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Original subtitles

Bonjour Marie. Bonjour.

Bonne journée.

Bonjour Madame Rigaud. Bonjour.

Bonne journée.

Salut les gars.

Ah, commandant.

Vernet ? Qu 'on a ? Cadavre tué par balle.

Homme, la quarantaine.

Alors, d 'après la carte grise du véhicule, il s 'appelle Manolo Torres.

Sauf que l 'adresse indiquée, c 'est une boîte postale.

Camille et Erwan interrogent le voisinage.

Deux impacts de balles dans le thorax.

Le tireur était proche.

Il y avait une fête hier soir, avec une fanfare qui jouait. Les coups de feu ont

dû passer inaperçus à cause de ça.

Il est resté là, il s 'est vidé de son sang.

Il a peut -être appelé au secours, mais personne ne l 'a entendu.

Le tireur a raté deux fois son coup.

Pourtant, il n 'était qu 'à quelques mètres.

Calibre 9, un automatique.

Sébastien, s 'il vous plaît, il y en a une autre.

Ouais, c 'est sûr qu 'on n 'a pas affaire à un trou.

Non, le meurtrier a pris des risques. Abattre un homme avec un automatique à

côté d 'une fête, c 'est pas très discret.

Pourtant, il est reparti sans encombre.

Personne ne l 'a vu.

Des ongles longs, des callosités au bout des doigts. C 'est un guitariste.

Le baron a organisé un concert hier.

On va leur demander.

Sainte -Sara, ce n 'est pas la patronne des gens du voyage, ça ? Il y a un camp

de gitans sur la Nationale, en direction de Béziers.

Je vais y faire un tour. Vous prévenez Marshall ?

Il vivait ici. Ses proches l 'ont reconnu sur la photo.

Alors ici, nous avons la grand -mère, Carmen Torres.

C 'est la doyenne du camp et son cousin et sa femme.

Je vais te présenter Madame Torres. Ouais.

Bonjour. Madame Torres, je vous présente le capitaine Marshall.

Toutes mes condoléances, madame.

Vous vous sentez de répondre à quelques questions maintenant ? Je vais aller

parler avec les cousins, moi.

Bonjour.

Je peux ?

Manolo était votre petit -fils, c 'est bien ça ? C 'est vous qui l 'avez élevé

Oui. Sa mère est partie quand il était tout petit.

Manolo, c 'était mon soleil.

Tout le monde l 'aimait.

Il avait une femme, des enfants ? Non.

Sa famille, c 'était nous.

Lui, Maria et moi.

Vous lui connaissez des ennemis ? Je ne sais pas.

Il a toujours été très secret.

Il ne rendait pas de comptes.

Il avait sa vie.

Mais il était loyal envers la famille.

Tu vas trouver celui qui a fait ça.

Et vous étiez proche de votre cousin ? C 'était comme mon frère.

Depuis gamin, on a toujours vécu ensemble.

Il était musicien, c 'est ça ? Le meilleur.

A 8 ans, il jouait déjà les compasses.

Il arrivait à vivre de sa musique ? Depuis quelques années, ouais.

Il faisait des petits concerts à droite à gauche. Ah oui, comme hier soir.

Ouais. Il vous a dit où il allait ? Au bar du marché, sur la place.

Ils jouaient souvent là -bas.

Vous venez ici tous les ans ? Ouais, ça fait 20 ans qu 'on vient ici, ouais.

C 'est sur notre route.

Après le pèlerinage des Sainte -Marie, tu connais ? Ouais.

On a nos petites habitudes ici.

On connaît tout le monde.

J 'ai justement une petite idée de qui aurait pu faire ça.

Non, aucune.

Et vous ?

Bonjour Franck.

Bonjour Léa.

Que tu en as ? Des traces de lutte. Des hématomes sur le torse, les bras.

Oui, il s 'est battu dans un barge, c 'est avant sa mort.

D 'accord.

Il est mort entre minuit et deux heures du matin, abattu par deux balles de 9

mm. L 'angle de tir, la distance ? J 'imagine que vous avez une idée, non ?

je dirais de face et à quelques mètres seulement.

Exactement. Moins de 5 mètres, c 'est sûr. Une première balle a perforé le

poumon, la deuxième l 'abdomen.

L 'agonie aura duré moins d 'une heure.

Mais là où ça devient intéressant ?

C 'est que nos deux balles, qui ont tué notre homme, proviennent d 'un MAC -50,

quasiment une arme de collection.

Oui, je connais, c 'était l 'arme de service de mon père.

Le MAC -50, c 'est un grand classique dans la gendarmerie. Oui, dans la

gendarmerie, chez les paras, chez les militaires.

Un peu sensible comme affaire, non ? Comme vous dites, oui.

Maria, attendez.

Si vous savez quelque chose qui peut nous aider, il faut le dire.

Je pense que vous allez mettre ça sur le dos de l 'un de nous.

Qu 'est -ce que vous vouliez dire tout à l 'heure ? Un déshonneur, mais il faut

que je le dise.

Manolo, il n 'était pas un homme sérieux, vous voyez ? Non, je ne vois

Il allait avec des femmes.

Des femmes mariées.

Il y en a une, le mari l 'a su, il était fou de rage.

Il est venu ici, il a hurlé. Il a dit qu 'il allait tuer Manolo.

Merci, Maria.

Merci d 'avoir parlé.

Ça va aller.

Bonjour, monsieur.

Le gendarme est national.

