s 'en aille, non ? J 'ai bien compris votre allusion
pendant le brief, qui était pourtant vraiment trÚs subtile.
Me faire culpabiliser ne va pas me faire changer d 'avis.
Ah, donc c 'est acté ? Ben oui.
C 'est une bonne chose que vous rejettez mon pĂšre.
Il y a un monde totlaiber ici.
Quoi ? Un monde totlaiber.
Ăa simule une montĂ©e d 'escalier.
Sérieux ? Les gens payent pour monter des fausses escaliers ? Non, mais ce
est dingue.
Ce qui est dingue, c 'est de te voir toi dans une salle de sport.
Je te le fais pas dire.
D 'ailleurs, si je reste trop longtemps dans cette salle, c 'est moi qu 'il va
falloir autopsier.
Bon, allez, tu me suis ? C 'est par ici que ça se passe.
C 'est Axel Gaspar. Tu me connais ? C 'est un influenceur, j 'aime bien ses
vidéos. Son truc, c 'est la musculation naturelle. Les exercices au poids du
corps et surtout sans trop du dopant.
Il colle pas trop avec une crĂšche Ă d 'aigle, du coup, non ? Non. Mais par
contre, ça peut coller avec une overdose.
J 'ai retrouvé ça.
C 'est de la codéine.
Un opioïde généralement utilisé comme antalgique. Et trÚs répandu chez les
sportifs, puisqu 'il permet de gérer la douleur aprÚs l 'entraßnement. Ouais,
enfin, Ă quel prix ? Les pressions respiratoires, hypotension, bradycardie,
lĂ , je t 'en passe.
Mais ça, en tout cas, c 'est pas les médocs qui lui ont fait cette vilaine
griffure. Non, et elle est récente.
Juste avant la mort.
Une si jolie montre avant 50 ans.
Lui, il avait pas raté sa vie, en tout cas.
Et ça gagne bien, un coach sportif ? Ici, c 'est une salle sélect, donc j
'imagine que ça paie bien.
Puis il faisait des collabs aussi, donc... Des ? Collaborations
Des marques qui payent des influenceurs pour faire la promotion de leurs
produits sur les réseaux.
Des hommes sandwich, quoi.
Si vous voulez.
On a trouvé son téléphone ? Et non.
C 'est bizarre pour un influenceur, non ? Elle est de moins en moins naturelle,
cette mort.
On ouvre une enquĂȘte pour homicide ?
Vous aimez les armes de collection, monsieur Colin ? Vous savez qu 'il faut
autorisation pour ça.
Un Lugar P08.
C 'est bien cette arme que vous avez achetée la semaine derniÚre ? Didier, tu
'avais bien dit que c 'était une erreur.
Vous comptiez faire quoi avec ça ? Une petite parade fachée ? Bon, écoutez, c
'est vrai que j 'ai reçu ce truc chez moi, mais je n 'y suis pour rien.
Ah, mais c 'est marrant.
Parce que moi, il m 'est arrivĂ© la mĂȘme chose le mois dernier, sauf que c 'Ă©tait
un slip Léopard, pas une arme nazie.
Pourtant, la commande a été passée à votre nom, avec votre carte bancaire,
dimanche Ă 14h30.
Dimanche ? Bon, écoutez, dimanche, c 'est impossible. J 'étais chez ma mÚre
ma femme et mon frĂšre, comme tous les dimanches. Comme tous les dimanches,
C 'est encore une blanquette.
Ma belle -mÚre adore ça.
Non, mais écoutez, c 'est quelqu 'un qui a voulu me faire une blague, ou pire,
nuire à ma réputation.
Ah oui, bien sûr. C 'est un complot. C 'est un... Typiquement, une réponse de
facho, ça.
Mais qu 'est -ce que vous racontez, lĂ ? Je ne suis pas facho.
Je suis bénévole, avec ma mÚre, à la SOS Migrants.
Donc, c 'Ă©tait mĂȘme ma grand -mĂšre qui a créé l 'association.
Vous divaguez, lĂ .
Ok, alors si c 'est une histoire d 'usurpation d 'identité, moi je vous
porter plainte.
Ouais, sinon moi je vais pas vous lĂącher.
Et c 'est ce que je vais faire.
Je veux porter plainte.
J 'arrive pas à réaliser.
C 'était mon meilleur coach.
Vous étiez au courant qu 'il consommait des antalgiques ? à force de s
'entraĂźner, il avait des douleurs chroniques.
Je lui ai dit de faire gaffe.
C 'est addictif, ces trucs -lĂ .
Et pour son costume, il avait rencard ? Il me disait pas tout.
Mais apparemment, il fréquentait une autre coach, Manon Bottini.
Et vous n 'avez pas de vidéosurveillance dans la salle ? Non.
Pour l 'intimité de nos adhérents.
Mais pourquoi vous posez ces questions ? C 'est pas une crise cardiaque ?
Précaution d 'usage.
Il va nous falloir la liste, le planning du personnel et des clients. Est -ce qu
'il y a des proches à prévenir ? Non.
Axel était originaire d 'ici.
Et il avait coupé les progrÚs de tout le monde.
On était sa seule famille.
Et moi, je le considérais un petit peu comme mon fils.
C 'était il y a dix ans.
Il partait loin.
J 'ai aidé à devenir ce qu 'il est devenu. Et puis, il est parti faire ses
études à Bordeaux. Et c 'est là qu 'il a commencé les réseaux.
Et malgré sa notoriété, ça ne l 'a pas dérangé de revenir s 'enfermer dans une
salle. Je lui ai déroulé le tapis rouge.
Je lui ai proposé un super job, bien payé.
Et moi, ça me permettait de rajeunir et féminiser ma clientÚle.
On voulait se focaliser sur les musculations, bien -ĂȘtre.
Musculation peut -ĂȘtre, mais bien -ĂȘtre, ça reste Ă prouver.
Avec beaucoup de lait, comme tu l 'aimes.
Je bois que du lait végétal.
Ăa sert Ă rien de me faire votre danse du ventre, lĂ .
Je veux plus ĂȘtre fliquĂ©e. Mais dis pas ça ! T 'es un membre de la famille.
Mais tu parles. 99 % du temps, je fais le planton ou des photocopies oĂč je me
tape tous les rĂąleurs de l 'accueil.
Attends, mĂȘme moi je suis passĂ© par lĂ , Ă Popo aussi. C 'est normal, tu
apprends. Mais j 'ai plus le temps d 'apprendre.