Nous aurons quelques questions à vous poser concernant le meurtre de Manolo

Torres. Tant qu 'il a joué ici hier soir, le concert s 'est bien passé ? Le

était plein.

Manolo a fait le show.

Il y a même eu un numéro de flamenco.

Du flamenco ? Manolo a été accompagné ? Il a fait monter une fille de la salle

sur scène et elle a dansé le flamenco.

Une nana toute jeune, mais une vraie pro.

Mais ils se connaissaient, elle et lui ? En fait, cette fille lui tournait

autour depuis un moment.

Toujours au bar quand Manolo venait jouer.

Je sais pas, je me suis dit qu 'elle était passionnée par cette musique ou qu

'elle l 'avait flashée sur lui.

Et le reste de la soirée, tout s 'est déroulé normalement ? Oui. Enfin non, ça

failli mal finir à un moment.

Il y a des types qui sont venus, qui cherchaient des embrouilles, et ça a

commencé à se battre dans le bar.

Le problème a été vite réglé, on les a virés. Qu 'est -ce qui s 'est passé ? C

'est Thierry, Thierry Pénaud, un gars d 'ici.

Il était là avec ses copains, ils ont commencé à insulter Manolo, vous voyez.

Des insultes racistes contre les gitans.

Malheureusement, ça arrive souvent par ici.

Vous savez où on peut le trouver, ce Thierry ?

avec ses copains au terrain de boule, tous les midis.

On a quelques questions à vous poser.

C 'est quoi le problème ? C 'est le gitan qui a été tué, c 'est ça ? Oh, il

rien tué, Thierry, hein ? Bon, elle est un peu bousculée, c 'est tout.

Allez plutôt voir chez eux, là, dans leur camp. C 'est un mec de chez eux qui

réglé son code. Laissez -nous jouer au boule. Bon, M. Penault, vous allez nous

suivre à la gendarmerie, s 'il vous plaît.

Et là, c 'est à moi, je te dis.

C 'est un rêve.

On y va ? Allez, allez.

Si je vous dis que je ne l 'ai pas buté, je ne l 'ai pas buté. Il y a quand même

pas mal de gens qui vous ont vu vous en prendre à lui.

On m 'a même rapporté les propos suivants. Je cite, je vais te saigner.

Vous avouerez que t 'es pas très amical quand même.

Mais bon, ça va, t 'es sûr, c 'est un peu accroché, mais c 'est tout, voilà. C

'était quoi votre problème avec Manolo Torres ? Ça, ça me regarde.

Ah, oui, mais non, ça nous regarde aussi.

Maintenant qu 'on l 'a retrouvé mort abattu de deux balles de 9 mm.

Il était pas très aimé dans le coin.

Il avait une préférence très...

Parce que là, on peut pas trop lui revouloir.

C 'est humain.

Mais il paraîtrait que... Il y avait une préférence pour les femmes mariées.

C 'est dingue, ça.

Il y a des gars si hallucinants, ils peuvent pas s 'empêcher de prendre un

copain.

Bon, après, je m 'en fous. J 'ai pas de problème avec ça, j 'ai divorcé.

Mais ça doit pas être facile d 'être cocu. C 'est pas le temps.

Calme -toi !

Votre ferme est en jury. On vit une aventure avec ce monsieur Torres et vous

saviez. Évidemment, vous n 'avez pas pu le supporter, alors vous avez voulu le

tuer.

Après le bar du marché, ça ne vous a pas suffi.

Vous l 'avez attendu sur le parking après la fermeture.

C 'est vrai.

Je l 'ai attendu, mais pas sur le parking, à la sortie du bar.

Je vous écoute.

J 'étais fou.

Franchement, j 'avais qu 'une envie, c 'était de lui péter la gueule, cet

enfoiré.

Mais moi je pouvais pas, il était pas seul.

Il était avec la nana, la fille qui dansait.

Les collègues m 'ont calmé et puis on en a laissé tomber.

Il est parti avec la danseuse de Flamenco ? Ouais, il faisait le malin,

tenait par les épaules, tout ça.

C 'était l 'enfoiré, je vous dis, ce type.

Je sais pas qui c 'est qui lui a fait la peau, mais il le méritait bien.

Commandant, on a ratifié les alentours, mais on n 'a pas trouvé l 'arme.

Alors on fait quoi, on élargit le périmètre ? Non, non, non, laissez

elle sera pas numérotée, c 'est une arme de collection.

Par contre, comme le MAC -50 est une arme rare, on peut peut -être remonter

jusqu 'au tueur par ce biais -là.

Il en a peut -être hérité, il l 'a peut -être trouvé sur une brocante, dans un

vide -grenier.

D 'armes, quoi, là ? Ah, euh, vérifiez aussi les stands de tirs sportifs, il y

peut -être des amateurs de ce type d 'armes. Vous avez dit que c 'était pas

produit de tir, non ? Oui, je sais ce que j 'ai dit, mais en attendant, on

cherche, Vernet.

Ok.

Cette photo a été prise par un des spectateurs du concert.

C 'est donc notre danseuse de flamenco.

Ils ont quitté le concert ensemble. C 'est certainement la dernière personne à

avoir vu Manolo vivant. Tout ce qu 'on a pour le moment, c 'est un prénom. Lola.

On doit absolument la retrouver.

Vous faites circuler un signalement, une photo dans les écoles de flamenco, les

bars, les salles de concert, enfin tous les endroits qu 'elle pourrait

fréquenter. Ok, commandant.

Qu 'est -ce que c 'est que ce truc ? Je sais pas, on dirait un sac plastique

avec un truc pourri à l 'intérieur.

Ça va, c 'est un bout de tissu que j 'ai trouvé dans le bras zéro chez Louis et

Maria au camp, ça allait à la scientifique.

Ah, et le petit sachet, il allait tout seul à la scientifique, parce qu 'il

traînait sur le bureau de Marsal. Non, pas du tout, il traînait pas sur le

bureau de Marsal, il déposait la bien rangée, ça va.

Et il allait à la scientifique quand tu m 'as demandé d 'interroger un dépressif

innocent. Un dépressif innocent ?

Quelque peu agressif, hein ? Ouais, agressif, mais c 'est pas lui. D

Alors, qu 'est -ce que tu proposes ? C 'est le cousin qui a tué Manolo ? Ah,

mais non, mais j 'en sais rien, commandant. Moi, je suis dépisté.

C 'est pire, ça, Marshall.

Dites -moi, sachez quand même que chez les gestors, la famille est sacrée et on

ne tousse pas aux membres du corps. Ah oui, c 'est vrai, j 'ai oublié. T 'es

spécialiste de l 'occulture. C 'est vrai, c 'est vrai.

Tu m 'excuseras, Léa, mais j 'ai un devoir de maths à résoudre. Ah, euh,

Marshall, la scientifique ? C 'est là -haut.

OK. Il changera jamais, lui. C 'est un truc de dingue.

Bon, Thomas...

C 'est super bien que tu viennes vivre ici, je suis ravi.

Mais attention, pour le lycée, je suis d 'accord avec ta mère.

Il faut que t 'en mettes un coup, parce que les résultats, c 'est n 'importe

quoi.

Tu m 'écoutes ? Ouais.

Parce que si tu t 'es dit que, tiens, je vais aller habiter chez papa, parce que

chez papa, c 'est beaucoup plus cool, et si tu crois que je vais laisser passer

tes notes pourries et ton laisser -aller, là, franchement, tu t 'es

bourré. Ouais, mais je sais pas. Ah ouais, tu sais, tu sais, seulement ce

tu m 'annonces que t 'as un contrôle et que t 'as rien révisé.

Ça marche pas comme ça, mon livre.

Non, non, non.

Non, je veux que tu bosses tes maths et je veux que tu ramènes des bonnes notes.

Compris ? Ouais, pas.

Puis en plus, on va épater maman.

En fait, il y a que ça qui t 'intéresse, épater maman.

Attends, Tom.

Je débarrasse tout seul, là ?

Oui, ça va bien.

Alors, mélancolique ? Mélancolique, tout de suite, c 'est grand mononcle, je

suis pas mélancolique.

Voilà.

Bon, en fait, ça va pas du tout.

Parce que Thomas est chez papa ce soir ? Bah oui, regarde, ça fait bizarre, non

? Toutes les deux, là.

Moi, je trouve ça intéressant.

Ça nous change d 'habitude et ça nous sort de la même zone de confort.

Bah oui.

Tu as voulu du gratin ?

Non merci, j 'ai plus faim. Enfin, fais un effort, il y en a pour une semaine,

là. Oui, mais maman, t 'en as fait pour trois.

Il ne revient pas.

Sous -titrage ST'

501

Enfin, je veux dire, toutes les affaires tiennent dans un seul carton.

T 'es pas très attaché aux choses matérielles.

Ces vêtements ? Merci.

Carole, 1991.

Vous la connaissez ?

Tu sais, quand un fils meurt chez nous, pendant trois jours et trois nuits, on

fait la vieille et on pleure.

On dit son chagrin.

Mais par respect, on ne doit pas parler du mort. Tu comprends ? Oui, je

comprends très bien, madame Torres.

Nous, dans la gendarmerie, on a une coutume aussi. Quand on enquête sur un

meurtre, il nous faut les témoignages des proches.

Vous ne voulez quand même pas que le meurtrier de votre petit -fils coure en

liberté ?

Sur une carte.

Les cartes, elles, ont toujours le droit de parler.

L 'amoureux.

Manolo.

Avait un grand amour. C 'est cette femme, Carole.

L 'impératrice.

Un amour du passé.

Une femme du passé.

Un amour de jeunesse.

La justice, la maison Dieu.

La famille s 'est interposée.

Pourquoi ? Parce qu 'elle n 'était pas de chez vous.

C 'était une...

Une païa, une gadji, comme vous dites.

La mort.

La famille a empêché cette relation.

Cette histoire d 'amour a été tuée.

Et Manolo ne s 'est jamais marié, mais il ne l 'a jamais oublié. C 'est ça ?

On connaît bien le village.

La photo a été prise sur la place, il y a 25 ans.

Oui, d 'accord.

Mais sur la jeune fille du bar, vous n 'aurez pas une idée ? Parce que le

commandant Solaire nous a demandé de se concentrer plutôt sur elle. Non, mais

alors, la jeune fille du bar, pour moi, c 'est la partie émergée de la vie. Ce

qui m 'intéresse, c 'est ce qu 'il y a en dessous.

Capitaine, j 'ai retrouvé votre Carole de 91.

Plus d 'un témoin l 'a reconnue.

Carole Fabre, mariée à un certain Philippe Fourgeau. Elle a toujours vécu

Et son mari a un atelier de ferronnerie.

Les torraines se sont arrêtées chaque année dans le village.

Carole et son mari y ont toujours habité.