Ăa vous fait pas peur, vous ?
Les crises sanitaires, le rĂ©chauffement climatique, la montĂ©e de l 'extrĂȘme
droite.
Je pourrais ĂȘtre un colibri.
Un colibri de... L 'oiseau, lĂ ? Quand la forĂȘt brĂ»le. Le colibri. C 'est lui
qui apporte l 'eau avec son petit bec et qui pousse les autres animaux Ă le
suivre.
Regarde, avec ça, c 'est ma cousine.
Elle vient de trouver un bébé phoque.
Elle, elle est indispensable.
Ouais, indispensable.
Quand je vois cette photo, moi j 'ai envie d 'ĂȘtre un bĂ©bĂ© fac.
Bah quoi, il est... Il est... Il est mignon, le... Le bébé fac, non ? Ouais.
Bon, bref.
Toi aussi, t 'es indispensable.
Jules, pour un papier ! S 'il vous plaĂźt ! Mon petit Jules ! Indispensable.
Axel Gaspard n 'est pas mort d 'une overdose, il est mort d 'une embolie
gazeuse. On lui a injecté une bulle d 'air dans le sang avec une seringue.
Quel horreur.
Ăa se trouve, c 'est un tarĂ© des rĂ©seaux sociaux.
Axel avait prÚs de 100 000 abonnés sur ses réseaux, pas mal de filles.
Normal, il était tellement beau.
Tellement beau ? Lui, il est tellement beau ? Excuse -moi, c 'est une
caricature. En tout cas, il y a un certain Milku007 qui laisse des
haineux depuis quelques jours.
Tiens, Jules.
Vu que t 'as rien Ă faire, tu peux nous identifier, Muscu007, pour qu 'on
localise le téléphone de la victime aussi.
Donc, euh... Avoue, Mito, tu prends des stéro, hypocrite, manipulateur, il
y va pas de main morte. Elle y va pas de main morte.
Muscu007 remonte Ă l 'adresse IP de Manon Bottini.
C 'est sa petite amie, ça ? Son ex -petite amie, du coup.
Ok.
Merci, Jules. Non, de rien.
C 'est normal.
AprĂšs tout, un grand service.
Entre collĂšgues.
Ăa vous Ă©tonne si je vous dis que Didier Colin jure n 'avoir
jamais commandĂ© d 'armes nazies et qu 'il prĂ©tend mĂȘme ĂȘtre victime d
'usurpation d 'identité ? à peu prÚs autant que le fait que mon ex -mari
avec une femme de 20 ans de moins que lui.
Le pire dans cette histoire, pour l 'arme, pas pour votre mari, c
'est que l 'arme...
a bien Ă©tĂ© achetĂ© via l 'ordinateur de la maison au moment oĂč tout le monde
déjeunait. Ce qui laisse peu de place au doute.
Ă moins que quelqu 'un de la famille ait fait le coup.
La mĂšre dirige une association d 'ado -migrants, je la vois mal commencer une
collection d 'armes nazies.
Et sinon, vous saviez qu 'il avait un frĂšre jumeau ? Pascal, c 'est un drĂŽle d
'oiseau, un peu Ă la marge.
à la marge parce qu 'il joue de la basse ou parce qu 'on dirait moi au réveil ?
Non, surtout parce qu 'il fréquente assidûment un site identitaire.
On n 'est plus chez nous.
Sympa. Donc, il se serait servi de la carte bancaire de son frangin pour s
'acheter un petit souvenir du troisiĂšme Reich incognito.
Incognito, oui.
Excusez -moi, excusez -moi.
Vous travaillez ici ? Oui, mais plus pour longtemps.
Il paraĂźt que vous avez un montaclimber.
Montoclimber. Ăa, ouais.
Mais si vous voulez d 'autres infos, l 'accueil est lĂ -bas. Ouais, mais je
pense pas qu 'ils auront les réponses à mes questions.
Vous ĂȘtes bien Manon Bottini ? Euh, oui.
Vous aviez rencard avec Axel Gaspar hier soir ? Axel, non.
On était juste collÚgues.
C 'est pas ce qu 'on m 'a raconté.
On s 'est vus un peu, mais ça a pas duré, ça collait pas entre nous.
Ăa collait pas ? Bah non, ça collait pas.
Muscu 007, c 'est bien vous ?
Qu 'est -ce que vous lui avez dit exactement ? Manipulateur, hypocrite, c
sympa, c 'était passionnel.
J 'étais en colÚre.
C 'est pour ça que vous avez sorti les griffes.
Qu 'est -ce qui s 'est passé exactement ? Vous avez trompé ? Attendez, pas du
tout, je lui en voulais parce qu 'il s 'est servi de moi.
Salut, ça va ? Axel.
Un entretien préalable d 'un licenciement, elle t 'a bien vu. C 'est
me fais pas l 'innocent, tu savais.
Non. Mais arrĂȘte, le patron, c 'est ton meilleur pote, Ă©videmment que t 'Ă©tais
au courant. Je te le reconnais.
Rodolphe embauche la salle des réseaux, alors forcément, la petite Manon que
personne connaĂźt, on n 'a plus besoin d 'elle.
Mais tu sais ce qui me dégoûte le plus ? C 'est que toi, t 'es pétée dessus avec
tes partenariats.
Moi, j 'ai vraiment besoin de ce taf.
Ăcoute, je vais en parler Ă Rodolphe.
Mais arrĂȘte ! Allez, s 'il te plaĂźt, viens, on va discuter. Tu me touches
'es qu 'un connard !
Et moi, comme une conne, j 'étais tombée amoureuse.
Ăa, pour sĂ©duire, ils savaient faire.
Séduire les clientes aussi ? Aller voir comment ils tournaient tout autour.
Elles voulaient toutes les mettre dans leur lit.
Si elles avaient su... Su quoi ? Que le sexe n 'était pas vraiment son truc.
Il était froid, mécanique.
Une machine de muscu, quoi.
Et parfois, il n 'y arrivait mĂȘme pas.
J 'Ă©tais oĂč hier entre 21h et 23h ? J 'Ă©tais chez moi avec ma fille de deux
que j 'élÚve seule.
Et certainement, il y a encore des femmes qui tuent par jalousie.
Allez dire ça à ma mÚre quand mon pÚre sourit à une cassiÚre.
Ok, on va commencer.