Manolo et Carole se sont forcément revues. Vous voulez dire qu 'ils

redevenus amants ? C 'est possible, oui.

Et le mari l 'aurait su ? Ben non. Carole Fabre est décédée l 'an dernier,

cancer. Et alors ? Il y a des choses qui s 'effacent ni avec le temps, ni avec

la mort.

Allez rendre une petite visite à M. Fourgon.

Excusez -moi.

Oui, je le reconnais.

Un musicien.

Très souvent sur la place.

C 'était un... Il faisait partie des Gitans, quoi.

Votre femme le fréquentait ? Comment ça ?

Tout d 'abord, monsieur, nous sommes vraiment désolés pour le décès de votre

femme. Dans sa jeunesse, votre femme a eu une relation avec Manolo Torres. Vous

le saviez, non ? Attendez, mais qu 'est -ce que vous voulez dire ? Puis elle est

morte, maintenant.

Qu 'est -ce que ça peut faire ? Nous voulons juste savoir si elle avait gardé

contact avec Manolo.

Vous insinuez quoi ? Ma femme, elle ne m 'a jamais trompé.

J 'ai toujours été là pour elle.

On s 'est battus ensemble contre cette maladie.

Et avec ma fille, on l 'a accompagnée jusqu 'au bout.

Alors personne, personne n 'a le droit de salir sa mémoire.

A quelle heure M.

Fourgeau a -t -il quitté l 'atelier samedi soir ? Comme tous les soirs, vers

19h. Vous avez remarqué quelque chose d 'inhabituel dans son comportement ? M.

Fourgeau, c 'est quelqu 'un de bien.

Rien à voir là -dedans.

Il a toujours été bon avec moi, c 'est comme un père.

Camille ? Camille, viens voir.

Cette fille reste un mystère, on est incapable de l 'identifier.

Faut absolument qu 'on la trouve, je suis sûre qu 'elle est en lien direct

la mort de Manolo.

Enfin, c 'est évident, Paul.

Elle débarque dans sa vie, il meurt quelques semaines plus tard.

D 'après ce que j 'ai compris, des femmes dans sa vie, il y en a eu un

alors une de plus, une de moins.

En revanche, il y en a une qu 'il n 'a jamais oubliée.

C 'est celle -là.

C 'était il y a 25 ans, c 'est déjà refroidi, ça.

Non.

Alors que s 'il a joué avec les sentiments d 'une femme aujourd 'hui,

serait bien avoir eu envie de se venger.

Un crime passionnel.

Léa, il n 'y a rien qui te saute aux yeux, là.

Incroyable, ça.

La mère et la fille ? Peut -être bien.

Regarde ça.

Il fait beaucoup de brocantes, votre patron ? Il récupère des vieux objets,

les retape.

Des objets de collection, qui datent parfois d 'il y a longtemps, mais qui

marchent encore très bien. Il fait quoi le problème, là ? Vous n 'avez pas le

droit de filer ici.

Monsieur, vous n 'avez rien à faire ici, vous partez maintenant ! Faut voir qu

'est -ce qu 'il vous prend, là ! Vous parlez à des gendarmes, hein ! Je

la loi, vous n 'avez rien à faire ici, vous partez maintenant ! On se calme, ça

va ! Allez, on y va.

Donc, Lola serait la fille de Carole Fabre et de Philippe Fourgeau.

Ah, Léa, écoute ça.

Lola Fourgeau, étudiante en sociologie à Montpellier, née le 17 octobre 92.

On fait revenir Fourgeau ? Oui,

Camille, c 'est Solaire. Vous nous ramenez M. Fourgeau, on a quelques

questions à lui poser.

Je m 'occupe de Lola.

Coucou maman. Oh, salut ma chérie.

Qu 'est -ce que tu fais là ? Tu es venue faire un bisou à ta maman ? Non, je

suis venue déjeuner avec papa.

Ouais, je mangeais avec ma fille.

Oui, enfin, une autre fille.

Super. Eh bien, très bien. Je vous l 'aide. Oui.

Profitez bien.

Bon appétit. Oui, c 'est ça.

Bonjour, capitaine Marchand. Et bonjour. Qu 'est -ce que je peux faire pour vous

? Déjeuner.

Bon alors.

Quoi ? Pourquoi tu m 'as demandé de venir ? Tu vas me dire que le kebab est

gratuit ?

En fait, j 'ai besoin de toi pour que tu aides ton frère.

C 'est pour ça ? Oui,

toi, t 'es bon en maths.

T 'es bon en tout, d 'ailleurs. T 'as sauté une classe.

Pour toi, l 'école, c 'est pas un problème.

Par contre, pour ton frère, c 'est plus compliqué.

Alors, c 'est juste un petit coup de pouce. Après, ça ira.

Et tu peux pas l 'aider, toi ? Si, je pourrais, mais un programme de maths de

première, si tu veux, c 'est un peu loin pour moi.

Mais je peux essayer.

Non, non, ça arrivera pas.

Le programme, il a grave changé depuis ton époque. Voilà, c 'est pour ça.

Ben oui, j 'accepte.

T 'as pas la peine de me faire tes yeux de coquin.

J 'ai pas les yeux de coquin.

Pardon, je t 'avais pas entendu.

Mademoiselle Fourgeau, commandant Léa Solaire, gendarmerie nationale.

Manolo Torres, vous connaissez ? Oui.

Pourquoi ? Manolo Torres a été tué samedi soir et nous savons que vous

ensemble juste avant sa mort.

Sa mort ? Comment ça, Manolo est mort ? Il a été

tué par balle à Saint -Jean.

Je suis désolée, Lola.

Vous êtes une des dernières personnes à l 'avoir vu vivant.

Il m 'a raccompagnée à ma voiture.

Et je suis rentrée chez moi à Montpellier.

Vous avez tout fait pour vous rapprocher de lui ces dernières semaines.

Pour quelle raison ? Manolo, c 'était mon père.

Et je venais à peine de le retrouver.

Alors, comme ça, il paraît que...

Vous êtes passionnés de brocantes ? Oui, alors ? C 'est illégal ? Non, non, non.

Mais c 'est dingue, hein, tous les trésors qu 'on trouve dans les greniers

grands -pères.

Comme des armes à feu, par exemple.

Non, jamais.

J 'aime pas ça.

Pourtant, vous y connaissez.

Les chasseurs du coin m 'ont dit que vous répariez leurs fusils.

C 'est pour rendre service, c 'est tout.

Ah, d 'accord.

Bon, revenons à Manolo Torres.

C 'était un inconnu, on m 'avait dit.

Un gitan que vous croisez quelquefois dans le village ? Et ? C 'est tout ? C

'est bon, vous allez arrêter vos questions d 'accord ? Oh là là ! J

dû la sortir, celle -là.

Pas très gentille, ça, M. Fourgeau.

T 'en es où sur le Mac 50 ? J 'interroge tous les collectionneurs du coin.

Ils font flipper, d 'ailleurs.

Il me reste encore un petit demain matin, puis après, je pense que je peux

une dépression.

Tu veux y aller à ta place, demain matin ? Ah oui, t 'as l 'air au bout du

rouleau. J 'ai pitié, moi.

Écoute, tiens, regarde.

Des infos, des adresses.

Tu as tout.

Je te remercie. Et surtout, je n 'oublierai pas. De rien.

Quand Manolo a choisi sa famille, ça a été très dur pour ma mère.

Il est reparti sur les routes sans savoir qu 'elle était enceinte.

Elle, elle était jeune, mais elle a décidé d 'assumer.

Elle m 'a toujours dit que j 'étais un enfant de l 'amour.

Quand avez -vous su que Manolo était votre père ? L 'année dernière.

Quand ma mère a appris qu 'elle était condamnée.

Elle avait un cancer.

Les médecins lui ont dit que c 'était la fin.

Et c 'est là qu 'elle m 'a révélé la vérité.

Elle pouvait pas partir sans me l 'avoir dit.

Et quand j 'ai vu les caravanes revenir, je savais qu 'il était là et il fallait

que je le connaisse.

Et c 'est pour ça que vous l 'avez suivi.

Alors je suis allée le voir jouer plusieurs fois.

J 'arrivais pas à lui parler.

Et puis finalement, c 'est lui qui est venu vers moi.

Il savait déjà, ma mère lui avait écrit.

Il m 'a reconnue au premier regard.

Entre nous, ça a été comme une évidence.

De vraie tête de mule avec la même passion pour la musique.

Quelqu 'un d 'autre était au courant de votre lien de parenté ? Non.

Non, avec sa famille, c 'était tabou.

C 'est d 'ailleurs pour ça qu 'il a quitté ma mère.

Et... Votre père, Philippe, il savait ? Ma mère m 'a dit qu 'il savait, oui.

Mais moi, j 'ai jamais osé lui en parler.

Mais non, c 'est pas ça.

T 'as compris ou pas ? T 'as compris ce que je viens de t 'expliquer ? Mais oui,

j 'ai compris.

Ben non, on dirait pas.

Mais t 'es pas obligé de me parler comme si j 'étais un demeuré ? Mais attends,

j 'en ai ras -le -bol.

T 'écoutes rien.

Ça fait dix fois que j 'explique la même chose et que tu fais toujours la même

erreur. Tu sais quoi ? Oublie -moi, j 'abandonne, tu me saoules.

De toute façon, je me cache, j 'ai pas envie de voir ma main.

Tu vas lui faire la gueule pendant longtemps ? Je sais que ça lui fait de

peine.

Je te préviens, Thomas, je l 'appelle papa.

Moi aussi, je l 'appelle papa.

J 'ai déjà tout dit à votre collègue.

Oui, mais vous nous avez menti, monsieur Forgeon.

J 'ai rencontré Lola, votre fille.

Ou plutôt, devrais -je dire, la fille de Manolo Torres.

Petit détail que vous nous avez caché.

Est -ce que ça change ?

Ma fille n 'a rien à voir là -dedans.

Quand avez -vous appris que Lola n 'était pas votre fille biologique ?

me l 'a jamais cachée.

Etant enceinte quand on s 'est mis ensemble, ça n 'a jamais eu d

De toute façon, Lola est ma fille, point barre.

Vous avez toujours tout fait pour Lola.

Vous l 'avez aimée, élevée, éduquée, soutenue quand Carole, sa mère, votre

femme, s 'est mourue d 'un cancer.

Vous avez tenu bon pour Lola.

Et puis du jour au lendemain, Manolo débarque dans vos vies comme ça pour

reprendre sa place de père.

Je savais pas que Lola était en contact avec lui.

C 'est vous qui me l 'apprenez ? Vraiment.

Pourtant tout ceci est dans les petits villages.

Lola dansait avec des musiciens gitans et vous n 'étiez pas au courant ? Vous

comprenez rien.

J 'aime trop Lola.

Jamais je ferais quelque chose qui pourrait lui faire du mal.