Donc vous vous appelez Pascal Collin, vous avez 52 ans et vous ĂȘtes bassiste
dans un groupe qui s 'appelle les Liberty Brothers.
Vous pouvez parler un petit peu moins fortement ? Pardon, on ne voulait pas
déranger. Vous allez moins picoler hier mon pote.
Ouais, ça va, c 'est le dernier concert de la tournée, je n 'allais pas non plus
fĂȘter ça Ă l 'eau gazeuse.
Je suis rentré à pied, donc qu 'est -ce que vous me faites chier ? Pourquoi je
suis lĂ ? Ok.
La forme identitaire, vous connaissez ? Il développe une thématique récurrente
sur l 'immigration.
C 'est quoi cette merde ? Votre profil.
Regardez, vous avez mĂȘme une petite photo de vous ici.
C 'est n 'importe quoi. C 'est quelqu 'un qui a fait ma photo.
Qui va me piéger.
C 'est marrant, c 'est exactement ce qu 'a dit votre frĂšre hier quand on lui a
demandé s 'il avait acheté des objets nazis.
Des objets nazis dans la famille ? C 'est impossible, ça.
On a toujours combattu ce genre d 'idées.
Soit elle se migrante, ça vous parle ? C 'est une association.
Ma grand -mÚre qui l 'a créée.
Et j 'imagine qu 'on a usurpé votre identité. Et que vous voulez porter
Carrément, ouais.
Les relevés bancaires d 'Axel Gaspard. Tous les vendredis, il déposait plus de
1000 euros en cash.
Soit il faisait du blague, soit il touchait des pourboires.
Ah ben ça rapporte les biceps.
Il y a autre chose.
Quelques jours avant sa mort, il a retiré 6000 euros.
Mais on n 'a retrouvé aucune trace de cet argent, ni chez lui, ni à la salle.
Oui ?
Ăa y est, l 'imprimante est rĂ©parĂ©e.
Formidable, mon petit Gilles. Je vous offre un petit café.
Un café ? De votre machine ? J 'en offre à ceux qui le méritent.
Je ne vous propose pas, ce sont des capsules importées de Trieste.
Je ne bois toujours pas de café.
Sinon, entre deux bourrages de papier, j 'ai vérifié les fadettes de votre
victime. Vous avez trouvé le temps de faire ça ? Il est incroyable, non ?
Juste avant de mourir, Axel a appelé la police, mais il a raccroché avant de
parler Ă un agent.
Entre l 'appel Ă la police... Du sucre ? Non, merci.
Entre l 'appel Ă la police et le cas disparu, peut -ĂȘtre que quelqu 'un le
faisait chanter ou essayait d 'extorquer ? Peut -ĂȘtre mĂȘme que sa soeur le
faisait chanter.
Merci. La semaine avant sa mort, Axel et sa soeur ont échangé pas mal de SMS. Il
est souvent question d 'argent.
On ne vous arrĂȘte plus. Enfin, Jules, je...
Je suis trÚs impressionnée, vraiment.
Vous rapporterez la petite tasse. Oui, oui.
Commissaire, il faut que je vous parle.
Je me demande pourquoi je l 'ai pris tĂŽt.
J 'ai mĂȘme pas eu le temps de prendre mon petit -dĂ©j.
T 'es bien, cette Ă©poque, quand mĂȘme.
Et t 'as bien fait d 'arrĂȘter la chanson.
Non, mais t 'es aimable.
MĂȘme quand j 'ai perdu Gloria, j 'Ă©tais plus en forme que toi.
Elle me manque quand mĂȘme, ma chĂ©rie.
Bon.
Qu 'est -ce que t 'as ? Rien.
MĂȘme moi, la petite sĆur.
MĂȘme la grande.
Si ça te déprime tant que ça, qu 'elle parte, la petite, t 'as qu 'à lui dire
vérité. AprÚs tout, elle a le droit de savoir.
C 'est la reconnaissance de son pĂšre depuis qu 'elle est gamine.
Je vais quand mĂȘme pas lui briser ses illusions.
Je sais pas, ça se trouve, il a changé, car ça n 'est plus le temps.
Et moi, je suis le fils caché de Dalida.
Ah non ! Je sais que c 'est trÚs compliqué pour vous et que ça tombe mal
départ de Jules, mais c 'est important que je rejoigne mon pÚre.
Et Victor ? Depuis que je suis au courant pour la bavure, j 'y arrive
Quoi ? On peut arrĂȘter les secrets ? Je suis une grande fille.
La bavure, c 'était pas Victor.
Il a payé pour son binÎme de l 'époque.
Son binĂŽme, c 'est mon pĂšre.
C 'est pas possible.
C 'est pas possible, il aurait pas fait ça.
Pourquoi est -ce que Victor l 'aurait couvert ? Votre pĂšre venait d 'obtenir
promotion pour le ministĂšre.
MĂȘme trahi, Victor a voulu protĂ©ger son ami qui d 'ailleurs ne lui a plus jamais
donné aucune nouvelle.
AllĂŽ, papa ? Iris, j 'ai parlĂ© de toi Ă toute mon Ă©quipe. Et je t 'ai mĂȘme
trouvé un appartement à deux pas du ministÚre. Un vrai petit bijou.
Qu 'est -ce qu 'il y a ? Ăa n 'a pas l 'air de te faire plaisir.
Non, ce qui me ferait plaisir, c 'est que tu me disais la vérité.
De quoi tu parles ? Le suspect qui est mort il y a 30 ans. T 'es impliqué ? Qu
'est -ce que tu racontes ? C 'est Montagnac le coupable ? Non.
Non, non, non. Le coupable, c 'était toi.
Et Montagnac, il t 'a couvert pour que tu puisses quand mĂȘme ĂȘtre mutĂ© Ă Paris.
Qu 'est -ce que... Tu dis n 'importe... de quoi ? Enfin, Iris, t 'Ă©tais mĂȘme pas
allée, mon chéri. Tout ça, c 'est de l 'histoire ancienne.
C 'est pas de l 'histoire ancienne. Ăa fait 30 ans qu 'il en paye les
conséquences.
La seule chose qu 'il paye, ce sont ses erreurs et son caractĂšre.
Puis moi, tu vois, j 'avais une ambition.
J 'avais une carriĂšre Ă mener.
Puis surtout, je voulais fonder une famille.
Quand tu es né, j 'étais le plus heureux de tous les hommes.
Victor, il mérite pas ça.
ArrĂȘte avec ton Victor.