Comment je pourrais toucher un seul cheveu de son père biologique ?

Monsieur Fourgeau, vous avez un excellent mobilien.

Votre alibi ne tient pas la route.

Aussi, à compter de ce jour, à 16h31, vous êtes officiellement placé en garde

vue.

Je t 'avais prévenu, il fallait être gentil avec moi. Maintenant, t 'es dans

griffes du commandant solaire.

Ouais.

Le capitaine, c 'est lui qui avait demandé des analyses à des

Des débris calcinés prélevés dans un brasero au camp. C 'est pas vrai ? Ils

trouvé l 'ADN de Manolo Torres.

J 'y vais, tu m 'en joins avec du renfort.

Bonjour Louis.

Non, non, non, non, non, Louis !

Oh, allô ? Ouais ? Ben, je voulais juste prendre des nouvelles des enfants.

Ils ont dîné, là, ils sont en train de faire leurs devoirs dans leur chambre.

Pourquoi ? Tu crois quoi ? Que t 'es la nouba, ici, ou quoi ? La nouba, mais

Paul, enfin... Bon, ben... Ben, je te laisse.

Non, non, mais attends, attends, attends, attends. C 'est quoi ? C 'est

qui te manque, c 'est ça ? Ouais.

Ça fait bizarre de pas l 'avoir à la maison.

Alors déjà, une semaine sur deux, c 'était difficile, mais alors là, je suis

sûre de tenir, quoi.

T 'inquiète, va.

Alors quand il va se rendre compte que c 'est pénible de vivre avec un maniaque

du ménage, il va rappeler que c 'est dardin.

Dardin.

Tu crois que ça va prendre longtemps ? Non, je crois pas. Ok, c 'est sûr déjà.

Parce que tout à l 'heure, quand je lui ai demandé d 'enlever toutes les miettes

qu 'il avait mises dans le canapé, j 'ai bien senti qu 'il avait une grosse,

grosse nostalgie de sa maman.

Dis donc, Faitléa, tu ne m 'as pas remercié pour l 'arrestation de Louis.

Désolée, j 'ai oublié de vous remercier, capitaine Marshall.

Grâce à vous, j 'ai deux suspects en garde à vue. C 'est parfait.

Pourquoi tu ne libères pas Fourgeau ? Parce qu 'il n 'a pas d 'alibi.

Parce qu 'il a très bien pu acheter l 'arme du crime et la réparer.

Parce qu 'il a un excellent mobile.

Il venait de perdre sa femme.

Manolo était peut -être en train de lui reprendre sa fille.

Ça fait beaucoup pour un seul homme, non ? Louis, c 'était violent.

Plusieurs inculpations pour bagarre.

Les deux cousins s 'étaient frités quelque temps auparavant, mais

personne ne dit rien, on ne trahit pas le clan.

On ne trahit pas le clan ? Mais dites -moi, monsieur Marshall, je ne savais

que vous étiez un spécialiste de la culture gitane, vous aussi.

Absolument. Bon, Léa, bonne nuit.

Bonne nuit, Paul, à demain.

Ton cours particulier de maths est arrivé.

C 'est bien, t 'as l 'air motivé. Je te présente Ambre, qui est étudiante en

école d 'ingénieur et qui est aussi un crack en maths.

Ok, d 'accord.

Et tu peux dire bonjour aussi.

Eh ben, bonjour.

Après,

on va sur la terrasse, du coup, il fait beau.

D 'accord.

Trop fort, papa.

Yes.

Oui commandant, j 'arrive chez le dernier collectionneur d 'armes.

Purgez. Les mains en l 'air.

Tu calmes.

Je suis un ancien collègue.

Je rentre de vacances à l 'instant et je me rends compte que j 'ai été

cambriolé. Vous avez vu ma porte d 'entrée, elle a été fracturée.

Moi, je suis collectionneur. Et en tant qu 'ancien gendarme, je connais le

règlement, vous savez.

Je garde toutes mes armes dans une armoire blindée.

On peut la voir, cette armoire ? Oh merde.

Suivez -moi.

Il m 'encapitelait.

Mon main 50 de 1948.

Il était là.

Commandant ? Doucement Camille, doucement. Pardon.

On a eu accès à la messagerie de Manolo.

Il avait répondu à plusieurs annonces immobilières sur un site. Il cherchait

appartement à louer.

Manolo a sacrifié l 'amour de sa vie au nom de la tradition gitane.

Vingt ans plus tard, il retrouve le fruit de cet amour, sa fille Lola.

Il décide d 'arrêter la vie nomade pour s 'installer à côté d 'elle.

Évidemment, tout ça dans le plus grand des secrets.

Oui. Et c 'est pas tout, parce qu 'on s 'est renseigné auprès de la mairie et

des services sociaux et on est tombé sur un dossier de demande de logement au

nom de Maria Torres.

Et ? Et elle a pas fait figurer son mari, Louis, dans le dossier ? Maria a

une demande de logement en tant que mère célibataire.

Varchal est au courant ? Oui, il est allé l 'interroger au camp.

Avec Louis, ça va plus.

Il comprend pas que je veux une autre vie pour les enfants.

Je veux qu 'il soit scolarisé normalement.

Qu 'il puisse faire des études.

Alors avec Manolo, on avait décidé de s 'entraider.

Manolo voulait quitter la communauté et se sédentariser. Il voulait changer de

vie pour être avec sa fille, c 'est ça ? Oui.

Je suis la seule à qui il en a parlé.

Il était tellement heureux.

Manolo a beaucoup souffert de la transition.

Il a gâché sa vie pour elle.

Manolo a essayé de raisonner Louise, de lui expliquer, mais Louise ne voulait

rien écouter.

Maria, quand vous m 'avez parlé de ce scandale avec le mari jaloux, vous

détourner mes soupçons de Louise.

C 'est ça ? Il est temps de me dire ce que vous savez.

Ils se sont hurlés dessus.

J 'ai eu peur que Louise ait fait quelque chose de grave.

La nuit où Manolo est mort, je l 'ai vu rentrer très tard.

Il était plein de sang.

Il a mis son tissu dans le bras zéro.

Il n 'a rien voulu me dire.

Vous vous êtes violemment disputé avec votre cousin quelques jours avant sa

et vous avez oublié de nous en parler.

C 'est bizarre, non ? Je suis un gitan, madame.

Un gitan.

Entre vous les gendarmes et nous les gitans, c 'est pas vraiment une histoire

'amour, je sais pas si vous êtes au courant.

Ah non, non, non, je ne suis pas au courant, non.

Personnellement, je n 'ai pas de préjugés, que vous soyez Auvergnat,

Normands, peu m 'importe.

Moi, tout ce qui m 'intéresse, ce sont les faits et rien que les faits.

Donc, pourquoi avez -vous cherché à vous enfuir lorsque le capitaine Marshall

est arrivé ? Vous auriez des choses à nous dire sur la nuit du meurtre ?

Je suis allé voir Manolo juste avant son concert.

Je voulais qu 'on s 'explique, d 'homme à homme.

Je lui ai dit qu 'il allait briser notre famille, mais il n 'a pas écouté.

L 'autre soir, il a voulu me convaincre.

Il voulait trahir notre clan.

Il voulait trahir nos valeurs.

Il était devenu fou.

Et qu 'est -ce qui s 'est passé après ? Il était furieux.

J 'ai bu.

Je l 'ai attendu au camp.

Je voulais me battre avec lui.

Je voulais lui casser la gueule.

Mais je voulais pas le tuer.

Comme il n 'arrivait pas, j 'y suis allé.

J 'ai vu sa voiture sur le parking.

Je me suis approché.

La portière était ouverte, ça m 'a paru bizarre.

Et c 'est là que je l 'ai vu.

J 'ai essayé de le secouer, mais il était mort.

Je m 'étais mis du sang partout alors j 'ai... J 'ai paniqué.

Je pensais qu 'on allait m 'acculer.

Allez -moi.

Oui ? Bonjour.

Bonjour. Je cherche mon père, Philippe Fouriot.

Il va sortir là. Vous pouvez l 'apprendre ici si vous voulez. D

Tu as les yeux de Manolo.

C 'est ce que ma mère m 'a dit, oui.

Ma petite fille.

Ma petite fille.

Tu es belle.

Et fière.

Pardon.

Non.

Viens, on rentre à la maison.

Monsieur Navelle, pouvez -vous nous expliquer comment vous êtes entré en

possession d 'un Mac 50 ?

Quand j 'ai pris ma retraite, la fin de ma carrière, je suis allé à l 'armurerie

pour rendre mon pistolet. Et là, je me suis rendu compte qu 'il avait déjà été

enregistré comme rendu.

Et vous l 'avez gardé ? Ah ben oui.

J 'étais très attaché à mon MAC 50.

Alors je suis rentré chez moi avec et j 'ai rien dit à personne.

J 'ai considéré qu 'après 35 ans de gendarmerie, j 'avais peut -être droit à

petit souvenir.

Monsieur Naval était en vacances la semaine dernière.

Une voisine lui a signé hier soir que sa porte était forcée. Il est donc rentré

ce matin pour constater qu 'il avait été cambriolé.

On ne m 'a pas volé grand -chose.

Un peu de liquide dans un tiroir de l 'entrée et puis mon pistolet qui était

avec d 'autres armes dans mon armoire blindée.

Et comment on a fait pour ouvrir votre armoire blindée ? Apparemment, le voleur

connaissait le code secret.

Alors à qui avez -vous donné le code, M. Navelle ? A personne, je vous assure.

Je ne comprends rien.

Dites -moi, mon arme, elle n 'a pas servi à tuer quelqu 'un quand même ?

Nous sommes en cours d 'investigation.

Et en tant qu 'ancien gendarme, j 'imagine que vous pouvez comprendre que

peux rien vous dire.

Oui, mon commandant.

Oui, salut, c 'est Robert.

Les gendarmes sont venus chez moi.

Il n 'y a plus mon pistolet, le MAX 50.

Hein ? Tu réponds rien ? Allô ? T 'as pas fait une connerie, quand même ?

Monsieur Navelle conservait toutes ses armes dans un coffre blindé. Et il nous

dit qu 'il avait donné le code secret à personne.

Oui, mais il ment.

Ah.

Le détecteur de mensonges solaires a bipé, là.

Et tu sais qu 'il ne me trahit jamais.

Et alors, donc, il essaie de protéger quelqu 'un qui... C 'est incroyable ce

me fait penser à papa.

Depuis qu 'il est à la retraite, il s 'ennuie, il ne peut pas s 'empêcher de

raconter ses souvenirs de gendarme.

D 'ailleurs, ça rend folle, maman.

Oui, j 'imagine bien ta mère.

Il raconte avec qui ses histoires, mon ex -beau -père préféré.