Tu crois pas qu 'il est temps qu 'on se retrouve tous les deux ? Vu que ta mĂšre
est partie, il ne me reste plus que toi.
Iris, je t 'en prie, laisse le passé au passé.
Wow ! Est -ce qu 'il est beau ce bouquet ?
Sublime. Sais -tu ? Ouh, il est trĂšs bon, hein.
C 'est pour toi ? Bah, faut croire.
Ă l 'attention du jeune policier aux cheveux soyeux Ă l 'accueil, merci
infiniment pour votre aide. Grùce à vous, j 'ai retrouvé foi dans la police.
Oh, la classe.
Tiens, t 'es un flic génial. Tu sais qu 'on m 'a jamais offert ça, moi.
Robert Giordano.
C 'est une blague ? Vous auriez peut -ĂȘtre dĂ» rĂ©flĂ©chir et vĂ©rifier avant de
prendre un mot au pif dans mes dossiers.
Ce mec -lĂ s 'est fait arrĂȘter en Ă©tat d 'ivresse. Il m 'a vomi dessus aprĂšs m
'avoir insulté.
Il a apprécié ton professionnalisme et t 'as bien meilleur.
Et il regrette ? En plus, les fleurs, j 'ai vu les mĂȘmes chez le fleuriste Ă
cÎté, en promo en plus.
Et puis ces rondes sur les i, c 'est typique de ton écriture, Pauline. Pardon
Non, je veux dire des rondes sur les i, il y a plein de gens qui vous parlent.
Je vois pas de quoi tu parles.
Il a raison, c 'est un peu ton Ă©criture quand mĂȘme.
Bon, ok, d 'accord, c 'est nous.
Mais on voit que t 'es pas bien en ce moment, donc on voulait te remonter le
moral.
En tout cas, mon judeau, t 'es un super flic, un super enquĂȘteur.
Faire un fou -pain à la déduction, c 'est un truc de fou.
Non, mais vous m 'avez pris pour un débile, c 'est tout.
Il y a vraiment tant que je me casse.
Bravo, les casseuses.
J 'en veux un, elle va ĂȘtre, mais... Ravi.
depuis des années avec mon frÚre Axel.
Ah bon ? C 'est pas ce que racontent vos textos de la semaine derniĂšre.
T 'as intĂ©rĂȘt Ă venir avec la thune.
C 'est un peu la famille.
Vous aviez rendez -vous il y a quelques jours dans un bar prĂšs de chez vous.
Des témoins ont vu Axel vous donner une grosse enveloppe.
Enveloppe que nos collÚgues ont justement retrouvée chez vous avec 5600
dedans. Ah, c 'en est déprimant tellement c 'est banal. Il est plein aux
vous ĂȘtes en galĂšre.
Vous lui demandez du blé, encore plus de blé.
Mais Axel refuse le chantage.
Il décide de prévenir la police.
Et lĂ , vous vriez.
Sérieux ? Je n 'aurais jamais tué Axel.
On n 'avait pas grand -chose en commun, mais ça restait mon frÚre.
Et il m 'a donné de la thune, mais ce n 'était pas pour moi.
Qu 'est -ce que tu fous ici ? Ben, je t 'attends.
C 'est important de pas oublier la famille.
Tu crois que t 'aurais réussi comme ça si je t 'avais pas protégée du daron ?
Pendant que tu vis ta belle vie, moi, ça fait v 'là longtemps que je m 'occupe
du vieux.
Alors maintenant, c 'est ton tour.
Ăa va pas ĂȘtre la mĂȘme cam sur tes selfies quand il va falloir lui faire Ă
bouffer et nettoyer ton bordel.
AprĂšs, t 'as de la chance.
Il a plus la force d 'ĂȘtre aussi violent qu 'avant.
Tu sais quoi ? Je vais te filer de la thune.
Comme ça, tu pourras payer quelqu 'un pour s 'en occuper.
Et moi, je veux plus jamais entendre parler de lui.
Le lendemain, j 'ai récupéré l 'argent.
C 'était la derniÚre fois que je l 'ai vu.
Votre pÚre était violent avec Axel ? Ouais.
Il a ramassé sévÚre, le frérot.
Surtout qu 'à l 'époque, c 'était une brindille.
D 'oĂč l 'envie de se forger une carapace de muscles.
J 'ai pas toujours été parfaite avec Axel, mais je l 'ai toujours protégée
j 'ai pu.
Vous Ă©tiez oĂč avant Tirepart ? Je faisais la fĂȘte avec des potes.
J 'avais jamais vu autant de cash d 'un coup, alors j 'ai payé ma tournée.
J 'espĂšre que vous ne payez pas l 'auxiliaire de vie de votre pĂšre en
1400 euros la tournée, c 'est pas donné.
Si elle invite tout le quartier.
La libide de la grande sĆur est confirmĂ©e par tous les barmĂštes du
Bon, maintenant qu 'on sait oĂč sont passĂ©s les 6000 euros, c 'est plus qu 'Ă
savoir d 'oĂč venait le cash qu 'Axel Gaspard dĂ©posait Ă la banque tous les
vendredis.
Il Ă©tait peut -ĂȘtre escorte ? D 'aprĂšs Manon, c 'Ă©tait pas le coup du siĂšcle.
Enfin, ça, c 'est subjectif.
Non ? Et surtout qu 'au départ, escorte, c 'est juste quelqu 'un qui accompagne.
Quoi ? Il y a vraiment des nanas qui paient juste pour ĂȘtre accompagnĂ©s ? C
peut -ĂȘtre la diffĂ©rence entre les hommes et les nanas.
En tout cas, votre coach avait des cours perso tous les soirs avec une certaine
Gala Morin.
Tous les soirs, Carl ? Ă ce stade, c 'est du masochisme.
Ah bah lĂ , lundi, body attack, mardi, renforcement, mercredi, cardio, jeudi,
body shape, vendredi, fit and tonic et le week -end, repos.
Gala Morin.
Je l 'ai.
Directrice marketing d 'une grande marque d 'horlogerie de luxe. Merlin.
Comment tu sais ? Je vous montre.
Je suis celle de la victime.
Pas mal, hein ? Eh bien, je crois que de gala, il est temps d 'ouvrir le bal.
Vous savez pas s 'il y a un mode automatique qui avance tout seul ? Le
c 'est d 'utiliser ses muscles.
Enfin, quand on en a.
Ah, sympa.
Vous savez parler aux hommes, vous.