Eh bien, Thomas.

Et Thomas l 'écoute patiemment pendant des heures, alors que ça lui passe à 100

000 au -dessus de la tête.

Mais voilà, c 'est le rapport grand -père, petit -fils.

Oui, mais M. Navelle n 'avait pas de petit -fils et encore moins de fils.

à qui il raconte -t -il ses histoires ? Quelqu 'un de son entourage ? Un gamin

qu 'il aurait rencontré, avec qui il aurait sympathisé, qu 'il aurait pris

son aile.

Moi, j 'ai bien envie de le réinterroger. Il va me faire cracher le

Ça vous dérange pas de nous prendre pour des imbéciles, M. Navelle ? C 'est

parce que vous êtes un ancien gendarme que vous pensiez nous tromper facilement

? C 'est quand même pas très malin de balancer l 'arme du crime à 100 mètres à

peine du lieu où vous avez commis le meurtre. Mais non, non, c 'est pas moi.

Moi, j 'ai rien fait. On a relevé vos empreintes sur le bureau du commandant.

même que celles retrouvées sur le MAC 50.

Celui qui a tiré sur Manuel Torres.

Pourquoi vous l 'avez tué en vain ? Mais non, c 'est pas moi.

J 'ai rien fait, moi.

C 'est le petit.

J 'ai peur qu 'il ait fait une connerie. Quel petit ? Bah, Mickaël Albaric. C

'est mon voisin, un jeune.

Ah oui, il travaille à la ferronnerie Fourgeau.

Mais il a pas des copains de son âge, ce gosse ?

Je n 'en sais rien, moi.

Il n 'a plus son père.

Il est jeune et il a l 'air un peu perdu.

Il passe son temps sur l 'ordinateur à jouer à des jeux de guerre.

Et moi, j 'espérais qu 'un jour, il allait devenir gendarme.

Je crois que c 'est un peu raté.

Pourquoi vous l 'avez protégé, Robert ? Je n 'en sais rien. Je vous dis, il est

si jeune.

Et puis, c 'est un peu de ma faute aussi. Je ne lui avais pas montré mes

Vous comprenez ?

Ben, dites -moi, c 'est pas mon Mac 50, ça ? Eh bien, il était abîmé sur la

crosse.

C 'est du bluff, c 'est ça ?

Ça

va, ton père ? Ça va, oui. Il a été innocenté, il se repose.

Je suis désolé pour tout ça.

Michel, qu 'est -ce qui te prend là ? Arrête ! Dis -moi que tu m 'aimes. Tu m

'aimes ? Arrête, Michel ! Il y a que moi qui t 'aime ! Il y a que moi qui t

'aime ! Je te connais par cœur.

Arrête ! Michel, arrête -toi ! Michel, écarte -toi ! Tranquille, Michel.

Michel !

Je veux un avocat.

On va attendre un petit peu. Mais qu 'est -ce que t 'as cru toi ? C 'est vrai

'elle est jolie Lola.

Je comprends qu 'on puisse tomber amoureux.

Seulement toi t 'étais trop transparent pour elle.

Tu la faisais pas rêver. Ce qui la faisait rêver elle c 'est le flamenco,

chaussures à talons, les robes à volant, les guitares.

Et tu sais pourquoi elle aimait le flamenco Lola ? Oh ! Tu sais ou pas ?

Parce qu 'elle a découvert qu 'elle avait des origines gitanes.

Philippe Bourgeau.

Il l 'a aimé, il l 'a élevé comme sa fille.

Mais ce n 'était pas son père biologique.

Son vrai père s 'appelait Manolo Torres.

Qu 'est -ce que vous racontez là ? Manolo venait de retrouver sa fille et

espérait rattraper le temps perdu.

Mais non.

Non, ce n 'est pas possible, ce n 'est pas vrai.

Je l 'ai vue.

Je l 'ai vue la prendre dans ses bras.

Il lui tournait autour depuis trop longtemps.

Ce salaud se foutait des filles.

Il allait jouer avec elles comme avec les nôtres. Et vous n 'avez pas supporté

cette idée alors vous vous êtes dit avec une capuche sur la tête et le pistolet

d 'un vieux monsieur, personne ne le retrouvera ? C 'était le père de Lola.

Il venait juste de la rencontrer. Il avait espéré juste apprendre à mieux le

connaître. Et à cause de toi, c 'est fini.

Regarde, regarde, regarde ! Thomas, 17 en maths.

17 en maths ? 17.

Oh yes, c 'est bon ça ! Tu vois, dès que tu me laisses prendre des choses en

maths... Oui, en fait, t 'étais pas tout seul, je crois qu 'on t 'a un peu aidé,

non ? Oui, d 'accord, t 'es au courant. Bah, t 'imagines bien qu 'elle ne te m

'en a parlé, mais très bien, pourvu que ça dure, moi, 17 en maths tous les

jours. C 'est pareil. Et tu vois ce qui a fait la différence ? Il a senti que j

'étais derrière lui et que je l 'attendais au tournant.

Je suis super fière de vous.

Ouais ? Ouais, super.

Bye. Bye.

Hé, Thomas, 17 en maths, hein ? Oui, Paul, 17.

Ah oui, colonel, bonjour.

Félicitations, Marshal. Votre mutation a été acceptée. Ah, déjà ? Vous allez

pouvoir quitter la brigade.

La confirmation officielle ne serait perdée.

D 'accord.

Vous êtes content ? Oui, oui. Merci beaucoup.

Bonne journée.

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