Si vous voulez, je peux vous apprendre.
Hein ? Si je vous donne des cours, vous m 'offrirez une jolie montre comme Axel.
Mais qu 'est -ce que vous faites ? Capitaine Montagnac.
Capitaine Villeneuve.
C 'est bien vous qui lui avez offert sa montre ? Un simple échange de bons
procédés ? On devait monter une collaboration commerciale autour de
Un genre de collaboration qui nécessite un peu de sueur.
Vous aviez des séances tous les soirs entre 22 et 23 heures quand la salle est
presque vide.
Vous ne faisiez pas que du gainage avec Excel, dites -moi.
Vos insinuations sont tout insultantes.
Vous avez raison, je suis un goujard. Allez -y, giflez -moi. Non, mĂȘme mieux,
griffez -moi.
Je vous demande pardon ? On a retrouvé une griffure sur la joue d 'Axel qui
pourrait correspondre Ă votre bague.
Votre téléphone a borné ici au moment de sa mort.
Votre mari est médecin, vous avez accÚs à des seringues et vous savez qu 'une
injection d 'air dans le sang peut tuer par embolie.
Je n 'ai rien Ă vous dire.
Contactez mon avocate, maßtre HélÚne Laurence.
Avec plaisir.
DÚs qu 'on aura interrogé le mari de Madame pour vérifier notre hypothÚse.
Attendez.
C 'est vrai que j 'ai vu Axel avant -hier soir.
Mais ce n 'est pas du tout ce que vous croyez.
Quel élégant.
Je voulais faire honneur Ă notre futur partenariat.
Quelque chose me dit qu 'il est en trĂšs bonne voie.
C 'est pour toi.
Elle est magnifique.
Merci.
Ă l 'image de celui qui la porte.
Quelle flatteuse.
Ta chemise est trÚs élégante, mais... T 'en as pas les trois, non ? Tu permets ?
Attends, attends.
J 'ai accepté l 'invitation pour qu 'on parle d 'Ignace.
Mais rien n 'empĂȘche d 'aller vite si lĂ l 'agrĂ©able.
Non, non, non.
Je crois qu 'on s 'est pas compris.
Je suis pas un gigolo.
C 'est dommage que tu le prennes comme ça.
Tu t 'as cru quoi ? Tu pourrais ĂȘtre ma mĂšre.
Si vous voulez mon avis, il devait ĂȘtre gay.
Ou juste pas intéressé. Vous savez que le consentement, ça fonctionne aussi
les hommes.
Des mois qui m 'allumaient avec ta petite gueule d 'ange et tes muscles
saillants. Apparemment, elle ne le sait pas.
Qu 'est -ce que vous avez fait aprÚs cette dispute ? Je suis rentrée chez
J 'ai dit à mon mari que ma réunion de travail avait été annulée et on a dßné
ensemble.
Si vous pouviez rester discret quand vous vérifierez.
Discrétion, c 'est mon deuxiÚme prénom.
Pour la mort d 'Axel, tous les sportifs qui s 'injectent des stéroïdes savent qu
'on peut mourir d 'embolie gazeuse.
Il y a des sportifs qui se dopent ici ?
Il suffit d 'ĂȘtre un peu observatrice pour voir les traquilles de seringues
les vestiaires.
Donc, vous avez trouvé
qui se fait passer pour moi ? Moi, j 'y crois pas du tout Ă votre histoire.
Vous ĂȘtes coupable, et votre frĂšre aussi.
Quand il fait faire vos petits coups révisionnistes en toute impunité, raté.
Ok, donc je vais vous le répéter encore une fois, je n 'ai rien à voir avec ça
et ces idées me font gerber. C 'est clair ça ? Puis en plus, mon groupe de
qui cartonne en ce moment, sincĂšrement, pourquoi j 'irais m 'exposer sur des
sites fachos ? Si c 'est pas vous, c 'est qui ? Votre maman ? Didi ? Pascal.
Oh le bùtard. Oh l 'enfoiré.
Je croyais que vous entendiez bien.
Ouais, on s 'entend bien.
Mais bon, quand on était gamin, on aimait bien faire un petit jeu. On
'identité de l 'autre.
Pour lui faire des petites traces.
Et un jour, Pascal a profitĂ© du fait que j 'Ă©tais malade pour aller en cours Ă
ma place.
Et il a dragué ma vieille prof de maths.
Une fois, il a inscrit notre groupe à un festival musette. On fait du métal,
hein. On a envoyé un petit peu.
Il y a une vieille, elle est partie en ambulance.
Donc là aussi, ce serait lui ? Je sais pas, mais... Il a toujours été jaloux.
Au départ, il était avec nous dans le groupe.
Et depuis qu 'il est parti ? Il se fait chier dans sa vie.
Avec sa petite femme, son clébard, son petit pavillon.
Pascal, il brûle la chandelle par les deux bouts, mais en réalité, il galÚre.
Il a du mal Ă boucler ses fins de mois, Ă faire ses heures.
Il vit Ă droite, Ă gauche.
Il m 'en vit.
Et vous croyez vraiment que votre humour est capable d 'une chose pareille ?
Merci, ça va pas ĂȘtre long.
Vous ĂȘtes obligĂ©s de faire ça, c 'est leur intimitĂ©.
On a l 'autorisation du juge, vous préférez qu 'on défonce leur intimité au
de biche ou... Merci.
C 'est quoi cette odeur ? Hyper bon.
C 'est rare pour un vestiaire, non ?
Rodolphe Mallet, vous ne rangez pas vos affaires dans votre bureau ? Pas mes
affaires de sport.
Vous pouvez me dire ce que vous cherchez ?
Les
stéroïdes.
C 'est qui Aurélien Chùtel ? Un jeune que je coachais avec Axel.
Et c 'est vous aussi qui lui fournissiez cette cam ? Bien sûr que non.
La salle a une politique de tolérance zéro sur les produits dopants.
Ăa se voit.
Il se plaint depuis des mois de ne pas prendre de mucs malgré les
Il a dĂ» craquer.
Si Axel l 'avait découvert, est -ce qu 'Aurélien aurait pu s 'en prendre à lui
Non. C 'est un gentil garçon Aurélien.
Il a 19 ans.
Il avait juste besoin de prendre confiance en lui.
Il me rappelle Axel au mĂȘme Ăąge.
Aurélien Chùtel, 19 ans, étudiant en BTS commercial, plutÎt bon élÚve, inconnu
de notre service.
Je n 'ai jamais vu ça.
Le mec est devenu mutlore de ça en 8 semaines.
C 'est fait.
C 'est qui qui nous donne son 06 ? Ou sa technique ? Sa technique, elle est
simple, c 'est les stéroïdes.
Mais je te déconseille, ça te fait de l 'acné, tu perds tes cheveux et ça te
fait rétrécir les valseuses. Les ? Les valseuses.
Et les roubignoles, les testicules ? Ah ! Oh ! Ah oui, non, il peut garder son
zéro -six.
Flippant.
On revient, on revient.
Et tu fais de la muscu, toi ? Ouais.
Ouais. Je sais que ça se voit pas trop, mais c 'est parce que j 'ai dĂ» arrĂȘter
pendant un moment. Parce que j 'ai eu plein de soucis, hernie, cervicale et
tout.
Il paraĂźt que tu peux m 'aider Ă prendre du risque rapidement.
Tu vois ce qu 'il y a devant toi, lĂ ? C 'est ce qu 'il y a de plus efficace sur
le marché.
Je t 'ai fait la fiole Ă 50.
Ouais, tu vois ? Et avec cette carte de fidélité, j 'ai une réduction ? Vous
allez oĂč comme ça ?
Donc, vos humaux s 'accuseraient mutuellement
parce que chacun serait jaloux de la vie de l 'autre.
Et comme par hasard, ils dĂ©cident de passer Ă l 'action au cours du mĂȘme
dĂ©jeuner de famille, Sur le mĂȘme genre de site d 'extrĂȘme droite.
Oui, bon, alors évidemment, on dit comme ça... Vous voulez que je vous le dise
comment ? En chantant ? AprĂšs, ils sont peut -ĂȘtre tous les deux coupables. Ou
tous les deux victimes.
Oui, mais victimes de qui ? Parce que ça peut pas ĂȘtre leur mĂšre, celle qui les
a amenés au militantisme. Et pourquoi une mÚre nuirait à ses enfants ? Dire ça
la mienne... Non, pas leur mĂšre.
Mais peut -ĂȘtre l 'Ă©pouse.
Léonie, la petite dame qui en a marre de manger de la blanquette, pourquoi elle
ferait ça ?
Je ne sais pas, par jalousie, par vengeance.
Par méchanceté.
Non, c 'est un truc de maquis.
Ouais.
Axel avait découvert votre petit trafic.
Et il allait vous démonter.
N 'importe quoi.
Axel a été tué avec une seringue.
Tu ne penses à rien, ça ? Attendez, attendez, attendez.
Ok, il m 'avait cramé.
Il m 'aurait vite expliqué, je vous jure.
Parce qu 'Axel, c 'est lui qui m 'a tout appris.
Je te jure que j 'ai arrĂȘtĂ©.
Les trafics me font payer la salle et acheter ma propre console.
Est -ce que tu risques avec ça ? Oui, mais j 'en ai besoin.
Tu m 'as pas vu il y a un an quand je me fais bousculer comme une gigote ?
Ăcoute, je sais ça. Je l 'ai vĂ©cu aussi, ok.
Et ça te sert à rien de te muscler si c 'est pour faire subir ça à ton corps ?
Genre.
Rodolphe m 'a dit que ça pouvait aider au départ.
Quoi ? Apparemment, toi aussi t 'en prenais quand t 'étais plus jeune.
Tu sais rien de mon passé, ok ? Alors parle pas de ce que tu connais pas.
Je vais bloquer ton accÚs à la salle. Non, s 'il te plaßt, j 'ai que ça. C
pour toi que je le fais.
Tu parles.
Il avait juste peur pour son image et celle de la salle.
Mais la salle, c 'était un peu comme ta deuxiÚme maison.
Moi, à ta place, j 'aurais mal réagi. Mais je vous jure que je ne l 'ai pas
tuée.
Et Rodolphe m 'a laissé revenir à la salle.
Vous Ă©tiez oĂč avant que je ne sors ? Ăa ne te regarde pas ? Un peu, quand mĂȘme.
Vu vos cernes, moi, je dirais que vous n 'avez pas beaucoup de remis.
Comment tu me parles, toi ? Vous présentez tous les signes d 'Aroïd Rage.
Quand on prend trop de stéroïdes et qu 'on... Ferme ta gueule ! Ferme ta gueule
! Aroïd, je ne sais pas, mais Rage, c 'est sûr.
Je n 'aurais jamais cru que vous étiez encore capable de vous défendre.
J 'ai des risques.
Ah ouais ?
Qu 'est -ce que tu fais lĂ ?
Ăa va ?
Ăa va, je te demande pardon. Je sais que je n 'ai pas Ă©tĂ© un pĂšre assez prĂ©sent
pour toi.
Ă Paris, je vais me rattraper, je te promets.
Je veux que tu ailles parler Ă Victor.
Je n 'ai plus rien Ă lui dire, moi, Victor.
Dans ce cas -lĂ , moi, je n 'ai plus rien Ă te dire.
Je ne travaillerai pas avec toi.
Je devrais te dénoncer.
Ce serait la pire chose Ă faire pour ta carriĂšre.
Contrairement Ă toi, moi, je n 'ai rien Ă perdre.
Si, moi.
J 'ai appris Ă vivre sans mĂšre, je peux vivre sans pĂšre.
Attends, Eric.
Attends.
Qu 'est -ce que vous voulez ? Une augmentation ? Ne plus ĂȘtre Ă l 'accueil
droit de vous laisser pousser les cheveux ? Vous ne vous fatiguez pas ? Je
vais pas rester.
Vous savez quoi ? Vous avez raison.
Vous feriez un trĂšs mauvais flic.
Vous n 'avez jamais montré le moindre instinct policier.
MĂȘme une plante verte aurait plus d 'intuition que vous.
Mais c 'est parce qu 'on m 'écoute jamais.
Ah ben oui, la preuve que vous ĂȘtes incapable de vous imposer, ni de
en équipe. Mais c 'est les autres aussi.
Oh, bien sûr, c 'est toujours la faute des autres.
Pardon commissaire, mais avec tout le respect que je vous... Je ne sais mĂȘme
pourquoi je vous ai recruté.
Par pitiĂ©, peut -ĂȘtre, un moment de faiblesse. MĂȘme Ă la circulation, vous
seriez mauvais, Jules. Non, lĂ c 'est trop.
Bien sûr que je suis un bon flic.
Vous allez voir que je suis mauvais.
Ah ouais ?
Fred peut aller se rhabiller.
Merde ! Alors,
ça avance votre enquĂȘte ? On a du nouveau sur le suspect ? Vous avez
'ils ont tous les deux le mĂȘme profil ? C 'est comme s 'ils avaient voulu se
construire une armure avec leurs muscles.
Un pour Ă©chapper Ă un pĂšre violent, l 'autre pour ne plus ĂȘtre un souffre
-doula. De jeunes mĂąles dans leur peau, prĂȘts Ă tout pour s 'en sortir bien sur
ce port. Et surtout grĂące Ă leur coach.
Ce qui confirme ma thĂ©orie. Ah bon, t 'as des thĂ©ories, toi, maintenant ? Ăa
arrive que les jeunes sportifs entrent dans une relation fusionnelle, toxique
avec leur coach.
J 'ai lu plein de témoignages sur les réseaux.
à l 'époque, c 'était une brindille.
Tu lui dis de faire gaffe. C 'est addictif, ces trucs -lĂ . Tous les
s 'injectent des stéroïdes savent qu 'on peut mourir d 'un bol de gaz.
Ferme ta gueule, toi, mais ferme ta gueule ! Donc Axel aurait voulu protéger
Aurélien de Rodolphe ? Sauf qu 'on n 'a pas la moindre preuve.
La seule maniÚre de le savoir, c 'est de faire parler Aurélien.
Vous me laissez gérer l 'interrogatoire ? Je pense pas que ce soit une bonne
idée. C 'est pas une bonne idée, c 'est l 'idée de la journée.
On est de la mĂȘme gĂ©nĂ©ration. Entre jeunes, on peut se comprendre.
C 'est par lĂ .
Oui.
On fait une énorme connerie.
Fais confiance Ă Jules.
Je vous préviens, au premier faux pas, j 'interviens.
Désolé, je sais que c 'est long.
C 'est toi qui vas m 'interroger ? Ah non, non, moi je suis juste le mec de l
'accueil.
Tiens.
Ils vont venir bientĂŽt ? Mais t 'inquiĂšte, je reste avec toi.
Maman. TrĂšs maman.
T 'en es fait une blague lĂ ? Si seulement.
Tu sais, je comprends ce que tu refais avec la mort d 'Axel.
Je crois pas, non.
Si, je t 'assure.
Moi aussi j 'ai eu un mentor.
Au foot.
Frédéric.
Je l 'adorais.
Il m 'a tout appris.
Quand j 'avais un petit coup de mot, il était là pour me remonter le moral.
Je pouvais toujours compter sur lui.
Dans le sport et en dehors.
MĂȘme quand je me blessais, il Ă©tait lĂ .
Il me montrait comment bien faire mes étirements.
Il me faisait des massages.
Ăa me faisait du bien.
Enfin bref, je sais pas pourquoi je te raconte tout ça.
Comment ça s 'est fini ?
Ă
cause des massages.
Ă des endroits... chelous.
Ah ouais.
Moi je voulais ĂȘtre Ă la hauteur, tu vois.
Un peu comme toi avec Rodolphe. Enfin, je sais pas.
J 'imagine.
Tu veux pas le décevoir.
MĂȘme si t 'as pas toujours envie.
Qu 'est -ce que vous faites dans mon vie ? C 'est Jules qui m 'a interrogĂ© Ă
toi. Je vais vous expliquer.
AprĂšs.
à chaque fois, ça me fait mal.
Mais bon, je vais le faire.
Ouais, ça m 'arrivait mĂȘme de faire semblant de sourire.
C 'est pas parce que tu dis pas non que t 'es ok.
Tu comprends maintenant pourquoi Axel voulait t 'éloigner de la salle.
Bonjour. LĂ©onie Colin, vous ĂȘtes l 'Ă©pouse de Pascal Colin.
Non. Non ? De Didier ? Oui. Pardon.
Comment vous l 'avez rencontré, votre mari ? à l 'époque, Didier jouait dans
mĂȘme groupe de rock que son frĂšre. Et je peux bien l 'avouer, je t 'aimerais
groupie. Et sa vie de requin à votre mari, ça lui manque pas ? Non.
Non, non, pas du tout.
Vous l 'avez vu ? Ăa, on l 'a vu, oui.
Regardez la photo.
On dirait que c 'est Pascal qui joue sur scĂšne.
Sauf que Pascal et Gauthier, c 'est votre mari qui est droitier dans la
C 'est comme ça que vous avez compris que votre mari avait l 'habitude de
remplacer son frĂšre ?
Ă chaque
fois, Didier me disait qu 'il finissait tard au travail.
C 'est bien foutu de ma gueule.
Et il pouvait pas simplement vous dire qu 'il avait envie de reprendre la
musique ? Mais c 'est mieux que la musique.
Mais non, monsieur voulait aussi faire la fĂȘte, ramasser des spectatrices et s
'amuser avec dans les loges.
Vous vous ĂȘtes vengĂ© en les faisant passer pour des fachos.
Pire sacrilÚge dans cette famille qui lutte contre tout ça.
Je me suis sentie tellement minable.
Je voulais qu 'ils ressentent la mĂȘme chose.
Mais je ne pensais pas que ça prendrait de telles proportions.
Je comprends.
Bon, s 'ils maintiennent leur plainte, vous serez poursuivis pour usurpation d
'identité. Vous le savez.
Ăa me dĂ©goĂ»te.
C 'est vous qui devriez vous retourner contre eux.
Je crois qu 'elles ont compris la leçon.
Excusez -moi d 'interrompre votre petit entraĂźnement, mais est -ce qu 'il y a d
'autres victimes de Rodolphe Malet ? On va vous demander Ă tous de sortir, s 'il
vous plaĂźt.
Attendez -nous dehors, on va prendre vos coordonnées, d 'accord ? Qu 'est -ce
qui vous prend ? Aurélien a porté plainte contre vous pour agression
C 'est n 'importe quoi.
Il est en mal d 'attention, c 'est la mode de jouer victime.
C 'est marrant, j 'ai déjà entendu ça quelque part, pas toi ?
Ah bah oui, bien sûr. C 'est l 'excuse numéro un des prédateurs sexuels.
Et Axel aussi, c 'était l 'une de vos proies, n 'est -ce pas ? Une proie ? C
'est moi qui l 'ai tout appris.
Non, vous l 'avez détruit.
Et il portait tous les symptĂŽmes de son traumatisme.
Rejet du contact physique, de l 'intimité.
Et quand il a compris qu 'Aurélien aussi était sous votre emprise, tous ses
souvenirs enfouis se remontaient Ă la surface.
Et là , il était sur le point de vous dénoncer.
Et vous, vous n 'avez que la parole d 'un gamin parano et tout stéroïde.
Non, on n 'a pas que ça.
Les traces de poudre blanche qu 'on a retrouvées sur le jogging, ça paraßt que
'est de la codéine.
Issue de la plaquette que l 'assassin a utilisée pour maquiller le meurtre.
Alors ? Vous nous racontez ? Parce que moi je suis du genre Ă m 'ennuyer trĂšs
vite quand mĂȘme.
Accéléré, tout gùché.
Qu 'est -ce que tu fous lĂ ? Je veux juste parler.
Qu 'est -ce que tu ne comprends pas dans l 'agression sexuelle ? Je vais porter
plainte.
Comme ça, je ne te laisserai plus jamais faire de mal à personne.
Qu 'est -ce que tu veux leur dire, flic ? Que c 'est grĂące Ă moi que tu en es lĂ
aujourd 'hui ? Je n 'avais mĂȘme pas 17 ans, Rodolphe.
Le seul crime que j 'ai commis, c 'est de sortir de ta vie de misĂšre.
Et Aurélien ? Tu veux lui sauver la vie et lui aussi ? Je ne te laisserai pas le
briser comme tu m 'as brisé.
Je ne pourrais pas laisser gĂącher tout ce que j 'avais construit.
Laisser salir tout ce qu 'on avait vécu.
Puis vous avez vidé la plaquette de codéine et détruit son portable.
Rodolphe Mallet, il est 18h45.
Et vous ĂȘtes placĂ© en garde Ă vue pour meurtre avec prĂ©mĂ©ditation et agression
sexuelle terminaire.
Je ne pourrais rien si il y a d 'autres victimes, on les trouvera.
Fais pas croire que tu bosses.
Il y en a un ou deux qui le fassent. C 'est sympa.
Ăa va, bonjour ? Ouais, ça va et toi ? C 'est bon, t 'as appris un petit peu,
lĂ . Ah ouais ? Je voulais te dire, franchement, moi, tout Ă l 'heure, tu m
'as... Tu m 'as blevé.
Avec quel charisme.
Merci.
Je devrais peut -ĂȘtre reprendre mes cours de théùtre. Tu pourrais.
Ou alors, tu pourrais choisir de rester ici.
Attends, mais j 'allais finir.
Tu me dragues, lĂ ? Pour que je reste ? Tu me dragues pour que je reste ? Non,
je... Bon, un petit peu, mais c 'est juste que moi, ça me rend triste que tu
partes. Vous aussi, on est triste que vous partiez.
Beau travail, mon petit Gilles. Je suis fiĂšre de vous.
Bizarre quand t 'as fait un compliment.
Je le pense pas.
Alors, vous restez ? Oui, je vais demander ma titularisation Ă la police.
Ăa compte bien.
Vous rasez le papier dans l 'imprimanteur.
Présente. Elle est marrante.
Bon, alors, puisqu 'on parle carriĂšre, j 'ai une grande nouvelle Ă vous
annoncer.
Le capitaine Victor Montagnac, ici présent, est nommé commandant.
Sérieux ? C 'est... Waouh, c 'est une blague.
Non, un ordre du ministĂšre. Je ne sais pas d 'oĂč ça sort, mais la dĂ©cision
effet immédiatement.
Je reviens.
Et
en
plus, vous n 'ĂȘtes pas prĂȘts de vous dĂ©barrasser de moi ? Finalement, je vais
rester encore un peu.
Le commissariat me rend folle, mais je vous aime bien. Enfin, je ne vous
pas trop.
Tout ça ? Tu sais ce qui me fait le plus plaisir dans cette histoire ?
C 'est qu 'à partir de maintenant, je deviens officiellement ton supérieur.
C 'est génial, je regrette déjà .
Bon, bah on traque.
Elle arrĂȘte pas de me regarder ?
Je crois que je vais tenter ma chante.
J 'aime bien les femmes musclées parce que ça me rappelle mon ex.
Elle a l 'air trĂšs cool.
Vas -y, pousse.
Vous savez que je viens de boucler une redoutable affaire criminelle ? Oui,
chĂ©rie, oui. Ăa fait quatre fois que je peux te dire.
T 'es mignon, mais tu radotes.
Allez, je viens de me préparer.
Je t 'aime, oui, mais tu restes jolie.
Tu m 'entends ?
On vous a tout appris au petit judo, c 'est un peu comme ĂȘtre bĂ©bĂ©.
Ah ouais, toi et moi on a eu un bébé. Mais non, c 'est une image.
Oh non, quand tu paniques.
C 'est beau quand t 'es jeune.
C 'est mignon quand tu paniques.
Vifitos ! Allez, c 'est ma tournée.
J 'en profite pour porter un toast à toute l 'équipe avec une mention
la commissaire.
Merci pour ton sale caractĂšre, ta mauvaise humeur et tes tailleurs qui
la rétine.
Montagnac, vous ĂȘtes en Ă©tat d 'ivresse.
Et ça se trouve, c 'est toi la femme de ma vie.
C 'est ton jamais ?
Je peux ? Il y a un truc que je ne comprends pas.
Mon pĂšre, quand il vous a fait porter le chapeau, pourquoi vous n 'ĂȘtes pas
défendu ? Je ne voulais pas mettre en péril sa mutation à Paris.
J 'espérais rester ici avec une fille dont on était tombés tous les deux
amoureux. C 'était la belle époque.
C 'est la danseuse qui travaillait ici ? AprÚs le départ de Pierre,
je voulais lui déclarer ma flamme.
Et vous ne l 'avez pas fait.
Elle a préféré suivre ton pÚre à Paris plutÎt que de rester ici avec le flic
coupable et sans avenir.
C 'est la derniĂšre fois que j 'ai vu Catherine.
La danseuse dont vous avez été amoureux, c 'est ma mÚre ? Oui, mais ça va, c
'est l 'histoire ancienne.
Elle n 'Ă©tait mĂȘme pas nĂ©e.
Non, mais je suis née huit mois aprÚs qu 'ils se sont installés à Paris.
Huit mois ?
Ah c 'est marrant, tu pourrais presque...
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